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13 étoiles : reflets du Valais = Wallis im Bild = Treize étoiles : reflets du Valais = Wallis im Bild

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Reflets du Valais année N° 3 M ars 1982 Le num éro 4 francs

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Fendant Balavaud

Vin comme un fruit — Fendant fondant! Clos de Balavaud — grand renom ! A l’amitié!... le vin fait signe De nos gosiers ce vin est digne (Le bon vin n’est jamais trop bon) Que de soleils, que de soleils Avant d’être au poing dans le verre BALAVAUD : prodigieuse terre.

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Dole Clos de Balavaud Dole de Balavaud

Grand vin de grand parchet Quelle chose qu’un domaine Pour la créature humaine Il en fallut des bâtisseurs Des mainteneurs Des vignerons

Pour les murs et pour la vigne C’est chose très digne Que cette ronde de vivants Qui ont passé comme le vent.

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Paraît à Martigny chaque mois Editeur responsable: Georges Pillet Fondateur et président de la commission de rédaction:

Me Edmond Gay Rédacteur: Amand Bochatay Photographes: Oswald Ruppen, Thomas Andenmatten Administration, impression, expédition : Imprimerie Pillet S.A., avenue de la Gare 19 CH - 1920 Martigny Téléphone 0 2 6 /2 2052-53 Abonnements : Suisse Fr. 46.-; étranger Fr. 5 5 .- Le numéro Fr. 4 .- Chèques postaux 19^ 3 20, Sion Service des annonces: Publicitas S.A., 1951 Sion, téléphone 0 2 7 /2 1 2 1 1 1

§

Organe officiel de l’Ordre de la Channe

La reproduction de textes ou d’illustrations, même partielle ne peut être faite sans une autorisation de la rédaction

32e année, N° 3 Mars 1982

Sommaire

Bonjour la vie! La faune des hauteurs en hiver Journal d’une journaliste Guy de Pourtalès à Crans-Montana Le livre du mois Lettre du Léman Mots croisés Potins valaisans Le Valais pas plus cher Qu’en disent nos hôtes? Expensive Valais? No! Valais-Informations Visperterminen-Staldbach Nouvelles touristiques Unsere Kurorte melden Le secours en montagne en Valais Et la nature? Les chauves-souris disparaissent Ordre de la Channe: Le raisin dans l’art du Valais

Lèche-babines Autour du païen... - Einige Gedanken zum Heida

Lap’insolites de Skyll Treize Etoiles-Schnuppen Nun sind wir im Bild Art japonais Un mois en Valais

N o tr e co u v e r tu r e : Le ch e m in d a n s les vignes (P hoto M ic h e l D a rb ella y , tiré e d e so n o u vra g e« Valais j o u r s d 'œ u v r e»

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( te x te s en français, a lle m a n d e t italien)

Organe officiel de l’Ordre des Coteaux de Champagne et de plusieurs associations professionnelles de l’hôtellerie

GASTRONOMIE & TOURISME

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GASTRONOMIE & TOURISME cette élégante revue illustrée sera la bienvenue chez vous

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Bonjour la vie!

Comment ne pas aim e r la vie, la c roquer à pleines dents, quand on a le Valais p o u r décor?

Regardez-la comme elle s ’in stalle dans ce fabuleux pays à l ’heure ou mars et a v r il déjà se trémoussent. C’est à croire que n u lle p a r t aille u rs elle est autant chez elle q u ’ici... la vie.

Vallée du Rhône, vallée des ro is !

Chemins des crêtes empanachés de neige, au cœur même du printemps, où les skieurs s ’enivre nt encore de liberté, alors que dans la plaine les a brico tiers s’h a b ille n t de fleurs et que les premières asperges, p o u r mieux les voir, mettent le u r nez rose à le u r fenêtre de sable.

Torrents de nos montagnes plus écumants que jamais, le long desquels o n t commencé les ra n d o n ­

nées pédestres.

Volets des auberges et des mayens q u i s’e n tro u v re n t à nouveau, fraîchement repeints, s u r les vacances des pâquerettes.

E t la vigne, pardi, q u i après les pleurs de mars s’agite de plus belle aux premiers coups de fouet du soleil et de l ’engrais.

A peine sont partis les derniers hôtes de l ’hiver que déjà surgissent en trom be au g o u lo t de Saint- M a u ric e q u ’on a im e ra it v o ir sauter comme un bouchon de p é tilla n t les premiers touristes de l ’été naissant.

« B onjo ur la vie!» chante Bécaud, ce Valaisan des hauts plateaux.

B o n jo u r la vie à tous les gens de ce pays en fête! B o n jo u r la vie à tous les amis d ’aille u rs q u i nous a r riv e n t à bras ouverts!

B o n jo u r à l ’enthousiasme q u i éclate de toute p a rt dans ce Valais q u i piaffe à l ’aube des promesses nouvelles!

Silhouettes o m n ip rése n tes d a n s le ciel montag les ch o ca rd s à bec ja u n e

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La faune

des hauteurs

en hiver

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La niverolle ou pinson des neiges

L 'accen teu r alpin

Mais qu'en est-il des p assereaux de m ontagne? D’une façon générale, la p lu ­ p art nous quittent en octobre ou en novem bre, à l’arriv ée des prem ières neiges, soit q u ’ils descendent en plaine comme les pipits sponcielles, soit q u ’ils ém igrent vers le sud et sé jo u rn e n t dans les steppes et te rra in s dénudés d’Afrique tropicale, à toute altitude. Tel est le cas p a r exemple du tra q u e t motteux, appelé p o p ulairem ent «cul-blanc», et du splen­ dide m erle de roche qui p réfère p o u r son compte la savane aux te rra in s d é serti­ ques. Q uant au tichodrom e, ce joyau des éboulis et des m oraines glaciaires, qui s ’élève en belle saison ju sq u ’à la zone nivale et a été vu p a r le Dr J. B urnier de Genève à l’altitude de 4055 m. à la B e m in a dans les Grisons, lors de sa tra n sh u m an c e estivale, il exécute un mouvem ent inverse dès les prem iers froids. D escendant peu à peu des h a u ­ teurs, il gagne d’abord le pied des monts, les roch e rs des basses vallées, puis les m urailles des vieux édifices où l’on est tout su rp ris de découvrir son vol de papillon multicolore noir, gris et blanc, re h a u ssé de rouge carmin...

Deux au tre s p assereaux néanm oins ne quittent guère la montagne, mêm e au cœ u r de l’hiver. Fin novem bre, les alpa­ ges sont déserts, les h au teu rs se ch a r­ gent d’une signification poignante diffi­ cile à définir, e n tre n t en quelque sorte dans l’éternité. En fin d’après-midi, p ar grand beau temps, une lum ière diaman- tée donne aux lichens, à l’herb e rase, aux touffes de b ruyère et ju sq u ’aux m oin­ dres roches une beauté spéciale que le silence, la pureté de l’air, les p rem ières plaques de neige ne font que re n d re plus émouvante... Pourtant, la n a tu re se m e u rt sous les m o rsu res rép étées des prem iers gels. Vous vous croyez seul au monde lorsque b ru sq u em e n t un petit cri enroué vient vous tire r de votre rêverie: à quelques pas, su r le talus, une sorte de gros m oineau aux flancs roussâtres, au bec pointu, à la gorge claire pointillée de gris, se trém ousse, agite p a r saccades sa queue, picore ici et là quelques graines tout en continuant à vous obser­ ver: l’ac centeur alpin!

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Un peu plus haut, dans les éboulis déjà poudrés de neige, rete n tiss en t soudain des cris plaintifs et nasillards trè s p a rti­ culiers, en mêm e tem ps q u ’u n vol d’une trentaine de p assereaux noirs et blancs s’élève de la pente et tournoie dans l'azur du ciel comme des paillettes de givre : les niverolles, appelées com m uném ent pinsons des neiges! Classées dans la famille des Plocéidés et se rap p ro ch a n t des m oineaux, les niverolles s’en distin­ guent cependant p a r d ’im portantes diffé­ rences biologiques, mais le u r bec ro ­ buste, couleur de maïs en autom ne, est bien un bec de granivore fait pour broyer les graines les plus dures. A te rre , ces oiseaux ex trêm em ent sociables et peu farouches sem blent assez tern e s de plu­ mage. Mais dès que les niverolles p r e n ­ nent le vol, les rémiges et les rectrices noires et blanches de leu rs ailes et de leur queue se déploient, offrant alors l’un des plus ch arm ants spectacles qui se puissent voir!

A ccenteurs et niverolles ne descendent p ratiquem ent jamais en plaine en hiver, mais se rap p ro ch e n t des hauts villages et des stations de sp ort où ils deviennent familiers, quêtant s u r les balcons les miettes que de bonnes âmes ne m a n ­ quent pas de le u r distribuer. Il en est de même des chocards, ces fam euses petites corneilles des Alpes au bec jaune, om ni­ p résentes dans le ciel m ontagnard, vir­ tuoses du vol à voile et véritables acroba­ tes des cimes. Les chocards savent mieux qu’aucun autre oiseau au monde peut- être tire r profit des activités hum aines. Leurs troupes n o m breuses descendent chaque m atinée d ’hiver en plaine et l’on peut voir leu rs noires silhouettes e r r e r de toiture en toiture, explorer la chaus­ sée et visiter les re b o rd s de fenêtre, en quête de quelque n o u rritu re .

Mais tel est le u r am our de l’altitude, leur passion du vide et des hautes parois de pierre q u ’en fin d'après-midi, profitant des d e rn ie rs courants ascendants, tous les chocards d ’une région, à je ne sais quel signal donné, q u ittent b ru squem ent les bourgades et villes des vallées, s’élè­ vent en spirale et regagnent p ar centai­ nes, voire p a r milliers, leurs dortoirs

*

Comme u n gros papillon m ulticolore, le tichodrom e en vol

rocheux, effectuant ainsi sans difficulté, et avec leur grâce coutum ière, des dépla­ cem ents de plus de deux mille m ètres en altitude.

Spectacle courant de nos jours dans les grandes vallées des Alpes suisses et françaises, car l’espèce est en pleine expansion. Néanmoins, cette ex traordi­ naire transh u m an c e frappe l’observa­ te u r non averti et je ne sais rie n de plus captivant que ces m illiers d ’oiseaux noirs au bec jaune et aux pattes rouges1 p lanant en spirales ascendantes, tourbil- lonant en tous sens, ailes tendues et frém issantes, véritable carrousel chargé de vie intense, s’élevant peu à peu dans le ciel m ontagnard ju sq u ’à perte de vue! T races de l’a c c e n te u r alpin

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Journal d’une journaliste

De l’écriture

et du journalism e

A seize ans, m o n itrice à la colonie de vacan ces de G iétroz s u r F in h au t

La question est perm anente: «Quand avez-vous commencé le journalism e? et à écrire?»

J’ai donc décidé d’y répondre en rem ontant dans le temps. Je pré­ ciserai d’abord q u ’il n ’y a jamais eu de frontière, p o u r moi, en tre l’écri­ tu re (en ce qu ’elle a de plus p erson­ nel: roman, nouvelle, poème) et le journalism e, et q u ’il y a toujours eu in terpénétration en tre les deux. Ni en tre le «métier» et ma vie privée. Que je me trouve dans u n camp de réfugiés face à un chef d’Etat ou avec les compagnons de mon rom an d’am our, je suis toujours la même. L’interview, c’est la re n co n tre avec un être humain. Je m entirais si je ne disais pas que je ressens, parfois, un violent besoin de solitude pour écrire, écrire et encore écrire. Le grand désavantage du journalism e, c’est qu ’il a pour effet de nous sucer ju sq u ’au sang. Son im mense ri­ chesse, c’est qu ’il m’au ra fait côtoyer toutes sortes d’êtres, qu’il m’aura plongée dans toutes sortes de situa­ tions.

A ujourd’hui, j’en sais un peu plus, s u r le monde, la vie et les êtres, q u ’il y a vingt ans, mais je suis consciente du fait que je n’en saurai jamais assez. Depuis quatorze ans, j’en­ grange notes, récits, nouvelles, tex­ tes divers, dans mes éternels cahiers cartonnés noirs. Le jour viendra où, sans avoir à fou rn ir aucun effort d’imagination, je n ’aurai q u ’à tra n s­ poser la vérité de ces êtres, rencon­ trés s u r mon chemin. Je sais que si je ne le fais pas, tôt ou tard, je finirai muette. Trop de secrets incom m uni­ cables sont en moi. Comme un boulet suspendu à mon cœur... Je suis toujours h eu reu se de re n ­ c ontrer u n être lorsqu’il est sincère. J’éprouve parfois la tentation du désert. Qui n ’a pas ses dilem m es? Pour ma part, je crois m’en être accomodée.

Le Valais

il y a vingt ans...

J ’ai douze ans quand je commence à écrire: des poèmes, su r lesquels j’improvise une m usique inspirée de Brassens, Béart et Ferré. A l’époque, je me vois troubadour, auteur- com positeur-interprète plus p ré­ cisément, hantant les petits théâtres du monde...

J ’égrenne bizarrem ent quelques no­ tes s u r ma guitare. J ’ai la passion de la m usique, et des mots d’abord, mais aucun talent musical. Ma voix n ’est pas sûre. P our un tro u b ad o u r chantant, ce n ’est pas l’idéal. Mais je continue à écrire. Mon prem ier texte sera publié dans la défunte «Feuille d’avis du Valais», plus précisém ent dans un encadré du supplém ent hebdom adaire. J ’ai quinze ans. Dans ce «poème», il devait être question de la quête du bonheur... Lorsqu’il paraît, sous le pseudonym e de «Gilles Daubert», ma su rp rise est telle que je révèle le secret à une amie d ’enfance qui se m ontre parfaitem ent incrédule. Q uant à sa s œ u r aînée, elle assure: - C’est une menteuse...

J ’ai découvert que l’acte d’écrire est

une chose bizarre, incongrue, peut- être même interdite. Et puisque j’écris, je suis u n être étrange, moi aussi. «Clandestinement», je conti­ nue à noircir im pitoyablem ent mes cahiers cartonnés no irs: poèmes, chansons, pièces de théâtre, scénarii de films d’enfants.

Ma prem ière interview p araît en 1961. J’ai choisi p o u r thèm e «Noël vu par des jeunes». Parce que Noël me p araît atteindre aux limites du Grand-Guignol, je m ’interroge su r son sens. Mes interlocutrices seront mes cam arades de classe de l’école secondaire. Cette fois, je ne serai pas traitée de m enteuse. L’article a p aru sous mon vrai nom et le rédacteur, dans son chapeau d’intro­ duction, précise que je n ’ai «que seize ans» et «un style qui a de la couleur».

Au collège, c’est la surprise, l’éton- nem ent, la joie de certaines. La jalousie et le scepticisme d'autres. - Comment fais-tu p o u r é c rire ? d’où te viennent les m ots? et les idées? Une m échante langue insinue: - Est-ce que tu aurais la science infuse?

Expliquer le besoin d’écrire qui me fait noircir, pendant l’étude, entre les cours - et aussi d u ra n t certains

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cours qui m ’en nuient - des pages et des pages? Je ne sais pas expliquer et je me tais.

Je ne serai jam ais auteur-com- positeur-interprète. Je ne ferai qu’écrire et encore écrire, la seule chose que je sache faire à peu près convenablement, et que j’adore faire.

Reportages à pied,

à vélo et en camion...

Dès 1961, je consacre la plupart de mes vacances scolaires, été comme hiver, au reportage. A la «FAV», j’ai eu la chance de re n c o n tre r des rédacteurs qui me font confiance. Pour moi, c’est l’occasion d’explorer le Valais (en attendant le monde). Tout me tente. Tous les êtres me sem blent m ériter qu ’on les écoute: les petits artisans de la vieille ville de Sion tout autant et souvent que certaines célébrités de Crans-sur- Sierre. Tous ont le u r richesse et leur solitude. Les p rétentieux et les cabotins ne m ’a ttiren t pas.

Mes sujets, je les trouve toute seule, en com pulsant le botin de téléphone et en flânant dans les rues. Alors que mes confrères journalistes p ro ­ fessionnels l’œil ironique, se dépla­ cent en voiture (de sport), je vais à pied, à bicyclette puis, dès le jo u r où la «FAV» - convaincue de mon sérieux et de ma «productivité» - se déclarera prête à avancer mes frais, je voyagerai en train et en autobus, aussi. E ntre deux horaires, je con­ naîtrai encore le ch a r à foin, la jeep et le camion.

René-Pierre Bille:

le prem ier

Ce jo u r d’été 1961, après avoir pris rendez-vous p ar téléphone, me voilà débarquant au «Paradou», à Sierre. - Comment, c’est vous? mais vous êtes toute jeune!

L’accueil de René-Pierre Bille. Au bout d’une h eu re de conversation, entre le café et le thé, c’est lui qui m’interrogera:

- Mais comment, vous écrivez des poèm es? et su r quoi?

René-Pierre sera le p rem ier à les lire. Le p rem ier à m ’encourager. Je lui confierai par la suite le m an u s­ crit de mon p rem ier recueil, «Le Suicide du Bonheur», et d’autres textes.

A utour de moi, certains sont scepti­ ques, peut-être même jaloux. Va encore que « cette jeunette» in te r­ viewe Sacha Distel et Bourvil, H u­ ghes Aufray et Gilbert Bécaud, mais

q u ’elle se mette en tête d'écrire des poèmes, peut-être u n jo u r des li­ vres...

R ené-Pierre Bille sera le p rem ier adulte, re n co n tré s u r m on chemin, à ne pas ressem b ler aux «grandes personnes». Le p rem ier aussi qui me sem blait s’être réalisé et... h e u ­ reux! Grâce à lui, je ne craindrais plus le ridicule, en écrivant, poèmes et autres textes. Je savais que j’étais dans le vrai. Je ne voyais et n ’écou- tais plus les sarcasm es de mes confrères.

Longtemps, ses mots m ’accompagne­ ro n t: «Lorsqu’on désire ardem m ent quelque chose, tôt ou tard, cela finit p ar se réaliser».

Il avait raison, René-Pierre. Et il est toujours là. Et il n ’y pas changé.

L’am our

ne m ’intéresse pas...

D’autres lieux. D’autres êtres. A Chandolin, la re n co n tre avec Ella Maillart. Je devais me trouver avec elle, au fin fond du Tibet, c’est-à-dire très éloignée des im pératifs helvéti­ ques. Au bout de deux heures, l’unique car de l’après-midi était parti... Je suis contrainte à l’auto­ Ir a n 1967 : b o rd de la m e r C aspienne

stop, u n sport qui me p araît risqué. Un camion «Lusso» descend ju sq u ’à Sierre. Il n ’y a pas de siège à côté de celui du conducteur. Je m ’assieds s u r le sol et j’aurai droit à une magnifique et délicieuse glace... Toujours l’été 1961, je découvre le Bas-Valais. Vouvry. Je suis s u r le point d’interview er le président de la commune, B ernard Dupont. A la vision d’u n homm e si jeune, je ne peux m ’em pêcher de dem ander: - Vous êtes vraim ent le p résident? mais vous êtes tout jeune...

M. le p résident de Vouvry a vingt- h uit ans. Il sourit:

- Et vous, quel âge avez-vous? - Seize ans...

Grâce à l’efficacité et à la gentillesse du p résident de Vouvry, je ra m è n e­ rai, en plus de son interview, deux autres reportages : l’un su r le sé­ chage du tabac et l’au tre s u r le domaine des Barges.

Vouvry sera aussi mon p rem ier «repas professionnel». M. B ernard Dupont m’invita au re sta u ran t et je me rappelle q u ’il m ’y interviewa, à la fois intrigué et amusé, tout de complicité.

- Pourquoi écrivez-vous? pourquoi ce m étier?

Gilberte Favre.

(A suivre.)

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L’Alliance culturelle de Crans- M ontana (gloire en soit re n d u e à son président M arius Bagnoud!) a célé­ bré dignement, en février, le souve­ n ir de Guy de Pourtalès. Ce n ’est que justice. L’au te u r de la « Pêche m ira­ culeuse» m éritait bien que l’on se souvienne, su r le Haut-Plateau, des nom breux séjours q u ’il y fit entre 1932 et 1941, qui est l’année de sa mort.

Qui est cet hôte illu stre ? Il est né à Berlin en 1881; son père, le comte H erm ann de Pourtalès, servait dans l’arm ée de l’em pereur Guillaume Ier. Un P ru ssien ? Non, u n Neuchâtelois, mais Neuchâtel, de 1707 à 1815, avait appartenu aux H ohenzollern tout en e n tre ten an t avec la Confédé­ ration helvétique des relations privi­ légiées. Devenue canton suisse, l’an­

cienne principauté conservait, par les bonnes familles du chef-lieu en particulier, des relations étroites avec Berlin. Les m eilleures trad i­ tions militaires appelaient dans l’a r­ mée allem ande de nom breux jeunes gens désireux de faire c a rrière sous les armes. Que tout cela ait failli nous valoir une guerre en 1856, ce n ’est pas le lieu de le rappeler. Il nous en reste un chant national: le «Roulez tam bours » d’Amiel... Les P ourtalès étaient, en fait, origi­ naires de France. H uguenot des Cé- vennes, Jérém ie avait fui les p ersé­ cutions louis-quatorzièmes ; il avait gagné Genève puis la ville des bords de l’au tre lac où il avait fait souche. Ses descendants, anoblis sous F rédé­ ric II, hésiteront souvent s u r leu r véritable nationalité. Il en sera ainsi

pour le fils d’H erm ann dont la m ère était genevoise, dont l’enfance fut su rto u t genevoise. Dès 1912, il re d e­ viendra Français, en souvenir de l’ancêtre Jérém ie.

Cette décision lui valut d’être appelé « sous les drapeaux» tricolores en 1914. Il fit la guerre contre l’Allema­ gne de Guillaume II, fut gazé à Ypres en 1915. Ses poum ons ne s’en re m e t­ tro n t jamais et la montagne lui sera de plus en plus nécessaire. En 1932, il fera son p rem ier séjour à M on­ tana.

Mais entre-tem ps, il était devenu un écrivain français célèbre. Dans les tourbillons de l’entre-deux-guerres, il avait publié de nom breux livres dont le succès avait été retentissant. Des biographies, en particulier, qui firent mieux connaître aux Français quelques grands m usiciens ro m an ti­ ques et la vie du roi fou: Louis II de Bavière. La culture allem ande était presque aussi familière à Pourtalès que la culture française et que la culture anglaise. Nous lui devons de nom breuses traductions de Shakes­ peare. S’il fallait définir cet esprit, nous dirions q u ’il était européen, n o u rri p a r les rom anciers ru sses et teinté des charm es de l’Italie. C’est donc à M ontana qu ’en 1932 il achève son «Wagner». On trouve, dans l’ouverture de cette belle étude, quelques lignes significatives s u r le h au t plateau de lum ière d’où l’on aperçoit la coupure du Rhône et la chaîne superbe des montagnes qui s’étend du Simplon au Mont-Blanc. Dès ce p rem ier contact, on sent l’écrivain fasciné p ar la gran d eu r des paysages mais aussi par les vertus du silence et de la solitude. Est-il étonnant, dès lors, que, sa santé dem e u ran t fragile, il ait songé à re v en ir en des lieux qui l’avaient si bien accueilli?

Nous l’y retrouvons en 1934. Cette fois, les témoignages sont nom breux de sa présence à La M oubra, la clinique du Dr Ducrey, non loin du chalet q u ’avait habité, quelques an­ nées plus tôt, K atherine Mansfield, et proche aussi de la to u r de Muzot que Rilke avait occupée ju sq u ’à la veille de sa mort, en 1926. Il évoque ces om bres mélancoliques à plus d’une re p rise dans des lettres q u ’il adresse à des amis. Du reste, en 1932 déjà, dans le texte signalé plus haut, il écrivait: «Le livre que j’offre au­ jo u rd ’hui à cette om bre silencieuse Guy de P o u rtalès à M o n tan a en 1937

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Q uelques œ uvres. et le u r a u te u r

(Wagner), je l’achève su r le haut plateau du Valais où K atherine Mansfield et R ainer M aria Rilke... plongeaient leu rs regards dans la large d éc h iru re de rochers qui est la vallée du Rhône. La colombe de la Nouvelle-Zélande trem blait d’avoir à s ’arran g e r ici un nid m or­ tuaire, et, pour forcer sa guérison, s’obligeait à écrire des contes. Dans sa tour de Muzot, à quelques centai­ nes de m ètres plus bas, Rilke les entendait peut-être, lui qui savait comme personne écouter les histoi­ res des enfants et celles du bon Dieu...».

Or, lui-même, Guy de Pourtalès, vaut-il beaucoup m ieux que cette colombe qui songe à s’arran g e r un lit m o rtu a ire ? Il est d’abord con­ damné p ar son m édecin à un repos complet. Six sem aines de lit, avec quelques h eu res au balcon d’où il aperçoit un «panoram a splendide». Enfin, il peut re p re n d re la plume, envoyant des articles aux journaux et revues de Paris. Surtout, «je me suis rem is à ma «D ernière Hé- loïse...» Or, cette «D ernière Héloïse» n ’est au tre que le rom an qui po rtera finalement le beau titre: «La Pêche miraculeuse».

Ce n ’est pas un mince h o n n eu r pour M ontana-Crans d’avoir ac­ cueilli l’au te u r de ce chef-d’œuvre, d’en avoir favorisé l’élaboration. C’est aussi là-haut q u ’il médite sur les vertus de la montagne. Un article que l’on peut lire dans les «Affinités instinctives», parle de son séjour comme d ’une cure q u ’il ferait dans

les «Nouveaux therm es de l’âme». Les Romains fréquentaient leurs pis­ cines chaudes; l’homm e m oderne trouve à sa disposition la montagne, non seulem ent celle de l’alpiniste des rochers, mais celle de la neige. Il y découvre «le triom phe de la m ontagne s u r la mer, de la neige sur le sable, des vastes et profonds silences des sommets sur les volup­ tés fiévreuses des ports et l’odeur molle des dancing. En un mot, c’est la revanche des Alpes.»

Son propos est de faire com prendre la valeur curative du ski, de la luge, du repos dans les stations accueil­ lantes grâce à leurs hôtels et à leurs cliniques. «La montagne... devient u ne nouvelle école poétique, puis u ne école morale nécessaire à la form ation des caractères; enfin une discipline physiologique, celle de la santé par le froid, la lum ière et la solitude.»

De belles pages évoquent la blan­ ch eu r du monde, la douceur des silences ouatés, la beauté des arbres vêtus de fourrure... Là est le secret de la santé.

Mais, ce q u ’il découvre de m eilleur au sein de cette n a tu re enneigée, c’est la valeur spirituelle d’un séjour qui le ram ène à lui-même. Ici, «l’hom me n ’est plus en fuite perpé­ tuelle devant lui-même comme dans les villes... Devant la gra n d eu r et la sévérité de ce décor d’acier et de cristal, il re p ren d sa m esure précise: il se retrouve, se reconnaît; il re n tre dans son âme.» Et comme l’ém eut cette messe de m inuit dans la petite

église où les m ontagnards assistent à la messe! Noël. «Tous vivent ici d’une existence allégée. La vraie richesse, chacun la porte en soi et les vraies valeurs d’échange sont l’énergie et le dévouement.»

Comme K atherine Mansfield, Guy de Pourtalès éc rira des contes, du­ ra n t ses séjours à Montana-Crans. L’un, que l’on trouve dans les «Con­ tes du Milieu du Monde», évoque précisém ent une soirée de Noël dans un hôtel de là-haut, qui po u rrait être l’Hôtel du Golf, où sa famille a souvent séjourné. «Une histoire de la montagne» em prunte l’un de ses épisodes aux «Wallisersagen» de l’abbé Tscheinen. Nous tenons ainsi la preuve que le Valais ne l’a pas seulem ent séduit par ses paysages mais q u ’il l’intéressa par son his­ toire et ses légendes...

L’année 1935 le ram ène à La M oubra au début de janvier. Sa santé n ’est toujours pas brillante; la montagne lui devient de plus en plus néces­ saire. Dans une lettre d’Etoy (son lieu de séjour et de travail en Suisse, en tre Paris et M ontana) à Jean de Salis, le 19 mai 1939, il écrit: «Mon mal n ’est pas de ceux qui guérissent vite...» Ses d ernières années sont toutes hachées de malaises. La m on­ tagne les écarte un instant, si elle ne peut les guérir. Elle est devenue son seul recours.

Il est là-haut d urant l’hiver 39/40. La guerre écrase de nouveau l’Eu­ rope. En mai, re to u r à Etoy. C’est la veille de la grande offensive hitlé­ rienne s u r l’Occident. Et la famille, à

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Etoy, est sans nouvelle du fils u n i­ que, Raymond, engagé dans cette sinistre aventure. Il tom bera en juil­ let: les p arents ne seront avisés q u ’en octobre. Le tem ps des catastro­ phes... P our ne pas som brer, Guy de P ourtalès com m ence la rédaction de ses «Mémoires». Ils viennent seule­ m ent de p araître : « Chaque m ouche a son ombre», (1981).

C’est encore à M ontana q u ’il passera le d e rn ie r hiver de sa vie. Il a re n co n tré à La M oubra Gonzague de Reynold. Entre ces deux Européens, l’un protestant, l’au tre catholique, s’établit un dialogue su r la folie des passions qui divisent les hommes. Qui d iv is e n t. même les chrétiens. Pendant que les com battants

s’entre-M an u sc rit de la «Pêche m iraculeuse»

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tuent, ne peut-on rê v er d’une paix qui p re n d ra it sa source dans le message du C hrist? Deux lettres ré su m a n t les m éditations et les échanges des deux écrivains parais­ sent dans la « Gazette de Lausanne» en février 1941. Elles n ’épuisent pas la réflexion de Pourtalès. Il la p ro ­ longe dans un ouvrage que l’écroule­ m ent de la France em pêchera de paraître. Puis sa propre mort. On nous la donne enfin au jo u rd ’hui. C’est la «Tunique sans couture ». Car il est bien, cette fois, à bout de force. Vers la fin du printem ps 41, il quitte Crans p o u r un hôpital de Lausanne. Il y m o u rra le 12 juin. Notre propos n ’était pas de parler de la « Pêche m iraculeuse» en p a rti­ culier. C’est p o u rtan t dans ce grand rom an que Guy de P ourtalès a mis l’essentiel de lui-même et de son art. Le livre p aru t en 1937. Il n ’a pas une ride après qu aran te ans. L’enfance, l’adolescence, les prem ières années de l’âge m ûr s’y trouvent évoquées par u n écrivain subtil, élégant, pro ­ fond. Redisons-le: nous sommes h eu reu x et fiers de savoir que le Valais a u ra quelque peu contribué à la naissance de cette grande œ u ­ vre.

* * ♦ J Au v e rn issa g e : M au rice Z erm atten, c o n fé re n cier du jo u r, M mc Yvonne de Po u rtalès, belle-fille de Guy de P o u rtalès. et M ariu s Bagnoud, p ré s id e n t des sem ain es cu ltu re lle s du H a u t-P la te a u

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p ar l’in d u strie touristique, aux m em bres des sections du Club alpin, aux a u to rités comm u­ nales et cantonales, aux élèves des pays alpins, aux forestiers, aux p ro fesse u rs de ski, aux guides, aux polices com m unales et cantonales, aux sections de sauvetage de la protection civile, aux con d u cteu rs de chiens d’avalanche, aux services sam aritains, aux ski-clubs et écoles de skis, aux responsables et perso n n el des rem o n tées m écaniques, etc. Un volume de 176 pages, 15 x 20 cm., avec des croquis et h u it illustrations en couleurs. Diffusion: Librairie Catholique, R. Troillet, Martigny.

Arm ée Suisse 82

L’attach em en t des Suisses à le u r milice n ’est ni trad itio n aveugle, ni oreiller de paresse, mais u n e façon raisonnée, à l’échelle du petit pays, de d isposer de la force de dissuasion n écessaire à la sauvegarde de l ’indépendance nationale.

En cette fin de XXe siècle, où la technologie et le coût des arm em ents sont de n a tu re à déboussoler l’en tendem ent, il est bon q u ’un rappel périodique vienne nous d é m o n tre r les avantages de notre^système de service et les qualités de n o tre arm ée. «Armée suisse 82» remplit parfaitem en t cette mission. La r i­ chesse de sa docum entation, alliée à la clarté du texte, en font l’ouvrage de ré féren ce qui satisfera, j’en suis certain, tous ceux qui tie n n e n t à bien com prendre, dans l’esp rit et les faits, n o tre effort constant de défense militaire.

Au pays du citoyen-soldat, «Armée suisse» répond avec précision à toutes les questions relatives à la défense nationale.

Un volume de 372 pages, illustré, aux Editions 24-H eures, à Lausanne.

«Selâo de m â et veint d ’avrî fant lo dzoûyo dâo payî». (Soleil de m ars et vent d’avril font la joie du pays), dit le dicton. «Mars qui rit malgré les averses p rép a re

en se cret le printem ps», dit le poète. ^

N’en disputons pas! Car soleil, vent, averse, n'est-ce pas en effet ce que ce mois à giboulées nous am ène chaque an née avec une belle fidélité? Tel pessim iste y v e rra la grisaille des pluies plus que l’éclat timide des fleurs; tel optimiste, en sa félicité, ne v e rra des averses que la goutte d ’eau posée au cœ u r des pâquerettes, baignoire lilliputienne p o u r quelque papillon coquet...

La chlorophylle nouvelle est arrivée... A sève jeune, sang frais, nouveaux visages.

Depuis janvier, c’est un Valaisan de souche sûre, M. Serge Dubois, originaire de Vérossaz, né à C harrat en 1930, qui p réside le Conseil com m unal de Lausanne, avec une célérité, un brio et une efficacité que chacun s’est plu d ’em blée à reconnaître. Cette élection brillante (89 voix su r 100!) n ’est pas sans ra p p e le r l’élection d ’un a u tre Valaisan à ce mêm e poste il y a vingt ans, celle de M. A rm and Barman, originaire lui aussi de la féconde com m une de Vérossaz.

Serge Dubois a passé sa jeunesse dans le Valais central, entre Vernayaz, S ierre et Ardon. Ayant acquis sa m a turité A au Collège de Sion, il obtint ensuite le diplôme d’ingénieur civil à l’Ecole polytechnique de l’U niversité de Lausanne. Il effectua quelques stages à

l’Energie-Ouest-Suisse, au Laboratoire de géotechnique de l’EPUL/EPFL, puis dans un b u rea u d’ingénieurs-conseils de Genève. Il travailla ensuite quatre années dans u n e en tre p rise et, en 1966, participa au lancem ent de la succursale rom ande de Géotest, dont il prit la direction en 1970. Tout en conservant cette activité, il devint a d m in istra teu r et d irec te u r technique de Laboratoire et études géotechniques S.A. dont les burea u x se tro uvent à Martigny.

Serge Dubois occupe notam m ent ses loisirs p a r le chant et la musique. Pendant deux ans, il se ra p résid e n t de la chorale «Le Valais chante». Il p articipera pendant dix ans à des activités œ cum éniques dans son q u a rtie r de Bellevaux. Mais, passionné p a r les affaires publiques, il engage sa p rem ière campagne électorale en 1969, est élu conseiller com m unal en 1974, siège dans différentes commissions et est appelé au b u re a u de ce Conseil en 1978 en qualité de sc ru tateur. En 1980 il accède à la seconde vice-présidence du Conseil, q u ’il p réside dès janvier 1982.

La cité de Lausanne peut s’enorgueillir en o utre d ’a b rite r dans son Casino rococo de M ontbenon, fraîchem ent rem is à n euf et tout pimpant, la Ciném athèque suisse. Elle p ré se n te chaque jo u r p lusieurs projections de films anciens, petits chefs-d’œ u v re arrac h és à l’oubli et que le public d’a u jo u rd ’hui, gavé ju sq u ’à plus soif des billevesées de l’étrange lucarne et des superproductions spatialo- catastrophiques, redécouvre avec ravissem ent. Les édiles p ré p a re n t de vastes jardins, escaliers et prom enades p our e n s e r re r le Casino d ’u n écrin verdoyant digne de sa magnificence retrouvée. Mais d'aucuns se souviennent de l’ancien p arc ombragé, agrém enté de b a rriè re s en arceaux, de grottes mystérieuses, d’étangs, de cygnes, canards et foulques, d ’a rb re s vénérables, d ’un kiosque à musique, et ne re tro u v en t pas l’âme du lieu dans les nouveaux tracés des gazons et chem ins en béton...

Rière la Cathédrale, là-haut, est sis le M usée de la pipe et objets du tabac, qui relate, pièces à l’appui, l’histoire de la pipe et de ses accessoires, de l’expression populaire à la rec h erch e artistique, su r tous les continents, tant il est vrai que le plaisir de fum er est universel! Plus bas, le château de Beaulieu abrite le célèbre M usée de l’a rt brut, qui expose ju sq u ’à fin mai les œ uvres du peintre-conteur occitan G érard Lattier.

Les petites villes lém aniques ont elles aussi d’in téressants m usées. Citons celui du Vieux-Montreux qui expose l’histoire du développem ent de la ville à travers la glorieuse époque du tourism e victorien. Et Vevey sa voisine, dotée d’un musée voué aux appareils photographiques qui prése n te actuellem ent des photos du r e p o r te r de la course au to u r du monde, Jean-M arc Probst. Morges possède quant à elle un très beau m usée Alexis-Forel, riche en gravures, peintures, porcelaines et v erreries. Tout près, Nyon et ses ruin es de l’époque romaine. Sa Maison du Léman abrite un m usée consacré à la pêche, au lac, à la navigation et expose ju sq u ’en mai des b arques du Léman, dont les célèbres «Neptune» et «Vaudoise». Quittons ce bref aperçu des m usées insolites p o u r une grande œ uvre enfantine, fraîche comme u n printem ps: les enfants de Lutry, vieille bourgade lacustre, ont décoré le u r passage sous-voies d ’une im m ense fresque pleine de couleurs, de vie et de fleurs. L’a rt de dem ain est déjà en marche... __

C ^ c 'u i o u c - C S A N T É S

SÉCURITÉ SAUVETAGE

GASTON BARBEN

Ce livre s ’adresse à toutes les perso n n es am oureuses de la montagne et du ski et plus particu lièrem en t aux p e rso n n e s concernées

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par Eugène Gex

a 9 io ti

Horizontalement

1. Epithète convenant au Valais.

2. P o u r l’Espagne, les provinces de Badajoz

et de Caceres.

3. G énéral né à Stratford. - Il vit du côté

d ’Alençon.

4. Allasses à l’aventure. - Forme d’être.

5. Interjection. - Epreuve.

6. Goethe y fit vraisem blablem ent halte en 1779. - On passe de l'un à l’a u tre en p a rco u ra n t le Valais.

7. P o u r Napoléon, sa re tra ite ne fu t pas de to u t repos. - L ettres de M ontana. 8. Dans la Côte-d’Or. - Les extrêm es ne se

n o m m en t plus ainsi. 9. Agisses.

10. Sans variétés. - D onna du lait au dieu du vin. - S ur des p laques de Suisse.

11. Direction. - Sigle p o u r u n e inform atrice. - M orgins a le sien.

Verticalement

1. Celui de Planachaux p e rm et u n superbe coup d'œ il s u r les Dents-du-Midi.

2. E n tre p ren d re avec courage. - L eurs débor­

dem ents sont ra rem en t catastrophiques. - Abréviation pieuse.

3. Nés de la même m ère. - Celle de Toulouse

p eut p e se r dix kilos.

4. Lettres de V erbier. - La langue était, p o u r

lui, la m eilleure et la pire des choses. 5. Il fut le c h an tre du paysan russe. 6. Il perm et de ra b attre la balle. - Examen. 7. Il p re n d sa source d ans les M ontes U niver­

sales. - Ecorces ré d u ite s en poudre. 8. G erm anicus y battit Arm inius.

9. Relatif. - A rticle étranger. - Symbole chimi­ que.

10. P o u r des oui, p o u r des non. - Lac de Carélie.

11. Lettres d’Evolène. - Bourres de soie.

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l/MJXISIXNS

Mon cher,

Il y a quelques années, la presse et l’édition fourm illaient de «retours de Chine » étonnés, adm iratifs ou complexés.

Depuis quelques temps, ce sont les «retours du Japon» qui font florès. Tout y est exemple à suivre p ar les «Occidentaux».

Les Japonais nous en enseignent beaucoup: si dans n o tre Europe dégénérée on (pronom indéfini) travaille déjà p o u r vivre, là-bas on vit «encore» p o u r travailler!

Pas m alin que les H onda et les Toyota nous envahissent. Et l’invasion est pacifique de surcroît.

J’ignore p a r contre com m ent sont décrits les «retours d’Europe» p ar les natifs de ce laborieux pays, grands voyageurs tu le sais. Espérons quand même qu ’ils soient aussi élogieux, m êm e si les élèves q u ’ils étaient ont dépassé les m aîtres que nous croyons encore être.

Mais en quoi cela concerne-t-il le Valais et ses potins?

Eh bien si! A G râchen il y a eu visites «d o n n ée s-re n d u es» de sportifs valaisans et japonais. Réflexion d’u n des nô tres au re to u r: «Nous avons encore beaucoup à ap p ren d re en m atière d’accueil et de gentillesse ». Pan ! Pour q u ’il le dise!

Evidemment, on ne peut pas à longueur d’années tro u v er les étrangers dangereux parce q u ’ils viennent travailler chez nous ou achètent des chalets ou des appartem ents et créer en même tem ps un climat de bienvenue p erm anente et d’indéfectible amitié lo rsq u ’ils arrivent en touristes.

Le p rem ier sentim ent déteint inévitablem ent su r l’autre. Mais ils viennent quand même, les touristes, et en masse.

Parce q u ’ici, malgré la météo helvétique, tu sais q u ’au printem ps il y a «de la neige en montagne, des fleurs dans la plaine et du soleil partout». La fin m ars, c’est cela.

Je me souviens avoir inventé ce slogan utilisé d u ra n t plus d’u n q u art de siècle quand je faisais mes prem ières arm es à l’Union valaisanne du tourism e a u to u r des années 1940! De ce côté-là ce pays est é te m e l et ne souhaite pas le «changement», ce mot clé qui nous vient de l’Ouest. D’ailleurs, plus ça change, plus c’est la même chose, me faisait récem m ent re m a rq u e r un o b serv ateu r de la politique.

Ainsi d u ra n t les années évoquées ci-dessus on parlait déjà de la route Bouveret-Noville et, bien sûr, de celle du Rawil (avec u n y alors). Deux générations de députés ont re p ris ces thèm es payants.

Une preuve du succès du tourism e: les «bouchons» à l’entrée du Valais. Tu vois de quoi je veux p arle r; c’est finalem ent n o tre m eilleur certificat puisq u ’on se bouscule à nos portes.

C’est comme pour le vin. S’il en m anque et q u ’on s’en plaint loin de nos frontières, c’est q u ’il est bon. Un au tre excellent point p o u r nous. Et puis s’il a fallu le faire venir d’ailleurs, cela a u ra au moins perm is à des loustics de ma ville de consacrer u n c h a r de carnaval au «Fendant du Danube»! C’était hier.

Un au tre char arborait le slogan: «Le travail c’est la santé, le chômage c’est p o u r la conserver».

Tu vois que nous sommes loin de l’esprit nippon!

Et p o u r te rm in e r: les m atches de re in e s de ce printem ps. Fini avec les tricheuses. Les vaches ne seront admises comme telles que si elles ont fait u n veau depuis peu. Tétines et cornes seront s u r pied d’égalité. A toi de réfléchir à cette nouvelle philosophie et honni soit qui mal y pense.

Bien à toi.

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Le Valais pas plus cher

Le slogan a toujours cours, bien que les fluctuations de la monnaie, dans certains pays, modifient parfois cette assertion sans pour autant trop tempérer l’élan et l’enthousiasme de l’hôte étranger.

M. Joseph Gross, président de l’Office régional du tourisme de Martigny, qui a bien voulu nous autoriser à publier quelques extraits de son rapport annuel, évoque quelques raisons d ’espérer en l’avenir du tourisme valaisan.

Nous avons, d ’autre part, recueilli quelques appréciations et remarques de villégiaturants sollicités de répondre aux deux questions suivantes: «Comment avez-vous trouvé l’accueil?» et «Quel est votre point de vue au sujet des prix pratiqués en Valais?» (voir ci-contre et en page 22).

Malgré les am énagem ents variés de ces d ern iè res années, le Valais dem eure u n paradis de vacances calmes. C’est d’ailleurs u n e des raisons de ses succès touristiques. En conservant ses caractères atta­ chants, en cultivant l’accueil person­ nalisé, en rejetant l’anonym at au profit de la cordialité, nos stations gardent un attrait familier. Ainsi, les vacances s’apparentent à des re tro u ­ vailles avec des amis, à qui l’on a confié la garde de skis, de vêtements d’une saison à l’au tre ou la surveil­ lance du chalet. Il se noue des rapports confiants, qui lient et abou­ tissent à des «au revoir» fréquents. Les séjours deviennent m arqués de

contacts hum ains en tre le citadin et le m ontagnard, en tre l’indigène et l’étranger. Une sorte de famille se crée, qui aime se re tro u v er à des époques bien déterm inées. Les a n ­ ciens hôtes p arle n t de ces amitiés dans le u r milieu, incitent leurs connaissances à la découverte de leur havre de détente. Les nouveaux venus arrivent à se fam iliariser rapidem ent avec la vie du village, à s’y intégrer et à ne plus s’en déta­ cher.

Le Valais a pu conserver deux excellentes saisons d ’hiver et d’été en 1981, puisque l’Office cantonal de statistique et le Service cantonal du tourism e viennent de com m uniquer

Qu’en disent

nos hôtes?

A Montana

Accueil: C'est la troisièm e fois que nous

venons dans la région. Nous sommes en ch an tés de l’accueil fort sym pathique reçu dans les restau ra n ts , les com m erces et à la poste, où l'on nous dit «bonjour», «merci» et «au revoir»!

Prix: Malgré la c h erté du franc suisse,

nous trouvons que le coût de la vie a peu changé en tro is ans.

M. et Mme Jeum iau, Belgique

Accueil: D ésirant a ch e ter u n e plaque de

chocolat p o u r n o tre fils, et n ’ayant que de l’argent français s u r nous, la vendeuse du magasin no u s a dit: « Revenez payer dem ain ! » Cette petite m arq u e de con­ fiance nous a fait g ran d em en t plaisir.

Prix: Nous les avons trouvés raiso n n a­

bles p o u r le standing offert. M. et M"" Nigel Buxton

Jo u rn aliste au « Sunday Telegraph» Londres.

Accueil: T rès chaleureux dans les com­

merces, les installations sportives et les rem ontées m écaniques.

Prix: Malgré la perte s u r le change, les

prix sont identiques à ceux pratiqués en Allemagne et m eilleur m arché q u ’en A utriche en ce qui concerne les re m o n ­ tées m écaniques.

M. et Mmc H offerm ann Allemagne

A Vercorin

Accueil: De toute évidence, dans son

accueil, la c h aleu r des Valaisans con­ traste avec la relative fro id eu r de la Suisse além anique. Que la station con­ serve son calme et son charm e tra n ­ quille.

Prix: P our a u tan t que les services soient

parfaits et soignés, la question financière ne se pose p ratiq u em en t pas.

Rod. Bauer, Saverne (France).

A Champex

Accueil: J ’ai trouvé l’accueil agréable

dans l’ensem ble de la station, les com­ m erçan ts avenants et gentils.

Prix: Les a u tres clients de l’hôtel avec

qui j'ai parlé et moi-même n ’avons pas trouvé les prix exagérés. La dévaluation du franc luxem bourgeois n ’est pas la faute des Valaisans.

Mmc Yvette H eibronn Luxembourg.

A Val-d’Illiez

Accueil: L’accueil est en général très bon

au village, aux Crosets et à Champoussin.

Prix: La re stau ra tio n est u n peu chère

dans les établissem ents placés s u r les pistes de ski.

Un Bâlois. D éparts et arriv é e s en g are de Z erm att

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Les «poussins ja u n es» de Belgique à La C reusaz s u r Les M arécottes

une augm entation d’été exception­ nelle de 15 % des nuitées bas- valaisannes, due à une bonne occu­ pation par les hôtes du pays (+ 30 %) et de l’étranger (+ 10 %) alors que le Haut-Valais m arque une stabilité et le Valais central une baisse de 3 % par rapport à l’été 1980.

Comparaisons

Dans une récente étude, M. B ernard M üller, président de la Fédération suisse du tourism e, situe ainsi le d ern ie r exercice: «En 1981, les vacances en Suisse ont fait l’objet d’une dem ande plus n o u rrie que jamais. Par rapport à d ’autres pays touristiques, le nôtre est en bonne position. Cette évolution positive, qui d u re depuis deux ans, est due surtout aux efforts visant à m ainte­ n ir la qualité de l’offre ainsi qu’à

une politique de prix raisonnable». Il en attribue les causes aux efforts persévérants d ’adaptation de notre pays, qui a réussi depuis 1950 à faire m onter la quote des nuitées d’hiver de 33 à 45 %, avec des recettes équivalentes à celles de l’été. Quant à la parahôtellerie, elle hé­ berge au jo u rd ’hui plus de la moitié des touristes, qui ont aussi varié dans le u r origine. En effet, on ne com ptait que 48 % d’hôtes indigènes en 1970, alors q u ’ils dépassent ac­ tuellem ent le 55 %.

Les nouvelles formes de tourism e ont aussi été bien dominées, tels les congrès, les cures, les sém inaires, le tourism e d’excursions et de week- ends. Ces initiatives heureuses ont perm is de pallier la stagnation éco­ nom ique de nom breux pays indus­ trialisés. On a également pu consta­ ter dans ce climat incertain, que les T élécabine Saas-F ee-L än g flu h

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vacances sont véritablem ent deve­ nues «un bien de consommation auquel nul ne renonce facilement». Cela est encourageant, au moment où chacun porte grande attention aux prix. Mais, de ce côté-là, notre pays continue à p ré sen ter «la stabi­ lité politique et sociale, u n p lu ra­ lisme culturel, un bon fonctionne­ m ent des services publics, une in fra stru ctu re de qualité, u n e diver­ sité rem arquable de l’offre, une relation prix /p re sta tio n s in tére s­ sante, sa proximité des grands m ar­ chés, des paysages attirants et pour la p lupart intacts».

Retombées

L’hôtellerie helvétique n ’est pas la seule bénéficiaire, tant s’en faut, des dépenses des touristes étrangers. D’après les prem ières estimations 20

pour 1980, ceux-ci ont dépensé en Suisse 270 mios de francs en es­ sence et 190 mios en tabac ( au total, la recette douanière qui en découle est de 215 mios). Ils ont acheté des m ontres pour 320 mios de francs, de la confiserie pour 215 mios, des souvenirs pour 60 mios, des cartes postales pour 15 mios et dépensé 75 mios de francs en voitures de location et courses en taxi et 290 mios en tran sp o rts en bateau, télé­ phérique et remonte-pente.

En tout état de cause, il dem eure précieux que notre pays ait contrôlé la crise des années 1972 à 1979, d u ra n t lesquelles le total des nuitées des étrangers dans l’hôtellerie était tombé de 21,7 à 16,9 millions pour rem onter à près de 20 millions en 1980. Les m esures entreprises pour su rm o n ter le creux de la vague m éritent d’autant plus d’être mises A O berw ald, vallée de Conches

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en évidence qu ’elles s’accompagnè­ rent, d’une part, de lourds sacrifices financiers im putables au gel volon­ taire des prix et, d’au tre part, les établissem ents hôteliers se sont em­ ployés à m aintenir la qualité des prestations en dépit de la dim inu­ tion du rendem ent. Enfin, ils s’atta­ q u èren t avec succès à l’image de la «Suisse prohibitive».

La bataille du ski

L’Europe compte environ 23 mil­ lions de skieurs. La Suisse et l’A utri­ che accueillent chacune 3'/2 mil­ lions d’étrangers, l’Italie 2 millions et la F rance seulem ent 500 000.-. Pourtant, cette d ern iè re puissance avait joué la carte des «usines à ski» et essayé de com bler son re ta rd en n otre ère industrielle. A coups d’ex­ plosifs et de bulldozers, on rem odèle les sites vierges. On construit de grands ensembles, b arres de béton, tours, capables de recevoir cinq mille, dix mille, quinze mille to u ris­

tes. Ces stations en altitude, que l’on dit «intégrées», conçues p o u r le ski de loisir, poussent vite, trop vite. Conservons donc sagement notre style village, nos am énagem ents à figure hum aine, puisque l’expé­ rience des autres est éloquente! Le m arché du ski alpin ayant atteint u n point de saturation, celui du ski de fond est encore au stade du p rem ier équipement. Son expansion est loin d’être achevée et il possède bien des atouts: il a pris le vent du re to u r à la nature, il est porté p ar la vague écologique qui a touché les classes moyennes, il s’adresse à de très larges classes d’âge, il passe pour peu dangereux... Il est en pleine effervescence, comme l’avait été le ski alpin au m om ent de son dém arrage brutal.

Nos stations ont prévu des circuits attractifs et organisé convenable­ m ent leur entretien, p o u r répondre aux vœux de milliers d’adhérents.

U ne statio n san s v o itu res : S aas-F ee

Voies d’accès

Le 15 décembre, le Bas-Valais n ’a plus été isolé de la Confédération. P ar l’inauguration du tronçon Evionnaz-Martigny, u n e grande étape de la construction des routes nationales a été réalisée. L’ouver­ tu re accélérée de la N 12 et sa jonction avec la R 9 draine m ainte­ n an t vers le Valais toute la circula­ tion du Nord, pas seulem ent celle de nos Confédérés. Elle am ène les touristes de Genève, de France, de Neuchâtel et de l’Ouest vaudois. Le Valais se place ainsi dans d’excellen­ tes conditions concurrentielles, puisque ses hôtes d’outre-Sarine ne sont pas plus éloignés du Valais que des Grisons.

La décision d’attrib u e r à une organi­ sation valaisanne l’exploitation du R estauroute des Iles, près de Marti- gny, constitue aussi une solution h eureuse, qui perm e ttra d’intéres­ ser les voyageurs au Valais en le p ré sen tan t à son avantage. J. Gross.

Figure

Fig.  3 Raisin  d a n s  u n e   b o rd u r e

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