• Aucun résultat trouvé

L'Intermédiaire des Educateurs - Mai-Juillet 1919

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "L'Intermédiaire des Educateurs - Mai-Juillet 1919"

Copied!
14
0
0

Texte intégral

(1)

Journal

Reference

L'Intermédiaire des Educateurs - Mai-Juillet 1919

BOVET, Pierre (Ed.)

Abstract

Revue éditée par l'Institut J.-J. Rousseau / Ecole des sciences de l'Education de 1912 à 1920.

A fusionné avec L'Educateur.

BOVET, Pierre (Ed.). L'Intermédiaire des Educateurs - Mai-Juillet 1919. L'Intermédiaire des éducateurs , 1919, vol. 7, no. 68-70, p. 52-76

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:128488

Disclaimer: layout of this document may differ from the published version.

1 / 1

(2)

L'INTERMEDIAIRE DES ÉDUCA Tl. .S

;a'. été'. bless�· en .décembre par des éclats de bombe; .·« Je suis

·4.éii ·tou� a_· faÜ hors de danger; pas même estr_o�ié. J'ai eu

�eauc.oup de chance dans mon malheur» nous écr1t-1l.

·. M. D . .,.R. MAC CoNNEL, Chantry Green, Steyning, Sussey (Anglete�re) a eu la dçrnleur de perdre, lè 7 décembre, son fils David, sous-lieutenant aviateur, âgé de 18 ans seul:ment, mort en service commandé. Nous avons dit à notre ami notre pro·

fonde et respectueuse sympathie.

M. J. RoCHAT (Rue A. M. Piaget, La Chaux-de-Fonds) nous a annoncé l'heureuse naissance d'une fille, Claudine-Mathilde, le 20 décembre.

Mlle EoELSZEIN nous a fait part de son mariage avec M. Gre­

gori Minkoff(S, rue Verte, Genève). Nos vœux très chaleureux:

Mil• Jeanne S1LBERSTEIN &St fiancée avec M. Fernand VER­

BOEltHAVEN.

M. Miridjan ÜZANIAN està Fresno (Californie), rédacteur d'un journal arménien Asbare1 (942 Eye Street).

Mil• Jeanne EVRARD nous envoie le prospectus fort bien conçu, de sa Maison des Petits à Alger (40 Boulevard Bon Accueil) et nous donne sur sa maisonnée de 14 enfants les détails les plus encourageants.

Mil• Marie GAUTIER dirige depuis le r•r février, la crèche qùî vient de s'ouvrir à Chêne (Genève).

Un compatriote rentré de Pologne, nous a apporté de l:>onnes nouvelles de Mlle Irène ZUMBACH, à Ursinow près Var.sovie.

Très bonnes nouvelles de plusieurs « anciennes n qui sont en pleine acùvité. J'fous voudrions pouvoir reproduire ces lettres intéressantes et détaillées: - de Mll• Mathilde SAVARY sur sa classe "spécia�e à Vev_ey, - de Mme Dtd:A.MONT sur le Forer des Petits de l'Union familiale (185, rue de Charonne, Pans), où elle à une tlche aussi belle qu'absorbante, - de Mlle Maria DOBRE enfin dont nous ne savions rien depuis trois ans et qui est à la tête d'�n orph�linat comprenant jar.di_n d'enfants, école pri�air� et- cours secondaire (Villa Greerul, Buciumi, Jassy, Roumanie). Mlle D. est aidée, pour le jardin d'enfants, par une àutre élève de l'Institut, Mil• Constance MARTINEsco.

Bonnes nouvelles de M. THURNEYSEN (Mittlere Strasse 125, Bâle) qui a repris son enseignement au Gymnase; de Mll• Ellen Go LAY de l'Ecole enfantine du Sentier (Vaud); de MM. DJ.:LPLA à Montgouzy (A.riège), DUPONT à Alençon.

· L'Intermediaire·: dês Éducateurs

7• ANNEE - N°68-70 �!. �AI-JUILLET. }919

l : ,.

Le partage Un test de « vie morale».

Il a déjà été question plusieurs fois dans l Intermédiaire (n°s 14, I S et 49_-So) de t!:,;its de jugement mo�al; des adultes ou des enfants sont appelés a classer par ordre de gravité des récits de fautes diverses. Certaines expériences - trop peu nombreuses encore, il est à souhaiter qu'elles soi�qt poursui­

vies - semblent établir qu'il y à p. ex. une corrélation entre la franchise d'un sujet et son aptitude à juger des rnensong�s. Mais quelle .qUe puisse être la valeur de ·ce test, il va sans dire que des tests qui mesureraient les reactions morales des enfants leur seront supérieurs.

Un joli trait de èœur observé. dans une classe d'anormaux nous a fourni 1 idée d'un test de ce genre. Un jour, après une

·· leçon sur la mandarine, il ne restait plus qu'à !la déguster; or le nombre des quartiers se trouva sensiblement inférieur· au nombre des élèves. Que faire? Je demandai si quelqu'un vou­

lait s'en passer pour rendre le partage possible. Une bonne demi-douzaine de fillettes, toutes enfants du peuple, s'annon­

cèrent (pas un garçon !) si bien que, le partage effectué, il.me resta encore en mains plusieurs quartiers. Je proposai aux enfants non servies de prendre leur part; croira-t-on que l'esprit de sacrifice l'empo_rta sur la gourmandise à tel point qu'elles pré­

férèrent toutes persister dan.s leur refus.?

J'eus l'idée d'utiliser, sous forme de test ces partages· en parts inegales. Je donne à un enfant un certain nombre de pastilles à partager av�c 1, 2,ou 3 de ses camarades; je m'arrange à ce que jamais le nombre de pastilles ne soit exactement divi­

sible entre les participants au partage; toujours il en manque ou il en reste de tiop. Le plus fréquemment je donne à.un enfant � pastilles à partager avec un. camarade, si les enfarits veulent couper une pastille en deux; je m'y oppose: 11 C'est trop petit, ce n'est pas la peine. » Si les. enfants sonu.rois,. je dqnne à l'un d'eux 5 ou 7 pastilles dont il faut faire 3 parts.- D'autres fois j_e varie l'expérience, parfois pour 'chercher la confirmation d'une première épreuve, en offrant à un enfant deux ou plu�

sieurs morceaux de grandeurs différentes à partager avec un

(3)

S.4 ;_:,

5 1 ·•'L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATE"URS

(ou plusieqrs) c;amarades. Jamais je ne fais l'expérience de but en blanc ; c'est après avoir fait faire aussi qu�lq17e autre test ou quelques jeux que je sors - en apparence mc1demment - mes pastilles de ch·ocolat. J'explique la c�ose de la façon la plus claire; les plus petits ignor�nt parf?1� le sens_ du mot

c partager»; dans ce cas, je leur dis: « V�1c1 des past�lles pour ton frère et pour toi ; allons prends-les, c est pour toi et pour to

..

n frère.» ,

)usqù,'id, nos.

es�ais ont porté sur 44 enfants de 2 ans 1/, à 8 ans;·

· '}� P.?iqt de v�e l'âge, si nous divis�ns les sujets en deux groùp�s, les zz plus âgés, de 5 ans 1/� a 8 ans et les zz ?lus feunes de 2 ans 1/1 a 5 ans, nous voyons les partages altruistes l'emporter de beauco\lp sur les égoïstes chez les plus grands (16 contre 6), tandis que chez les plus jeunes lés deux sortes de partages se balancen·t à peu près (I 2 contre 10). - Sa�s l'élément que nous verrons tout à l'heure jouer uo rôle cons1- dérahl.e, n'ous pourrions conclure qu'avec I âge, les enfants apprènnent à partager de façon altruiste.

Au point de vue du sexe, l'expérience confirme, ·dans une

eertain'e mesure, ·celle de la mandarine, à I école, où seules des pè'tiiés filles avaient fait preuve d'altruisme.

· . Partages altruistes

d 18

'F .,._.,., IO

Partages égoïstes

I2

4

: /@.n;, \)fo que· le 1/3 à peine des fillettes, les 2/. des garçons se comportent en égoïstes.

.. Au�otaJ•;•les:enfaots généreux sonr donc plus Ii�mbreux. que les·égoïstes;,dans la proportion de 7 contre 4. ·

- Mais··c•es:i: à,ùn: tout autre point de vue que l'expérience a donné, lesorêsultats ,Jes plus marquants: en comparant lP.s enfants,des différentes catégories sociales. Au cours· des expé­

ri�nces-,,je1i:emarquai souvent que les enfants de .milieux popu­

lairtèstse,compori-aien-t mieux que ceux qu.i appar:tenaient à des .milieux·msés:·Je dép:ouillai donc mes expériences à'ce point de vuel,et�voièi· ce·que j'obtins.

Mil_ieux aisés ..

> .. , populaires

·Partages altruistes 3

Partages égoïstes 96

LE PÀRTAGE 55

Les propor_tions sont doo.c iéi renversées: tandis que les 3/,

des ·enfants aisés se montnmt égoïstes, les il, des enfants pauvres partagént de façon altruiste.

Et plusieurs observations indîviduelles viennent confirmer ce fait. C'est chez deux enfants de la classe aisée - les plus jeunes -que j'ai constaté lès partag.es les plus honteusement ' égoïstes (4 pour soi, r pour les autres!). Un autre, après avoir donné 3 pastilles à son camarade en en gardant pour lui 2 seule­

ment, se repent et tâché de lui en reprendre une, dans sa main fermée. Un encore (7 ans) qui a appris que c'est bien de donner la grosse part au prochain en tire cette conclusion plus ingénieuse que géoéreu:s·e.: « J'.aime mieux.que se soit mon frère qui partage ! n

Au contraire, je m·e rappelle mon admiration lors de ma toute première expérience. Un petit gamin des rues (4 ans), fils de mobilisé, devait partf!.ger � P.asiilles avec une demoiselle; il lui ën tend 2 ; pufa 5 pastilles avec s6_n frère ai.né; il lui en donne 3 _; je lu_i donn.� e,efèo,re 2 moitiés et :un quart de_ biscuit

po_ur l_ui et ses deux frè.��-s· ;: sails hésitation, il donne leJ 2 moi-

tiés et gard� le Si nous esu(Ïlo���: sa'n·� doute .aveè raison,_quqû�rf· . , ,· !. , • : • . e ., ,. c'est au-dessous. de' 5 ans q1,1e )�-� p�rt�g1s I s_oor lès, plus ÏJature1s_ sans qu� l'eô.­

f!!nl _cherche � parai_t'rè, 1géiléreux �iS:à-yîs .. de la )'érsonhe qui assiste au part\lge,_ .. �u.e vbY,�m·s-nous? Ç�ei les enfants pauvres, 8 altr11istes contre:z égofsfés; et êlie; lés enfants aisés, 1 altrU-iSte contre 6 égoïstes! Le pins souvent on voit cés tout petits enfants des rues, pour partager 5 pastilles, en prendre .2, ,en .donner 2 au voisin, hésiter un instant et .d��n�r celle qij_i.reste. en.plus.

N'y a-t-il pas là un fait bien c_�rleux et qieo.,éloquent 1? Ainsi malg�� _ l_es -mo�alès,, .cert,ine�e�t .. 9e!lu_c.ou_p,, pl� �arge­

ment octroyées aux enfanJs a1s�s,:.C!!Ux-c1 serri.bleo� déjà 9;voir e�P,r�té à_ leur milie� cé.�( _hiJ?�rpph,ie_.<;lµ s_�ns �-e�l� :P.ro­ pnete, car 11 semble �1en que 4es. rA��.ltaJs. . a?s.s1:.?on��tants appellent une interprétation de ce genre - tandis qu'il est hautecp_ent réjquissant,.de con�ta�er,ch,e; les1eo(ants ci.es µ:ù.lieux populaire� ·-.qµi: SOJ;\l-la. majorité ;..a. une.aptitud,e.aµssi_ne�«; e�

aussi pré�oce�,au.sacr.i6çe, à \a bon��� (Je dis réj(?ui�sa.nt. en me plaçant au point de .vue moral, .en considérant la vie morale des petits: enfant� pa,uvres ... Es�-ce -qu au point. de vue social cet altruisme a favorisé l'égoïsme des possédants ?) •

1 Je dois dire que plusieurs institutrices ayant enseigné à des enfants de milieux sociaux divers, m'ont affirmé que ces faits étaient en plein· accord avec: leur expérience.

(4)

L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEUR.:,

Il serait intéressant de. poursuivre ces expérienC/?S et de con­

ir,ôler. l� v,J�ur de ce te�t en y soumettant un certain nombre d�· jeu'nes' enfants remarqués ··1es uns par leur générosité, les autres .par leur égoïsme. Et si nos premiers résultats sont con­

fumés il faudra en tirer les conséquences pédagogiques morai;s et sociales qui s'imposent.

A. DESCOEUORES.

L'idéal des enfants.

A qui aimerie1-vous ressembler.

Les résultats que nous donnons ici sont une r·éponse à la q�estion : .• A qui aimeriez-vous ressembler? »- incluse dans l'enquêt"e sur la- profession, dont l'intermédiaire a parlé dan.s son dernier numéro (64-67). Rappelons que cene enquête a été faite en mars .1918, dans les Ecoles primaires de Genève et p:o.rte sur r870 enfants de 11 à 15 ans ( 1056 filles et 8 t4_ garçons) .

. ;,NQÜS avons classé rios résultats par âge et sexe en.-répartis­

S�t - comme le Dr R. TscHuo1 le fait dans son article: Die ide�le des Schwei1erkindes 1 - les personnages choisis sous les

�-Ô�iques suiv�tés·:

C:Père ou mèré;·

11.'Parents et connâissances.

fH: ·Përsoîin·ages actuels.

-·r1v. �êrso'ifoagès"·de .l'histoire et de la littérature.

: 1

·v.

·t>ersotinages aè· contes et livres.

VI/ f>étsonnages de _la Bible et sain·ts.

·vu.

Pèrsodnages'pr'oressant un métier.

··::.·

.

....

: : N:ous ·avonir dft ajouter cette Vllm• colonne qui n'existe pas che:i R. Tschudi. :C'èst évidemment sous l'influence de· l'en­

·ët_uêtidlur:Jâ :pr<>fessiori que tant d'enfants ont chois,i éomme tè�r idéà.lun_:personnage professant un métier.

· La" VHJme' · colonne a été réservée aux noms illisibles et inconnus. Enfin 1a JXni• est intitulée « à personne».

: 1 Sepilratabdrnck ans den r Berner Seminarblatter ». Berne 1911.

.;

...

"' .., e

.,

..,

..,

" ...

o..

Garçons 1 11 15 12 33 13 19 14-15 5 Fillettes 72

11 r3 12 3o r3 29 14-15 12

84

L'IDEAL· nES ·nNFANTs

TABLEAU l.

Répartition des idéals (nombres bruts).

.;

�--

0: .;

., .;

-�

0 :0 "'

u ·:::, C "'

C ii:i

-� "

;

E .s C C

·.; C C 0

a:

u "' "C ., .s "C " "C

a:

., � .:; 0 u

u

a: a:

II III IV V VI VII VIII

23 7 91 2 35 5

36 34 140

72 6

28 29 II 9 46

II 8 36 6 25

98 78 386 20 178 12

14 6 91 7 2 48 4

37 ... 5 198

.37

65 5

5:i. IO 198 37 57 18

17 4 7'1 27 1-7

120 . 25 558 io8 3 187 27 TABLÊAU II.

.; C C 5l ....

"

< o.

IX 5 6 16 5

57

TotaJ 178 336 249 97 860 377 r85 392 148 I 102

Répartition des idéals des sept jremières catégories eu

¼-

Garçons I II III IV V

1 I 8.7 13.3 4.4 52.6 1.2

12 10.2 II .I 10. 5 43.2 2.7 13 7.8 1 I .5 II.g 48.7 1.2

14-1 5 5.5 12.0 8. 39.6 6.6

loyennes 8.7 1 r-.8 9.4, . 46.4 2.4

Filles ,II12 13 . 7.2 8.1 7.8 13.9 9.9 7.7 'I :1, 1.3 2.7 3.3 : 5o.3 53.2 ·, 52.9. 9.9 s·3.99 14-15 8. I ' 1 i·.,' 2.7· 48;ô· I .• 2 Moyennes 7·9. II,,:! 2.7 52.3 ] Q. l

TABLEAU III ..

Idéals

Garçons

1,, ..•.•. ,_

Idéals . prochains' lointains l II III VII IV V

11 ans 46.2¾ S3.8¼

J2 » 54.0 46:0.

13 » 5o.o So.o 14-15)) s3.8. 46.2

Filles

Idéals

·prochains I 11 Hl VII·

44.8%

· 39.0 3;.7 34.0

VI VII 20.2 22.2 18.9 27.5 21.4

I.l 26.5 17.1 o.3 1,S.2 1 I.5

o.3 17".S

Idéals lointains·

IV V 55·;2

%

62.3 6r.o:

66:o

(5)

L1ÎNTERMEDIAIRE DES EDUCA'1-JRS

Influ�nce du sexe. - Pour mettre en évidence la consta­

tation principale que nous permet cette enquête, nous avons.

bloqué (tableau III) les chiffres des colonnes I, II, III, VII, sous le titre de personnages empruntés à la réalité actuelle et prochaine, tandis que nous considérons les personnages des IVm•, Vmo et VIm• colonnes comme témoignant d'un idéal plus lointain, historique et fictif.

Cette vue d'ensemble nous pei'met de constater que l'élément de réalité entre pour une grande part dans l'idéal des garçons de

u

à 15 ans, tandis que c'est l'élément de fiction, de rêve qui l'emporte dans le choix d'un idéal pour les jeunes filles du même âge.

Envisageons maintenant le détail de cette constatation (tableau II).

Les personnages actuels prennent plus de place dans l'idéal des garçons, à partir de 12 ans, que chez les filles.

Ja.a colonne VII (métier-idéal) présente une moyenne plus fo:rte pour les garçons que pour les filles; mais l'âge semble jouer ici un rôle plus important que le sexe.

· Les chiffres de la colonne V prouvent combien l'attrait des personnages fictifs est plus grand pour les fillettes (11.7 %) que pour !_es garçons (2,9 ¼)- Les personnages historiques sont aussi plus fréquemment choisis par elles. . . .

l 1 Seuls quelques garçons affirment parfois leur indépendance en préf�rant ne ressembler à personne.

· ::relies, sont les :comparaisons entre les idéals des deux sexes qu� nous.permet d'établir le tableau II.

· L?Age exerce aussi son influence; il est intéressant de suivre et, d'interpréter les modifications qu'apportent dans le choix aeTidéal'les quatre années de cette période de transition, par ex.�ellence, qui va de 11 à 15 ans.

: . �ous avons déjà vu chez les fillettes que l'idéal lointain et nctif prenait de plus en plus le pas sur l'idéal prochain.

· Les fillettes qui à 11 ans encore regardent au métier comme à un idéal (26.S

¼),

s'en désintéressent graduellement (à 15 ans, 12.9 ¼)-

A ce m_ome.at de transformation physique et morale, sous l'éveil de la sensibilité et de la sentimentalité, elles s'éprennent de fiction et de littérature.

Peut-être faut- il expliquer aussi cette diminution du choix d'un métier en qualité d'idéal, par le fait que, pour la jeune fille, la vocation de ménagère et de mère de famille s'im-

L'IDEAL DES ENFANTS

59

pose naturellement à l'esprit. La colonne V montre. bien l'augmentation forte et brusque entre 1 r et 1_2 et 13 et 14 ans, du rôle de la lecture et, partant, de là fiction et du rêve.

Pour les garçons, la place que prennent les personnages actuels va eo augmentant dès 12 ·ans.

Ce gofü s'explique sans doute par le fait qu'à cet âge ils commencent à lire les journaux, a s'intéresser à la vie publique:

courses, matches, cortèges, avions, etc. Ils abandonnent leurs intérêts de petits garçons et découvrent ceux de la vie dans laquelle ils entrent.

L'industriel, l'artisan, le commerçant, le fonctionnaire, sont mentionnés toujours plus fréquemment comme un idéal, à par­

tir de 12 ans. Ceci, probable·ment aussi, parce qu'ils considèrent le métier comme l'intérêt et la partie essentiels de leur vie ; à ce moment-là, évidemment, leurs préoccupations d'avenir rejoignent et couvrent leur idéal.

Les garçons de 14 ans se mettent: brusquement à lire sans que l'influence de leur lecture ·soit néanmoins comparable à celle qui se marque dans l'idéal des jeunes filles. ·

Les pères et mères figurent toujours moins souvent dans l'idéal des garçons, ce qui coïncide avec le fait que· ceux-ci choisissent de moins en moins, au c'ours de leur développe­

ment, la profession du père (enquête sur la profession, Inter­

médiaire, ri0 64-67).

Il est curieux de rel�ver par�i lès personnages choisis ; Jeanne· d'Arc (98 voix sur 1870).

Pestalozzi (89 voix).

Winkelried (85 voix).

Ces trois personnages sont ceux qui ont réuni le plus de suffrages. La préférence dés fillettes va à Pestalozzi et à Jeanne d'Arc; celle des garçons à Winkelried.

En Suisse allemande ,(R. TscRunr, Die ]deale. des Schwei1er­

kindes), les trois préférés sont Pestalozzi pour. les fillettes aussi; Tell et Winkelried pour les garçons.

On remarque que l'intérêt des fillenes surtout, jusqu'à

13 ans, se concentre sur trois ou quatre personnages, tandis que l'intérêt des garçons s!éparpille plus vite. Peut-être est•fe là une preuve de personnalité et d'indépendance?

A partir de 13 ans, pour l'un comme pour l'autre sexe, la liste des personnâges s'allonge, l'influence des lectures est là, plus vive, et chacun suit son idéal propre.

Les personnages de la Bible et les saints ne figurent que

(6)

L'INTERMÉDIAIRE DES EDUCATEURS

dans les réponses de trois petites filles, avec les noms du roi David' de Reoecca et de saint Martin, tandis que la moyenne suisse'anemande indique le 7 ¼ de personnages religieux.

A· Genève, les fillettes choisissent d'une façon constante, à Ir ans dans 52.z ¼,

à 12, ans dans 46.6 °lo, à 13 à.ris dans 58 %,

à 14 et 15 ans dans 53.z ¼ des cas

(beaucoup plus souvent qu'en Suisse allemande [18 ¼]), leur idéal dans l'autre sexe.

. - Le bon ton des réponses est frappant : point de héros de romans vulgàfres, de personnages cinématographiques, etc.

_ Ces tableaux peuvent prêter à bien d'autres réflexions encore (prépondérance des personnages bistoriques, etc.), mais ils s'accordent tous à mettre sans cesse en évidence cette consta­

tation générale, déja signalée au début, que les fillettes s'éprennent d'un idéal lointain et fictif alors que les garçons visent à un idéal de réalité toute prochaine.

On peut tirer parti de.ce fait:

. L�éc:;.ole pourrait .mettre à profit le rôle très grand que joue la lecture dans l'esprit des jeunes filles.

. bn p.eut en te.nir compte surtout dans les causeries morales, pour susciter l'intérêt des enfants; s'adresser à l'imagination des fillettes, mettre en activité leur puissance de fiction; suivre le go'ftt>des garçons·pour la vie publique et courante, pour les faits et les hommes du jour; bref, choisir le cadre et les sujets mêmes de la causerie, dans la réalité lointaine pour les uns et immédiat_e pour les autres.

May FROMMEL.

;Recherches sur le vocabulaire.

�· Ee vocabulaire de l'enfant de 2 à 7 ans.

M. P. ·Bovet a résumé dans un article fort intéressant de l'Inte>"médfrzire (o0s 34.;35) les recherches faites en 'tous pays sur

·le-.voca:bùlaire des enfants et des adultes. U en ressort que les données qu'on a jusqu'ici sur ce sujet notamment sur le voca- 1:iulaire dt'l jeune enfant sont aussi rares que contradictoires.

.N?e.1iste-t-ü pas de moyen plus simple et plus précis de se ren­

seign�r, en particulier sur le vocabulaire parle de l'enfant jusqu'à 7 lins? Pour ainsi dire sans Je vouloir, nous ayons

RECHERèHES SUR LE VOCABULAIRE 6i

abordé ce problème et nous croyons être arrivée à des résultats plus précis. Voici comment.

En 1915, j'avais établi une sêrie de Te�ts de. L�n!fage_ d�ns un but beaucoup plus restreint et tout prauque; JI s ag1ssa.u sim­

plement de mesurer d'année en année, les progrès du langage chez des enfants anormaux dont les progTès dans les branches scolaires étaient nuls ou à peu près. Très vite je me suis rendu compte que les tests de nos arriérés n'avaient aucune valeur si on ne pouvait les comparer à ceux d'enfants normami:: plus jeunes. J'ai donc soumis à nos tests une_ cinquantaine d'enfan1;s normaux de 2·à 7 ans pour avoir des pomts de repère; en répe·

tant aussi ces mêmes tests d année en année et cela 4 ans de suite sur les mêmes enfants, j'ai vu qu'ils mesurent de façon intéressante et extrêmement régulière, les progrès du langage chez un même enfant. Je suis arrivée ainsi à établir toute une échelle permettant de situer un enfant entre 2 et 7 ans d'après le développement de son langage. On voit ,q1;-1els �ervi­

ces cela peut rendre pour classer des anormaux. J a1 en�1�agé séparément !.es enfants de milieux. ai�és et ceu_x de m1!1eux populaires ; bien que le langage des adultes ne soit pas tou101;-1rs en relation avec leur position sociale, le fait d'entendre bien parler autour d'eux donne une certaine avance aux nremiers.

Ces premiers résultats obtenus, il était intéressant de les comparer dans la mesure du possible au vocabulaire parlé total. Je me suis attaquée à cette tâche de la manière suivante:

Parmi les enfants que j'avais soumis à mes Tests de langage, j'en ai choisi trois, ayant respectivement 2, ans 9 moi� 5 ans et 7 ans - exaétement 5 ans et 7 ans -, donc représentant les trois degrés extrêmes et moyens de l'échélle d'âges que j'avais étudiée par mes tests. Les deux premiers enfants sont frère et sœur et paniculiërement bien choisis pour l'expérience parce qu'ils sont d'un milieu intermédiaire, ce ne sont ni des enfants négligés, ni des_ en'fants trop développés ; · 1e petit garçon de

2 ans g mois parlait mieux que beaucoup d'enfants de cet âge.

L'aîné appartient à un milieu intellectuel. Ces trois enfants - pris individuellement s entehd - jè' les ai d'abord fait cau­

ser sur des objets, dans les différ!!ntes pièces de la maison, dans le jardin, mr des images (toute la série·des livres d'ima­

ges « Staub � et des II Bildersaal », tc,us deux chez Orell Füssli, à Zurich) ; je notais textueU'emèot tout ce qu'ils disaient. Pour le petit garçon de 2 ans ¼, je vis que j'arriverais à peu près à faire ainsi Je tour de son langagè parlé. Au contraire, je m'aperçus que, même après des entretiens souvent répétés,

(7)

L 1INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

j'étais loin d'avoir extrait le vocabulaire des cieux aînés ; une foule de mots qu'ils devaient ou pouvaient savoir n'avaient pas eu l'occasion d'être prononcés. Armée d'un dictionnaire, te me fis donc une liste des mots susceptibles d'être connus d'eux, j'en trouvai encore I 100 pour la fillette de 5 ans, et quelques centaines de plus pour l'enfant de 7 ans. Je me mis donc, en de nombreuses nouvelles séances, à poser des questions - il en fa.Hait souvent plusieurs par mot - pour leur faire pronon­

cer ces mots s'ils les savaient. Je demandais, par exemple :

• Quand on n'a pas raison on dit qu'on a ... On veut faire une course, la pluie vient vous en empêcher, on dit : Oh comm_e c'est d •.• » Souvent, j'ai prononcé la première lettre ou la première syllabe - jamais les deux premières - du mot. Si

!.'..enfant le connaît, ça le met sur la voie, s'it. l'ignore, ça ne suffit pas à.li: lui faire.trouver. Toutes les fois qu'il s'agissait de choses, de qualités, ou d'actions pouvant être montrées aux enfants, j'ai employé des moyens concrets.

Je relevai, par ordre alphabétique tous les mots émis par les enfants au cours de ces causeries, de ces observations d'objets _ou d'images, et de ces questionnaires, je les comptai et comparai le résultat de cet examen du vocabulaire total 4e l'enfant avec celui des réponses aux Tests de langage faits à la même époque avec ces trois mêmes enfants. Chez l'enfant de

?'. ans 1/,; le vocabulaire total a été 7 fois plus considérable ; c.hez ceux de 5 et 7 _ans, 8 fois plus considérable que le total _des mots prqnoncés au cours des Tests de langage. D'où cette c9nclusion• prl).tique :

SoumeJte1 un enfant à nos Tests de Langage, compter les mots qu'il a prononcés pour y répondre, multiplie1 par 8, et vous obtene1 - approximativement - le vocabulaire parlé de cet enfant.

. Avant d'indiquer nos résultats, il serait temps de dire ce que sont ces Tests de langage', Bien que très simple; ils compren­

nent un peu tout ce que l'on peut demander à de petits enfants.

Outre quelques tests destinés à examiner le vocabulaire compris (exécuter des ordres, montrer des objets et des images) - tests qui n'entrent pas en question ici - l'examen du vocabulaire parlé, beaucoup plus complet comprend : a) des· questions de vocabulaire proprement dit, énumérer et décrire des images, montrer en répondant à des questions qu'on connaît certains

1 Ces tests paraitront dans notre prochain volume sur le développement de l'enfant de 2 à 7 ans.

RECHERCHES SUR LE VOCABULAIRE

mots, de plus en plus di.ffÎciles, trouver les verbes ex.primant certaines actions que l'on exécute devant les enfants; enfin le test de Binet consi_stant à trouver le plus de mots possible eu trois minutes; b) un certain nombre de tests de connaissances;

questions portant sur l'entourage de l'enfant, les métiers, les couleurs, les qualités des objets; C/ enfin, certaines questions d'intelligence : récit à répèier, trouver des lacunes dans un texte, des conrraires, comparer des souvenirs.

Avec les enfants de 6 à 7 ans, ces tests demandent trois­

quart d heure à une heure; avec les plus petits, c'est beaucoup plus long: il fautbiencompterquelquesheures à cause des nom­

breuses interruptions nécessaires pour ne pas fatiguer l'enfant.

Je note textuellement toutes les réponses des enfants et, l'ex.amen terminé, je relève par ordre alphabétique tous les mots prononëés pàr le s'u-jet, en les séparant par catégories grammaticales (noms;· ve'rbe's, adjectifs, etc.). Contrairement au systéme employé par divers auteurs, j<l n'ai jamais compté que pour un mot les différentes formes d'un verbe, d'un nom ou d'un adjectif: .G'est le· total, de ,ces mots qui donne donc, approximativement, le 1/e du laogage· pai:lé de l'enfant.

Voici les résultats pour les trois enfants dont Yai cherché à apprécier. le vocabulaire' :parlé total;- sauf en ce qui concerne les noms propres, je ne crois pas avoir laissé de côté beaucoup de mots connus.

EXPÉRIENCES SUR LE VOCABULAIRE (PARLÉ) TOTAL

g

"' ., "'

.,

... ...

" "' .;

" e

t)

.,, -e ... -

TESTS DE

Oil

...

- 0 0

<

z

0

.�

"O <! > " "O <

..

> � E

...

LANGAGE

Louis Dt 2; 9 ans 383 3o 134 34 45 656 88 soit 1/r

6t°!o 5 •10 21¾ 5 1/• 0/o 71/•0/o

Madeleine Dt 5 ans 1198 155 382 93 1 l 7 1945 246 soit '/s

fü 1/• U/O 8 010 19 1,,,°!o S°!o 6 0/o

Claude D• 7 ans 1772 270 543 ISO 147 2882 355 soit 'f,t,

6J 1/1 0/0 9 1/1 0/o 190/o 5 •io 5 °Lo du langage total.

Il est curieux de voir combien la proportion des différentes espèces de mots reste stable, de 2 à 7 ans; seuls les adjectifs qualificatifs augmentent presque dans la proportion du simple au double en passant de 2 à 7 ans. La proportion des noms, des verbes et des adverbes est rema·rquablement stable.

De cette stabilité on peut - si nos trois expériences sont suffisamment exactes - tirer cette conclusion que, les verbes

(8)

L'INTERMEDIAIRE DES EDUCAT�URS

formant 1/6 du langage total il suffit d'extraire de la bouché d'un enfant tous le� verbe� qu'il co11n,1ît pour avoir son voca­

bulaire total, en multipliant ce nombre par 5.

·Il ne me semble pas douteux qu'à l'aide d'une série de tests analogues, mais plus difl;iciles, adaptée à des enfants de 7 à

13 ans; ori arriverait de même façon à mesurer leurs progrès pendant cene nouvelle période. Probablement tr_ouverait-on aussi expérimentalement un rapport entre les résultats de cette s'èrië-de·tests et Je vocabulaire rotai. Naturellement Je travail, déjà: considérable pour les tout petits le serait plus encore, mais il yaudr_ait la peine d'être entrepris.

A. DESCOEUDRES.

Récherches sur le vocabulaire des écoliers en Suisse allemande.

I

· l:.'I-nstitut J. •J. Rousseau ayant fait à plusieurs reprises des enqu�tes sur le vocabulaire connu des enfants, je m'en suis in�pirée pour· fa.ire une investigation semblable ·en langue allemande. Le but de L'expérience était d'établir une liste de mots· de difficulté croissante, permettant d'apprécier le déve­

loppement d'enfants de 6 à 14 ans au point de vue de leur vocabulaire.

En composant ma liste de mots, je me suis reportée aux listes expérimentées par l'Institut J. J. Rousseau et j'ai pris

�?tant que-possitile les mêmes mots, ce qui prête à une com­

paraison intéressànte. Bien des changements, cependant, se sont trouvés inqispensables. Le mot le-vr-ier, par exemple, assez difficile en français, aurait été trop facile, traduit par Windhund, et, traduit par Windspiel, aurait eu plusieurs sens.

En outre, j'ai eu soin, en choisissant mes mots, d'en prendre q,ui soient d'un� répanition générale en Suisse allemande, qui sonnent à peu près dé même en dialecte et en allemand (puis­

qu'il f�llait examt!}er des petits de 6 ans qui ne savent pas e�écrt'e l'allemand), qui n'aient pas en dialecte de synonymes qtn: ren�ent le mot âllemand à peu près inconnu, enfin d'éli­

miner les mots dont la connaissance dépend de circonstances extêrieûr.es: milieu _social, métier, endroit, etc. (voir l'article de M. Bov.&1\ Intermédiaire, n°• 34-35, janvier-"'ars r9t6J.

·La technique employée est également celle de l'Institut J. J.

Rousseau.·

RECH:f:RCHES. S:U.R LE VOCABULAIRE

La direction des écoles primaires et secondaires de Glaris avant bien voulu m'autoriser à faire les expériences, j'ai pu e�a!I}iner 20 à 3o enfants de chaque sexe à 6, 8, 10, n et 14 ans soit des enfants ,de 1••, 3m• et Sm• primaire, de 1r• et 3m• se�ondaire. .L"'exame"n a été oral et individuel avec les enfants de 6 à 10 ans, écrit et collectif avec ceux de 12 à

14 ans.

Après quelques essais préliminaires, je suis arrivée à une liste de 42 mots. En tenant compte des répo0ses de l'ensemble des sujets de tous les âges, j'ai établi pour chaque mot, par combien pour:�ent des sujets ,il est connu. Voici les 42 mots rangés ainsi par O(dre de difficulté et par rapport aux garçons:

Sur 100 garçons

•to connu paT 1. Apotheke

2. Flote 3. Geliinder 4. Sorgfalt 5. Palme 6. Geduld 7. Nahrung 8. Münze g. Atem

IO. Zirkel

1 1 � Dammerung

12. Dolch r3. Kerker 14. Wachtel 1 S •. Barometer

16. Scepter 17. beredt 18. Umfang

19. listig

20. lotrecht

21. Plakat

TABLEAU 1.

93 93 90 89 .83'

82 82 82 79 78 69 .-. �7.

. 6S 62 58 58 58 58 57 53 '·

53�- II

Sur 100 garçons

•to connu par 22. Pachter z3; -Lotse 24. Schnepfe'.

25. Orkan 26. Pende!

27. Kleinod 28. Kutte 29. Schabernack 3o. Schnorkel 31. Pirat 32. Krabbe 33. Rebell 34. Ausflucht 35. Brachland 36. Erblasser 37.- nippen 38. Rabatte 39, Nehrung

40. Sprengel 41. Werder • 42. Zeidler

40 42

39 38 38

37 36 35 27 28

24 24

23

22 21 12

9 5

.. 0 0

Le critère pour l'appréciation des réponses a été-formùlé en ces termes par M.- Bovet: -� La réponse prouve-t-elle que l'en­

fant ne connaîtpas Je sens du mot?» Critère que j'ai interprété ainsi: il se peut, r0 que l'enfant n'ait du mot aucune représen-

(9)

66

L'INTERMEDIAIRE DES ÉDUCATEURS

tation (mot totalement inconnu); 2° qu'il en ait une représen­

tàtion fausse qui provient d'un malentendu,' d'une demi­

corinaissance ôu demi-oubli (exemple: Brach/and= ein Korn­

feld; Schabernack = ein Spitzbub; Nelzrimg = éine Meeres­

bucht; Lotse

=

efo kleines Schilf, etc.); 3o enfin qu'il en ait uoe'représentacion vague qui est ou n'est pas encore une con­

naissance du sens du mot (exemple : Krabbe

=

ein· Tier;

Kleïood

=

e,in Gegenstand}. Les deux premières catégories de réponses- ont ét.é classées comme silences et erreurs, la'rroi­

sième coris�itùe la série des réponses deuteuses, le·s plus 'diffi­

ciles à' classer.' 40 Pdur gue le sens du IDQt puissè être consi­

dêré comme ·connu, il faut que l'enfant en ait dans son ésprit une représentation qu'il puisse exprimer de quelque manière.

(M. ClaP,a�ède, dans les tests de Développemen_t et aptitude, a montré-, ç_bmment on peut déclancher la réponse par une q_uestion indirecte:), ;I..a �ompréhension d'un mot peut être gra­

d�ée quant à sa netteté; exemple de réponses reçues: •.

Krabbe:= ein Tier.

» == ein kleines Tier.

i> ,.

·=

ein kleines Meertier.

· » 1.:._ ein kleiner Meerkrebs.

taï réparti les réponses dans les différentes catégories ét8- bhes par M': Bovet dans son article cité plus haut. Certains

�ots ont èté éliminés à cause de circonstances particulières:

par exemple, Barometer, prêtant à des confusions perpét"uelles avec Thermometer'; Scepter, pour avoir éte appris en poésie à

10 ans, puis oublié·'ëhsuite, Umfang, lotrecht, appris en geo­

m:étrie à 10 ans, puis oubliés ensuite. Il faut, en allemand éviter des mots· desèriptifs comme Erblasser, be,-edt etc. ca-/

quoiqu'ils ne les aient'jamais entendus, les enfants ·à ;arti; d'u�

certain âge, peuvent d eux-mêmes en induire le sens.

· Comme il ne s'agit que de garder un nombre suffisant de mots pour examiner chaque âge, j'ai choisi, entre· plusieurs mots également connus, celui qui m'a paru le plus approprié.

L'ordre de l"S:og de�-mots a aussi été établi pour chaque âge et pour _chaque sexe. En comparant ces petites listes d'âge a�ec la liste générale de difficulté croissante, j'ai tâché d'obte­

mr une échelle de mots de plus en plus difficiles et appropriés aux· ·âges différents· celle-ci ne coïncide naturellement pas ex-actement avec les listes d'âge quant à l'or.dre 'de difficulté:

Les- courbes indiquant par combien pour cent des enfants chaque: mot est co-nnu, ont été intéressantes e·n ré,élant Je · mode d'évolution différente des mors.

RECHERCHES SUR LE VOCA.BOLAIRE

JI[

Je suis parvenue ains_i à.une liste de 20 mots, reproduite ici;

les garçons étant partout en av_ance sur les filles je me suis basée sur leur liste. (Voici la list_e des 20 mots, et les pourcen­

tages des mots a travers les âges,.tableau II.) TABLEAU II.

Sur 100 enf.ants de chaque Age il y en ": .qui C(!nnaissent les mots ci-contre : à 6 ans 8 ans 10.ans. 12 ans . 14 ans

1. Flote 78 90 100

2. Apotheke · 70 95 100 3. Palme 35

-

85 ? 97-

4. Nahrung 28 85 100

5. Dolch 14 54 80

6. Kerker 14 r8 94

7. listig 4 91

8. Plakat 14 22 40

9. Orkan Ir

10, Kleinod 25

ll. Kutte 13 37

12. Schabernack 4 28

13. Pirat

-

6

14. Krabbe i 5. Rebell

16. Ausflucht

17. Brachlaod 3

18. nippen 6

19. Rabatte 9

20. Nehrung

De la· liste de 20 mots, il suffit de_ demander:

à 6 ans les 10 premiers mots;

à 8 » 15 »

à 10 » 20 mots;

100 100 1q6 100 100· 90 89 89 83,

77

55 66.

5o

44

- :, 56 27 16 1.6.

à partir de 12 ans on peut négliger les 5 premiers mots.

roo

100 100 100 IOO 100 100 100 100 85 .80 75 80 80 65 5o 80 40 20 25

Je proposerai pour compléter la liste et la rendrè égale en nombre à la liste française,· 5 mots difficiles que j'ai essayés avec quelques sujets: 21. Sprengel. 22. Mime. 23. Marche!.

24. Bracke. 25. Nestor.

(10)

68 L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

IV

Les résultats obtenus, quoique encore sujets à caution, per­

mettent de faire ùn examen rapide du vocabulaire d'un enfant.

Si on prend trois chiffres pour chaque âge, c'est-à-dire si on statue d'après l'expérience décrite ci-dessus, combien de mots 25 ¼, 5o ¼, 75 ¼ des enfants connaissent aux âges différents, on peut, en lui présentant la liste de 20 mots, ranger un enfant suivant ses connaissances dans la moyenne, dans le premier ou le dernier quart des enfants de sa classe d':lge.

.. ... ,. · · • Barême.

·Sùr 20 mots sont connus :

des garçon!

par 1/, . '/,

11,

des fillettes

de 6 ans 8 ans

4 6

2 5

4

10 ans 11 7

7

par 1/, 4 5 9

n 2/, i 4 6

12 ans 14 ans

17 19

{5 {7

10 15

I3 18

iO {6

sr,

4 6 7 12

Je m'arrête à ces premiers résultats que d'autres expériences doÎ\l'ent venir compléter. Je ne voudrais que mentionner très brièvement quelques points intéressants aux.quels, malgré son aridité apparente, l'expérience m'a rendue attentive. D'abord les �onfusions de sons et les associations fausses dont parle M:_ Bovet, m'ont frappée également. Puis il me paraitrait inté­

ressant, non seulement de comparer entre elles les courbes d'évolution des mots, mais de voir comment un même mot se comporte et évolue en français et en allemand;· on pourrait comparer à ce point de vue les mots 3, 4, 5, 8, 9, 13, 14, 17 et r'9. Un autre point mériterait d'être examiné, plus à fond:

c'est la différence qu'il y a entre les deux sexes'. Ce n'est pas seulement l'ordre de difficulté qui est autre pour les garçons et pour les filles; ce qui est surtout frappant, c'est que les garçons sont partout en avance sur les fiJles, surtout à 12 ans. Les expériences ultérieures préciseront ce point.

La longueur de l'expérience a souvent été égayée par des remarques que les enfants faisaient spontanément à propos d'un mot; remarques qui étaient parfois des révélations de leur_ vie -�ociale et intérieure et que je gardais précieusement c_ommè manifestations enfantines.

A. LEUZ!NGF:R•SCHULER.

SUR LE VOCABULAIRE

Il serait -extrêmement intéressant de savoir si les fines recherches de Mme LEUZINGER, en dehors de leur portée pour l'appréciation du vocabulaire des enfants dont l'allemand est la langue maternelle, peuvent être utilisées pour mesurer les connaissances des; enfants .qui apprennent l'allemand comme une· langue. étrangère. Nous· serions très reconnaissants si quelqu'un de nos lecteurs enseignant l'allemand en ,pays de langue française voulait bien utiliser le barème. de Mm•. Leu­

ziiiger avec· ses élèv.ès. de degrés différents et nous communi­

quer ses résultats. ( Rêd.,)

--�---

Cfomri:J.ent jÛgef 'dit voca�·ulaire d'un écolier . L'article de Mm• Leuzinger' nous détermine à publier tout de suite une courte note sur les: recherches relatives au vocabu-

laire d'écoliers de langue française, qui ont inspiré les siennes.

Nous nous en tiendrons pour cette fois au seul barème quan- ,titatif laissant â plus tard les considération� plus détail_lées sur

la façon dont évolue avec l'âge et· 1e sexe la co"mpréheosion des différents mots de notre liste.

Les 25 mots avec lesquels noti's ··avons opéré ont été choisis à la suite d expériences préliminaires auxquels l'lnièrmédiaire a fait allusion (dans sôn n° 34-35).' M.·CLA-l'ARÈDE ·a publi-é la liste de ces 25 mots dans le program-me· d'expériences c0Uec- 1ives proposé à "ia Sodété pédago·gique geoëvoisè (voir son Bulletin, mars 1916, Développement et aptitudes, p. 10-12).

La manière de procédet y était décrite e� ces termes : Le but de cette expérience il'est pas d'explorer la n_âture des définitions données, mais sdi.tle'tnerit 'de :savoir si iel mot est compris ou 110n. La méthode la plus _simple p·our déte.rminer la chose serait de demander aux enfants : « Que sigoifre tel mot ? » Mais l'expérience a niontré que ce pro_èedé ne réussit pas très bien avec les enfants de'. i:noins d_e 8 ou 9 ans·; sou�ent des enfants comprennent fort bien le seôs d'un mot, mais en donnent une mauvaise définition, ou ne savent pas· le définir.

11 est,préférable alors de constater d'un� façon indfrecte -si le·

mot ,est compris ; par exemple_ en posant une question simple impliquant-là compréhension 4µ mot.Je donne 'donc ci-dessous, à côté de'chaque·mpt, une,guestto_o qui Je con.tienne. Lib"erté est' laissée à chaque expérime_nt�tèur .de se servir ou non, -sui­

vant ce qu'il jugera préférable,,de cette liste de questioris.

L'important, c'est que l'on puisse déterminer si, oui ou non, les mots sont" connus des enfan-ts. · · ·

6

(11)

L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

. Pour les enfants plus âgés, disons au-dessus de dix ans, on pourra négliger les cinq premiers mots, certainement- connus de tous. Pour les enfants au-dessous de cet âge, on négUgera Jes cinq derniers,. certainement ignorés.

·Voici cès 25)mots·; on peut les écrire.l'un après l'autre à la planche,-si on le désire ; ou bien simplement les prononcer, en demandant: Qu1est-ce que c'est qu'une maison·? ... un din­

don:? .,r; ·ône affiche? ..• ; etc., en laissant entre chaque· ques­

tion•;le temps pour la réponse par écrit. Dans le cas· où, l'on supposerait que les enfants ont de la peine à. donner ·des défi­

nitions, poser alors les questions placées entre parenthèses.

J?.ir� I\Slb �Hfll.�s 9:':11il,s .n'ont pas _beso�n de; r�c.ri,r.e le. .��t demancfé, m ra question posée, et qu'ils peuvent répondre d une .façon abrègée. en style télégraphique, pour gagner du temps.

Il ·leur suffira de numéroter les reponses, de I à 20, ou de 6 à

25;· suivant' le:cas. Si le mot est ignoré, l'enfant mettra un trait à··côté du numéro.

• � • r %

·J .Maison (Par où entre-t-on dans une m. ?)

2. Tonneau (Que met-on dans les t. ?j 3. Affiche ((?ù voit-on les a.?) 4 .. Palmier (Un p. c'est quoi r) .S. Poignard (Que fait-on avec un p. ?)

6. Frayeur Comment appelle-t-oo aussi la f. ?) 7. Pâture (Quelle est la p. des petits oiseaux?) 8. Calorijëre �A quoi sert un c. ?

9. Cyclon� (Quels sont les effets d'un c. ?)

10. Baiustrade (Où voit-on des b. ?)

II. Colline (Une c., c'est quoi?)

.u';. G_répuscule (Qu'est-ce qui produit le c. ?)

· 13. Pilote (Uo p., c'est quoi?) .\4. Crevette '(Où trouve-t-on les c. ?) 1si· Lévrier (Un 1., c'est quoi?) _i6: Feston (Où voit-on des f. ?) . 17. Paraphe.

18. Trivial.

:,l9. Méandre.

.io. Flibustier.

,,:2j; Palliatif.

·; :2:2 . . Guéret.

:23: Disert.

:24. Prévarfrateur.

25. Portionnaire.

(Ces derniers mots ne s'l!,dressant qu'à des individus capables de définir, il est inutile de les englober dans une question spéciale, et on se bornera à demander: « Qu'est-ce que signifie p., etc.? >1)

_ LIVRES·,NOUVEAUX 71

Nous avons à l'heure act'uell'è réÇli ét dépouillé un peu plus d'un millier de réponses': 56<�-:de sujets mascu�ins, ?03 de fil­

lettes et de ·re·mmes, de 8 ans et l!U·dessus. Mlle Agnès Franck­

lyn s'esi"-chargée de la p)'iisi1tranâê pa.rtie du dëpouillement.

Nous avons insérit séparément les sile+tus et··Ics erreurs.

Dans l'appréèiatio.n fde-c�,derniè-res; nousT.a,vons fait preuve d'une grande indulgence .. A la prati;qµe,.,nous avons tro.uvé q�e la seule .manièré d'éviter des. jugem�pts arbiu:aires était de nous demander à ·propos de chl\que. -réponse: Prov.ve-t-elle que:-le. �ujet ne- conriaît pas le -mot J r auquel ca.s noU$-marquions une erreMr. :, 11; :;-...- �;:,; ·· ; .: :· · , ·:. • -�

Le·barême suivant .donnè, .suivant aotte ,pro'-sédé habituel, le barême des mots connus (en soustrayant dans ·.chaque .c.as du total de 25 la somme des,silences et, des erreurs). Quoique ces chiffres ne puissent être eonsidérés,que.cbmme provisoires puisqu'ils ne résume_}.l.t.P,our .. çhaqu,e ;âg� et chaque sexe (no­

ta�meot _au-dessus ç.è i4'ans) qu'�Îl11petit,noçnbre de réponses, on' remarquera leur grand�. régularité, �t comment se vérifie d'un'î,out à l'autre pr,esque san_s· exçepti9n la supéri�rité 4.es garçons sur les filleitf!:S. qu'établissent aussi les recherches de

Mme Leuzioger. P. BovET.

Barbne.

De nos 25 mots, sont conn�s·:

des garçons de' 8 9 10 II 1:2

par 1/4 12 r5 16 17 17

par 'l, 9 10 t.2 i4 15 par 2/, 7 4 8 9 11

des filles par 1/•

par '/, par 3/ •

10 14 r6 16 17

8 tt t3 {3 t4 5 6 7. 9 9.. ! '. 1, i '� ;'. . :

LIVRES NOUVEAUX,:

13 18

15 l :2 '17 10 t4 -

,14 15 16 el aa-deans 19 :20 23

16 18 20

II 15 19

18 19 21

t5 t6. t9

l 1 13 14

Marthe Dit. MAD;Y-HE�,.-Z�LT. L;ampur' maternel. Son ori­

gine, son évolution. Laus;ipne, Payot, 1918. 378 p. in-r6, 5 fr.

- Ce livre attirera et retiendra des lecteurs variés. Par son sujet il ca,ptivera J10n seuie.qi:en�-tQutes les mères, mais tous ceux qui ont êprouvé l'amour d'une mère, par sa méthode.il intéressera les. savants, pai; ses conclusions il plaira aux. cœurs gênêreux. L'ab.ondance ii'eS:'(ait� 'rii�semblés, ·�scutês et �lass�s, la perspicacité d� !'analyse exempte de tout sentimentalisme mièvre comme de toute affeFtation �e cynisme, le grand sou.file humain qui en inspire les conclusions font à bien des égards

Références

Documents relatifs

maines, on est tenté de prolonger la durée des études ; mais c'est raccourcir la période d'activité intense pour chaque individu. Dans l'incapacité où nous sommes de

ques. Pour comprendre la langue, il faut la considérer non pas en-elle-même, mais en fonction des besoins physiologiques; spirituels et sociaux qu'elle a dû constamment

Nous avons complètement atteint, grâce à eux, notre idéal d'enseignement mutuel ; le cours ex cathedra s'est transformé en entretiens, les exercices pratiques ont pu

Cependant les débiles sont et resteront toujours des diminués de l'intelligence, souvent aussi du caractère et de la vie physique; leurs tares subsistent, et

que dire que cette façon de voir les choses est exacte. Une machine peut être dirigée par un enfant parce qu'elle travaille de la matière brute; elle prend la pièce de

mier plan du travail scolaire, rien d'étonnant donc que celui qui est en retard pour la lectUre soit en retard pour ses études, puisque, dans ce régime, la

Les professions choisies par les enfants de 13 an� et au-dessus en les comparant à la distribution des professions dans Je milieu dans lequel ils vivent (tableau

à cette vie et quand nous nous rendons compte que c est dans la mesure 'où nous s-aurons former des individus meilleurs que nous favoriserooi. Et cela est bon. Car ainsi