HAL Id: jpa-00233935
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00233935
Submitted on 1 Jan 1945
HAL is a multi-disciplinary open access
archive for the deposit and dissemination of
sci-entific research documents, whether they are
pub-lished or not. The documents may come from
teaching and research institutions in France or
abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
destinée au dépôt et à la diffusion de documents
scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
émanant des établissements d’enseignement et de
recherche français ou étrangers, des laboratoires
publics ou privés.
Spectres d’absorption infrarouges et modes de vibration.
- II. Cyclanones, naphtylcétones et benzocyclanones
Jean Lecomte
To cite this version:
LE
JOURNAL
DE
.PHYSIQUE
ET
LE
RADIUM
SPECTRES D’ABSORPTION INFRAROUGES ET MODES DE VIBRATION
II.
Cyclanones,
naphtylcétones
etbenzocyclanones
(1).
Par JEAN LECOMTE.
Laboratoire des Recherches
physiques
de la Sorbonne.Sommaire. 2014 Poursuivant le travail commencé avec les cétones
aliphatiques, nous réunissons les
spectres d’absorption, entre 525 et 1750 cm-1 environ, d’une vingtaine de cyclanones, naphtylcétones et
benzocyclanones qui proviennent de déterminations personnelles. Nous étudions d’abord les maxima
d’absorption propres à la fonction cétonique, ainsi que leur variation en position, lorsque l’on parcourt
ces suites de composés. Nous mettons en évidence deux effets distincts dus, l’un au nombre des atomes de carbone des cycles et à leur configuration, et l’autre au degré de non-saturation de l’ensemble ou d’une
partie des cycles considérés. Partant de la cyclopentanone, nous tentons ensuite d’identifier des bandes
d’absorption avec des modes de vibration du noyau et de profiter des analogies entre les spectres pour
étendre cette classification aux autres cyclanones. Les bandes des 03B1 et 03B2 naphtylcétones se comparent avec profit à celles des dérivés naphtaléniques 03B1 et 03B2 monosubstitués.
SÉRIE ViU. TOME VI. ’V° 10. OCTOBRE 19ft.5.
Nos mesures
personnelles
sur lesspectres
d’ab-sorption
descyclanones, benzocyclanones
etnaphtyl-cétones
représentent,
à notreconnaissance,
les seulesqui
aient été exécutéesjusqu’à présent
dans larégion
spectrale
7oo-:r 3oo
cm-1:cyclopentanone
~~],
cyclopentanones a
substituées(méthyle,
(1) Pour la Ire Partie : Cétones aliphatiques, voir Journal
de Physique, 19!15, 6, 127-133.
éthyle, propyle)
f 3],
cyclohexanone
[~]
et[2],
indanone,
tétralone et benzosubérone[2], a
et(3-më-thylnaphtylcétone
[9].
Ces déterminations ont été étendues de 700 à 525 et due 1300 à 800 cm-1 à l’aide’z de deux autres
spectromètres
enregistreurs (l’un
àprisme
desylvine
et l’autre àprisine
defluorine).
258
D’autre
part,
en collaboration avec MlleCauquil [8],
nous avons
obtenu,
dans le même intervallespectral
525-i8oo cm-1
environ,
lesspectres
d’absorption
dela
cycloheptanone,
de lacyclooctanone
et dequatre
de leurs dérivés.A notre
connaissance,
les etz3
tétralones(cis
ettrans)
n’avaient pas encore faitl’objet
dedétermi-nations dans notre
région
spectrale.
Rappelons
que tous cescomposés
se laissent facilement étudier sousdes
épaisseurs
dequelques
centièmes de millimètre. Nous avonspensé qu’il
pouvait
être intéressant deréunir sous forme de tableaux
(~g.
i à3)
l’ensembledes résultats sur les
cyclanones,
lesbenzocyclanones,
les
méthylnaphtylcétones
et les décalones. Uneinspection
mêmerapide
montre immédiatement :1 °
Que
lesspectres
secompliquent a
mesure quele nombre des atomes de carbone du
cycle
augmente,
ainsi
qu’on pouvait
leprévoir;
2° que les
ortho-,
méta- etparaméthylcyclohexa-nones
Fig. ~. - Position et intensité des bandes
se laissent
distinguer
principalement
en considérant larégion comprise
entre 700 et 525 cm-~g. Enparti-culier,
les isomères ortho et méta donnentrespec-tivement des bandes d’intensité moyenne à
575
et 660 d’unepart
et à 638 et 660(?)
cm-t d’autrepart,
qui manquent
avec l’isomère para;Fig. 2. - Positions et intensités des bandes
d’absorption de cétones naptha’èniques.
Fig. 3. - Positions
et intensités des bandes d’absorption de benzocyclanoncs.
3~
Que
les oc et[3
méthylnaphtylcétones,
comme d’ailleurs tous les isomères substitués dunaphtalène
en oc et
~3,
possèdent
desspectres
bien distinctsdans la totalité de notre
région
spectrale;
4
que les maximad’absorption
des deux -déca-lones cis et transprésentent
sensiblement les mêmespositions
et les mêmesintensités,
alors que ceux des deuxp-décalones,
cis et trans,apparaissent
mieux différenciés.Nous
essaierons,
dans les deuxparagraphes
suivants,
de montrer :a. Comment la fonction
cétonique
se manifestedans nos
spectres,
avec la variation du nombred’atomes dans le
cycle,
ainsiqu’avec
la saturationou la non-saturation de tout ou
partie
de la molécule.b. Comment se
présentent
les maxima propresau noyau et comment on
peut
les rattacher soit entre eux,lorsqu’il s’agit
decycles présentant
un nombre croissant d’atomes de
carbone,
soit à descomposés
autres que des cétones,présentant
lemême
squelette
carboné.Dans cette
étude,
nous aurons à faire usage desspectres
dediffusion,
déterminés par différentsauteurs, dont les références sont les suivantes :
Cyclobutanone
[5],
cyclopentanone [4]
avec l’étude des modes de vibration[5],
[6], cyclohexanone
[6],
cycloheptanone [6], cycloheptanone
et dérivés[7],
cyclooctanone [6], cyclooctanone
et dérivés[71,
indanones oc
et
[6],
tétralones ocet p
[6],
benzo-subérone ce
[6],
décalones oc et~3,
ets et ïrans[6].
Bandes
d’absorption
propres à la fonctioncétonique.
- Si noussupposons que l’on
peut
provisoirement
faire abstraction du reste de la molécule et ne considérer que les modes de vibration propres dugroupement
C =0,
ceux-cisont-
auFig. l. -
Modes de vibration propres du groupement C~0
(cas de la Lyclopentanone).
nombre de trois : une vibration de valence’)
(C =0),
une vibration de deformation
0 (C =0)
correspondant
à un cisaillement de la liaison
CO,
et une vibrationgauche y(C==0) (fig.
4). Autant
quel’analogie
puisse
semaintenir,
ellescorrespondent
respec-tivement aux modes de vibration ú.)2, m; et Ú)6 del’acétone
(ooir
IrePartie,
Cétonesaliphatiques).
260
de
467
cm-1 relativement à la vibration dedéfor-rnation
8(CO).
Aussi est-il vraisemblable que, pour les autrescyclanones,
les bandesd’absorption
restent en dehors de notre
portée
en dessousde 5oo cm-’. Il ne
paraît
pasimpossible
deconsi-dérer,
commeprovenant
des mouvementsgauches
y(CO),
certaines bandesd’absorption (et
diversesraies
Raman) qui
seplacent
entre 55o et 58o cm-1environ. Mais des confirmations semblent encore
nécessaires,
alors que,depuis longtemps,
aucundoute ne subsiste sur la vibration de
valence,
dontil va être
question
maintenant.Vibration de valence
v (C ==0). -
Elle donne à la fois une bandeinfrarouge
intense et une raieRaman forte et
polarisée.
Pour laplupart
de noscomposés,
lesspectres
de diffusion avaient été mesurés antérieurement en dehors de nous[4], [5]
et
[6].
Dansl’ensemble,
notre étude conduira àquelques
résultats nouveaux, mais aussi à uneconfir-mation de conclusions
précédemment
déduites del’étude des
spectres
Raman.1° Pour les
cyclanones,
le nombre d’onde diminueprogressivement
enpassant
de lacyclopentanone
à la
cyclooctanone.
Apartir
de cepoint,
il sembleconstant comme
l’indique
lespectre
de l’exaltone(cyclopentadécanone).
Pour des
cycles
à six atomes decarbone,
ontrouve sensiblement la même valeur que s’il
s’agissait
de chaînes
linéaires,
1715
cm -1.L’explication
donnée par Kohlrausch consiste à considérer l’existence detensions
dans lecycle,
qui
vont en diminuant avecl’augmentation
du nombre des atomes de carbone[5].
Relativement aux décalones stéréoisomères cis et trains, oc et[3,
nous avons mesuré des valeurscomprises
entre 1710et 1720 cm-B
c’est-à-direpeu différentes de celles
qui
seprésentent
avec lescétones
aliphatiques.
Nous ne retrouverons pas exactement les mêmes nombres que MlleBiquard.
2:0 Pour les
benzocyclanones,
ainsi que l’a trèsbien
remarqué
MlleBiquard [6],
il faut considérer deuxphénomènes
distincts :10 La
position
dugroupement
cétonique
en OEou
~3
parrapport
au noyauaromatique
non saturé. Dans lepremier
cas, on observe un abaissementtrès sensible de la
fréquence
relativement audeuxième;
c’est exactement le mêmephénomène
que nous trouverons dans la IIIE Partie
(cétones
aromatiques)
enpassant
del’acétophénone
à labenzylméthylcétone.
Il semble donc bien que, commel’indiquent
certains auteurs, Kohlrausch enparticulier,
ce soit laconjugaison
de la doubleliaison C =0 avec les « doubles liaisons j7 du noyau
benzénique
qui
soitresponsable
de ceteffet,
car ildisparaît
avec la saturation de la molécule. Voici les nombres que nous avons trouvés :D’une manière
analogue,
lesfréquences
des xet [3
méthylnaphtylcétones
se situent aux environsde 1695 cm-t,
c’est-à-dire notablementplus
bas que celles des ceet
tétralones,
qui
varient entre 17°3
et
1719 cm-l.
Parconséquent,
exactement commepour le noyau
benzénique,
la saturation des « doublesliaisons 5> du noyau
naphtalénique
a pour effetune élévation notable de
fréquence
pour la banded’absorption
caractéristique
de la liaisonC =0;
2~ Le nombre des atomes ducycle
considéré.Comme
précédemment,
le nombre d’onde de la raie Raman C==0 diminue avec l’extension ducycle
(indanone,
tétralone,
benzosubérone).
Nous n’avonseu à notre
disposition
que des termes où CO setrouve en a par
rapport
au noyauaromatique
etqui,
suivant les déterminations de MlleBiquard
avec les
spectres
dediffusion,
possèdent
desfré-quences intérieures aux isomères
~3,
conformément aux conclusionsprécédentes.
Pour cesderniers,
on
retrouverait,
avec descycles
en C, la mêmefréquence
que s’ils’agissait
d’une chaîne ouverte(tétralone g
etbenzyléthylcétone).
Bandes
d’absorption
propres au noyauComme il
s’agit
ici decomposés possédant
unnombre élevé de
particules
vibrantes,
il leurcorres-pond
ungrand
nombre de vibrations. Aussi sommes-nousobligés
de faire abstraction des vibrations propres aux atomesd’hydrogène,
en les considérant comme faisantpartie
des masses des atomes decarbone
auxquels
ils se trouvent reliés.Malgré
cettesimplification,
leproblème,
qui
consiste à identifierchaque
banded’absorption
avec un mode devibra-, tionvibra-,
reste encoresingulièrement
ardu etprati-quement
insoluble dans laplupart
des cas.a. CYCLANONES. - Nous avions
déjà
faitremar-quer, dans une
précédente
publication,
qu’en
passant
de la
cyclopentanone
à lacyclohexanone,
onretrou-vait,
entre 1200et 700 cm-1
sensiblement lesmêmes bandes
d’absorption,
mais à desfréquences
inférieures. Tout sepasserait
exactement comme sile
spectre
se trouvait étendu à un domainespectral
plus
grand,
enpassant
ducycle
enC5
aucycle
enC,,
ce résultat
apparaît
nettement sur lafigure
5. Nouscherché à l’étendre aux
cycles à 7
et 8 atomes de carbone. L’identification des maximaqui
secorres-pondent
est facilitée parl’aspect
duspectre
de lacyclohexanone,
qui
se retrouve dans celui des termes suivants : une bande forte(746 cm-1),
deux bandesfortes relativement
rapprochées
(863
etgo3 cm-1),
Fig. 5. - Transmission de la
cyclopentanone
et de la cyclohexanone (courbes a et b) sous 0,01 mm.
deux bandes faibles assez
rapprochées ( z oo~
et 1046
cm-1) qui
deviennentplus
intenses dans lescycloheptanone
etcyclooctanone,
une bande forte(1 lOg cm-1).
Comme onpouvait
leprévoir,
àmesure que le nombre des atomes du
cycle
ou lessubstitutions
augmentent,
il s’introduit de nouveauxmodes de
vibration,
qui
se traduisent par desmaxima
n’ayant
pas leurcorrespondance
dans leshomologues
inférieurs.Ainsi,
on trouve, àpartir
de lacyclohexanone,
une suite de bandes infra-rouges dontl’origine
est le nombre d’onde863,
observé avec ce
composé.
La bande a84
cm-i de lacycloheptanone
necorrespond
à rien dans les cétonesprécédentes,
et la suitequ’elle
commencese divise elle-même en deux à
partir
del’éthyl-2
cycloheptanone.
Le mêmephénomène
sereproduit
pour la
diéthyl-2 . ~ cycloheptanone
avec la bande de939
cm-’,qui
devient double(go8
etg41 cm-1)
àpartir
de lacyclooctanone.
Dans
l’ensemble,
la substitution d’une chaîne carbonée courte(méthyle
ouéthyle)
nechange
pas
beaucoup
l’aspect
duspectre
de lacyclanone.
On observe seulementparfois
undéplacement plus
ou moinsprononcé
des bandes vers deplus
faiblesfréquences,
mais c’est bien le noyaucyclanique qui
exerce une influence
prépondérante.
Nous avionsdéj à remarqué
ce résultat avec lesa . méthyl-
etéthyl-cyclopentanones [3].
Nous aboutissons aux mêmesconclusions pour les
cyclohexanones,
cyclohepta-nones,cyclooctanones,
en considérant lesspectres
des
méthylcyclohexanones (ortho,
rr2éta,
para),
de ladiméthyl-~ . ~ cycloheptanone-z,
del’éthyl-2
cyclo-heptanone-i,
de ladiéthyl-2.2 cycloheptanone-i,
de laméthyl-2
cyclooctanone-i.
Mais,
bienentendu,
la chaîne substituée
possède
des maximad’absorp-tion propres,
qui
viennents’ajouter
à ceux du noyau,bien
qu’il
soitplus
ou moins difficile de les mettreen évidence.
L’exemple
leplus
intéressant seprésente
avec lesméthylcyclohexanones
et lacyclohexanone
où l’on relève les concordances suivantes :Les nombres des
quatrième
etcinquième
colonnesne
correspondent
à rien pour lacyclohexanone :
il semble
naturel,
jusqu’à
plus ample
informé,
d’admettre que, pour l’une d’entre
elles,
ils’agit
de vibrations propres àCH,. D’après
ce que nous avons vuprécédemment
à propos del’acétone,
lapremière
de celles-ci aux environs de
95o-96o
cm-1représente
vraisemblablement une vibration
gauche
caractéris-tique
decomposés
renfermant une « double liaison )) etla deuxième la vibration du
type
04!)
qui
se trouvedans tous les
composés CH3 X (voir
Ire Partie, Cétonesaliphatiques).
Pour les
cyclanones
nonsubstituées,
lasymétrie
de toutes les
configurations
moléculairespossibles
se
présente
comme peu élevée. Onpeut
trouver, auplus,
un axe binairecompris
dans unplan
desymétrie
(symétrie
C2v),
si toutefois on admet que le noyauest
plan
et les atomesd’hydrogène répartis
symétri-quement
à ceplan.
Dans ce cas, toutes les vibrationsplanes
et presque toutes les vibrationsgauches
(sauf
celles de la classeA2)
sont actives à la foisdans
l’absorption
et dans la diffusion. Si la moléculepossède
seulement unplan
comme élément desymétrie
(cas
d’un noyaugauche),
il doit existerune concordance
complète
entre les bandesd’absorp-tion et les raies Raman
(symétrie Cs).
Passant auxcyclanones
substituées,
cette dernière conclusionse montre
valable,
soitqu’elles possèdent
un noyauplan, qui
sertégalement
d’élément desymétrie
àla chaîne
substituée,
soit que le noyaugauche
n’admette même
plus
cette faiblesymétrie.
Apriori,
il semblerait donc inutile de mesurer à la fois lesspectres
d’absorption
et de diffusion.Mais,
comme nous l’avons fait remarquerdéjà
par ailleurs[8]
pourles
cycloheptanones
etcyclooctanones,
nousrencon-trons
ici,
une fois deplus,
le résultat que même si elles ne sont pas interdites dans l’un ou l’autre cas,toutes les vibrations
peuvent
ne pas se manifester soit dans lesspectres
infrarouges,
soit dans lesspectres
de diffusion. Chacun de cesphénomènes
est, comme on lesait,
régi
par desrègles
différentesqui
fixent les intensités des bandes ou des raies.parti-262
culièrement
important d’opérer
ainsi pour tous lesdérivés
aromatiques
oucyclaniques, plus
que pourles
composés
aliphatiques.
L’identification des bandes
d’absorption
avec desmodes de vibration déterminés pose des
problèmes
très difficiles. Ils ont été abordés par Reitz
[4]
etesquissés
par nous-même[3]
pour lecyclopentanone.
Pour les autres
cyclanones,
nous n’avons pas trouvéd’indications dans la littérature.
Si l’on considère les atomes
d’hydrogène
formantune masse
unique
avec l’atome de carboneauquel
ils sontreliés,
le noyaupentagonal
àcinq
vibrateursFig. 6. - Modes de vibrations du
noyau
cyclopentanique
(suivant Reitz.
possède
neuf modes de vibration(~g.
6).
Avec lacyclopentanone,
ils sont tous distincts et actifs à la fois dansl’absorption
et la diffusion(nous
faisons abstraction des vibrations C =0examinées).
Voiciles identifications données par Reitz :
*
Moyenne
de deux bandes.Pour (,)5 on devrait trouver une raie
dépolarisée,
alors que les mesures
indiquent
une raie presquedépolarisée.
D’autrepart,
dans un autre travailsur le
thiophène,
lepyrrole
et lefurane,
nousmontrons
qu’il
y auraitpeut-être
lieu d’intervertirles attributions de
(w:,, c~7)
et de(~:~ ~,
ce;).
En ce
qui
regarde
la moléculecomplète
de lacyclopentanone,
Reitz se borne à des indications sommaires. Les 36 vibrations du modèle à4
massesvibrantes se
décomposent
en 25 vibrationsplanes
et 11 vibrations
gauches. (Nous
supposonsprovi-soirement que le noyau est
plan,
cequi
permet
d’obtenir une classification. Celle-ci ne
posséderait
plus
le même sensrigoureux,
si le noyau estgauche,
mais elle demeure intéressante pour
fixer,
en gros,les mouvements des
particules.)
Des z~ vibrations
planes
dont 7 appartenant
aunoyau et 2
provenant
de C =~ ontdéjà
étéexaminées;
il reste 16 vibrationsplanes
se divisanten 8 vibrations de
valence’) (CH2)
et 8 vibrations dedéformation 0 (CH2),
dont les dernières seules tombent dans notre domainespectral.
Des z i vibrations
gauches,
dont 2provenant
dunoyau et i de
C==0,
dont il a étédéjà question,
il reste 8 vibrationsgauches y (CH2),
qui
seplacent
dans notre zone
spectrale.
Le
spectre
Raman de lacyclopentanone
offredeux
particularités qui
sont restéesjusqu’à
présent
sans
interprétation :
laprésence
de deux raiespolarisées
à578
et807
cm-1,qui correspondent
à deux bandes
infrarouges
moyennes ou faiblesà
584
et804
cm-’, et l’existence de deux raiesdépolarisées
à1407
et1 453,
dont lapremière
se retrouve certainement dans la forte bande
infra-rouge à
I 4I J
cm-1. Pour ladeuxième,
la différenceavec le nombre d’onde observé par
absorption
1467
cm-1 semblesupérieure
aux erreursexpéri-mentales.
Nous avons
précédemment
attribué la bandeinfrarouge
584
(578 Ra)
à un mouvementy(CO).
Pour le maximum à
8o4
(807 Ra),
l’explication
laplus
normale consiste à laregarder
commeproduite
par une oscillation
gauche
y(CH2).
Au cours de différentespublications,
nous avonsdéjà
rencontré,
dans cette
région,
avec descomposés
renfermant.une « double liaison » des bandes attribuables à un
mouvement
analogue.
S’ils’agissait
d’une vibration de déformationplane
ô (CH2),
nous devrions aboutirà un nombre d’onde
plus
élevé.Étant
polarisées,
les raies Raman578
et807
cm-’doivent
correspondre
à un mouvement vibratoire danslequel
lasymétrie
de la molécule ne se trouve pas modifiée. Si toute la molécule étaitplane
avec lesatomes
d’hydrogène répartis
symétrique-ment par
rapport
à ceplan,
unmouve-ment
gauche ~y (CO) ou y(CH’ 2)
conduirait à des raies Ramandépolarisées.
Parcontre, si le noyau de la
cyclopentanone
estplan (2),
mais avec l’atomed’oxygène
de la liaison G =U en dehors du
plan
des fi1g. 7’cinq groupements CH,,
les vibrationspré-cédentes conduiront à des raies
polarisées,
car elles restent
symétriques
parrapport
auplan
Ppassant
par C=0;
seul élément desymétrie
(flg.
7).
On aurait pu penser seulement que ladépolari-sation au lieu de
o,47
pour578
cm.-1 et 0,21 pour807
cm-1 se seraitprésentée
commeplus
élevée.En ce
qui
concerne maintenant la vibration de déformation dugroupement
CH2,
s’iln’y
avaitqu’un
seulgroupement,
on devrait trouver une raie(2) En raison de l’angle de valence du carbone, voisin
de 110°, il serait difficile de concevoir un noyau pentagonal
Raman
polarisée,
mais s’ils’agit
deplusieurs
groupements,
comme ceux-cipeuvent
vibrer enphase
ou enopposition
dephase,
c’est-à-diresymétri-quement
ouantisymétriquement
parrapport
auplan
desymétrie
Pprécédemment
défini,
ons’attend à trouver des raies Raman les unes
pola-risées les autres
dépolarisées.
Il est assez curieuxque seulement ces dernières
apparaissent
sous laforme des deux raies à
1 ~07
et 1/j53 cm-i.
Quand
on passe de lacyclopentanone
aux autrescyclanones,
ainsi que nous l’avonsdéjà
indiqué,
on trouve des molécules de
symétries
peu différentes. Il semble doncpermis
derapporter
à des modes devibration
analogues
les bandesinfrarouges
et lesraies Raman
qui
restent sensiblement dans la mêmerégion
spectrale, quand
on passe d’unecyclanone
à une autre. C’est ainsi que
peuvent
sejustifier
les suites établies par des traits dans lafigure
1. Leurnombre
augmente
naturellement avec celui desatomes du
cycle,
mais nous ne pouvons paspréciser
le mouvement des
particules
vibrantes,
qui dépend
essentiellement des forces mises en
jeu
et que nousne connaissons pas.
Pour
justifier
ces vues, nouspartirons
de lacyclo-butanone,
dont d’autres auteurs ont donné avantnous les modes de vibration du
noyàu
(en
faisant abstraction des vibrationsC =0).
Enpassant
à lacyclopentanone,
ilexiste,
enplus,
une vibrationdu
type - ’-
et deux vibrations dérivéesrespecti-vement des modes ~~2 et úJ3 de la
cyclobutanone.
On pourra
prévoir,
dans notre-région,
pour la cétonecyclanique
enC~,
deux suites de bandes deplus
que pour celle enC,,
le mode y sortant de notredomaine. Le même raisonnement se
répétera
enpassant
de lacyclopentanone
à lacyclohexanone,
et, d’une manière
générale,
d’unecyclanone
à sonhomologue supérieur.
Deux nouvelles
suites,
comme on leprévoyait,
s’observent,
eneffet,
encomparant
les résultatsde la
cyclobutanone (spectre Raman)
et ceux dela
cyclopentanone.
Entre celle-ci et lacyclohexanone,
on trouve seulement une nouvelle suite certaine
partant
de 863 cm-1(elle
seplace
vers 810 cm-1pour les
méthylcyclohexanones).
On observe aussiune nouvelle suite à
partir
de la bande8y
cm-1de la
cycloheptanone
et la division de la suitevers
939
cm-1 en deux autres àpartir
de lacyclo-octanone.
Un cas
important
seprésente
avecl’exaltone,
où il existe un
cycle
de 15 atomes de carbone. Dans le cas des carburesaliphatiques,
lespectre
d’absorp-tion se
simplifie,
à mesure que croît le nombre des atomes de carbone de la chaîne. Lamultiplication
des modes de vibration a pour effet de rendre
impossible
leurséparation
les uns des autres, sibien que,
pratiquement,
dans l’intervalle7-15P-,
on n’observe
plus
que deuxrégions
de forteabsorp-tion
vers 14 p.
et vers 711. L’extension ducycle,
avec
l’exaltonE,
conduit à des résultats un peudifférents,
car, dans la mêmerégion,
il existe encore une demi-douzaine de maxima bienmarqués.
Uneautre remarque se montre intéressante. Les
dépla-cements que nous avons
suivis,
depuis
lacyclobu-tanone et la
cyclopentanone,
deviennent deplus
en
plus
petits
et l’onpeut
admettre,
qu’avec
l’augmentation
du nombre des atomes de carbonedu
cycle, chaque
vibration tend ainsi vers unefréquence
limite.L’exemple
leplus simple
se trouvedans le maximum
d’absorption
vers 823 cm-1 pourla
cyclopentanone, qui
émigre progressivement
jusque
vers 709 cm-1 pour l’exaltone.
,
b. BENZOCYCLANONES. -
L’indanone,
latétralone,
la benzosubérone
correspondent
à dessymétries
molé-culaires faibles. Ilpeut
exister,
auplus,
unplan
desymétrie,
si l’on suppose le noyauplan.
Nous avonsrecherché si l’on
pouvait
admettre,
comme dans lepassage d’une
cyclanone
à seshomologues,
leparal-lélisme des
spectres
de cescomposés.
Enréalité,
les
analogies, qui
existent,
eneffet,
entre lesspectres,
ne
peuvent
pas êtrepoussées
trèsloin,
ceqùi
n’arien de
surprenant,
carl’adjonction
à un noyaubenzénique
d’uncycle possédant
un nombre variabled’atomes de
carbone,
crée une forme moléculairenouvelle
présentant
despropriétés
différentes. Dans d’autresrecherches,
nous avions examinédes
composés
présentant
un noyaubenzénique
associé à un noyau
pentagonal
(indène
ouhydrin-dène,
coumarone,thionaphtène),
mais lesrappro-chements avec le
spectre
de l’indanone se montrenttrop
lointains,
pour que l’onpuisse
en tirerquelque
conclusion. Il en est de même entre la tétralone
et la
tétraline,
étudiée antérieurement par nous.Il faut donc attendre avant de
pouvoir
donner uneinterprétation
desspectres
desbenzocyclanones,
les tentatives
n’ayant
abouti à aucun résultatsatisfaisant. ,
c. DÉCALONES. - Les conclusions s’avèrent comme
aussi
décevantes,
lorsque
l’on compare lesspectres
des décalones a
et
cis et trans, à ceux des décalinescis et frans. Le nombre des bandes se
présente
commeconsidérable,
cequi
n’a rien d’étonnantétant donné la
grande
quantité
departicules
vibrantes. Lasymétrie
faible des moléculespermet
d’attendre uneconcordance
entrel’absorption
etla diffusion
[10],
et elle semble se réaliser pour ladécalone,
seulcomposé
pour
lequel
ellessont connues toutes deux.
d.
:7-- -ET -MÉTHYLNAPHTYL CÉTONES. -
Suivantune méthode
classique,
qui
nous a donné si souventde bons
résultats,
nous avionscomparé,
dans unepublication
antérieure[9],
lesspectres
de cescomposés
à ceux des dérivésC10H7 X. X
représentant
264
position
ce ou~~.
On voit inunédiatenient ainsi queles maxima
d’absorption
de ces cétones seplacent
d’une manièreremarquable
dans cet ensemble decomposés.
Le «poids spectroscopique équivalent
»du radical
CQ--CH3
se détermine ici avec uneapproximation
beaucoup
moinsgrande
que
pour les cétonesaliphatiques,
parce que la variationdu substituant X exerce, sur la
position
des maxima,une influence bien moins forte que dans le cas des
composês aliphatiques
ou mêmearomatiques.
Onpeut
néanmoinsindiquer
que la cétonenaphtalé-nique
se situeprès
du carburecorrespondant.
Voicicomment se
présente
la classification des suitesde bandes :
Lorsque
l’on compare cesnaphtylcétones
auxautres cétones
déjà envisagées
ici,
on constate que lespectre
secomplique
singulièrement
dans lesbasses
fréquences,
par suite de laprésence
du noyaunaphtalénique
et que, dans tout l’intervalle que nous avonsétudié,
celui-ci exerce une influence siforte,
que les vibrations propres de la fonctioncétonique
ontpratiquement disparu,
sauf la bande Clqui
se trouve vers1695c=l.
Alors que, pour les cétonesaromatiques,
il existe uneaction très
importante
du noyau sur lespectre,
icielle est devenue presque
exclusive,
cequi,
dureste,
n’a rien d’étonnant si l’on considère le bloc
important
formé par le noyaunaphtalénique.
Manuscrit reçu le 5 juillet I g1~5.
BIBLIOGRAPHIE.
[1] J. LECOMTE, Thèse. Paris, 1924; C. R. Acad. Sc., 1924,
183, p. 27-29.
[2] J. LECOMTE, Traité de Chimie organique, V. Grignard et P. Baud, 1936, 2, p. 143-293, Paris, Masson.
[3] J. LECOMTE et G. CHIURDOGLU, Bulletin Soc. Chim.,
Belgique, 1938, 47, p. 429-447.
[4] A. W. REITZ, Zeits. phys. Chem. B., 1936, 35, p. 363-381; 1936, 33, 179-195; 1937, 38, p. 381-392.
[5] K. W. P. KOHLRAUSCH et R. SKRABAL, Zeits.
Elek-trochem., 1937, 43, p. 282-285.
[6] Mlle D. BIQUARD, Bulletin Soc. Chim. France, 1940, 7,
p. 895-904; 1941, 8, p. 55-68 et 725-738.
[7] M. GODCHOT et Mlle G. CAUQUIL, C. R. Acad. Sc., 1939, 208, p. 1065-1067.
[8] Mlle G. CAUQUIL et J. LECOMTE, C. R. Acad. Sc., 1945 (sous presse).
[9] J. LECOMTE, Journ. de Physique, 1939, 40, p. 423-427. [10] B. D. SAKSENA, Proc. Indian Acad. Sc., A, 1938, 8,