Composition et localisation de la population équine française

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2. Surveillance épidémiologique de trois maladies infectieuses équines en France

2.2 Particularités et hétérogénéité de la filière équine

2.2.1 Composition et localisation de la population équine française

Grande-Bretagne et l’Allemagne, qui possèdent des effectifs de taille similaire, sont les trois pays européens détenant le plus d’équidés (Liljenstolpe, 2009). En France, les deux tiers sont des chevaux de selle et des poneys, illustrant la prédominance des activités de sport et de loisir (figure 9). Les chevaux de course constituent environ 18 % de la population, tandis que les chevaux de trait et les ânes en représentent respectivement 8 % et 6 %.

Figure 9. Répartition des équidés par groupes de races en France en 2014 (d’après Annuaire Ecus 2015, Institut français du cheval et de l’équitation [IFCE] - Observatoire économique et social du cheval [OESC], d’après Système d’information relatif aux équidés [Sire]).

Une majorité d’équidés est enregistrée dans un stud-book. Les races de course Pur-Sang et Trotteur français sont les plus nombreuses avec la race Selle français (figure 10). En termes d’effectifs, elles sont suivies par les races Arabe, Comtois et Breton, qui comptaient plus de mille naissances chacune en 2015 (IFCE, 2016f). Un tiers du cheptel national correspond toutefois à des équidés aux origines non constatées de type cheval de selle (16 %) ou poney (18 %). Plus de 80 % des ânes sont également d’origine non constatée.

18%

68%

6%

8%

Course Selle et Poney Trait Anes

Figure 10. Répartition des équidés français par groupe de races en 2014 (d’après Annuaire Ecus 2015, IFCE-OESC, d’après Sire).

Tout équidé détenu en France doit obligatoirement être identifié depuis 2001 (Anonyme, 2001) et équipé d’un transpondeur ou « puce » électronique depuis 2008 (Anonyme, 2004, 2008, 2015a).

Pour les poulains nés sur le territoire national, l’identification doit avoir lieu avant le sevrage et au plus tard le 31 décembre de leur année de naissance. Les équidés importés en France doivent être enregistrés dans les deux mois suivant l’introduction. La gestion de l’identification est assurée par l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), plus précisément par le service du Système d’information relatif aux équidés (Sire) et les données sont enregistrées dans la base de données éponyme (article R653-41 et suivants du Code rural et de la pêche maritime). Les équidés disposent d’un document d’identification (aussi appelé passeport ou livret) et de plusieurs identifiants uniques, à savoir un numéro national dit « numéro Sire », un identifiant unique européen (UELN pour Universal Equine Life Number en anglais) et un code de transpondeur électronique. On estime toutefois qu’au moins 50 000 équidés ne sont pas identifiés en France (Vardon et Perez, 2014). Par ailleurs, bien que l’immense majorité des naissances soit probablement déclarée à l’IFCE, les sorties définitives du territoire national et les morts ne sont pas toutes recensées. L’identité des équidés abattus est systématiquement communiquée au Sire, au contraire de ceux équarris. Or, ces derniers sont au moins deux fois plus nombreux que les équidés abattus : entre 2007 et 2014, de l’ordre de 33 000 animaux ont été équarris chaque année contre environ 17 000 abattages annuels (alors qu’une partie des équidés abattus en France vient directement de l’étranger) (IFCE, 2015b; Vardon et Perez, 2014). En outre, certains cadavres sont enfouis illégalement. Pour ces différentes raisons, et malgré la bonne tenue du fichier central équin, la taille de la population équine n’est pas parfaitement connue et elle ne peut être qu’estimée.

Si les équidés sont très majoritairement correctement identifiés à présent, leur répartition géographique n’est que partiellement connue et leur localisation individuelle ne l’est quasiment pas, à la différence d’autres filières, bovine notamment. La répartition géographique est très hétérogène.

Elle n’est pas connue pour les équidés détenus chez les particuliers, mais seulement pour ceux

présents dans des structures agricoles, c’est-à-dire les élevages, les écuries de course et les établissements équestres essentiellement. Les structures agricoles représentent environ 70 % du cheptel national (IFCE, 2016b). Les effectifs les plus importants sont trouvés dans les régions Basse-Normandie, Pays-de-la-Loire et Rhône-Alpes, suivis par la Bretagne et le quart sud-ouest du pays (figure 11).

Figure 11. Répartition géographique des équidés détenus dans des structures agricoles en France en 2011 par région administrative (source : IFCE-OESC, OER 2012).

OER : Observatoires économiques régionaux

Tout changement de propriétaire doit théoriquement être déclaré au Sire qui met ainsi à jour la carte d’immatriculation, document attestant la propriété de l’équidé. Par ailleurs, la déclaration des détenteurs d’équidés a été rendue obligatoire en 2010 (Anonyme, 2010b). Le détenteur n’est pas nécessairement le propriétaire. Est considéré comme détenteur toute « personne physique ou morale responsable d’un ou de plusieurs équidés, propriétaire ou non, à titre permanent ou temporaire », y compris lors d’un marché, d’une exposition, d’une compétition, d’une course ou d’un évènement culturel, excepté les cliniques vétérinaires et les transporteurs (IFCE, 2016d). Sur les 170 000 détenteurs estimés en France, seulement 55 000 s’étaient enregistrés en 2014 (Vardon et Perez, 2014). Un détenteur doit déclarer à l’IFCE tous ses lieux de détention mais sans obligation de préciser la période de détention, le nombre ni les identifiants des équidés effectivement détenus. La localisation des équidés n’est ainsi pas enregistrée, à quelques exceptions près telles que certains reproducteurs et les chevaux de course à l’entraînement (SECF, 2016a). Le détenteur doit en revanche tenir un registre d’élevages comportant la liste des équidés présents ainsi que le suivi chronologique de leurs mouvements, des soins apportés et des interventions vétérinaires. Faute d’enregistrement systématique, centralisé et actualisé de la localisation des équidés, les registres

d’élevage peuvent, lorsqu’ils existent et sont correctement renseignés, aider à localiser ponctuellement les chevaux présents dans une zone déterminée, par exemple lors des enquêtes épidémiologiques mises en place en cas de foyer d‘une maladie réglementée (IFCE, 2016d). Depuis 2015, des contrôles sur les obligations des détenteurs sont mis en place à l’initiative du ministère en charge de l’agriculture, possiblement assorties d’amendes pouvant atteindre 450 à 1 500 € en cas d’infraction (IFCE, 2016d). Ces mesures contribueront probablement à améliorer la proportion de détenteurs déclarés et la connaissance de la localisation des équidés.

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