L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2 − 2011-2012
D. Blotti`ere Math´ematiques
Devoir surveill´ e n˚1
Dur´ee : 3 heures
L’usage de la calculatrice est interdit.
Le bar`eme prendra significativement en compte :
• la pr´esentation,
• la clart´e des explications,
• le soin port´e `a l’argumentation des r´eponses,
• la justesse du vocabulaire et des symboles employ´es.
Exercice : Trois droites concourantes Soit (O;−→
i ,−→
j ) un rep`ere orthonorm´e du plan. On consid`ere trois droites D1,D2 etD3 d´efinies comme suit.
• Soit D1 la droite du plan passant par les points A(7,1) et B(3,−2).
• Soit D2 la droite passant par le point C(6,2) et dirig´ee par le vecteur −→u(1,2).
• Soit D3 la droite d’´equation cart´esienne : 3x+y−13 = 0.
D´emontrer que les droites D1, D2 et D3 sont concourantes (i.e. se coupent en un point) et donner les coordonn´ees du point commun `a D1,D2 et D3.
Probl`eme 1 : Projet´e orthogonal d’un point sur une droite du plan et minimisation d’une distance
Soit (O;−→ i ,−→
j ) un rep`ere orthonorm´e du plan. On consid`ere les points : A(2,6) ; B(−1,4) ; C(7,5).
Partie A - Projet´e orthogonal de C sur la droite (AB) et distance d(C,(AB)) 1. Calculer les coordonn´ees du projet´e orthogonal C0 de C sur la droite (AB).
2. Calculer de deux mani`eres la distance d(C,(AB)) du pointC `a la droite (AB).
Partie B - Param´etrage de la droite (AB) et calculs de longueurs A chaque` t ∈R, on associe le pointMt de coordonn´ees (x, y) donn´ees par :
x= 8 + 3t y= 10 + 2t .
Ainsi lorsquet varie dansR, le point Mt d´ecrit une droite ; on note D cette droite.
1. Montrer que les droites (AB) et D sont confondues.
2. Soitt∈R. Calculer la longueurCMtdu segment [CMt] joignant les points C etMt, en fonction det.
Partie C - ´Etude d’une fonction longueur
Soit L la fonction d´efinie par :
L: R→R; t7→CMt. 1. ´Etudier les limites ´eventuelles de L en−∞ et en +∞.
2. Soit P le polynˆome d´efini par :
P: R→R; t 7→13t2+ 26t+ 26.
Montrer que pour toutt∈R : P(t)≥13.
3. Justifier avec soin que la fonction L est d´erivable sur R. 4. Calculer la d´eriv´ee de L.
5. ´Etudier les variations de la fonctionL surR et dresser son tableau de variations.
6. La fonction L est-elle born´ee sur R?
7. D´eduire du r´esultat de la question 5 que L admet un unique minimum m0 atteint en un unique pointt0 ∈R. On pr´ecisera les valeurs de t0 et de m0.
8. Calculer les coordonn´ees du point Mt0. Partie D - Conclusion
1. Comparer les points C0 etMt0, puis les nombres d(C,(AB)) et m0.
2. Quel r´esultat du cours a-t-on d´emontr´e, dans la situation g´eom´etrique particuli`ere de cet exercice ?
Probl`eme 2 : ´Etude d’une r´eflexion dans le plan Soient E l’ensemble des vecteurs du plan, B = (−→
i ,−→
j ) une base orthonorm´ee du plan. L’en- semble E des vecteurs du plan est alors muni d’un produit scalaire, not´e., caract´eris´e par :
−
→i .−→
i = 1 ; −→ j .−→
j = 1 ; −→ i .→−
j = 0.
Soit −→w un vecteur non nul fix´e du plan. On d´efinit l’application f: E → E en associant `a un vecteur−→u du plan, le vecteur f(−→u) du plan d´efini par :
(∗) f(−→u) = 2
−
→u .−→w
||−→w||2
−
→w − −→u .
Les parties B, C et D peuvent ˆetre trait´ees ind´ependamment de la partie A.
Partie A − Etude de l’application´ f sans recours `a des coordonn´ees
1. Montrer que f(−→w) =−→w.
2. Soient −→u1,−→u2 deux vecteurs du plan et soient λ1, λ2 ∈R. Montrer que : f(λ1−→u1 +λ2−→u2) =λ1f(−→u1) +λ2f(−→u2).
3. Montrer que pour tout vecteur −→u du plan : f ◦f(−→u) = −→u.
N.B. : Dans les trois parties suivantes du probl`eme, on suppose que−→w est le vecteur de coor- donn´ees (1,−2) dans la base B.
Partie B − Ecriture de´ f en coordonn´ees dans la base B
1. Calculer ||−→w||.
2. Soit−→u un vecteur du plan, soit (x1, y1) ses coordonn´ees dans la baseBet soit (x01, y10) les coordonn´ees de f(−→u) dans la baseB.
(a) Montrer que :
x01 =−3
5x1− 4
5y1 et y01 =−4
5x1+3 5y1.
(b) En d´eduire qu’il existe une matriceA∈ M2(R), dont les coefficients ne d´ependent ni de x1, ni de y1, telle que :
x01 y01
=A x1
y1
.
3. Calculer A2. Que peut-on en d´eduire ? 4. Calculer An pour tout n∈N∗.
On pourra, dans un premier temps, conjecturer un r´esultat que l’on d´emontrera, ensuite, par r´ecurrence.
Partie C − Ecriture de´ f en coordonn´ees dans une base adapt´ee Soit −→v le vecteur de coordonn´ees (2,1) dans la base B.
1. Montrer que E = (−→v ,−→w) est une base orthogonale du plan.
2. Soit−→u un vecteur du plan, soit (x2, y2) ses coordonn´ees dans la baseE et soit (x02, y20) les coordonn´ees de f(−→u) dans la baseE.
(a) En revenant `a la d´efinition (∗) de f(−→u), montrer que : x02 =−x2 et y20 =y2.
(b) En d´eduire qu’il existe une matriceD∈ M2(R), dont les coefficients ne d´ependent ni de x2, ni de y2, telle que :
x02 y20
=D x2
y2
.
3. Calculer D2. Que peut-on en d´eduire ?
Partie D − Relation entre les matrices A et D
1. Soit PB,E la matrice de passage de la base B `a la base E. D’apr`es le cours, quelle propri´et´e remarquable poss`ede la matrice PB,E?
2. Soit PE,B la matrice de passage de la base E `a la base B. Toujours d’apr`es le cours, quel lien existe-t-il entre les matricesPB,E etPE,B?
3. Soit −→u un vecteur du plan. On note :
• (x1, y1) les coordonn´ees de−→u dans la base B;
• (x01, y01) les coordonn´ees def(−→u) dans la baseB;
• (x2, y2) les coordonn´ees de−→u dans la base E;
• (x02, y02) les coordonn´ees def(−→u) dans la baseE. (a) Donner une expression de
x01 y01
en fonction de x02
y02
et d’une matrice.
(b) Donner une expression de x2
y2
en fonction de x1
y1
et d’une matrice.
(c) D´eduire de (a), (b) et des relations obtenues aux questions B-2.(b) et C-2.(b) que :
PB,ED PB,E−1 x1
y1
=A x1
y1
. (d) D´eduire de (c) que :
A=PB,ED PB,E−1. 4. (a) Calculer la matrice PB,E, puis la matricePE,B.
(b) Proposer alors une autre m´ethode que celle expos´ee en 3. pour red´emontrer la relation :
A=PB,ED PB,E−1.
(c) Comparer l’efficacit´e (e.g. le nombre de calculs) des deux m´ethodes.
Probl`eme 3 : ´Etudes de fonctions d´efinies par une int´egrale
Soit g une fonction d´efinie et continue sur R. On d´efinit la fonction f par : f: R→R; x7→
Z x
−x
g(t)dt.
Partie A - D´erivabilit´e de f et expression de f0 en fonction de g
1. Justifier que la fonction f est bien d´efinie sur R. 2. Montrer que la fonction f est impaire.
Aucun changement de variable n’est n´ecessaire ici.
3. Montrer que f est d´erivable sur R.
On pourra introduire une primitive G de g sur R, apr`es avoir justifi´e son existence.
4. Exprimer f0(x) `a l’aide de la fonction g, pour tout x∈R. Partie B - Un crit`ere d’imparit´e pour la fonction g
1. On suppose uniquement pour cette question 1. que g est une fonction impaire.
(a) Montrer que pour tout x∈R :f(x) =−f(x).
On pourra consid´erer le changement de variable u=−t.
(b) En d´eduire que pour tout x∈R : f(x) = 0.
2. On suppose uniquement pour cette question 2. que f est la fonction nulle, i.e. que pour toutx∈R : f(x) = 0.
(a) D’apr`es l’hypoth`ese faite ici, que vautf0(x) pour tout x∈R? (b) En d´eduire que la fonctiong est impaire.
3. D’apr`es 1. et 2., quel crit`ere d’imparit´e pour la fonctiong peut-on ´enoncer ? On donnera la r´eponse en utilisant une ´equivalence.
Partie C - ´Etude d’un cas particulier
On suppose d´esormais que la fonctiong est donn´ee par : g: R→R; t7→ tet
t2+ 1. 1. Montrer que la fonction g est continue sur R. 2. (a) ´Etudier les limites de g en−∞ et en +∞.
(b) En d´eduire que g n’est pas impaire.
3. En utilisant le r´esultat de la question A-4, calculer f0(x) pour tout x∈R. 4. ´Etudier les variations de f surR.
5. Soit x∈]1,+∞[.
(a) Montrer que :
Z 0
−x
tet
t2+ 1 dt=− Z x
0
te−t t2+ 1 dt.
(b) En d´eduire que :
f(x) = Z x
0
t(et−e−t) t2+ 1 dt.
(c) Montrer que la fonction h d´efinie par :
h: R→R; t7→et−e−t est strictement croissante sur R et en d´eduire que e− 1
e est un minorant de h sur [1,+∞[.
(d) Justifier que le nombre e− 1
e est strictement positif.
(e) Montrer que : Z x
1
t (et−e−t)
t2+ 1 dt≥ 1 2
e− 1
e
ln(x2+ 1)−ln(2) .
(f) En d´eduire le comportement asymptotique de f en +∞.
6. Donner le comportement asymptotique de f en−∞.