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Spectres d’absorption infrarouges d’éthers-sels
organiques aliphatiques. Modes de vibration et
structure du groupement carboxyle dans ces composés
Jean Lecomte
To cite this version:
LE
JOURNAL
DE
PHYSIQUE
ET
LE
RADIUM
SPECTRES D’ABSORPTION INFRAROUGES
D’ÉTHERS-SELS
ORGANIQUES
ALIPHATIQUES.
MODES DE VIBRATION ET STRUCTURE DU GROUPEMENT CARBOXYLE DANS CESCOMPOSÉS
Par JEAN LECOMTE.
Laboratoire des Recherches
physiques
à la Sorbonne.Sommaire. 2014 Les
spectres d’absorption infrarouges d’une trentaine d’éthers-sels organiques
aliphatiques indiquent que ceux-ci possèdent en commun un certain nombre de maxima qui leur sont
propres. Pour les attribuer à des vibrations, soit de la chaîne carbonée, soit du groupement carboxyle,
on part de l’analyse des vibrations du formiate de méthyle, qui peut être poussée assez loin. En admettant, pour ce composé, comme pour tous les autres éthers-sels, l’existence de deux formes
moléculaires, on peut, d’après les fréquences observées dans l’infrarouge et dans le spectre de
diffusion, obtenir des indications précises sur les fréquences propres et la structure du groupement
carboxyle dans les éthers-sels; ces fréquences propres et cette structure s’avèrent fort différentes de ce
qu’elles sont dans les sels métalliques des mêmes acides organiques.
1. Dans l’intervalle de
fréquence
6oo-I ~oo
cm-’,
dont nous nous occuperons
ici,
on connaît lesspectres
d’absorption infrarouges
d’un assezgrand
nombred’éthers-sels de la série
aliphatique.
Ils ont étédéterminés,
à l’état de vapeur, par Titeica[1
et,
à l’état
liquide,
par Coblentz[2], Weniger [3]
etpar nous-même
[4].
Nous avons examiné à nouveaules
spectres
decomposés déjà
étudiés par nous, etnous avons
complété
les séries par des déterminationsnouvelles. Grâce à la mise en oeuvre de
spectromètres
enregistreurs, qui
ont été décritsprécédemment [5],
nous
disposons
actuellement d’unchamp
de recherchesplus
vaste et d’uneprécision plus
grande
qu’au
cours de nos
premières
recherches. Notons seulementque, pour des
fréquences
supérieures
à I250 cm-1environ,
la faibledispersion
de nosappareils
nousoblige
à ne donner que des indicationsprovisoires
sur les
positions
des bandes.Pour tout ce
qui
concerne latechnique,
nous renverrons à nos articles antérieurs[5].
Il suffîtd’indiquer
que les éthers-selsaliphatiques
sepré-sentent comme des corps fort absorbants dans notre
région,
puisque
leursspectres
s’obtiennent avec desépaisseurs
comprises
seulement entre o,o eto,05
mm.Les résultats ont été
groupés
entableaux,
qui
donnent,
suivant
l’usage,
les
positions
des maximad’absorption
au moyen de
traits,
dont la hauteur estproportion-nelle à l’intensité des. bandes
(fig.
I à5).
Nous yavons
joint
lesspectres
Raman,
déterminés pard’autres auteurs
(Bibliographie
dansKohlrausch,
Smekal-RamanEffekl, Ergânzungsband, 1938).
Un examen, même
rapide
de cestableaux,
indique
que chacun des groupes
d’éthers-sels,
formiates,
acétates...
valérianates,
possède
desrégularités
spec-tralesremarquables,
dont lesfréquences
moyennes sont réunies dans le tableau suivant :Tous ces
composés,
sansexception,
donnentlieu,
enplus,
à une très forteabsorption
vers I 8 20-173o
cm-’.A mesure que l’on s’élève dans la
série,
le nombre des termes étudiésdiminue,
cequi
a pourconséquence
une fixation moins sûre de certainesrégularités.
194
Fig. i. - Positions et intensités des bandes
infrarouges et des raies Raman pour les formiates.
Fig. 2. - Positions et intensités des bandes
infrarouges et des raies Raman pour les acétates.
D’ailleurs,
lespectre
secomplique
visiblement par laprésence
de bandes dues àl’allongement
de la chaînecarbonée,
quand
on passe des formiates auxvaléria-nates,
ou du formiate deméthyle
parexemple,
auxformiates
d’éthyle... d’octyle.
II.
Lorsque
l’on compare lesspectres
d’absorption
infrarouges
des éthers-selsprécédents
avec ceuxd’autres
composés,
possédant
une chaîne carbo-néeanalogue,
on constate que lesrégularités, près
de600, 630,
entre 1o0oet 1 100,
entre 1 100 eti24o,
et vers
173o
cm--1,
appartiennent
en propre auxéthers-sels : elles sont donc
caractéristiques,
ainsi que d’autres auteurs et nous-même l’avionsremarqué,
au moinspour certaines
d’entre-elles,
de laprésence
dugrou-pement carboxyle,
COO,
dans la molécule. Ce résultatest fort
important,
car ilindique que
nous pouvons,jusqu’à
un certainpoint,
faire abstraction du restedes atomes de la molécule et étudier à
part
legroupement
carboxyle.
On a,
depuis
longtemps,
noté que, toutes les foisFig. 3. - Positions et intensités des bandes
infrarouges et des raies Raman pour les propionates.
Fig. ~. - Positions
et intensités des bandes infrarouges et des raies Raman pour les butyrates.
Fig. 5. - Positions et intensité) des bandes
infrarouges et des raies Raman pour les iso-valériaiiate,.
(C=0),
ilapparaît,
aussi bien dans lesspectres
infrarouges
que dans lesspectres
dediffusion,
uneforte raie vers
I 700-I 730
cm-’ . Il n’est pas douteuxque la très forte
absorption que
nous trouvons dans cetterégion
pour tous les éthers-sels serapporte
àune vibration de cette nature. Sa
fréquence apparaît
pratiquement indépendante
du reste de la molécule. On observed’ailleurs,
dans leproche
infrarouge,
lesharmoniques
successifs de cette vibration.Pour les autres
suites,
lesinterprétations
restent,
jusqu’ici, beaucoup plus
vagues et incertaines.Ainsi,
on a
parfois
recherchési,
à côté de la liaisonC=O,
il ne
pouvait
pas exister desfréquences
dues à desvibrations C-0 du carbone «
simplement
lié o àl’oxygène.
De leurcôté,
relativement aux autresrégularités,
les unes(bande
vers 620 cm-1 parexemple)
ont été attribuées augroupement
car-boxyle,
sanspréciser
la nature de la vibrationcorres-pondante,
pour lesautres,
les auteurs ontindiqué
qu’il s’agissait
de vibrations de valence de la chaîne carbonée(entre
800 et I I 0cm-’),
ou de vibrationsde déformation des
groupements
CH2 ou CH3(entre
i30o et145o
cm --1).
Cesconclusions,
àl’établis-sement
desquelles
nous avions d’ailleurs contribuéantérieurement,
ne sont pasinexactes,
mais elles ne196
III. Afin
d’essayer
de débrouiller laquestion,
nous
partirons
dupremier
terme,
le formiate deméthyle (i).
Si on laisse de côté lesfréquences
qui
caractérisent les liaisons C-H
(de
valence et dedéformation),
on trouve les valeurs suivantes :334
(Ra,
m),
6 ~ o(Ra, m),
760
(1.
R., F; Ra,
m),
836(1.
R. ,
F),
904-910
(1.
R., F; Ra,
F),
1012(1.
R.,F;
Fig. 6. - Formels de la molécule de formiate de méthyle.
Ra,
f), I I4~-I I J~ (1.
R., F; Ra,
f),
1717-1730
(1.
R.,
F; Ra,
F).
Enconsidérant,
enpremière
approxima-tion,
les atomesd’hydrogène
comme formant une masseunique
avec les atomes de carboneauxquels
ils sontreliés,
nous arrivons à un modèle moléculaireà
quatre
masses vibrantes :0 =(CH)-0-(CH3).
Laissant de
côté,
dans lesfréquences
observées,
les troisplus
basses,
qui proviennent
vraisemblablement de déformations de lamolécule,
nous sommes encoreen
présence
decinq
fréquences
que leur intensitépermet
de considérer comme fondamentales etqui
d’après
leursfréquences,
sont à considérer commeprovenant
d’oscillations de valence.Or,
le modèlemoléculaire à
quatre
masses necomporte
que troisvibrations fondamentales de valence. Si l’on veut
expliquer
toutes les bandesmesurées,
il faut admettreque le
f ormiate
deméthyle
existe sous deuxf ormes
moléculaires,
l’une dite en cuvette et l’autre en chaise(fig. 6).
Onprévoit
alors sixfréquences
fondamen-tales de valence
(fig. 7),
dont l’unepossède
trèsvraisemblablement la même
fréquence
dans lesdeux modèles
(fréquence
C = 0 voisine deiy3o
cm-’ ).
Il reste alors
cinq fréquences
distinctes,
cequi
estbien le nombre observé.
Le seul élément de
symétrie peut
être,
pour leformiate de
méthyle,
leplan
de la molécule(si
toute-fois elle est
plane,
cequi paraît vraisemblable).
Dès
lors,
les six modes de vibration de chacune des deux formes doivent donner à la fois des raies Ramanet des bandes
infrarouges. Lorsque
l’on cherche àcalculer les six
fréquences
fondamentales de chacundes modèles moléculaires -
représentées
dans lafigure 7
- on est conduit à un déterminant ducinquième
ordre,
tant pour les modesde
vibration co,de la forme « en cuvette », que pour ceux
~~ ,
de laforme « en chaise »
(i
variant de i à5).
Pour évitercette résolution très
pénible, qui
n’a d’ailleursété,
ànotre
connaissance,
tentée que par Mizushima etMorino dans le cas du
chloro-bromo-éthane-I.2,
nouspartirons
de modèles moléculairessimplifiés.
, Fig. i.
- Modes de vibration d’un modèle
angulaire à quatre masses.
a. Nous considérerons d’abord le modèle
molécu-laire
angulaire
à trois masses(O:::::;:CH)-O-(CH3),
qui possède,
on lesait,
trois modes fondamentauxFig. 8. -
Modes de vibration d’un modèle triatomique angulaire.
de vibration
(fis.
8).
Enadoptant
des forces de valenceet de
déformation,
respectivement
de4,14 . 105
et
1,7. 10 4
dynes/cm,
et unangle
voisin de95°,
oncalcule les
fréquences
propres de5g~7,
920 et I 1 50cin1
-(1) Titeica avait déjà tenté une interprétation de ce spectre,
mais son modèle linéaire paraît un peu trop simplifié pour conduire à des conclusions probantes.
D’autre
part,
avec le mêmemodèle,
mais avec desforces de
4,3 6. 105
et de~~, 8 ~
ioldynes/cm,
et unangle
voisin de r2o~, on trouve des nombres de
331,
83G et 1020 cm-’. Avec l’ensemble des deuxformes,
onaboutit donc ainsi à des
fréquences
voisines de cellesqui
ont été mesurées.b. Pour arriver à une
image plus
exacte de laréalité,
nous nous adresserons ensuite à un modèle
angulaire
à
quatre
massessymétriques
X-Y-Y-X,
aveclequel,
pour obtenir un ordre degrandeur
desfréquences
des différentesvibrations,
nous avonsadopté
comme masses vibranteset comme forces de liaison de valence
Lorsque
l’on considère ensuite un modèlesymé-trique,
danslequel
les forces de liaison X-Y sontaugmentées,
ce que nousreprésentons
schématique-ment par
X= ’Y-Y=X,
onsait,
d’après
les calculs de Trenkler[9],
que toutes lesvibrations,
maissurtout ~t 1 et
~,,
Clj’. etc~~ 4 ,
éprouvent
une élévationnotable de
fréquence.
Si l’on considère le modéledissymétrique
X=Y-Y-X,
comparable
aufor-miate de
méthyle,
onpeut
adopter, d’après
les calculsapproximatifs précédents,
les identifications suivantes :On arrive ainsi à attribuer à tous les modes de
vibration,
prévus
par lathéorie,
desfréquences
observées,
sauf pour àl,j et(1)’,;,
etw/~.
En cequi
concerne ce
dernier,
le calculapproximatif que
nous avons donné laisseprévoir
un ordre degrandeur
de!~75
à 5oocm-’,
c’est-à-dire en dehors de notrerégion
d’étude. Lesspectres
de diffusion debeaucoup
d’éthers-sels
homologues présentent
d’ailleurs uneraie dans cette
région, qui pourrait
par suitecorres-pondre
à~y.
Les modes de vibration et
co’,
représentent
ainsi presqueuniquement
une vibrationC=0;
pour (,)2et
(J)’2’
onpeut
lesconsidérer,
enpremière
approxima-tion,
commeprovenant
des mouvements des deuxparties
de la molécule l’une parrapport
à l’autre(0=CH)-(0-CH3).
L’ordre degrandeur
de lafréquence
correspondante
confirme cerésultat,
quenous avions
déjà indiqué
à propos d’autrescomposés
(nitrates
d’alcoyles
[8]) que
l’oxygène
peut
remplacer
un maillon de la chaîne carbonée sans
changer
notablement les
fréquences,
cequi
indique
l’exis-tence de forces de liaison et
d’angles
de valenceassez voisins de ceux d’une chaîne carbonée.
c. Nous avons
essayé
devoir,
enséparant,
d’unemanière d’ailleurs
incorrecte,
legroupement
triato-mique angulaire
0=C-0 du reste de lamolécule,
s’il était
possible
de calculer des forces de liaison etdes
angles
de valenceacceptables,
en utilisant lesfréquences
observées.Avec les
fréquences
1730
et 1020cm-t,
représen-tant les
vibrations ’)1
et ,>~(fig. 8),
on calcule pour lavibration de
déformation ),,
les nombres suivants :j l,
force de liaison C = 0fi,
force de liaison C-0.Avec les
fréquences
173o
et II60 pour v 1 et V2,on calcule de même la
fréquence j.,
de la vibrationde déformation
correspondante
La
première
ou la deuxième série de valeurs conduisent ainsi à unefréquence
voisine de cellequi
a été observée
(61 o cm-1).
Quoiqu’il
ne faille pasprendre
ce calcul commerigoureux,
àbeaucoup
près,
ilindique
néanmoinsque le
groupement
0=C-0 conserve, dans leséthers-sels
aliphatiques,
une certaine individualitéqui
setraduit,
dans lesdéterminations,
par lacons-tance de
régularités que
nous avons observées(~).
IV. Nous allons maintenant passer en revuerapi-dement les différents éthers-sels
aliphatiques,
enutilisant
l’analyse précédente
duspectre
du formiatede
méthyle,
pour obtenir uneinterprétation
desfréquences
observées. Nous admettronsqu’il
existe,
ici encore, deux formes moléculaires.Une autre preuve de la
présence
simultanée dedeux formes moléculaires
pourrait
êtreobtenue,
comme nous l’avons fait antérieurement à propos
des dérivés
dihalogénés
1-2 del’éthane,
enrecher-chant si toutes les
fréquences
observées se retrouvent à la fois dans lespectre
d’absorption
et dans celuide
diffusion. Eneffet,
s’il existe un centre desymétrie,
les six modes de vibration de la forme ~c en cuvette »doivent
apparaître
dans les deuxphénomènes,
alors que, pour la forme « enchaise»,
(,)’1’ (,)’2’
(,)’~~
sont actifs seulement dans ladiffusion,
etv)~, c~’.,,
c~’t,
seulement dansl’absorption.
Malheureusement,
avec lesesters,
que nous avons étudiés
ici,
tous les modes devibra-tion sont
permis
dansl’absorption
et dans la diffu-sion. Nousrappelons cependant
que, dans un travailantérieur nous avons
signalé,
pour les oxalatesde
méthyle
etd’éthyle,
l’alternance de certaines(1) En appliquant une méthode d’analyse analogue, on
peut obtenir l’interprétation du spectre de molécules ramenées
à un type à quatre masses vibrantes. Par exemple, le spectre
du butène 1-2, donné dans l’effet Raman d’abord par Bourguel,
puis complété par Kohlrausch et Stockmair, s’interprète
d’une façon très voisine de celui du formiate de méthyle
(la vibration propre correspondante se plaçant vers r 640
au lieu de 1730 cm-1 environ), avec une liaison C=C, à la place
de la liaison CJO. Nous avions déjà montré antérieu-rement, avec R. Delabv que les dérivés du type
allyle
CH2=CH-CH2-X
donnent lieu à un spectre qui nes’explique qu’en admettant l’existence de deux formes
molé-culaires, avec cinq vibrations de valence distinctes au total. Les fréquences du butène 1-2 rappellent d’une façon assez
198
fréquences,
qui indique,
d’une manière nette, laprésence
d’un centre desymétrie,
pour l’une des formes et la concordance d’autresfréquences, qui
résultede
ce que l’autre formepossède
unesymétrie
moindre - ces résultats étant entièrement d’accord
avec la théorie que nous
développons
ici.Formiales. - Pour tous les
formiates,
nous n’avonspu observer la
fréquence
de déformationqui
tombeprès
de 620 cm-1,
alors que lesspectres
de diffusionne donnent aucun doute sur son existence. Les
régularités près
de750,
io3o,
1 6o et1730
cm ’ 1s’expliquent
par des vibrationsanalogues
à celles du formiate deméthyle.
Pour celles de 83o et 920 cm-’environ,
on constate que le nombre desfréquences
observées,
parabsorption
ou pardiffusion,
augmente
généralement
avecl’allongement
de la chaînecarbonée. Cette remarque constitue
une
justification
de notreinterprétation
des modes de vibration (})2et (,J/2 et de notre remarque que
l’oxygène
«simple-ment lié» se
comportait
comme un atome decarbone,
du
point
de vue des vibrations de chaîne. Onpeut
indiquer
que, pour le formiate deméthyle,
la bandeinfrarouge
de 836 cm -1 estfaible,
etqu’elle
ne semble pas se retrouver dans le
spectre
Raman :l’explication
serait,
à notre sens, que la forme molé-culairecorrespondante
existerait enproportion
moindre que l’autre. Au
contraire,
en s’élevantdans la
série,
onretrouve,
dans la mêmerégion,
desraies Raman ou des bandes
infrarouges
fortes.Acétates. - La
fréquence
de déformation vers610 cm-1
apparaît
icidans
tous lesspectres
d’absorp-tion. Elle est
accompagnée,
dans la mêmerégion,
par une autre bande forte que nous devons considérer
comme
l’analogue
de la vibrationantisymétrique
dedéformation m,,. Il
apparaît donc,
relativement auxformiates,
une diminution notable defréquence.
Lorsque
nous avons étudié les formiates et les acétatesmétalliques,
nous avons observéégalement
le même résultat.Le
spectre
de diffusionindique
souvent laprésence
de raies faibles entre
49o
et 5 I o cm-’ : nouspensons,
d’après
les calculs donnésplus
haut,
qu’il
peut
s’agir
d’une vibration
analogue
àw’¡¡.
Dans tous lesspectres
dediffusion,
on retrouveégalement
une raie voisinede 3oo-325 cm-i
qui correspond probablement
à lavibration de déformation
analogue
à W:¡.Pour les
régularités
dans larégion
de81~o
etde
g5o
cm.-i,
onpeut
transposer
ici ce que nous avonsdit à
propos
des formiates. Mais nous voulons attirerl’attention sur une forte bande
d’absorption,
qui
setrouve dans les
spectres
de tous lesacétates,
possé-dant une chaîne assez
longue
sansramifications,
etqui
sedéplace régulièrement
vers deplus
bassesfréquences
de 790 à725
cm-1 environ(pour
lesformiates,
l’identification n’était pas aussinette,
carla vibration W5 venait se
superposer
dans cetterégion).
S’ils’agit
de termes ramifiés(isobutyle,
isoamyle),
iln’existe,
entre ;oo et 800cm -’,
que detrès faibles maxima
d’absorption.
Nous avons eudéjà
souvent l’occasion d’attirer l’attention sur lesservices que
peut
donner cetterégion
pourdéter-miner,
au moinsapproximativement,
ledegré
deramification de la chaîne carbonée
(carbures,
alcools,
aldéhydes. etc.).
Paranjpe
et Savanur[6]
ont étudié ledéplacement,
pour
lesacétates,
d’une suite vers8Qo
cm 1avec
l’allongement
de la chaîne(les
variations defréquence
sont
beaucoup plus
faibles que dans la suiteprécé-demment
considérée).
Ces auteurs ont montré quel’explication
s’obtenait en considérant la variationde la masse réduite de la chaîne. On
pouvait
alors,
en
première
approximation,
considérer cette suitecomme
représenant
une vibrationNos mesures
indiquent que cette
explication
sensibleégalement
valable pour d’autres séries d’éthers-sels. mais en tenantcompte
qu’il
peut
yavoir,
avecl’allongement
de lachaîne,
non pas une, maisplusieurs
suites de
fréquences
provenant
d’une vibrationschématique
de cette nature.Propionates, butyrates,
valérianates. - Il n’est paspossible
d’entrer ici dans l’examen détaillé desspectres,
qui
secompliquent singulièrement,
à mesureque l’on s’élève dans la série. Les
régularités,
quenous avons
signalées
endébutant,
s’interprètent
d’une manièreanalogue
à ce que nous venonsde
voirpour
les formiates et les acétates. On remarquera
cepen-dant que les
fréquences, qui
caractérisent legrou-pement
0==C20130considéré,
enpremière
approxi-mation comme
séparé
du reste de lamolécule,
nesubissent,
relativement aux valeurs données pourles
acétates,
que deschangements
peuimportants
(sauf
la suite attribuée à w,4,qui
revient à des valeursvoisines de celles
qu’elle possédait
pour lesformiates).
On
peut
indiquer,
enpassant,
que lesfréquences
dedéformation,
aux environs de 600 et de 63o cm-B
sont
généralement
bienmarquées
dans lepremier
terme dechaque
série(propionate,
butyrate
ouvalérianate de
méthyle),
et que, pour les termesplus
élevés,
les bandesinfrarouges
s’estompent
aupoint
que nous avons dît les omettre dans les tableaux.En ce
qui
concerne lafréquence
due à un modeanalogue
àl’allongement
de la chaînepeut,
eneffet,
empêcher
le mouvement d’antirotation des deuxparties
de la molécule. Pour l’autrefré-quence
«(,)~;),
elle continue àapparaître
dans lesspectres
de diffusion : cequi
estnormal,
car lesfréquences symétriques
donnentgénéralement
lieu à des raies Raman fortes et à des bandesinfrarouges
plus
faibles.VI. a. Nous comparerons maintenant la structure et les vibrations propres, que nous trouvons ainsi pour le
groupelnent
carboxyle
dans les éthers-sel,squi
lui sont reliés. La forcequi
s’exerce entre l’atome de carbone et chacun des atomesd’oxygène,
se
place
ainsi,
dans les selsmétalliques,
entre celled’une liaison «
simple »
et celle d’une liaison« double ». Il en résulte que, si l’on recherche les
vibrations d’un modèle
angulaire
0-C-0(fig. 8),
on trouve deux vibrations de
valence ),
et u2symétrique
etantisymétrique, comprises
entre 135o et 155o cm-’environ,
avec unangle
entre110 et
13oO,
qui
est doncgénéralement
supérieur
àl’angle
du tétraèdrerégulier.
Laprincipale
nou-veauté de notre travail antérieur avait été
également
lafixation,
vers 85ocm -1,
de la vibration de défor-mation 113 dugroupement carboxyle
(dans
les selsmétalliques),
alors que l’onpensait qu’elle
seplaçait
beaucoup
plus
bas dans l’échelle desfréquences,
(comme
on lecroyait
aussi pour legroupement
N02,
qui
est exactementcomparable
augroupement
carboxyle
symétrique).
Si l’on vient
maintenant,
enpassant
auxéthers-sels,
à créer unedissymétrie
entre les liaisons desatomes
d’oxygène,
reliés à l’atome decarbone,
ce que l’on
représente
schématiquement
par lesnotations habituelles
C = 0,
C-0,
l’analyse
précé-dente
montre que l’une desfréquences
de valences’élève jusque
1730
cm-1environ,
alors que l’autrefréquence
de valence s’abaisse soit versii5o-i25o,
soit vers 1020 cm-1, suivant la forme moléculaire
considérée. Ce résultat était à
prévoir
intuitive-ment,
mais les calculsprécédents
ont,
aumoins,
le bon effet de montrer l’existence d’une
concor-dance non pas
qualitative,
maisquantitative.
Quant
à lafréquence
de déformationsymétrique
du
groupement
carboxyle,
elleéprouve
aussi deschangements
defréquence,
en considérant successi-vement le modèleCOO,
symétrique
dans les selsmétalliques
etdissymétrique
dans les éthers-sels. De 85o cm-’ 1environ,
elle passe à Goo cm -1 environdans l’une des formes moléculaires
et,
dans l’autreforme,
elle s’abaissejusqu’à
33o Il était naturellementimpossible
deprévoir
cerésultat,
sanseffectuer la discussion
précédente.
b. Relativement aux « vibrations de groupe »,
c’est-à-dire à celles
qui
dépendent
nonplus
seulementdu
groupement carboxyle,
mais encore de tout cequ’il y
a dans lamolécule,
nous examineronsrapide-ment les modifications
qui
seprésentent
dans lesspectres,
quand
on passe des selsmétalliques
auxéthers-sels
aliphatiques.
Pour la vibration
antisymétrique
dedéformation (,j.),
qu’il
s’agisse
de l’une ou de l’autrecatégorie
desubstances,
onretrouve,
dans le cas des formiateset des
acétates,
desfréquences
du même ordrevers 75o
et 63o cm 1respectivement.
Ce résultatdoivent être un peu différentes. Dans tous les cas,
il faut
noter,
comme l’onpouvait
s’y
attendred’ailleurs,
que les forces de liaison de valence dugroupement carboxyle
nejouent
qu’un
rôlesecon-daire pour cette vibration.
Un autre mode de vibration
particulièrement
intéressant est celuiqui
sereprésente
schématique-ment par (’):2 et
(’)’:2’
Nous avonsmontré,
dans notreprécédent
travail,
que l’onpouvait
comparer lesspectres
des selsmétalliques,
de formulegénérale
(R représentant
une chaînecarbonée)
avec ceux decomposés
X-R(X correspondant
à des substituantsvariés
NH2,
@ ...,Cl, Br,
I),
et que lesfréquences
des sels
métalliques
seplaçaient
sensiblement entre celles des dérivés chlorés et bromés.Ici,
avec leséthers-sels,
les conditions se trouvent entièrementmodifiées. Il est facile de s’en rendre
compte
avecles
acétates,
parexemple.
Legroupement
carboxyle,
dans leséthers-sels,
est,
specfroscopiquement parlanf,
équiUalent à
un substituantléger
(OH,
NH2,
CH3).
C’est
pourquoi,
avec les acétates(esters)
parexemple,
nous
trouvons,
avecl’allongement
de lachaîne,
unemultiplication
desfréquences
dans
larégion
entre 800et
960 cm-’,
suivant la forme moléculaire considérée.Au
contraire,
avec les acétatesmétalliques,
c’étaitvers
64o-65o
cm-1qu’il
fallait chercher la vibrationcorrespondante.
Lajustification
de ces vues se faitentre
autres,
d’une manière fortprobante
avecl’acétate
d’isopropyle,
en raison de lasimplicité
duspectre
decomparaison
donné par les termes C3H 7-X(iso).
Pour des substituantslégers,
eneffet,
les troisvibrations de valence de la chaîne se
placent
vers820,
95o
et 1120 cm-’. Avec l’acétated’isopropyle,
lapremière
donne lieu à deux vibrations distinctesà 813 et 881 cm-’, à cause des deux formes
molé-culaires
possibles.
La dernière bande vers 1110 cm -1 estseule,
dans la série desacétates,
àposséder
unegrande
intensité dans cetterégion spectrale,
cequi
indique
bien que les vibrations dugroupement
isopropyle
se conserventapproximativement
dans l’éther-sel.On
pourrait objecter
àl’interprétation
précédente
que, dans larégion
de 600 à640
cm-’,
les acétatesaliphatiques possèdent,
comme nous l’avonsdit,
deux bandes
fortes,
et que l’une au moins d’entreelles
pourrait
rappeler
la vibration Wi, que les acétatesmétalliques
possèdent
en cet endroit. S’il en étaitainsi,
c’est-à-dire si legroupement
carboxyle,
dans leséthers-sels,
devait êtrel’équivalent,
aupoint
de de vue desvibrations,
d’un atomelourd,
on nedevrait pas trouver, pour l’acétate
d’isopropyle,
200
bande
«(Ü;J),
car,d’après
lacomparaison
avec lestermes
analogues
(iso),
iln’y
a pas devibration ~2
correspondante
dans cetterégion
pourdes substituants lourds.
Nous admettrons donc que,
spectroscopiquement
parlant,
nous pouvons, enpremière approximation,
comparer les
spectres
des éthers-selsaliphatiques
avec ceux des
composés
possédant
des chaînescarbonées
analogues,
et des substituants Xlégers.
Il estimpossible
d’entrer ici dans desdétails,
enraison en
particulier
de lacomplexité
desspectres,
dès que le nombre des atomes de carbone
croît,
mais on obtient des résultats fort intéressants en
utilisant,
parexemple,
les tableaux que nous avonsdonnés dans d’autres
publications
pour les vibrations de valence descomposés
dutype
’-X.VI. En cette
rapide
analyse
montre que les éthers-selsaliphatiques
existent
trèsprobable-ment sous deux formes moléculaires. Pour le formiate
de
méthyle,
onpeut
arriver à attribuer lesfréquences
observées à des modes de vibration déterminés. Par
analogie,
dans lesspectres
des autreséthers-sels,
on
peut
distinguer, parmi
lesfréquences
mesurées,
celles
qui
serapportent
à la chaîne carbonée et cellesqui
caractérisent legroupement
carboxyle.
Celui-ci,
comme on l’a vu,
possède
une structureet,
parsuite,
desfréquences
propres très différentes dans les éthers-sels et dans les selsmétalliques
des mêmes acides. Dans lepremier
cas, on doit admettrel’exis-tence d’une formule
analogue
à celle queBO,
l’on
indique généralement,
alors que, dans ledeuxième,
il y a
équivalence
entre les liaisons des deux atomesd’oxygène
rattachés à l’atome de carbone.Nous remercions M. le Professeur J. Cabannes pour
l’important
matérielqu’il
a bien voulu mettre ànotre
disposition,
ainsi que pour tout l’intérêtqu’il
n’a cessé de nous
témoigner
et lessuggestions
rela-tives à
l’interprétation
desrésultats,
qu’il
nous aindiquées.
Nous ne saurions aussi oublier le concoursde Miie
Delay
pour l’obtention d’un certain nombre despectres.
Manuscrit reçu le 16 juillet 1942.
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