7 Compl ´ements sur la d ´erivation
Objectifs :
• Savoir calculer la d´eriv´ee d’une fonction compos´ee (par racine carr´ee, puissance...)
• Utiliser `a bon escient la d´erivation dans une ´etude de fonction Aper¸cu historique :
La notion de nombre d´eriv´e, puis de fonction d´eriv´ee sont n´ees au xviiesi`ecle (presque) simultan´ement chez deux scientifiques Leibniz(1646-1716) et Newton(1642-1727) `a partir de deux probl`emes tr`es diff´erents.
Leibniz avait le premier parl´e de fonction num´erique. Il s’est aussi int´eress´e aux courbes repr´esentatives de ces fonctions et en particulier aux droites joignant deux points d’une telle courbe. Les pointsA(a;f(a))et M(a+h;f(a+h))sont sur la courbe repr´esentative d’une fonctionf. Le coefficient directeur de la droite (AM)est f(a+h)h−f(a). Qu’advient-il de ce coefficient directeur lorsque les deux points Aet M sont tr`es proches l’un de l’autre, “infiniment proches” ?
Newton s’est int´eress´e aux mouvements et en particulier aux vitesses d’objets en d´eplacement : `a un instant t, un objet a parcouru une distance d1, `a l’instantt+h(h >0), il a parcouru la distance d2. Sa vitesse moyenne entre les instants tet t+hest doncVm=d2−hd1. Que devient cette vitesse lorsque les instants t et t+hsont tr`es proches, “infiniment proches” ?
Dans les deux cas, on est amen´e `a travailler sur des nombres “infiniment proches” et donc `a devoir calculer des quotients de nombres “infiniment proches de 0” : ce sera le≪h≫ qui apparaˆıt dans la formule de calcul du nombre d´eriv´e.
1. Rappels de 1 `ere : d ´efinitions
Si vous avez besoin de r´evisions plus approfondies, les cours de 1`ere S est en ligne.
Dans cette partie,f est une fonction num´erique d´efinie sur un intervalleI, etC sa courbe repr´esentative dans un rep`ere.aetxsont deux r´eels distincts dans l’intervalleI priv´e de ses bornes. On notehle r´eel non nul tel quex=a+h. On noteA etM les points deCf d’abscisses respectivesaetx.
D ´efinition 7.1 Si la limite lorsquehtend vers 0 du taux de variation f(a+h)h−f(a) vautl, on dit quef est d ´erivable enaet cette limitelest appel ´ee nombre d ´eriv ´e def ena. On note :
f′(a) = lim
h→0
f(a+h)−f(a)
h =l
Interpr´etation graphique :
Lorsque h se rapproche de 0, le point M se rapproche de A, et la droite (AM) se rapproche d’une≪position limite≫appel´ee tangente `aC au pointA; son coefficient directeur est alorsf′(a).
Propri ´et ´e 7.1 Soit f une fonction num ´erique d ´efinie sur un intervalleI et d ´erivable en a ∈ I.
La tangenteTa `a la courbeCf a pour ´equation :
Ta|y=f′(a).(x−a) +f(a) ~i
~j f(a+h)
f(a)
a a+h Cf
Ta
O
M
A
D ´efinition 7.2 Sif est d ´erivable en toutxd’intervalleIon dit quef est d ´erivable surI. La fonction qui
`a tout xdeI associe le nombre d ´eriv ´e def enx est appel ´ee fonction d ´eriv ´ee def sur I. On note : f′:x7−→f′(x)
Remarque 7.1 Parfois on notef′(x) = df(x)dx = dydx. Ceci pour pr ´eciser qu’on d ´erive par rapport `ax.
Ainsi on peut ´ecrire :dy=f′(x)dx. Cette ´ecriture signifie que si on prend deux points de la courbeCf tr `es proches l’un de l’autre, la diff ´erence de leurs ordonn ´ees∆yet la diff ´erence de leurs abscisses∆xsont li ´ees par une relation du type :
∆y=f′(x)∆x+ǫ(∆x) avec lim
∆x→0ǫ(∆x) = 0
Remarque 7.2 Si la limite enadu taux de variation est infinie,f est non-d ´erivable enamaisCf admet une tangente verticale ena.
2. Rappels de 1 `ere : d ´eriv ´ee des fonctions usuelles
Dans la suite,kest un r´eel quelconque fix´e etnest un entier naturel non nul.
Les fonctions sinus et cosinus, qui seront ´etudi´ees dans un prochain chapitre, sont int´egr´ees au tableau ci-dessous dans un souci d’exhaustivit´e.
Fonctionf D´eriv´eef′ Ensemble de
d´erivabilit´e def
x7→k x7→0 R
x7→x x7→1 R
x7→x2 x7→2x R
x7→xn x7→nxn−1 R
x7→√
x x7→ 1
2√
x R∗+
x7→ 1
x x7→ −1
x2 R∗
x7→cos(x) x7→ −sin(x) R
x7→sin(x) x7→cos(x) R
Propri ´et ´e 7.2 Soientuetvdeux fonctions d ´erivables sur un intervalleIet soitk∈R. Alors les fonctions ku,u+v,u×vet uv (sivne s’annule pas surI) sont d ´erivables surIet on a :
(kf)′=kf′; (u+v)′=u′+v′; (uv)′=u′v+uv′; (uv)′= u′vv−2uv′.
3. D ´eriv ´ee d’une fonction compos ´ee
D ´efinition 7.3 Soientu:I→J, une fonction d ´efinie sur un ensembleI `a valeurs dans un ensembleJ, etvune fonction d ´efinie surJ.
I−→u J −→v v(J)
La fonction compos ´ee deuparvst d ´efinie pour toutxdeIparv◦u(x) =v(u(x)).
I−−→v◦u v(J) On notev◦uet on dit “vrondu”. (On pense : “vdeu”)
Remarque 7.3 Attention, la composition n’est en g ´en ´eral pas commutative :u◦v6=v◦u Th ´eor `eme 7.1 Soituetgdeux fonctions telles quef =g◦uexiste sur un intervalleI.
Siuest d ´erivable enaet sigest d ´erivable enu(a), alorsf =g◦uest d ´erivable enaet on a : f′(a) =g′(u(a))×u′(a)
En g ´en ´eralisant `a toutadeI, on obtient :
siuetgsont d ´erivables sur leurs ensembles de d ´efinition respectifs, alorsf est d ´erivable surIet on a :
(g◦u)′=g′(u)×u′
D ´emonstration Soientaun r ´eel fix ´e,uune fonction d ´efinie et d ´erivable enaetgune fonction d ´efinie et d ´erivable enu(a). Calculons le nombre d ´eriv ´e def =g◦uena:
hlim→0
(g◦u)(a+h)−(g◦u)(a)
h = lim
h→0
(g(u(a+h))−(g(u(a)) h
Posonsk=u(a+h)−u(a). On au(a+h) =u(a) +k, et lim
h→0k= 0. Il vient :
hlim→0
(g◦u)(a+h)−(g◦u)(a)
h = lim
h→0
(g(u(a+h))−(g(u(a)) h
= lim
h→0
(g(u(a) +k)−(g(u(a)) h
= lim
h→0
(g(u(a) +k)−(g(u(a))
k ×k
h
= lim
h→0
(g(u(a) +k)−(g(u(a))
k ×lim
h→0
k h
= lim
k→0
(g(u(a) +k)−(g(u(a))
k ×lim
h→0
u(a+h)−u(a) h
=g′(u(a))×u′(a)
La fonctionf =g◦uest donc d ´erivable enaet on a :f′(a) =g′(u(a))×u′(a)
On d´eduit de ce th´eor`eme les propri´et´es suivantes :
Propri ´et ´e 7.3 Soituune fonction telle queu(x)>0sur un intervalleI. Soitfla fonction d ´efinie surIpar f =un. Alorsf est d ´erivable surIet on a :
f′= (un)′=n×un−1×u′
D ´emonstration Cette propri ´et ´e peut se d ´emontrer `a partir de la factorisationan−bn= (a−b)
n−1
P
i=0
aibn−1−i.
Exemple 7.1 f :x7→(x2+ 3)3est d ´efinie et d ´erivable surRen tant que polyn ˆome (d ´evelopper pour s’en convaincre), etf′(x) = 3(x2+ 3)2×2x= 6x(x2+ 3)2, `a garder sous forme factoris ´ee car apr `es avoir calcul ´e
G´en´eralisation `a n∈Q:
Propri ´et ´e 7.4 Soituune fonction telle queu(x)>0sur un intervalleI. Soitfla fonction d ´efinie surIpar f(x) =p
u(x). Siuest d ´erivable surI, alorsf est d ´erivable surIet on a :
f′ = √
u′ = u′ 2√ u Exemple 7.2 f :x7→√
x2−1est d ´efinie sur]− ∞;−1]∪[1; +∞[, d ´erivable sur]− ∞;−1[∪]1; +∞[, et f′(x) =√x2x2
−1 =2√xx2
−1
Application `a la fonction exponentielle :
Th ´eor `eme 7.2 Soituune fonction d ´efinie et d ´erivable sur un intervalleI. Soitf :x7→eu(x). La fonctionf est d ´erivable surIet pourx∈Ion af′(x) = eu(x)×u′(x).
On note aussi :(eu)′= eu×u′.
4. D ´eriv ´ees successives
Si une fonctionf est d´erivable surI, on peut (g´en´eralement) d´eterminer sa d´eriv´eef′ qui est elle-mˆeme une fonction d´efinie surI. On peut donc ´etudier la d´erivabilit´e de cette derni`ere surI et si elle est d´erivable aussi on peut d´eterminer sa d´eriv´ee qui est alors appel´ee d´eriv´ee seconde def surI et not´eef”. On peut poursuivre ainsi, et sous condition que les d´eriv´ees successives sont d´erivables surI, on notef(n)la d´eriv´eenedef surI.
On a pourx∈I:
f(n)(x) =
f(n−1)′
(x)
Exemple 7.3 Soitf la fonction d ´efinie parf(x) = 3x3−2x2+ 5x−7. Cette fonction est ind ´efiniment*
d ´erivable surRen tant que fonction polyn ˆome, et pourx∈R, on af′(x) = 9x2−4x+ 5; f′est d ´erivable surRet pourx∈Ron af”(x) = 18x−4; . . .
*autant de fois que l’on veut (se d ´emontre par r ´ecurrence)
Exemple 7.4 Soitgla fonction cosinus. D ´eterminer les d ´eriv ´ees successives degsurR.
D ´efinition 7.4 Soitf une fonction d ´efinie et d ´erivable sur un intervalleItelle quef′soit d ´erivable surI.
On appelled ´eriv ´ee seconde def surIla fonction d ´eriv ´ee def′, que l’on notef′′.
Exemple 7.5 Soitf la fonction d ´efinie surRparf(x) =x4−3x3+x2+ 1.
La fonctionf est d ´erivable surRet pour tout r ´eelx,f′(x) = 4x3−9x2+ 2x.
La fonctionf′est d ´erivable surRet pour tout r ´eelx,f′′(x) = 12x2−18x+ 2.
5. Applications de la d ´erivation
A. ´ Etudes de fonctions
Th ´eor `eme 7.3 (Rappel de premi `ere) Soitf une fonction d ´efinie et d ´erivable sur un intervalleI:
• si pour toutx∈I, on af′(x)>0alorsf est strictement croissante surI;
• si pour toutx∈I, on af′(x)<0alorsf est strictement d ´ecroissante surI;
• si pour toutx∈I, on af′(x) = 0alorsf est constante surI;
Plan g´en´eral pour une ´etude de fonction : 1. D´eterminer l’ensemble de d´efinition def.
2. D´eterminer le domaine d’´etude def, grˆace `a des arguments de parit´e et/ou de p´eriodicit´e (voir `a ce sujet le chapitre sur les fonctions trigonom´etriques ci-apr`es).
3. D´eterminer le domaine de d´erivabilit´e def. 4. D´eterminer la d´eriv´eef′.
5. D´eterminer le signe def′ sur le domaine d’´etude (penser `a factoriser) ; en d´eduire le sens de variation de f.
6. Dresser le tableau de variations def
7. D´eterminer les limites def aux bornes de son ensemble de d´efinition.
8. En d´eduire d’´eventuelles asymptotes, donner leur ´equation et dire si la courbeCf est en-dessous ou au-dessus de l’asymptote
9. Pour aider au trac´e, calculer la valeur def(x) en quelques points remarquables, et d´eterminer l’´equation de la tangente `aCf en ces points
10. Tracer la repr´esentation graphique def sur son domaine d’´etude (restreint), puis compl´eter par sym´etrie etc... `a tout le domaine de d´efinition
Exemple 7.6 Soitf la fonction d ´efinie surRparf(x) = 2x3+ 3x2+ 4.
1. ´Etudier les variations def surR. Calculerf(−2)et en d ´eduire le signe def surR.
2. En utilisant les r ´esultats de la question pr ´ec ´edente, ´etudier les variations de la fonctiongd ´efinie surR∗ parg(x) =x2+ 3x−x4. −
B. Calculs de limites
Lorsqu’on sait qu’une fonction est d´erivable, on peut utiliser sa fonction d´eriv´ee pour d´eterminer une limite qui≪ressemble≫`a un taux de variation.
Exemple 7.7 Calculer lim
x→0
cosx−1 x .
On reconnaˆıt ici le taux de variation de la fonctioncosentre 0 etx, en effet on a cosxx−1 =cosx−x−01. La limite lorsquextend vers0de cette expression est donc le nombre d ´eriv ´e de la fonctioncosen0.
Or pourx∈Ron acos′x=−sinx, Donc :
xlim→0
cosx−1
x =−sin 0 = 0
C. En physique
a. Notation des d ´eriv ´ees en physique
Soitf une fonction d´erivable surI.
On a vu dans la remarque 7.1 quef′(x) se note aussi parfois dfdx(x) ; de mˆemef”(x) se note aussi parfois
d2f
dx2(x), . . ..
Ceci est utile lorsque plusieurs variables interviennent dans une expression ; ainsi en physique, la vitesse d’un solide est la d´eriv´ee de≪la position≫par rapport au temps : on note dfdt(t). L’acc´el´eration se note ddt2f2(t).
En physique, on note parfois la d´eriv´ee par rapport au temps en marquant un point au-dessus de la fonction : Si un mobile se d´eplace sur un axe, la position est donn´ee par la fonctionx:t7→x(t). On a alors
x′(t) = dxdt(t) = ˙x(t). On note aussix” = ¨x(les notations ˙xet ¨xsignifient qu’on d´erive par rapport au temps).
b. Exemple : la chute libre
On consid`ere un objet en mouvement.
On notet la dur´ee en secondes de son parcours, ety(t) la distance en m`etres, parcourue apr`est secondes.
Comme la vitesse moyenne est Vm=distancetemps , si on notet1 ett2deux instants,
la distance parcourue entret1 ett2 estt2−t1, et le temps de parcours de cette distance esty(t2)−y(t1).
Donc le quotient y(t2t)−y(t1)
2−t1 est la vitesse moyenne de l’objet entre les instantst1 ett2.
On s’int´eresse `a ce que devient cette vitesse lorsque les instants t1 ett1deviennent “infiniment proches”.
D ´efinition 7.5 :
Dans les conditions pr ´ec ´edentes, la limite de la vitesse moyenne quandt2se rapproche det1
(c’est `a dire le nombre d ´eriv ´e deyent1) est appel ´ee vitesse instantan ´ee de l’objet `a l’instantt1.
V(t1) = lim
t2→t1
y(t2)−y(t1) t2−t1
= lim
h→0
y(t1+h)−y(t1) h Exemple:
On lˆache un objet en chute libre. On note x(t) la distance parcourue (en m) apr`estsecondes.
On admet (1) que la distance parcourue s’exprime en fonction du temps de parcours parx(t) = 4,9t2.
Calculer la vitesse instantan´ee de l’objet apr`es une chute de tsecondes.
On exprime la vitesse moyenne de l’objet entre les instantstett+ h:
v= x(t+h)−x(t)
h =4,9(t+h)2−4,9t2 h
En d´eveloppant, r´eduisant et simplifiant, on obtient : v=4,9(t2+ 2th+h2)−4,9t2
h =9,8th+ 4,9h2
h = 9,8t+ 4,9h Lorsque h tend vers 0, ce quotient se rapproche de 9,8t : on a
hlim→0(9,8t+ 4,9t) = 9,8t.
Donc la vitesse instantan´ee de l’objet en chute libre est donn´ee par l’expressionv(t) =x′(t) = 9,8t.
Apr`es 5 secondes de chute libre, la vitesse est de 9,8×5 = 49 m/s.
(soit 179,4 km/h).
(1)Distance parcourue en chute libre :d= 12gt2, o`ug≃9,80665m.s−2 est l’acc´el´eration de la pesanteur.
On remarque que la vitesse de chute libre est ind´ependante de la masse de l’objet.
6. Primitives d’une fonction
A. D ´efinition, premiers exemples.
D ´efinition 7.6 Soitf une fonction d ´efinie sur un intervalleI. On dit queF est une primitive def surIsi F est d ´erivable surIet si pour toutx∈Ion aF′(x) =f(x).
Exemple 7.8 Soitf :x7→cos(x). Une primitive def surRest la fonctionF :x7→sin(x).
Soitg:x7→2x3−4x. Une primitive degsurRest la fonctionG:x7→12x4−2x2.
Exemple 7.9 Tableau de primitives usuelles o `uuest une fonction d ´erivable sur l’ensemble indiqu ´e,nun
entier naturel etkun r ´eel quelconque :
Fonctionf PrimitiveF Ensemble
f(x) =k F(x) =kx R
f(x) =x F(x) = x22 R
f(x) =xn F(x) =n+11 xn+1 R
f(x) =ex F(x) =ex R
f(x) = cos(x) F(x) = sin(x) R f(x) = sin(x) F(x) =−cos(x) R f =u×u′ F = 12u2 R f =u′×un F = un+1n+1 R
f = uu′ F = ln(u) pourx, u(x)∈R∗+ f = uu2′ F =−u1 pourx, u(x)6= 0 f = √u′u F = 2√
u pourx, u(x)>0
f(x) =u′eu F(x) =eu R
f(x) =u′cos(u) F(x) = sin(u) R f(x) =u′sin(u) F(x) =−cos(u) R
Propri ´et ´e 7.5 Toute fonction continue sur un intervalleIdeRadmet des primitives surI.a
a. Ceci est admis pour l’instant, et sera d´emontr´e au chapitre sur les int´egrales.
B. ”d ´efinition `a une constante pr `es”, unicit ´e s’il y a une ”condition initiale”
Propri ´et ´e 7.6 Soitf une fonction continue surI. Deux primitives def surIdiff `erent d’une constante.
D ´emonstration Cette d ´emonstration est au programme.
SoientF etGdeux primitives de la fonctionf surI.
Alors, pour tout r ´eelxdeI, on aF′(x) =f(x)etG′(x) =f(x).
D’o `uF′(x) =G′(x), i.e.F′(x)−G′(x) = 0, ou encore(F−G)′(x) = 0, pour tout r ´eelxdeI.
Ainsi la fonctionF−Gest constante surI.
Soitkla valeur de cette constante. On a :∀x∈I, F(x)−G(x) =k, i.e.F(x) =G(x) +k.
Les deux primitivesF etgdiff `erent d’une constantek.
Th ´eor `eme 7.4 Soitf une fonction d ´efinie sur un intervalleI. SiF est une primitive de f surIalors f admet une infinit ´e de primitives et toute autre primitive def surI est d ´efinie parG(x) =F(x) +ko `uk est un r ´eel quelconque.
D ´emonstration Soitk∈RetG:x7→F(x) +k.
La fonctionGest d ´erivable surIet pourx∈Ion aG′(x) =F′(x) =f(x)doncGest une primitive defsurI.
R ´eciproquement, soitGune autre primitive def queFsurI. La fonctionG−F est d ´erivable surIet pour x∈Ion a(G−F)′(x) =G′(x)−F′(x) =f(x)−f(x) = 0.
Donc la fonctionG−F est constante surIet il existe donc un r ´eelktel que pour toutx∈Ion a G(x) =F(x) +k.
Th ´eor `eme 7.5 Soitf une fonction d ´efinie surIet admettant des primitives surI. Soitx0 ∈I ety0∈R.
Il existe une unique primitiveF def surIv ´erifiantF(x0) =y0.
D ´emonstration Supposons qu’il existe deux primitivesF etGdef surItelles queF(x0) =G(x0) =y0. D’apr `es le th ´eor `eme 7.4, il existek∈Rtel que pour toutx∈Ion aG(x) =F(x) +k.
En particulier six=x0, on obtient :y0=y0+kdonck= 0etF =G.
La primitive v ´erifiant la condition initialeF(x0) =y0est unique.
Exemple 7.10 D ´eterminer la forme g ´en ´erale des primitives def :x7→ sin(x) sur
−π;π .