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Texte intégral

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Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Orban, R. (1979). Ostéométrie comparée de l'os coxal chez les anthropomorphes (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.

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(2)

'3) m

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DES SCIENCES

LABORATDIRE D'ANTHROPOLOGIE ET DE GENETIQUE HUMAINE

OSTEOMETRIE COMPAREE DE L OS COXAL CHEZ LES ANTHROPOMORPHES .

Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Sciences

Rosine SEGEBARTH-ORBAN

Février 1979

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LABDRATDIRE D'ANTHRDPOLDGIE ET DE GENETIQUE HUMAINE

OSTEOMETRIE COMPAREE DE L OS COXAL CHEZ LES ANTHROPOMORPHES .

Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Sciences

Rosine SEGEBARTH-ORBAN

Février 1979

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A Christoph, Nicolas et Ingrid.

(5)

Je suis heureuse de pouvoir exprimer ici ma très vive gratitude à Monsieur le Professeur F. Twiesselmann qui est le promoteur et le guide de cette recherche.

Mes remerciements vont également à Madame Defrise-Gussenhoven pour ses précieux conseils sur le plan statistique et à Monsieur le Professeur C. Susanne pour l'aide apportée dans la réalisation finale de ce travail.

J'adresse aussi ma reconnaissance à tous ceux qui m'ont ouvert les portes de leurs collections : Monsieur A. Leguebe de l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, Messieurs les Professeurs M. Poil et Thijs van den Audenaerde du Musée Royal de l'Afrique Centrale à Tervuren,

Monsieur le Professeur Biegert de l'"Anthropologisches Institut der Univer- sitSt ZCJrich", Monsieur le Professeur G. Olivier du Laboratoire d'Anthro- pologie biologique (Paris VII), Mrs. P. Napier du British Muséum et le

Docteur Timperman du "laboratorium voor Gerechtelijke Geneeskunde" (Gent).

Merci à Roland Hciuspie qui m'a initiée à la programmation avec beaucoup de patience et à Nicole Van Mol pour la mise au net des graphiques.

Enfin, je remercie Monsieur A. De Haibe et les membres du

personnel de l'Institut des Sciences Naturelles pour les innombrables services qu'ils m'ont rendus.

(6)

TABLE DES MATIERES

I. INTRODUCTION p. 1

II. MATERIEL ET METHODES p. 4

II. 1 . Aperçu des méthodes utilisées dans la littérature II. 1 .a. Mesures de distances

II. 1 .b. Indices

II. 1 .c. Mesures d'angles 11.2. Technique de mesure

11.2. a. Définition des points de repère 11.2. b. Technique ; le plan de référence 11.2. c. Mesures classiques

11.3. Liste des échantillons mesurés

11.4. Remarques sur les restes du bassin de l'Eoanthropien Sts 14 II. 5. Méthodes statistiques .

III. DIMORPHISME SEXUEL p. 22

II 1.1. Introduction

III. 1 .a. Quelques mots sur la typologie du bassin

III. 1 .b. Remarques sur la validité des données bibliographiques III .2. Résultats expérimentaux

III. 3. Comparaisons avec les données de la bibliographie 111.4. Estimation du sexe de l'os coxal

111.5. Discussion

IV. RELA.TION DU PLAN DE REFERENCE AVEC LE DETROIT

SUPERIEUR - COMPARAISON ENTRE PAN ET HOMO. p. 37

V. DIMENSIONS DU DETROIT SUPERIEUR V. 1 . Résultats expérimentaux

p. 39

(7)

VI. LE TRIANGLE ILIAQUE ET LE TRIANGLE ISCHIO-PUBIEN p. 44 VI. 1 . Ilion

VI .2. Ischio-pubis

VI. 3. Relation entre les angles de l'ilion et de l'ischio-pubis.

VII. ANGLE DE TORSION p. 49

VII. 1. Introduction

VII .2. Résultats expérimentaux VII.3. Discussion

VIII. DIMENSIONS CLASSIQUES DE L'OS COXAL p. 54

IX. L'ECHANCRURE SCIATIQUE p. 57

IX . 1. Introduction

IX .2. Résultats expérimentaux

X. CORRELATIONS AU SEIN DE L'OS COXAL HUMAIN p. 60

XI. SYNTHESE p. 62

XI. 1. Les Hominoidae actuels

XI .2. Comparaison avec l'Eoanthropien Sts 14

XII. APPLICATION DE LA METHODE A 2 AUTRES ORDRES DE p. 66 MAMMIFERES

XII. 1 . Introduction

XII .2. Résultats expérimentaux XII.3. Discussion

XIII. CONCLUSIONS p. 70

BIBLIOGRAPHIE p. I à XIV

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I. INTRODUCTION

1 .

Les variations de la morphologie de l'os coxal sont intimement liées au mode de locomotion et le phénomène est particulièrement frappant lorsque on compare l'Homme, bipède, aux autres Primates. En 1869, Broca, chirurgien et anthropologiste écrivait dans son "Parallèle ana­

tomique de l'homme et des singes" : "Il n'est pas nécessaire d'insister longtemps pour montrer l'étroite connexité qui existe entre la conforma­

tion du bassin et l'attitude ordinaire du corps dans la station ou dans la marche. Chez les quadrupèdes, le bassin ne transmet aux membres

qu'une partie du poids du corps j en outre, il ne supporte pas directement le poids des viscères abdominaux qui sont suspendus au-dessous de la colonne vertébrale. Chez les bipèdes, au contraire, le bassin supporte tout le poids du tronc et de la tête, et en outre, les viscères abdominaux, attirés par la pesanteur reposent directement sur les valves élargies".

Depuis lors, l'ox coxal a fait l'objet de nombreuses études comparatives, tant morphologiques que biométriques.

Topinard, en 1875, fut un des premiers auteurs qui compara l'os coxal des mammifères à l'aide de méthodes anthropométriques. Il fut suivi par Weidenreich (1913), v. d. Broeck (1914), Straus (1929), Waterman (1929), Schultz (1930 et 1936), Washburn (1942), KâUn et Rickenmann (1956), Olivier et Libersa (1954) et Leutenegger (1969) qui ont plus pai—

ticulièrement développé la pelvimétrie comparée au sein des Primates.

En 1947, la découverte à Sterkfontein d'un os coxal d'Australopithèque par Broom et Robinson a donné plus d'acuité encore à l'étude comparée du bassin chez les Anthropoïdes et les Hominidés. Des découvertes d'autres fragments d'os coxaux ont suivi : Swartkrans, 1949 et 1970 ; Makapansgat, 1948 et 1956 ; Kromdraai, 1954 j Hadar, 1974 ; Koobi Fora, 1974-75. Elles ont permis aux chercheurs de mieux cerner les affinités de l'Australopithèque avec les Hominidés d'une part et les Anthropoïdes d'autre part (Dart, 1949 b j Chopra, 1962 j Genet-Varcin,

1969 ; Robinson, 1972 j Zuckerman et al., 1973 j Mac Henry, 1975).

Mais les adaptations du bassin ne sont pas seulement inhérentes au mode de locomotion : elles sont aussi d'ordre sexuel, puisque cette

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de l'étude du bassin qui est lié aux mécanismes obstétricaux chez la

femme. Parmi eux, citons Murphy (1845), Caldwell et Moloy (1933 à 1939), Ince et Young (1940), Nicholson (1946).

Les anthropologues ont poursuivi dans une voie connexe : celle du dimor­

phisme sexuel dans l'espèce humaine (Straus, 1927 ; Washburn, 1948 j Krukierek, 1951 j Genoves, 1958 et Moeschler, 1966). Schultz (1949) fut un des rares auteurs à étendre cette étude à d'autres groupes de Primates.

La plupart des mesures envisagées dans la littérature précitée manque d'homogénéité. Elles expriment la taille d'une partie ou de l'en­

tièreté du bassin. Certains autajrs ne fournissent que des indices.

Quelques uns seulement mesurent des angles ; parmi eux citons Weidenreich, Kâlin et Rickenmann, Chopra, Zuckerman, Mac Henry. Or, l'os coxal,

de forme très tourmentée, est tordu sur lui-même et les angles permettent d'évaluer l'importance de sa torsion et aident à représenter sa forme.

Désirant aborder les problèmes posés par la biométrie comparée du bassin osseux, il nous a semblé que l'essentiel de l'information nécessaire à une comparaison biométrique résidait dans la schématisation suivante de l'os coxal : assimiler l'il ion et l'ischio-pubis à deux triangles et décrire ces triangles ainsi que l'angle qu'ils forment entre eux au niveau de l'acetabulum

Le développement embryologique de la ceinture pelvienne renforce la co­

hérence de ce point de vue, en effet, les premières ébauches mésenchy­

mateuses de l'ilion, de l'ischion et du pubis apparaissent chez l'homme vers la 6ème semaine de la vie embryonnaire et croissent à partir du centre acétabulaire suivant une étoile à 3 branches. Les points d'ossifi­

cation apparaissent secondairement dans les branches et ne se soudent que tardivement, lors de la puberté (G. Olivier, 1962). (cf. Fig. 1).

Au cours de ce travail, nous nous sommes donc essentiellement tenue à cette schématisation.

Après avoir mis au point une méthode de mesure, nous avons d'abord tenté de voir dans quelle mesure les différences interspécifiques sont altérées par le dimorphisme sexuel car le bassin passe pour être une partie du squelette fort marquée par des différences sexuelles. Ce concept

(10)

se trouve dans tous les traités d'anatomie et d'anthropologie : Hrdlicka (1939), Testut et Latarjet (1948), Francis (1952), Martin (1959), Rouvière (1967) pour n'en citer que quelques-uns.

Ensuite, nous avons comparé l'homme et les singes anthropoïdes et situé l'Australopithèque par rapport à ces deux groupes.

Pour terminer, et afin d'élargir notre champ de comparaison, nous avons fait une brève incursion dans d'autres ordres de Mammifères. En effet, la morphologie de l'os coxal est fondamentalement identique chez tous les vertébrés : ainsi que le rappelle Ch. Devillers (1954). "Dès les premiers Tétrapodes, la ceinture pelvienne comporte 3 os convergeant vers un acetabulum latéral et le nombre de ces éléments se conserve remarquablement constant dans tous les vertébrés terrestres sans pré­

senter comme dans la ceinture scapulaire de variation de nombre, ni d'adjonction d'os dermiques".

(11)

II. 1. Aperçu des méthcxies utilisées dans la littérature

11.1 .a. Mesures de distance

La plupart des auteurs mesurent essentiellement des distances entre des points définis préalablement, mais il y a peu de concordance entre les différentes dimensions utilisées.

Considérons d'abord les mesures proposées par le manuel classique d'anthropométrie : celui de R. Martin (1928) : on y trouve 17 mesures de distances pour le bassin (n° 1 à 8, 19, 23 à 30) et 15 mesures de distances pour l'os coxal (n° 9 à 18, 20 à 22, 31 et 32).

Dans le tableau 2 nous avons tenté de faire correspondre les distances de Martin avec celles des principaux auteurs ayant étudié la biométrie com­

parée de l'os iliaque chez les Primates. Il en ressort que seule la distance séparant les deux épines iliaques supérieures est définie identiquement et est utilisée par la plupart des auteurs.

Les longueurs de l'ischion, du pubis et de l'ilion sont souvent reprises mais la définition de la mesure varie d'un auteur à l'autre essen­

tiellement suivant la position du point acétabulaire : F. Weidenreich situe ce point au centre de l'acetabulum, A. Schultz au point de jonction des trois os coxaux, J.T. Robinson sur le bord du sourcil cotyloldien,

S. Genoves sur le bord séparant la surface articulaire de la surface non articulaire (cf . fig. 3). Signalons qu'en 1961, J. Gaillard a fait une étude critique des points cotylofdiens utilisés par Schultz et Genoves.

Il faut aussi parler de la méthode pelvimétrique originale proposée par S. Zuckerman (1973).

Le plan de référence qu'il utilise passe par deux points (1 et 2) situés sur la symphyse pubienne et par un point (3) situé sur la surface auriculaire (cf. schéma 4). Après avoir orienté ce plan horizontalement, il mesure

7 distances en projection et 2 angles qui lui permettent de préciser chez les Primates la position relative de l'articulation coxo-fémorale et des muscles de la région fessière. Ces mesures n'ont pas d'équivalence avec

(12)

5.

les mesures classiques comme nous le montre le schéma 4. Zuckerman mesure une ou plusieurs distances séparant quatre points soit d*un axe cranio-caudal, soit d'une perpendiculaire à cet axe, soit encore d'une parallèle à cet axe. Ses 7 mesures lui permettent de quantifier :

A. la position dorso-ventrale de l'acetabulum, B. la position cranio-dorsale de l'acetabulum,

C. la position dorso-ventrale de la surface auriculaire, D. la séparation relative des articulations sacro-iliaque et

coxo-fémorale,

E. la position crânio-caudale des muscles adducteurs et du jarret, relativement à l'articulation de la hanche,

H. la position dorso-ventrale de l'épine iliaque antéro-supérieure, 1. la position de l'épine iliaque antéro-supérieure relativement

au centre de l'acetabulum.

Les mesures du bassin les plus fréquemment citées sont les diamètres antéro-postérieur et transversal du détroit supérieur. Leur définition ne prête pas à confusion ; d'autre part elles sont également reprises dans la littérature plus spécifiquement obstétricale.

Signalons enfin que la mesure n° 5 de Martin (largeur entre les deux épines iliaques antéro-supérieures) est très rarement utilisée (1) bien qu'elle nous semble particulièrement intéressante car elle correspond à une mesure souvent prise sur le vivant avec une bonne précision : le diamètre bi-épineux (F. Twiesselmann, 1952).

II. 1 .b. In<^ic^_

A partir des mesures de distances, les auteurs calculent fréquemment des indices.

Ainsi, P. Topinard, en 1875, donne déjà les valeurs de l'indice pelvien pour une série de mammifères. Cet indice (Beckene in gangs-Index ou

A. Sharma (1976) reprend cette dimension dans un travail sur la croissance du bassin chez les femmes ir>diennes. C'est une des 6 mesures qui lui permettent de calculer une surface pelvienne.

(

1

)

(13)

Diam. sagittal du détroit supérieur x 100

(

1

)

Diamètre transversal du détroit supérieur

W. Turner introduit en 1885 la classification en détroits dolichopelliques, mésatipelligues ou platypelliques (2) suivant que l'indice pelvien est

supérieur à 95, égal à un intervalle de 95 à 90, ou inférieur à 90.

L'indice pelvien a surtout été mesuré par les obstétriciens (Caldwell et Moloy, 1933 ; Thoms et Greulich, 1940) et les anthropologues s'intéressant au dimorphisme sexuel ou aux différences dans l'espèce humaine (essen­

tiellement les anthropologues de la fin du 19è siècle comme Verneau, Topinard, Turner et, plus tard, Young et Ince, 1940 et S. Krukierek,

1951).

Parmi 10 autres indices cités par Martin notons le "Darmbein-Index" :

qui est assez proche de l'"iliac height-width index" de W.L. Straus (1927) (3).

A. Schultz (1930) calcule 6 indices dont le plus important est l'indice ischio-pubien :

En effet, il a été repris par S. L. Washburn (1948) comme étant une valeur marquée par le dimorphisme sexuel de l'os coxal. Signalons qu'un

largeur de l'il ion x 100 (12) hauteur de la pelle iliaque (10)

longueur du pubis x 100 longueur de l'ischion

(

1

) (

2

)

(3)

On trouve parfois la formule inverse, notamment chez Topinard (1875).

Anthropoïde, gynécolde ou platypelloide d'autres auteurs.

Straus calcule également un indice "interiliaque" : upper iliac height x 100

lower iliac height

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autre indice a été utilisé pour mettre en évidence le sexe d*un bassin : il s'agit de l'indice cotylo-sciatique de Sauter et Privât (1954) utile lorsque les ossements sont endommagés.

Pour tenir compte des considérables différences de taille entre Primates, H.C. Waterman (1929) exprime la longueur de l'ilion en % de la longueur du corps ; W. Leuteneggér (1969), à la suite de A. Schultz (1929), rapporte les longueurs de l'ischion et du pubis à la longueur du tronc.

Enfin, J.T. Robinson (1972) établit 14 indices ou "ratio's" à partir des 13 mesures qu'il envisage.

L'usage des indices est donc couramment adopté et il n'est pas rare de trouver des articles où l'auteur donne la valeur de l'indice seul sans fournir les mesures qui lui ont permis de le calculer.

Il nous semble que ce procédé masque l'information apportée par deux séries de mesures et que les paramètres et les représentations graphiques des séries statistiques doubles apportent bien plus de renseignements

lorsqu'on veut comparer deux ou plusieurs échantillons. C'est pourquoi nous avons préféré utiliser cette méthode pour traiter nos données plutôt que de calculer des indices.

11.1 .c. Mesures d'angles

Quelques auteurs se sont plus particulièrement intéressés aux changements d'orientation des 3 pièces osseuses de l'os coxal en mesurant des angles.

Dès 1888, E. Schmidt définit 3 axes non orthogonaux traversant l'un l'ilion, l'autre l'ischion et le troisième le pubis j et il recommande de mesurer les angles que ces axes forment entre eux.

En 1913, F. Weidenreich précise la manière d'orienter l'os coxal ; le

"planum ischiadicum" (1) doit se trouver dans un plan horizontal ; il pro­

jette ensuite les axes de Schmidt sur un plan de dessin également hori­

zontal et mesure sur le diagramme les angles que ces axes forment entre eux (cf. fig. 5).

Planum ischiadicum = surface presque lisse située sur la sui—

face interne de l'os coxal, à hauteur de la fosse acétabulaire (définition d'après Weidenreich, 1913, p. 501).

(

1

)

(15)

ne donne pas les véritables valeurs de ces angles. C'est pourquoi ils ont imaginé un appareil de mesure permettant de déterminer dans l'espace la position de n'importe quel point situé sur un bassin monté ; à l'aide d'un système de coordonnées à trois axes perpendiculaires, ils ont mesuré les angles réels formés par les axes de Weidenreich (cf. fig. 6). Malheureu­

sement, la description que l'auteur fait de son plan d'orientation est

insuffisante pour reproduire sa méthode. Il y manque une définition précise du point situé sur le sacrum.

En 1958, S.R.K. Chopra décrit un pelvimètre qui permet de mesurer ce qu'il appelle "l'angle de torsion pelvienne" formé par les plans de l'ilion et de l'ischio-pubis ; cet appareil est efficace, mais ne permet d'autres mesures d'angles que si on définit de nouveaux axes de référence et si on modifie chaque fois l'orientation de l'os.

E. Genet-Varcin (1969) mesure l'angle que forme la direction du cotyle avec la plus grande dimension de la pelle iliaque. Les précisions sur la technique font défaut j il nous semble cependant qu'elle mesure des angles en projection.

Citons encore quelques travaux qui contiennent à la fois des mesures d'angles et de distances : Olivier et Libersa (1954) suivent la technique de Weidenreich (1913) qui, rappellons-le, ne donne pas les angles en vraie grandeur ; de son côté, Robinson (1972) adapte les données de Chopra (1961) ; enfin, S. Zuckermann (1973) ajoute à ses 7 mesures de distance (cf. fig. 4) 2 angles exprimant l'inclinaison de l'aile iliaque par rapport à son plan référence.

Signalons que la radiopelvimétrie a été utilisée par J. Wangermez (1968)

"pour mesurer l'inclinaison des diverses portions de l'os coxal entre elles ou par rapport au sacrum et au rachis lombaire" ainsi que par W. H.

Coleman (1969) dans un travail sur la croissance du bassin humain. Dans ces deux travaux, il s'agit une fois de plus d'angles en projection.

(16)

9.

II.2. Technique de mesure

Dans ce travail, nous avons choisi d'examiner isolément l'os coxal : en effet, on trouve moins de bassins entiers dans les collections que d'os coxaux isolés (gauches ou droits) et entre autres, nous ne possé­

dions pas de moulage du bassin de l'Australopithèque Sts 14.

D'autre part, il nous a paru indispensable d'analyser à la fois des mesures d'angles et des distances.

Or, il n'existe pas de méthode satisfaisante pour mesure des angles sur l'os iliaque seul ; en effet :

- la mesure directe des angles sur l'os est rendues très malaisée sinon impossible du fait de sa torsion j

- la plupart des auteurs ne mesurent pas les angles en vraie grandeur mais leur projection sur un plan, ce qui peut donner des résultats très différents ainsi que nous le verrons plus loin au chap. VIII.

- seuls J. Kâlin et S.R.K. Chopra proposent des méthodes permettant de mesurer les véritables valeurs d'angles. Malheureusement, Kâlin a besoin du bassin monté pour orienter l'os, quant à Chopra, son appa­

reillage est difficile à construire et surtout ne permet qu'un nombre limité de mesures d'angles.

C'est pourquoi, nous inspirant de la méthode de Kâlin, basée sur la géométrie descriptive, nous avons imaginé une technique qui per­

met de situer par 3 coordonnées la position de n'importe quel point sur l'os coxal seul. Cette méthode permet non seulement des mesures d'angles, mais aussi des mesures de distances (R. Segebarth-Crban, 1975). Des méthodes analogues ont été mises au point par H.M. Mc Henry (1975) pour mesurer l'angle entre le plan de l'acetabulum et le plan de l'aile iliaque et par R.A. Benfer (1975) pour calculer des angles et des distances sur le crâne.

11.2.a. pé_f^itiorr des points de repère

Les points de repère que nous avons choisis sont les suivants (cfr. fig. 7) :

(17)

A

S

M

EAS EPS EPI EPT ES ECH

AC I

SK

: point auriculaire : intersection de la "linea arcuata” avec le bord antérieur de la facette auriculaire (D.E. Derry, 1923 ; W.L, Straus, 1927 ; Mc Cown & Keith, 1939 j S.R.K. Chopra,

1958).

: symphysion : extrémité supérieure de la symphyse pubienne (Martin, 1928).

: situé au milieu de la "linea arcuata'^ plus précisément à l'intersection de l'axe Y avec la "linea arcuata" ; cf . fig. 9.

(Pour repérer ce point on utilise le compas de coordination dont on place les 2 bras extérieurs sur les points A et S).

: sommet de l'épine iliaque antéro-supérieure.

: sommet de l'épine iliaque postéro-supérieure.

; sommet de l'épine iliaque postéro-inférieure.

: sommet de l'extrémité postérieure de la tubérosité ischiatique.

: sommet de l'épine sciatique.

: point sur le bprd de l'échancrure sciatique, le plus éloigné de la distance EPI-ES.

: centre de la cavité cotylolde (E. Schmidt, 1888).

: ischion : situé à l'intersection de l'axe de l'Ischion avec la surface de la tubérosité ischiatique (J. KSlin, 1953).

: skalenion : intersection de l'axe iliaque de J. Kâlin avec la crête iliaque (cet axe iliaque passe par la projection sur le bord interne du point médian de l'acetabulum et est tangeant à la partie craniale de la Faciès auricularis. J. Kâlin, 1953).

Remarquons que le tracé des axes iliaque et ischiatique est très difficile à reproduire avec précision et que les instructions de l'auteur ne permettent qu'une estimation au jugé.

Les points A, M et S appartiennent au détroit supérieur et sont indispensables pour orienter l'os correctement (cf . p. 11).

Les points EAS, EPS, AC, S et EPT permettent de schématiser l'il ion et l'ischio-pubis par deux plans triangulaires formant entre eux un angle au niveau de la cavité cotylolde, lieu de jonction des trois os prin­

cipaux formant l'os coxal. C'est pourquoi nous décrirons successivement un "plan iliaque", un "plan ischio-pubien" (cf. fig. 8 ) et l'"angle de

(18)

torsion" formé par ces deux plans.

Le plan iliaque (Tf^ passe par les trois points suivants :

- EAS : sommet de l'épine iliaque antéro-supérieure - EPS : sommet de l'épine iliaque postéro-supérieure - AC : centre de la cavité cotylolde.

Le plan ischio-pubien CrCg) passe par les points : - S : Symphysion

- EPT : sommet de l'extrémité postérieure de la tubérosité ischiatique.

- AC : centre de la cavité cotylolde.

Pour mesurer les dimensions de l'échancrure sciatique nous avons utilisé les points : ES, ECH et EPI, qui forment également un triangle.

Enfin, pour comparer nos résultats avec ceux de Kâlin et Rickenmann qui ont utilisé la méthode la plus proche de la nôtre, nous avons considéré leurs 3 axes coxaux (cf. fig. 6)î

axe de l'ischion : AC-I axe de l'il ion : AC-SK axe du pubis : AC-S.

II.2.b. Technique

Vu l'importance du rôle joué par le détroit supérieur lors de la parturition, nous avons choisi comme plan de référence celui qui passe par la ligne innominée. Plus précisément, pour fixer les trois axes coor­

donnés et standardiser l'orientation de l'os dans l'espace (cf. fig. 9), nous avons pris comme plan horizontal le plan de la "linea arcuata" et comme axe des X dans ce plan, la corde qui relie le symphysion S au

"point auriculaire" A (situé à l'intersection de la "linea arcuata" avec le txjrd antérieur de la facette auriculaire). Le milieu de cette corde (O) est l'origine des coordonnées. Le côté positif de l'axe X est dirigé vers le point auriculaire. Par l'origine, et dans le plan de la crête, on élève une perpendiculaire à l'axe X qui sera l'axe Y j le côté positif est dirigé vers l'épine iliaque antéro-supérieure EAS. La perpendiculaire au plan horizontal, issue de l'origine sera l'axe Z ; le côté positif est également

(19)

dirigé vers l'épine iliaque antéro-supérieure.

Les axes de coordonnées ainsi définis, on peut calculer, par exemple, la distance entre deux points A et B à l'aide d'une formule basée sur le calcul vectoriel :

Zg ; et le point C, x^, y^et (cf . fig. 10) :

AB

-VI

^A> -

)]

On peut également obtenir la valeur de l'angle 0 formé par les deux droites B A et CA :

(Xc-XaXXb-Xa> +

COS ô = ■ ■ ■ ■ --- ' -

Nous pouvons aussi calculer l'angle formé par 2 plans iT^ et Tfg» défini comme l'angle formé par les 2 perpendiculaires à ces plans issues d'une même origine :

Xirr^it2 + + 2ir,-2„2

(20)

13.

^7t, = I ■ Û^A-ycp-^^A-^B^ I

Vi = ■ I (>' a ‘’' b ^-<^ a "^ c ’ ■

" t (XA'’'B^-'^A'yC^ • C>‘A‘>‘c5-<yA-yB> t

>Sr2° t(yA-yD^-':^A''E^'‘^A-yE>-':^A‘^D^ 1

V2 = ■ t (^' a -V • C^ a '^ e ^ • C>‘ a -’' e ’ •'^^ a '^ d H

^TT2 = l ':'' a ‘'< d ’ • t-'A^E) ■ <^>“ a -V • ^A-V J

Chacun des points (A, B, C, D, E) a comme coordonnées x, y et z.

Nous avons appliqué cette dernière formule au calcul d'un "angle de torsion"

exprimant la position du plan iliaque par rapport au plan ischio-pubien.

Les points EAS, EPS, AC, S et EPT ont servi à définir ces 2 plans (cf . fig. 8 et 12). Notre angle de torsion est proche de celui de S.R.K.

Chopra (1958). En effet, 3 points ont été choisis communénnent : le sym- physion (S) et les 2 épines iliaques supérieures (EAS et EPS) tandis que nous avons remplacé son point "ilio-pectineal" situé sur la ligne innominée par le centre de la cavité cotyloide (AC), ce qui nous semblait embryolo- giquement plus significatif j nous avons également remplacé son point

"ischial" qui manquait d'une définition précise, par l'extrémité de la tubérosité ischiatique (EPT) ; cf . fig. 12. Remarquons enfin que l'angle de torsion de Chopra est l'angle complémentaire du nôtre, très approxi­

mativement d'ailleurs puisque les méthodes diffèrent entre autres choses par la position de 2 points.

(21)

Pratiquement, la marche à suivre pour prendre les mesures est la suivante (cf. fig. 13) :

1 . Repérer sur l'os coxal les points A, M et S,

2. Fixer l'os coxal sur un statif après avoir amené A, M et S dans un même plan horizontal.

3. Projeter les points choisis sur une feuille de papier : les

coordonnées x et y se mesurent directement sur le diagramme à l'aide d'un calque millimétré.

4. Mesurer la hauteur de chacun de ces points par rapport au plan xy (à l'aide de la règle graduée d'un diagraphe) pour obtenir les coordonnées z.

Les différents angles et distances sont ensuite calculés à l'aide d'un programme d'ordinateur en langage FORTRAN dont l'organigramme se trouve en annexe fig. 14.

Il.2.c. Mesures classiques

Pour pouvoir faire référence à d'autres auteurs, nous avons également repris quelques dimensions classiques de l'os coxal ;

Longueur maximum de l'os coxal ( = hauteur du bassin) : distance entre le point le plus élevé de la crête iliaque et le point le plus bas de la tubérosité ischiatique (compas d'épaisseur) (Martin, n° 1).

Hauteur de l'ilion : distance entre le milieu de l'acetabulum et le point le plus élevé de la crête iliaque. Ce dernier point est déterminé à l'aide de la mesure n° 1 (pied à coulisse) (Martin, n° 9).

Largeur de l'ilion (Martin n° 12) : distance entre l'épine iliaque antéro- supérieure et l'épine Iliaque postéro-supérieure (correspond à la

mesure de longueur que nous appelons EAS-EPS).

Hauteur (ou longueur) de l'ischion (Martin n° 15) : distance entre le milieu de l'acetabulum et le point le plus bas de la tubérosité ischiatique (pied à coulisse).

Longueur du pubis (Martin n° 17) : distance entre le point médian de l'acetabulum et de l'extrémité supérieure de la symphyse pubienne. Cette mesure est identique à notre distance AC-S.

(22)

15

Les dimensions suivantes concernent le bassin ;

Diamètre sagittal du détroit supérieur : distance séparant le symphysion et le point d'intersection du promontoire sacré avec le plan médio-sagittal (pied à coulisse) (Martin n° 23).

Diamètre transversal du détroit supérieur : distance séparant les 2 points les plus latéralement situés, sur les "linea arcuata" gauche et droite, perpendiculairement au diamètre sagittal (pied à coulisse) (Martin 24).

Dans la suite de ce travail, nous utiliserons pour l'os coxal, l'ilion et l'ischion, le terme de "hauteur", de préférence à celui de

"longueur", nous référant ainsi aux conventions de l'anatomie humaine qui oriente l'homme debout dans l'espace.

(23)

11.3. Liste des échantillons mesurés

Genre et espèce Nom de la collection

Musée Nombre d*os

mesurés os coxaux bassins

Homo sapiens (L. 1758)

Population d'âge franc de Coxyde (Belgique)

Institut Royal des Sciences Natu­

relles de Belgique

162 103

Pygmées Bambuti (bassin de l'Ituri-Zalhe

Inst. R. Sc. Nat.

de Belgique

3 2

Institut d'Anthro­

pologie de l'Uni­

versité de Genève (1)

5 5

Cimetière de Schoten XXè siècle (Belgique)

Inst. R. Sc . Nat.

Belgique

16 $ 19 cf

12 0 170*

"Ostéothèque" Laboratoire d'An- tropologie biolo­

gique - Paris VII

20 5 23 qf

16 ÿ 14

Laboratorium voor gerechtelÿke geneeskunde - Gent

4 0*

17Ç Eoanthropien Moulage de l'os

iliaque droit de Sterkfbntein (Sts 14)

Wenner-Gren Foundation for Anthropolog ical Research (U . S. A. )

1 1 (2)

Gorilla gorille (Savage and V/yman, 1847)

Musée Royal de l'Afrique Centrale Tervuren

(Belgique)

24 23

Pan troglodytes (Blumenbach,

1779)

Musée R.Afr.Centr.

Tervuren (Belgique)

28 23

Pan paniscus (Schwarz, 1929)

Musée R.Afr.Centr.

Tervuren (Belgique)

9 6

Pongo pygmaeus (L.1760)

British Muséum Naturel History London

14 11

Coll.A.S.

Schultz

Anthropolog isches Institut der Univer- sitat - ZÛJrich (Suisse)

7 6

Hylobates lar (L.1771)

Coll. A.S.

Schultz

Anthr. Inst. der Univ. Zürich

29 29

Felis pardus Musée R.Afr.Centr.

Tervuren (Belgique)

6 5

Felis leo (id.) 13 10

Redunca sp. (id.) 7 7

Adenota sp. (id.) 8 5

(1) Données aimablement fournies par Mme. Bakonii et M.M. Moeschler de l'Institut d'Anthropologie de l'Uni­

versité de Genève.

(2) Données conimuniquées par le Dr. 1. Suzman (Anatomy Department, University of the Witwatersreind, Johannesburg, South Africa),

(24)

17.

En Europe occidentale, peu de nécropoles sont aussi riches en squelettes que celle qui a été mise à jour à l'Abbaye des Dunes de Coxyde. L'origine de cette population est inconnue, mais les objets

archéologiques trouvés à proximité des tombes ont permis de déterminer l'époque à laquelle elle vécut : entre les transgressions marines de

Dunkerque II (400 PCN) et Dunkerque III (900 PCN). L'histoire géolo­

gique de cette région des Flandres laisse supposer que cette population a vécu de nombreuses générations isolée sur une üe (Schittekat, 1966 ; Twiesselmann et Brabant, 1967).

Les individus d'âge franc de Coxyde forment donc un ensemble homogène, propre à une étude biométrique. Leur effectif élevé nous a permis de disposer d'une excellente base de comparaison.

(25)

II-4 . Remarques sur les restes du bassin de l'Eoanthropien Sts 14

Nous avons mesuré le plus complet des os coxaux d'Australo- pithèque dont on peut se procurer le moulage.

Cet ossement fut découvert en 1947 à Sterkfontein au Transvaal dans une brèche de grotte datant du Pleistocène inférieur (Broom, R., Robinson, J.T. etW.H. Scheppers, 1950).

Dans le commerce, on ne peut obtenir que le moulage de l'os coxal droit mais les restes des 2 os coxaux et du sacrum sont conservés au "Trans­

vaal Muséum" de Pretoria et ont fait l'objet d'une reconstitution du bassin (J.T. Robinson, 1972).

Dans son ouvrage de 1972, Robinson fait une description détaillée des dommages et déformations subis par ces ossements.

A ce propos, il faut faire quelques remarques concernant la localisation des points sur l'os coxal qui nous intéressaient :

- l'extrémité distale du pubis droit manque, dont notre point symphysion (S) ; nous avons reconstitué sa position à partir de la distance "l" de Robinson, mesurée du bord acétabulaire jusqu'au symphysion et égale à 54 mm j

- la tubérosité ischiatique est très incomplète ; il subsiste cependant un petit renflement de l'extrémité postérieure j notre point EPT a donc pu être correctement déterminé.

Les dimensions que nous avons relevées pour Sts 14 sont reprises dans le tableau 15.

Les problèmes posés par la nomenclature zoologique des Pré-archanthropiens sont loin d'être réglés et à propos des découvertes de Sterkfontein, les auteurs parlent tour à tour de Plesianthropus

transvaalensis, Australopithecus africanus, Homo transvaalensis, Homo africanus. . . etc.. . Devant cette pléthore de dénominations, nous nous sommes ralliée à l'opinion de F. Twiesselmann (1971) qui identifie les pièces fossiles par leur point de trouvaille et trouve tsouhaitable de

donner à l'ensemble des fossiles de Swartkrans, Kromdraai, Sterkfontein, Makapan, Taung, Olduvai, du lac Rodolphe et de l'Omo, le nom neutre

(26)

19.

et provisoire d'Eoanthropiens, en attendant que leurs rapports mutuels puissent être précisés et en raison de la position commune qu'ils prennent par rapport aux fossiles ultérieurs.

(27)

II.5. Méthodes statistiques

Pour les variables considérées dans ce travail, nous avons calculé les paramètres suivants :

- la moyenne (x) - la variance (s^) - l’écart-type (s^)

- l’erreur standard de la moyenne = — î = effectif)

\jn - 1 s

- le coefficient de variation (C.V. =-=— . 100)

Le test F de Snedecor et le test t de Student ont été utilisés pour comparer respectivement les variances et les moyennes des deux populations.

Pour récapituler l’essentiel de la silhouette de l’os coxal dans les dif­

férents groupes considérés, nous avons construit quelques profils gra­

phiques. Dans ce but, une des populations étudiées sert de référence.

Pour une série de variables, on divise la différence entre la moyenne d’une des autres populations et celle de la population de référence par l’écart-type de cette dernière. Sur le graphique, la population de réfé­

rence forme le zéro de l’échelle j en joignant les différents points qui ont trait à une même population qu’on lui compare, on obtient une ligne brisée.

Il est ainsi aisé de situer par des écarts normés plusieurs moyennes de différentes populations.

La population humaine de Coxyde a l’effectif le plus élevé et nous a servi de population de référence dans la plupart des cas.

Lorsque deux séries de mesures sont examinées simultanément, nous avons calculé pour "Coxyde" :

- le coefficient de corrélation (r) et son intervalle de confiance - les droites de régression (de x en y et de y en x).

Sur les graphiques, nous avons schématisé le nuage de points des individus de Coxyde par des ellipses concentriques d’égale fréquence enfermant 95 et

99 % des sujets ; ces ellipses restituent toute l’information contenue dans les paramètres statistiques (Defrise-Gussenhoven, 1955).

(28)

21 .

Pour avoir plus de détails sur les méthodes statistiques classiques citées ci-dessus, on peut se référer à l’ouvrage de Sokal et Rohlf (1969).

Les sigles *, ** et slefcîfc signifient que les seuils de signification sont res­

pectivement de 5 %, 1 % et 1 %o . Lorsque le seuil de signification n'est pas précisé dans le texte, il est de 5 %.

Les calculs ont été faits sur l'ordinateur CDC 6500 du centre de calcul ULBA/UB. Les graphiques ont été effectués par leur traceur digital Benson 441, à l'aide d'un programme proposé par Hauspie, Defrise- Gussenhoven et Susanne (1976).

(29)

III. DIMORPHISME SEXUEL

"The only reliable guide to the sex of an ilium is to know the body from which it has been taken" . (Straus, 1927)

III. 1. Introduction

III. 1 .a. Oye_l9'Jes mots sur la typologie du bassin^

Jusqu'à la moitié de ce siècle, la bibliographie sur le dimor­

phisme sexuel est encombrée par la typologie.

Depuis fort longtemps les médecins se sont interrogés sur l'adaptation de la forme du bassin féminin au passage de la tête de l'enfant lors de l'accouchement ainsi que le montre cette ancienne gravure de Mauriceau ( 1694).

Ces deux Figures d’os aflcmbicz reprefentent les os qui forment toute la capacité hypogalbiquc.

La Figure marquée A, montre ceux d'un homme, & celle qui cft marquée li. fait'voir ceux de la femme, four en faire connoi(Ire la différence ,• qui ejl que cette capacitéejl bien plus fpatieujè aux f emmes qu’aux hommes, ainji qu'on peut facilement voir : Carc Cÿ” c , i r» CÀ e F. font bien plus diflans en largeur l'un de l’autre aux femmes, qu’ils ne font pas

aux hommes ; c/ outre cela , les femmes ont le coccyx marqué k, bien fins courbé en dehors que celuy des hommes ; ce qui fait que la tejle de l'enfant peut fans grande dijjiculté ,firtir par le large pajfagc quelles ont entre les deux osHchions marquez, e cX F, fans qu'il fit necejfaire que les ospubis ou ceux des hanches fe f parent, comme plujieurs fi font imaginez, contre la vérité.

(30)

23.

Et dès le 19ème siècle, les obstétriciens et les anthropologues distinguent un bassin scutifornne ou "androïde" et un bassin arrondi ou "gynécolde", caractéristiques l'un de l'homme, et l'autre de la femme j ils estiment que les femmes possédant un bassin de type "masculin" sont sujettes à

des accouchements dystociques. E.W. Murphy en 1846, fut un des premiers à établir ce genre de relation.

En 1933, Caldwell et Moloy, reprennent cette idée et proposent une classification morphologique. Ils décrivent le type du bassin masculin et celui du bassin féminin à l'aide de six caractéristiques principales concernant la forme du détroit supérieur, de l'échancrure sciatique et de l'angle sous-pubien et ils supposent que la présence de l'un des six caractères entraîne celle des cinq autres dans la plupart des cas. A la suite de Weber (1830), Von Stein (1844), Turner (1885), (cf. p. 6), ils ajoutent un type aplati "le platypelloide" et un autre ovale et étroit

"l'anthropoïde". En 1934 ils complètent leur classement par une série de types intermédiaires et ils construisent un diagramme censé montrer l'évolution de la forme du bassin (cf. fig. 16). Mais ces auteurs sont insatisfaits de leur classement et ils l'amènent à un maximum de com­

plexité en créant 28 types différents diagnosticables à l'aide de 11 carac­

téristiques (1939).

En réalité, Caldwell et Moloy ont essayé de faire d'un caractère à varia­

tion continue un caractère discontinu en définissant les limites subjecti­

vement, ainsi que le soulignent Ince et Young (1940).

H. Thoms (1940) et K.B. Steele (1942) ont repris les idées de Caldwell et Moloy ; Thoms observe cependant que les 3 principaux "types" de bassin se rencontrent avec une égale fréquence dans les deux sexes.

En 1946, C. Nicholson s'étonne que ces théories soient unani­

mement acceptées et enseignées dans les facultés de médecine anglo- saxonnes. Il démonte magistralement les erreurs de Caldwell et Moloy et réfute l'application de leurs théories à l'obstétrique en traitant statis­

tiquement des mesures radiographiques prises sur 307 femmes.

Sur la fig. 16, nous avons reproduit un des graphique;s de Nicholson qui illustre le fait que Caldwell avec son système de "classement" dénombre environ 20 % de bassins androïdes contre 50 % de bassin gynécoïdes (1939).

(31)

Cette brève incursion dans la typologie nous a permis de montrer certaines des erreurs qu’elle peut entraîner.

Pour conclure citons E. Schneider (1973) :

"Presque tous les systèmes typologiques partagent un seul et même défaut : ils ne se fondent pas sur l’étude préalable des variations, mais sur la reconnaissance essentiellement intuitive des catégories.

(...) les auteurs . .. accordent une place très importante aux cas

"mixtes" et aux individus "inclassables". Les effectifs imposants de ces groupes auraient dû conduire à la révision profonde des principes qui ont inspiré les classificateurs".

IV. 1 .b. Remarque sur la validité des données bibliographiques Les données bibliographiques concernant le dimorphisme

sexuel du bassin sont très abondantes j mais nous avons dû en éliminer beaucoup, car elles n’offraient pas de garantie quant à la détermination du sexe des échantillons.

Dans ces travaux, le sexe de la plupart des individus mesurés est, en réalité, inconnu et les auteurs ont sexé leur matériel à l’aide de critères morphologiques. Après avoir ainsi constitué un groupe "mâle" et un groupe "femelle", ils les comparent entre eux pour une série de dimen­

sions. Nous estimons que ces données doivent être écartées comme éléments objectifs d’une étude sur les caractères sexuels de l’os iliaque.

Voici une liste non exhaustive de ces travaux peu fiables : Mis à part quelques bassins provenant de momies égyptiennes où le sexe a pu être connu, grâce au nom inscrit sur la tombe ou à la conservation des organes, D.E. Derry (1923) accepte pour la plupart des os mesurés ce qu’il appelle le "verdict anatomique" : ces ossements furent sexés en appréciant visuellement "divers caractères dont l’expérience a montré qu’ils ont la plus grande valeur" sans que l’auteur n’ait défini ces carac­

tères .

Howells et Hotelling (1936) utilisent "différents caractères" pour sexer leur matériel (71 bassins d’indiens provenant de sites archéologiques récents de l’Arizona) et ne précisent pas lesquels.

A. Schultz (1949) détermine le sexe d’une partie de ses anthropoïdes à l’aide de la dimension de leurs canines et ne cite pas de référence quant

(32)

à la méthode utilisée. On ne peut donc se fier qu'aux résultats concernant les Cebidés, Cercopithécidés et Hylobatidés qui sont morts en captivité ou abattus et dont le sexe a pu être observé sur le cadavre avant la pré­

paration du squelette.

S. L. Washburn est un des auteurs dont les méthodes de diagnostic du sexe sont les plus fréquemment citées dans la littérature (cf. chap. III.4.) mais de ses travaux, il faut exclure les paramètres statistiques calculés sur 55 Boshimans (1949) et 224 Esquimaux (1953) dont le sexe est inconnu.

V. Davivongs (1963) prétend décrire le dimorphisme du bassin chez les aborigènes australiens... après avoir déterminé le sexe des 100 ossements de son échantillon à l'aide de l'angle sous-pubien et de la grande échan­

crure sciatique sans donne d'autre précision sur sa méthode.

Enfin, le sexe des ossements mesurés par S. Zuckerman (1973)

a été déterminé de manière tout aussi peu rigoureuse, hormis les chim­

panzés et les gorilles. La détermination du sexe des orangs est basée sur "l'examen anatomique des caractères crâniens et dentaires habituels qui tendent à être plus proéminents chez l'homme". Les bassins humains furent sexés "en examinant les caractères reconnus dans les textes ana­

tomiques classiques comme montrant un dimorphisme sexuel appréciable et incluant le contour du détroit supérieur (plus circulaire chez la femme), la grandeur de l'angle sous-pubien (plus large chez la femme), l’orientation des tubérosités ischiatiques et des épines sciatiques (plus éversées chez la femme), la largeur du sacrum (plus grande chez la femme) et les carac­

tères de l'échancrure sciatique (plus étroite chez la femme).

Il existe cependant des travaux offrant toutes les garanties

quant à l'attribution du sexe des bassins mesurés. Citons à titre d'exemple W. L. Straus (1928) et S.L. Washburn (1948) qui ont mesuré 200 osse­

ments d'Américains d'âge, de race et de sexe connus provenant des labo­

ratoires de dissection de la Western Reserve University (USA).

Thoms et Greulich (1940) qui se sont basés sur des radiographies.

S. Genoves (1959) qui a travaillé essentiellement sur des squelettes provenant d'excavations de tombes récentes (St. Bride, Grde Bretagne,

19è siècle et Schoten, Belgique, 20è siècle).

Après avoir fait cette mise au point sur la validité des travaux

(33)

concernant le dimorphisme sexuel du bassin, examinons maintenant les mensurations que nous avons prises.

ni.2 . Résultats expérimentaux

Quelle est l'importance du dimorphisme sexuel dans les di­

mensions que nous avons choisi de prendre ? Pour répondre à cette question, deux séries d'ossements d'âge et de sexe connus nous furent disponibles : l'une composée de Français, l'autre de Belges. N'ayant pas observé de différences significatives entre ces 2 ethnies, nous les avons regroupées et nous avons ainsi comparé les dimensions d'une série de 30 bassins féminins à 34 bassins masculins.

Les tableaux 18 et 19 ont permis d'établir un diagramme de Mollison (fig. 20) j sur ce diagramme, les "écarts sigmatiques"

(=—---) entre la population masculine de référence et la population féminine ont été placés dans un ordre croissant.

Nous voyons que certaines mesures sont plus grandes chez la femme j au contraire, d'autres sont plus petites avec, en sus, un seuil de signi­

fication plus élevé.

Les dimensions qui sont plus grandes chez la femme concernent le détroit supérieur (diamètre sagittal et diamètre transversal) ; cependant la

distance A-S et la largeur du sacrum ne diffèrent pas significativement ; en fait, c'est la courbure de la ligne innominée qui est plus accentuée (distances M-O et A-M plus grandes, angles AMS plus petit). La fig. 21 qui reproduit les dimensions moyennes du détroit supérieur chez l'homme et chez la femme permet d'illustrer ces constatations j on y voit égale­

ment que le promontoire est moins protubérant chez cette dernière.

En revanche la hauteur de l'os iliaque est très nettement supérieure chez l'homme. Ce phénomène est plus accusé au niveau de la composante

ischiatique (longueur de l'ischion : * * * ; distance AC-EPT : * * * j distance AC-1 * *) que de la composante iliaque (longueur de l'ilion ;

* * * ; distance AC-EAS : * ; distance AC-EPS : non significatif). Quant à la longueur pubienne (AC-S) elle est semblable dans les 2 sexes. De

(34)

27.

même, la largeur de l'ischio-pubis (S-EPT) ne diffère pas significative­

ment. La largeur de l'aile iliaque est plus grande chez l'homme (distance EAS-EPS : >t).

On observe aussi des différences au niveau de l'échancrure sciatique qui est un peu moins profonde chez la femme j le triangle formé par les points ES, ECH et EPI y est plus isocèle ainsi que le montre la fig. 22.

Enfin, l'aile iliaque est plus déjetée vers l'extérieur chez la femme (angle de torsion : *).

111.3. Discussion des résultats

Nous avons relevé dans la littérature les dimensions dont les définitions sont les plus proches possibles des nôtres et nous avons

regroupé dans le tableau 23 les valeurs de t pour ces dimensions (quelques chiffres ont été fournis par les auteurs eux-mêmes j nous avons calculé les autres).

Malgré des différences non négligeables dans la façon de prendre les mesures, les résultats relevés dans la bibliographie concordent étonne­

ment : la longueur totale de l'os coxal, de l'ilion, de l'ischion et la largeur de l'ilion sont très significativement plus grandes chez l'homme j l'échan­

crure sciatique est plus ouverte et le détroit supérieur est plus large chez la femme.

Nos différences vont dans le même sens mais sont en général plus faibles.

Cependant, avec Moeschler et Genoves, nous n'observons pas de différence de longueur entre le pubis mâle et le pubis femelle, alors que les autres auteurs trouvent qu'il est plus long chez la femme. Cette constatation est peut-être à rapprocher du fait que les échantillons mesurés par Moeschler et Genoves comprennent, comme le nôtre, les individus de Schooten.

En ce qui concerne les dimensions de la grande échancrure sciatique, nous avons voulu vérifier les conclusions suivantes d'un travail de Lazorthes et Lez ( 1939) :

"(. . .) Si on considère à la grande échancrure sciatic^ue un arc supérieur et un arc inférieur, on peut dire que les variations sexuelles siègent surtout au niveau de l'arc supérieur. La courbe de cet arc a un rayon

(35)

plus grand chez la femme que chez l'homme. L'arc supérieur de la grande échancrure sciatique (...) dans le sexe féminin (...) est en général presque l'égal de l'arc inférieur ; il peut quelquefois lui être supérieur. Dans le sexe masculin, au contraire l'arc supérieur est nettement plus court que l'inférieur". (cf. fig. 24).

Lazorthes et Lez ne fournissent que des moyennes (sans écart-type) et ne les comparent pas par un test d'homogénéité approprié j nous ne pouvions donc pas reprendre leurs dimensions et nous avons alors fait sur nos séries d'ossements un test de Student pour valeurs appariées sur les distances

EPI-ECH (corde supérieure) et ECH-ES (corde inférieure).

Chez la femme, les deux cordes diffèrent au niveau 5 % ; chez l'homme, par contre, la corde inférieure est très significativement plus grande que la supérieure :

0,05 0,01 0,001 calculé

Hommes 39 2,042 2,750 3,646 - 9,469

Femmes 35 tf tt tt - 2,350 *

Nous pouvons ainsi argumenter en faveur des conclusions de Lazorthes et Lez.

III.4. Estimation du sexe de l'os coxal

Pour la plupart des mesures que nous avons sélectionnées le dimorphisme sexuel est évident. D'autre part, il est communément admis que la ceinture pelvienne présente des différences sexuelles plus marquées que toute autre partie du squelette (Hrdlicka, 1939 j Krogman, 1962 ;

Derobert, 1974 j Camps, 1976). Cette particularité notoire est à la base des méthodes utilisées pour identifier le sexe d'un individu, ce qui pré­

sente un grand intérêt tant pour le médecin légiste que pour l'archéologue.

Afin d'illustrer ce que préconisent les traités de médecine légale pour faire le diagnostic du sexe du bassin, nous avons traduit un

(36)

29

tableau de O. Prokop et W, Gdhler (1976) (résumé

caractères masculins allure générale du bassin haut et étroit

détroit supérieur triangulaire cordi- forme

petit bassin

(= excavation pelvienne) il ion

arcades pubiennes symphyse pubienne grande échancrure sciatique

trou ischio-pubien cavité cotylolde

diamètre antéro­

postérieur

diamètre transversal (ou bi-sciatique)

ressemble à un enton­

noir .

inclinaison en pente raide.

angulaires haute

en forme de hameçon

légèrement ovale + grande, dirigée vers l'extérieur

114 mm

109 mm

de V. Hentschel, 1963)

caractères féminins court et large transversalement ovale, presque circu­

laire.

ressemble à un cylindre

plus plat, incliné vers l'extérieur.

arquées basse

en forme d'arceau

+ triangulaire + petite, dirigée vers l'avant

118 mm 135 mm

124 mm

126 mm

120 mm diamètres du détroit

supéri^r

diamètre antéro­

postérieur

diamètre transverse maximum

diamètre oblique

Ë''es du petit bassin

113-115 mm 127-130 mm

120 mm

(37)

-diamètre antéro-postérieur 75 - 95 mm 90 - 110 mm (ou coccy-sous-pubien)

-diamètre transversal 82 - 115 mm 110 - 136 mm (ou bi-ischiatique)

- angle du pubis 60° (38 - 77°) 74° (56 - 100°) - hauteur du bassin (de la 220 mm 197 mm

crête iliaque à la tubérosité ischiatique)

- hauteur de la pelle iliaque 104 91

- largeur de l'ilion 164 156

- largeur entre les épines 81 99

sciatiques

- largeur maximale du bassin 279 266

- indice de hauteur-largeur (moy.)

126,6

haut. 136,9

- indice de largeur-hauteur (moy.)

73,8 larg. 77,6

Prokop et GOhler (1977) ainsi que Dérobent (1974) et Camps (1976) citent essentiellement des différences morphologiques et la diagnose serait faci­

litée lorsque l'observateur est entraîhé. En fait, la plupart de ces critères proviennent d'une tradition séculaire et souffrent d'une absence de quanti­

fication. Lorsqu'il y a quantification d'un caractère, il est rare que les auteurs tiennent compte de la variabilité de la mesure et des valeurs com­

munes aux 2 sexes. Enfin, la présence d'un des caractères n'est pas nécessairement liée à celle des autres (Krogman, 1962).

Mais, si on utilise des traits quantitatifs ayant un grand dimoi—

phisme sexuel, il est évident que tout subjectivisme di~paraît (Pons, 1955).

Dans cet esprit, Washburn en 1948 mesure les longueurs de l'ischion et du pubis chez 300 Américains (de race, de sexe et d'âge connus) et fournit

(38)

les moyennes et les écarts-type. Pour l'indice ischio-pubien, 10 % seulement des valeurs se situent dans la zone de recouvrement commune aux femmes et aux hommes blancs j le pourcentage est un peu plus élevé chez les noirs (cf. fig. 25). L'auteur conseille alors d'utiliser cet indice comme "diffé­

renciateur du sexe" à condition de traiter séparément les principaux groupes raciaux, ce que Camps (1976), par exemple, interprète pratiquement de la façon suivante :

Si l'indice ischio-pubien d'un blanc est

<90 = homme 90-95 = sexe ?

>95 = femme

Remarquons que Thieme et Schull (1957) ont appliqué la méthode de l'indice ischio-pubien sur une collection de sujets de sexe connu et que 20 % des individus de leur échantillon n'ont pas été correctement classés.

Gaillard (1961) reprend cet indice, modifie légèrement sa définition et procède de la façon suivante :

- si l'indice ischio-pubien est < x^ - 2 , l'os est presque certainement masculin

- si l'indice ischio-pubien est > x^ + 2 ^ , l'os est presque certainement féminin.

Gaillard obtient ainsi 93 % de diagnostics exacts.

Entre-temps M.R. Sauter et F. Privât (1954-55) proposent "un procédé commode de mise en évidence du sexe du bassin sur des os incomplets".

A l'aide de 2 dimensions, la hauteur sciatique et la largeur cotylo-sciatique, ils calculent un indice :

l'indice cotylo-sciatique hauteur sciatique

largeur cotylo- sciatique

X 100

Malheureusement, les au­

teurs fixent arbitrairement le "seuil de détermination sexuelle" soit à la valeur maximale observée dans

leur échantillon d'hommes Lea deux diam6lres proposés pour le calcul do l'indice cotylo-sciatique 1, hauteur sciatique; 2, largeur cotylo-sciatique.

Sauter et Privât (1954-55)

(39)

soit à la valeur minimale observée dans l'échantillon de femmes.

La validité de l'indice ischio-pubien a été abondamment discutée par W.W. Howells (1964) qui s'interroge sur l'utilité qu'il y a à le remplacer par une fonction discriminante. L'application de cet indice à un matériel provenant de salles de dissection conduit à 5,6 % d'erreurs et de cas indé­

terminés. L'indice ischio-pubien constitue donc un bon moyen de détermi­

nation du sexe. Howells a cependant constaté qu'une fonction discriminante combinant les 6 dimensions suivantes est plus efficace encore et réduit le taux des "mal classés" à 3,5 % :

Gaillard, 1961 1 . longueur de l'ischion

2. longueur du pubis ) 3. largeur cotylo-pubienne

4. différence entre la distance spino-sciatique et la distance spino-auriculaire

5. hauteur sciatique

6. largeur cotylo-sciatique

Gaillard, 1960

Sauter et Privât (1954-55)

Genoves (1959, a et b) a rédigé un travail riche en données sur les diffé­

rences sexuelles de l'os coxal. Cet auteur a imaginé un procédé qu'il

appelle "fonction discriminante simplifiée" car elle ne tient pas compte des intercorrélations présumées petites.

Des 36 mesures, 21 indices et 14 caractères morphologiques envisagés initialement, il retient finalement :

3 mesures - la largeur médiane du pubis (n° 1 1)

- la largeur inférieure minimale de l'il ion (n° 26) - le diamètre vertical maximal de la cavité cotylol'de.

un indice : 38 B

--- (38 B =distance en projection entre la perpendiculaire . op A° au point le plus profond de la grande échancrure

sciatique et le centre du tubercule piriforme.

38 A = largeur de la grande échancrure sciatique) et 4 caractères qualitatifs

- l'arc composé

- le sillon préauriculaire

- la forme de la grande échancrure sciatique - la forme du pubis.

Ces caractères permettent de calculer un score qui exprime en termes de

(40)

33.

probabilités la "masculinité" ou la "féminité" d*un ossement. Par cette méthode, Genoves arrive à faire 90 à 95 % de classements corrects.

A la lumière des considérations ci-dessus, que conseiller comme méthode au médecin légiste qui tenterait d'estimer le sexe d'un os coxal ?

A première vue, la fonction discriminante de Howells avec 2 variables ou, mieux, 6 variables, devrait donner des résultats satisfaisants sur une population

belge ou française moderne, puisque nous avons vu qu'elles ne diffèrent pas significativement par la taille de l'os coxal ; l'indice ischio-pubien de

Gaillard s'avère également efficace.

Nous avons dès lors testé ces deux méthodes sur la population de Schoten et nous avons obtenu les résultats suivants :

Méthode (n = 34) erreurs cas indéterminés total

indice ischio-pubien de Gaillard 4 9 38 %

fonction discriminante de Howells

à 2 variables 6 4 30 %

Ce qui est évidemment décevant quand on compare aux 5 % d'erreurs et de cas indéterminés annoncés par Howells.

Il reste le travail de Genoves qui, rappelons-le, a fait minutieusement le tour des possibilités qu'offrent la morphologie et la biométrie de l'os coxal et qui, après traitement statistique des données intéressantes, propose une méthode plus longue mais relativement simple.

Bien qu'initialement ce n'ait pas été notre but, nous avons quand même pu retirer de nos données une contribution aux méthodes utilisées pour estimer le sexe d'un os coxal. Pour cela, nous avons sélectionné les 2 mesures qui présentaient les valeurs de t les plus extrêmes soient : - la distance M-O (profondeur de la ligne innominée) : t = - 6,42 - la longueur de l'ischion : t = + 8,42

Ces deux caractères combinés permettent d'établir une échelle de masculinité- féminité suivant la méthode imaginée par E. Defrise-Gussenhoven (1966) et basée sur la théorie de la fonction discriminante. Sur la fig. 26 sont re­

présentées les ellipse équiprobables renfermant 70 % de la population_^mas-

f ^ (^GLCGIEJ)

^

(41)

culine et 70 % de la population féminine. La droite frontière entre les 2 sexes passe par les points d'intersection de ces 2 ellipses. Le pourcen­

tage de sujets mal classés (c'est-à-dire d'hommes situés du côté féminin de la droite ou de femmes situées du côté masculin) est de 13,7 %. Les 2 échelles perpendiculaires à la droite frontière (a^ et a^) permettent de quantifier la masculinité ou la féminité d'un sujet quelconque : il suffit de situer cet individu par un point sur le graphique, puis de mener à partir de ce point une parallèle à la droite frontière : les valeurs lues aux points d'intersection avec les 2 échelles a^ et a^ permettent de dire de combien d'écarts-type le sujet s'écarte de chacune des 2 moyennes.

in.5. Discussion

Nous avons volontairement limité l'étude du dimorphisme sexuel aux mesures que nous avions sélectionnées pour faire des comparaisons interspécifiques. C'est pourquoi nous n'avons pas, par exemple, mesuré l'angle sous-pubien souvent cité comme un caractère sexuel important et qui d'après la littérature serait beaucoup plus grand chez la femme.

Les mesures que nous avons collationnées permettent cependant de confirmer les données bibliographiques et de voir que si l'os coxal est plus haut chez l'homme, inversément les dimensions relatives au canal pelvien sont plus grandes chez la femme. Cette dernière région du squelette est la seule à notre connaissance dont les dimensions soient supérieures chez la femme.

Des mesures prises sur le vivant pourraient d'ailleurs étayer cette constata­

tion : le rapport du diamètre biépineux (1) sur la taille est plus grand chez la femme que Chez l'homme (Twiesselmann, 1945 (2) et Hayez, 1967) et même, dans l'enquête de F. Hayez, le diamètre biépineux est plus grand en valeur absolue :

distance entre les deux épines iliaques antéro-supérieures.

extraits des archives de l'Institut des Sciences Naturelles.

(

1

)

(

2

)

(42)

35.

_______5__________1______________________

t de Student

- Enquête de 1945 sur les étudiants de l'ULB (F. Twiesselmann) (2)

n 101 104

diam. biépineux (x) 25, 18 2y,54 - 2,663 **

taille (x) 163,24 175,51

diam. b iép in eux/ta il le 0,154 0, 146

^ Ei^quête sur les étudiants de l'ULB (F. Hayez-Delatte, 1967)

n 58 192

diam. biépineux (x) 23,22 23,96

taille (x) 162,41 174,36

diam. b iép in eux/ta il le 0, 143 0,137

Nous avons observé un dimorphisme sexuel moins élevé qu’ailleurs et on pourrait donner à ce phénomène des explications diverses.

Une première hypothèse serait d'y voir l'influence du vieillissement et des phénomènes hormonaux qui y sont liés, car l'âge moyen de notre série fémi­

nine est assez élevé (62 ans pour les femmes et 52 ans pour les hommes) et 10 seulement des 36 femmes que nous avons mesurées avaient moins de 50 ans.

Dans un article de 1960 sur l'indice cotylo-sciatique. Gaillard écrit que cet indice se modifie avec l'âge et ne donne de bons résultats pour la détermination du sexe que sur les femmes de moins de 50 ans ; ensuite l'os coxal se "viri­

liserait" sans doute par suite de l'épaississement du squelette. D'autre part, Krukierek (1951) a mesuré les bassins de 150 hommes et 150 femmes décédés à Varsovie en 1949. Nous avons représenté graphiquehnent (fig. 27)

ses chiffres : l'indice pelvien féminin diminue avec l'âge et rejoint les va­

leurs masculines. Krukierek a imputé cette diminution du dimorphisme sexuel à des mauvaises conditions du milieu, et dans la suite du travail 11 sépare son échantillon en deux groupes : l'un composé d'individus nés avant 1900, l'autre après. Mais il faut pour cela supposer en outre que les facteurs mésologiques ont eu plus d'influence sur le phénotype féminin

que sur le phénotype masculin.

Figure

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Références

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