Les populations scolaires francophones

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IV. ENVIRONNEMENT ASIATIQUE FRANCOPHONE

IV.2. CONTEXTE NATIONAL FRANCOPHONE VIETNAMIEN

IV.2.1. Les populations scolaires francophones

IV.2.1.1. Les apprenants francophones du système scolaire général vietnamien

A moyen terme, c’est-à-dire sur une période de quatre ans entre 1992 et 1996, le nombre des élèves apprenant le français dans les établissements de l’enseignement général augmente rapidement suivant un taux de trente-sept pour cent. Cette augmentation a lieu dès les premiers temps de la réouverture politique et économique du Vietnam, c’est-à-dire dès la fin du modèle communiste de guerre. C’est sa hausse la plus spectaculaire. Elle se produit à une période de changement des dispositions politiques du Vietnam envers la communauté internationale. Cette évolution rapide du nombre des apprenants doit être pondérée suivant trois axes. D’une part, en 1992, les effectifs d’apprenants constituent un seuil minimal du développement du français au Vietnam, soutenu par exemple par les initiatives de l’Alliance française à Hanoi ou de l’IDECAF à Hô Chi Minh-Ville. Ainsi, la hausse observable en 1996 paraît d’autant plus grande que la situation du français en 1992 était peu enviable. D'autre part, bien que le nombre des apprenants soit multiplié par plus d’un et demi, il est davantage le résultat de la situation de libéralisation de l’apprentissage des langues au Vietnam que d’un redémarrage violent de la présence francophone qui reste minime face à l’apprentissage de l’anglais (cf. infra). Finalement, si nous envisageons l’évolution du français à moyen terme (huit ans) entre 1988 et 1996, les résultats sont bien

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différents de la hausse observée entre 1992 et 1996. A contrario, ils rendent compte d’une variation négative de cinquante-sept pour cent. Les effectifs de 1996 n’ont rien d’exceptionnel sur les huit dernières années. Ils mettent en avant un repli de plus de huit pour cent de l’apprentissage du français dans l’enseignement général vietnamien en huit ans. Cette réalité respecte le schéma général de décroissance de la francophonie que nous avons observée pour plusieurs pays asiatiques. Alors pourquoi de telles variations sur des périodes de quatre ans bien que la tendance générale soit à la baisse ? Que nous obligent-elle à retenir du phénomène francophone au Vietnam ?

Tableau n° 11 : effectifs des apprenants francophones dans l’enseignement général vietnamien entre 1988 et 1996 :

ANNEES 1988 1992 1996

EFFECTIFS 112535 63307 103113

Graphique n° 08 : évolution des apprenants francophones dans l’enseignement général vietnamiens entre 1988 et 1996 :

Sources reconstituées : Université Centrale de Huê, Département des affaires Etrangères Huê, 1999

Tout d’abord, pourquoi de telles variations ? Le phénomène francophone au Vietnam, contrairement à ce qui est largement suggéré dans les discours politiques des pays francophones, ne semble pas posséder de caractère indubitablement historique. Il ne paraît pas exister un fonds humain francophone, héritage inconditionnel de la présence française en dehors des personnes âgées de plus de soixante ans et qui ont donc connu durablement la présence coloniale française. Ces personnes ont démographiquement, au niveau

1988 112535

1992 63307 Variation (56,74%)

49228 Variation (37,13%)

39806

1996 103113

0 20000 40000 60000 80000 100000 120000

1988 Variation (43,74%) 1992 Variation (62,87%) 1995 variation totale de 8,37% soit 9422 individus

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national, un poids très faible par rapport aux nouvelles classes d’âge105. Au contraire, les augmentations ou les diminutions brutales du nombre d’apprenants suggèrent que la francophonie au Vietnam est conjoncturelle, c’est-à-dire opportuniste, sans que ce terme ne revête aucune dimension péjorative, mais prévale comme description d’un phénomène généré par les possibilités qu’il offre dans le champ du développement économique international du pays. En outre, en quoi ces situations sont-elles révélatrices de la situation francophone au Vietnam ? Ces variations sont révélatrices d’un facteur important : le temps. La francophonie au Vietnam doit s’envisager dans sa relation au calendrier francophone, au calendrier des événements majeurs ou mineurs, internationaux ou locaux qui structurent le monde francophone. Parce que les événements francophones programmés pour le Vietnam le sont à l’avance106 de façon internationale, parce que les manifestations francophones sont prévues localement dans le pays, le nombre des apprenants varie. Qu’il faille anticiper la demande de personnel francophone (comme l’exigent les réunions internationales ou locales) ou qu’il s’agisse de poursuivre un engouement suscité par des événements francophones particuliers, la francophonie au Vietnam apparaît étroitement liée aux temps forts francophones. Cette relation au temps, aussi constitutive qu’explicative ne peut pas être négligée. Elle permet de comprendre les changements brutaux d’attitude face à la langue française, elle permet de donner un contenu réellement explicatif au comportement d’opportunisme linguistique en le rattachant à des facteurs rationnels produits par l’ensemble francophone lui-même et non pas à une disposition quasi philosophique du peuple vietnamien.

105 La pyramide des âges du Vietnam de 1994 permet d’observer que les personnes ayant connu la période francophone coloniale, c’est-à-dire âgées de plus de soixante ans, sont fortement sous représentées. Ceci pour trois raisons : « par l’effet cumulé de la crise des années trente et de la seconde guerre mondiale, toutes deux marquées par de grandes famines […/…et de] l’impact des deux guerres d’Indochine… », VU TU LAP et TAILLARD, Christian, Atlas du Vietnam, pp.120 à 121.

106 Chaque Sommet francophone décide de l’emplacement du Sommet suivant. Ainsi, en 1995 à Cotonou, le sommet de Hanoi est voté ce qui laisse deux ans aux apprenants de langues étrangères du Vietnam (ou aux futurs apprenants en langue étrangère) pour décider de leur orientation : suite à l’annonce du Sommet,

« on avait des effectifs complètement fantaisistes. Il suffisait qu’on fasse une publicité un peu percutante en début d’année scolaire et on avait, en septembre 1997 trois mois avant le Sommet, huit cents inscrits. Il nous a alors fallu ouvrir le nombre de vingt classes …» (Centre de français, Huê, 1999).

103 IV.2.1.2. Le corps enseignant francophone

D’après le Département du Plan et des Finances du Ministère de l’Education et de la Formation, le nombre des enseignants dans les établissements de l’enseignement général pour l’année 1996 (hors primaire) se répartit comme suit :

Tableau n° 12 : effectifs et répartitions des enseignants francophones dans l’enseignement général vietnamien pour l’année 1988 et 1996 :

1988 1996 1988 1996

LYCEES 442 422 41,62% 57,10%

COLLEGES 620 317 58,38% 42,90%

Source : Centre français de Huê, Huê, 2000.

Bien que le nombre d’enseignants de français ait augmenté en 1992 et 1995 de trente-huit pour cent, celui-ci baisse de façon globale sur huit ans entre 1988 et 1996. Si cette baisse reste faible dans les lycées, en revanche elle est importante au niveau des collèges qui perdent cinquante pour cent de leur personnel francophone.

Graphique n° 10 : effectifs et variations des enseignants francophones dans les collèges et les lycées vietnamiens entre 1988 et 1996 :

Cette réduction de l’encadrement professoral francophone va de pair avec la fermeture de plusieurs classes francophones. Ainsi, entre 1988 et 1996, quatre et demi pour cent des classes francophones vont fermer dans les collèges et les lycées vietnamiens.

442,00

620,00

317,00 422,00

-4,52

-48,87

-10,33

0 100 200 300 400 500 600 700

Lycées Collèges Variation totale -60 -50 -40 -30 -20 -10 0

1988 1996 variation (%)

%

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Tableau n° 13 : effectifs moyens des élèves francophones par classe en 1988 et 1996 dans l’enseignement général vietnamien :

EFFECTIFS/CYCLE TOTAL

(1988)

PRIMAIRE

(1996)

COLLEGE

(1996)

LYCEE

(1996)

TOTAL

(1996) NOMBRE DE CLASSES 2676 115 1206 1230 2551

NOMBRE DELEVES 112535 3362 46602 53149 103113

ELEVES PAR CLASSE 42 29 39 43 40

Source : Rapport du colloque national à Huê sur la formation continue des enseignants de français, Université de Huê, Huê, octobre 1997

Graphique n° 11 : répartition des classes francophones dans l’enseignement général vietnamien en 1996 (%) :

Graphique n° 12 : distribution des élèves francophones dans l’enseignement général vietnamien en 1996 (%) :

48,22% 47,28%

4,51%

0,00 20,00 40,00 60,00 80,00 100,00Primaire

Collège Lycée

3%

52% 45%

Primaire

Collège

Lycée

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Graphique n° 13 : effectifs moyens des élèves francophones par classe dans l’enseignement général vietnamien en 1988 et 1996 :

Le taux de fermeture des classes de français en huit ans reste inférieur à la variation du nombre des apprenants sur la même période. Le retrait des professeurs n’a pas pour conséquence d’alourdir les effectifs dans les classes d’apprentissage du français. Ceux-ci passent d’une classe pour quarante-deux apprenants en 1988 à une pour quarante, huit ans plus tard. Cependant, ce sont les professeurs, moins nombreux, qui pâtissent de l’absence de leurs collègues. Les enseignants cumulent plusieurs classes et parfois plusieurs postes au détriment de leur propre apprentissage de la pédagogie et de la langue française. Dans ces conditions, « leurs méthodes d’enseignement sont surannées » et l’enseignement francophone peine à se développer « en raison de cet effectif insuffisant et de la qualité relative du corps enseignant »107. Les chiffres présentés ici sont des effectifs ou des pourcentages moyens qui ne prennent pas en compte les disparités régionales du Vietnam et notamment la disparité nord-sud. Pour rendre compte de ces déséquilibres interrégionaux, nous devons fournir un indice supplémentaire : en 1992, sur cent professeurs de français dans l’ensemble du pays, trente pour cent enseignent dans les provinces nord et soixante-dix pour cent dans celles du sud. En revanche, le nombre

« d’apprenant le français » ne connaît pas les mêmes variations nord-sud. En 1992, pour cent apprenants (enseignement général hors primaire) cinquante et un étudient dans le sud du pays pour quarante-neuf dans le nord.

107 NGUYEN SI, Tuyen, Etat des lieux et perspectives du corps des professeurs de français dans l’enseignement général du Vietnam, Rapport du colloque national à Huê sur la formation continue des enseignants de français, Rapport à l’Université de Huê, Huê, octobre 1997.

42 39 40

29

43

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

Total (1988) Primaire (1996) Collège (1996) Lycée (1996) Total (1996)

106 IV.2.1.3. Problème structurel et problème d’effectifs

La disparité du nombre d’enseignants combinée à un quasi équilibre du nombre des apprenants laisse augurer de problèmes structurels et d’effectifs de classes différents entre le nord du pays et le sud. En 1992, on compte quarante-six élèves par classe (hors primaire) pour les établissements d’enseignement général du nord et seulement trente-neuf élèves par classe pour les établissements des provinces du sud. Cette réalité du développement francophone respecte les propriétés économiques et structurelles du Vietnam caractérisées par les disparités sud au profit du sud du pays. Les écarts nord-sud se combinent avec ceux qui marquent les zones périphériques vis-à-vis des centres urbains. Plus nous nous éloignons de la capitale (Hanoi) ou de la zone économique du Vietnam (Hô Chi Minh-ville), plus les disparités francophones (et sociales et économiques) s’accroissent. Le nombre d’apprenants, de classes et de professeurs va en diminuant108 alors que la population rurale reste supérieure en volume à la population urbaine109. Il demeure une autre disparité, non plus géographique, mais quantitative propre à l’ensemble d’apprentissage francophone. Cette distinction marque l’enseignement francophone précoce au détriment de l’enseignement moyen, secondaire et supérieur.

L’ensemble des classes primaires francophones représente moins de cinq pour cent des structures d’enseignement francophone et trois pour cent des élèves francophones de l’enseignement général vietnamien, encadrés par quarante professeurs en 1996. Ces données ne sont pas comparables, sinon théoriquement, avec celles de l’enseignement général moyen ou secondaire. Il n’existe, en effet, pas de loi obligeant l’apprentissage d’une langue étrangère dans ces établissements et cette initiative est laissée aux seuls parents d’élèves. Pourtant, cette réalité du développement de l’école primaire francophone est particulièrement intéressante, ceci à deux égards. D’une part, vis-à-vis du concept de

108 Pour l’ensemble des provinces, Cf. L’enseignement secondaire (15-17 ans) in VU TU LAP et TAILLARD, Christian, op.cit., pp.356 à 357.

109 « La pyramide de la population rurale est proche de celle de l’ensemble de la population, ce qui montre bien le poids dominant des campagnes » in VU TU LAP et TAILLARD, Christian, idem, p.120.

107

francophonie endémique110, l’apprentissage précoce peut être un nouvel indicateur de son (in)existence réelle. Suscité uniquement par la volonté des parents d’élèves de faire adhérer le plus tôt possible les enfants à l’ensemble économique et scientifique francophone, le taux de scolarisation francophone dans le primaire nous renseigne sur la perception générale de l’utilité francophone, en terme d’emploi mais aussi de méthode d’apprentissage chez les parents d’élèves. Le nombre d’apprenants précoces du français est particulièrement faible, il représente deux élèves pour dix mille (sur quelque quatorze millions six cent mille individus scolarisés dans l’enseignement général vietnamien).

Cependant, la faiblesse de l’enseignement du français au stade précoce ne provient pas uniquement de l’engouement des parents d’élèves pour l’anglais ou de la construction de l’Asie sur un monde anglophone, elle provient aussi de l’expérience pédagogique des parents et du fonctionnement des classes bilingues dans l’enseignement primaire. N’étant pas soutenu par un programme national intégré aux cycles d’enseignement général, l’apprentissage du français doit se faire en plus des cours vietnamiens. Et dans ce cas, le prix en efforts et en risque (celui d’empiéter sur l’apprentissage des matières de l’enseignement général) pénalise la pénétration du français dans ce secteur de l’enseignement car il fait craindre aux parents d’inscrire leur enfant dans les classes bilingues111. D’autre part, en raison même de ces effectifs faibles, l’apprentissage précoce apparaît de façon forcée dans le paysage idéologique de l’enseignement francophone au Vietnam depuis l’an 2000. En effet, les étudiants vietnamiens ne sont pas les seuls à sous-estimer la difficulté de l’apprentissage du français : les Filières Universitaires francophones ont été ouvertes alors même que le niveau de français de l’enseignement général ne permettait pas de fournir des contingents d’élèves suffisamment formés en français pour avoir convenablement accès à l’enseignement en français au niveau

110 A titre d’exemple sur la francophonie endémique au Vietnam : « La culture française fait partie de notre chair », Entretien avec HUU NGOC, propos recueillis par MAGNIER, Bernard, Diagonales : La revue de la francophonie linguistique, culturelle et éducative, n°43, Edition EDICEF-Aupel-Uref, août 1997, Vanves, pp.2&3. L’interviewé affirme que « toutes disciplines artistiques portent la marque occidentale, c’est-à-dire française ». Nous verrons, à propos du Festival artistique de HUÊ 2000, que cela ne semble pas être le cas, ni à travers les productions artistiques locales, ni à travers les modalités et les événements de la coopération artistique franco-vietnamienne (p.321).

111 L’introduction de l’apprentissage francophone dans le primaire « se traduit par les plaintes des parents. En raison de la densité de l’information et la tendance des professeurs vietnamiens à favoriser l’apprentissage par cœur, les parents se plaignent de la surcharge de travail. Ils préféreraient que l’apprentissage de la langue française se cantonne aux heures de cours et ne déborde pas sur le travail à la maison, occupé par les devoirs des cours en vietnamien » (Classe Bilingue, Agence Universitaire de la Francophonie, Huê, juin 1999).

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supérieur du système scolaire. Cet aspect francophone a eu des répercussions importantes dans les résultats aux examens francophones universitaires, importantes voire catastrophiques comme en témoigne la session d’examen francophone pour l’année universitaire 2000 (p.260). L’adhésion francophone étant en partie suscitée par les résultats aux examens dans les Filières Francophones Universitaires, les résultats difficiles constatés à Huê et pour l’ensemble du Vietnam pour l’année scolaire 2000, menacent cette adhésion. L’ensemble francophone universitaire est menacé dans sa durée au Vietnam en raison de son faible volume « d’apprenant le français » puisqu’il est fondé sur la production d’excellence (p.261). Dès les années 2000, les conseillers pédagogiques et les responsables des filières francophones scolaires et universitaires112 vont prendre la mesure de la nécessité de développer un enseignement précoce rigoureux avant d’obtenir dix ans plus tard un niveau satisfaisant de compréhension aux examens francophones universitaires. L’apprentissage précoce se révèle le principal outil de pénétration du champ linguistique vietnamien. Comme preuve, la réorientation politique et idéologique de l’ensemble d’apprentissage francophone pour la rentrée 2001 qui annonce la fermeture partielle pour l’ensemble du Vietnam de plusieurs Filières Universitaires113. Pourtant, la fermeture progressive des Filières Universitaires n’est pas entièrement due au niveau linguistique des apprenants ou au niveau pédagogique des professeurs vietnamiens. Elle a des causes plus politiques qui tombent à point nommé avec les difficultés universitaires pour effectuer un pas en arrière dans les investissements francophones au Vietnam. Un des rapporteurs de l’audit interne commandé par l’Agence Universitaire de la Francophonie114 à propos du fonctionnement mondial et détaillé de ses Filières Universitaires en dévoile des raisons plus liées aux réseaux francophones qu’aux apprenants eux-mêmes. « La convention avec Hué a pris fin au moment où il y avait des problèmes à l’AUF…/… vu la taille des Filières au Vietnam, le financement au Vietnam était devenu considérable.

On a décidé de fermer les Filières mais pas seulement à Hué, à Hanoi et à Saigon aussi,

112 « On aurait pu améliorer le niveau avec un suivi plus sérieux et avec plus de moyens mais on n’aurait jamais pu obtenir des résultats extraordinaires. Tout changera, un peu, quand nous aurons des élèves déjà francophones à l’entrée des Filières Universitaires » (Bureau de Suivi, Huê, 2000).

113 « …si ça (Filières) ne marche pas à Hué ce n’est pas parce que l’information ne marche pas, c’est aussi le pari de départ qui est trop ambitieux, c'est-à-dire former des francophones en quatre ans, ce qui peut expliquer en partie la fermeture pour septembre « ( Bureau de Suivi, Huê, septembre 2000).

114 Evaluation de l’Agence Universitaire de la Francophonie : Rapport final de l’Agence Universitaire de la Francophonie, Aupelf-Uref, 5 juillet 1999, Paris.

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il y a quatre Filières à Hanoi, cinq à Hué et trois ou quatre à Hô Chi Minh-Ville » (ENS, Huê, 2000). Les difficultés quant au niveau des apprenants francophones, les difficultés de la formation pédagogique de leur maîtres et les difficultés structurelles et économiques que connaît le système d’enseignement francophone vietnamien posent le problème de l’autonomie nationale en matière de divulgation du français. Actuellement aucun des trois axes principaux (les structures d’enseignement, la formation pédagogique et l’apprentissage du français au public scolarisé) de la formation du et en français ne peuvent être assumés par le Vietnam lui-même. Si les problèmes de structures ou de titularisation des enseignants peuvent sans doute être résolus rapidement et de façon interne au Vietnam sous l’influence des décisions politiques volontaristes en matière de francophonie, en revanche la capacité pédagogique des enseignants ne peut être augmentée sans le secours des pédagogues occidentaux qui les forment au français mais aussi à sa transmission. Le rôle des universités formant le personnel pédagogique francophone, seul capable de prendre la relève des coopérants occidentaux actuels est au centre des préoccupations de l’ensemble francophone vietnamien.

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