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Bulletin de l'Institut du Pin [1933, n°39] · BabordNum

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(1)

76

fi0 39. m Série) Fcroissant le 15 de chaque mois. 15 JVIans 1933.

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Le Numéro

BULLETIN

DE

France... 3f 50 Étranger. 5f *

L'INSTITUT DU PIN

Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques

et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux

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SOMMAIRE

1. Articles originaux Pages A I 67 Les Entreprises du Génie rural dans les

Landes deGascogne, par M. Ferron.. . 49

A I 68 Classement des produits ligneux du Pin maritime, parM. Vaillant ((à suivre). 54

B I 27 LeGemmage des Pins. Améliorations, par

M. Ouoin 53

C I 100 Contribution àl'étude du mélangedénom¬

industriellementterpinolène etquel¬

ques essais d'obtention du terpinolène

pur, par Mlle R. MARoxf/m) 61

Pages C I 101 Contribution à l'étude des menthènes et

des menthadiènes, par M. Robert

Gachard(d suivre). . . 67

Appareil pratique pour doser l'acidité de

l'essencedetérébenthine 59

II. Petite Documentation

D II 259-260 PetiteDocumentation 60

MODE DE CLASSIFICATION DE NOS DOCUMENTS

A. Généralités.

B. Récolte et traitement des résines.

C. Essences de térébenthine, terpènes etdérivés.

D. Constituants solides des résines et leurs dérivés.

/ Articles originaux. IIDocumentation

E. Dérivéschimiquesdubois.

F. Cellulose de bois.

G. Documentsdivers.

Adresser la Correspondance :

INSTITUT DU PIN, Faculté ÔCS Sciences, 20, Cours Pasteur, BORDEAUX

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H° 39 (2e Sériel Paraissant le 15 dechaque mois. 15 JVIafs 1933

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L'INSTITUT DU PIN

Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques

et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux

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A i 67 LES

Entreprises de Génie Rural

dam les Landes de Gascogne

par F. FERRON (•)

Ingénieur en Chef du Génie Rural.

I. Considérations générales.

Le Baron d'Haussez, Préfet des Landes et de la Girondesous ia Restauration, définissaitles travaux nécessaires pour mettre en valeur les landes de

Gascogne : création de grandes voies de communi¬

cation, assainissement et évacuation des eaux nui¬

sibles, fixation des dunes.

Les grands travaux publics sont réalisés. La forêt landaise est 1a conséquence de l'œuvre de Brémon- tier, de Chambrelent, des Ingénieurs des chemins de fer et de ceux qui firent les routes. L'ancien pays

désertique a fait place à l'une des plus belles forêts françaises.

Il reste à compléter et perfectionner cette œuvre pardivers travaux d'équipementruralpour lesquels

les collectivités rurales peuvent obtenir l'aide du Ministère de l'Agriculture.

II. Problèmes à s'ésoudre.

1) Voies de communication. Les routes et les voies ferrées divisent le pays en

polygones plus ou

deaux

q?3''UniCali°"

fait®®U ConSrèsdelaFôl.ê'tetdeses industries. Bor-

moins vastes. La culture de la forêt au double point

de vue de la production du bois et de la résine, la

défense contre l'incendie, exigent le sectionnement

de ces surfaces par des chemins d'exploitation.

2) Assainissement. L'hiver, de grandes éten¬

dues sontencore couvertes d'eau. Le sol reste saturé

parfois jusqu'à l'été. Le développement des semis

est souvent compromis. Le développement des ar¬

bres est retardé. La stagnation des eaux, par suite

du défaut de fossés a même empêché le boisement

de certaines parties de nos landes.

Il est nécessaire de créer des réseaux de fossés pour amener les eaux nuisibles à leurs émissaires naturels. Cet assainissement doit d'ailleurs être conçu de façon à éviter d'assécher trop complète¬

ment le sol pendant l'été.

Souvent, les fossés collecteurs pourront être pa¬

rallèles aux chemins. Assainissement et circulation seront obtenus par des. ouvrages judicieusement

combinés. Les déblais des fossés, largement dimen- sionnés, permettront de surélever la plateforme des chemins.

3) Equipement rural des bourgs et villages.

L'électrification est en voie d'achèvement. L'exis¬

tence rurale est ainsi sensiblement améliorée. Mais il est nécessaire d'entreprendre d'autres travaux pour améliorer le confort et l'hygiène des popula¬

tions : distribution d'eau, assainissement des vil¬

lages. Dans cet ordre d'idées, tout ou presque tout

est à faire.

IIL Collectivités susceptibles d'entreprendre

Ses travaux et aide de l'Etat

L'aide de l'Etat présente un double caractère :

(4)

50 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 89 - Mars 1933

a) Technique : mise à la disposition des collec¬

tivités rurales du Service du Génie Rural.

b) Financier : subventions. Prêts à taux ré¬

duits.

Le tableau cbaprès indique les collectivités sus¬

ceptibles de réaliser ces divers travaux et le taux

de la subvention.

IV. Exemples d'application.

Parmi les entreprises qui ont bénéficié du con¬

cours du Génie Rural :

Collectivités

Communes et syndic;.ts de communes.

Associations syndicales.

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tion syndicale pour création de chemins d'exploita¬

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térieur.

(5)

BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 39 - Mars W33 51 A i 68

CLASSEMENT DES PRODUITS LIGNEUX

DU PIN MARITIME

Par M. II. VAILLANT ( )

Professeurà l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts

L'importance des produits ligneux du pin mari¬

time a augmenté considérablement depuis une cin¬

quantaine d'années, l'âge, et par suite le diamè¬

tre, —- d'exploitation des bois ayantété élevé et per¬

mettant des débits à des dimensions que l'on ne

pouvait envisager au début de la mise envaleur des Pinadas landaises. Ces produits, longtemps réser¬

vés au marché local et au marché espagnol, tendent

à se répandre davantage dans le marché national pour remplacer, dans une certaine mesure, des bois d'importation. Comme cette extension du marché des sciages de pin maritime dépend, au moins en

partie, des débits qui seront adoptés, il paraît né¬

cessaire d'examiner quels sont lesprincipaux débits pratiqués actuellement et de rechercher vers quels types types vosgiens ou types des bois du Nord

—- il y a lieu d'orienter les sciages.

Nous examinerons par catégories ces différents

débits en faisant observer d'abord que, d'une façon générale, les sciages sur commande prennent de plus en plus d'importance et que, d'autre part, les sciages dits « sciages commerciaux courants », s'ils sont encore extrêmement variés, tendent à se stan¬

dardiser sur un certain nombre de types. Ces types dérivent, soit de la planche vosgienne 12/9, de 4 m.

de long, 25 cm. de large et 27 mm. (pratiquement

25 mm. à l'état sec) d'épaisseur, soit des divers scia¬

ges de bois du Nord, d'ordinaire plus courts, dont les dimensions sont fixées en pieds et pouces an¬

glais, convertis en mesures métriques par le com¬

merce français, et qui présentent une très grande variété. Mais parmi ces sciages, il en est quelques-

uns qui jouissent d'une plus grande faveur sur no¬

tre marché, en raison des combinaisons de refen-

dage auxquelles ils se prêtent. Comme les pins ma- litimes du Sud-Ouest sont loin d'atteindre la hau¬

teur et lediamètre dessapins et épicéasde nos mon¬

tagnes, les sciages que l'on peut en tirer se trouvent

( ) Communication faiteau Congrès de la Forêtetde sesindustries, Bor¬

deaux 1SM2. '

naturellement plus voisins des débits des bois du Nord; s'ils n'en ont pas toutes les qualités, ils peu¬

vent néanmoins les concurrencer pour certains usa¬

ges, surtoutlorsqu'ils ontété gemmés, ce qui réduit

la largeur de leurs accroissements annuels; enfin, c'est dans la région où sont plus facilement impor¬

tés les bois du Nord qu'ils peuvent aussi leplus aisé¬

ment être introduits sur le marché.

Pour ces divers motifs, c'est évidemment vers les

types « sciages du Nord » que doivent être orientés les divers débits du pin maritime, et cette orienta¬

tion apparaît déjà nettement dans l'étude des divers échantillons qu'il convient maintenant d'examiner brièvement.

Traverses.

Les dimensions des traverses sont conditionnées par les exigences des Compagnies auxquelles elles

sont livrées. Particulièrement les traverses de la

région du Sud-Ouest sont du type de la Compagnie

du Midi ou du type adopté par les chemins de fer espagnols, les principales différences provenant de

la longueur(les traverses espagnoles ont 5 ou 20 cm.

de plus que les traverses type Midi) et les catégo¬

ries demeurant sensiblement les mêmes comme lar¬

geur de la face de pose et de la face de sabotage, et

comme épaisseur.

Il serait sans doute intéressant d'arriveràla stan¬

dardisation du débit en traverses, tant du pin mari¬

time, que des autres semences; mais tant que les Compagnies françaises ne se seront pas acheminées

vers l'adoption sur tous les réseaux de types uni¬

formes, toute tentative des producteurs en ce sens

demeurera stérile et vouée à l'insuccès.

Pour les traversines, les types sont actuellement bien fixés : longueur, 1 m. 80 et 2 m., largeur pose, 18cm., sabotage, 12 cm., épaisseur, 12 cm. Ence qui

concerne ce débit, nous nous trouvons donc en pré¬

sence d'une situation de fait normale et pour la¬

quelle aucune modification n'est à envisager.

Bois de charpente.

Les charpentes sciées sont débitées presque ex¬

clusivement sur commande, à des dimensions varia¬

bles avec les besoins de la construction, sans des¬

cendre en dessous d'une section de 6 X 8 cm., les dimensions les plus fortes dépendant uniquement

du diamètre des arbres mis en œuvre. Il n'y a donc

pas à rechercher une standardisation de ces sciages,

(6)

52 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 39 - Mars 1933

sauf pour la petite charpente (chevrons 8 X8 et 5x6).

Sciages épais.

Les sciages épais comprennent d'abord des ma¬

driers, dont les principaux emplois sont la confec¬

tion de pavés, la construction et la réparation des wagons, et la menuiserie de bâtiments. En ce qui

concerne ces bois, les débits pratiqués actuellement

sont fortement influencés par les débits des « bois

du Nord », et ils se rapprochent tous plus ou moins

des madriers et des bastings dont les mesures types établies en pieds et pouces anglais, sont pratique¬

ment converties en mesuresdécimales. Les madriers de pin maritime les plus répandus ont une épais¬

seur de 8 cm. et des largeurs variables, comprises

entre 16 et25 cm. Mais entre ceslimites, il existe un assez grand nombre de dimensions dont l'unifica¬

tion, au moins partielle, apparaît comme désirable.

En ce qui concerne les largeurs, tandis que les ma¬

driers à pavés ont de 16 à 25 cm., les madriers ty¬

pe Compagnie du Midi ont une largeur comprise en¬

tre 21 et 23 cm., ou bien une largeur uniforme de 19 cm.

Il semble que l'adoption de largeurs fixes corres¬

pondant par exemple au type 3/8, 5 pouces, c'est-à-

dire 8/22 cm., soit particulièrement désirable, ces

dimensions permettant d'obtenir par la refente la plupart des bois d'utilisation courante.

En ce qui concerne la longueur, ces madriers ont ordinairement des longueurs multiples de 33 cm.,

correspondant à des mesures en pieds, exception

faite pour certains madriers type Midi, dons les lon¬

gueurs de 3 m. 20 et de 4 m. 80 ne correspondent pas à des longueurs exactes en pieds.

Il semble bien que les bois de pin maritime doi¬

vent plutôt être ramenés à des dimensions standard

analogues aux bois du Nord puisque leur longueur

et leur grosseur, généralement assez restreintes, ne

leur permettent pas la concurrence avec les bois

longs et gros en provenance des Vosges ou du Jura;

ce sont donc les longueurs de 2 m. à 5 m., par frac¬

tions de 33 cm., qui paraissent devoir être adoptées.

Une échelle assez convenable de ces dimensions pourrait être, semble-t-il, la suivante :

Longueur : de 2 à 5 m., par 33 cm.

Sections ; 8/22 et 8/16, de façon à donner par la

refente des dimensions de 8/10,5 et8/8.

Les madriers de plus faible épaisseur, du type

Basting (65 m m. d'épaisseur) sont relativement peu

représentés parmi les sciages du pin maritime, alors qu'ils constituent une forte proportion des impor¬

tations des bois du Nord; d'ordinaire courts, de 2 à 3 m. de long, ils ont une largeur habituellement comprise entre 21 et 23 cm., par suite toujours su¬

périeure à celle des Bastings d'importation qui ne dépassent pas 20 cm. C'est dans ces dimensions qu'un effort de standardisation semble souhaitable pour se rapprocher des types du Nord les plus ré¬

pandus sur les marchés français, de 65/100, 65/155, 65/180.

De ces Bastings il conviendrait de rapprocher les

madriers à caisses de 4 à 5 cm. d'épaisseur, 10

à 25 cm. de largeur, et 2 m., 2 m. 33 et 2 m. 60 de

longueur. L'uniformisation des débits sur des mul¬

tiples de 33 centimètres en longueur, des épaisseurs

de 4, 5 et 6 cm. 1/2, et des largeurs de 10, 15 et 18 cm. d'épaisseur, nous apparaît désirable, ces dif¬

férentes dimensions permettant l'utilisation des bois dans les conditions les meilleures.

Sciages minces.

Je laisserai intentionnellement de côté les débits

spéciaux exigés pour l'exportation en Espagne, en

planches-caisse, planches-pouce, bois de caissage et planchettes qui, pour une longueur courante de 2 m. 33, présentent des épaissèurs de 2 cm., 2 cm. 7,

et 3 cm., et des largeurs de 12 à 32 cm. Les usages établis dans les relations avec les marchés espagnols

rendent à peu près impossible toute modification dans ces débits et il convient de les conserver in¬

changés afin de ne pas apporter de trouble dans les habitudes du commerce d'exportation.

Par contre, les débits en planches type Midi, grand commun, petit commun, planches Cap-Bre¬

ton, quiprésentent actuellementune trèsgrande di¬

versité, pourraient, semble-t-il, être rapprochés des

débits du Nord, de façon à pouvoir remplacer, dans

une mesuré progressivement élargie, ces bois d'im¬

portation. La désignation de « planches » devrait être conservée pour tous les types d'une épaisseur égale ou supérieure à 25 mm., la désignation de

« voliges » adoptée pour tous les autres. Quant aux

longueurs, elles sont en général supérieures à 2 m.

et progressent de 33 en 33 centimètres. Rien n'est à modifier dans ces longueurs qui correspondent, d'ailleurs, aux longueurs des bois du Nord.

(A suivre)

(7)

BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 39 Mar* 1933 53 B i27

LE GEMMAGE DES PINS

AMÉLIORATIONS

Par M. OUDIN(•)

Inspecteur principal des Eaux et Forêts,

Chef de lalr° section

de la Station de Recherches et Expériences

de l'Ecole Nationale des Eaux etForêts.

Depuis 1920, la lre Section de la Station de Re¬

cherches de l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts

poursuit une étude d'ensemble du pin maritime,

dans la Région du Sud-Ouest de la France. Sous

une apparence très simple, le but poursuivi est en réalité extrêmement vaste. C'est au fond, toute l'étude du développement de l'arbre, de sa produc¬

tion en bois et en gemme en fonction du climat et

du mode de traitement, toute l'étude des méthodes de gemmage et de leur rendement quantitatif et qualitatif. La question est intéressante au point de

vue scientifique et au point de vue pratique, car si

de nombreuses opinions ont été émises, il semble

que nos connaissances soient encore, sur bien des points, assez empiriques et que des observations précises soient souvent nécessaires.

En matière cle climatologie, par exemple, si nous savons, au moins dans les grandes lignes, dans quel

sens la température et la pluviosité agissent sur la production de la gemme, par contre, fort peu de

données précises ont été recueillies jusqu'à présent

sur l'influence quantitative des variations de ces

différents facteurs. De même, la composition moyenne dela gemme, la composition moyenne des

essences provenant des différentes espèces de pin,

ont fait l'objet de nombreuses études, mais les va¬

riations que subissent ces térébenthines avec les individus, le climat, le mode de récolte, étaient en¬

core, il y a quelques années, à peu près inconnues.

Si nous savons que le pin maritime supporte faci¬

lement ces larges plaies que sont les cares, que leur cicatrisation se fait dans les meilleures conditions,

nous sommes beaucoup moins fixés sur la diminu¬

tion réelle d'accroissement ligneux qui est la con-

( ) (.OiTiniunication f:iitf au Congrès de la Forêt et de ses Indus¬

tries, Cordeaux, juin 19.'!2.

séquence du gemmage, et pourtant les deux ques¬

tions : production en bois et production en gemme, sont liées, car ce qui importe, en dernière analyse,

c'est d'obtenir par une application judicieuse des

méthodes de sylviculture et de la technique du gemmage, le rendement net en argent le plus élevé.

Nos places d'expériences sont installées dans les

forêts domaniales situées dans les Inspections de La Rochelle, Bordeaux et Mont-de-Marsan. Elles

enveloppent donc la plus grande partie de la zone

occupée par le pin maritime dans l'Ouest de la France.

Sur ces essais, la Station a, jusqu'à présent, pu¬

blié fort peu de choses, c'est qu'en matière de gem¬

mage, il faut savoir être patient, et avant de con¬

clure, des observations prolongées sont souvent né¬

cessaires. Supposons qu'il s'agisse de comparer le

rendement de deux méthodes de gemmage : A et B

par exemple l'augmentation de rendement résul¬

tant de l'élargissement des cares. On choisira un lot de pin (A) soumisau traitement Aque l'on com¬

parera à un lot de pin (B) soumis à l'autre traite¬

ment B. Les variations individuelles d'un arbre à l'autre, j'y reviendrai tout à l'heure, sont souvent très importantes, aussi importantes parfois que les

écarts dusau mode de traitement. Il nous faut donc, après les quatre années normales de gemmage, in¬

tervertir les lots et recommencer l'essai en traitant le groupe A suivant la méthode B et le groupe B

suivant la méthode A; alors seulement les conclu¬

sions seront solidement étayées, mais l'expérience

demande non pas une campagne, ni même quatre campagnes; elle durera en réalité au minimum huit années, en supposant qu'elle soit poursuivie sans

interruption.

Je me limiterai, dans cet exposé, à une rapide

étude du gemmage, mais ce court préambule m'a paru nécessaire pour bien montrer la complexité

des problèmes posés et dans quel esprit nous cher¬

chons à les résoudre.

L'amélioration du gemmage n'est pas seulement

un problème d'outillage; la question est beaucoup plus générale, et pour être traitée dans toute son

ampleur, elle suppose à la fois une étude forestière et une étude technologique. Envisageons successi¬

vement chacune de ces deux questions :

Etude forestière.

L'étude forestière peut se résumer en deux mots:

(8)

54

sélection des pins, traitement optimum.

Sélection. Le traitement des pins varie d'un

arbre à l'autre en quantité et en qualité.

Variations quantitatives. Ces variations dé¬

pendent de bien des causes. Les unes sont indépen¬

dantes de l'arbre lui-même, elles peuvent tenir à

des considérations de station, par exemple les ar¬

bres situés près de la mer produisent davantage,

vraisemblablement à cause de l'état hygrométrique plus élevé. De même l'exposition, l'éclairement des cimes, la densité du peuplement, ont une influence

notable sur le rendement. D'autrescauses sont inhé¬

rentes à l'individu : il y a des arbres bons produc¬

teurs de gemme comme il v a des pins maritimes

résistant au froid, résistant au calcaire. Cette qua¬

lité : bon producteur de gemme, se transmet-ellè

par hérédité ? 11 est probable que oui, tout au moins dans une certaine mesure. En agriculture, l'impor¬

tance des facteurs héréditaires est appliquée depuis longtemps à la sélection des races. En matière fo¬

restière, le problème de l'application des lois de la génétique, le problème de la sélection des semences est une des grandes idées que soutient, depuis bien

des années, M. (minier, Directeur de l'Ecole Natio¬

nale des Eaux et Forêts, et sur bien des points : résistance au froid, forme des troncs, les faits lui ont apporté une éclatante confirmation.

11 serait intéressant, dans la région landaise, au lieu de semer n'importe quel pin maritime, de s'ar¬

rêter exclusivement à des graines sélectionnées

comme l'agriculteur Sélectionne ses semences. Dans pratique, la question est d'ailleurs fort complexe,

car par suite de la large dissémination du pollen,

la fécondation naturelle ne peut pas nous donner

deslignées pures. Des précautions spéciales seraient donc indispensables pour empêcher le mélange des types.

Une première étude des différentes races de pin

maritime a été enpreprise par la Station, il y a déjà quelques années; nous proposons de la reprendre 'complètement et de constituer des petits massifs

avec des graines judicieusement récoltées.

Variations qualitatives. D'ailleurs, non seule¬

ment la quantité degemme varie avec chaquearbre,

mais encore la composition de cette gemme et celle de l essence de térébenthine qu'elle produit est gé¬

néralement variable d'un individu à l'autre. L'es¬

sence de térébenthine provenant d'un lot important

de gemme donne au polarimètre une rotation voi¬

sine de —30°, sous 10 centimètres pour la raie jaune de l'arc au mercure () = 570 pp), mais ce chiffre n'est qu'une moyenne. L'étude des échan¬

tillons de gemme récoltés individuellement sur des

arbres numérotés pris dans nos places d'expérien¬

ces, a permis à l'Institut du Pin, à M. le Professeur Dupont et à MUe Barraud, de constater les premiers

des variations notables d'une amasse à l'autre, et des variations souvent très importantes entre dif¬

férents arbres.

Au laboratoire de l'Ecole, les chiffres obtenus au cours de ces dernières années dans la détermination de la rotation de diverses essences de térébenthine

provenant de pins maritimes soigneusement repé¬

rés varient suivant les individus de + 11° à41",

sous 10 centimètres, pour la raie jaune de l'arc à

mercure, alors qu'aucun signe extérieur ne permet

de différencier entre eux les arbres dont l'essence

présente des écarts aussi considérables. Ces chiffres extrêmes n'ont d'ailleurs pas le caractère d'anoma¬

lie passagère; les mêmes arbres sont suivis pério¬

diquement depuis une dizaine d'années; la rotation de l'essence n'a pas sensiblement changé, de sorte que l'on peut considérer que, compte tenu des légè¬

res variations saisonnières, la rotation de l'essence fournie par un arbre donné est constante, tout au

moins pendant une large période. L'avenir nous dira si cette permanence de la rotation se maintient

pendant toute la durée de l'arbre et si elle se main¬

tient ou non dans sa descendance. La question est intéressante, car il peut y avoir là notamment un

critérium pour repérer des types d'arbres déter¬

minés.

Densité du massif.

Une autre question importante en matière de gemmage et que nous pouvons modifier à notre gré

est la densité du peuplement.

L'expérience montre que, toutes choses égales d'ailleurs, ce sont les arbres les plus vigoureux à cime bien ensoleillée qui rapportent le plus. Dans

la pratique courante, deux idées se font jour. Les

uns conservent des peuplements relativement ser¬

rés, le rendement individuel des arbres estconsidéré

comme un peu plus faible, mais le nombre d'arbres étant sensiblement plus considérable, ils estiment

(9)

BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN 39 - Mars 1933

que le rendement total à l'hectare est plus élevé;

d'autres préfèrent des peuplements sensiblement plus clairs; ils espèrent ainsi diminuer les frais de

main-d'œuvre pendant les premières années, en fai¬

sant d'un seul coup des éclaircies très fortes qui

diminueront le nombre des interventions ;ils esti¬

ment que les arbres acquerront plus vite un gros diamètre, le gemmage pourra commencer plus tôt,

le rendement des pinsde place sera plus élevé, mais

que conclure pour le rendement total à l'hectare ? La diminution du nombre d'arbres ne vient-elle pas compenser et au delà les avantages escomptés ?

Plusieurs places d'essai ont été installées par la

Station de Recherches pour résoudre le problème.

En forêt domaniale d'Hourtinnotamment, une par¬

celle d'environ 50' hectares a été partagée en deux parties égales traitées l'une par des éclaircies rela¬

tivement faibles, l'autre par des éclaircies fortes.

Dans chacune de ces places, deux placettes de

50 ares chacune sont l'objet de comptages minu¬

tieux.

Lorsque les arbres seront plus âgés, des règles de

gemmage seront établies dans les surfaces en expé¬

rience.

Les seuls chiffres que nous avons actuellement concernent l'accroissement en. bois et même à ce

point de vue, il est trop tôt pour conclure. On ne base pas une méthode sur quelques comptages. Il

semble cependant que la solution la plus avanta¬

geuse soit une solution moyenne. Les premiers

chiffres indiquent en effet que la valeur absolue de l'accroissement en bois à l'hectare serait plus faible

dans les places fortement éclaircies, mais le taux

d'accroissement, c'est-à-dire le rapport de la pro¬

duction annuelle au volume sur pied (qui repré¬

sente le capital initial) serait plus élevé dans les places fortement éclaircies.

Outillage.

Le gemmage des pins en France se pratique ex¬

clusivement suivant le procédé Hughes. Tout en

constituant un perfectionnement incontestable sur

les méthodes primitives suivies à l'origine, ce pro¬

cédé est loin d'être parfait. La gemme est souillée par toutes sortes d'impuretés; elle s'oxyde à l'ciir;

au fur et à mesure que la care s'élève, le chemin parcouru par la gemme pour arriver au récipient

saccroît, 1 oxydation et la perte par évaporation

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augmentent; bref, on évalue couramment la quan¬

tité d'essence perdue à 15 ou 20 % de la récolte.

Pour parer à ces inconvénients, plusieurs procé¬

désont été indiqués; un certain nombre aété essayé

dans nos annexes de Royan et de Bordeaux de 1922

■à 1926 et leur rendement quantitatif et qualitatif

a été comparé à celui du système Hughes. Ces com¬

paraisons peuvent être considérées comme déjà un peu vieilles; il n'est peut-être pas sans intérêt d'en exposer très rapidement les résultats car bien sou¬

vent les mêmes idées réapparaissent sous une for¬

me assez voisine, à plusieurs années de distance :

Gemmage en profondeur. La care est ouverte

en profondeur dans la directiondu rayon d'une sec-»

tion quelconqueavec une tarière en forme de cuiller

et le pin est ainsi « piqué » toutes les semaines : rendement très faible, à peine le tiers du système Hughes.

Gemmage tangëntiel, système Gilmer. La care est ouverte à l'aide d'une tarière sous écorce, dans le sens tangentiel, suivant une inclinaison de 45° et

une longueur moyenne de 10 centimètres. Les pi¬

ques se font en élargissant à la gouge le conduit

ainsi perforé : rendementtrès faible, à peine le tiers

du système Hughes.

Bouteilles Sourgen. La care est ouverte dans les conditions usitées couramment en

France, le

récipient seul est changé; le pot de terre vernissée est remplacé par une bouteille en verre blanc épais

de 4 millimètres environ dont les dimensions sont :

section rectangulaire 75 x50 millimètres, hauteur 135 millimètres, diamètre intérieur du goulot 30 millimètres, capacité totale 0 1 250 environ. La bouteille porte à la partie inférieure une rainure permettant de l'appuyer sur un clou de fixation, à lapartie supérieure un court tuyau soudé ail cen¬

tre du crampon en zinc est introduit dans le gou¬

lot; la forme du crampon est légèrement modifiée,

il porte en particulier un léger rebord sur tout son

pourtour sauf sur l'arête enfoncée dans l'arbre. La récolte des bouteilles se fait commodément au

moyen d'un panier en fer feuillard galvanisé à

casier et à poignée, qui peut contenir 20 bouteilles.

Les résultats de ces essais sont les suivants; avan¬

tages : gemme très pure donnant une proportion

d'essence un peu plus grande que le système Hu¬

ghes et une colophane de très belle qualité. Incon¬

vénients : rendement en gemme inférieur au pro-

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