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ARTheque - STEF - ENS Cachan | La présentation de la science Présentation

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Academic year: 2021

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1.2.

-LA PRESENTATION DE -LA SCIENCE

Présentation et Modération J\nrlré Gr ORDAN

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Uuand on parle de musée, d'exposition scientifique, cela évnque pour pas mal d'entre nous: mal aux jambes et baillements, cour-ses harassantes pour suivre les parents ou les maîtres dans

l'ensemble des salles au milieu d'une profusion d'objets. Notre problème aujourd'hui est tout autre: il s'agit de parler du musêe, en tant que moyen attractif de prêsentation du savoir scientifique, en tant que lieu êducatif pour les élèves, mais êgalement pour le grand public dans un contexte de formation permanente.

c'est une attitude relativement récente pour les musées de se préoccuper explicitement d'éducation, et principalement d'édu-cation pour un public très large. Par exemple, si l'on prend le périodique sur les musées le plus connu: Musêum publié par l'UNESCO, nous trouvons un numêro spécial datant de 1968 où un professeur anglais John Hale, oui d5veloppe des techniques de présentation très attractives, êcrit en introduction:

"Laissez-moi vous dire tout de suite que je déteste l'idée selon laquelle les musées doivent être avant tout utilisés comme instruments p8daaooiques. Leur premier rôle est d'abriter et de protéger des objets de valeurs et de les exposer de ma-nière attrayante. Leur deuxième rôle est d'assumer leurs responsabilités à l'égard des gens êduqués, des étudiants. des collectionneurs, des amateurs éclairés".

c'est cette conception de conservation: d'entrepots du patri-moine nationaL constituê de présentation de collection d'objets "qui ont une histoire" à usage d'une élite ou d'un public éclairf qui a longtemps prévalu. A-t-elle complètement disparu? On peut en douter quand l'on constate, à de rares exceptions prè& que les efforts éducatifs se limitent encore trop souvent à de lon-gues visites banales - les dernières salles sont généralement passées au pas de course - entrecoupées de démonstrations ou d'audio-visuels.

Ue multi~les exemples pourraient être cités, même parmi des expositions dans l'ensemble attrayantes, où le langage utilisé sur les panneaux est incompréhensibie pour des sr1<~nrjJtql1('s_

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r,1.

Ju'eil est-il alors pour les non-initiés? De même on trouve des cas ùe présentation d'objets yui ne sont accessibles qu'aux "gens yui savent déjà" (1), sans parler du rôle mystificilt_eur

et/ou magique de certaines expériences.

Qu'est-ce qui empêcl1e les musées scientifiques d'avoir un rôle éducatif?

Schématiquement on peut mettre en avant deux ensembles de raisons D'abord il s'agit de questions institutionnelles. Les personnes yui se préoccupent de l'aspect éducatif des musées sont en nombre très limités, et sans doute se heurtent-elles ~ des collègues qui traditionnellement,oll cIe nar leurs origines sociales accordent plus d'in~ortance à d'autres facteurs: tel la constitution de collection, la préservations des "pièces rares". Le plus souvent on constilte une absence de contact chronique avec le milieu enseignant, fréquemment les musées et l'enseignement dépendent de deux ministères différents qui ont une tradition de concur-rence.

Quand ensuite les musées innovent dans ce domaine, on peut r=-oérer plusieurs faiblesses épistémologiques, d'ailleurs assez proche de celles du domaine scolaire. C'est-~-dire que les conceptions qui Drévalent méconnaissent totalement les mécanis-mes de compréhension et d'assimilation des individus et reposent sur une certaine idée de la science très positiviste. En fèit, pour sch6

matiser de façon un peu provocatrice, on peut dire que seule la science constituée est montrée dans une présentation triomphante de ses résultats les plus "spectaculaires". Il s'agit globalement d'une oeuvre de propaqande qui mise sur Je spectacle de celle-ci pour susciter l'intérêt du public, et sur son hermétisme pour donner une parure scientifique ~ leur entre-prise.

Peut-on dès lors dépasser ces limites et envisager une nouvelle conception des institJtions muséologiques ?

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f··," .

c'est ce que tentent les exposés suivants

- â propos de l'exposition "Histoire naturelle de la sexualité" (M. Grobois et R. Sirota) au Muséum de Paris,

- â propos de l'exposition "Einstein" IF. Champion, J. Edelman, M-L. Habid, M. Roger) du Palais de la Découverte.

Ils essaient de traduire l'intérêt des nombreux visiteurs pour ces expositions qui ont été recherchées, d'évaluer les retombées éducatives (attitude, connaissance) en liaison avec les supports utilisés pour les transmettre.

A partir de ·ces ronstats, peut-on introduire de nouvelles di.men-sions dans les musées~

c'est ce que tente G. Delacote, responsahle de la concepti.on nF'S expositions permanentes au futur musée Dour les sciences, la

technique et l'industrie.

Les travaux de cette séance ?léni~re devraient déboucher sur quelques pistes, d'une cart en affinant l'analyse des probl?mes actuels et d'autre part en déFinissant l'originalité du musée scientifique ~ travers une série de questions.

Par exemple :

- Peut-on introduire la science qui est en train de se consti-tuer, resituer les sciences et les techniques dans les con-textes où elles se font, ou instituer des débats sur la science plutôt que de se limiter à la science constituée, eXDurgpe, ou à celle qui fait l'objet d'un consensus quasi général? - Comment permettre une lecture â plusieurs niveaux, comment

permettre à la fois la visite familiale, la démarche d'appren-tissage solitaire, l'activité complémentaire ~ la classe? - Comment dépasser la simple présentation directe, commentée ou

audiovisuelle d'objet, pour permettre la découverte, ou la construction de savoir scientifique par des cheminements pro-pres, éventuellement la manipulation ou la documentati.on

per-son n", 1 1e 11) .

- Comment"ouvrir" le musée? pour bien sûr attirer de nouveau public, pour en faire autre chose qu'un gadget de Capitale .. Quelles solutions sont envisageables ~ ce sujet: le dévelop-pement des clubs associés, des expositions itinérantes, des unités Dobiles, des modules portatifs à prêter aux écoles?

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'..'el~ revient à envisager les pénétratior.s possibles entre école et ['Iusée, formation initiale et formation pernanente, formation des personnels de musée et des enseignants ,0tC.

semble intéressante qu'à la con-dition de n'être pas une école "en plus", ou "en creux".

Le musée a d'autres caractéristiques propres à développer. Une

réflexion spécifique doit se d0velnpper avant toute nouvelle entreprise. car il s'i'lqit toujours d'un .investissement coùtellx.

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