Relancer les initiatives de renforcement des capacités commerciales: continuer à soutenir les initiatives des donateurs et des ONG tendant à faire mieux entendre la voix

Dans le document ORGANISATION MONDIALE (Page 125-129)

Annexe II: Contribution par l'intermédiaire du Cadre intégré

Entre 1 et 2 millions de ménages de l'Afrique de l'Ouest cultivent du coton et l'on estime que quelque 16 millions de personnes tirent, directement ou indirectement, profit de la

6. Relancer les initiatives de renforcement des capacités commerciales: continuer à soutenir les initiatives des donateurs et des ONG tendant à faire mieux entendre la voix

des pays en développement.

Cette diapositive reprend quelques-unes des propositions, très variées, qui ont été présentées pour remédier à la crise du coton. En plus des initiatives axées sur une action en faveur du développement, les acteurs régionaux insistent sur le fait qu'il importe de continuer à œuvrer pour prendre en compte les aspects commerciaux de la crise (par exemple, les incidences du subventionnement sur les prix). Il n'est pas prévu de discuter de ceux-ci dans le cadre du présent atelier; en revanche, il y sera question de nombreuses initiatives se rapportant au développement.

Je voudrais simplement, dans le débat et l'évaluation auxquels vont donner lieu ces propositions, appeler l'attention sur la nécessité d'examiner un certain nombre des problèmes que toute initiative nouvelle se doit de prendre en compte. Cet examen contribuera, je l'espère, à un meilleur ajustement des propositions aux réalités de la région.

Questions dont il reste à débattre

i) L'élimination des subventions amènera-t-elle les avantages escomptés car il est probable qu'apparaîtront de nouveaux concurrents?

ii) Soutenir l'industrie de transformation est-il un bon moyen de créer une industrie des textiles rentable et concurrentielle en Afrique de l'Ouest? D'où viendront les investissements?

iii) Comment la diversification peut-elle offrir aux petits agriculteurs d'autres moyens d'ajouter de la valeur à leurs activités?

iv) Quelles sont les conditions à remplir pour attirer l'investissement, local et étranger?

v) Comment adapter le processus international de négociation pour susciter l'esprit de conciliation afin de répondre aux besoins de l'Afrique? Quelles sont les questions d'ordre institutionnel qu'il convient d'examiner?

Je terminerai en insistant sur sept grandes questions auxquelles il faudrait répondre pour trouver des solutions viables à la crise que traverse le secteur ouest-africain du coton:

i) Quelle est la nature de l'impact que les politiques commerciales et agricoles nationales et internationales ont sur l'agriculture en Afrique? Quels sont les ajustements qu'il faudrait apporter à cet égard pour que les agriculteurs d'Afrique de l'Ouest y trouvent réellement leur compte? L'élimination des subventions amènera-t-elle les avantages escomptés? Il faudrait disposer de données plus détaillées sur les politiques nuisibles et sur leurs victimes. En ce qui concerne l'impact des changements de politique, faut-il prendre pour modèle les agriculteurs africains ou ceux d'autres régions? Les propositions tendant à la mise au point d'un mécanisme de surveillance de l'impact des politiques sont importantes à cet égard, tout comme la poursuite des travaux qu'effectuent diverses institutions internationales sur la mesure de cet impact.

ii) Par ailleurs – comment les producteurs africains pourraient-ils affronter la concurrence que risquent de leur faire de nouvelles régions, alors que seront modifiés les régimes – par exemple, au début de 2005, l'élimination des contingents applicables aux textiles dans le cadre de l'accord multifibres ou, en 2008, les nouveaux accords ACP? L'exemple du Viet Nam, qui développe sa production de café aux dépens des exportateurs traditionnels, est instructif.

iii) Compte tenu des résultats mitigés de l'effort déployé dans le passé, comment le soutien apporté à une nouvelle stratégie régionale de travail des textiles pourrait-il stimuler la création d'une industrie textile rentable et concurrentielle en Afrique de l'Ouest, vu les économies d'échelle réalisées par d'autres puissants acteurs de l'économie internationale? Comment l'industrie textile manufacturière traditionnelle, relativement prospère, peut-elle être renforcée et se soustraire à la concurrence suscitée par la création de nouvelles usines? (Par exemple les tissus fani de Kente et Faso)? Qui investira dans l'industrie de transformation et dans le processus de diversification? Car il est peu probable que, dans la conjoncture économique actuelle, le secteur privé ait les ressources et l'intérêt voulus pour ce faire. Comment être sûr que de telles industries soient

économiquement viables, régulièrement approvisionnées et à même de répondre à l'évolution de la demande?

iv) Comment la diversification pourrait-elle vraiment apporter aux petits exploitants un nouveau moyen d'ajouter de la valeur à leurs activités agricoles?

Les agriculteurs ouest-africains, nos travaux l'ont montré, sont adaptables, répondent dans la mesure de leur possible à l'évolution de la demande et des débouchés et savent passer d'un type de production à un autre. Il faut toutefois qu'il existe de réelles possibilités de diversification, des réseaux de transport, de transformation et de commercialisation. Ce n'est pas toujours le cas dans les zones d'Afrique de l'Ouest où se cultive le coton. Quelles sont les formes de diversifications autres qu'agricole à considérer? D'où viendra l'infrastructure? Qui investira? Comment les agriculteurs pourront-ils s'acquitter de ces tâches?

v) Quelles conditions faut-il remplir pour attirer l'investissement, local et étranger, afin de soutenir le développement et la diversification dans le secteur cotonnier?

vi) En principe, aussi bien les acteurs puissants que les acteurs plus vulnérables de l'économie internationale ont tout à gagner du fonctionnement d'un système transparent, fondé sur des règles. Comment faire pour offrir des choix qui dégagent des résultats positifs? En relation avec ce qui précède, que faire pour ajuster les aspects institutionnels des processus de négociation afin qu'ils prennent en compte les difficultés auxquelles sont confrontés les pays pauvres?

(par exemple poursuite du renforcement des capacités commerciales, recherche de la transparence, …).

vii) Des initiatives régionales novatrices peuvent-elles s'appuyer sur le processus d'intégration régionale d'une manière profitable pour toutes les parties? La proposition de créer un fonds de soutien avancée par la CEDEAO et celle de l'UEMOA concernant l'industrie de transformation en offrent l'exemple. Par ailleurs, comment les problèmes du secteur cotonnier sont-ils abordés dans le cadre de la politique agricole commune de la région que la CEDEAO ou le NEPAD sont en train de mettre au point?

La bonne réponse semble être de s'engager dans toutes les voies qui peuvent déboucher sur des résultats positifs pour les agents économiques à différents niveaux.

MERCI

Ressources additionnelles

Pages du site Internet du CSAO relatives à la transformation de l'agriculture et au coton

www.oecd.org/sah (icone – coton) www.sahel-club.org/en/agri/index.htm

www.sahel-club.org/fr/index.htm

Initiative de l'OCDE sur la cohérence des politiques pour le développement www.oecd.org/development/policycoherence

Lignes directrices du CAD sur le renforcement des capacités commerciales pour le développement

www.oecd.org/dac/trade

Permettez-moi, en conclusion, de vous indiquer quelques ressources utiles en ce qui concerne le coton et l'Afrique de l'Ouest.

Je voudrais appeler votre attention sur le fait que sur Internet, nous consacrons au coton des pages qui donnent accès à une vaste documentation en provenance d'acteurs régionaux et internationaux (www.oecd.org/sah). Nous comptons mettre à bon usage cette ressource "vivante" et nous nous ferons un plaisir d'y ajouter, avec le temps, de nouvelles contributions pour faciliter le débat et le partage d'information. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante:

karim.hussein@oecd.org.

Je tiens à féliciter encore les organisateurs de cette importante initiative et à vous remercier de votre attention. Je souhaite aux participants tout le succès possible dans la recherche de moyens constructifs d'aller de l'avant.

APPENDICES

DONNÉES COMPLÉMENTAIRES

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