Système de surveillance de l’artérite virale équine

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2. Surveillance épidémiologique de trois maladies infectieuses équines en France

2.3 Systèmes et dispositifs de surveillance en filière équine

2.3.2 Système de surveillance de l’artérite virale équine

Le système de surveillance de l’AVE repose en grande partie sur les mêmes dispositifs que celui de l’AIE :

- Dispositif de surveillance évènementielle règlementaire, - Dispositif de surveillance des reproducteurs,

- Surveillance des ventes,

- Réseau de surveillance évènementielle volontaire (Respe, sous-réseau « Avortement »), - Surveillance des équidés exportés,

- Réseau de surveillance des causes de mortalité (Resumeq).

Quelques différences sont toutefois à souligner. Pour la surveillance évènementielle règlementaire, l’objectif est de « détecter la présence de l’AVE chez les équidés présents sur le territoire » (Hans et Marcé, 2012b). La déclaration des cas confirmés par un test de laboratoire est obligatoire auprès des DDecPP. Mais, à la différence de l’AIE, il s’agit d’un danger sanitaire de deuxième catégorie pour lequel le diagnostic n’entraine pas de mesure de police sanitaire obligatoire. L’investigation et la gestion des foyers sont assurées par les professionnels, l’IFCE et le Respe. Il n’existe pas de définition règlementaire du cas suspect. Une douzaine de LDA sont agréés pour réaliser le diagnostic ou le dépistage selon des méthodes d’analyses sérologiques et/ou virologiques (DGAL, 2016). Le nombre de suspicions cliniques n’est pas connu et des bilans de surveillance sont édités de façon très irrégulière par la DGAL en association avec le LNR (Hans et Marcé, 2012b).

Pour le dispositif de surveillance des reproducteurs, les principales différences par rapport à l’AIE portent sur la population suivie, sur l’investigation et sur la fréquence du dépistage qui doit être réalisé chaque année avant toute saison de monte. En plus des étalons exploités en insémination artificielle et d’une vingtaine de races d’étalons utilisés en monte naturelle, certains stud-books exigent un dépistage chez les poulinières. Il s’agit des juments produisant des poulains de course, c’est-à-dire de race Pur-Sang et Autre-Que-Pur-Sang (AQPS) ainsi qu’une partie des juments de race Arabe, Anglo-Arabe et Selle Français (IFCE, 2016a). Ainsi, de l’ordre de 13 000 équidés, dont environ 10 000 juments, sont testés chaque année dans le cadre de la monte (B. Ferry et S. Vinatier, communications personnelles), faisant de ce dispositif le premier en nombre d’analyses AVE réalisées. Par ailleurs, la sous-commission sanitaire de stud-book est chargée d’examiner les cas des étalons excréteurs du virus de l’AVE et de piloter une enquête épidémiologique de terrain en lien avec les vétérinaires sanitaires pour certains cas d’AVE.

La surveillance de l’AVE lors des ventes est réalisée beaucoup moins fréquemment que pour l’AIE.

L’AVE n’est pas un vice rédhibitoire et elle n’est pratiquement jamais recherchée lors des ventes privées. Pour les ventes publiques, certaines sociétés de ventes aux enchères demandent un dépistage pour certains équidés, comme les pouliches et poulinières pour la société Arqana®, représentant plusieurs centaines de tests par an (B. Salvat, communication personnelle).

Pour la surveillance évènementielle volontaire, le Respe dispose d’un sous-réseau « Avortement » qui vise à détecter précocement les avortements causés par les herpès virus équins 1 et 4, le virus de l’AVE et les leptospires et à évaluer l’incidence et la répartition géographique de ces avortements (RESPE, 2016d). Ce sous-réseau fonctionne de la même manière que celui dédié au syndrome piro-like. Les vétérinaires sentinelles sont chargés de déclarer au Respe tout cas de jument « expulsant un fœtus mort quel que soit le stade de gestation » ou « donnant naissance à un produit vivant mais mourant dans les deux premiers jours de vie ». Sont toutefois exclus les cas de mortalité embryonnaire, c’est-à-dire se produisant avant le 45ème jour suivant la dernière insémination, les poulains nés vivants mais présentant des malformations congénitales graves connues pour être létales (hydrocéphalie, méningocèle ou encéphalocèle, anomalies cardiaques) et les interruptions de gestation pour lesquelles ni les annexes fœtales ni le fœtus ne sont retrouvés, sauf si des lochies sont présentes au col utérin de la jument. Le vétérinaire doit transmettre au LDA la fiche de déclaration remplie ainsi que les échantillons de placenta, de foie, de poumons, de rein et de sang de fœtus ainsi que du sang de la jument. La recherche des agents pathogènes est effectuée par PCR (RESPE, 2016d).

En 2014 et 2015, respectivement 132 et 134 déclarations ont été effectuées mais aucun cas d’AVE n’a été détecté (RESPE, 2016b).

Jusqu’en 2015, un deuxième sous-réseau du Respe surveillait également l’AVE, le sous-réseau

« Syndrome respiratoire aigu ». Son objectif était de déterminer l’incidence de la grippe équine, de la rhinopneumonie à herpès virus équins 1 et 4, de l’AVE et de la gourme dont l’agent est Streptococcus equi (RESPE, 2013). Le cas suspect est défini comme un équidé présentant une hyperthermie, un jetage séreux et une inflammation des voies respiratoires supérieures. De 2012 à 2015, entre 210 et 428 déclarations annuelles ont été effectués via ce sous-réseau, en excluant les suspicions spécifiques de gourme, mais aucun cas d’AVE n’a été détecté (Daix, 2013, 2014, 2015; RESPE, 2016b).

Ainsi, l’AVE a été retirée des maladies recherchées dans le cadre de ce sous-réseau en 2015 et d’autres agents pathogènes ont été ajoutés (rhinovirus de type A et B, adénovirus de type 1), considérant que leur surveillance était plus pertinente (RESPE, 2016b, c).

Par ailleurs, à la suite de l’épizootie d’AVE de 2007 en Normandie, le Respe a établi un protocole de mise en place d’une cellule de crise. Cette cellule est activée en cas de risque sanitaire avéré lié à une des maladies surveillées, ou éventuellement à d’autres maladies équines jugées importantes sur les plans sanitaires et/ou économiques hors danger sanitaire de première catégorie. Elle est composée d’un « groupe leader » (directeur et président du Respe, responsable du collège Prévention sanitaire), de membres permanents (dont le président du CST et des représentants vétérinaires, de la filière et d’organismes publics) voire d’autres membres selon la maladie et les acteurs impactés, tels que des représentants des laboratoires, des scientifiques et des acteurs locaux. La cellule est mise en place sur décision du directeur après avis du groupe leader. Le cas échéant, elle est chargée de recueillir des informations sur l’évènement, d’assurer une communication sur la crise et d’établir des recommandations de gestion sanitaire. La cellule met en œuvre une enquête épidémiologique et elle coordonne les actions de prévention et de lutte ; elle joue ainsi un rôle d’investigation. Elle a été activée pour la première fois en 2011 pour la gestion de deux foyers d’AVE dans la race lusitanienne dans le sud-est de la France (Ferry, 2011; Marcillaud-Pitel et al., 2012; RESPE, 2010b).

La surveillance dans le cadre des exports et de Resumeq fonctionne de la même manière pour que l’AIE. Toutefois pour Resumeq, le taux de létalité induit par le virus de l’AVE est très faible chez les équidés adultes, bien qu’il soit un peu plus élevé chez les jeunes poulains. Celui-ci dépend du pouvoir pathogène -très variable- des souches. Lors de l’épizootie normande de 2007, le virus a par exemple été mis en évidence dans le cadre de l’autopsie du cas index, un percheron adulte, permettant de confirmer que sa mort était due à l’AVE (Miszczak et al., 2012; Pronost et al., 2010). La détection la plus probable concerne cependant les fœtus examinés en cas d’avortement (Tapprest et al., 2008).

Au cours des neuf premiers mois d’activité du réseau, près d’une centaine d’équidés (des fœtus essentiellement, l’analyse étant quasiment systématique pour ceux-ci) ont fait l’objet d’une

recherche du virus de l’AVE, mais aucun résultat positif n’a été obtenu (N. Foucher, communication personnelle).

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