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L'Intermédiaire des Educateurs - Juillet 1914

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Journal

Reference

L'Intermédiaire des Educateurs - Juillet 1914

BOVET, Pierre (Ed.)

Abstract

Revue éditée par l'Institut J.-J. Rousseau / Ecole des sciences de l'Education de 1912 à 1920.

A fusionné avec L'Educateur.

BOVET, Pierre (Ed.). L'Intermédiaire des Educateurs - Juillet 1914. L'Intermédiaire des éducateurs, 1914, vol. 2, no. 20, p. 145-159

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:128139

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1 .

./lulcrmédlair� des l!..'ducatcurs, no 20, HJ14.

L'Interm-édiaire des Éducateurs

2e ANNEE - N° 20 - JUILLET r9 r4

NOS AMIS:

M. le nr Paul Dubois.

Un congrès international de neurologie, de psy­

chiatrie et de psychologie se réunira à Berne du 7 au I 2 septembre de cette année sous la présidence de M.

le Dr P. Dubois.

Le programme très riche de ces assises est bien

caractéristique de l'intérêt que les médecins panent à la psychologie et, à travers la psychologie, à tous les problèmes de l'éducation. Parmi les .sept rappons qui seront présentés par la section de psychologie, il y en a trois en effet qui ressortissent à la psychologie appliquée : Le professeur G. C. Ferrari, d'Imola, par­

lera de l'éducation des jeunes délinquants. Le J)r van Wayenburg, d'Amsterdam, et notre collaborateür M. Ad. Ferrière, de la psychologie à l'école; le profes­

seur Ziehen, le Dr Simon et notre co'tlègue Mlle Des­

cœudres, des tests de l'intelligence.

Sans doute ce souci d'un congrès de médecine pour les questions qui touchent à la pédagogie est un signe des temps, mais il est bien permis aussi d'éta­

blir un rapprochement entre cette préoccupation et celles qui se sont manifestées tout le long de la belle carrière de l'organisateur et du président de ce con­

grès, M. le Dr Dubois.

M. Dubois s'est d'abord consacré à la médecine interne. On lui doit des recherches sur l'action phy-

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L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

siologique des courants électriques, particulièrement des décharges de condensateurs chargés à la pile.

Mais à partir du moment où, appelé à donner ses soins à des« névrosés)), il a reconnu le rôle immense que le moral joue dans la genèse de ces états patho­

logiques, le Dr Dubois est avant tout un éducateur.

Les principes de sa psychothérapie rationnelle sont trop connus pour q1,1'il y ait lieu de les exposer ici.

Laissant de côté comme artificiels et dangereux pour des sujets qui sont déjà victimes de leurs autosugges­

tions, l'hypnose et la suggestion proprement dite, le praticien de Berne s'efforce de surpendre chez ses malades des jugements de valeur défectueux et de les corriger par une dialectique qui vise à agir sur les sentiments par le moyen de l'intellect.

Il a lui-même rapproché ses procédés de ceux de Socrate et, comme le sage d'Athènes, il a abouti à donner à ses nombreux disciples des conseils sur l'éducation de soi-même.

Le Dr Dubois, comme on sait, base son « ortho- pédie psychique » sur une conception moniste et déterministe de l'homme et de l'univers, mais des tenants très fidèles des religions positives ont à maintes reprises recommandé des livres dont on ne saurait manquer d'apprécier la tonicité bienfaisante.

M. Paul Dubois est né à La Chaux-de-Fonds le 28 novem­

bre 1848, mais c'est à Genève qu'il a fait ses hnmani-tés et ses premières études de sciences physiques et naturelles, de 1860 a 1870. Il se rend à Berne pour ses études de médecine et dès lors, à part un séjour à Paris, il reste attaché à l'Université de cette ville comme privat-docent de médecine interne, chargé

des cours d'auscultation et de diagnostic médical, puis comme professeur de neuropathologie.

NOS ENQUÊTES

Bibliographie.

�es �rticles du Dr Dubois, même ceux relatifs à la psycho­

�h�rap1e sont trop nombreux pour que nous puissions les citer 1c'.. Nous donnons l�s titres des livres seulement: Les psycho­

nevroses et leur traitement moral, Paris, Masson; -L'éducJJ­

tion de soi-même. Ibid. - L'influence de l'esprit sur le corps.

Berne, Francke. -Raison et sentiment. Ibid.

NOS ENQUÊTES:

Recherches sur l'imagination.

L'imagination est l'une des plus importantes acti­

vités intellectuelles. Non seulement elle crée mais

'

c'est elle qui donne à l'observation et à la réflexion l'originalité de la forme verbale qui frappe, retient l'esprit et charme. C'est elle encore qui permet à l'homme de science de faire les rapprochements ingé­

nieux, les hypothèses et les associations géniales qui permettent les découvertes.

Il serait utile tout d'abord de déterminer les carac­

tères des produits de l'imagination. On pourrait ana­

lyser ensuite l'imagination elle-même.

Quelle forme a cette activité intellectuelle? Quels sont les rapprochements ou les dissociations qui la créent? Quelles sont les lois qui régissent son déve­

loppement? Quels facteurs déterminent ses qualités d'abondance, de rapidité, d'originalité, etc.? Toutes ces questions ont été fort peu étudiées et pourtant leur connaissance apporterait quelques clartés pré­

cieuses à la psychologie et pourrait rendre également des services à la pédagogie en ce qui concerne parti­

culièrement l'enseignement de la rédaction, car il est

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L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

infiniment plus facile d'acquérir une activité ou de la faire acquérir à d'autres, lorsqu'on en a compris clai­

rement le mécanisme.

L'imagination offre un champ d'étude assez com­

plexe et mal défini. Lorsque nous avons voulu, au cours de cette dernière année de travail, poursuivre, à 1 'Lnstitut Jean-Jacques Rousseau, quelques recherches sur l'imagination, nous nous sommes aperçus qu'il fallait beaucoup limiter notre étude. C'est pourquoi nous avons choisi l'imagination verbale. Ces recher-. ches n'étaient d'ailleurs que préliminaires. Il s'agissait de se rendre compte des différences individuelles qui existent dans l'imagination, d'analyser les causes de ces différences et d'établir un point de comparaison qui permette de les mesurer d'une façon plus ou moins objective. MUe Zimchovitch, élève de l'Institut, a recueilli à cet effet, parmi les tests pour l'étude dè l'imag,ination, proposés par divers psychologues, u:rue série de cinq expériences qui nous paraissaient le mieux appropriées à nos recherches. Nous donnerons un peu plus loin la technique exacte de ces expérien­

ces qui furent faites par la plupart des élèves de l'Ins­

titut. Mais nous pouvons faire remarquer tout d'abord qu'au dépouillement ces expériences démontrèrent que l'imagination des adultes examinés est, à un très petit nombre d'exceptions près, médiocre et d'une grande banalité, tandis que celle des fillettes égale­

ment examinées, s'affirme beaucoup plus abondante et plus originale. C'est là une constatation qui n'est, certes, pas nouvelle, mais en comparant les résultats d'expériences semblables, faites par des adultes et des

NOS ENQUÊTES

enfants, on pourrait trouver les raisons qui donnent à l'imagination de l'enfant cette richesse et cette supé­

riorité.

En ce qui concerne nos expériences, nous ne pou­

vons guère considérer les remarques que nous avons pu faire que comme des hypothèses. Le nombre de nos sujets était en effet assez restreint, en outre plu­

sieurs d'entre eux étaient étrangers, et il est bien possible que la difficulté de la langue ait paralysé leur imagination. Mais nous avons pensé que les lec­

teurs de l'intermédiaire collaboreraient volontiers à notre recherche et nous fourniraient les documents qui pourraient donner à nos constatations quelque certitude.

Lorsque nous aurons dépouillé et étudié des docu­

.lJlents suffisants que l'on voudra bien nous fournir, nous ferons part ici même des résultats. Nous le ferons d'une façon aussi complète et détaillée que possible afin que chacun puisse se rendre compte de la méthode à employer pour apprécier et étudier l'imagination.

Mais aujourd'hui nous laisserons absolument de côté tout ce qui n'est pas l'expérience elle-même, afin qu'aucune indication ne puisse influencer les réponses que nous recevrons.

Les expériences peuvent être faites par des adultes et par des enfants; elles peuvent être faites individuel­

lement ou collectivement ; en classe elles peuvent servir d'exercice de rédaction.

Lorsqu'on les fait collectivement, elles prennent

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I 50 L'INTERMÉDIAIRE-_ DES ÉDUCATEURS

i'allure d'un jeu et l'intérêt des sujets est stimulé,- ce qui est infiniment préférable. On peut parfaitement prendre part à l'expérience, même si l'on en connaît la technique, et je ferai remarquer à ce propos que l'on comprend infiniment mieux une expérience que l'on a faite soi-même.

PREMIÈRE EXPÉRIENCE. - Histoire 11raie et histoire fausse. - Il s'agit de raconter deux anecdotes, l'une vraie : le récit d'un événement auquel vous avez assisté; et l'autre fausse : que vous inventez de toutes pièces. Il faudra les raconter de telle façon qu'on ne puisse reconnaître la vraie de la fausse.

Plusieurs fillettes ont cru, dans les expériences pré­

liminaires que nous avons faites, que l'histoire vraie pouvait être un fait historique, ou le récit d'un événe­

ment déjà entendu raconter par un témoin. Mais de tels récits perdent souvent les caractères des rédactions d'événements vécus. Il faut donc les éviter.

En dehors de cette prescription, les sujets des récits peuvent être choisis absolument librement, et l'on peut commencer indifféremment par l'histoire vraie ou par l'histoire fausse à condition, bien entendu, qu'aucune indication ne souligne ce choix.

Dans quelques classes les enfants se sont contentés des explications que nous leur donnions. Dans d'au­

tres, les sujets auraient voulu avoir des indications complémentaires. Il ne faut en donner aucune, mais dire simplement, en insistant, que les récits peuvent avoir toutes les formes que l'on voudra.

Pour chaque expérience, indiquer en haut de la feuille, la date, le nom et l'âge des enfants.

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NOS ENQUÊTES

Lorsque· les sujets auront remis leurs feuilles, on les priera de notifier sur un petit papier laquelle des deux histoires est la fausse.

Les personnes qui voudraient bien collaborer à cette expérience et la faire faire, mettront ces billets sous enveloppe. Elles auront également l'obligeance de nous donner quelques indications sur les conditions d'expérience, selon qu'elle aura été faite collective­

ment ou individuellement. Il serait très précieux de savoir, toutes les fois qu'il sera possible, le temps employé pour la rédaction.

DEUXIÈME EXPÉRIENCE. - Interprétation, des taches d'encre. - Les huit taches d'encre qui se trouvent sur la feuille ci-incluse seront présent.ées, l'une après . · l'autre, aux sujets d'expérience. Il s'agira pour eux d'interpréter les formes de ces taches d'encre, tout comme les enfants interprètent, par exemple, pour s'amuser, la forme des nuages, ou celle des flammes dans la cheminée.

Comme dans l'expérience précédente, certains sujets réclameront des explications plus précises ; mais les questions qu'ils posent peuvent influencer les autres sujets ou servir d'indication. Il est donc important de les éviter en priant les sujets de faire leur interpréta­

tion à leur gré, sans demander aucune autre explica­

tion.

TROISIÈME EXPÉRIENCE. - Faire une histoire avec certains éléments donnés. - On fait écrire sous dictée ou l'on inscrit au tableau noir les mots suivants :

Maison prit feu ... enfant seul ... singe intelligent ...

parents reconnaissants ... récompense.

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L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

Ces mots devront se retrouver dans l'histoire que les sujet� imagineront. Mais ils devront s'y retrouver dans lèur ordre de groupement, c'est-à-dire que l'on ne pourra pas sépar:er, par exemple, enfant de seul ni parents de reconnaissants.

Ce sera, du reste, la seule consigne à observer pour cette expérience durant laquelle les sujets s'abstien­

dront également de demander aucune autre expli­

cation.

L'expérience permettra de se rendre compte de l'activité indépen_dante de l'imagination. Certaines imaginations se subordonnent aux éléments imposés, d'autres subordonnent les éléments à leur activité p�opre. Il est donc indispensable de laisser toute la latitude désirable aux sujets afin que chacun d'eux puisse montrer, autant que possible, la qualité de son imagination.

Les questions et les réflexions faites après coup par plusieurs sujets nous ont montré gue cette grande liberté était une gêne pour les imaginations pauvres ou les esprits particulièrement précis. Il sera donc nécessaire d'expliquer, avant le commencement de l'expérience, qu'il s'agit d'un exercice d'imagination que chacun doit, par conséquent, concevoir à sa manière.

QUATRIÈME EXPÉRIENCE. -Faire trois phrases dans lesquelles se retrouvent deux mots indiqués. - Dans chacune des trois phrases différentes que l'on demande au sujet, les deux mots indiqués devront se retrouver, pris dans le sens qu'il conviendra aux élèves de leur donner. Voici la série de ces mots.

NOS ENQUÊTES

I • éclair - tour.

2. arbre - givre.

3. château - rocher.

4. bateau - brouillard.

5. enfant - obscurité.

6. matin - voix.

7. chant - char.

8. amitié - dîner.

g. cri - neige.

Lorsque les trois phrases d'un des couples de mots:.

seront achevées, on passera au couple suivant.

Dans les exercices préliminaires quelques enfants.

nous ont donné par erreur trois phrases pour chacun des mots. Il est donc utile de répéter que les deux mots indiqués doivent se trouver ensemble dans cha­

cune des trois phrases.

Les sujets ne doivent, cela va sans dire, poser aucune question sur le sens différent que peuvent avoir les mots, car chacune de leurs questions serait, pour tous les sujets présents, une indication qui fausserait la valeur de l'expérience.

CINQUIÈME EXPÉRIENCE. - Terminer une , histoire·

commencée. - Les sujets devront donner la fin qui leur plaira à l'histoire suivante qui leur sera lue distinctement et avec expression.

Par un soir d'automne, dans une rue déserte, un mendiant en haillons demandait l'aumône, d'un geste muet, à un passant.

Celui-ci, un homme richement vêtu, d'un aspect froid et orgueilleux, allait passer sans répondre. Mais quelque chose dans le geste du mendiant l'avait frappé et d'un coup d'œil pénétrant il scruta le visage émacié. Tout à coup il pâlit. H . venait de reconnaître les traits restés nobles e t purs, malgré la,

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154 L'INTERMEDIAIRE DES ÉDUCATEURS

misère, de son ami d'enfance, le seul ami qu'il ait jamais eu·

Il l'appela par son nom ...

Comme il serait fastidieux de dépouiller des romans feuilletons entiers, il sera bon de limiter à une demi-heure le temps qui doit être consacré à la rêdaction de cette fin d'histoire.

Les enfants qui nous ont servi de sujets pour cette série d'expériences, ont tous montré un intérêt très vif et même un certain enthousiasme pour les exercices qui leur étaient proposés. Ils ont évidemment répondu du mieux qu'ils pouvaient.

Les adultes n'ont montré ni le même intérêt, ni la même bonne volonté. La plupart d'entre eux ont bâclé l'expérience avec le désir d'en être débarrassés au plus vite. Presque tous se sont plaints de la diffi­

culté qu'ils avaient à trouver une idée, et pourtant il semble bien qu'ils aient généralement pris, sans chercher mieux, la première idée qui leur venait à l'esprit 1• C'est, sans nul doute, la différence dans l'in­

tensité de l'intérêt qui explique cette autre différence de qualité et d'originalité qui existe entre les travaux·

d'adultes et les travaux J'enfants telle que nous la . signalions au début de cet article. La spontanéité de l'intérêt des enfants pour de telles expériences peut-elle s'expliquer, à son tour, par l'entraînement méthodique auquel les soumet leurs travaux scolaires -qui ressemblent quelque peu aux expériences dont il est question? C'est très probable. Mais il semble surtout que l'imagination de l'enfant est naturellement plus active, que sa pensée est moins coordonnée, moins

1 Les adultes qui voudront bien prendre part aux expêriences sont .priés d'indiquer s'ils ont trouvé à les faire un certain intérêt, ou si, au contraire, ils n'ont éprouvé que de l'ennui et une certaine difficulté.

TRAVAUX SCOLAIRES 155 enchaînée, moins limitée surtout par toutes les consi­

dérations, nécessaires parfois, et parfois inutiles, qui encombrent nos cerveaux d'adultes, circonspects et rassis.

- Les pédagogues pourraient utilement profiter de l'activité spontanée de l'imagination enfantine en donnant à leurs élèves, comme exercices de rédaction.

,

un grand nombre d'exercices d'imagination.

Ces exercices auraient non seulement l'avantage de plaire aux enfants, mais ils permettraient encore d'éduquer leur imagination en soulignant par des exemples pris dans leurs copies, le manque de sens critique, le goût de l'invraisemblance, l'exubérance parfois désordonnée, et aussi tout ce qui est particu­

lièrement vivant et riche d'ingéniosité.

C'est cette étude que nous comptons pouvoir faire avec les travaux que nos lecteurs et nos amis voudront

bien nous envoyer. A. GIRouo.

Prière d'envoyer les documents avant la fin de l'année à A. Giroud. Institut J..J. Rousseau. Taconnerie, 5, Genève .

A propos de l'appréciation des travaux scolaires.

- M. MAc CoNNEL nous signale la place que tient à l'heure actuelle dans les livres et les revues publiés aux Etats-Unis le souci d'une mesure objective du travail scolaire. En général, à vrai dire, on ne part pas des notes telles que les professeurs les donnent cou­

ramment aujourd'hui, mais l'on cherche urie notation

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L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATEURS

objective des travaux qui puisse être proposée aux professeurs.

Il faut citer en première ligne les recherches de THORNDIKE :

Voir, sur ces travaux de THORNDIKE, certains chapitres de ses ouvrages : Education (1912), ch. X: Means of Measuring Education and Products. -Educational Psychology, tome II (1910). Ch. II, Measurement of Individual Differences, Tome III (1913). Ch. VII et VIII, The Problems of Individual Diffe­

rences. - Princip les of Teaching ( 1911 ), ch. XVI. The Scien­

tific Study of Teaching.

Elles reposent sur ce principe que des différences qui. apparaissent à une même proportion de juges peuvent être considérées comme égales entre elles (pourvu qu'il n'y ait pas unanimité). Thorndike choisit donc des échantillons de dessins, d'écritures ou de compositions d'enfants, il demande à un grand nom­

bre de personnes compétentes (une centaine p. ex.)de les classer. Le plus ou moins grand nombre des ver­

dicts qui déclarent un travail supérieur à un autre, permet d'attribuer à chacun une note et de constituer une échelle, à laquelle on peut dorénavant comparer d'autres travaux, quelle que soit leur provenance.

Les recherches préliminaires sont longues, mais elles sont faites une fois pour toutes et Thorndike estime qu'i( y a là un moyen efficace d'apprécier très objectivement la valeur d'un travail de débutant.

Du même auteur, deux monographies proposant une échelle objective pour l'écriture et le dessin, Handwriting, Teachers College Record XI, 1910. The Measurement of Achievements in Drawing, ibid., XIV, r9r3. - La même méthode a été appli­

quée à la composition : H1u.EGAS, A Scale for the Measure­

ment of Quality in English Composition, ibid. XIII, 1912.

CHRONIQUE DE L'INSTITUT

1�7

En fait d'articles, les suivants touchent par quelque côté au sujet discuté:

Journal of Educaùonal Psychology : 1913. STARCH, Measu­

rement of Hand)IJriting. - 19 r4. BucKrNGHAM, Courtis' tests in the Schools of New-York City.

Educ�tional R�view: 1912. J. S. TAYLOR. Measurement of Educatzonal Efficie11cy. - 1913. Mura, Hi>w to determine Nor­

mal Progress i11 Schools.

- Nous avons entrepris à l'Institut une recherche sur ·Ie fr(!nçais des ètranKers qui nous a été inspirée par les échelles ae Thorndike. Elle doit nous fournir, entre autres choses une occasion d'examiner de près la valeur et les limites de �ette méthode. _Ceux de nos_ lecteurs que le sujet intéresserait et qui acceptera1ent de foncuonner comme juges voudront·bien nous

le faire savoir. p, B.

QUESTIONS ET RÉPONSES:

Réponses.

30. HISTOIRE DES INVENTIONS. - On peut recom­

mander

A. THOMAS. Histoire anecdotique du travail. Paris, r 5, rue de Cluny. - Pierre BRIZON. Histoire du travail et des tra­

v�illeurs. Paris, Dela�rave. - M. GuÉCHOT. Par l'effort.

Livre de lecture. Pans, Hachette, 1909. - Ch. DELON.

La·_maison flottante (histoire des moyens de navigation).

Pans, Hachette, r888 (épuisé). Th. MATTHEY.

CHRONIQUE DE L'INSTITUT:

Un voyage comme celui que nous fîmes du 2.5 au 3o juin ne se ,:aco�te pas, ou plut?t il faut, pour que le récit en soit c� qu 11 doit être, l encre lithographique qui permet d'appeler l'image au secours des mots, et l'intimité d'une soirée familière p�mr �avourer en commun des souvenirs aussi charmants. Un histonographe parfait s'�tait révélé l'an dernier pour narrer notre geste de Chamonix,· recommencera-t-il cette fois? - Bornons-nous à dire que certe excursion, où nous étions 4o, et

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L'INTERMEDIAIRE DES EDUCATl _;

qui nous mena, points culminants, à la Gemmi, à la Petite Scheidegg et au Mannlichen, se fit par un temps merveilleux et que la reconnaissance de tous est acquise à un chef de cour$e comme on n en voit pas deux.

Depuis, on a beaucoup travaillé encore pour terminer es recherch.es commencées. Le 2 juillet Mlle Granvogel et l'Ecole normale d'institutrices de Grenoble nous ont honoré de leur visite, elles ont pris part aux débuts d'une expérience sur le

� sens de la langue française». Puis ç'ont étê les fêtes du Cen­

te.naire et le spectacle historique, où se sont manifestés en artistes de premier ordre des hommes que les élèves de l'Jns · titut connaissaient tous déjà comme des maîtres et des éduca­

teurs : MM. Jaques-Dalcroze, Weber-Bauler, Alb. Malsch, Baud-Bovy.

Une dernière rencontre le mardi 7, et puis la dispersion, toujours mélancolique, assombrie par la perte que nous venions de faire.

On trouvera encarté dans ce numéro notre programme de l'hiver prochain. On y notera quelques innovations, notam­

ment un essai de cours d'extension qui nous ont été demandés de plusieurs côtés et un cours de dressage, frayant la voie à la "pédagogie comparée» de M. Harbet-Souplet.

Nous avons aussi le plaisir d'annoncer qu'à partir de l'au­

romne, la direction de notre Maison des Petits sera confiée à Mlle AUDEMARs, qui se consacrera entièrement à notre Institut', pour y guider dans leurs études théoriques et pratiques celles de nos élèves qui aspirent à se vouer spécialement a l'éducation des tout petits. La riche expérience de Mlle Audemars nous garantit que l'on fera de hon ouvrage dans la section de notre Ecole dont elle prendra la direction.

L'Anrtée pédagogique fondée par MM. Cellérier et Dugas, et dont le tome lII sort de presse, paraîtra à partir de 1915 par les soins de l'Institut J .-J. Rousseau. Ce sera pour nous un·

surcroît de besogne, sans doute, mais nous pensons qu'élèves et professeurs trouveront· dans ce travail fait en commun un nouvel intérêt. Notre intention est de diminuer l'épaisseur et le prix du volume et de faire la place aussi grande que pos�ible aux revues générales,_ mais pour le reste nous ne saurions faire mieux que de nous inspirer de l'exemple des fondateurs de !'Année.

Le semestre d'hiver commencera le 1 5 octobre. Le prochain numéro de !'Intermédiaire paraîtra vers ce moment-là.

----.\iADAME M. DE MADAY 159

t

Madame M. de Maday.

La mort, qui avait à plusieurs reprises déjà passé si près de nous cette année, vient d'atteindre directe­

ment notre Institut en la personne d'un de ses pro-·

fesseurs. Madame MARTHE DE MADAY née Hentze-lt est décédée à Neuchâtel le 6 juillet, dans sa trente-deu­

xième année à la suite d'une longue et pénible maladie.

Nous perdons en elle une amie de la première heure. Avant même que notre Ecole fût ouverte, elle s'était inscrite avec M. de Maday parmi les mem­

bres de la Société anonyme qui devait en permettre la réalisation.

Ensuite elle nous avait généreusement apporté le concours de son expérience et de sa science en nous donnant, en novembre 1912, une série de leçons: Les enquêtes sociales sur l'enfance. Elle était revenue à la fin de l'année scolaire pour étudier avec ses élèves les matériaux recueillis.

Cette année elle avait désiré élargir le cadre de son enseignement, et c'est sous le titre de Sociologie péda­

gogique que nous avions annoncé un cours que, hélas.

la maladie qui devait l'emporter l'empêchà de venir nous donner.

Pour caractériser cette femme d'élite il faudrait parler et de son intelligence déliée et hardie, et de son cœur largement ouvert à toutes les grandes aspira­

tions. Nous avions pu admirer aussi en elle les qua­

lités d'enthousiasme et de ténacité qui font les entraî­

neurs d'hommes : elle était le professeur gui donne à ses élèves le goût et l'ambition du travail personnel, . du corps à corps avec les faits qu'il faut recueillir patiemment avant de chercher à classer et à expliquer.

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IIIme ANNÉE No �, !i!!8, d'..vrü Mai x·91:5

des.

Éducateurs

·publié par

L'Ecole des Sèiérices de l'Education

(Institut J.-J. Rouss·eau)

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(Pour in�tit�tèurs · ·: ·Sµi_sse

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· . Ce Numéro : 80 cent.

, Rédaction; M. Pierre BQ VET -_, " 5; Plact d� lâ Taconntric� 5

GENÈVE·'"-.·

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