ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE

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SÉANCE V: SÉANCE DE CLÔTURE Président: Secrétariat de l'OMC

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE

RÔLES ET CONTRIBUTIONS DES INSTITUTIONS

MULTILATÉRALES

Le coton est une des cultures les plus importantes en Afrique de l'Ouest. La production et l'exportation du coton contribuent de façon significative à l'emploi rural, au revenu des agriculteurs, à la sécurité alimentaire, aux recettes d'exportation et au développement économique de ces pays. À titre d'exemple, la production de coton représente 5,5 pour cent du PIB du Bénin. En moyenne, les exportations de coton entrent pour plus de 22 pour cent dans les recettes dégagées par les exportations agricoles des pays d'Afrique de l'Ouest qui exportent ce produit. Au cours des dernières décennies, la production et les exportations africaines de coton ont dû faire face à une chute très sensible des prix et à d'amples fluctuations sur le marché mondial du coton, exacerbées par une forte appréciation de la monnaie qui désavantage nettement les exportateurs.

Pour que l'industrie du coton redevienne rentable, compétitive et viable – sur le double plan économique et environnemental – en Afrique de l'Ouest, il est essentiel de mettre en place des politiques et des stratégies sectorielles qui permettent de répondre à la dynamique et aux impératifs du marché international, tout en aidant la région à se doter de systèmes de production plus efficients et globalement viables et à améliorer l'efficacité du processus de transformation, de manutention et de commercialisation du produit.

La principale contrainte extérieure est le niveau peu élevé et variable des prix mondiaux. Si les prix mondiaux se sont quelque peu redressés l'an passé, la fermeté du franc CFA vis-à-vis du dollar a limité les conséquences positives de cette évolution pour les producteurs de l'Afrique de l'Ouest.

Sur le plan intérieur, les principales contraintes qui s'exercent sur la production sont l'utilisation excessive des pesticides et l'emploi de méthodes de culture et de gestion des sols inadaptées. Il en résulte des coûts de production élevés dans les exploitations de coton et une faible sécurité de revenu pour les ménages qui en dépendent. Le manque de diversification fait aussi courir des risques importants aux producteurs de coton.

Les carences des services et du soutien institutionnel proposés contribuent aux coûts élevés, à la faible productivité et à la vulnérabilité des producteurs de coton. L'absence de transformation, donc de valeur ajoutée, et la faible qualité des produits rendent les producteurs de coton plus vulnérables et le secteur encore moins compétitif.

Il est nécessaire d'adopter des stratégies rationnelles pour rehausser la qualité du produit et accroître la valeur ajoutée dans la chaîne de l'offre en améliorant l'efficience du marché et en favorisant le développement du secteur des textiles et des vêtements.

La FAO est bien placée pour aider à améliorer la compétitivité de la filière du coton en Afrique de l'Ouest et à réduire la vulnérabilité des producteurs en dotant la région de capacités opérationnelles et institutionnelles accrues pour planifier et mettre en œuvre des initiatives visant à abaisser les coûts de production, à rendre les exploitations de coton plus viables et à accroître la qualité des produits, la valeur ajoutée et l'efficacité tout au long de la chaîne de l'offre.

La FAO compte de nombreux experts spécialisés dans l'économie et la gestion des exploitations agricoles, les cultures végétales et la lutte antiparasitaire, le traitement des produits après

les récoltes et d'autres domaines, et dispose en outre d'un grand savoir-faire dans la fourniture de ce type de programmes d'assistance, ce qui pourrait aider à résoudre les problèmes du secteur cotonnier en Afrique de l'Ouest.

Nous serions tout à fait disposés à participer à un processus de coopération pluridisciplinaire qui permettrait aux experts techniques et économiques de la FAO de travailler avec leurs collègues des autres organisations internationales, des instituts de recherche et des milieux du commerce et de l'industrie, ainsi qu'avec des experts des administrations et des institutions locales, et qui bénéficierait de l'appui des institutions financières multilatérales et des donateurs bilatéraux.

Le dialogue avec les parties prenantes du secteur cotonnier, des pouvoirs publics et des autres institutions concernées devrait faire partie intégrante de toute initiative d'assistance, afin de favoriser la mobilisation d'un consensus et la participation à la définition des problèmes et à l'examen des solutions proposées par les divers intéressés.

Un programme destiné à stimuler la productivité et la compétitivité de la filière du coton en Afrique de l'Ouest pourrait s'articuler autour des actions suivantes:

Mettre en place des capacités requises pour formuler et mettre en œuvre des politiques et stratégies sectorielles et commerciales de nature à assurer la prospérité du secteur du coton dans les pays africains producteurs. Ces politiques et stratégies pourraient faire l'objet d'études régionales et nationales centrées sur les facteurs déterminants pour la viabilité de la filière du coton, et notamment sur les politiques et stratégies à adopter pour assurer la conformité avec diverses conventions internationales. Ces ateliers permettraient aux participants de mieux comprendre les politiques et stratégies requises pour soutenir le secteur cotonnier et leur donneraient une idée générale des mesures à prendre pour mettre en œuvre ces politiques et stratégies.

Intervenir sur trois maillons essentiels de la chaîne de l'offre de coton. Premièrement, la production de coton: elle doit être rendue plus rentable en recensant et en favorisant les options de nature à augmenter la productivité et à réduire les coûts de production, telles que l'adoption de stratégies de gestion souples permettant aux producteurs de répondre aux fluctuations des marchés mondiaux.

Deuxièmement, le fonctionnement du système de commercialisation: l'accent pourrait être mis sur le coût et l'efficience de la commercialisation du coton, la gestion des risques, l'accès aux intrants et les modèles de fourniture des services interdépendants.

Troisièmement, la compétitivité du secteur des textiles et des vêtements: elle devrait être améliorée, et le secteur du coton devrait être encouragé à s'orienter vers des exportations de textiles à valeur ajoutée, au détriment de la matière première elle-même. Il est possible de développer les activités en aval du secteur – telles que l'égrenage du coton, la production d'huile de coton ou la transformation de tourteaux de graines de coton destinés à l'alimentation animale – et les activités liées au coton qui se situent plus en amont, telles que la fabrication de textiles ou la transformation de l'huile de coton.

Améliorer très sensiblement l'efficience de la production des petits producteurs de coton ou de céréales. C'est ce que permettraient les programmes de production et de lutte antiparasitaire intégrées, qui reposent entre autres sur la rotation des cultures et la gestion des résidus de culture, l'utilisation synchrone des nutriments végétaux et de la rotation des cultures, diverses options de préparation des sols, dont la préparation limitée et la lutte contre les mauvaises herbes, la lutte contre les insectes et les maladies, la mise en place de cultures de couverture (systèmes de relais) pour assurer une meilleure gestion des sols, l'optimisation des récoltes, etc. L'élargissement du choix des récoltes recèle aussi des possibilités prometteuses: le producteur de coton disposerait alors d'un éventail de

rotations plus large qui favoriserait la diversification, laquelle est importante pour la viabilité agronomique, mais aussi économique.

L'introduction et l'application de bonnes pratiques agricoles (BPA) aideraient aussi à s'attaquer aux dimensions économique, sociale et environnementale de la viabilité. Les Farmer's Field Schools (FFS) auraient un rôle essentiel à jouer pour donner aux agriculteurs les moyens d'utiliser ces BPA, et il faudrait s'attacher à consolider le cadre institutionnel et les services destinés à promouvoir leur utilisation.

Pour une efficacité maximale, l'assistance devrait se rattacher au processus engagé dans le cadre de l'OMC et des principaux accords commerciaux régionaux. À cette fin, elle devrait aussi inclure un suivi de la Conférence de l'OMC à Cancún, en prévoyant expressément:

• des études et analyses de l'impact des politiques agricoles et commerciales, en particulier des mesures prises par les pays développés, sur l'évolution du marché mondial du coton;

• des études sur les stratégies de nature à accroître la rentabilité de la production de coton dans les ACP, qui insisteraient sur l'adoption de nouvelles techniques de production et sur le rôle de l'intégration verticale de la production de coton et des exportations de textiles;

• le soutien des efforts déployés pour promouvoir l'efficience et la diversification de la production, la gestion après les récoltes et la commercialisation.

La FAO est prête à participer à un programme d'assistance aux pays ACP producteurs et exportateurs de coton. Nous espérons contribuer ainsi à l'amélioration du bien-être et de la sécurité alimentaire des producteurs de coton d'Afrique de l'Ouest.

ANNEXE 11

COMITÉ CONSULTATIF INTERNATIONAL DU COTON

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