Les consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal. οοε
Troisième année. — N
059
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P r i x d u " n u m é r o 10 c e n t i m e s
Mercredi 24 juillet./18??,,?,
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" l ' I I l i / I I J l ' i . ' i l i i '
L e s s i g n a l e m e n t s . Nous avons, dans notre dernier nu- méro, parlant d'un procès intenté par quatre fabricants d'horlogerie de Bienne à la Société des repasseurs, démenteurs et remonteurs de cette ville, dans la per- sonne'de trois de ses membres, exprimé notre opinion sur le fond même du dé- bat : soit sur la question de savoir si oui
ou non un dommage quelconque leur avait été causé, par le fait d'avoir été signalés comme avilisseurs de prix, dans quelques journaux de la région horlogère, par voie d'annonces insérées sur la de- mande de la Société ouvrière.
Nous basant sur ce que nous avons eu l'occasion d'apprendre en celte matière et sur l'opinion exprimée par d'autres per- sonnes signalées dans des conditions ana- logues, nous avons conclu à l'absence de tout dommage causé; les signalements de celte catégorie allant à fin contraire du but que l'on se propose, et leur résul- tat le plus clair étant de faire une récla- me gratuite à ceux qui en sont l'objet.
Mais cette question de fond résolue, reste à savoir si, dans le cas particulier, le qualificatif accolé aux noms des quatre fabricants est bien celui qui leur con- vient ; en d'autres termes, si les prix qu'ils paient à leurs ouvriers et les gains moyens que ceux-ci réalisent chez eux, ou en travaillant à domicile pour eux, sont assez infimes pour que l'on puisse considérer ces prix comme des prix avilis et, par une conséquence parfaitement logique, ceux qui les paient comme des avilisseurs de prix.
Ce côté de la question intéresse tout Ie monde; non seulement les ouvriers et fabricants en cause dans le procès, mais encore et surtout les patrons qui paient
aux prix des tarifs moyens ou élèves, et les ouvriers qu'ils occupent.
En effet; dans un moment où, comme celui-ci, on n'a pu se mettre d'accord sur l'application de tarifs uniformes, grâce
au trop grand nombre de patrons et d'ouvriers qui sont en dehors des syndi- cats, l'objectif des fa
vicants, dans les genres similaires et principalement lors- qu'il s'agit de montres d'une qualité cou- rante, est de produire la meilleure qua- lité possible au plus bas prix possible.
Mais il y a une limite de prix, au dessous de laquelle on ne peut descendre, qu'en sacrifiant complètement la qualité du pro- duit et en nuisant, par conséquent, à la réputation et au bon renom de notre hor- logerie suisse.
Or, ceux que l'on considère comme avilisseurs de prix, arrivent tôt ou tard, à force de baisses successives, à descen- dre au dessous de cette limite. Leurs con- currents, ceux du moins qui, tout en voulant vendre leurs montres avec un bénéfice raisonnable et maintenir la qua- lité de leurs produits, entendent conser- ver à leurs ouvriers des gains quelque peu rémunérateurs, se trouvent placés dans l'alternative de céder la place, ou de pratiquer à leur tour la baisse des prix.
C'est donc faire œuvre d'utilité générale que de se mettre au travers de ces ten- tatives de baisses, qui ne sont légitimées par aucune nécessité, et qui n'ont d'autre résultat que de vouer à une misère rela- tive ou môme absolue, les ouvriers qui en sont l'objet, tout en contribuant à faire descendre le niveau général de la qua- lité de la montre.
Dans le cas particulier, une enquête- est nécessaire; car il est dans l'intérêt de tous que le lumière la plus complète soit faite sur l'accusation portée par les ouvriers et sur les faits qui l'ont motivée.
Aussi les ouvriers ont-ils demandé, au
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, ., , .. imoçmiasrio'i zob )noa Président du tribunal <de'i Biprme, l'auf.p- risalion de faire la preuve de^eurs^én gués par le moyen d'une expertise; et pette autorisation leur a été -donnée, la partie- adverse étant consentante,',.,,,-^,;^']
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Et pour donner à cette expecijjse/ le le comité de la Société, pijvriere ^aè
7mandé les bons offices''âe'!Ja
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rpc!i2lé des fabricants d'horlogerie éî.
vchefs « f f i de Bienne, priant son cpmitéi de! .Bien vouloir désigner un certain nombre'dp!
fabricants d'horlogerie membres de l'a Société, ayant les qualités voulues pour remplir la délicate mission d'experts.
A cet effet, une délégation de trois ouvriers s'est rendue à une séance du comité de la Société des fabricants; une liste de onze noms a été élaborée par le Comité des fabricants. Elle sera présentée, par les ouvriers, au Président du tribunal de Bienne, pour qu'il veuille bien faire choix de quelques-uns d'entre eux com- me experts.
L'affaire en est là.
Quelles seraient les conséquences d'une condamnation?
Nous avons, dans notre premier ar- ticle, distingué les signalements qui ont un résultat utile de ceux qui, selon nous, peuvent avoir un résultat contraire aux intérêts que l'on cherche à défendre.
Mais dans ces deux catégories, les uns sont susceptibles de causer un réel dom- mage aux signalés, tandis que d'autres,
— le signalement des avilisseurs de prix est de ce nombre — leur font simple- ment une réclame à laquelle ils n'ont vraiment pas droit.
Les signalements utiles sont précisé-
ment ceux qui causent un dommage évi-
dent aux signalés. Que par exemple, on
signale au commerce horloger, une mai-
306 LÀ FEDERATION H0RLC3ERE SUISSE son étrangère connue pour user de pro-
cédés déloyaux avec ses fournisseurs, ou ne mériter aucun crédit, on lui cause évidemment un tort réel, puisqu'on la paralyse dans ses opérations commer- ciales. Elle serait fondée à porter plainte devant les tribunaux suisses, se basant sur l'article 50 du Gode fédéral des obli- gations.
Si, par impossible, les ouvriers bien- nois sont condamnés, ce jugement, qui sera, nous le croyons, le premier en l'es- pèce — et qui par conséquent sera sus- ceptible de faire jurisprudence—,ne man- quera pas d'être invoqué par les preneurs étrangers chicaneurs ou dangereux, dont le signalement aurait été donné; et l'on verrait ce spectacle curieux, d'un journal ou d'une association condamnés pour avoir mis en garde notre industrie et notre commerce, contre les agissements d'un chevalier d'industrie quelconque.
Nous irons plus loin; que devien- draient les nombreuses agences qui don- nent des renseignements à nos commer- çants et industriels, et au nombre des- quelles, on peut classer la Société inter- cantcnale des industries du Jura, en ce qui concerne le fonctionnement de son bureau d'informations?
Nous savons bien que les renseigne- ments de cette nature sont donnés confidentiellement et sous réserve que le donneur n'encoure aucune responsabilité vis-à-vis de celui qui le reçoit. Mais qu'un bulletin disant, par exemple : Abstenez- vous de traiter des affaires avec la maison X, tombe dans les mains du chef de ladite maison ; celui-ci pourrait, établis- sant qu'on lui a causé un dommage réel, obtenir un jugement contre l'agence qui l'aurait désavantageusement apprécié.
On voit par là, à quelles conséquences désastreuses on arriverait, par l'interpré- tation brutale et à la lettre de l'article 50 du Code fédéral des obligations.
Nous avons d'ailleurs pleine confiance dans la haute impartialité et dans le parfait discernement du Président du tribunal de Bienne et nous ne doutons pas que le jugement qu'il rendra ne soit frappé au coin du bon sens et de l'équité.
Maisil s'agit d'une causequi diffère essen- tiellement de celles dont nos tribunaux ont généralement à s'occuper, et d'intérêts industriels et commerciaux qu'il est dans notre rôle d'apprécier; c'est pour ce der- nier motif que nous avons cru devoir exprimer notre opinion, dans les deux articles que nous avons consacrés à celte affaire.
Congrès socialistes à Paris.
Au début de la séance de mercredi des possibilistes, M. Lavy, conseiller municipal, secrétaire du congrès, adonné lecture d'une
lettre qu'il venait de recevoir de MM. Lieb- knecht et Lavigne, président et secrétaire du congrès marxiste. Par cette lettre, les marxistes refusent d'accepter aucune con- dition pour la fusion des deux congrès.
M. Joffrin fait constater que, si les marxis- tes ne veulent plus accepter la vérification des mandats, c'est parce qu'un grand nom- bre d'entre eux n'ont que des mandats fic- tifs.
Malgré les efforts des délégués italiens, le congrès passe à l'ordre du jour pur et sim- ple. M. Costa, député italien, déclare alors que ses compatriotes et lui n'assisteront aux deux congrès que comme des témoins.
Les possibilistes ont ensuite traité la pre- mière question à l'ordre du jour : « Législa- tion internationale du travail ». Le délégué d'un syndicat français a émis le vœu qu'on frappe d'un droit fixe par heure et par ou- vrier les patrons qui feraient travailler plus de huit heures par jour. Ce droit fixe cons- tituerait une caisse de retraites pour les tra- vailleurs.
Le congrès marxiste tenait séance le même soir. Au commencement de la séance, M.
Lavroff, qui faisait l'exposé de la situation des travailleurs russes, a été interrompu fréquemment par les cris de : « Vive l'anar- chie ! » poussés par les anarchistes groupés au fond de la salle.
Le président Anseele, délégué belge, au nom des quatre cents étrangers qui veu- lent travailler sérieusement, a invité les délégués français à mettre à la porte les perturbateurs. Aussitôt on s'est précipité sur les anarchistes et on en a expulsé cinq ou six.
Le calme rétabli, la séance a été remplie par un long discours eu citoyen Jules Guesde, qui a développé des résolutions présentées au nom de 145 syndicats ou groupes gues- distes et au nom de 90 chambres syndicales de Marseille et de Bordeaux au sujet de la législation internationale du travail.
Ces résolutions indiquent les desiderata auxquels devrait répondre cette législation pour être protectrice de l'existence et de la liberté ouvrières, réduire les chômages et raréfier les crises de surproduction. Parmi les plus extrêmes, il faut mentionner la li- mitation de la journée de travail à huit heu- res pour les adultes, la fixation d'un mini- mum international de salaire, le même pour les travailleurs des deux sexes, et l'institu- tion d'inspecteurs nationaux et internatio- naux élus par les travailleurs et rétribués par l'Etat. Ces inspecteurs auraient pou- voir pour pénétrer en tout temps, dans tout atelier, usine, chantier, etc., constater les infractions et faire condamner les contreve- nants. Ce contrôle serait étendu à l'industrie domestique.
Dans son discours, M. Jules Guesde a fait une déclaration antiboulangiste qui a pro- voqué les applaudissements de tous les con- gressistes.
Jeudi, au début de la séance du congrès marxiste, les délégués allemands ont déclaré qu'ils versaient une somme de mille francs en faveur des victimes des puits Verpilleux, et qu'ils iraient l'après-midi porter une cou- ronne au mur des fédérés.
On a continué à discuter sur la législa- tion internationale du travail. Le poète so- cialiste Morris a dit que le socialisme, pres- que inconnu en Angleterre il y a six ans, est devenu une puissance avec laquelle il fallait compter.
Le docteur Adler a dit qu'en Autriche, tantôt on laisse croître le socialisme, tantôt comme l'année dernière, on expule 400 militants. Mais cette persécution ne fait qu'augmenter le nombre des adhérents.
Des délégués de la Hollande, de l'Améri- que, de la Belgique, de la Suisse (le citoyen Brandt), de la Bussie, de la Boumanie. etc., ont également constaté les progrès du so- cialisme dans leur pays.
Le congrès possibiliste a continué égale- ment à discuter sur la législation interna- tionale du travail.
Les délégués anglais estiment que, sans le secours d'une loi, les ouvriers peuvent obtenir une meilleure réglementation du travail. « C'est ainsi, dit le délégué Ilobart, que j'ai fait grouper en trois mois cinq mil- le ouvriers du gaz à Londres. Ils ont alors obtenu des patrons tout ce qu'ils ont voulu : réduction de la journée de travail, heures supplémentaires payées double, etc. »
Cependant le délégué Walker est d'avis qu'il faut une entente internationale. « Les ouvriers anglais, dit-il, travaillent seize et dix-huit heures par jour, et, d'après le rap- port même de la Chambre des lords, la femme ne gagne que douze sous par jour, l'enfant deux sous ; l'ouvrier ayant un bon métier ne gagne pas plus de vingt francs par semaine. »
Des délégués français ont demandé la suppression des bureaux de placement, la suppression du travail dans les prisons, dans les ouvroirs, et l'établissement d'un jour de repos par semaine, mais sans préciser que ce serait le dimanche plutôt qu'un autre jour.
Le congrès possibiliste a achevé, vendredi matin, l'étude de la première question de son ordre du jour.
M. Hyndmann, délégué de Ia Social- Democrat-Federation d'Angleterre, émet le vœu d'une union de cette société avec la Trade's Union ; il propose aussi une union internationale ayant pour but des résultats plus larges que la réduction des heures de travail à huit heures, etc. ; ce qu'il veut, c'est l'émancipation complète du proléta- riat par la possossion absolue de la ma- chine, des moyens d'échange et du sol.
M. Cowper, au nom des Trade's Unions, accepte le vœu de son compatriote Hyndmann d'union des deux grandes sociétés ouvrières anglaises. Abordant la question de la ré- duction des heures de travail à huit heures et les autres points en discussion, l'orateur convient que ces revendications sont insuf- fisantes, mais elles ne sont pas négligeables;
d'ailleurs, il faut bien commencer par le commencement.
M. Grimmood, verrier, émet ensuite le vœu suivant :
« Le congrès affirme le principe que chaque nationalité est le meilleur juge de la tactique politique et sociale qu'elle doit suivre. En vue d'une correspondance internationale, un bureau sera formé, à cet effet, par les cham- bres syndicales dons chaque pays. Un sem- blable bureau de correspondance sera formé par les partis socialistes dans chaque pays.
Ces comités se réuniront une fois tous les trois mois ou plus souvent, s'il est nécessaire, pour correspondre et s'entendre, »
A la même heure, les marxistes étaient réunis salle Pétrelle. M. Babel prie ses com- patriotes de ne causer qu'avec leurs amis, car il y a dans la réunion des individus qui cherchent à leur nuire. M. Lafargue fait re- marquer que la presse étrangère, sauf la presse anglaise, à très peu parlé de leurs travaux. M. Liebknecht lui répond que malheureusement il se trompe. La Gazette de Francfort, au contraire, en a parlé, mais en mauvais termes. Elle a même dit qu'un délégué socialiste de Gand s'était sauvé avec la caisse de la société.
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LA FÉDÉRATION HORLOGÊRE SUISSE
307Le congrès a ensuite repris l'ordre du j o u r ; des délégués étrangers, sont venus à la t r i b u n e exposer l'état de la questiou so-
ciale dans leurs pays.
NOUVELLES DIVERSES
P a s s e p o r t s p o u r I a R u s s i e . — Le consulat suisse à Varsovie attire l'attention sur les désagréments qui peuvent résulter pour les personnes s e r e n d a n t en Russie, de leur ignorance des prescriptions relatives aux passeports. Aussi le Conseil fédéral r a p - pelle-t-il les prescriptions en vigueur en Russie au sujet des passeports, lesquelles sont les suivants :
1. Tout passeport pour la Russie doit être visé par la légation russe à Berne et porter la signature du titulaire.
2. Le titulaire du passeport doit, dans le délai de six mois à partir du jour où il a franchi la frontière, s e pourvoir d'un permis de séjour r u s s e , chaque jour de retard le rendant passible d'une amende de 30 copecs.
3. Les permis de séjour russe sont vala- bles pour douze mois e t doivent être renou- velés régulièrement.
E x p o s i t i o n u n i v e r s e l l e d e P n r i s . — Le Journal officiel français, du 14 courant, publie un décret du président de la Républi- que nommant les bureaux d'un certain n o m - bre de jurys d é g r o u p e s . La Suisse est repré- sentée dans ces bureaux :
1° par M. le Dr Gobât, conseiller aux états, à Berne, qui a été nommé vice-président du
j u r y du groupe II : Education et Enseigne- ment; matériel et procédés des arts libéraux (classes 6 à 16) ;
2° p a r M. le lieutenant - colonel David Perret, à Neuchâtel, qui a été n o m m é prési- dent du jury du groupe III : Mobilier et acces- soires, y compris l'horlogerie (classes 17 à 29).
A v i s a u x . f a b r i c a n t s « l ' h o r l o g e r i e .
« La Chaux-de-Fonds, le 19 juillet 1889.
« Monsieur le Rédacteur,
« Veuillez, j e vous prie, aviser les lecteurs de votre estimable journal, en complément à la mise en garde publiée p a r la feuille offi- cielle du commerce, d'après rapport du con- sulat suisse à Varsovie et reproduite dans votre numéro de ce jour, q u e j e tiens "à la disposition des intéressés des renseignements détaillés s u r les faits, ayant motivé l'avertis- sement donné p a r le consulat. Ces renseigne- ments pourront être consultés soit à mon bureau, r u e du Progrès 47, soit au b u r e a u de la Fédération horlog'ere à Bienne.
« Agréez, Monsieur le rédacteur, avec m e s r e m e r c i e m e n t s anticipés, m e s salutations bien empressées.
« Secrétariat de la Société intercantonale des industries du Jura :
J œ m e s P E R R E N J O U D . »
1889, à 5 heures du soir : MM. Barengo, Paris. — Ridewsky, Moscou. — Mayer-Beck, Stuttgart. — Uhlmann, Mexique. — Dietrich, Leipzig. — Hessel, Leipzig.
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