DÉCLARATION DE LA DÉLÉGATION DES ÉTATS-UNIS Mme Linnet F. Deily

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SÉANCE V: SÉANCE DE CLÔTURE Président: Secrétariat de l'OMC

DÉCLARATION DE LA DÉLÉGATION DES ÉTATS-UNIS Mme Linnet F. Deily

Ambassadrice

Mission permanente des États-Unis auprès de l'OMC, Genève

Importance de la collaboration des organisations multilatérales et régionales

En décembre dernier, à Genève, le Président du Conseil général de l'OMC, M. Perez del Castillo, a suggéré que nous poursuivions l'étude de la question du coton dans deux directions: l'une concernant le commerce et l'autre le développement. Étant donné que les travaux sur les questions de développement exigeaient une participation plus large que celle de la seule OMC, l'idée de cet atelier a vu le jour.

Nous sommes heureux d'avoir pu ici engager le dialogue sur un processus plus ciblé visant à traiter les contraintes que connaissent vos pays et qui les empêchent d'accroître les revenus des producteurs du secteur du coton, de réduire la pauvreté et de générer la croissance économique.

En écoutant les exposés présentés aujourd'hui, j'ai été frappée par l'importance d'une collaboration entre les organisations multilatérales et régionales – c'est là un élément clé de toute solution que nous pourrions trouver.

Chacune de ces organisations multilatérales et régionales peut apporter une contribution spécifique sur les aspects liés au développement de la question du coton. Ainsi, par exemple, les organisations multilatérales, comme la Banque mondiale, ont réalisé des évaluations qui mettent en évidence les réformes nécessaires dans certains pays. Les banques régionales intervenant dans le cadre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ou la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC) pourraient être en mesure d'apporter d'autres formes d'aide, comme des projets infrastructuraux. Il est clair également que les donateurs bilatéraux doivent intégrer leurs propres efforts dans cette stratégie plus vaste – la solution est dans la collaboration.

C'est pourquoi j'encourage toutes ces instances à accroître la cohérence de leurs programmes au fur et à mesure de notre progression dans ce processus.

Pour que ces groupes soient mieux en mesure d'apporter une contribution, il importe qu'ils travaillent à partir du même plan.

• Ainsi, nous recommandons à vos gouvernements d'assurer une coordination entre les ministères du commerce, de l'agriculture et des finances et de veiller à ce que les besoins que vous avez identifiés soient inclus dans les Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) de vos pays.

• Nous savons que vos pays ont de nombreux besoins. Nous avons entendu nombre d'entre vous déclarer que le coton était une priorité. Pour qu'il soit tenu compte de la ligne d'action ainsi choisie par votre gouvernement, nous vous demandons d'agir et de vous assurer qu'elle soit incorporée dans les DSRP. Ainsi, le coton ne se trouvera pas perdu au milieu de ces multiples besoins. En tant que membres de la communauté des donateurs, nous serons alors en mesure de répondre à vos demandes en temps utile et de façon cohérente.

Mettre l'accent sur le coton dans vos plans de développement constitue la première étape pour accéder au système d'assistance. Au bout du compte, l'aide de chacun – donateurs multilatéraux, donateurs bilatéraux, organisations régionales, secteur privé, société civile et pays bénéficiaires eux-mêmes – sera nécessaire pour parvenir à une solution durable des problèmes auxquels nous nous attelons tous dans cet atelier.

Le compte "Défi du Millénaire"

L'autre question que je souhaiterais brièvement aborder est celle d'un nouveau programme d'assistance des États-Unis qui va s'ajouter à l'aide que nous apportons actuellement et qui est intitulé Millennium Challenge Account (MCA) (compte "Défi du millénaire").

En janvier, le Congrès a autorisé la Millennium Challenge Corporation (MCC) à administrer le MCA et prévu un financement initial de 1 milliard de dollars EU pour l'exercice 2004. Le Président Bush s'est engagé à porter ce financement à 5 milliards de dollars EU par an à partir de l'exercice 2006, ce qui représente une augmentation d'environ 50 pour cent des ressources de base actuellement consacrées par les États-Unis à l'aide au développement.

La MCC est supervisée par un Conseil d'administration composé du Secrétaire d'État, du Secrétaire au trésor, du Représentant des États-Unis pour les questions commerciales internationales, de l'Administrateur de l'USAID, du Président directeur général de la MCC et de quatre membres n'appartenant pas à l'administration, qui doivent être nommés par le Président. Et je suis heureuse de vous déclarer que les organes membres de ce conseil sont ici bien représentés.

La MCC établira des partenariats axés sur les résultats avec les pays remplissant les conditions pour bénéficier d'un financement. Elle s'accordera avec eux sur un projet ou

"arrangement" énonçant les objectifs concrets, les critères et les responsabilités en vue d'atteindre les objectifs de développement mutuellement définis.

Le 2 février 2004, le Conseil d'administration a approuvé une liste de 63 pays – dont plusieurs en Afrique – candidats à une participation au MCA pour l'exercice 2004.

Début mai – soit d'ici moins de deux mois – le Conseil d'administration de la MCC se réunira pour choisir, parmi les pays remplissant les conditions, ceux qui seront invités à élaborer un

"arrangement" en vue de bénéficier d'une aide dans le cadre du MCA.

Une fois les pays sélectionnés, la MCC travaillera avec les pays bénéficiaires potentiels à la mise au point des "arrangements" énonçant un engagement entre les États-Unis et le pays en développement concerné. Dans le cadre de ce partenariat, les pays définiront leurs propres priorités de développement et établiront un plan pour parvenir à une croissance économique durable et à une réduction de la pauvreté.

En se fondant sur ce que nous avons entendu, nous encourageons les pays producteurs de coton qui rempliraient les conditions requises pour bénéficier de ce nouveau programme à accorder l'attention voulue à ce secteur lorsqu'ils négocieront leur "arrangement" – tout comme ils doivent le faire dans leur DSRP ou leurs études diagnostiques au titre du Cadre intégré.

Le MCA constitue un autre moyen que les États-Unis pourront utiliser pour collaborer avec un certain nombre de pays sur les aspects liés au développement concernant le secteur du coton en Afrique. Quant aux pays qui ne sont pas loin de remplir les conditions requises, l'USAID les aidera à faire le nécessaire pour pouvoir au bout du compte prétendre à un financement à ce titre.

Permettez-moi maintenant de donner la parole à Emmy Simmons de l'USAID qui va vous expliquer en quoi nos programmes d'assistance traditionnels peuvent véritablement améliorer la situation dans ce domaine.

ANNEXE 7

DÉCLARATION DE LA DÉLÉGATION DES ÉTATS-UNIS M. Simmons, Administrateur adjoint

C'est un plaisir pour moi d'être en compagnie de Madame l'Ambassadeur Deily qui, avec ses collègues de Genève, s'efforce de redonner un élan au programme de négociation.

C'est également un plaisir que de participer à ce groupe avec Monsieur l'Ambassadeur Iversen, dont la contribution au cadre intégré à Genève est si importante.

Quoi qu'il en soit, cet atelier ne concerne pas les négociations. Il s'agit de voir ce que nous pouvons faire pour accélérer le développement en Afrique, notamment dans le secteur du coton ou, autrement dit, de faire en sorte que les bénéfices tirés des opportunités commerciales reviennent aux familles d'agriculteurs.

Je me souviens avoir participé à un repas dans les premiers jours de la réunion ministérielle de l'OMC de Seattle, en 1999 – lorsque les États-Unis avaient reçu les participants africains pour parler des questions liées au commerce. Après de multiples discussions sur les possibilités commerciales que le lancement d'un nouveau cycle offrirait, j'ai été particulièrement frappé par la remarque du représentant du Bénin: À quoi cela sert-il d'avoir un nouveau cadre commercial si nous n'avons rien à offrir?

Beaucoup de choses ont changé depuis.

Tout d'abord, les États-Unis ont apporté la preuve de leur volonté de fournir une aide concrète pour le renforcement des capacités commerciales des pays en développement.

• Au niveau mondial, nous sommes actuellement le pays donateur le plus important en matière d'assistance pour le renforcement des capacités commerciales.

• Le financement par les États-Unis des activités de renforcement des capacités commerciales en Afrique subsaharienne a atteint au total 133 millions de dollars pour l'exercice 2003, soit une augmentation de 26 pour cent par rapport à l'exercice 2002 (105 millions de dollars) et de 207 pour cent par rapport à l'exercice 2001 (64 millions de dollars). En d'autres termes, depuis Doha, nous avons quasiment doublé notre assistance à l'Afrique subsaharienne.

Certes, nous ne sommes pas les seuls à poursuivre un tel effort. C'est pourquoi nous soutenons aussi fermement le processus de Cadre intégré, qui constitue un outil extrêmement important pour répondre aux besoins de cette région en matière de renforcement des capacités commerciales. Les États-Unis se réjouissent à l'idée d'assurer en mai le rôle de coordinateur des donateurs.

Les États-Unis apportent régulièrement des contributions au Fonds d'affectation spéciale pour le Cadre intégré. Nous soutenons activement aussi les projets de pays du Cadre intégré à chaque fois que nous le pouvons.

Actuellement, nous participons activement aux activités du Cadre intégré en cours au Mali et au Sénégal. Nous avons aussi fortement appuyé la décision récente du Groupe de travail du Cadre intégré de mener des activités au Bénin et au Tchad.

Nous souhaitons collaborer avec vous

Mais nous travaillons également de façon intensive sur une base bilatérale. Si notre délégation est présente ici, c'est parce que nous souhaitons travailler avec vous sur les obstacles au développement auxquels vous êtes confrontés dans le secteur du coton.

Hier, nous nous sommes concentrés sur tous les aspects de la question relatifs au développement du coton. Il est clair que des efforts sont nécessaires dans de nombreux domaines:

1) il faut accroître la productivité; 2) introduire de nouvelles innovations; 3) apporter de la valeur ajoutée; et 4) rechercher et instaurer de nouveaux marchés.

Assistance sur le plan de l'offre

Tous ces objectifs relèvent de l'assistance en matière de renforcement des capacités commerciales, souvent qualifié d'assistance "à l'intérieur des frontières" ou "sur le plan de l'offre".

Permettez-moi de vous donner quelques exemples de chacun des domaines cités précédemment.

Tout d'abord, l'augmentation de la productivité agricole. De nombreux programmes menés en Afrique subsaharienne lui accordent une importance particulière.

La mission de l'USAID au Mali va, par exemple, entreprendre des travaux visant à:

développer et améliorer le potentiel d'irrigation; développer l'industrie des semences relevant du secteur privé; favoriser l'amélioration de la production pour une série de cultures; introduire des technologies de transformation de produits agricoles; et assurer des services de promotion des entreprises aux éventuels investisseurs locaux.

Vient ensuite l'innovation des nouvelles technologies – un thème qui, hier, est revenu de façon répétée.

Ici encore, c'est une question sur laquelle nous sommes prêts à travailler avec vous. En juin, le Département de l'agriculture des États-Unis parrainera une conférence régionale sur les sciences et les technologies agricoles à Ouagadougou, au Burkina Faso, afin d'étudier les moyens d'exploiter au mieux les innovations scientifiques et technologiques.

Lors de cette conférence, l'USAID lancera officiellement un programme destiné à aider les autorités nationales à mettre en place les cadres et protocoles réglementaires nécessaires pour favoriser l'utilisation de nouvelles technologies agricoles. Nous sommes convaincus que le coton constitue le "parfait candidat" pour ce programme.

Mais nous travaillerons aussi sur les aspects relatifs au développement du secteur du coton.

L'Agence des États-Unis pour le commerce et le développement (USTDA) prévoit de financer des études de faisabilité qui indiqueraient aux gouvernements et au secteur privé africains comment obtenir les financements nécessaires pour mettre en œuvre des projets susceptibles d'accroître la durabilité du secteur agricole – en apportant éventuellement une valeur ajoutée grâce à la transformation. Cette agence s'attachera ensuite à assurer le suivi de ces projets.

Reste enfin le problème des marchés. Hier, il a été fait mention de la nécessité de mener des travaux centrés sur la compréhension des marchés. Le système régional d'informations sur les marchés répond à cette préoccupation. Ce système vise à améliorer les échanges régionaux grâce au renforcement des réseaux de systèmes d'information sur les marchés régionaux et d'organisations régionales de négociants. Il permettra de faciliter les échanges intrarégionaux de biens et produits agricoles de base et, notamment, du coton.

Nos "centres d'analyse de la compétitivité à l'échelon mondial" à Accra, au Botswana et à Nairobi aident également les producteurs africains à recenser les débouchés commerciaux créés aux États-Unis par la Loi sur la croissance et les perspectives économiques de l'Afrique (AGOA) et en tirer profit.

Les exposés que nous avons entendus hier soulignent la nécessité de soutenir les efforts de l'Afrique en vue d'ajouter de la valeur au coton et de développer plus largement le secteur agricole afin de tirer profit des opportunités offertes par cette loi, entre autres.

L'AGOA a favorisé la création de plus de 190 000 emplois en Afrique subsaharienne et entraîné plus de 340 millions de dollars d'investissements. Pour la seule année passée, les importations de textiles et de vêtements ont progressé de 50 pour cent, celles de produits chimiques et de produits dérivés de 30 pour cent et les importations de produits agricoles de 13 pour cent, pour ne citer que quelques secteurs intéressant l'Afrique.

Le total des fonds alloués par les États-Unis aux activités de renforcement des capacités commerciales dans le cadre de cette loi a atteint presque 69 millions de dollars pour l'exercice budgétaire 2003, soit une augmentation de 13 pour cent par rapport à l'exercice 2002 (61 millions de dollars) et de 201 pour cent par rapport à l'exercice 2001 (34 millions de dollars).

Les États-Unis continueront à favoriser l'expansion du secteur agricole en Afrique de l'Ouest et les efforts de mise en œuvre de l'AGOA grâce aux Centres de ressources créés dans le cadre de cette loi. Ces centres sont des lieux où les entrepreneurs peuvent se rendre et obtenir des informations fiables, complètes et à jour sur les produits qu'ils souhaitent exporter. Nous avons ouvert notre tout dernier Centre de ressources de l'AGOA à Lagos, le mois dernier. Nous espérons, cette année, ouvrir deux centres supplémentaires et améliorer ceux qui ont été créés l'année passée en leur fournissant des équipements supplémentaires et des informations de meilleure qualité et, notamment, un CD-ROM complet nouvellement mis au point pour pallier les problèmes d'accès à Internet dans la région.

La meilleure façon de traiter nombre des questions soulevées hier serait, pour nos industries du coton, de mettre en commun leur expérience. L'industrie cotonnière américaine a fait part de son intérêt et de son désir d'élargir ses contacts avec les producteurs et transformateurs africains. En fait, un tel dialogue a déjà commencé avec la visite aux États-Unis du Ministre malien du commerce, M. Maiga.

Nos industries sont confrontées à certains problèmes communs. Nous sommes convaincus que, des deux côtés, nous gagnerions à échanger directement nos idées et préoccupations. Nous poursuivrons ce dialogue en continuant d'envoyer des spécialistes sur place et en en accueillant nous-mêmes. Pour commencer, les producteurs et représentants des quatre pays africains producteurs de coton se rendraient en visite aux États-Unis pour étudier nos systèmes de production, d'égrenage et d'exportation, ainsi qu'éventuellement notre industrie textile. Ultérieurement, une équipe de spécialistes américains étudiera la possibilité de se rendre en Afrique pour communiquer des renseignements sur les opérations de production et de transformation de ce produit aux États-Unis.

Comme je l'ai précisé, l'intensification des contacts pourrait s'étendre à plusieurs des domaines que nous venons d'examiner – l'étude des nouvelles technologies, l'amélioration de la recherche grâce à des contacts entre nos universités, l'amélioration de la qualité et des normes et, peut-être, des indications sur la façon dont les agriculteurs américains ont recours aux marchés à terme pour se prémunir contre la volatilité des prix. Je suis certain que nos producteurs et transformateurs trouveront également d'autres thèmes d'intérêt commun.

Le Programme des relations commerciales internationales avec l'Afrique de l'Ouest est pour nous un autre moyen de tenter de mettre en liaison les secteurs privés africain et américain. Depuis sa mise en place, il a favorisé, dans tous les secteurs possibles (par exemple: les textiles, les

équipements), des opérations commerciales entre l'Afrique de l'Ouest et les États-Unis d'un montant supérieur à 100 millions de dollars. En 2003 seulement, ce programme a permis la réalisation de plus de 250 opérations et facilité la concrétisation de contrats représentant 55 millions de dollars. Ce programme qui présente un excellent rapport coût-efficacité, a généré plus de 100 dollars de chiffre d'affaires par dollar investi.

Conclusion

Voilà quelques exemples des mesures concrètes prises par les États-Unis pour répondre aux besoins de l'Afrique – en particulier de l'Afrique de l'Ouest – en matière de renforcement des capacités commerciales.

Nous attendons avec impatience que nos collègues africains nous fassent connaître leurs intérêts et priorités spécifiques en matière de renforcement des capacités, afin que je puisse à mon tour en faire part à M. Natsios, l'Administrateur, à M. Newman, l'Administrateur adjoint et à nos missions dans la région.

Le gouvernement des États-Unis se réjouit à la perspective de travailler avec vous à l'identification de vos besoins et d'étudier comment faire avancer les choses pour ce qui est des aspects relatifs au développement de la question du coton qui intéresse tant vos pays.

J'espère que non seulement cette conférence contribuera à donner une impulsion au Programme de Doha, mais également qu'elle aidera à faire en sorte que l'Afrique bénéficie au maximum des avantages que ce processus procure sur le plan du développement.

ANNEXE 8

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