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Bulletin de l'Institut du Pin [1933, n°38] · BabordNum

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7670

N°38. f"2e Série) Paraissant le 15 de chaque mois. 15 pé\fpiep 1933

Abonnement j •••

35 fr'

auBulletin (unanj ] Etranger. 50 lr.

Adresserlemoulant desAbonnementsà l'Institut

duPin. Tîordeaux 9237

Le Numéro

BULLETIN

France... 3 150 Étranger. *

DE

L'INSTITUT DO PIN

Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques

et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux

fâ^ùrsxàs^eta.il \»

r

SOM MAIRE

I. Articles originaux Pages A I 65 Les insectes du Pin maritime, par M. Et.

Hubault 25

A I 66 L'Utilisation du Bois de pin par lescompa¬

gniesdechemin defer, parM. Lap.tiiomas 31

C I 99 Surquelquescomplexes donnés par lesaci¬

desferro'etferricyanhydriquesavec les aldéhydes et les cétones, par M. Pierre

Durrat (fin) 36

Pages C I 100 Contribution àl'étude du mélange dénom¬

industriellementterpinolène et quel¬

ques essais d'obtention du terpinolène

pur,parM"c R. Marot (àsuivre) 38

C I 101 Contribution à l'étude des menthènes et des mentliadiènes, par M. Robert

Gachard(d suivre). 42

C I 102 Appareil pratique pour doserl'acidité de

l'essencede térébenthine 34

MODE DE CLASSIFICATION DE NOS DOCUMENTS

A. Généralités.

B. Récolte et traitement des résines.

C. Essences de térébenthine, terpènes etdérivés.

I). Constituants solides des résines et leurs dérivés.

/ Articles originaux. IlDocumentation.

E. Dérivéschimiques dubois.

F. Cellulose de bois.

G. Documents divers.

J

Adresser CorrespondanceIn :

INSTITUT BU Fiji, Faculté Ô€S Sciences, 20, Cours PastCUC, BORDEAUX

Le Directeur technique reçoit les lundi mercredi de 15 heuresà 19 heures.

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n° 38 (2e Série' Paraissant le 15 clechaquemois. 15 FéVfiet» 1933

BULLETIN

DE

L'INSTITUT DU

Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques

et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux

A i 65 LES

Insectes du Pin Maritime

par M. Et. IIUBAULT •(•)

Professeur de Zoologie à l'Ecole Nationale des Eauxet Forêts.

Il ne peut s'agir ici d'une étude complète de ces organismes dont Perris (1), après douze années de travail, ne parvint pas à épuiser la longue liste. Je

me contenterai de traiter les particuliratiés de ceux qui me paraissent avoir, dans la forêt landaise, à l'heure actuelle, la plus grande importance écono¬

mique. Ce sont, à mon avis, les cinq suivants :

Lepidopt. Pyralidœ, Dioryctria splend.id.ella H. S.;

Thaumelopcrdie, Thometopœa pityocampa Schiff.

Coleopt.

ÇurcutioniqjjjB,

Hylobius abietis Linn.;

Ipidil',MyeïophiîusminaiHartig.;

Myeïophiîus

pini- perda Linn.

LEPIDOPTERES Dioryctria Splarï'didella S-

Des détails morphologiques ont été donnés sur cet insecte par de Joannis (2), de Sandt (3) et Fey-

{*-) Communication faite au Congrès <lc la forêt et de ses indus¬

tries. Bordeaux, juiii 1932.

(1) E. Perris, Histoire des Insectes dupin maritime (Coléoptères), Paris, 1S63.

(2) J. de Joannis, Remarqués sur quelques espèces du qenre Dio- rijetria (Lep. Pqralidae). Ann. Soc. entom. France, LXXXV, p. 259- 1916.

(3) De Sandt, Sur trois mierolêpidôptères du genre Dioryctria.

Rev. Zocl. Agi". et app]., Bordeaux, avril 1930.

taud (4), pour ne citer que les auteurs français de

ces dernières années. Je n'insisterai donc pas là-

dessus et me contenterai d'indiquer que le papillon

dont l'envergure est de 3 centimètres à 3 cm. 5, est

de couleur gris-violacé dans l'ensemble avec, sur les ailes antérieures, des lignes transversales sinu¬

euses brunes et blanches, parmi lesquelles la ligne postmédiane est très peu inclinée en général par

rapport à l'axe longitudinal de l'aile.

La chenille est verdatre ou rosée avec des points

noirs.

La nymphe est de 15 à 17 millimètres de lon¬

gueur; l'extrémité de son abdomen est ridé, et porte

six soies recourbées au bout, en forme de crochets.

Tous ceux qui ont un peu l'habitude de la foret

des Landes, ont certainement remarqué sur les fûts

des pins, au printemps surtout, des plaies chan-

creuses-, faisant complètement le tour de l'arbre, s'il

est petit, et d'où découlent des masses de résine, parfois plus grosses que le poing.

Tel est ce qu'on voit des dégâts de la chenille.

Le papillon pond au début de l'été sur les quarres fraîches et sur les plaies d'élagage. La chenille s'en¬

fonce dans le cainbium et pendant toute l'année y

creuse une galerie transversale, sensiblement hori¬

zontale la plupart du temps. La halle de résine

exsudée est creuse et c'est dans cette loge tapissée

de soie que la larve se nymphose au printemps sui¬

vant. Il n'y a donc par an qu'un seule génération.

Sur les arbres de fort diamètre, l'attaque présente

peu de danger. Il n'enest pas de même surles sujets

M) J. Feytaud, Sur Dioryctria spendidèlla nuisible au pin ma¬

ritime. Ifcid.

(4)

20

jeunes, par exemple de 20 centimètres de diamètre

à hauteur d'homme. La galerie peut, ainsi que je

l'ai dit, anneler complètement le fût; les tissus

senécrosent etl'arbre casse au premier vent violent.

On aurait tort de croire les dommages insigni¬

fiants dans les jeunes peuplements et là où l'insecte

abonde. Malheureusement, il est difficile à atteindre, et le seulpalliatif qui ait pu être préconisé jusqu'ici,

est l'elagage des jeunes sujets en dehors du temps

de ponte, puisque les plaies et la résine fraîche atti¬

rent les femelles 'fécondées.

Thaumetopœa Fityccampq SehifL

C'est la processionnaire du pin, que chacun con¬

naît dans le Midi de la France. Aussi ne m'attarde-

rai-je pas à la décrire, elle ou ses nids, et insisterai- je de préférence sur quelques points de ses mœurs,

sur sa nocivité, et sur les moyens de lutte dont nous pouvons disposer maintenant contre elle.

Le sujet est d'actualité;de divers côtés, on signale

une recrudescence de cetinsecte : en Corse, en Pro¬

vence, dans la Lozère. Dans la forêt domaniale de Lacanau (Gironde) que je traversai au début du mois d'avril, les nids m'apparurent comme particu¬

lièrement nombreux. Î1 ne semble donc pas inutile

de lui accorder ici quelque obtention.

D'un point de vue plus général, les Lépidoptères forestiers, dont une partie de l'existence se passe

souslacouverture morte, soitqu'ils s'y nymphosent,

soit qu'ils y séjournent pendant l'hiver, n'attaquent

pas n'importe quels peuplements. Tous les massifs,

en efi'et, n'offrent pas aux larves ou aux nymphes

des sols avec des conditions satisfaisantes de séche¬

resse ou d'humidité, de chaleur et peut-être aussi d'éclairement. Telle est la raison pour laquelle la Fidonie et le Lasiocampe du pin se rencontrent seu¬

lement dans les peuplements âgés, l'une se nympho-

sant l'hiver sous la couverture, l'autre y passant

cette saison à l'état de larve pour remonter et cau¬

ser de nouveaux dégâts dans les cimes au premier printemps. Non pas que les sujets jeunes ne puis¬

sent, héberger ces parasites, mais parce qu'à ces

âges les peuplements naturels sont trop denses et qu'en dessous les sols y sont trop froids et trop humides. On voit donc que, dans une certaine me¬

sure, il dépend du forestier lui-même de favoriser

ou non la présence de tel ou tel insecte, suivant la manière dont il marquera les coupes ou prescrira

38 - Février 1933

les aménagements. Nous verrons tout à l'heure mi autre exemple encore.

La processionnaire du pin n'échappe pas à la règle. Les chenilles descendent des nids au prin¬

temps, en files plus ou inoins longues que l'on voit

en forêt, sur le sol, et vont se nymphoser sous la

couverture. On rencontre l'insecte de préférence

aux expositions chaudes, dans les peuplements clairs, et il paraît plus fréquent dans ceux qu'une

éclaircie a récemment traversés. Pourquoi ? Unique¬

ment parce que les nymphes trouvent là, et seule¬

ment là, sous la couverture de ces massifs, les con¬

ditions de vie optima.

De plus en plus, à l'heure actuelle, on en vient à

accorder de l'importance à ces conditions très spé¬

ciales, plus étroites encore que le climat local, dont l'ampleur ne dépasse pas la superficie de quelques coupes, le, versant d'une colline, et que les biologis¬

tes allemands appellent maintenant le « microkli-

ma » (1).

ïl serait inexact de dire que la processionnaire

du pin ne fait pas de dégâts. Les plantations et les

massifs dans lesquels elle est endémique, souffrent

et, si elle ne les tue pas, les retards importants qu'elle,cause à la végétation, les diminutions sen¬

sibles d'accroissements annuels, la préparation des

arbres aux attaques d'autres insectes, suffiraient,

selon moi, à justifier un traitement, et moins d'in¬

différence désabusée de la part de tous ceux qui participent à la gestion de la forêt. Dans l'état actuel de l'entomologie appliquée, nous ne sommes

pourtant plus démunis de moyens de lutte vis-à-vis des Lépidoptères en généralet de la processionnaire

en particulier. Le tout est de vouloir la détruire et d'avoir la ferme intention d'arriver à un résultat.

Je passe sur les vieux procédés à faible rende¬

ment : l'enlèvement des nids au moyen de sécateurs emmanchés, et leur incinération soit en hiver, soit

au premier printemps, avant le réveil des larves.

Je passe également sur le traitement des bourses

au pétrole, avec la burette de Calas, et je renvoie pour cela aux travaux de l'auteur qui a préconisé

cette méthode (2). Mais je vais développer davan-

(5) K. Friederichs. Znr Epidemioloqie des Èîefernspanners.

Zeitschr. f. angew. Èntom., XVI, p. 197. 1930.

(fi) J. Calas, La. Processionnaire an Pin.

Bull. Soc. agrir., scient, et litt. Pyr.-Orient.. XXXVIII, 1897.

Rev. Eaux et Forêts, 36, pp. 705'et 737, 1897; 37, pp. 11 et 33, 1898.

Restauration et conservation des terrains en montagne. Monogra¬

phiesde 1900.publiées par le Ministère de l'Agriculture pour l'Exposition Imprimerie Nationale, Paris.

BULLETIN LE L'INSTITUT DU PIN

(5)

27

tage ici un procédé qui, à plusieurs reprises, a fait

ses preuves à l'étranger, et qui, après un essai dou¬

teux en France, eut le malheur d'encourir de ce l'ait la disgrâce officielle et fut, par conséquent, dé¬

considéré et discrédité. Moyen très moderne pour¬

tant, et susceptible de grands rendements.

C'est le traitement de l'appareil foliacé des arbres

au moyen des arsénlates pulvérnîants. L'arsenic est

un poison du tube digestif des insectes et vis-à-vis duquel bien peu de ces organismes sont immunisés.

Chez la plupart des Lépidoptères et des Hyménop¬

tères Tenthrédinides il existe une phase plus ou moins longue de la vie larvaire au cours de laquelle

l'insecticide agit d'une manière rapide. Cette phase

coïncide souvent avec la période d'alimentation

maxima de la chenille. A ce moment, on couvre, à l'aide d'appareils appropriés, les cimes des arbres à traiter, d'une fine couche d'arséniates de plomb ou de calcium en poudre, couche que l'on rend mainte¬

nant plus adhésive par l'addition d'un peu d'huiles

de machine ou de colle de poisson. Il est bon, natu¬

rellement, d'opérer en liaison avec les services mé¬

téorologiques locaux, de façon à choisir une période

de beau temps, sans grandes pluies ni vents trop forts, pour que les poudres restent sur les feuilla¬

ges lepluslongtemps possible. Les appareils d'épan- dage sont soit des avions convenablement gréés, si

les surfaces à couvrir sont vastes et les arbres éle¬

vés, soit des pulvérisateurs à moteurs, voire simple¬

ment à main, si les peuplements sont de hauteur moyenne ou faible et si les surfaces envahies par l'insecte à détruire sont petites. Je dirai de suite que le procédé est inapplicable en haute montagne,

du fait des dangers que présentent les vallées étroi¬

tes pour les avions et à cause des difficultés de transport de pulvérisateurs assez encombrants sur des pentes très fortes.

Mais on a pu ainsi hâter la fin d'une gigantesque

invasion de Noctuelle piniperde qui dévasta les

forêts de l'Allemagne orientale de 1923 à 1925. On

utilise ces procédés dans l'Europe centrale contre

la Nonne (Lymantria monacha L.) et aux Etats- Unis, contre certains parasites du cotonnier. En France, il fut essayé dans des conditions défectueu¬

ses et sans conviction de la part de l'autorité supé- lieure, au cours des invasions de Fidonie du pin qui parcoururent la forêt de Haguenau (Bas-Rhin) de 1924 à 192U. Pour des raisons queje n'ai pas à envi¬

sager ici, ies épandages d'arséniate de calcium par avion, furent faits aux derniers jours d'octobre 1928, c'est-à-dire au moment où les chenilles, ces¬

sant presque complètement de s'alimenter, allaient quitter les cimes pour se nymphoser en terre. Pres¬

sé, bousculé par le temps, le service forestier local dut opérer coûte que coûte, « pour donner au publie l'impressionqu'on faisaitquelque chose » (la phrase

n'est pas de moi), et sans pouvoir accorder d'atten¬

tion suffisante aux circonstances météorologiques.

Pris ainsi, ces essais présentaient peu de chances

d'être probants. De fortes'pluies d'automne survin¬

rent, qui lavèrent l'insecticide. Et pourtant ! 11 suf¬

fisait d'avoir suivi ces expériences pour ne pas dou¬

ter de la puissance des moyens mis en œuvre et pour, je ne dirai pas : tout adopter, on n'adopte

pas d'emblée un procédé nouveau et coûteux, mais pour l'apprécier à sa juste valeur, et pour con¬

venirde poursuivre les essais en s'affranchissant des fautes révélées par l'expérience. Des travaux ré¬

cents (1) ont montré que les chenilles de la Fido¬

nie du Pin étaient sensibles à l'arsenic, de suite

après leur éclosion.

Je reviens à l'espèce qui nous occupe ici, à la processionnaire du pin. il semble a priori que l'épo¬

que à laquelle elle serait le plus vulnérable, serait celle où, sortant de la diapose hivernale, la chenille quitté le nid pour manger à nouveau. Il doit y avoir

une période d'activité alimentaire considérable.

Quelques observations et expériences pourraient renseigner rapidement à ce sujet. Ce serait donc de

préférence à ce moment que les épandages d'arsé¬

niates seraient indiqués. Le pin maritime et la ré¬

gion des Landes se prêteraient fort bien à depareils

essais. Le pays est plat, les transports faciles, les peuplements de pins attaqués sont en général de hauteur faible. Des pulvérisateurs maniables, de puissance moyenne, donc assez peu coûteux, suffi¬

raient dans bien des cas et notamment pour des expériences. Si l'on voulait mettre en œuvre des moyens plus puissants, le grand centre d'aviation

de Cazaux répondrait à toutes les exigences.

Mais un pareil procédé implique nécessairement,

de la part du personnel qui y a recours, des con¬

naissances scientifiques solides. Il faut observer

tous les détails de la vie de l'insecte à détruire, il

(7) E. May, Biologische Festslellungen bei cier Arsenbekanipfvng

des Kiefernspunners. Verh. dentscb. Gos. angew. Entom., 3 Mit- gliedvers. Rostock, Aug. 1930, p. 38, 1931.

(6)

BULLETIN LE L'INSTITUT BU PIN 38 - Février 1933 28

faut opérer vite et en liaison étroite avec les ser¬

vices météorologiques locaux. Enfin, il faut quel¬

ques crédits. Tel est, rapidement esquissé, ce moyen qui, vis-à-vis de la processionnaire, pourrait rendre

de réels services. Toutes les dépenses engagées se¬

raient,je le crois, couvertes par les plus-values d'ac¬

croissements que fourniraient des peuplements

assainis.

Reste la question de la nocivité de l'arsenic vis-

à-vis de l'homme, des animaux domestiques et du gibier. Comme bien on le pense, elle a été sérieuse¬

ment discutée. En fait, les insecticides dont on se sert maintenant ne contiennent pas assez d'arsenic

pour nuire au bétail, au gros gibier, à l'homme (1),

Néanmoins, il ne sera jamais inutile de prendre des précautions au voisinage des habitations. Ces pou¬

dres sont moins inolfensives pour les abeilles, mais

en ce qui concerne la processionnaire du pin, les épandages seraient faits, je l'ai dit, tôt au printemps

et avant la miellée. D'autre part, du point de vue

spécialement juridique, on ne voit pas pourquoi le propriétaire forestier serait tenu de subir les ennuis

d'une invasion d'insectes et de renoncer à des .moyens effectifs de destruction, uniquement pour épargner les abeilles des voisins, qui volent partout

à. leurs risques et périls. On se retrouve ici dans

les conditions du code de la route qui décharge l'automobiliste, en cas de mort d'animaux vaguant

sans gardien sur la voie publique.

COLEOPTERES

HySobsus Abîetis Linh.

Ce charançon est assez bien connu maintenant

sous le nom d'Hylobe. Sa taille est assez grande,

pour un Curculionide. D'aspect rugueux, il a line couleur générale gris foncé avec des taches et des

bandesjaunâtres transversales sur les côtés de l'ab¬

domen et sur les élytres. Les six pattes sont fortes;

le rostre, courbe et allongé.

Il pond dans les anfractuosités du rhytidome des

résineux dépérissants et des souches récemment exploitées. Les larves apodes creusent de longues galeriesenire l'écorce et le bois, se nymphosent dans

(S) Die Bekâmpfung von Forstschâdlingen mit Bovchers «Her- eynia » Kalkarscnat. Goslar, 1929.

une logette bourrée de petits copeaux et les insec¬

tes parfaits sortent directement. Le cycle vital est

assez compliqué pour qu'il me soit impossible d'y

insister ici; je serais entraîné trop loin. Qu'il me suffise d'indiquer que, en fait, l'imago seul est nui¬

sible, mais qu'il l'est beaucoup, en rongeant l'écorce

des très jeunes semis de pins, ce qui détermine le plus souvent leur mort.Les dégâts, de l'adulte s'éten¬

dent sur toute la belle saison, et, si ces insectes sont nombreux, ils peuvent compromettre, danscer¬

tains cas, une régénération.

L'Kylcbe est certainement en progression mar¬

quée dans les Landes depuis soixante-dix ans, car Perris (1) ne lui accordait dans sa monographie

que quelques pages et réservait une place plus grande à un genre voisin, Pissodes nota tus Fafor.

De plus, il faisait des erreurs en décrivant sa bio¬

logie. L'Hylobe cause depuis quelque temps des dommages marqués sur le pourtour du bassin d'Ar- cacbon, à Audenge notamment. Comme il s'en prend à l'écorce mince des très jeunes semis, l'idée

de saupoudrer ceux-ci d'arséniates pour l'empoison¬

ner, était de suite venue à l'esprit, surtout que les épandages pouvaient se faire avec des Vermorel ordinaires, eu égard à la très petite taille des sujets

atteints. Pourtant les expériences furent assez peu concluantes, et les effets de l'arsenic se révélèrent ici assezinégaux. Ilimporté d'attendre encore, avant

de recourir à ce procédé.

Les moyens répressifs actuels se bornent donc à

la récolte des adultes pendant la belle saison, de préférence au printemps. Il est, d'autre part, un moyen préventif assez rationnel et d'application re¬

lativement facile. L'insecte parfait pond, ai-je dit,

sur les souches récemment exploitées; de plus, sa vie est longue et il se nourrit aux dépens des jeunes

semis voisins. Dans ces conditions, il conviendra d'éviter l'assiette de coupes définitives sur de gran¬

des étendues et, côte à côte, les régénérations sur de vastes surfaces, car dans de pareilles conditions,

les insectes sont dans les conditions les plus favo¬

rables pour pulluler (2). Là encore, l'action per¬

sonnelle du forestier pourra être heureuse ou né¬

faste, suivant l'aménagement qu'il prescrira.

(9) E. Perris. Lcc. cit.

(10) I. Tragardli, Undersôkningav civer rien siôvre snytbaggen och dess bekdmpap.de. Medd. l'r. Stat. Skogsfôrs. 25, p. 29,"'1929.

(7)

29

R/lyelophiïus Pîniperda Linn.

Myelopbïîiis

Pîniperda Ilart.

Ce sont l'Hylésine piniperde et l'Hylésine mineur, petits Coléoptères, presque identiques morphologi¬

quement et que seuls des spécialistes avertis peu¬

vent distinguer à coup sûr. Mais, à une certaine période de leur vie, les dégâts qu'ils font son diffé¬

rents. Au printemps, ou même à la fin de l'hiver,

les femelles des insectes parfaits creusent dans le

cambium des pins en plus ou moins bonne santé,

des galeries contre les parois desquelles elles pon¬

dent des œufs. Ceux-ci éclosent et donnent des lar¬

ves, qui, à leur tour, vivent aux dépens des jeunes

assises du bois et de l'écorce en y forant de nou¬

veaux couloirs d'un diamètre croissant avec leur taille, et d'une direction généralement perpendicu¬

laire à celle de la galerie maternelle. Puis ces lar-

vs se nympbosent et les nouveaux adultes s'échap¬

pent dans le courant de l'été. Si les dommages se bornaient là, ce serait en somme assez peu de chose,

car les deux Hylésines s'en prennent souvent à des

arbres mal venantou souffrant pour une cause préa¬

lable quelconque, une attaque de Trame tes pini, à

ses débuts, ou celle d'un Lépidoptère.

Malheureusement, il est une autre catégorie de dégâts qui rendent parfois les Hylésines redouta¬

bles quand ils sont abondants.Les vieux adultes après la ponte, ou les jeunes insectes parfaits après

la nymphose, s'échappent des galeries subcorticales,

volent dans les cimes, pénètrent dans les rameux

•de l'année précédente, ou plus tard, dans ceux de

l'année, et vivent aux dépens de la substance mé¬

dullaire. Le moindreventabat ensuite à terre toutes

ces extrémités de rameaux presque vidés. Ici, tous

les arbres sont attaqués, sains ou non, jeunes ou

âgés, et dans les périodes d'invasions, les pousses jonchent le sol de la forêt de tous côtés. Les sujets

ainsi anémiés dépérissent et constituent un milieu d'élevage, de culture, de pullulation tout trouvé

pour les générations de l'année suivante, que les

adultes engendreront à nouveau, après avoir passé

l'hiver sous les écorces.

L'Hylésine piniperde se rencontre dans toutes les

forêts de pins d'Europe, depuis l'extrême nord jus¬

qu'auxcontrées les plus méridionales, mais il habite plutôt les régions froides et tempérées pour se raré¬

fier au sud et céder plus de place à l'espèce voisine, l'Hylésine mineur. Dans la forêt landaise, les deux

insectes coexistent, mais le second est plus abon¬

dant. L'Hylésine mineur se distingue de l'Hylésine piniperde par les galeries que creusent les femelles

dans le cambium. Elles sontdroites et verticales chez

Mijelophilus pîniperda; elles sont en accolades hori¬

zontales chez M. minor.

Ces insectes, partout endémiques en forêt, comme d'ailleurs tous ceux que je viens de citer, ces deux insectes, dis-je, n'ont pas, à ma connaissance, causé jusqu'ici d'invasions graves dans le Sud-Ouest de

la France. Il n'en a pas été de même ailleurs, no¬

tamment dans les forêts de pins sylvestres qui bor¬

dent la basse Seine, de Pont-de-1'Arche à Caudebec.

Il y eut là, dans les temps d'après-guerre, des atta¬

ques sérieuses.

Les procédés de lutte trouvés jusqu'ici sont mai¬

gres. Les moyens préventifs sont encore les meil¬

leurs : veiller à l'hygiène de la forêt, en faire sortir rapidement les chablis et les arbres dépérissants,

éviter de prescire dans les aménagements des révo¬

lutions trop longues qui laissent sur pied des peu¬

plements surannés; mélanger, dans la mesure du possible, les pins et les feuillus.

Les moyens curatifs efficaces font à peu près dé¬

faut en cas d'invasions. Il y a néanmoins un bon palliatif auquel on devra sans faute avoir recours, si besoin est. C'est l'arbre-piège abattu, qui réussit toujours. Dans les cantons gravement envahis, on choisira des arbres malvenants, ou de peu d'avenir, qu'on abattra en hiver et sur lesquels se porteront

de préférence les adultes, au moment des pontes de printemps. Quand celles-ci seront finies et que les

larves nouvellement écloses commenceront à se dé¬

velopper, on écorcera rapidement ces chablis arti¬

ficiels et l'on brûlera écorces et houppiers. Si l'in¬

vasion estinquiétante et si de nouvelles pontes sont

à prévoir au cours de l'été, du fait de la tempéra¬

ture, et de la part des femelles qui ont déjà pondu

au printemps, une nouvelle série d'arbres-pièges de¬

vra être préparée sans tarder. Tout cela demande

(8)

30

naturellement de soigneuses observations. Le déve¬

loppement des colonies sous les ccorces des arbres- pièges devra notamment être suivi pas à pas par les gardes, dans leurs tournées. Ils lèveront au couteau des lamelles d'écorce pour se rendre compte

de l'état d'avancement des jeunes larves. L'écorçage

ne saurait d'ailleurs suffire à lui tout seul, et l'inci¬

nération est nécessaire; il ne faudra y renoncer

qu'en cas desécheresse prolongée et de sérieux dan¬

gers d'incendie.

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LIVRES INDUSTRIELS

LIVRES SUR LES BC'S ET LES RESUMES :

tVïarty et Mathieu : Crs de compt. appl. aux exploit, forest. au commerce et aux industries du bois

(1929) 26.45

Ringelmann : Le Charbon de Bois. Fabrication en

Forêt (1928) 7.25

G. Dupont : Distillation du Bois (1924) 34 » EV3. Vèzes et G. Dupont : Résines et Térébenth., les

Industries dérivées (1924) 95 »

Dumesny et Noyer : Industrie chimique des bois.

Leurs dérivés et extraits industriels (1925) ...1° 63 » Klar ; Distillation du bois (1925) 75.50 Paul Razous : L'organisation du travail dans les ex¬

ploit. forest. et les scieries méc 11.25 Dupont : Essences de térébenth. (1926) 32 » IVIarcel Le Bouteiller : Exploitations forestières et

scieries (1923), illustré 32.50

A. Raba : Cubage pour pins sur pied f" 9 » E. IMormand : Tarif cubage des bois en grumes et

équarris 11 »

Desteract : Cubes, surfaces, traits de scie (1923).

Relié 125 »

Montraudy : Traité de cubage 6 »

Adrian : Cubage des bois abattus, grume, d'après la

circonférence et le diamètre - 10.25

P. Razous : Aide-mémoire du Commerce et des Indus¬

tries du Bois (1928) Relié 26.65

Vanuberghe : Expl. des forêts, 2 voj 16 » Ch. IVlariller ; La Carbonisation des bois, iighiles et

tourbes (1924) 65 »

Razous : Scieries et machines à bois (1926) 47 » GEORGES, 8, 10, 12, cours Pasteur, BORDEAUX

CATALOGUE FRANCO SUR DEMANDE Tél. 48.41. - R. C. 28740A. - Chèque postal 871 Bx.

(9)

BULLETIN DU L'INSTITUT DU PIN —- 38 - Février 1933 31 A i 66

L'Utilisation chi bois de pin

l'AR LES

Compagnies de Chemins de fer

par M. LARTIIOMÀS(-) Ingénieur

du Service des Usines de la Compagnie du Midi.

Les produits ligneux de 3a forêt landaise trouvent

dans les Chemins de fer des emplois nombreux et

variés :

Les traverses, dont la production est si intéres¬

sante pour l'activité du marché des bois, sont utili¬

sées dans la construction et l'entretien des voies.

Les poteaux télégraphiques en pin des Landes,

d'une apparence moins belle que les poteaux d'im¬

portation en pin sylvestre, mais de qualité peut-être supérieure, du fait de leur grande perméabilité à l'injection, sont employés dans l'établissement des lignes télégraphiques et téléphoniques.

Les planches, madriers et sciages divers entrent

dans la construction du matériel roulant et spécia¬

lement des wagons.

Enfin, dans la construction des appareils du ma¬

tériel fixé : panneaux de plaques tournantes, bar¬

rières, caisses à outils, augets de transmissions, etc., pièces pour lesquelles on a utilisé plus volontiers, pendant longtemps, les bois du Nord, le pin, grâce

à ses qualités et à son prix, a conquis une place de plus en plus étendue.

Les Compagnies de Chemins de fer utilisent aussi des quantités, qui sont loin d'être négligeables, de

déchets tels queles délignages sous forme de « fago-

tins » et des piquets de clôture provenant de bois d'éclaircissage.

On peut donc dire, et cette rapide ënumération en est la preuve, que les Exploitants forestiers du pin

trouvent dans les Chemins de fer des débouchés

importants pour beaucoup de leurs produits. Est-ce

àdire que ces débouchés sont limités aux seuls pro¬

duits que nous venons d'indiquer et qu'il est impos¬

sible de les étendre ?Nous ne le pensons pas etnous

(*) Communication faite au Congrès de la foré!: et de ses indus¬

tries. Bordeaux, juin 1932.

estimons au contraire qu'ils peuvent être très sé¬

rieusement élargis si les Exploitants s'appliquent à fabriquer, connue ils le font depuis plusieurs an¬

nées, des produits de mieux en mieux sélectionnés

comme qualité et comme fabrication.

Parmi les produits que nous venons d'énumérer,

il en est un sur lequel nous croyons devoir insister

d'une façon toute particulière parce qu'à lui seul

il représente une source d'activité considérable et des transactions qui se chiffrent annuellement à des

dizaines de millions. C'est celui que nous avons

indiqué en premier lieu : la traverse.

Traversé»

Tout le monde sait que les Chemins de fer utili¬

sent deux natures de traverses en bois; les unes en bois dur spécialement en chêne et hêtre, les autres

en bois tendre, presque uniquement en pin des Lan¬

des.

Les traverses en pin, les seules qui nous intéres¬

sent ici, peuvent être utilisées sur les voies de tous types, mais pour des raisons qu'il serait trop long

de développer dans cette note, elles trouvent une

application particulièrementfavorable dans lesvoies

armées avec des rails à double champignon où le

rail repose sur la traverse par l'intermédiaire d'un

coussinet.

La Compagnie des Chemins de fer du Midi, où les voies appartiennent à ce dernier type, utilise très largement les traverses en pin, puisque, pour des

besoins qui se chiffrent annuellement à 700.000 piè¬

ces, elle en achète environ 600.000 en pin. Si les

Réseaux voisins du Midi, qui ont également des

voies à coussinets, se sont peu à peu désintéressés

de la traverse de cette essence, c'est qu'à certaines époques, cette traverse, mal fabriquée etmal impré¬

gnée, a donné lieu à de sérieux mécomptes.

Le Réseau du Midi, malgré certaines fournitures défectueuses, a cru, en raison des intérêts spéciaux qui le rattachent à larégion landaise, devoir persis¬

ter dans l'utilisation de ce bois, qui fait la richesse

de notre Sud-Ouest et les résultats qu'il a, en défini

tive, obtenus, permettent de supposer qu'il a eu raison. Les essais effectués au pourrissoir et sur les

voies ont, en effet, montré que la traverse en pin est susceptible de donner complète satisfaction, eu

égard à son prix de revient, si elle remplit deux con¬

ditions essentielles, qui ne sont pas toujours réali-

Références

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