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ARTheque - STEF - ENS Cachan | L'opération Global (ex)change : une expérience européenne de science par correspondance

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L'OPÉRATION

GLOBAL(EX)CHANGE :

UNE EXPÉRIENCE

EUROPÉENNE DE SCIENCE PAR CORRESPONDANCE

Sophie ROTTIERS

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Fonds international Wemaers pour la Recherche et la Diffusion des Connaissances Université Libre de Bruxelles - Objectif Recherche

MOTSCLÉS: VULGARISATION SCIENTIFIQUE DÉVELOPPEMENT DURABLE -SCIENCE PAR CORRESPONDANCE

RÉSUMÉ: Dans le cadre du .. Programme Innovation .. de la Commission européenne (DG XIII). Objectif Recherche(l'association belge pour la promotion de la science), l'Espace Mendès France (Poitiers, France) et laFondazione Idis-Città della Scienza (Naples et Benevento, Italie) se sont associés pour organiser en 97-99 un projet de vulgarisation scientifique consacré au développement durable. La présente communication rend compte de quelques résultats cognitifs, éducatifs et méthodologiques de cette expérience de science par correspondance.

SUMMARY : In the framework of the" Innovation Program .. of the European Commission (DG XIII).Focus Research(Belgian Association for the Advancernent of Science), theEspace Mendès France (Poitiers, France) and theFondazione Idis-Città della Scienza (Napoli and Benevento, Italy) organized in 97-99 a science by mail project about sustainable development. The present communication reports on sorne cognitive, educative and methodological results of this experience. A. GIORDAN, J.-L. MARTINAND et D. RAICHV ARG, Actes JIES XXI, 1999

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1. INTRODUCTION

1.1 Les organisateurs du projet Global(Ex)Change

L'organisme coordinateur estObjectif Recherche 1 Focus Research, l'association belge pour la promotion de la science. Fondée en 1987 par des chercheurs issus des différentes institutions scientifiques de Belgique, sa vocation est triple: favoriserla communication entre les chercheurs; militer pour que la Belgique adopte une politique scientifique cohérente ; promouvoirlascience et valoriser la recherche scientifique auprès du grand public (site: http://www.ulg.ac.be/obj-rech/).La Fondazione IDIS,implantée

à

Naples et

à

Benevento, est vouée

à

la diffusion et

à

la valorisation de la culture scientifique et technologique. Elle a inauguré en 1996lastructure permanente de la

Città

della Scienza à Naples (site: http://www.idis.unina.it). L'Espace Mendès France développe la culture scientifique, technique et industrielle dans l'Ouest de la France. La communauté universitaire est associée au fonctionnement du centre et à l'élaboration de ses projets et nombreuses activités (site: http://www.pictascience.org).Suite

à

un appel d'offres de la Commission européenne (DG XIII), ces organismes se sont associés pour le projetGlobal(Ex)Change.

1.2 Objectifs de l'opération

Global(Ex)Changes'adresse aux 14-18 ans de régions de Belgique, de France et d'Italie. Il invite à pratiquer la démarche scientifique comme une démarche active et imaginative, qui doit laisser place à la remise en question, se familiariser avec l'approche inter- et multidisciplinaire que requien une problématique complexe, communiquer et valoriser des résultats de recherche, en recourant notamment aux technologies modemes de communication et d'information.

2. MÉTHODOLOGIE

2.1 Le concept de science par correspondance

Le titre de l'opération Global(Ex)changefait référenceàl'expression anglaiseGlobal Changequi désigne les changements planétaires, tout en mettant l'accent sur le concept de science par correspondance sur lequel est basé le projet, un mode d'Exchange. Le moyen privilégié pour réaliser les objectifs annoncés est le parrainage des jeunes par des chercheurs. Tout au long d'une année scolaire, des scientifiques deviennent les " parrains " ou les " marraines " de jeunes qui sont en général encadrés par leurs professeurs. Concrètement, les élèves réalisent des " missions " (recherches, expériences, enquêtes, débats...) qu'ils choisissent parmi celles que proposent" deux cahiers de mission" édités parObjectif Recherche.

À

côté de cela, les jeunes élaborent un projet de groupe en vue de le présenter dans une exposition qui constitue aussi l'opponunité d'une évaluation au niveau national. Les missions sont davantage destinées à familiariser les jeunes avec la méthodologie scientifique que d'approfondir une matière. Les jeunes tiennent leur parrain ou leur marraine au courant de l'avancement des missions, des problèmes rencontrés, des questions qu'ils se posent et de leurs résultats. Les personnes qui encadrent les jeunes ne doivent pas donner de réponses

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toutes faitesà leurs questions mais les aideràtrouver eux-mêmes ces réponses, si réponse il y a, ou sinon,à se rendre compte que justement la science n'a pas réponse à tout.

Les jeunes apprennent à développer plusieurs aspects propres à la méthode scientifique : que rechercher? que va-t-il se passer? que voulons-nous démontrer? comment modifier les hypothèses et en proposer de nouvelles? de quoi a-t-on besoin? comment commencer le travail? comment décrire les étapes et les noter? que s'est-il passé?

En principe, l'échange se fait par correspondance (courrier postal ou électronique). Cependant on a constaté lors de toutes les opérations qu'une rencontre physique - dans le laboratoire du parrain, sur le terrain, lors d'un événement - constitue un élément impératif dans la réussite de l'échange entre les jeunes et leur parrain, issus de deux milieux trop différents pour que leur confrontation puisse se limiterà une correspondance. Dans certains cas, la rencontre a constitué l'élément déclencheur de l'échange, dans d'autres, l'aboutissement. Les organisateurs ont effectué le recrutement et l'attribution des parrains aux groupes mais laissentà chaque groupe le soin d'organiser l'échange à la meilleure convenance de chacun.La correspondance doit se faire de manière régulière.

2.2 Interdisciplinarité

L'interdisciplinarité est une notion clef de Global (Ex)Change. Concrètement, elle se traduit par la

variété des sujets abordésà travers les missions, mais aussi par la diversité des spécialités des chercheurs qui encadrent les jeunes. Les activités et réflexions peuvent s'intégrer aussi bien dans le cadre des cours de " sciences dures " que de géographie, sciences sociales ou économie, histoire, morale ou religion. Global (Ex)Change a même été intégré à des cours de langue. Dans cette perspective, la collaboration entre professeurs enseignant des matières différentes mérite d'être soulignée. La démarche interdisciplinaire peut mettre chacun en butte à des questions ou des disciplines qui déroutent ou qui ne sont pas toujours maîtrisées. Elle implique aussi un travail d'équipe, avec toutes les contraintes que cela peut supposer.

3. THÈME DE L'OPÉRATION

Global Change peut désigner d'une part des modifications cumulativesà caractère local mais dont les conséquences ont une ponée mondiale: comme le déboisement, la désenification... Elle peut aussi désigner des modifications systémiques qui s'observent dans le monde entier: comme l'effet de serre renforcé ou l'érosion de la couche d'ozone stratosphérique. Les changements planétaires représentaient l'un des points les plus imponants abordés lors de la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement de Rio de Janeiro en juin 1992. Parler de Global Change

implique un débat de fond sur la façon dont les hommes gèrent les ressources humaines et naturelles. Cette notion de développement, qualifié dedéveloppement durable. Ce concept s'est élargi par la suite: l'intégration des impératifs de développement et de la conservation, la satisfaction des besoins

humains essentiels (nourriture, santé, emploi, liberté), l'équité et

la

justice sociale ainsi que le

maintien de la diversité culturelle et de l'intégrité écologique en sont les éléments fondamentaux. En

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définitive, si toute réflexion sur le développement durable passe par une réflexion sur nos valeurs sociales, tout projet pédagogique consacré àce sujet doit nécessairement impliquer un débat de société: le plus grand danger pour la planète est l'absence ou la négligence de valeurs essentielles

comme le respect de la nature et celui d'autrui. Ces valeurs impliquent une solidarité entre les hommes

(ceux qui ont de la chance et ceux qui n'en ont pas, dans les pays industrialisés comme dans les pays du Tiers-Monde), mais aussi une solidarité entre les générations actuelles et cellesàvenir.

4. ÉLÉMENTS D'ÉVALUATION GÉNÉRALE

4.1

Du

point de vue de l'acquisition des connaissances

Les jeunes ont été confrontésàla problématique des changements planétaires et du développement durable. La plupart d'entre eux n'avaient jamais été amenés à aborder une problématique aussi complexe de façon interdisciplinaire et dans autant d'aspects différents. Prenons pour exemple le thème de l'eau, puisque la Journée de l'Eau vient de s'écouler: ce thème a pu être approché aussi bien d'un point de vue chimique (composition, pollution...), sociologique (importance de l'eau, consommation .... ), politique (répartition des ressources, politique de traitement, construction de barrage, ) et économique (valeur de l'eau, coût de l'épuration, ...), écologique (conséquences de la pollution, ). Cene opération a sensibilisé les adolescents à une série de questions dont ils ne soupçonnaient pas toujours l'actualité ni l'acuité : l'ampleur des changements planétaires et, de façon générale, l'état de la planète ; les enjeux du développement durable (lien entre la dégradation de l'environnement et la dégradation de sociétés); les relations Nord/Sud ... Par ailleurs, la confrontation avec le monde de la recherche a souvent représenté une découverte. Elle a stimulé la curiosité des élèves pour des métiers dont le rôle et le sens les ont interpellés.

4.2

Du

point de vue de l'acquisition d'une démarche

Tous les enseignants ont estimé que l'opération a réellement contribué à l'acquisition d'une démarche scientifique. Panni les aptitudes stimulées, les enseignants mentionnent en particulier la rigueur, l'esprit critique, la recherche et le tride l'information, la structuration d'un exposé, l'observation d'une méthode (manipulations, analyse de résultats, formulation de conclusions, ...) ; et enfin" la mise de l'imagination au service de la science". Dansla collecte d'information, un grand nombre de jeunes ont été amenésàréfléchir sur les différents niveaux de l'information et sur la communication de données. En particulier, ils ont pu non seulement confronter une série d'informations àdes données scientifiques, mais également vérifier leur information auprès d'un expert (en général leur parrain scientifique). Beaucoup de jeunes disent avoir été" convaincus" de la nécessité de développer leur esprit critique, surtout dans la lecture ou l'écoute des médias. Pour recueillir des données, les jeunes ont majoritairement eu recours aux démarches suivantes : appel à l'enseignant, aux parents ou à l'entourage (démarche spontanée) ; appel au parrain scientifique (en cas de bon contact) ; enquête sur le terrain (plusieurs groupes ont choisi de développer un projet nécessitant cette démarche qui leur permet de sortir du cadre scolaire); internet ; références aux cours scolaires ; lecture de journaux ;

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recherche en bibliothèque (démarche plus rare et souvent sur injonction des enseignants). Enfin, on soulignera le fait que les enseignants comme les jeunes reconnaissent avoir découvert les possibilités éducatives d'Internet. Dansla diffusion des résultats,la grande variété des supports de diffusions utilisés traduit non seulement la créativité des jeunes, mais également le fait qu'ils ont bien intégré les impératifs de la communication : Posters comprenant textes, photographies, caricatures, coupures de presse ; Réalisation de manipulations ; Publications : du petit journal au dossier d'information ; Multimédias: CD-Rom, page internet; Support audiovisuel; Mise en scène théâtrale; Enquêtes (avec présentation des résultats obtenus tout au long du projet) ; Jeux.

4.3 Apports indirects

Les enseignants ont évoqué de nombreux apports indirects de l'opération, généralement liés à la participation à un projet de groupe. Ils mentionnent ensuite la motivation, l'esprit d'initiative, le sens des responsabilités, le travail de groupe, l'esprit d'initiative, l'entreprise de nouveaux types de contacts dans des milieux nouveaux (la recherche, les entreprises, les administrations, ...), la mise en œuvre d'activités nouvelles au-delà même du projet. On mentionnera l'importance, pour certains jeunes, de la reconnaissance de leur effort etleplaisir qui en découle.

5. IMPACT SUR LES SYSTÈMES SOCIAUX 5.1 Sortir des canaux de communication traditionnels

L'implication des participants est très variable (le temps consacré à leur projet est de une heureàcent heures). Mais quelle que soit l'ampleur de cet investissement, les motivations des jeunes semblent homogènes, traduisant une envie d'ouverture. Les principales sont les suivantes: curiosité vis-à-vis du monde scientifique, intérêt pour les problématiques" sciences et société ", proches de l'actualité et en même temps en relation avec l'avenir, motivation à participer à un projet européen (occasion d'un échange avec des jeunes d'autres pays), désir de sortir du cadre scolaire, intérêt pour la dynamique de projet. Global(Ex)Changea constitué une ouverture pour les enseignants également. Dans le même temps, ces contacts avec des milieux qu'ils n'ont pas eu l'habitude de fréquenter ont représenté parfois des challenges pour les enseignants qui ont dû intégrer ces éléments nouveaux (connaissances, méthodologie, ...) à leurs tâches éducatives.

5.2 Le parrainage par un expert

Lesystème de parrainage offre des réponses à certains desiderata susmentionnés, tout en constituant un élément de motivation supplémentaire: le ou la scientifique qui accepte de devenir le parrain ou la marraine d'un groupe devient un interlocuteur d'un nouveau genre, en même temps que le partenaire d'un projet défini en commun.Ladécouverte de l'univers de la recherche est un stimulus observé dans toutes les opérations de science par correspondance. Enfin, pour les adolescents, l'attention et le temps qu'un Savant (dont l'aura demeure) leur accorde sont valorisants (les scientifiques apprécient tout autant l'intérêt des jeunes - reconnus comme un public difficile à interpeller - pour leur métier).

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5.3 Opportunités de contacts nouveaux lors de la collecte d'information

La problématique des changements planétaires et du développement durable offrent un axe de

réflexion "sciences et société " qui entraîne les jeunes à entrer en contact avec de multiples milieux,

parfois pour la première fois: milieux académiques (où le plus souvent les contacts ne se sont pas limités

à

ceux avec le parrain ou la marraine scientifique>, bien sûr; mais aussi laboratoires spécialisés attachésàdes organismes privés ou publics ; entreprises ou services ; administrations ; centres commerciaux; sans oublier leur propre entourage.

En

réalisant des enquêtes, les panicipants ont de fait parfois été amenés

à

redécouvrir sous de nouveaux angles un environnement qu'ils pensaient connaître. Pour les jeunes, la présentation publique de leur projet, voire la rencontre de journalistes venus les interviewer, a constitué une ouverture d'un type paniculier.

5.4 Complémentarité entre systèmes sociaux et éducatifs

Interdisciplinarité, expérimentation, stimulation des réflexes de communication... : les interactions évoquées ci-dessus se révèlent stimulantes. Dans le vocabulaire employé par les participants pour décrire leur démarche revient souvent l'expression " sortir de l'école ". C'est à l'école que l'enseignant exerce l'essentiel de sa tâche éducative.

Or

une institution scolaire est circonscrite dans un cadre spatial, temporel et structurel donné. Selon les établissements, ildispose d'une marge de fonctionnement plus ou moins grande, mais, dans la plupan des établissements du moins, ilest tenu de suivre un schéma théorique, dans lequel les connaissances sont organisée en matières données. Les enseignants sont aussi généralement embarrassés lorsqu'il s'agit d'aborder des problématiques dont l'ampleur et la complexité dépassent le cadre de leur matière. On soulignera à quel point la dimension interdisciplinaire deGlobal(Ex)Changea satisfait les participants: un projet organisépar un organisme extérieur permet de dépasser les clivages des matières et des cours et de créer des imeractions non seulement au sein du milieu scolaire, mais également entre le milieu scolaire et un certain nombre de réalités sociales. Cette ouverture vers l'extérieur répond à une demande que les contraintes du milieu scolaire ne permettent pas de satisfaire complètement.

5.5 Faire connaître les métiers de la recherche scientifique ou technologique Rencontrer un scientifique, c'est avant tout rencontrer un homme ou une femme qui exerce un métier. De nombreux jeunes participants avaient déclaré être élève en science, mais ce choix n'avait pas toujours été fait de façon positive. Des discussions avec des participants et des enseignants ont révélé que l'opération avait contribué

à

leur montrer tout l'intérêt de cette formation, en particulier dans l'acquisition de la démarche scientifique et de l'esprit critique. Ensuite, un certain nombre de jeunes ont déclaré " avoir décidé " de faire des études en sciences plus tard, ou être enclins

à

le faire, sans être sûrs pour autant de vouloir travailler ensuite dans un laboratoire ou un centre de recherche. Reste un petit nombre de jeunes, totalement convaincus d'avoir trouvé leur vocation dans la recherche.

On

prendra pour exemple les quelques jeunes de Belgique qui ont mené individuellement leur projet et pour lesquels l'expérience était une anticipation de leur futurs activités, tel ce jeune qui a fondé le journalThe young Scientist, ou tel cet autre jeune qui a réalisé une petite maquette pour chacun de ses deux parrains, afin de les remercier d'avoir contribué à une expérience" décisive" pour lui.

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5.6 Contribution au développement de l'esprit européen

Le sentiment de participer àune expérience organisée dans le cadre d'un programme européen a présenté un stimulant particulier. Global(Ex)Change leur a donné une occasion de réaliser l'intérêt que la Commission porte aux jeunes citoyens de l'Union en donnant l'impulsion et en soutenant des projets qui leur sont consacrées. Le fait que de hauts fonctionnaires se déplacent pour assister aux expositions des projets des jeunes a contribué à concrétiser et à personnaliser ce soutien. Pour les enseignants, le soutien que la Commission apporteàdes projets éducatifs liés aux technologies du futur représente une perspective importante dans un contexte où les milieux del'enseignement en Europe sont confrontés

à

la difficile évolution du système scolaire dans une société en mutation.

6. POUR CONCLURE : ÉLÉMENTS PROSPECTIFS

Les constats démontrent le potentiel éducatif de la méthode du parrainage de jeunes par des experts, complémentaire aux structures d'enseignement. Sans prétendre formuler un standard méthodologique ", on complétera cette évaluation (trop) générale par quelques recommandations. 6.1 Importance de l'encadrement des participants

L'encadrement des participants est l'une des conditions du succès de l'opération. C'en est même peut-être la première, si on réalise l'investissement qu'entraîne pour l'enseignant la participation à une opération de cene envergure. De fait, les enseignants sont sollicités simultanément par une série de difficultés d'ordres divers : une démarche nouvelle, la pratique pédagogique de " science par correspondance ", la pratique de l'interdisciplinarité, la confrontation à des milieux nouveaux, la thématique du projet nouvelle, la manipulation des nouvelles technologies de communication, des réalités linguistiques nouvelles.

6.2 Importance de la communication entre les participants

Lasatisfaction témoignée par les groupes où le contact avec le parrain a été dynamique estàla hauteur de la déception des groupes où la communication n'a pas " fonctionné " avec le parrain. Le scientifique personnalise le milieu dans lequel il travaille, maisilne peut faire abstraction de sa propre personnalité. Il est seul face à un groupe et de lui dépendra pour beaucoup la qualité de la communication entre eux, voire même de la motivation des jeunes. C'est peut-être lui en demander beaucoup, d'autant que les scientifiques ne sont pas particulièrement formésàla communication. Les enseignants hésitent en général à exprimer leur déception quant au parrain qui leur a été attribué. C'est pourquoi les organisateurs devront être particulièrement vigilants à repérer les dysfonctionnements dans le parrainage. Une des difficultés de la communication réside bien sûr dans la continuité: une fois le contact établi,il s'agit d'entretenir l'échange et son dynamisme. Ici, les réunions se sont révélées indispensables, les échanges de courrier et les contacts téléphoniques ne pouvant satisfaire à

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6.3 Nouvelles technologies

Les difficultés techniques de mise en place de projet ne doivent pas être sous-estimées.

n

faut veiller d'une part au niveau de l'équipement des participants, d'autre part ils faut les sensibiliser àleur utilisation. Oron constate un important déficit quant à l'utilisation des nouvelles technologies, en particulier en Belgique, où l'internet et I.e-mail relèvent parfois du gadget (clic !) ou du jeu. Cet état de chose est souvent lié à l'accès à ces techniques: si les écoles sont tenues d'être connectées, elles ne sont pas souvent faiblement équipée en termes de nombre de connections ou l'accès aux ordinateurs connectés est encore difficile (seul le professeur d'informatique possède la clef du local...). Ensuite, les enseignants ont dit être peu ou mal formés. Les plus âgés évoquent clairement une défianceà l'égard de ces techniques.

Dès lors, on proposera: d'une part, au départ du projet, l'organisation d'une journée de formation aux nouvelles techniques pour les enseignants (voire même pour les jeunes qui le désirent ; d'autre part, la recherche d'un partenariat avec un centre ou une société de communication qui puisse soutenir le travail des organisateurs au niveau de l'encadrement technique. On proposera aussi la création d'un site web interactif en fonction dès le départ de l'opération. Ce site serait géré par les organisateurs et componerait un forum qui pourrait contribuer à dynamiser le projet. Une fois lancée, la mise en réseau des participants pourrait se poursuivre de façon autonome. On pourrait aussi créer des événements autour du thème de l'opération.

6.4 Calendrier

Insistons encore sur l'évaluation des échéances. La phase de préparation (réaliser des publications / instruments de travail, promotion du projet auprès des écoles et des milieux de recherche) doit être suffisante et il faudra tenir compte du ralentissement des activités durant les mois d'été. Les réunions avec les responsables (enseignants / expens) devront être proposées de façon récurrente.

Dès lors, on suggèrera d'appliquer la méthode du parrainage de jeunes par des expens

à

d'autres milieux que ceux de la recherche, afin de leur permettre de pénétrer les différents niveaux de fonctionnement de la société et par là de découvrir leurs réalités respectives. Par exemple: les médias, les" nouveaux métiers" liés au développement des services et des technologies d'information et de communication. Compte tenu de son potentiel didactique, de telles expériences pourraient également être suivies pour l'éducation permanente.

BIBLIOGRAPHIE

UNESCO-PNUE, Le changement des mentalités: un impératif pour la terre, choix d'articles 1976-1991, extraits de

Connexion, Bulletin de l'éducation relative à l'environnement,

UNESCO-PNUE, Paris, 1991, 17.

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