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Bulletin de l'Institut du Pin [1933, n°46] · BabordNum

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(1)

N°46. (^e Série) Paraissant le 15 de chaque mois. 15 Oetobtfe 1933.

Abonnement auBulletin (unani

France... 35 fr.

Etranger. 50 Ir.

Le Numéro. France.., 3f50 Étranger. 5f » Adresserlemoulant desAbonnementskl'Institut

duPin.C. C. Bordeaux 9237

BULLETIN

DE

L'INSTITUT du PIN

Sous le contrôle de l'Institut des Recherches

agronomiques

et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux

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I. Articles originaux

SOMMAIRE

Pages

A I 71 Les produits forestiers coloniaux, par M. Georges Dupont {fin) 193

C I 105 Contribution à l'étude de la camphénilone

etde ses dérivés, par M. Pascal Snitter

(fin) 200

Pages C. I 10G L'Essenced'aiguilles de pin maritime,par

M. J. de Fayard 215

C I 107 Sur la préparation du nitrosopinène, par

M. G. Vitte .7 210

II. Petite Documentation

D II 279-281 Petite Documentation 214

J)

MODE DE CLiASSIpICATION DE «03 DOCUMENTS

A. Généralités.

B. Récolte et traitement des résines.

C. Essences de térébenthine, terpènes et dérivés.

D. Constituants solides des résines et leurs dérivés.

/ Articles originaux. II Documentation.

E. Dérivéschimiquesdubois.

F. Celluloçe de bois G. Documentsdivers.

Adresser la Correspondance :

SH5Ï1T0T T/d FIN, Faculté ÔC'S $ci&lCC$, 20, Cours ?3St2îir, «iSFDH$!lX

Le Directeur technique reçoit les lundi, mercredi de 15 heuresà 19 heures.

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(3)

H* 46 (2e Série) Paraissant le 15 dechaquemois. 15 Octobre 1^33-

BULLETIN

DE

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L'INSTITUT DU PIN

Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques

et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux

A i 71

LES

PRODUITS FORESTIERS

COLONIAUX

Coursprofessé en 1933

devant la Faculté des Sciences sous lepatronage

de L'Institut Colonial de Bordeaux par M. Georges DUPONT

Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux,

Directeur technique de l'Institut du Pin (suile)

b) Produits tannants

Une matière est dite tannante, quand elle est ca¬

pable de se fixer sur les fibres de la peau, d'empê¬

cher leur gonflement à l'eau, et de les rendre impu¬

trescibles. On peut extraire des tannins d'un assez

grand nombre de végétaux et en particulier de bois qui en contiennent souvent en forte proportion.

Principes de l'extraction.

Le produit végétal est réduit à l'état de fins co¬

peaux, à l'aide de fortes découpures. On soumet ceux-ci à l'extraction méthodique, à l'aide d'eau chaude (diffusion). On obtient ainsi une solution de tannin que l'on filtre après refroidissement (filtre- presse) pour le débarrasser des poussières et rési¬

nes en suspension.

Le jus est décolorépar des procédésvariés : acide sulfureux, albumine, acide oxalique, noir animal,

etc., mais surtout par l'albumine du sang. Enfin, on concentre le jus, de préférence dans des appareils

à multiple effet. Le jus sort à25-30°. (C'est la solu¬

tion commerciale). On vend aussi les extraits secs obtenus par déshydratation dans le vide.

Qualités des tannins.

Sans entrer dans les détails de tannage et de

constitution des tannins, nous devons dire qu'il en existe deux groupes différents, suivant leurs carac¬

tères, leurs propriétés et leurs usages.

Tannins pyrogalliques :

Châtaignier, Chêne, Myrobolam, Sumac, Valonée, etc.

2" Tannins catéchiques :

Quebracho, Palétuvier, Mimosa, Hemlock, etc...

Les tannins pyrogalliques et catéchiqiu e dis¬

tinguent aisément par ébullition avec le mol et l'acide chlorhydrique. Les tannins catéch' ,os pré¬

cipitent, tandis que les tannins pyrogalliques ne

précipitent pas.

Bois à tannins coloniaux.

On y fait de plus en plus appel, par suite de l'épuisement des forêts de châtaigniers.

Mimosa. L'écorce seule est exploitée. La meil¬

leure variété semble être la Mollissima ''mimosa

(4)

194 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 46 - Octobre 1933

noir). Il en existe d'importantes plantations au Maroc, qui représentent de grosses possibilités (ré¬

volution, 7 à 8 ans). Le rendement est de 7 à 8 ton¬

nes d'écorces à l'hectare.

La richesse en tanninestde33 %. 100 kilos d'écor¬

ces donnent 110-120 kilos d'extrait à 30°.

Les mimosas repoussant du pied, leur culture

offre un gros intérêt. Une marque d'extrait sec du

Natal ayant cette origine a les caractères suivants : Matières tanniques assimilables... . -61,1 %

Non-tannins solubles 20,6 %

Insolubles 1,7 %

Eau 16,6 %

100 % Palétuvier. 11 croît au Gabon, au Sénégal, à Madagascar et en Indochine. Son écorce rongeâtre

contient de 20 à 30 9< de tannin. Le rendement est de 20 % en extrait sec sur les écorces fraîches. Cet extrait est moins coloré que celui obtenu avec les

écorces sèches. 11 y a donc avantage à extraire sur

place.

C'est une des essences tanniques les plus abon¬

dantes qui fournitun bon tannin quand il estenmé¬

lange avec d'autres.

Gonakié, ou acacia à tannin du Sénégal (acacia

arabica). Il atteint 15 mètres de haut. Le tannin estextrait des gousses de l'arbre. Les forêts, aujour¬

d'hui, sont en partie détruites par l'exploitation. Les

arbres atteignent une hauteur de 8 à 10' mètres à 15 ou'20 ans. Ils donnent : 60 à 80 kilos de gousses qui contiennent une forte proportion de .tannin (40 %).

La première récolte se fait de décembre à février:

on ramasse alors les gousses fraîches qui fourni¬

ront le tannin pour tannage blanc.

La deuxième récolte a lieu d'avril à mai : on

enlève les gousses sèches qui donneront le tannin

pour tannage rouge.

Les indigènes utilisent ordinairement le jus pro¬

venant des gousses, pour le tannage direct.

Garouille. —- C'est une racine du chêne Kermès.

Elle renferme 14 à 15 % de tannin. Sa coloration est foncée et sa production réduite.

Noix de galle de Chine. Elle provient d'une

sorte de sumac poussant en Indochine et au Laos, qui contient de 50 à 60 % de tannin.

Tizerah. Rhus pentaphylla ou sumac à cinq

feuilles. Il pousse au Maroc. C'est un arbuste de

2 à 3 mètres de hauteur et de 15 à 16 cm. de circonférence. Sa production de tannin est la sui¬

vante :

Bois, 2,70 %.

Ecorce de branche, 13,10 %.

Le rendement moyen est de 35 à 38 % de jus à

30 % de tannin. Ce tannin estcomparable au quebra- cho; il se décolore bien. On en fait une grosse con¬

sommation. Il s'ensuit que le tizerah est en voie de disparition rapide.

Takaout marocain. C'est une galle produite

par un acarien sur le Tamarix articulata, arbre très

abondant dans le Sud du Maroc et au Tafilalet. Cette

galle se propage aisément. On la récolte de septem¬

bre à novembre. Elle contient 40 % de tannin, alors que la proportion du tan de chêne-liège n'est que de 12 % seulement.

c) Produits tinctoriauxvégétaux coloniaux Ils sont d'une importance très réduite, depuis le développement des colorants artificiels. Cependant,

certains sont encore très employés. Ce sont surtout :

L'indigo, extrait des feuilles de l'Indigo fera Tinc- toria, qui fut l'objet d'une culture très importante, particulièrement aux Indes et en Afrique. La pro¬

duction en est aujourd'hui réduite, devant l'indigo

artificiel. La matière active est Findigotine qui, par réduction, donne l'indigo blanc soluble. L'indigo se fixe par oxydation sur la fibre.

Le bois de campêche, provenant de l'hematoxy-

lon campichianum, originairede l'Amérique du Sud

et des Antilles.

Sa matière colorante est l'hématine ou hematoxy- line, qui par oxydation à l'air, en présence des alca¬

lis, donne l'hématome fortement colorée et permet

d'obtenir avec des oxydes métalliques (chrome ou

fer) des laques colorées de couleurs noires ou som¬

bres.

Le rendement en extrait sec est de 12 à 15 % du bois. Cet extrait contient de 60 à 95 % d'hématéine.

L'orseille, produit colorant extrait des lichens marins, dont Madagascar exporte une assez grosse

quantité.

L'extraction de l'orseille se fait à l'aide de chaux et d'ammoniaque. Le rendement en extrait est de

(5)

BULLE1IN DE L'INSTITUT DU PIN 46 - Octobre 1933 195

100 % du poids du lichen. Avec cette matière colo¬

rante, on obtient des teintures en rouge et brun.

Le safran, produit par les stigmates desséchés

-du crocus sativus originaire d'Indochine. On ne l'utilise plus que dans l'ai# culinaire.

Le cunao, extrait des tubercules du cu-nan qui

croît au Tonkin eten Indochine. Lesindigènes l'uti¬

lisent en teinture.

d) LA PATE A PAPIER ET LE PAPIER AUX COLONIES

Les Chinois ont inventé le papier environ 160 ans avant notre ère. Ils utilisaient pour sa préparation

des plantes spéciales dont ils séparaient et

feu¬

traient les fibres, par un procédé primitif qui nia guère chez eux évolué jusqu'à nos jours.

Ces

pro¬

cédés ne parvinrent en Europe que beaucoup plus

tard et furent importés par les Arabes au travers

de l'Afrique du Nord.

Les anciens Egyptiens fabriquaient avec le papy¬

rus croissant abondamment sur les bords du Nil,

une sorte de papier qui, en réalité, n'était qu'une

sorte d'étoffe grossière. Ils furent

pendant

de nom¬

breux siècles, les fournisseurs de l'Europe, et en

particulier del'Empire romain, etce ne fut quevers l'an 1100, qu'un véritable papier fait de libres de

coton, connu sous le nom de « carta bombycino »,

paruten Europe et remplaça rapidement le papyrus trop fragile et putrescible.

Papyrus, papier de coton ou de chiffon tiraient

leurs matières premières de plantes des pays chauds.

Aujourd'hui, le progrès aidant et les chiffons ne suffisant plus, de très loin, aux besoins en papier

des peuples civilisés, ceux-ci firent appel à d'autres

fibres végétales, et en particulier à la cellulose de

bois. Ce sont surtout les pays du Nord, très riches

en forêts naturelles, d'espèces peu variées, qui ont profité jusqu'à ce jour de cette évolution. Mais la

consommation de papier s'accroît à tel point que

les vieilles forêts septentrionales com *pencent, mal¬

gré leur puissance, à ne plus suffire àla production

demandée. Pour la France, en particulier, tributaire

des pays du Nord pour une très grosse importation

de pâtes à papier, le problème se pose de retirer

celle-ci de ses produits ligneux coloniaux.

Principe de fabrication. Je ne puis songer à

donner ici que le principe de la fabrication. Les pâtes de bois sont de deux types très distincts :

La pâte mécanique, qui n'est autre chose qu'une sorte de farine de bois obtenue en séparant grossièrement les fibres, par l'action d'une meule de pierre frottant parallèlement à leurs fibres, sur des

rondins de bois.

2" La pâte chimique pour laquelle on traite le

bois par des réactifs capables de solubiliser la

« lignine », sorte de ciment organique qui maintient

dans le bois, collées les unes aux autres, les fibres le cellulose,

La pâte mécanique est assez grossière et peu résistante; elle contient non seulement les fibres de cellulose, en général fortement déchiquetées,

mais encore la lignine; elle n'est assez blanche que si le bois lui-même est blanc.

La pâte chimique présente au contraire, des

fibres nettement séparées et assez longues pour pouvoir, en s'enchevêtrant, donner un feutre résis¬

tant à la traction; on pourra la blanchir par l'em¬

ploi de réactifs convenables (chlore en particulier)

et l'on obtiendra ainsi de la cellulose assez pure

analogue au coton.

La pâte chimique donneradonc, comme d'ailleurs

le coton et les fibres naturellement séparées, de

beaux papiers blancs et solides. La pâte mécani¬

que sera plutôt un produit de remplissage destiné

à abaisser le prix de revient, au détriment de la

solidité.

Le papier « Kraft », de pâte chimique pure, est

extrêmement résistant. Le papier journal qui con¬

tient 70 % de pâte mécanique, est fragile.

La machine à papier utilisera ces pâtes, soit pu¬

res, soit le plus souvent, en mélange, et aura pour but de feutrer les fibres, et de les coller par pres¬

sion (et à l'aide de certaines colles) les unes aux autres. Ces considérations générales étant données,

revenons aux produits coloniaux utilisés ou sus¬

ceptibles de l'être, pour la fabrication du papier.

Considérons séparément les plantes à fibres et

les bois :

Plantes coloniales à fibres utilisables en papeterie L'Alfa.

La plus importante est de beaucoup l'alfa. C'est

une graminée vivace, dont la feuille est seule uti-

10 -

(6)

BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 46 - Octobre 1933 196

lisée, etestroulée dans le sens de lalongueur, en un

cylindre de 2 à 3 mm. de diamètre, sur 30 à 60 cm.

de longueur.

L'alfa pousse par touffes espacées. On en récolte

de 200 à 800 kilos à l'hectare (moyenne 500 kilos).

11 forme une nappe presque continue entre l'Atlas

Tellien et l'Atlas saharien, allant du Maroc (Sud d'Oujda) à travers l'Algérie et la Tunisie, jusqu'à

la mer, vers Gabès.

L'Algérie à elle seule en produit sur 4,000.000

d'hectares, la production pourrait atteindre 6.000

à 7.000 tonnes par an. Cependant, en pratique, elle

est beaucoup moindre, à cause des difficultés de transport.

Le rendement en cellulose blanchie est de 42 à 50 %. L'alfa repousse de lui-même, tous les ans, des vieux pieds, ce qui rend sa culture très inté¬

ressante. On doit arracher et non couper les feuil¬

les àleur maturité. L'alfa a étéutilisé de tout temps

par les indigènes, pour la vannerie et les nattes.

Son exploitation pour la papeterie, ne date que de

1862.

L'exportation a surtout été faite, ces dernières années, vers l'Angleterre :

Exportation en 1923 :

Angleterre 105.003 tonnes

France 9.003

Espagne 2.056

Autres pays 1.340

Soit pour 1923 un total de 117.402 tonnes,

d'une valeur de 32.769.000 francs.

En 1929, les exportations ont été les suivantes :

Algérie 200.000 tonnes.

Tunisie 98.000 tonnes.

Maroc . . . < 25.000 tonnes.

On voit que la part de la France s'est très accrue.

Actuellement donc, l'alfa est un produit d'expor¬

tation. Son emploi sur place, dans les papeteries, paraît désirable, mais celui-ci serait gêné par le

manque d'eau et de charbon.

Manutention et trans-port de

l'alfa.

La récolte

est concédée en Algérie par adjudication.

La cueillette effectuée par les Arabes se fait par arrachage. du chaume (enroulement sur bâton et

traction), et le transport des bottes au chantier s'ef¬

fectue à dos de chameau ou de mulet. L'alfa est trié au chantier, puis bottelé en balles de 150 à

180 kilos mesurant 1 m. 25X0,65x0,60. Ce botte- îage a lieu, soit en chantier, soit au port. Les halles

sont défaites à l'usine; l'alfa est nettoyé et le plus généralement traitépar le procédéà la soude. Quant

à la pâte, elle est blanchie au chlore.

Emploi de la pâte d'alfa. Les libres courtes et

fines seront en général associées à des.fibres plus longues (chiffons par exemple). On trouve le plus

souvent de 50 à 60 % d'alfa dans la composition du papier.

L'alfa offre de nombreux avantages. Son emploi

dans la fabrication du papier permet d'obtenir un

feutrage admirable des fibres courtes et fines et

d'avoir un papier beaucoup plus léger (deux fois plus) à volume égal, que celui obtenu avec des pâtes sulfitiques de bois (papiers dits bouffants).

Le papier d'alfa possède en outre, une élasticité spéciale, et son « amour » pour l'encre d'imprime¬

rie, le fait rechercher pour les papiers d'édition.

Le bambou.

Le bambou est l'une des matières premières de papeterie les plus intéressantes par la qualité des

libres et l'importance des peuplements.

En Indochine, le bambou couvre d'immenses sur¬

faces : les vallées de la plupart des rivières en sont

naturellement couvertes.

Les indigènes l'utilisent à d'innombrables appli¬

cations.

Les espèces utilisables pour la papeterie sont les

bambous femelles ou nua à chaume creux.

La croissance de cet arbre est extrêmement ra¬

pide et peut atteindre, d'après Colin, jusqu'à 90 cm.

en 24 heures. Sa hauteur va jusqu'à 35 mètres et

son diamètre jusqu'à 30 cm. Cette croissance peut

être atteinte par certaines tiges en soixante jours.

C'est donc une plante susceptible d'une grande pro¬

duction ligneuse.

Emplois en papeterie. Le bambou est utilisé depuis des siècles en Chine, par des procédés res¬

tés encore primitifs. Les Européens ont introduit aujourd'hui les méthodes modernes. Deux usines

construites en 1917 produisent respectivement 150

et 250 tonnes par mois de papier. Pour cette fabri-

(7)

BULLE1IN DE L'INSTITUT DU PIN 46 - Octobre 1033 197

cation, le procédé à la soude est nécessaire. Le

bambou coupé en morceaux est énergiquement broyé (laminoirs cannelés), puis lavé. Il est enfin

lessivé à la soude suivant les procédés ordinaires,

(sous 8 kilos, 20 % en NaOH par rapport au bois).

Le rendement obtenu est de 38 %.

Propriétés de la pâte de bambou. Elle possède

une des meilleures fibres chimiques, ce qui est

intéressant aussi bien pour la fabrication du papier

que pour celle de la nitrocellulose.

La paille.

Tout le inonde connaît ie papier de paille, ce

papier d'emballage jaune, d'un emploi si

courant

en France, connu sous le nom de papier de bou¬

cher. La fabrication du papier de paille s'est déve¬

loppée en France depuis le xvnf

siècle

et y

fait

vivre une foule de petites usines qui produisaient

en 1912 (dernière enquête) : 71.-800 tonnes de pa¬

pier. Cette industrie paraît

susceptible de

se

déve¬

lopper largement en Algérie et au

Maroc, qui

pro¬

duisent beaucoup de céréales et peuvent produire beaucoup de paille et sont

actuellement de

gros importateurs de papiers de

paille.

Cette industrie ne demande pas, en effet, l'ou¬

tillage compliqué des grosses

usines à papier.

Je ne peux donner ici que le

principe de cette

fabrication : la paille coupée en morceaux de

1

cm.

est mise à macérer dans des fosses, les mares, avec

un lait de chaux, pendant une quinzaine de

jours.

La paille est ramollie par ce

traitement; elle subit

alors un broyage, sous des meules qui

la transfor¬

ment en une pâte jaune. Cette pâte est

ensuite raf¬

finée dans des piles, puis prise par

de petites

ma¬

chines à papier, qui la

transforment

en

papier. La

chaleur et la force motrice sont nécessaires pour cette fabrication, mais en proportion moins forte

que pour les autres

qualités de pâte, puisqu'il n'y

a pas ici cuisson de la

pâte. Les prix de revient de

la pâte et les

débouchés possibles paraissent être

les éléments principaux du problème.

Les celluloses de bois.

'

Enfin nous avons vu l'extrême richesse de la

forêt équatoriale. (1

paraît logique de

penser

que

comme source de produits ligneux,

la forêt équa¬

toriale a une supériorité considérable sur les forêts septentrionales. Chez celles-ci la croissance paraît

être, en Suède, de une tonne à l'hectare. Pour la l'orêt équntoriale, cette croissance est vingt fois su¬

périeure, quelquefois plus.

Malheureusement, l'hétérogénéité extrême des peuplements naturels s'est opposée, jusqu'à pré¬

sent, au développement dans nos colonies de la papeterie suivant les procédés modernes. Le pro¬

blème devient au contraire possible, et, semble-t-il,

aisé, par la création de massifs homogènes d'es¬

sences tendres et riches en cellulose.

Dans l'Afrique équatoriale, le parasolum a attiré particulièrement l'attention. Croissant avec une ra¬

pidité prodigieuse, il donne tous les quatre à

cinq

ans des coupes abondantes et permettrait à une usine de se ravitailler dans un diamètre très res¬

treint de forêt.

Il en est de même au Maroc, avec le cèdre qui

donne un papier d'excellente qualité, et avec

l'eu¬

calyptus qui, dans la région de

Petitjean, produit

une dizaine de tonnes de ligneux par hectare, et

fournit une pâte dont les qualités sont

voisines de

celles de l'alfa.

L'usine à papier coloniale paraît

devoir être

une

réalisation prochaine et féconde; elle trouvera,

et

ce sera son avantage, sa matière première autour

d'elle, sur un faible périmètre de forêts

cultivées

d'essences sélectionnées. Mais elle devra avoir l'eau

en abondance, et la force motrice et le charbon, à

bon compte. Ce sont là, sans

doute, des conditions

assez difficiles à réaliser dans les colonies, mais le problème vaut la peine

d'être étudiée

avec

soin, car

on ne doit pas oublier que la

métropole importe la

moitié de sa consommation de pâtes à papier,

soit

bonan mal an, pour 300 millions

de francs environ.

e) Caoutchouc, gommes et résines, laques

et cires coloniales.

Le caoutchouc.

La culture de l'hevea date à peine d'un quart de

siècle et a apporté dans

l'Industrie et le

commerce

du caoutchouc, des modifications profondes. Le

caoutchouc sauvage beaucoup moins

homogène

que

le caoutchouc de culture est progressivement sup¬

planté par

celui-ci.

- 12 -

(8)

198 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 46 - Octobre 1933

Voici, d'après Jumelle, quelques chiffres de la' production mondiale de caoutchouc :

En 1900 :

Caoutchouc sylvestre, 57.000 tonnes environ :

Amérique du Sud 28.000 tonnes.

Afrique équatoriale 24.000

Amérique tropicale 300

Asie et Malaisie 1.000

L'importation française a été de 7.000 tonnes.

En 1924 :

Caoutchouc de plantation, 386.000 tonnes; caout¬

chouc sylvestre, 34.000 tonnes. Total, 420.000

tonnes :

Etats fédérés malais 256.000 tonnes.

Ceylan 37.000

Sumatra 80.€00

Java . . . . 41.000

Bornéo 6.000

Inde et Indochine 11.000

Sylvestre :

Amérique du Nord . . . . 24.000

Afrique 10.000

L'importation française a été de 35.000 tonnes

(dont un cinquième seulement des colonies).

En 1923, la production de nos colonies a été la

suivante :

Indochine 5.700 tonnes.

Afrique occidentale 1.321

Afrique équatoriale .... 1.076

Culture en Indochine. C'est en 1906 qu'il y eut les premières grandes plantations à

Sujannah,

et en 1908 à Xa-Trach.

En 1923, 35.000 hectares (9 millions d'arbres),

furent plantés, principalement en Cochinchine.

La

production est largement

extensible (106.000 hec¬

tares étant concédés). .

Des progrès ont été réalisés dans

la culture des

arbres, en vue d'accroître,1a production du caout¬

chouc :

-n

Des saignées alternées ont remplacé les

sai¬

gnées journalières.

2" L'espacement des arbres avec cultures

inter¬

calaires a été pratiqué.

La gomme arabique.

La gomme arabique provient de divers acacias,,

en particulier de l'acacia Sénégal ou acacia Verek,.

abondant en Mauritanie et au Sénégal.

Le Sénégal en exporte : 3.822 tonnes.

Le Soudan : 173 tonnes.

(Le Soudan égyptien en produit 20.000 tonnes.)

Voici comment se pratique la récolte de la gom¬

me arabique, dans larégion de Cayar. L'exsudation

de l'arbre est provoquée et elle nécessite l'écorçage

de celui-ci après la saison des pluies. L'indigène,

avec une hachette, enlève un lambeau d'écorce de 30 à 35 cm. de longueur et de 3 à 5 cm. de lar¬

geur. La récolte commence un mois et demi après l'écorçage et se continue tous les cinq à six jours.

En Mauritanie, au contraire, on récolte de la gomme sauvage exsudée naturellement du tronc.

Résines.

Les résines proprement dites sont : La sandara-

que et le copal;

Le Baume : le benjoin;

La gomme résine : la laque;

L'oléorésine : l'huile de bois, la gemme de pin.

La sandaraque est très utilisée pour la fabrica¬

tion de certains vernis. Elle est extraite du thuya : Callitris quadrivalvis, abondant dans toute l'Afri- Vque du Nord. Sa récolte est surtout concentrée dans

le sud-ouest du Maroc : Mogador, Agadir, où, sur 300.000 hectares couverts, 100.000 seulement sont

exploités.

La récolte a lieu d'avril à août. On retire d'abord la résine qui sort des cannelures profondes, au nom¬

bre de 3 à 10, pratiquées sur le pourtour du tronc;

on récolte ensuite les grains exsudés qui se solidi¬

fient à l'air.

Madagascar exporte 2 à 300 tonnes de sanda¬

raque.

Copal.

Les principales colonies exportatrices de copal

sont : Madagascar, la Guinée et le Moyen-Congo.

Copal de Madagascar. Il proviènt du Trachy-

lobium verrucosum, qui pousse dans les régions

sablonneuses de la côte Est. Il s'écoule naturelle¬

ment des branches et est recueilli soit sur l'arbre,

(9)

BULLE1IN DE L'INSTITUT LU PIN N° 46 - Octobre 1933 199

soit an pied où il se trouve enfoui plus ou moins profondément dans le sol, d'où son nom de copal

vert et copal fossile.

Le copal dur est une variété très recherchée pour les vernis.

Les exportations ont atteint le chiffre de 37 ton¬

nes environ, en 1923.

Cojxil de Guinée. C'est uncopal vert découlant

du Copaifera guibourtiana. Les arbres sont incisés

en novembre et la récolte a lieu de mars à avril.

Les exportations de la Guinée et du Moyen-Congo

ont été de 242 tonnes en 1923.

Copals de l'Afrique équatoriale. Ils sont ré¬

coltés dans le sol auxl pieds de diverses sortes de copaifera. La récolte est de faible importance.

Benjoin.

Le benjoin d'Indochine ou de Siam est extrait

d'une variété de styrax abondant au Tonkin et au Laos. La récolte n'est profitable que sur les arbres poussant au-dessus de 1.000 mètres (1.200 à

1.500

mètres).

Les deux grands centres d'exploitation sont : la province des Hua-Panhs et la vallée du

Nam-Hoa.

Le gemmage se fait de juillet à

août

et la

récolte

a lieu en décembre. Un arbre produit deux ou trois

ans, et cette production est de 3 à 4 kilos par an.

Les exportations indochinoises ont atteint 37 ton¬

nes 7 en 1923, et la France en absorba la majeure partie.

Le benjoin est utilisé en parfumerie (parfums à

brûler). Il sert à la fabrication de l'acide cinnami- que et est employé en médecine pour la confection d'onguents.

Les diverses résines indochinoises d'intérêt local jsont :

Les huiles de bois, extraites des troncs perforés

ou creusés du dipterocarpus alatus, qui sont utili¬

sées sur place comme enduits et servent à la pré¬

paration de vernis.

Le Dammar de Cochinchine, qui est extrait éga¬

lement de diptérocarpées du genre shorea, et dont

la consommation est uniquement locale.

Les colophanes et térébenthines, qui sont extrai¬

tes des gemmes de pin du Tonkin, du Cambodge et

de l'Annam, et dont le gemmage est pratiqué selon

la méthode landaise. La consommation a lieu sur

place.

Les laques. Elles proviennent de deux arbres

indochinois : le Rhus succedanea du Tonkin et le

(Melannorrhea laccifera, croissant au Cambodge et

en Cochinchine.

La première variété de laque fait seule l'objet

d'une exportation atteignant près de 700 tonnes (4923) à destination surtout du Japon.

Gomme-laque. Beaucoupplus importante est la gomme-laque, qui a une origine animale. Elle pro¬

vient d'hémiptères divers (coccus lacca, coccus cacti), vivant sur les branches de certains arbres, particulièrement l'arbre à laque (croton lacciferum,

de la famille des eupliorbiacées), croissant aux Indes, au Siam et en Anam. La gomme est sécré¬

tée par la femelle qui recouvre ses œufs.

Il en existe trois variétés :

La laque en bâton qui se trouve sur les ra¬

meaux et est impure;

La laque en grains qui se récolte directement

sur les rameaux;

La laque en écaille, qui s'obtient par lavage puis par fusion de la gomme.

La gomme laque trouve des usages importants

pour la préparation des vernis à l'alcool.

(10)

200 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 46 - Octobre 1933 ! G i 105

CONTRIBUTION A L'ETUDE

DE LA

Camphénilone et de ses Dérivés

par M. Pascal SNITTER, Ingénieur-Chimiste {suite*)

CHAPITRE II

PREPARATION PRATIQUE DU CAMPHENE SES DIVERSES OXYDATIONS

Préparation* de la camphénilone.

Pour l'obtention du camphène qui a servi à nos recherches, nous avons utilisé, d'une part, le cam¬

phène obtenu par la méthode Reychler (36) et du camphène fourni par les Usines des Industries chi¬

miques de Facture.

PREPARATION DU CAMPHENE a) Préparation du chlorhydrate de pinène.

Pour la préparation de ce dernier, nous sommes

partis de l'essence de térébenthine de Bordeaux, laquelle distillée avec une colonne Dupont, avait

les constantes suivantes :

Eb = 1530-156° DU== 0,857

N|f

- 1,470

(a)1,;*

= -31

On sèche le plus possible l'essence pour éliminer

l'eau qui entraîne la formation des produits liqui¬

des parmi lesquels le chlorhydrate de dipentène et

on fait barbotter un courant d'acide chlorhydrique

sec.

L'appareil à acide chlorhydrique est un appareil type courant auquel nous avons ajouté deux colon¬

nes séchantes de chlorure de calcium pour retenir

l'humidité.

Ap rès 25' minutes de barbottage, l'essence

s'échauffe vers 40-45°, température favorable à la

cristallisation du chlorhydrate. Une heure et demie après l'essence se colore en jaune épais et des cris¬

taux commencent à se déposer dans le fond du bal¬

lon finissant par la prise en masse de l'essence. On

essore. On passe à la presse hydraulique pour bien

extraire les parties huileuses et on cristallise en- (*) Bull, de l'Insl. du Pin. 45.

(36) Bull. Soc. Chim.', t. 15, p. 371.

suite dans l'alcool, et on obtient un chlorhydrate

pur avec un rendement de 80 à 86 % fondant à 125-127°.

b) Passage au Camphène.

Dans un excès de phénol, on incorpore à chaud

une quantité de potasse plus que suffisante pour enlever tout le chlore au chlorhydrate de pinène.

On chauffe ensuite vers 170° pour éliminer la ma¬

jeure partie d'eau, sans trop laisser refroidir. On ajoute à la masse le chlorhydrate à transformer.

On chauffe pendant 20 à 30 minutes au réfrigérant

à reflux vers 155-165° et on entraîne à la vapeur.

On décante la couche supérieure, on sèche sur du

sulfate de soude anhydre et on distille.

Le camphène passe entre 153-163° avec un ren¬

dement de 75 %, fondant à 41-42°.

Le cycle de réaction est le suivant : CH5

J C

CHî

CH H C + HCl

CH'

CHCl n e _HC1

CH H

C<CHCHî H2CM L

ou ClCH2 H?C

CHZ

pinène chlorhydrate de pinène camphène camphène DIVERSES OXYDATIONS DU CAMPHENE

a) Oxydation permanganique du Camphène.

Wagner (37) a donné la formule développée ci-

dessus du camphène qui est généralement acceptée

par tous les spécialistes de la série terpénique.

En 1896, le même auteur (38) oxyda le cam¬

phène par le permanganate de potassium et décou¬

vrit la camphénilone.

Les produits normaux de l'oxydation, d'après Wagner, sont les suivants :

HC

« <HfC en

/l\c^CH

C<CH3 H'C

+MN:OV

C= CH2

CH

C<CHJ

A\

C -CH1-OHHî,

I H '

OH

cdvrw3, H*C

+o

/N

C-COOH

I

OH

c<r

camphène camphène-glycolAc.Oxycamphénylaniquecamphénilone

Après Wagner, de nombreux chimistes repren¬

nent l'étude de l'oxydation du camphène.

(37) Ber., t. 32, p. 2311.

(38) Journ. Soc. Phi/s., Chim. russe, t. 28, p. 64 (1896).

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