Principales faiblesses communes aux trois systèmes de surveillance

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2. Evaluation semi-quantitative et comparative des systèmes de surveillance de l’anémie

2.3.2 Principales faiblesses communes aux trois systèmes de surveillance

2.3.2.1 Organisation institutionnelle centrale et animation

Pour les trois maladies, les dispositifs de surveillance constituant chaque système sont gérés de manière assez indépendante et l’organisation institutionnelle centrale est un élément prioritaire à améliorer (figure 23).

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Figure 23. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour la section fonctionnelle « Organisation institutionnelle centrale » (le pourcentage de satisfaction de la section est inscrit et représenté en noir).

L’organisation centrale d’un système de surveillance doit généralement comprendre trois instances aux missions complémentaires : un comité de pilotage, une unité centrale ou d’animation et un comité scientifique et technique. Or, il n’existe pas d’instance de pilotage pour ces maladies, réunissant tous les partenaires impliqués dans la surveillance et décidant des grandes orientations du système. Les attentes de certains acteurs, tels que les particuliers, les laboratoires ou les producteurs de semence, ne sont pas prises en compte ni même identifiées. L’absence de tels comités de pilotage se traduit par des objectifs insuffisamment définis et détaillés (figure 24), une faible coordination et une faible acceptabilité de la surveillance (annexe 5).

Figure 24. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour la section fonctionnelle « Objectifs et champ de la surveillance » (le pourcentage de satisfaction de la section est inscrit et représenté en noir).

Les fonctions d’animation et de coordination des acteurs, de centralisation et d’analyse des données mais aussi de diffusion des résultats ne sont pas prises en charge de manière claire et formalisée par un organisme ou un groupe d’acteurs qui feraient office d’unité centrale. Ces éléments constituent les raisons majeures des notes faibles attribuées au point critique « traitement et interprétation des données » (figure 25), à la communication (figure 26) et surtout à l’animation (figure 27).

Figure 25. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour le point critique

« Traitement et interprétation des données » (le pourcentage de satisfaction du point critique est inscrit et représenté en gris).

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Figure 26. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour la section fonctionnelle « Communication » (le pourcentage de satisfaction de la section est inscrit et représenté en noir).

Figure 27. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour le point critique

« Animation » (le pourcentage de satisfaction du point critique est inscrit et représenté en gris).

Un défaut d’animation et de retour d’informations sur les activités de surveillance a été particulièrement identifié concernant les acteurs de terrain. Les faibles notes de l’attribut

« sensibilité » (annexe 5) s’expliquent en partie par ce constat, ainsi que par l’absence de programme de sensibilisation des acteurs de terrain. Pour l’AIE, il faut ajouter aux raisons d’une médiocre sensibilité la faible acceptabilité des mesures règlementaires mises en place en cas de foyer (incluant l’euthanasie des équidés infectés, même s’ils ne présentent aucun signe clinique).

Par ailleurs, pour aucune des trois maladies il n’existe de comité scientifique et technique.

Le défaut d’organisation institutionnelle centrale conduit également à un manque de cohésion et de connexion entre les dispositifs de surveillance. De plus, il n’y a pas non plus de charte ni de protocole définissant l’organisation et le fonctionnement de l’ensemble des systèmes de surveillance.

2.3.2.2 Gestion et exploitation des données

La gestion des données est un autre point faible majeur des systèmes de surveillance de l’AIE, de l’AVE et de la MCE (figure 28). Les résultats produits par les différents dispositifs de surveillance sont gérés dans des systèmes d’information indépendants (DGAL, DDecPP, IFCE, Respe, LNR, LDA). Ces données ne sont que très rarement échangées entre les responsables des dispositifs de surveillance.

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Ce constat est toutefois à nuancer, d’une part, pour les informations sur les cas confirmés qui sont transmises à la DGAL et au LNR et, d’autre part, compte tenu de la mise en place récente d’un projet d’interopérabilité entre bases de données, c’est-à-dire l’acquisition par les bases d’une capacité à partager leurs informations.

Figure 28. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour la section fonctionnelle « Gestion des données » (le pourcentage de satisfaction de la section est inscrit et représenté en noir).

Il n’existe aucun enregistrement centralisé des résultats d’analyses pour certains dispositifs (ventes, exports). Pour les exports, une transmission de certaines données (hors résultats des tests) est prévue depuis les Directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP) et les postes d’inspection aux frontières (PIF) vers la DGAL et la base TRACES, mais cette transmission n’est pas réalisée de façon homogène sur le territoire national. L’absence de centralisation est particulièrement dommageable pour les tests AIE réalisés dans le cadre des ventes (aux enchères en particulier) car ils représentent la majorité des analyses effectuées pour cette maladie chaque année en France. Pourtant, le réseau des LDA (avec le LNR) est à l’origine de l’ensemble des résultats d’analyses, quel que soit le dispositif de surveillance impliqué (à l’exception de quelques analyses réalisées à l’étranger, notamment pour les ventes). Une grande partie des données de surveillance est ainsi enregistrée à un niveau local mais seulement une faible proportion est ensuite centralisée en vue d’une exploitation épidémiologique.

Par ailleurs, une bonne part de la saisie de données est encore réalisée manuellement, bien que la proportion des échanges de données informatisées, plus fiables et plus rapides, augmente rapidement depuis quelques années.

Le traitement et l’interprétation des données sont insuffisants à l’heure actuelle (figure 25). Un certain nombre d’informations relatives aux résultats d’analyses et aux animaux testés ne sont pas disponibles et ne permettent pas une exploitation épidémiologique optimale des données. Par exemple pour l’AIE, le nombre annuel d’analyses réalisées est accessible mais aucun acteur ne connait le nombre total d’équidés testés correspondant ni leurs caractéristiques (localisation, race, sexe, âge, etc.), ni même le nombre de cas suspects ou la part de chaque dispositif de surveillance dans le nombre total d’analyses. Pour l’AVE et la MCE, le niveau de complétude des données est encore plus bas. En outre, les bases de données actuelles ne sont pas toutes bien adaptées à une exploitation épidémiologique et les ressources matérielles et humaines (épidémiologistes) pour une telle exploitation font défaut.

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2.3.2.3 Flexibilité

Le défaut d’instances centrales capables de faire évoluer facilement les systèmes de surveillance ainsi que l’absence d’indicateurs de fonctionnement ou de performance permettant d’identifier et de corriger les points faibles en routine se traduisent par le faible niveau de l’attribut « flexibilité » (annexe 5).

2.3.2.4 Evaluation

L’évaluation de la surveillance est également un point faible des trois systèmes (figure 29). Si une première évaluation externe a été conduite à l’occasion de ce travail avec la méthode Oasis flash, aucune évaluation interne n’est mise en œuvre à ce jour. En particulier, il n’existe pas d’outils d’évaluation « en continu » de la qualité de la surveillance tels que des indicateurs de fonctionnement.

Figure 29. Résultats de l’évaluation de la surveillance de l’anémie infectieuse des équidés (AIE), de l’artérite virale équine (AVE) et de la métrite contagieuse équine (MCE) en France pour la section fonctionnelle « Evaluation » (le pourcentage de satisfaction de la section est inscrit et représenté en noir).

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