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Médecine légale

Dans le document Florent Palluault (Page 156-164)

En 1828, COLLARD DE MARTIGNY, qui avait été élève de l’École pratique puis étudiant en droit, donna une très intéressante étude de médecine légale. Son mémoire trouvait son origine dans une communication faite à la Société par LAPRE : il avait présenté un fœtus à terme dont on avait senti les battements du cœur pendant sept minutes. L’autopsie avait seulement permis de supposer un squirrhe dans le torse. Une discussion s’éleva sur la viabilité de cet enfant : plusieurs membres pensaient qu’il était viable, puisqu’il est né vivant. Cependant les médecins légistes admettaient qu’on pouvait avoir vécu et n’être pas viable, « car, par le mot de viabilité, on entend[ait] l’aptitude à vivre aussi longtemps que les autres hommes; et les altérations de ce sujet s’opposaient à la vie ».

L’ambition du mémoire de COLLARD DE MARTIGNY était de répondre aux questions suivantes : « la viabilité civile doit-elle être distinguée de la viabilité naturelle ? Quelles sont les conditions de la viabilité civile ? Est-elle exclue par des maladies innées devenues mortelles plus ou moins longtemps après la naissance ? » Combinant étude légale et étude physiologique, COLLARD en venait à conclure

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Archives de la Société anatomique de Paris, Carton n°1, Registre n°5, 2 août 1837. 332

qu’on ne pouvait considérer un enfant comme vivant, que dans l’un des trois cas suivants : « s’il avait crié; s’il avait respiré complètement; s’il avait fait des mouvements volontaires et multipliés. Il était peu important que la vie se soit plus ou moins prolongée ». L’enfant présenté par M. LAPRE était donc viable, « à l’effet de jouir de tous ses droits civils » :

Cet enfant, 1° est né à terme; 2° il a vécu pendant 8 à 9 minutes; il a poussé plusieurs cris, respiré complètement, a fait des mouvements répétés; 3° le développement de son organisme était tel qu’il doit être au terme de 9 mois; 4° enfin, il n’était pas monstrueux. L’autopsie n’a montré aucune preuve contraire à la viabilité civile (…) car les altérations trouvées prouvent seulement que le fœtus a succombé à une maladie méconnue avant l’autopsie.333

Peu de membres s’intéressaient véritablement à la médecine légale, mais l’anatomie pathologique pouvait éclairer cette discipline. En 1848, BLOT présenta le crâne d’un enfant à terme. Sa mère — dans les douleurs de l’accouchement — s’était mise à la fenêtre et jetée du deuxième étage.

Cette pièce, dit M. BLOT, est intéressante par sa rareté et surtout par les conséquences que la médecine légale peut en tirer. Évidemment, en présence du fait précédent, il faut admettre qu’une femme enceinte, tombée d’un lieu élevé, peut, alors même qu’elle ne s’est fait elle-même aucune blessure, mettre au monde un enfant portant plusieurs lésions traumatiques. Or, dans des circonstances pareilles, on comprend qu’avec de mauvais antécédents, cette femme pourrait être accusée de tentative criminelle sur la vie de son enfant alors qu’elle en serait parfaitement innocente.

Tératologie

Les observations de tératologie étaient assez régulières. Des accoucheurs comme DEPAUL et BLOT présentèrent un certain nombre de cas. En 1842, par exemple, DEPAUL montra à la Société un enfant né presque à terme et qui offrait plusieurs monstruosités différentes dans le système génito-urinaire. En 1849, BLOT présenta la tête d’un fœtus hydrocéphale qu’il n’avait pu extraire de la mère qu’en lui perçant le crâne. HOUËL, le conservateur-adjoint du Musée Dupuytren, donna aussi de nombreuses observations de ces monstres. Il présenta entre autres, en 1850, la description d’un nouveau genre de la famille des paracéphaliens.334 Les présentateurs essayaient toujours de situer leur cas dans le classement établi par Isidore GEOFFROY SAINT-HILAIRE, le spécialiste de ces affections.

Chimie

Les expériences de chimie constituaient une aide aux recherches d’anatomie pathologiques. Les membres y avaient parfois recours pour analyser la nature de produits ou matières pathologiques. Mais la chimie était très rarement la base d’une présentation faite à la Société. La seule que nous ayons rencontrée fut donnée en 1835. MOURET, un interne en pharmacie qui passa plus tard son diplôme de docteur en médecine, communiqua à la Société les conclusions d’un travail sur l’analyse chimique des os. Il concluait que les affections des os (caries, ramollissement) étaient dues à des causes physiques et non à des aberrations chimiques.

Microscopie

Les anatomo-pathologistes du début du XIXe n’avaient jamais accordé au microscope le crédit qui lui était dû. D’autres sciences (zoologie, embryologie) utilisaient le microscope, mais la pathologie continuait à voir dans les cinq sens les seuls instruments qui lui étaient nécessaires. Le microscope était pourtant fréquemment employé en anatomie normale, comme le montrent les études de GIRALDES sur les canaux et les glandes sudoripares de la peau.335 Le principal travail donné à la Société avant la généralisation des études microscopiques fut celui d’Alfred DONNE en 1836. Dans ses recherches d’hématologie, le microscope lui était d’un grand secours. A l’aide de cet instrument il présenta le 25 décembre une préparation grâce à laquelle on pouvait distinguer les globules du pus de ceux du sang.

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Bulletins de la Société anatomique de Paris, 1828, p. 2-3, 105-124. 334

Bulletins de la Société anatomique de Paris, 1850, p. 289-298. 335

Les premières pièces de pathologie microscopiques furent envoyées à la Société par un médecin autrichien, HYRTL, EN 1840. Ces pièces furent renvoyées à une commission nombreuse, ce qui montre que les étudiants plus jeunes n’étaient pas habitués au microscope. A l’Ecole pratique, les premiers cours de microscopie appliquée à la pathologie furent donnés par Hermann LEBERT et Louis MANDL en 1842 et 1843. Le 15 mai 1846 ce dernier prévenait les membres de la Société anatomique que des places leur étaient réservées à son cours de micrographie. Les cours de micrographie et les cadavres à leur dispositions incitèrent les membres à ne pas laisser passer une occasion de s’instruire. Certains embrassèrent cette nouvelle technique en lui donnant sa vraie place tandis que d’autres membres ne purent se résoudre à ce qu’elle envahît le terrain de l’anatomie pathologique.

Les bulletins montrent que la polémique fut vive au sein de la Société, comme lorsque JOUSSET et CAHEN attaquèrent le microscope comme moyen de reconnaître le cancer.

M. DEVILLE fait remarquer que si tant de doutes existent encore sur les tumeurs cancéreuses, c’est que l’on a trop oublié l’élément le plus important de la question, l’étude microscopique. En l’employant surtout comme fait M. LEBERT, comme font d’ailleurs les bons micrographes, non pas seuls, mais combinés avec les autres moyens d’examen, à l’œil nu, à la loupe, à divers grossissements, cette étude a fait faire de grands pas à la question ainsi qu’on peut s’en assurer dans le livre de LEBERT.

MM. CAHEN et JOUSSET s’élèvent vivement pour reconnaître le cancer. M. CAHEN dit que le microscope ne peut servir à faire des distinctions que n’admet pas la majorité des micrographes et qui, recherchés depuis que M. LEBERT les a fait connaître, ne peuvent pas être retrouvés, et que M. CAHEN, entre autres, n’a pas retrouvés. M. JOUSSET récuse le microscope; de tous temps il a été entouré de défiances, qui s’étendent non seulement au microscope, mais encore aux personnes qui s’en servent.336

Mais même les plus farouches adversaires durent se rendre à l’évidence. Dans la séance suivante, CAHEN changea de camp et reconnut que le microscope pouvait être utile. Les conflits d’opinion venaient de ce qu’il était difficile de distinguer ce que le microscope pouvait et ne pouvait pas éclairer. On faisait un grand pas lorsqu’on arrivait à expliquer pourquoi le microscope n’était pas à même d’élucider la question soulevée. Pour les adversaires du microscope, cet instrument faisait voir différemment mais pas mieux que l’œil nu. Ils accusaient les micrographes de prétendre tout expliquer.

Il semble qu’une commission chargée de réaliser des observations microscopiques fut crée dès 1844. La première mention apparaît à la date du 26 avril 1844, à propos d’une observation de luxation sous-coracoïdienne de l’épaule. Comme il y avait désaccord sur le développement des cartilages sur les surfaces non articulaires, un membre suggéra d’étudier ceux que LEPINE venait de présenter, et de les soumettre à l’examen des membres de la commission de micrographie.337 Un mois plus tard, DE CASTELNAU exprimait le vœu que « dorénavant les membres qui aur[aie]nt examiné ou fait examiner au microscope des productions morbides veuillent bien donner les caractères distinctifs des ces produits à l’appui de leur opinion sur la nature de ceux-ci ».338

Le clivage principal se situe entre 1846 et 1847. Avant cette période, les rares études microscopiques furent toujours effectuées par les mêmes membres. Après, elles se firent de plus en plus systématiques et eurent leurs spécialistes.

Les adversaires du microscope essayaient à tout prix de mettre les micrographes en contradiction avec eux-mêmes. Dans une séance de décembre 1852, PARMENTIER montra un kyste de la glande de Bartholin qui avait été envoyé à BROCA pour être examiné au microscope.

M. BROCA : Je saisis cette occasion pour m’élever vivement contre les conditions impossibles que l’on veut faire aux micrographes, lorsque l’on veut les consulter, et contre cette tendance qu’ont certaines personnes à leur tendre des pièges, au lieu de leur demander simplement ce qu’ils peuvent donner, et à les mettre en contradiction au lieu de mettre à leur disposition tous les éléments qui peuvent faciliter leurs recherches. Voici dans quelles conditions ce liquide m’a été apporté. On a expressément défendu au porteur de me dire d’où il venait; on attendait que je le devinasse.

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Bulletins de la Société anatomique de Paris, 1846, p. 74-76. 337

Archives de la Société anatomique de Paris, Carton n°2, Procès-verbaux pour 1844, 26 avril 1844. 338

Le 2 mars 1855 une souscription fut ouverte pour l’achat d’un microscope.339 Le 16 mars, BROCA et POUMET proposèrent que le microscope fût fixé sur une table et renfermé sous un couvercle fermant à clef. La clef serait confiée au vice-président. BROCA proposa en outre que le microscope soit mis à la disposition des commissaires mais pas de tous les membres. AXENFELD aurait désiré que tous les membres pussent participer aux études microscopiques et que le microscope de la Société anatomique fût un moyen de vulgariser les études. Mais on décida qu’il servirait uniquement pour les démonstrations des pièces pendant les séances. La Société ajourna une proposition de DENUCE tendant à instituer des conférences microscopiques destinées à inviter les membres de la Société à ce genre d’études.

Le Compte-rendu des travaux

Les travaux de la Société anatomique étaient résumés dans l’exposé lu lors de la séance solennelle. Ce résumé était à la fois une occasion pour les membres de se souvenir de chacune des contributions de l’année écoulée, et, comme la séance était publique, un excellent moyen d’assurer une certaine publicité aux bulletins.

En 1826 le compte-rendu fut rédigé par Adolphe LENOIR. Son impression fut votée à l’unanimité et on en tira 200 exemplaires aux frais de la Société. A l’issue de la séance annuelle de 1828, la Société décida qu’à l’avenir on enverrait aux diverses sociétés savantes un exemplaire de tous les bulletins mensuels et que le compte-rendu de la séance du 7 février serait imprimé avec la totalité des mémoires lus en public.340 Par la suite, le Compte-rendu des travaux de l’année fut régulièrement imprimé à plusieurs centaines d’exemplaires, et distribué par l’intermédiaire du libraire, pour augmenter la publicité des travaux de la Société. Ce Compte-rendu fut parfois imprimé aussi dans un journal médical. Le 2 avril 1847, par exemple, le Comité accepta que DEVILLE fît imprimer son compte-rendu dans un journal « un peu répandu », après toutefois son insertion dans les bulletins.

Le compte-rendu des travaux était un difficile exercice de style qui consistait à résumer les travaux de l’année sans oublier aucun des présentateurs, et à essayer de mettre en valeur chaque observation présentant un intérêt particulier tout en évitant les répétitions. Afin de ne pas froisser les susceptibilités, le secrétaire se devait de citer chaque membre, même celui qui avait présenté une pièce de moindre intérêt, qui ne venait par exemple qu’apporter la confirmation d’un fait pathologique déjà bien connu. En 1851, BROCA décida de rompre avec cette règle qui transformait chaque année le compte-rendu en un discours d’auto-célébration ressemblant fort à un catalogue lourd et répétitif du Bulletin. Il provoqua l’opposition du Comité de rédaction lorsqu’il voulut ne retenir, dans son Compte-rendu pour 1850, que les observations qui lui paraissaient les plus importantes et laisser les autres de côté. Voici ce qu’il écrivait à ses parents quelques jours après la séance, dans une lettre qui nous en apprend plus en quelques paragraphes sur certains aspects de la Société que des registres entiers de procès-verbaux :

J’attendais [le jour de la séance solennelle] avec une certaine inquiétude parce que je venais de briser les traditions de la routine et que je ne savais comment ce procédé serait reçu du public. Chaque année, le secrétaire fait un compte-rendu des travaux de la Société. On a pris l’habitude, dans ce compte-rendu, de nommer maintes et maintes fois, non sans quelques coups d’encensoir plus ou moins mérités, les divers membres qui ont présenté des pièces ou fait des communications. C’était une espèce de mauvaise table des matières, un travail complètement inutile auquel je n’ai jamais reconnu qu’un seul but, celui de flatter isolément chacun des membres de la Société afin d’obtenir les suffrages dans l’élection du vice-président qui a lieu dans la séance suivante. Cette manière de faire m’avait toujours paru absurde; je conçus le projet de faire autrement. Je ne mentionnai que les découvertes réelles faites par la Société dans le courant de l’année; de louer ceux qui méritaient des louanges, moi excepté, bien entendu, et de laisser les autres dans le plus profond oubli. Le compte-rendu recevant, en général, une assez grande publicité, cette manière de faire était de nature à exciter plus tard une noble émulation entre les membres de la Société. La Société et la science ne pouvaient qu’y gagner. Mais le premier secrétaire qui prendrait la responsabilité de ce coup de tête risquait fort de se faire des ennemis et de compromettre son élection. Je suis convaincu que c’est le motif qui a empêché mes prédécesseurs d’entrer dans cette voie. J’en suis tellement convaincu que voici ce qui m’est arrivé.

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La place de CRUVEILHIER dans les querelles autour du microscope n’est pas claire. Il prit très rarement position dans les bulletins mais il est certain qu’il n’était pas l’un des plus fervents partisans du microscope.

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Après avoir, au commencement de janvier, consulté plusieurs membres du Comité sur le projet que j’avais en tête, je n’ai trouvé, à une exception près, que des désapprobateurs. Alors j’ai eu la faiblesse de renoncer pendant quelque temps à mon projet, et de commencer mon compte-rendu sur le plan des vingt-quatre précédents. Puis enfin, un beau jour, c’était douze jours avant la séance, j’ai tout d’un coup secoué cette faiblesse, j’ai déchiré mes premières pages et je suis entré dans la nouvelle voie. Vendredi dernier, dans la séance du Comité qui précède la séance solennelle, j’ai communiqué au Comité, d’après les règlements, mon compte-rendu. DEVILLE, celui qui avait approuvé mon projet, était absent; parmi les dix autres membres du Comité un seul, que vous connaissez de nom, DENUCE, s’est mis de mon parti. Tous les autres ont crié haro ! La séance fut chaude. Je déclarai qu’il était trop tard pour revenir sur mes pas; qu’en tout cas je n’y consentirais point, et que le Comité n’avait qu’un moyen, c’était de ne pas faire de séance solennelle; or, le règlement exigeait cette séance, il fallait absolument que le Comité digérât mon compte-rendu. Il est bon que vous sachiez que le Comité se composait en grande majorité de membres qui avaient autrefois rempli les fonctions de secrétaire. On proposa de voter un blâme contre mon procédé autocratique avec insertion au procès-verbal du Comité. Dès lors je m’abstins de prendre la parole; une discussion s’engagea entre les autres et ils se divisèrent en deux camps : les uns, les anciens, les routiniers, au nombre de sept; les autres, les jeunes, ceux qui n’ont pas encore passé au Bureau, au nombre de trois. Le blâme fut donc voté. L’histoire se répandit dans les hôpitaux, dans les amphithéâtres. On voulut entendre ce compte-rendu proscrit; la curiosité gagna même plusieurs membres honoraires, déjà haut placés et qui ont abandonné nos séances, et lundi dernier, jour de la lecture, la grande Salle de la Faculté regorgeait de monde; on n’avait jamais vu tant et de si gros personnages à la séance annuelle. Je jouais gros jeu; si mon œuvre avait été mauvaise, j’étais perdu. Dans la position où j’étais, je ne pouvais me tirer d’affaire qu’avec un très bon travail. Je fus couvert d’applaudissements. L’opinion était pour moi. Le Comité était moralement enfoncé. Le soir, au banquet qui eut lieu chez Véfour, il y eut une affluence inaccoutumée; les adhésions avaient été nombreuses dont mon nombreux auditoire; au lieu d’être dix-huit, comme il y a deux ans, ou vingt-cinq, comme l’année dernière, nous étions cinquante-deux. La réunion était des mieux choisies : le doyen de la Faculté, quatre médecins ou chirurgiens des hôpitaux, plusieurs agrégés, membres actuels ou passés de la Faculté y assistaient pour la première fois depuis longtemps. Le coup de tête avait réussi; le Comité comprit qu’il était perdu. Je rompis en visière avec lui; mes amis—on n’a de chauds amis que lorsqu’on a l’art de se faire de bons ennemis— s’emparent de la situation, et aujourd’hui, 80 membres sur 90 qui constituent la totalité de la Société sont venus prendre part à l’élection. On ne cachait pas qu’on venait pour démolir le Comité. Avant la séance on faisait circuler des listes; aucun des anciens, moi excepté, n’était conservé. J’ai demandé que DEVILLE, DENUCE, LEUDET et FOUCHER, fussent conservés. Est enfin venu le moment de l’élection, le scrutin a donné un résultat inattendu. Le Comité, se sentant battu, avait quitté la salle; deux ou trois de ses adhérents l’avait suivi. Au dépouillement du scrutin, j’ai été nommé vice-président à l’unanimité moins un billet blanc que j’avais déposé. Le reste a coulé de source; la révolution est faite : les vieux sont battus, et, pour cette année du moins, j’ai la direction des séances et des intérêts de la Société. Ces petites luttes vous ennuieront peut-être; elles ont cependant une assez grande importance dans le Quartier. J’espère qu’elles auront une heureuse influence sur l’avenir de la Société.

Le compte-rendu parut toujours sans encombre dans le dernier bulletin de l’année, excepté en 1858. On a vu plus haut que le Compte-rendu de GALLARD ne fut lu qu’au mois de juillet 1859. Mais outre le retard, il souleva une grave question scientifique au sein de la Société, GALLARD ayant nié

Dans le document Florent Palluault (Page 156-164)