Résultats du questionnaire individuel du début d’atelier

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3. Identification et hiérarchisation des pistes d’amélioration et d’interconnexion des systèmes

3.3.1 Résultats du questionnaire individuel du début d’atelier

Vingt-trois des 29 participants ont renseigné le questionnaire individuel. Cinq participants ne l’ont pas rempli car ils n’étaient pas encore arrivés sur le lieu de l’atelier (notamment du fait des grèves de transport), tandis que le dernier participant, principal concepteur du questionnaire, s’est abstenu.

3.3.1.1. Première partie du questionnaire relative aux forces et faiblesses de la surveillance

La première partie du questionnaire comportait 12 items pour lesquels les répondants devaient indiquer s’il s’agissait selon eux d’un point fort (+) ou d’un point faible (-) pour chacun des trois systèmes de surveillance. Plusieurs participants ont inscrit le signe « +/- » pour certains items, symbole « hybride » non proposé parmi les options de réponse. Nous avons interprété ce signe comme l’expression d’un niveau de satisfaction moyen de l’item. Nous l’avons comptabilisé avec les réponses « je ne sais pas » (ø), de même que les non-réponses. La proportion de cette catégorie élargie de votes « je ne sais pas » (appelée ci-après NSP, comprenant les réponses « +/- » et les non-réponses) a fortement varié d’un item à l’autre, de 13 % à 70 % (tableau 19), avec une médiane à 30

% (premier et troisième interquartiles : 23 % et 35 %). La proportion de NSP était plus importante

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pour l’AVE (36 %) et la MCE (35 %) que pour l’AIE (28 %). Pour un seul item (qualité des fiches de collecte de données, n°2), une majorité de participants a voté NSP (entre 61 % et 70 % selon la maladie). L’ensemble des votes autres que NSP sera aussi appelé « suffrages exprimés », en référence au vocabulaire électoral.

Pour chaque item, les proportions des trois votes possibles (point fort / point faible / NSP) étaient relativement proches pour les trois maladies. Un item recueillant plus de votes « point fort » (+) que de votes « point faible » (-) pour chacune des trois maladies a été catégorisé comme étant un « point jugé fort ». A l’inverse, un item recueillant plus de votes « point faible » que de votes « point fort » pour chacune des trois maladies a été catégorisé comme étant un « point jugé faible ». Cet arbitrage a permis de catégoriser neuf des douze items. Deux des trois items restants (n° 1 sur la connaissance des symptômes/vigilance et n° 2 sur la qualité des fiches de collecte de données) présentaient au contraire des tendances différentes selon la maladie et des nombres de votes « point fort » et « point faible » par maladie proches voire identiques. Le dernier item (n° 12 sur la réalisation du dépistage de l’AIE avant achat) ne portait que sur l’AIE et les nombres de votes « point fort » (n=11) et « point faible » (n=9) étaient relativement équilibrés. Ces trois derniers items ont par conséquent été catégorisés comme « jugés de niveau intermédiaire ».

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Tableau 19. Résultats du questionnaire individuel sur les forces et faiblesses des systèmes de surveillance de l’AIE, de l’AVE et de la MCE.

Item

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* SE : « suffrages exprimés », c’est-à-dire somme des votes « point fort » et « point faible » (les NSP sont exclus du dénominateur)

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Le tableau 19 met en évidence que six items (surlignés en rouge) ont majoritairement été jugés d’un niveau insuffisant par les répondants et ont été catégorisés en « point jugé faible ». Trois items, dont les deux relatifs aux analyses de laboratoire (fiabilité des résultats et rapidité de leur rendu), ont au contraire été considérés satisfaisants par la plupart des participants (« points jugés forts », surlignés en vert). Enfin, aucune majorité nette ne s’est dégagée pour les trois autres items qui ont été catégorisés en « points jugés de niveau intermédiaire » (surlignés en orange).

En plus de cette catégorisation, un classement plus fin des items peut être effectué pour mieux illustrer les différents niveaux de consensus entre les participants ayant formulé un avis. Pour chaque maladie, les items ont ainsi été classés selon le ratio entre le nombre de votes « point fort » et le nombre de votes « point faible » (sans tenir compte des réponses NSP). Pour mettre en évidence d’éventuelles différences entres maladies, le classement a été réalisé par maladie (figures 36, 37 et 38). Plus la valeur du ratio est éloignée de 1, plus une majorité forte s’est détachée (pour juger que l’item est un point fort lorsque la valeur est supérieure à 1 ou qu’il est un point faible lorsque la valeur est inférieure à 1). Les items ayant été catégorisés en « point jugé fort » apparaissent en vert, ceux catégorisés en « point jugé faible » en rouge et ceux « jugés de niveau intermédiaire » en orangé.

Figure 36. Classement décroissant des douze items du questionnaire en fonction du ratio entre le nombre de votes « point fort » et le nombre de votes « point faible » pour le système de surveillance de l’AIE.

Remarque : l’item 3 « Fiabilité des résultats de laboratoires » est représenté comme atteignant le ratio maximum possible sur la figure, mais en réalité la valeur du ratio de cet item n’est pas calculable (+∞) car son dénominateur est nul.

Pour l’AIE, les participants ont majoritairement considéré que la fiabilité des résultats de laboratoire et la rapidité du retour de ces résultats aux détenteurs/propriétaires et vétérinaires étaient satisfaisantes. Le troisième item considéré comme un point fort est les garanties sanitaires fournies aux partenaires étrangers grâce aux résultats de la surveillance. Un participant a ainsi noté « JEM »

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sur son questionnaire en face de cet item, certainement pour faire référence aux Jeux équestres mondiaux d’équitation de 2014, dont l’organisation a été confiée à la France et qui se sont déroulés dans un contexte sanitaire très favorable, en Normandie. Les items considérés d’un niveau insuffisant par la plupart des répondants étaient ceux relatifs à la coordination des dispositifs, la centralisation et la valorisation des données, la mutualisation des outils et la participation des acteurs pour la définition des objectifs de surveillance.

Figure 37. Classement décroissant des onze items du questionnaire en fonction du ratio entre le nombre de votes « point fort » et le nombre de votes « point faible » pour le système de surveillance de l’AVE.

Pour l’AVE, le classement des items est quasiment similaire à celui obtenu pour l’AIE. Les mêmes forces et faiblesses ont été recensées (à l’exception de l’item n° 12 qui portait spécifiquement sur la surveillance de l’AIE lors des ventes), avec cependant de légères différences dans les nombres de votes « + » et « - ». C’est pour l’item n° 9 sur la diffusion de bilans réguliers de la surveillance que l’écart entre ces deux types de votes a le plus varié entre l’AIE et l’AVE, dans le sens d’une augmentation de l’écart. En d’autres termes, une proportion encore plus grande de répondants a jugé insuffisante la diffusion de bilans pour l’AVE (14 votes « - » et 5 « + »), comparé à l’AIE (respectivement 12 et 7 votes).

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Figure 38. Classement décroissant des onze items du questionnaire en fonction du ratio entre le nombre de votes « point fort » et le nombre de votes « point faible » pour le système de surveillance de la MCE.

Le classement des items pour la MCE est très proche de celui pour les deux autres maladies. Une petite différence est toutefois à noter pour l’item n°1 relatif à la connaissance des symptômes par les acteurs de terrain et à leur vigilance (plus souvent jugées satisfaisantes pour la MCE que pour l’AIE et l’AVE), ainsi que pour l’item n° 2 sur la qualité des fiches de collecte de données. Cependant, pour celui-ci, le ratio est obtenu à partir d’un petit nombre de suffrages exprimés (la majorité des acteurs ayant répondu NSP) et une différence d’un seul vote entraine donc une modification visible, quoi que légère, du résultat.

3.3.1.2 Deuxième partie du questionnaire relative aux attentes des participants pour l’atelier

Les attentes des participants vis-à-vis de l’atelier participatif ont été évaluées en proposant cinq réponses possibles et un champ libre pour préciser toute autre attente personnelle (nombre de choix possibles non limité).

L’attente exprimée le plus fréquemment par les 23 répondants était de pouvoir partager ses points de vue avec d’autres acteurs sur la surveillance actuelle et sur la façon dont elle pourrait être améliorée (tableau 20). Une majorité de répondants a également indiqué que rencontrer des acteurs de la surveillance et/ou de la filière équine et mieux connaître les systèmes actuels de surveillance des maladies infectieuses équines faisaient partie de leurs attentes. En revanche, le souhait de mieux comprendre les enjeux de l’épidémiosurveillance n’a été indiqué que par un tiers des participants environ. Aucun répondant n’a coché la case correspondant à la réponse « je ne sais » et quatre

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participants ont renseigné le champ libre. Les quatre réponses manuscrites étaient « recherche »,

« mieux valoriser le recueil des données », « améliorer les systèmes actuels, il manque peu de choses pour un système efficace » et « s’empiffrer de viennoiseries ! ».

Tableau 20. Attentes des participants vis-à-vis de l’atelier participatif.

Proposition d’attentes pour l’atelier participatif Nombre de votes

(proportion de votes en %, n=23)

Rencontrer des acteurs de la surveillance et/ou de la filière équine 16

(70)

Partager avec d’autres acteurs nos points de vue sur la surveillance actuelle et sur la façon dont elle pourrait être améliorée

21

(91)

Mieux comprendre les enjeux de la surveillance épidémiologique 7

(30)

Mieux connaître les systèmes actuels de surveillance des maladies infectieuses équines

3.3.2.1 Formuler plus précisément les objectifs de surveillance (piste 1)

Les participants ont recommandé une formulation plus précise des objectifs de surveillance des trois maladies (tableau 21). Ils ont proposé deux objectifs :

- dans l’immédiat, améliorer la détection des agents pathogènes à fort risque de diffusion chez les équidés :

o pour la surveillance évènementielle (aussi bien règlementaire que volontaire par le Respe) : détecter des formes cliniques de la maladie qui conduisent à un potentiel de diffusion important,

o pour la surveillance programmée (surveillance de la monte, des ventes et des échanges internationaux) : dépister des animaux qui entrent dans un circuit au sein duquel ils ont un potentiel de diffusion particulièrement important (par exemple les reproducteurs).

- à terme, obtenir la vision la plus précise possible de la situation épidémiologique des maladies dans la population équine française (incidence, répartition sur le territoire).

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