MPSI B Année 2017-2018. DS 8 le 31/03/18 29 juin 2019
Ce texte introduit
1aux fonctions d'une variable complexe à valeurs complexes mais les seules fonctions de ce type intervenant dans ce problème sont la fonction exponentielle com- plexe et des fonctions polynomiales ou rationnelles. On conviendra d'identier un polynôme ou une fraction rationelle avec la fonction qui lui est associée.
Ce texte fait aussi intervenir des fonctions C
∞( R ) , périodiques de période 2π et à valeurs dans C. De telles fonctions sont appelées des lacets. Une lacet γ peut être vu comme un mouvement. Pour t ∈ R, le complexe γ(t) représente la position dans le plan d'un point mobile. La trajectoire (notée Γ ) est l'ensemble des points par où est passé le mobile. À cause de la périodicité,
Γ = {γ(t), t ∈ R } = {γ(t), t ∈ [0, 2π]} . Les gures 1a et 1b présentent les trajectoires Γ pour deux lacets.
(a) γ(t) = e
it. (b) γ(t) = P(e
it) avec P = X
2− X − 1 .
Fig. 1: Exemples de trajectoires.
Pour une fonction γ et z ∈ C \ Γ , l'indice de z par rapport à Γ est
I γ (z) = 1 2iπ
Z 2π 0
γ
0(t) γ(t) − z dt.
Il s'agit de l'intégrale d'une fonction d'une variable réelle C
∞à valeurs complexes où γ
0(t) est la notation habituelle pour la dérivée de γ . Pour un nombre complexe z tel que |z| 6= 1 , on note I 0 (z) son indice par rapport au mouvement circulaire.
I 0 (z) = 1 2π
Z 2π 0
e it
e it − z dt avec γ(t) = e it .
1
d'après W. Rudin Analyse réelle et complexe Masson
On rappelle que si f est une fonction continue dans [a, b] (avec a < b ) à valeurs complexes,
Z b a
f(t) dt
≤ Z b
a
|f (t)| dt.
Remarques. La partie V est totalement indépendante des autres parties. Les parties I et II ne dépendent pas l'une de l'autre mais prouvent la même proposition de deux manières diérentes. La partie III n'utilise pas la proposition prouvée en I ou II. La partie IV utilise cette proposition ainsi que d'autres démontrées en III.
Partie préliminaire.
1. Soit f continue dans R, périodique de période T > 0 et à valeurs complexes.
Montrer que la fonction de R dans C, x 7→ R x+T
x f (t) dt est constante.
2. Montrer que :
∀x ∈ R
∗, arctan x + arctan 1 x =
π
2 si x > 0
− π
2 si x < 0 .
3. Soit z = |z|e iϕ ∈ C avec |z| 6= 1 et ϕ ∈ R. Pour tout t ∈ R, exprimer (|z| − 1) 2 −
e it − z
2
en fonction de t − ϕ . En déduire
∀t ∈ R , e it − z
≥
( 1 − |z| si |z| < 1
|z| − 1 si |z| > 1 .
Partie I. Calcul direct de I 0 (z).
Dans cette partie, z ∈ C, |z| 6= 1 et ϕ ∈ R est un argument de z . On note A(z) = Re(I 0 (z)), B(z) = Im(I 0 (z)).
1. Soit r ∈ R \ {−1, +1} . Montrer que Z
π20
dθ
1 + r 2 − 2r cos θ = 2
1 − r 2 arctan 1 + r
1 − r
.
Cette création est mise à disposition selon le Contrat
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
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Rémy Nicolai S1708EMPSI B Année 2017-2018. DS 8 le 31/03/18 29 juin 2019
2. a. Montrer que
A(z) = 1 2π
Z 2π 0
1 − |z| cos(t − ϕ) 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) dt.
b. Montrer que
I 0 (z) = A(z) = 1
2 + 1 − |z| 2 4π
Z 2π 0
dt
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) .
3. Montrer que Z 2π
0
dt
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) = 2
Z
π20
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ + Z
π20
dθ
1 + |z| 2 + 2|z| cos θ
! .
En déduire I 0 (z) =
( 1 si |z| < 1 0 si |z| > 1 .
Partie II. Calcul de I 0 (z) avec une progression géométrique.
1. Soit k ∈ Z
∗, calculer R 2π 0 e ikt dt . 2. Dans cette question |z| < 1 .
a. Montrer que :
∀n ∈ N , I 0 (z) = 1 + z n+1 2π
Z 2π 0
e
−i(n+1)t1 − e
−itz dt.
b. En déduire I 0 (z) = 1 . 3. Dans cette question |z| > 1 .
a. Montrer que :
∀n ∈ N , I 0 (z) = z
−(n+1)2π
Z 2π 0
e i(n+2)t e it − z dt.
b. En déduire I 0 (z) = 0 .
Partie III. Propriétés de l'indice.
Dans cette partie, γ est un lacet et z est un nombre complexe qui n'est pas sur la trajectoire : z / ∈ Γ .
1. Dans cette question seulement, on considère l'équation diérentielle (γ − z)y
0− γ
0y = 0
où la fonction inconnue y est à valeurs complexes.
a. Déterminer la solution évidente qui prend en t = 0 la valeur γ(0) − z .
b. En utilisant un résultat de cours cité précisément, exprimer cette solution avec la fonction exponentielle complexe et une intégrale.
c. Montrer que I γ (z) ∈ Z.
2. Dans cette question, pour z et z
0en dehors de Γ , on cherche à majorer |I γ (z) − I γ (z
0)| . a. Justier l'existence d'un réel strictement positif noté d(z, Γ) et déni par :
d(z, Γ) = min {|z − γ(t)| , t ∈ [0, 2π]} . b. Montrer que |I γ (z) − I γ (z
0)| ≤ K |z − z
0| avec
K = γ
d(z, Γ) d(z
0, Γ) et γ = 1 2π
Z 2π 0
|γ
0(t)| dt.
x 0
Fig. 2: Conguration de la trajectoire pour la question 3.
3. Dans cette question, on suppose que Γ est dans le disque ouvert de rayon 1 et de centre 1 c'est à dire que
∀t ∈ R , |γ(t) − 1| < 1.
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a. Montrer que ] − ∞, 0] ∩ Γ = ∅ . Montrer que, pour tout x ≤ 0 , d(x, Γ) > |x| et d(x, Γ) ≥ d(0, Γ).
b. Montrer que la restriction de I γ à ] − ∞, 0] est lipschitzienne de rapport d(0,Γ) 4 γ
2. c. Montrer que |I γ (x)| ≤
|x|γ pour x < 0 .
d. Montrer que I γ (0) = 0 .
Partie IV. Nombre de racines.
1. Dans cette question, P ∈ C [X] est un polynôme de degré au moins 1 sans racine de module 1 et on considère un lacet γ P dénit par
∀t ∈ R , γ P (t) = P(e it ).
On note z 1 , · · · , z s les racines de P et m 1 , · · · , m s leurs multiplicités.
Montrer que
I γ
P(0) =
s
X
k=1
m k I 0 (z k ).
En déduire que I γ
P(0) est la somme des multiplicités de racines de P dans le disque unité ouvert.
2. Théorème de Rouché
2.
Soit P et Q dans C [X ] non constants et n'admettant aucune racine de module 1 . On dénit un lacet γ par :
∀t ∈ R , γ(t) = P (e it ) Q(e it ) . a. Montrer que I γ (0) = I γ
P(0) − I γ
Q(0) .
b. On suppose de plus que
P (e it ) − Q(e it ) <
Q(e it )
pour tout t réel.
Montrer que I γ
P(0) = I γ
Q(0) . 3. Pour tout n ∈ N
∗, on dénit
P = X n (X 2 − X − 1) + X 2 − 1 et Q = X n (X 2 − X − 1).
2
d'après une idée de mon ami Saman K.
a. En utilisant e it − e
−it= 2i sin t , montrer que
∀t ∈ R ,
(e it ) 2 − 1 (e it ) n ((e it ) 2 − e it − 1)
< 1.
b. Montrer que I γ
P(0) = I γ
Q(0) .
c. Montrer que P admet une racine réelle strictement plus grande que 1 et que la somme des multiplicités de ses racines dans le disque unité ouvert est n + 1 .
Partie V. Harmonicité. Formule de Cauchy.
1. Montrer que, pour tout lacet γ et tout polynôme Q ∈ C [X] , Z 2π
0
Q(γ(t))γ
0(t) dt = 0.
2. Soit z ∈ C et γ le lacet déni par γ(t) = z + e it . Quelle est la trajectoire de γ ? Montrer que
1 2π
Z 2π 0
P(γ(t)) dt = 1 2iπ
Z 2π 0
P (γ(t))
γ(t) − z γ
0(t) dt = P (z).
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