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L'Intermédiaire des Educateurs - Janvier-Avril 1919

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Journal

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L'Intermédiaire des Educateurs - Janvier-Avril 1919

BOVET, Pierre (Ed.)

Abstract

Revue éditée par l'Institut J.-J. Rousseau / Ecole des sciences de l'Education de 1912 à 1920.

A fusionné avec L'Educateur.

BOVET, Pierre (Ed.). L'Intermédiaire des Educateurs - Janvier-Avril 1919. L'Intermédiaire des éducateurs , 1919, vol. 7, no. 64-67, p. 24-51

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:128486

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1 / 1

(2)

L'INTERMÉDIAIRE DES EDUCAT--'RS

.décédée voici un an, que M. Alexis FRANÇOIS a d-édié son étude sur.Le berceau de la Croix-Rouge. Avec lui nous consetverons pieusêment le souvenir de la vive intelligence, de la grâce précoce et du cœur sensible de cette charmante enfant.

· M. et Mm.• MEYHOFFER. nous ont annoncé la naissance d'une beUe fillette, Loïs, le 19 novembre.

Et M. et Mme GUNNING, 26, Montagibert, Lausanne, celle d'un fils Jan Willem lè 8 septembre.

Ecole Rodolphe Tœpffer.

Le premier trimestre de 1 Ecole Tœpffer est écoulé, et quel trimestre 1 La grippe, l'armistice, la grève, t-out c

_ela marquera

dans nos modestes annales, comme dans celles du pay�. Le

15

sel?tembre l'Ecole ouvrir ses porte�·

200

et quelques.ele,:es:

une cm·qu antaioe a la Maison des Pe_ttts une qua:an_ra11Je a l.a

.Maison des grands et 114

fillectes et ieunes filles a f lonssan,.

Ce sont là des chiffres respectables et redoutables. De tout ce r.et-ic �on

.

dt: en miniature, yenu de �ous. les points _de !'horizon 1) faudra faire un corps vivant e't inherent doue dune âm�.

Tâche immense!

La Maison des Petits, bien outillée pour sa tâche propre, offre le spectacle d'une fourmilière active, d'un atelier veritable.

C'est l'irna,ge de ce que pourron� êtr� plus. tard _les classe_s ainées� Chacun se met à son travail, qui est bien fan pour lui, comme à quelque chose de naturel. Chacun est a son prohlème.

La Maison 'des Grands et la classe de l\'l_lle Georges ont tra,·aillé dans la même voie: collaboration de tous, autour çt'uo sujet ceutral,.qui suscite la recherche-et a�t�ur duq1:1el toue vient se grouper: 1es cadets s'occupent de l alimenta non, d_u vêtement de l'habitation; les ainés des moyens de commum­

catioo l'�nseignement to'ut entier convergr;: vers la leçon de chose; (sui-vant la méthode de Decroly).

A Florissanr,les aînées. Le problème à réso�dre, c'e_st de faire l'amalgam.e, entre des élèves venu�s _de � ?U 4 ccole� d1fférentes1

�t l'.on. sa_it que Rome n'a p�s ete bane <;n un 1our. Ce qui manquera Il à beaucoup de nos ieunes filles, c est de comprendre qu'el_fes):ont partir d'une communauté, où chacun� a ,qùelq{te c1iose-' à, .. appo:rter'. Beaucoup ne savent pas encore qu,,m leur qemande de l'initiative, une collaboration; elles se conte-ment trop. du minimum prescrit. Er puis les vies sont si remplies trop remplies !

·• Ch11qùe 'inàisob a s-on esprit, ses traditions, so� aut�nomié.

,M-ais:nôus.avons eu déjà l'occasion de nous réunir, le JOL!r de I:.Escalâde, pour entendre quelques chants et allocuttons, assister à une comédie et voir des projections.

Noµs n'avçns interrompu que dix jours pour la grippe.

M. D. P.

L'Interh1édiaire des· Éducateurs r

AN_NÉE - N°• 64-67 - JANVIER-AVRIL 1919

NOS ENQUÊTES:

Le choix d'une profession.

L'enquête cl.ont nous allons faire connaître les résultats a été entrep

r

ise en mars 1918 par l'initiative du Cabinet d'orienta­

tion professionnelle de l'Institut J. J. Rousseau c'est-à-dire

�e M. F?ntègne,_ et sous les auspices du Dép�rtement de I Instruction publique, dans les écoles primaires de la ville de Genè:ve.

Deux questionnaires avaient été préparés, l'un., plu.s simple, pour les IIIe et IV• années (enfants de 9 et

10

ans en moyenne) l'autre plus complet pour les enfants de V• VIe VII• année;

( 11 a

.

14 ans . Les réponses forent données en classe par écrit)

, ,

en une fois pour Jes plus jeunes, en deux fois pour les plus grands.

Le dépouiJlement commencé au mois de juin 1918 s'est

poursuivi à l'Institut J. J. Rousseau pendant le semestre d'hiver 1918. Avant d'indiquer les résultats nous donnons in ex!enso le questionnaire envoyé par M. le Directeur de l'En.se1gne�ent primaire aux instituteurs et la liste des pro­

fessions, preparee par M. Fontègne, qui a servi au dépouil­

lement.

Il est fâche_ux qu� cette l_iste ne coïncide pas en tous points avec celle qui a serv1 en Su1sse aux statistiques professionnelles et· notamment à celle de

1913

dans le canton de Genève.

Cependant Jes résultats de ce dernier

r

ecensement ont été publiés de façon assez détaillée pour que nous ayons pu les ,amener au cadre de M. Fontè

gn

e et instituer-les comparaisons indispensables.

Questionnaire.

�ate. - Ec�le. - Classe. - Nom et p;énom de l'élève. - Ne le ... -,A·:· :-Nati_on�lité. - Pour les Su�ses, quel canton?�.

- Pays d ongme du pere. - De la mère. - Profession du père. - De la mère. - Profession du ou des frères plus âgés.

3

(3)

_,-L'INTEI(MÉI>IAIRE DES ÉDUCATEURS

Prof�sslo'n d� la ou des sœurs plus âgées. Profession des grands parents.

. ·. (Pour les petits.)

SUJET : Que voudriez-vous être quand vous serez grand ?

Pourquoi ? , . .

QUESTION : A quoi vous amusez-vous de préference a la mai- son quand vous avez terminé vos tâches?

(Pour It!'gri:rtr'�s.}

Su1ET : Vous êtes sur le point de quitter l'Ecole primaire.

Quelle ptôfession désirez-vous embrasser? Donnez les raisons de votre préférence. Dans le cas où il ne vous sera[t pas po�­

siblè d�exercetîa professio.n de votre choix, quelle autre auran vos prèférei:lces ?

QuESTIONNATRE '(Les élèves n'y répondront qu'une semaine après avoir traité le sujet ci-dessus, et sur feuille séparée):

�- Pourquoi avez-vous choisi ! la profession de votre , . n'avez-vous pas choisi \ pêre? de votr:e mère?

z: Avez-vous déjà fait un rêve ayant trait à votre profession future· ou à un métier quelconque? Si oui, pourriez-vous ra­

conter ce r,êve 'avec le plus de détails possible?

. 3. Vous souvenez-vous de quelques livres de lecture ayant -exercé Une influence sur le choix de votre profession?

4; 'A que.i personnage (historique, militaire, industriel, com­

merçant, fon'Ctipnnaire ... ) voudriez-vous ressembler? A défaut, à qûel �éros de yos· livfes de lecture voudriez-vous ressembler?

·s. ·Ett dehors dè vos travaux scolaires, quel est votre passe­

temps-favoti :?

,, ;:: · Tableau _d':�nsemble des professions.

1.- ·l>RoFE�o1u0 AGa�côu:s: journalier, domestique, charretier, ijatdinier, cultiv.ateur, colon, ingénieur-agronome •.•

:fl. Paon:sstoNS UIDUS:t'R.IELLES :

:•) ·Alimffltation.: meunier, distillateur, brasseur, boulanger, confiseur, charcutier •.•

b) Industries du bois: scieur, charpentier, menuisier, charron, tonnelier, tourneur, brossier ...

c) Travail des métaux: 10 ouvriers métallurgistes, forgeron, ëo\itelier, serrurier, chaudronnier, ajusteur, chauffeur, élec­

tricien, f.ondeur, ciseleur, ferblantier. .. ; 2° travail de pr,é­

. cision, gtaveur, nickeleur, horloger, orfèvre ...

dJ· Industries textiles: fileur, tisseur, teint,urier, brodeur

NOS ENQUhES 27

�assementie�, tapissi7r, tailleur, couturière, ]ingère, corse­

tière, ch_apeher, modiste, fleuriste, blanchisseuse ...

e)Industries. chimi�ues: tabacs, explosifs, gazier, couleurs ...

t) Caoutchouc, papier, polygraphie: fabrique de papier de cart�n, relieur, imprimeur, photographe... ' g) Cu1:s et peaux : fourreur, tanneur, sellier, cordonnier,

gaouer ...

III. BATIMENT:

a) Terrassement et constructions: tailleur de pierre marbrier t:rr?ssier, plombier, couvreur, maçon, plâtrie�, peintre:

vitrier ...

b) Travail des pierres et des terres: céramiste, briquetier­

verrier, émailleur ...

IV. TRANSPORTS:

a) Sur route: charretier, roulier, cocher, livreur, chauffeur d'auto ...

b) Su: eau (air): batelier, marinier, aviateur ••.

c) �oies ferrées: wattman, employés des tramways, mécani­

ciens et chauffeurs de chemins de fer ...

V. MANU�NTION: journalier, manœuvres, commissionnaires, portefaix (homme de peine), emballeur, magasinier.

VI, PROFESSIONS COJIUdERCIALES :

a),Commerce proprement dit: marchand épicier fruitier

. boucher ... , débftant, hôtelier, cuisinier, 'sommeli�r ••. , coif- feur ... , vendeurs.

b) Bureaux: employés, commis de bureaux, banques, assu-·

rances ... , comptable, sténo-dactylo...

c) Commerce d'exportation: voyageur;, représentants.

VIJ • PROFESSIONS LIBÉRALES, ARTISTJQUES :

a) Ou/tes.

b) En:eignemen_t: public ou privé, primaire, secondaire, su.

péneur. Etudiants eµ général ...

c) Industrie: ingénieur, dessinateur ...

d) Arts: artiste �peintr�,. chant, dessinateur .. ;).

cj �ante: médecm, dentiste, pharmacien, pers6nnel des hô­

pitaux ...

f) Justice.

g) Fonctionnaires div�rs.

_VIIL PROF.ESSIONSMILIT'.'1REs: soldat, officier,marin, explorateur.

IX. Do��STIQUEs: service induscriel, commercial, de la maison

concierge, gardien... '

X. SANS PROFESSION : mère de famille, rentier ...

XI, DIVERS,

(4)

L'INTERMEDIAIRE DES ÉDUCATT S

Nous bornant pour le moment aux renseignements d'en­

semble propres à intéresser les personn�s qui �·�ccupent d'orientation professionnelle, nous n'examrnerons 1c1. que la réponse donnée aux questions relat!ves à }a profession des parents et celle sur laquelle le choix �e 1 enfar,t se fixe en première Hgne). Nous ferons success1v-ement porter notre attention sur:

I. Les professions choisies par les enfants de 13 an� et au-dessus en les comparant à la distribution des professions dans Je milieu dans lequel ils vivent (tableau I).

II. Ces choix comparés à ceux des enfants plus jeunes, pou_r quelques catégories caractéristiques dans lesquelles l'âge parait influencer les préférences de l'enfant.

III. Le rapport existant entre les goûts des enfants et là professio� des parents.

IV. l.a relation de l'âge avec cette influence des métiers du père ou de la mère.

Le tableau I nous donne les premiers renseignements.

Les besoins du milieu sont figurés par les chiffres des colonnes

2,

3, 5 et 6 qui doo�ent: la 7

mc,

la façon dont �e rép11rtissent suivant la profession les peres des garçons_ fre­

quentant lès écoles primaires de la ville de Genè�e qui ont répondu au. questionnaire { 1918); la 3me et 6m•, les r:sultats du dernier récerisement professionnel du canton de Geneve

(1913).

Pour les jeunes filles nous n'avons fait fi

gur

er (dans la Sm• colonne) que les professions des mères qui en ont une en dehors de leur ménage. Comme ce n'es le cas que pour le 37 ¾ d'entre elles, il s'en suit que les chiffres relatifs aux _pro­

fessions féminines (col. 4, 5, 6) sont beaucoup plus diver­

gentes que ceux ·qui se rapportent aux professions masculines.

II -y a pour les femmes des professions de célibataires.

Nous renonçons à commenter ce tableau dans tous ses détails. Bornons-nous aux constatations les plus frappantès.

GARÇON_s. - Si nos garçons pouvaient ré�liser les d_ésirs qu'ils expriment, ce serait une véritable révoluuo_n éc?�om1qu�.

plus du quart, par exemple, désirent devenir mecanic,ens, e: 11 n'y en a pas un sur cent qui aspire à devenir· maçon. Forte surabondance de chemineaux, d'employés de bureau, et, dans les professions libérales, d'ingénieurs. Pénurie de commer­

çants proprement dits.

I. Agriculture II.a} Alimentation

b)Bois

c') Métaux

c') Précision d)Textiles'

e)

Chimiques

/) Papier g) Cuir Industrie

III.a) Construction

b)

Terre Bâtiment IV.a) Routes

b)Eau

c}Voies ferrées Transport V. Manutention VI. a) Vendeurs

c j Voyageurs

b)Bureaux Commerce VII.a) Cultes

b)Enseignement

c)

Ingénieur

d)Arts

e)

Santé·

f)Justice g) Divers

Professions libérales VIII. Militaire

IX. Domestique X. Divers

N ombr,es absolus

TABLEAU I

Professions masculine... Profession, féminines.

9.8 4.8

2.6 3.4 6.5 7.4

26.6 11.8 3.8 4.0

1.7 3.6 o.3 0.9

2.1 2.2 1·4 1.7

45.I 35.0 0.7 8.9

0.2 J.2 0.9 I0.1 0.7 3.3 1.2 0.3 9.r 5.4

I I.0 9.0 o.S 4-9 7.3 11.6 2.r 2.7 8.9 7.6

I8.7 21._9

0.7

1.2 1.0

5.4 1.9

3.3 r.4

0.9 1.2

o.5 o.6 0.9 3.8

12.2 I0.5

I.O 0.6

9.8 o;S I.6 1.0

3.5 I.I 3.6 I.I

6.5 o.8 o.5 0.4

10.2 0.9 2.2 o.6 6.o 3.2 3.1 4.7 3.6 38.4 45.o 28.8

r.2 o.6 0.7

2.5 o.3 0.2 0.7

1.9 o.6 0.2 0.4

35.7 45.3 62.4 37.3 10.5 O. I

I.I o.6

1 I.8 0.8

2.S 0.2

0.2 0.1 O.I 3.1 0.1 O.I 5.9 o.3 o.S

1.0 0.1 2.6

/ 17.3 I 3.7 17. 1

o.6 o.3

3.8 19.0 3.4

20.9 33.4 20.9

o.3 o.3 0.9 r.3 7.2 2.2

0.4 O.I 2.2 4.6 o.g

1.9 2.4 1.2

0.7 O.I

4.4 o.3

11.6 15.o 6,1

1.3

14.4

I6.3 1.9

o.8

3.1

o.6 8.8

0.2 1.9 2.0 3.1 I0.8 34.5 I.5 1.4 0.9 1.3

572 247 I 54.984 784 1 I05 :27. 188

(5)

L1INTERMÉDIAIRE DES ÉDUCATEURS

. JEUNES Fil.LES. - La comparaison est ici plus difficile entre les désirs des jeunes filles et les cadres économiques auxquels ils devront s'adapter. En effet, un tiers des femmes qui figurent au recensement professionnel (col. 6) y sont en qualité de domestiques, tandis que le nombre de jeunes filles qui. ambi­

tionnent cette · situation est, naturellement, très restreint. La carrière vers laquelle elles se précipitent est celle d'employée de bureau: elles s'y trouveront à. dix pour une place; c�tte profession fait, pour les jeunes filles, pendant à celle de meca­

cien pour les garçons. L'enseig11eme11t, les beaux-arts surtout, sont aussi plus. attirants qu'il ne faudrait pour èvirer des mécomptes aux candidates.

II

Puisque nous avons recueilli les désirs des écoliers non seu­

lement au moment où ils sont près d'entrer dans la vie active, mais à travers tout leur temps d'école, il est intéressant de voir comment leurs désirs varient avec l'âge.

Le tableau II répond à cette question.

Attirons l'attention sur quelques faits caractéristiques.

GARÇONS. - Deux. lignes frappent surtout: celle de l'indus- trie qui attire toujours plus les garçons à mesure qu'ils gran­

dissent(et cela tient surtout à la vogue croissante dont jouissent les industries des ,métaux), - et, par Je phénomène inverse, celle des professions libérales, dont le contingent diminue d'une façon constante, La chute est particulièrement sensible entre u et 13 ans, ce qui tient, à n'en pas douter, à la situa.

tion qu'opère à ce moment-là la bifurcation vers le Collège.

Les carrières artistiques et celle d'ingénieur, qui correspondent souvent comme on sait à des vocations indépendantes du milieu social, subissent moins que les autres l'influence de ce facteur.

Notons encore, à titre de curiosité psychologique les rubriques chemins de fer (IVe) et transport en général. L'âge par excellence pour cette vocation-là, c'est 10 ans.

F1LLETT&s. -Nous pouvons, à propos des professions libé­

rales,, faire les mêmes remarques que pour les garçons : décroissance continuelle, et fléchissement particulièrement accentué à 13 ans. Les ingénieurs n'entrent pas ici en ligne de compte, mais pour les arts on remarque une constance rela­

tive des vocations, qui contraste avec la chute continue des

Sur 100 garçons de chaque âge il y en a

qui choisissent les professions suivantes:

I. Agriculture II.a) Alimentation,

b) Bois c1} Métaux

c2) Précision d)Textiles e)Chimiques f}Papier g)Cuir Industrie

III.a) Construction b)Terre Bâtiment IV.a) Routes

b)Eau

c)Voies ferrées . Transport V. Manutention VI. a) Vendeurs

b)Bureaux c)Voyageurs Commerce VII.a) Cultes

b) Enseignement c)Ingénieur d)Arts

e) Santé f) Justice g) Divers

Professions libérales VIII. Militaires

IX.Domestiques X.Divers

Total ( 100 °/o) Nombres absolus

TABLEAU II

Garçons.

.; =

..

01

8.3 3.6

12.94.3 2.5 3.6 0.4 1.4 29.r0.4

2.5 2.S1.8

11.7

12.9 7.2 7.2 15.8 1.4 1.1

6.5 3.g 6.5 6.5

1.4 2.9

28.8

0.7 0. 4 1.4

.; =

.,

2

7.7 3.2

19·4 3.6 3,1 o.6

1.1 0.4 32.6 1.3 3.o0.2

3.2 2.3 13.2 0.9 16-4

0.9 6.2 5.71.7 13.6 3.4 r.3 7.7 3.6 3.4 1.7 22.8 1.7 r.3 o.:.z 1.1

9.14.2 20.8 5.7 1.9

2.1

9.6

4.4 5.6

20.S

2.8 0.71.2

9.9

2.7 25.o5.9

4.61.9

o.8 1.4 2.2o.5

1.9 2.3 1.2

37.2 39.0 44.2 0.2 1.7

1.9 o.51.0

10.6 12.0

_ 0.2 8.9

7.2 2.0 18.1

3.2o.8 3.68.3 2.60.9 o.8

20.:Z 0.4

2. t 2.S0.4 0.91.6 11.8 9.3

0.9 8.1 6.5

1.0 1.0 I.O 1.7

1 I-.5 8.9

0.7

6.7 .

2.1 8.6 1.9

16.6 17.1 3.2 0.4 1.4

7.4 5.3 2.8 4.1 3.3 0.9 0.2 o.5

1.2 1.0

18.6 13.2

0.4 1.2 0.2 0.2 0.2

o.8 o.S

0.9

. ..

9.S1.9

3o.8 8.3

1.9 x.3

1.9 1.9 48.1

o.6

o.6

9.S9.5

9.5 9.5 2-.6 z1.8 o.65.8 o.6r.3 o,6o.6

9.6 o.6 o.6

IOO.O 100.0 100.0 100.0 IOO.O 100.0

278 530 529 570 416 159

(6)

Sur 100 fillettes cle chaqiie àge il y en a

qui choinissent

· les profes•ions suivantes:

I.Agriculture II. a) Alimentation

b) Bois

-·c

1J Métaux

c2J Précision d) Textiles e)Chimiques f)Papier g)Cuir Industrie III. a) Construction

b) Terre Bâtiment IV.a) Routes

b) Eau

· c) Voies ferrées Transport V.Manutention VI.a) Vendeurs

b)Bureaux c)Voyageurs Commerce VII. a) Cultes

bf Enseignement c)Ingénieur d/Arts e)Santé f)Justicè . g)Divers

·Professions libérales VIII.Militaires

IX.

Domestiques

X.

Diyers

Total ' Nombres absolus

TABLEAU Il

Filles.

"'

.;

"'

0\

38.3 I.I

0.9 1.4

0.7 0.7 41.6 I.0

o. l

0.1

o.5

I.2 o.z

o.S 1.S 38.3 1.S

0.2

0.91.4

o.3 z.5 33.6

0.2

o.5 1.4

0.9 0.9 3.7 36.4

o.5 o.5 o.S

0.9 I.(}

44.3

o-4 0.7 o.5

4,3.3 45.6 43.2 37.9 44.1 48.6

I.I

I.l o.6 o.6 10.3 10.7 7.4 9.S o.3 17.7 20.6

0.4 0.2 19.2 17 .8 1.4 o.3 7.1 5.7 2.0 o.5 0.7 o.3 24.9

I ·> 2.6

4.5 3.3

o.3

0.2 0.2 o.3

0.2

o.5 o.5

o.3 IZ.Z 0.2

14.5

o.3 0.2 o.5 o.5

o.5 27.5 13.7 o.S o.8 7.9 I.I

J3.2 13.8 0.2 20.4 19.2

33.6 34.1 0.9

o.6 0.4

10.9 8.2

·o.66.8 4.4 3.2 1.9

1.1 0.2

o.3 o.6 25.3 23.o 1.7 2.5 2.3 1.6

15.4 o.S

3.3 I.4

31.6

o.S 4.7 S.2 3.7

2.3 1.9

100.0 100.0 100.0 ' 100.0 100.0 100.0

282 579 648 643 572 212

NOS ENQUbES

33

èhiffres se rapportant à l'enseignement. Sans nous lancer dans l'interprétation psychologique des préférences enfantines, qui doit faire l'objet d'un article ultérieur, rappelons l'admiration passionné'e des petites pour leur institutrice, si caractéristique des premières années d'école.

La rubrique commerce montre une augmentation continue qui tient surtout à l'extraordinaire attrait qu'acquiert de 10 à

11 et 12 ans la carrière d'employée de bureau.

III

Il nous a paru intéressant enfin de compter les cas dans lesquels les préférences des enfants se portent sur la profession même de leurs parents. Pour les raisons que nous avons dites à propos du tableau I, les chiffres relatifs aux professions féminines sont plus difficiles à interpréter. Comme nous avons beaücoup plus de fillettes choisissant une carrière qµe de mères exerçant un métier (2925 pour 1105), nous obtenons deux réponses très différentes aux deux questions que l'on peut se poser à ce propos. Pour l'ensemble (2471) des gar­

çons (dont tous les pères ont une profession) les deux ques­

tions donnent lieu évidemment à un seul et même chiffre:

I. Sur 100 enfants dont le père (la mère) exerce une pro­

fession déterminée, combien y en a-t-il qui désirent l'exercer aussi?

- Sur 100 garçons, 21; sur 100 fillettes, 29.

II. Sur 1 oo enfants, qui désirent exercer une. profession déterminée, combien y en a-t-il dont le père (la mère) l'exerce déjà?

- Sur 100 garçons, 21; sur 100 fillettes, r 1.

Retenons au moins de ces chiffres ceci :

La profession qu'il a sous les yeux ne détermine le choix de l'enfant que dans une petite minorité de cas (moins de 1/, pour les garçons, moins de 1/1 pour les fillettes).

C'est la toute petite minorité des écoliers (1/, environ des garçons, 1/10 environ des fillettes) qui, au moment où ils vont quitter l'école, trouve dans leurs parents des conseillers con­

naissant pratiquement le métier auquel vont leur préférence.

Si nous comparons maintenant entre elles les diverses pro­

fessions à ce point de vue, nous constatons qu'elles sont, à cet égard aussi, très différentes.

(7)

Professions 1:

1. Agriculture II.a) Alimentation

b) Bois c1) Métaux c2) Précision

d) Textiles . _ f) Papier

g)Cuir Industrie III.Bâtiment

IV.a) Route . c) Voies ferrées Transport V.Manutention VI •. a) NégoCÎants

b)Bureaux Commerce

VII. b) Enseignement c)Ingénieur d)Arts., èJ Santé g) Divers

Professions libérales IX. Domestiques

Moyenne

T ABLltAU III

SUR 100 EN:f·ANTS dont le père (pour

les filles la mère) e.xcrce cette pro·

fotsion, il y en a qui désirent_

l'exercer aussi :

G. F.

35

+

11 -

26

+

17 -

23 33

+

29

+

21 19 16 -

26 8- 40

+

25

+

3:J

10 - 17 - 28

+

24

2-

21 26

18 31

+

19 27

29

+

45

+

14 - II -

22

+

8 -- 2i

40

+

36

+

33

+

4- 29

qni désirent em­

brasser cette pro­

fesion, il y en a dont le père {pour les filles la mère)

·,·exerce déjà:

G. F.

19 24 32 -

17

+

39 - 44-29 -

18

25 ...:_

49 - 45 - 14

+

17

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32 - :15 rg - Il

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17

s+ +

5

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16 -

15 - 18 � 18 -

14 -

8+ 3+

3 ...J...

2+

9

3+ 7+

H Nota. - Nous avons marqué du signe+ dans les col. r et�

les professions qui retiennent, dans les col. 3 et 4 celles qm attirent les enfants notablement plus que ce n'est le cas pour la moyenne des professions. Le signe - indique les professions qui laissent aller ou qui n'attirent pas (v. le texte).

'

1 Nous ne donnons que les chiffres se rapportant aux pr�fessions exercées (col. 1 et 2) ou désirées (col. 3 et 4) par 1 °/o au �oins des parents ou des enfants.

NOS ENQUbES

3S

Les deux premières colonnes nous permettent de distingu_er � a)les professions qui retiennent l'enfant avec plus ou moins de force. Ce sont pour les garçons : les arts, l'agriculture, le tra­

vail des métaux et les métiers de précision, la carrière d'ingé­

nieur, celles d'employé de c-bemin de fer et-d'ouvrier d'alimen­

tation; en général, après l'agriculture, l'industrie, le .transport et les professions Libérales. Pour les filles : l'enseignement et les professions libérales en général, les métiers textiles, les bureaux.

b)les professions qui laissent aller l'enfant, pour les garçons, la manutention et le service domestique - cela va de soi - puis le bâtiment, l'industrie d_u cuir, les transports par route.

Pour les filles, après la manutention et le service domestique, le travail des métaux (muoitionnet_tes), l'agriculture, l'industrie de l'alimentation •

_ Les colonnes 3 et 4 nous permettent de reconnaître : c)les professions qui attire"!'t (elles sont caractérisées par des chiffres inférieurs a la moyenne: on y-vient, en effet, du de.hors, indépendamment de la: tradition familiale) :

Pour les garçons : les carrières libérales éo général, notam­

ment celles de mëdecin et d'ingénieur, la profession d'employé de chemin de fer, le travail des,,métaux.

Pour les filles : les carrières libérales, notamment les arts et l'enseignement, le travail des bureaux.

Enfin d) les professions qui n'a1tirent pas:--

Pour les garçons : Je bâtiment, les métiers textiles, le travail sur bois, le commerce proprement dit.

·Pour les filles ; l'industrie en général et le commerce.

Il faut remarquer dans ces énumérations la situation parti­

culière des métiers du vêtement: ils retiennent mais n'attirent pas au sens précis que nous avons donné à ces deux verbes).

La métallurgie de précision (II, c. 2) est dans le même cas;

l'agriculture aussi.

IV

Voyons enfin comment cette influence du milieu familial varie avec l'âge des écoliers. Voici les chiffres calculés par année et par sexe :

Sur 1 oo enfants dont le père ( pour les filles: la mère) exerce une profession déterminée, désirent l'exercer aussi.

Garçons de 8 et 9 iO H i2 i3 i4-i6 ans. Total.

Fillettes de

26 20.2 23.8 20.3 15.5 22.6 9 iO H i2 i3-i5 ans.

22 31.4 27.6 25.6 31.8

:ZI. I

Total.

28.7

(8)

L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

On remarquera que, si l'on donne aux fillettes une année d'avance sur les garçons, les courbes par lesquelles se tr!l­

duisent les chiffres ci-dessus présentent des fluctuations cor­

respondantes. Elles ont deux sommets, l'un à 11 ans po�r les garçons (10 pour les filles), l'autre au moment de sortir de l'école (14-16 g. ou 13-15 f.).

Conclusions.

L'enquête dont nous venons de présenter quelques résultats nous paraît marquer éloquemment combien il est désirable de renseigner les élèves des écoles primaires sur les professions qu'ils peuvent embrasser.

L'urgence de cette orientation professionnelle se marque surtout de deux façons :

1.-Le désaccord flagrant qu'il y a e11tre les désirs des enfants et lis besoins (pattant les possibilités) des cadres économiques dans lesquels ils vont entrer (tableau I).

2. La très forte proportion des enfants qui choisissent une profession autre· que celle de leurs parent$ et qui, partant, manqueront de conseillers renseignés pour les guider dap carriêre où ils désirent entrer (tableau III).

M. CHAVANNES et H. JEzLE

L'EXAMEN DES CONNAISSANCES

Encore l'orthographe.

Depuis qu'a paru, dans le n° 57-58 de l'intermédiaire, le dépouillement statistique des fautes d'orthographe commises par nos écoliers dans une composition, trois articles ont paru tout prês de nous qui, sans être influencés aucunement par le nôtre, traitent la même question de façon analogue. Nous tèn9ns à les signaler.

' 1 En insistuit ponr qne les deu:i: élèvc:5 de · l'Institut qui ont. mené à bien le d�pouillement de cette enquête acceptent d'en signer les conclusions, nous n'outillons pas que ce travail a été l'œuv-re collective d.e tout l'Institut

, 1 J. J. RollSSean. Sans pouvoir énumücr chacun de · nos collaborateu.rs nou.s don.nona à disttt!CC une pcn,ée sp�clalc au:i: instituteurs français , internés

à GcnèTc de mars à no'l'embre 1919. P. 8.

. · L'EXAMEN D.IS CONNAISSANCES 37

Dans le numéro de septembre 1918 du Bulletin mensuel du Département de l'instruction publique du canton de Neuchâtel, M. Léon LATOUR rend compte d'un relevé des fautes trouvées dans les dictées et les compositions des élèves qui ont suivi ce printemps les examens de sortie.

, Les investigations ont porté sur 1607 dictées et 1611 compo­

sitions. Les chiffres auxquels aboutit M. Latour ont donc une base très large. Ils ne sont malheureusement pas exactement comparables aux nôtres, la classification des fautes n'étant pas la même.

On en peut dire autant de l'article de M. Jean T1ssoT, insti­

tuteur à Lausanne, dans !'Educateur du 18 janvier 1919. Il s'agit là, en effet, d'un relevé des fautes faites dans une seule classe de 39 élèves de 9 à 10 ans aussi bien au cours de dictées que dans des composïtions. M. Tissot qui, très obligeamment, a bien voulu nous fournir quelques renseignements supplémen­

taires, a eu avant tout en vue sa classe et il a poursuivi dans ses recherches un but tout pratique. Comme M. Latour, M. Tissot insiste sur les résultats étonnants que peut obtenir un maître qui, après avoir constaté en détail où gisent les points faibles de ses élèves, s'applique à y remédier par une éducation méthodique de l'attention. Nos collègues confirment ainsi les conclusions de l'article que nous _avait donné M, Duvillard (lnterméd., n° 57-58).

Enfin le Bulletin de la Socié.té Alfred Binet donne, dans son n° 125 une étude qui dfffère des précédentes en ce que la sta­

tistique n'y tient pas de place mais qui procède de la même inspiration: patiente analyse des faits et application métho­

dique des inductions qui s'en dégagent.

-A LA MAISON DES PETITS:

Une question de mesures.

Il est fort intéressant d'observer la façon jmmédiate dont les enfants utilisent les connaissances qu'ils ont acquises, l'appli­

cation logique et judicieuse qu'ils font de notions enregistrées, dans un domaine ou dans un autre. Ce fait se présentera d'au­

tant plus souvent que l'enfant sera mis en nrésence de. diffi., cultés qui sont bien ses diffic1;11tés à lui, c'est-à-dire, lorsque

(9)

L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

les connaissances acquises seront le fruit de ses expériences personnelles.

En voici un petit exemple :

Depuis q_uelques mois nous avons mis à la disposition de nos ba":'bms une sé�ie de jeux d'initiation mathématique'·

Chaque Jeu est en soi un problème d'observatioQ, de juge­

ment, un problème, disons-le en passant, qui avant de faire appel à l'ac�vité mentale, réclame l'acùvité physique de l'en­

fant. Au .moyen de certaines pyramides de formes (cubes, b�ules,. oves, parallélipipèdes, de I à ro cts.) les petits ont appris à évaluer diménsions et gradation; u� abaque trian­

gulaire, muni de boules mobiles de dix couleurs différentes · les a conduits à percevoir la valeur du nombre. ' Un jour, c'était un samedi en novembre dernier, un petit bQnhomme, Théodore, 6 ans '/•, m'apporte le!. dix boules de l'aba9ue ��--me di_sant : « Moi, Mademoiselle, peqdant cette semam�, ; a1 travaillé autant que ces dix_ boules rouges. o

Je lui �emande ce que cela veut dire.

- Fdais oui, vous comprenez, la boule blanche, il n'y en a 9-�'un!', c'èst très peu, c'est presque rien - les boules noires, d y -�n ,a .�eux, c'est un pe� plus - les boules brunes, il y en a ?'OIS�, c es encore plus; 1.1 y a 4 violettes, 5 bteues.J 6 yertes, 7 Jaunes; 8 oranges, 9 roses, 10 rouges, c'est toujours plus - et j'�i beaucoup tr�vaillé, cela vaut les boules rouges - est-ée que Je peux les montrer aux grands qui descendront avec Jeurs

drapeaux? .

- Certainement, mon ami, c'est une très bonnne idée ...

He�ri (6_ ans). - Oh moi, Mademoiselle, j'ai aussi beaucoup travailJé, Je veux vous montrer combien - et, choisissant la plus grosse boule de la colonne d'évaluation, il me dit: « Je vous assure, MademoiseUe, c'est autant que cela. »

Les deux petits comparent les 10 boules rouges et la grosse boule et déclarent que la valeur doit être la ·même. - HeureuJC.

et fiers de leur découverte, ils se promènent dans la classe faisant part à tous de leur décision: « - On a mesuré notr;

. tr!lvail, o_n le mes�rer11. toujours•. Ils attendent avec impatience leurs amis d.e la grande classe qui chai:iue samedi viennent leur rendre compte de leur semaine.

1 Nous eepéroos doooer daos un prochain numéro de • l'intermédiaire ..

ua exposé de ces jeux.

A LA MAISON DES PETITS 39 - Regardez, les grands, nous avons des mesures, cela veut dire que nous avons beaucoup travaillé, êtes-vous contents?

· Les grands sont étonnés mais ils comprennent et félicitent les petits.

La semaine suivante j'observe une grande application dans le travail, plusieurs enfants me dêmandent des a mesures » mais il n'y a pas assez de boules pour que chaque enfant ai�

sa «mesure», alors Jean Jacques déclare : « Moi j'en ferai une en papier.» - Tous ensemble nous étudions la question et après plusieurs propositions l'idée d'Alain est acceptée:

« - On découpera des ronds de p11pier de grandeurs diflë­

rentes, comme les boules de la colonn·e et �n les ·coUera sur des bâtons. » La couleur choisie par ce groupement est le bleu.

Geneviève: « Moi je ne prendrai jamais la petite. � Tous : « Moi non plus - moi non plus - moi non plus.•

Les semaines d� tr�v;il s;�coulent et 1� samedi, les« porteurs de Mesures» sont nombreux, trop nombrèux peut-être, la valeur des mesures a bai"ssé. Tout s'use avec les petits, et il faut constamment renouveler� transformet, alimenter les idées les intérêts, afin qu'ils ne tombent piî:s dans le fossé de 1�

rou.tine.

Le lu-nd'i matin, j'annonce à ma petite bande que j'aurai aussi une mesure à la fin de la semaine, ils sont étonnés, me questionnent, mais je leur dis que c'est un secret.

Les matinées sont bruyantes, le travail est moins bon.

C'est samedi, comme de· coutume les mesures sont plaéées sur une petite table, les enfants après quelques instants de réflexion viennent se servir .

. Sans mot dire, j'apporte "ma mesure», un grand disque noir (environ 5o cm. de diamètre) fixé sur une hampe.

Un silence angoissant s'établit, quelques bambins sans attendre reposent leur mesure sur la table.

Les grands, qui sont arrivés, manifestent leur étonnement par des « oh 1 » prolongés et Renaud déclare que c'est la Mesure du Malheur •

Tous sont tristes ; j'invite les porteurs de Mesures à venir comparer leur disque avec le mien; pénible constaùon ils disparaissent tous derrière la grande surface noire. '

J'exprime mon chagrin et, au piano, une stagiaire dans une improvisation très rèussie exprime les sentiments de chacun.

Après quelques secondes de recueillement - Henri, les larmes aux yeux, se précipite vers le disque noir en disant:

(10)

L'INTERMÉDIAIRE DES ÉDUCATEURS

« C'est un gros nuage, c'est le nuage du bruit, on ne le veut plus, on ne le veut plus» et, saisissant la hampe avec Théodore

·qui est venu à son aide, les deux petits emportent rapidement

« le disque du Malheur».

L'on entend immédiatement la mélodie du Bonheur, et sans autre parole, après un soupir de soulagement, chacun s'est souhaité un bon dimanche et une meilleure semaine.

M. AUDEMARS.

POUR LES PLUS GRANDS:

Avant d'apprendre l'histoire.

Pour mon petit garçon ( de 8 à r r ans)'.

.J'ai souvent réfléchi à un mot d'un petit enfant. Sa mère Jui apprenait simu'.ltanément et !'Histoire Sainte, lui disant qu'au principe nous étions immortels, et !'Histoire de France, l'histoire des Gaulois. Et le bambin s'écria: « 0 Maman! si Eye n'avait pas mangé la pomme, nous aurio.ns· connu Jes Gaulois!»

Cet enfant s'imaginait certainement que s'il avait êtê immor­

tel, il aurait« connu , les Gaulois, c'est-à-dire qu'il aurait été les voir dans Jeurs forêts (comme il allait voir à une exposition un village nègre), mais avec le sentiment que lui p�rsonnelle­

meot aurait toujours été le même petit garçon - même façon de penser - même conception de la vie, etc.·

Je veux bien croire que.l'enfant puisse aisément comprendre l'état de nature �es premiers hommes, leur dénuement, etc ...

.mais peut-il comprendre que, de ce fait, les rapports entre les hommes étaient autres que maintenant. qu'à cette époque, par exemple, son papa et sa maman ne se seraient pas comportés vis:-à-vis de lui comme ils se comportent maintenant?

En a.dmettant que l'enfant comprenne bien l'état de nature, comprendra-t-il pourquoi il a fallu tant de temps, tant de siècles, pour arriver à l'état où nous vivons, qui lui paraît sî simple ? et comment combler tout ce vide entre ces temps et les nôtres, comment les progrès se sont-ils accomplis, pourquoi

et par qui i'

'1

A

à rabattre et coller

. .

B

i. rabath-e et col\er

�-·

sur ui ,_;t• s • ...:;.-..

de·�cotê.

de .. rout•

coller- en A

Col\•� .., bord de

la route •ltumett•

po!Wo.i Ttlophone

(11)

POUR LES PLUS GRANDS 41 .: Je voudrais faire comprendre à mon petit garçon que s'il

·àvait été immortel, il n'aurait pas « connu » les Gaulois, mais

·qu'il a�rait été lui-même Gaulois, Fi'anc, homme des temps féodaux, de la Renaissance, de la Révolution comme il ·est homme de nos jours et sera celui des temps futurs.

Je voudrais lui donner le sentiment profond de l'évolution Sociale et matérielle.

- Qu'il ne croie pas que le confort dont il jouit est dû à tels :ou tels inventeurs de ·génie, mais à la collaboration étroite de tous les· individus, qu'il comprenne qu'une invention n'a pas subitement jailli d'un cerveau, mais qu'elle était amenée par les recherches précédentes, � qu'elle était obligatoire pour àinsi dire et devait infailliblement se produire à ce moment­

là, - que l'inventeur le plus génial ne voit pas toutes les con­

séquences de son invention, - que celle-ci sera développée par la suite, - qu'on en tirera des conclusions inattendues, etc.

Que,· parce que nous ne pouvons prévoir ces conséquences, les choses nouvelles sont en butte à l'indifférence· ou à l'hosti­

lité, :etc., etc.

Voici comment j'ai pensé pouvoir étudier l'évolution ma- . térielle. Comme- le sujet est très vaste, j.e me borne à ce qui

intéresse directement l'enfant, sa vie et celle de ses parents et

�rands-parents. Le point de départ, c'est lui, sa chambre, sa maison. Comment il est habillé, chauffé, éclairé, logé et les moyens de locomotion qu'il emploie.

Donc costume, chauffage, éclairage, locomotion.

Nous commençons par constater les progrès que nous avons vu· se réaliser dans la maison, par exemple le chauffage central qui remplace le phare de fonte, l'électricité au lieu de la lampe à essence, le fourneau produisant l'eau chaude, les grands wagons des express comparés aux wagons des trains omni­

bus. etc. Quand nous avons tracé un tableau complet de la vie à notre époque; nous traçons celui d'une période antérieure et ainsi de suite.

Pour les I x 5 dernières années, je pense faire 4.tableau::.: de vie:

A maintenant;

B 1880, quand papa est né ; C 1850, quand grand-père est né;

D 1800, du temps du grand-père de grand-père.

A mesure qu'on s'éloigne, il nous est difficile de faire des tomparaisons sur place,: comme nous avons fait entre la lampe et l'électricité ; nous aurons donc recours à l'image. Le petit

4

(12)

L'INTERMEDIAIRE DES EDUC, .>URS

pourra les découper lui-même dans des illustrés, dans des catalogues (voir Viollet-Leduc), par exemple le catalogue de l'e;position rétrospective des autos en 1908, et se constituer une cartothèque, une collection. D autre part, j'éveillerai l'in­

t.éret de l'enfant pour toutes ces choses et satisferai sa curiosité toutes les fois qu'il le désirera : visite de tissages, explication du chauffage central, par exemple, etc. etc.

Comme je craindrais que toutes ces images ne se brouillent daps sa tête, nous les rést1inons, les concrétisons dans 2 petits tab'leaux que l'enfant monte lui-même quand l'étude d'une pé­

riode est terminée. L'un des tableaux est pour la vie exté� "·

rîeure, l'autre pour la vie à l'intérieur de la maison (il serait même préférable qtie l'enfant dessine ou décalque lui-même liis dèssins à coller).

· Faute dè matériaux et de connaissances en histoire, je n'ai pu étudier les grandes étapès auxquelles il faudrait s'arrêter avant la Révolution, mais je pense que 4 ou 5 suffiraient, par exempie : le commencement du XVIII• siècle, la Renaissance, la Féodalité, l'invasion des Francs.

Dans cette étude j'insisterai principalement sur deux points : i0 Que le progrès est dû à la collaboration de tous; une in:..

vention :en amène' une autre ; qui a inventé le chauffage ceri-­

tral? les' wagons couloirs? etc. Grâce aux bonnes routes, l'industrie de l'auto s'est développée. Grâce à des énergies modestes, des intelligences sont libérées, qui peuvent se livrer à des travaux élevés, etc.·. De cette collaboratîon nécessaire, constatée sans cesse, je voudrais que l'enfant retire le senti­

ment de l'égale noblesse, de l'égale utilité des travaux des hommes. Et aussi le sentiment que l'enfant lui-même collabore au grand travail et s'il me dit « Papa, comment sera le pro:­

chain tableau, celui de 1950 ? » •.• « Je n'en sais rien, personne n'en sait rien, mais nous aidons tous à le faire, etc ... »·

2° Que toutes les nouveautés rencontrent, à leur naissance, de l'hostilité, au moins de l'indifférence. Grand' mère disait dés autos : « C'est lait, ces machines-là, il faudrait au moins simuler

·sur le devant une tête de chèval... on est mal as·sis ... ça arriv,e moins sûrement qu'un bon cheval...,> Les wagons à couloir ne valent pas les autres, à toute minute des gens peuvent entrer dans votre compartiment ... critique contre les chemins de fer qui devaient ruiner les campagnes, brûle.r les récoltes, etc .. ; Et-en constatant chaque fois que ces inventions non seulement n'ont pas fait-de mal, mais encore ont considérablement amé-

POUR Ll!'.S PLUS GRANDS 43 lioré les conditions de vie, j'espère donner à mon enfant l'es-:

prit de sympathique curiosité pour toutes les choses nouvelles.

Le sentiment de l'évolution sociale ne me paraît pas moins _important. Je voudrais faire comprendre à l'enfant que notre organisa­. tion n'est pas due à quelques philosophes de génie, mais, ici encore, à la collaboration de tous; que les orateurs, les meneurs n'ont pas ouvert aux foules qu'ils dirigeaient des horizons nouveaux, qu'ils ne leur ont pas révélé de meilleurs. modes de vivre, mais qu'ils n'ont fait que conCTétiser en une for�e pratiqu� des idées qui existaient, inconsciemment quelquefois, dans le cœur de beaucoup. Que ces idées devaient forcément se faire jour nettement à ces époques et que ceux qui les lançaient ne pouvaient prévoir leu.rs conséquences. Ceci juste­

ment parce que l'évolution sociale est une collaboration,.qu'on ne réforme pas le monde par des lois et des mots, mais par l'évolution qui se fait dans le cœur de chacun et que nous ne pouvons prévoir ni notre évolution personnelle, oi celle des autres parce que celle-ci est in.fiuencée, non seulement par l�s idées, mais encore par les conditious matérielles. Je voudr_a,s que l'enfant, en étudiant l'histoire des serfs sous la féodalité, n'ait pas un mouvement de révolte, qu'il ne s'écrie pas � C est dégoûtant! » avec cet accent de certitude que donne la com­

paraison entre cette époque et la nôtre, mais qu'il peine et souffre avec eux, aspirant à un avenir meilleur et discutant .des moyens d'y parv·eoir, avec le cœur et les conceptions d'alors et non avec notre cœur. et les conceptions actuelles.

Bref, q.ue l'enfant ne « connaisse » pas les serfs, mais qu'il c soit " le serf, - qu'il soit l'homme de nos jours en ayant conscience qu'il sera autre plus tard et toujours autre.

L'etude du progrès matériel nous a donc mené jusqu'aux.

Gaulois, dont nous voyons au premier plan la hutte misérable au milieu des marécages, les forêts peuplées de bêtes féroces couvrent les collines et dans le fond on voit arriver !es Francs sur leurs chariots. Comme l'enfant a vu peu à peu disparaître les routes, les maisons, les moulins, etc., tout enfin, il m�.

semble qu'il pourra comprendre l'impossibilité de voyager, dan� lRquelle se trouvaient ces hommes, la nécessité de trouver .leur vie autour de chez eux immédiatement, la défiance des

· peuplades voisines dont on ne comprend. mêine pas la langue

·..:... les jeux, etc: L'enfant comprendra la nécessité de se réunir

(13)

44

L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEUi

en tribu ... 'etc. Je nè suis pas de l'avis de A. France qui estime que les premiers seigneurs se sont établis par la force sur leurs sujets, mais je crois que ce sont les sujets qui ont eu 'l'idée de se choisir u·n maître et de le choisir fort. iDernièrement à la

« Maison des Petits» les enfants ont procédé à l'élection d'un t_ôi ·et d'une teine. J'ai demandé à Charlot qui il avait choisi et pou:rciuoi, il m'a répondu que c'était A.�. parce que c'était lui qui-avait lts plus gros mollets et qu'il était le plus fort.)

�t ·chaque_ fois que ·nous souffrirons d'un état de choses,

que· noiis dvions po·urt�nt nous-mémes créé, et que nous avions cr1.hixé?lleri't d'abord au sortir d'un état pire, nous chercherons à notre situàtion ûne amélioration immédiate et compatible a,·ec nos ·ciréonstances matérielles.

L'ar:t-{�f. Histoi_re de l'Art, pa-r Elie FAURE), la littérature, le's jeüx;· etc·. sont intimement liés à toute ·cette évolutioI). .

. ·À ·notre époque, l'étude des moyens de transports, partant des

rélation·s · éommerciales: · internationales, n'amèneront-ils pas l enfant à r�èlamer des conventions internationales pour le3 ti-ansports, la poste, etc. De là, à la Société des Nations, il n'y a qu'u1ïpas. (Etat hioderne, par David-Jean H11.L, ancien plé­

nipotentiaire de's Etats-Unis au congrès de la Haye en 1905.) J'insisterai sur le fait que toutes les innovations sociales et spirituelles rencontrent de l'hostilité encore beaucoup plus que pour les invenùons matérielles. La peur de l'inconnu la force de'S p1irases toutes faites : n Ça a toujours été et ce sera toujours comme ça nos pères, qui n'étaient pas plus bêtes que nous s'en trouvaient bien, si vis pacem para bellum etc. " Les

·hommes s'imaginent toujours avoir aneiot le summum et

presque l'idéal, et qu'il n'y aura plus que quelques retouches de détail à faire, pour avoir fixé d'une façon durable les bas�s de la société - que les lois n'ont jamais rien changé et qu'elles n'ont eu de la force que quand t:lles citaient déjà naturelles dans le cœur de l'homme - que c'est l éternelle recherche du mieux, l'éternelle évolution.

Et jè· voudrais que de cette étude mon petit garçon retire un grand sentiment de toléra11ce à l'égard de toutes les idées nou­

velles, et aussi l'idée que lui-même collabore à l'évolution et qu'il doit se réformer lui-même.

Vous avez eu l'extrême amabili.té de me demander ces lignes pour l'Intérmédiaire. Ses lecteurs voudront bien, je 1 espère.

m'aider de leurs conseils et m indiquer des ouvrages utiles à

-.,

l.. _;sTIONS ET REPONSES

45

mon propos. Permettez-moi de leur poser notamment, avec celles que vous avez reproduites dans le dernier numéro, la question suivante:

r. Quelles sont les étapes auxquelles je devrais m'arrêter du

XVIII• au VI• siècle?' César Roux.

QUESTIONS ET RÉPONSES

Réponses.

46. Hiatoire de la civilisation. � Les ouvrages spéciau�

n'ont pas en. génér:al une très copieuse illustration, oµ alors 11 s'y mèle beaucoup de dessins techniques (plans, coupe, etc.) qui sont a·1.i'-dessus de la portée d'enfants de 8 à r r_ ans. D'ai�­

leurs, la gravure que l'on montre -à un enfant un mstant pms que l'on remet dans la bibliothèque; n'a pas la valeur éduca­

tive de c;elle que l'enfant cherche lui-même, colle dans son cahier ou catalogue dans sa collection.

Le matériel d'illustrations doit, à mon avis, se composer d'une. part des ouvrages de bibliothèque qui servent à la pré­

paration de l'éducateur - les gravures de ces livres illustrent l'enseignement en faisant voir à l'enfant les objets mêmes dont on parle - d'autre part d'illustrations détachées où l'enfant cherchera des gravures d'objets analogues à ceux dont on a parli ou en rapport avec eux. Un exemple : On a parlé q.e la tente, expliqué à l'enfant en quoi elle consiste et on l'a fait en commentant une représentation de la tente de l'Arabe par exemple; il faut maintenant mettre à sa disposition des gra­

vures où il cherchera différents ty:pes de tentes : Tente Ja­

ponne, tente militaire, tente du soldat romain, tente foraine, etc ..

Les gravures détachées, les journaux illustrés que l'on peut découper me paraissent donc pl-µs utiles que les illustrations des ouvrages spéciaux. - Ceux-ci sont néanmoins précieux et en voici quelques-uns.

Je ne cite que pour mémoire les dictionnaires illustrés comme le LAROUSSF:. Les dictionnaires du costume et de l'ameu­

blement de VIOLLET·LE-Duc, richement illustrés.

Octave UzANNE. La locomotion dans l'histoi,·e, abondam­

ment illustré, , vol.·

V10LLET·LE·Duc. Histoire de l'habitation humaine, I vol.

MÉNARD et SAUVAGEOT. La vie privée des anciens, 4 vol..

abondamment illustré.

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que dire que cette façon de voir les choses est exacte. Une machine peut être dirigée par un enfant parce qu'elle travaille de la matière brute; elle prend la pièce de

tation générale, déja signalée au début, que les fillettes s'éprennent d'un idéal lointain et fictif alors que les garçons visent à un idéal de réalité toute

à cette vie et quand nous nous rendons compte que c est dans la mesure 'où nous s-aurons former des individus meilleurs que nous favoriserooi. Et cela est bon. Car ainsi