ET DE LA PROMOTION DE L'EMPLOI

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SÉANCE V: SÉANCE DE CLÔTURE Président: Secrétariat de l'OMC

ET DE LA PROMOTION DE L'EMPLOI

Monsieur le Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Experts, Mesdames et Messieurs les invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais au nom du général Mathieu Kerekou, Président de la République, chef de l'État, chef du gouvernement du Bénin ainsi qu'en mon nom personnel, souhaiter la bienvenue au Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à la délégation qui l'accompagne ainsi qu'aux représentants de tous les pays participant à l'atelier régional sur le coton.

C'est aussi l'occasion pour moi de vous dire combien mon pays est honoré d'abriter cet atelier régional sur un sujet qui nous préoccupe tous à savoir la problématique de la survie du secteur cotonnier africain à l'intérieur d'un système d'échanges commerciaux qui lui sont défavorables.

La tenue effective de cet atelier régional ici à Cotonou les 23, 24 et 25 mars 2004 traduit notre volonté commune à tous de rechercher les voies et moyens en vue d'une part, d'atténuer les effets de distorsions que créent les subventions sur le marché international de coton compromettant ainsi les efforts pour la promotion de la filière et d'autre part, d'identifier les stratégies devant permettre la transformation locale et la promotion du coton.

Permettez-moi à cet égard de remercier une fois de plus Son Excellence M. Supachai Panitchpakdi qui nous fait l'honneur de présider la cérémonie d'ouverture.

Aujourd'hui, le constat est fait que le continent africain est fortement marginalisé et éprouve d'énormes difficultés à s'intégrer au nouveau système commercial multilatéral marqué par une ouverture accrue du marché du fait de la mondialisation des échanges et de la globalisation de l'économie internationale.

II n'est un secret pour personne que la part du commerce africain dans le commerce mondial ne représente pas 1 pour cent malgré les efforts déployés dans la plupart des pays africains pour s'ajuster aux objectifs de la libéralisation du commerce définis par l'OMC.

Dans certains pays africains producteurs de coton, ses efforts sont totalement annihilés par l'octroi des subventions par certains pays développés membres de l'OMC, qui compromettent dangereusement la viabilité de la filière coton dans ces pays. Or, nul n'ignore l'importance du secteur du coton et sa position stratégique dans les politiques de développement et de réduction de la pauvreté.

Le coton occupe une place de choix dans l'économie des pays producteurs, il représente à lui seul 30 pour cent des recettes d'exportation totale (tous produits confondus) et plus de 70 pour cent des recettes d'exportation des produits agricoles. II constitue également le principal produit d'exportation pour lequel nos pays jouissent d'un avantage comparatif certain. Il est produit à des coûts hautement concurrentiels et est unanimement reconnu à travers le monde comme étant de très bonne qualité.

Mais depuis environ cinq ans, la filière coton connaît de graves difficultés nées des différences de traitement à l'endroit des producteurs des pays en développement particulièrement des

pays les moins avancés et ceux des pays développés. Cette différence de traitement au niveau de la production fausse le libre jeu de la concurrence, hypothéquant ainsi l'avenir de cette filière sur laquelle repose l'équilibre économique et social de nos pays.

Cette filière risque de disparaître si rien n'est fait de façon urgente et substantielle.

C'est donc conscient de l'importance de ce secteur pour la survie des économies de nos pays déjà fragilisées, qu'il a été soumis aux organes compétents de l'OMC et inscrit à l'ordre du jour des travaux de la cinquième Conférence ministérielle de cette organisation à Cancún, au Mexique le dossier de l'initiative sectorielle en faveur du coton. II s'agit d'une démarche concertée des quatre pays figurant parmi les pays les plus pauvres du monde, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad, qui ont décidé de recourir aux mécanismes pertinents du système des négociations commerciales multilatérales afin d'obtenir un règlement urgent et équitable des problèmes qui sont à la base de l'amenuisement des produits de l'exportation du coton.

À Cancún, les fruits n'ont pas respecté la promesse des fleurs, car le dossier de l'initiative sectorielle en faveur du coton après avoir suscité beaucoup d'espoirs à l'issue de son inscription à l'ordre du jour de la cinquième Conférence ministérielle de l'OMC, n'a pas connu un heureux dénouement malgré la sympathie et l'appui sans réserve de la communauté internationale pour cette cause noble et juste.

Soit dit en passant, tous les pays ACP restent convaincus que le système commercial multilatéral de l'OMC demeure le meilleur rempart pour ces pays contre l'arbitraire. Le système commercial multilatéral doit constituer le levier d'un réel partage des fruits de la libéralisation du commerce auquel les petits pays ont aussi souscrit, des fois au prix de grands sacrifices.

C'est pourquoi, à des fins de bonne gouvernance économique, en d'autres termes de respect des règles de l'OMC, je voudrais formuler le vœu que le présent atelier serve de cadre pour asseoir un marché international du coton équitable, transparent et apte à garantir la durabilité de la filière coton dans les pays africains producteurs.

À cet effet, je voudrais une fois encore attirer l'attention de la communauté internationale et des partenaires au développement sur la nécessité d'une action urgente pour traiter les distorsions des échanges sur les marchés internationaux du coton et la mise en place d'un fonds transitoire de soutien à la filière coton en faveur des pays les moins avancés producteurs. Ce fonds de soutien devra demeurer en place jusqu'à l'élimination totale des subventions liées à la production et à l'exportation du coton.

Au-delà de ce fonds de soutien, il est également nécessaire de soutenir le développement du coton africain en aidant à sa transformation sur place.

Monsieur le Directeur général de l'OMC, Mesdames et Messieurs,

Vous convenez avec moi que le défi de la promotion et de la compétitivité de la filière coton est vital pour la réussite des politiques de développement et de réduction de la pauvreté.

L'Initiative sectorielle en faveur du coton offre une occasion formidable pour rendre concret dans les faits le concept de cycle de développement attribué au programme de travail de Doha.

La grande majorité des Membres de l'OMC ne tireraient réellement jamais profit de la libéralisation si des conditions propices de développement de leurs secteurs stratégiques ne sont pas réunies.

Le gouvernement du Bénin espère donc que les agences ici représentées travailleront de concert avec les pays et l'OMC à bâtir ici même à Cotonou, à travers le fonds de soutien à la filière coton dont nous souhaitons la création, l'édifice qui non seulement favorisera un réel développement de la filière mais aussi ramènerait la confiance de nos communautés en l'OMC.

Aussi, voudrais-je souhaiter que les travaux de cet atelier et les recommandations qui en seront issues puissent marquer le début d'une véritable concertation autour de l'ensemble des actions à mettre en œuvre pour assurer la survie de plusieurs millions de producteurs de coton et promouvoir la transformation de ce produit qui garantirait une valeur ajoutée substantielle à l'économie de nos pays.

C'est sur ces mots d'espoir que je déclare ouverts ce jour, 23 mars 2004, les travaux de l'Atelier régional sur le coton à l'intention des pays africains.

Je vous remercie.

ANNEXE 3

DÉCLARATION DE LA DÉLÉGATION CANADIENNE

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