UNE CULTURE SCIENTIFIQUE ET
TECHNIQUE: POURQUOI, COMMENT
Nicoletta LANCIANO Université de Rome
Par rapport aux gens qui normalement organisent la science, qui sont les étrangers? On parle surtout d'une science qui est organisée par des honulles, par des adultes, et par des scientifiques des pays développés et industriels.
Par rapport àcette science, qui sont les étrangers? Ce sont les enfants, ce sont les femmes, et ce sont les personnes qui ne sont pas des scientifiques.
Le débat conunence à porter sur "leur propre culture": c'est à dire qu'on commence àparler de la spécificité de la culture des femmes, même en rapport avec la production scientifique, culture qui a des caractéristiques qu'on appelle quelquefois d'éversivité, de divergence.
Dans son intervention au Congrès du GIREP 1986àCopenhagen sur "Cosmos - an educational challenge" (1), K.Bonde schématise à travers des couples,
les valeurs masculins et feminins par rapport
à
la science :" Male values conquering transforming dominating controlling exploiting
Aim : often connected with power Female values protecting conservating equal value caring recirculing
Aim: greater harmony"
A. GIORDAN,
.l.L.
MARTINAND, Actes .lES X, 1988On parle heureusement quelquefois dans nos rencontres de la pensée et de la culture des
~ une culture que j'appelle "scientifique" du fait que les enfants ont une curiosité, font des expériences, ont des hypothèses, se posent des pourquoi, des vrais pourquoi par rapport auxquels ils ont envie de connaître réponses et solutions. (2) Ils font vraiment des expériences; ainsi quand un enfant laisse tomber pour la première fois un jouet et qu'il se ca~se,il essaie plusieurs fois dans les années suivantes, il ne s'arrête pasàla première tentati ve. Il y a dans la culture des enfants, dans leur façon de penser, de poser des questions et de faire (pas seulement des plus petits, mais aussi des grands, si on ne les tue pas, si on ne tue pas leur curiosité, si on ne donne pas des réponses trop précises qui ne laissent pas rêver, imaginer, penser), il y a, je trouve, des attitudes précieuses telles que la passion de connaître, l'amour pour les choses connues, la capacité de ne pas s'arrêter dans la recherche. Mais ilya des possiblités de tuer, de ne pas reconnaître et d'annuler leur culture.
A propos de la "culture des enfants" je fait référence en particulier à la pratique didactique et aux refléxions élaborées par le M.C.E. (Movimento di Cooperazione Educativa) en Italie dans les 10 dernières années.
Quant aux non-scientifiques je pense surtout aux artistes et aux artisans,
à
leurs façons de regarder le monde età
leurs pratiques de se transmettre les connaissances.Pour donner vraiment un poids, une voix pour s'exprimer
à
ces cultures, il faut être vraiment convaincu que ces gens ont quelque choseà
nous dire, c'està
dire que les enfants ont quelque chose à dire aux adultes, ont une richesse particulièreà
apporter aux adultes; que les enfants ont quelque choseà
dire,à
évoquer, à suggérer aux scientifiques et aux femmes; et que les femmes et les non-scientifiques ont quelque chose de particulierà
dire aux adultes: donc que chacun a une richesseà
gagner dans la rencontre et dans l'écoute des autres.Tout cela peut être nié, bien sur, si quelqu'un pense pouvoir seulement enseigner ou transmettre ce qu'il a, tout dépend de la façon de se mettre en rapport avec les autres: par exemple, par rapport aux enfants, si on va dans les classes pour chercher et détecter seulement des choses qu'on a déjà dans nos têtes d'adultes, peut-être qu'on ne verra pas grand-chose, c'est à dire qu'on n'apercevra pas une richesse particulière, quelque chose qui serait là pour nous enrichir, pour nous parler. Par contre, chaque fois qu'on a un regard un peu plus libre, on s'aperçoit qu'on a la possibilité de changer d'avis ou de croître
à
travers les regards des autres par la façon de voir le monde des autres, pas seulement des étrangers des autres pays, mais aussi des "'étrangers" qui sont parmi nous.(1) Actes du Congrès - ESA SP -253 Nov 1986 - pp175-176 (2) Voir sur le sujet l'intervention de Carlo Bernardini
scienziato" La nuova Italia ed. 1985
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