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Les spectres d’absorption infrarouges et les modes de
vibrations de dérivés benzéniques. I. Dérivés
monosubstitués
Jean Lecomte
To cite this version:
LES SPECTRES
D’ABSORPTION INFRAROUGES
ET LES MODES DE VIBRATIONS DEDÉRIVÉS
BENZÉNIQUES.
I.DÉRIVÉS
MONOSUBSTITUÉS
Par JEAN LECOMTE.
Laboratoire des Recherches
physiques
à la Sorbonne.Sommaire. 2014 Nous avons réuni les spectres d’absorption infrarouges d’une centaine de dérivés
ben-zéniques mono et disubstitués que nous avons mesurés entre les fréquences de 500 et 1400 cm-1 environ. Nos résultats permettent d étudier les modes de vibration de ces molécules et de les identifier avec des fréquences observées. C’est en adoptant une symétrie sénaire pour la molécule du benzène que s’obtient le meilleur accord entre les prévisions théoriques et les déterminations expérimentales.
Nous donnons ici une
synlhèse
des mesures que nous avonsfaites,
depuis
environ trois ans, sur lesspectres
d’absorption infrarouges
de dérivésbenzé-niques,
entre lesfréquences
de 500 et 1 400 cm-1envi-ron. L*
première partie
concerne les dérivés mono-substitués et la deuxièmepartie
les dérivés disubsti-tués. Les dérivéstri,
tétra... substitués sontactuelle-ment à l’étude. Pour les uns comme pour les
autres,
nous nous proposons de rechercher s’il existe des
régularités
dans lespositions
des maximaJ’absorp-tion
lorsque
les substituants viennent à se modifier. Encomparant
ensuite nos résultats avec lesspectres
Kaman, qui
ont été détermines en dehors de nous,nous essaierons de
préciser
lesfréquences
propres aux différents modes de vibration de ces molécules. Nous -serons ainsi conduit à étudier lasymétrie
de la inolé-cule de benzène et à faire un choix entre lasymétrie
ternaire et lasymétrie
sénaire.Travaux antérieurs. - 1°
infrarouge.
- Alors que dansl’infrarouge proche
duvisible,
les dérivésbenzéniques
ont été étudiés par de nombreux auteursqu’il
nous semble inutile de citer enaétails,
dansnotre
région
aucontraire,
les mesuresdemeurent,
àLes différents modes de vibration
possibles
pour lenoyau
benzénique
sontreprésentés
dans lafigure
1d’après
Wilson. Certains modespossèdent
deuxpossi-notre
connaissance,
desplus
restreintes. Nous avonspublié quelques
spectres
(’).
Avant nous,Coblentz (2)
avait examiné un
petit
nombre de dérivés mono ou disubstitués dubenzène,
mais seulement pour desfré-quences
supérieures
à 700 em-1 environ. Les mesures de Purvis(3)
et de Plum(4)
sur le bromo etl’iodoben-zène,
concernent la mêmerégion.
~«
Eifel
liaritat. - Lesspectres
Raman des déri-vés du benzène ont été mesurés par ungrand
nombre d’auteurs. On en trouvera unebibliographie
dans un article de Kolrausch(J)
que nouscomplèterons
pour les travaux lesplus
récents(6).
Nous utiliseronsprin-cip,ileinent,
dansriuterprétation
de nos résultats, lesspectres
donnés par Iiolalrnusch et sesélèves,
ainsi que les déterminations sur ladépolarisation
des raiesRaman par Cabannes
[seul (7)
ou avec Rousset(8)]
etSimons
(1)
lVlodes de vibration du benzène et de ses déri-vés mono et disubstitués. - Nous
rappellerons
rapidement,
en admettant pour la molécule deben-zène, supposée plane,
unesymétrie
sénaire,
le noftibreet les différents modes de vibration
quc l’on peut
pré-voir.
bilités de vibration
indiquées
par les lettres a et b.Pour le
benzène,
ils se confondent en une seule fré-quencedégénérée,
mais ils restent distinctspour les
490
dérivés mono ou disubstitués.
Beaucoup
d’auteurs sesont
occupés
de cettequestion
et ils ont introduit leurs notationsparticulières,
de sorte,qu’à première
vue, ilen résulte une certaine confusion. Nous
adopterons
lenumérotage
donné par Wilson(’o)
endonnant,
s’il y alieu,
lacorrespondance
avec les notations de Kohlrausch(1)
et des auteursanglais
(11).
Fig. 1. - Modes de vibration du benzène, suivant Nvilson
(v,
vibrations interdites dans le spectre Raman; ia, vibrations inactives dans le spectre infrarouge; d et ~, raies Raman
dépolarisées et polarisées).
Par suite du nombre élevé des vibrations
possibles,
leur identification avec les
fréquences
observées dans lespectre
Raman ou dansl’infrarouge
seprésente
comme trèscomplexe.
Avantd’apporter
notre mo-deste contribution à ceproblème,
nousindiquerons
l’état de la
question
encommençant
par leNous
rappelons
que si l’on admet pour ce dernier lasymétrie
sénaire,
il ne doit exister aucunefréquence
de vibrationqui
se traduise simultanément par une raie Raman ou par une bandeinfrarouge.
Nousex-trayons
le tableau suivant des travaux de Kohl-rausch(~)
et d’un trèsimportant
travail exécuté par de nombreux collaborateurs que nousdésignerons
par A.(11)
et nous donnons lacorrespondance
avec lanotation de Wilson
(1°).
Tous les autres modes de vibration doivent être
théoriquement
inactifs(on
constatecependant
queplusieurs
d’entre euxapparaissent
faiblement dans lesspectres
Ralnan ouinfrarouge).
Comme certains de cesmodes se retrouvent dans les dérivés mono et
disubs-titués,
il est intéressant de donner l’ordre degrandeur
approximatif
desfréquences correspondantes
dans cecas du benzène.
Des
précédents
modes de vibration dubenzène,
il est assez facile de passer à ceux des dérivés mono ou disubstitués.Néanmoins,
pourplus
declarté,
nousreproduisons,
dans lafigure 2,
les modes de vibration du noyau danslesquels
la molécule resteplane.
Il ya lieu
d’ajouter,
bienentendu,
pour arriver au total de 30 que nous avons donnéplus
haut : 1° Les vibra-tions CHqui
se font dans leplan
de lamolécule;
2 Lesvibrations
(du
noyau ou deCH) qui
ont lieu en dehors de ceplan (vibrations
gauches).
Pour toutes cesvibra-tions,
nousdiscuterons,
entemps utile,
les conditions de leurapparition
dans lespectre
Raman comme dansl’infrarouge.
L’identification des modes de vibration des molécules
avec les bandes
infrarouges
ou les raies Raman obser-vées repose, on lesait,
sur des bases sérieuses. ParmiavecBossche
(’~),
Wilson(f°),
Bonino(14),
etc.Signa-lons enfin des essais forts
intéressants,
faits enparti-culier par
Murray, Andrew,
Deitz et Teets(15)
d’uneFig. 2. -
Quelques modes de vibration du benzène, de ses
dérivés mono et disubstitués (suivant Kohlrausch).
part
et par Trenkler(16)
d’autrepart,
pour construire des modèlesmécaniques représentant
les molécules etpour en étudier les divers modes de vibration.
Si,
par suite des difficultés de réalisationpratique,
iln’y
aprobablement
pas identitécomplète
entre les molécules réellesetcesmodèles ;
ceux-ci sont néanmoinscapables
de fournir des indications utiles. Onpeut ainsi,
dansl’interprétation
desspectres
infrarouges
ouRaman,
arriver,
non pas à une certitude, mais à unegrande
vraisemblance.Technique expérimentale. -
Pour toutce qui
concerne la
description
et l’utilisation de nos deuxspectromètres,
l’unportant
deuxprismes
desel gemme
à 30° et l’autre unprisme
desylvine synthétique
à60o,
on sereportera
à nospublications
antérieures(1)
et
(’’).
Rappelons
seulement, qu’en
raison de la faibledispersion qu’ils possèdent
àpartir
de 1 200cm-l,
nous considérerons les mesures faites entre 1 200et 1400 cm--’ comme tout à fait
provisoires
et comme étant àreprendre
ultérieurement.Nous donnerons seulement
quelques
indications surla manière de
préparer
les couches de substances. Si lescomposés
sontliquides
ou solubles dans le sul-fure de carbone(seul
solvant vraimentpratique
dans notrerégion
en raison de l’absence presquecomplète
debandes),
on ne rencontre aucune difficulté pourpréparer
depetites
cuves àparois
de sel gemme ou de bromure depotassium
de0,4
à0,0i
mm deprofon-deur. Les dérivés
benzéniques
solides,
qui
sont peu ou pas solubles dans le sulfure decarbone,
ont été étudiéssous forme d’une
pellicule
solide. Cettepellicule
a été obtenue : soit par fusion entre deux lamelles de sel gemme, soit parévaporation,
sur une lametle en sel gemme ou en bromure depotassium,
d’une solution dans l’éther ou l’alcool. Ceprocédé
d’étudeprésente
unegénéralité
d’emploi
plus grande
qu’on
pourrait
le croire: en raison de lagrande
longueur
d’onde de nosradiatinns,
l’étude des corps à l’état solide fournit des bandesd’absorption
aussi nettes que s’ils’agissait
deliquides.
Il est seulement difficile de fixer exactementla
perte
d’énergie
pardiffusion,
de sorte que l’on nepeut
parler
que des intensités relatives des différentes bandes. Enoutre,
on nepeut
pastoujours
trouverfacilement
quelle
est,
pourchaque
substance,
l’épais-séur convenable de la couche et c’est ce
qui
nous aem pêché,
dans certains cas, depoursuivre
l’étude pour defréquences
inférieures à 680 cm-’ environ.Résultats
généraux. -
Les résultats ont étégroupés
dans destableaux,
oàa,
suivantl’usage,
leshauteurs des traits sont
proportionnelles
à l’intensité desbandes,
lespositions
étantindiquées
en abscisses. Lafigure
3 serapporte
auxcomposés
de formuleC6H;) - X
et lafigure
7 auxcomposés
C,H5 -
COX ouC6H5 -
cao - X. Nous donnonségalement
laposi-tion des raies
Raman,
mesurées en dehors de nous(fig..4)
et les courbes de transmission dansl’infrarouge
de deux de nos substances(fig.
5 et6).
En étudiant d’abord les
composés
de laformeoù X représentait
un atomed’halogène,
nous avionsremarqué,
il y aplusieurs
années,
que certaines bandesse
déplaçaient régulièrement
vers deplus grandes
longueurs
d’onde,
à mesure que lepoids atomique
dere-492
Fig. 3. - Positions et intensités des bandes d’absorption (les chiffres 1 et II sont à intervertir).
Fig. 4. - Positions et intensités des raies Raman
(d’après Kohlrausch et ses élèves).
connu
(depuis
lors que d’autres substituants tels queN02,
CN, CH3, OH, OCH3, NH,,
COH parexemple,
don-n~ent lieu à des faitsanalogues
et que cette remarques’applique également
aux dérivés disubstitués. Bienentendu,
à mesurequ’augmente
lacomplexité
dugroupement substitné,
certainesirrégularités peuvent
seproduire
dans lespositions
desbandes, mais,
dansl’ensemble,
et enpremière
approximation,
onpeut
attribuer les bandesel’ absorpt1.on
que nous tcvonsobservées,
à des vibi-ations du noyaubenzénique
aux-quelles
prend
plus
ou rnoins legroupelnent
substitué,
cunsidé1’é commc une masse Il fautexcepter
naturellement un trèspetit
nombre de maximaqui
représentent
des vibrations internes desgroupements
substitués et dout lesplus
remarquables
sont celles de
OCH3
vers 1 025 cm-1 et deN02
vers 1 34~ODérivés
monosubstitués.
de vibration des dérivés monosubstitués
peuvent
donner naissance à des raies Raman
(symétrie
C2 v).
Ils sontégalement permis
dansl’infrarouge,
sauf troisqui correspondent
à des vibrationsgauches
(sauf
Fig. 5. - Transmission du fluoro-benzéne
(sous 0,01~ mm).
erreur :
10a,
16 a, 17 a).
Si nous avions admis unesymé-trie
ternaire,
comme dans le modèle deKékulé,
toute s les vibrations sansexception
auraient été pr emisesFig. 6. - Transmission du nitro benzène (sous
0,014 mm).
dans les deux
phénomènes.
La différence entre lasymétrie
ternaire et lasymétrie
sénaire est icitrop
peumarquée
pour que l’onpuisse
espérer
arriver à uncritérium concernant la
symétrie
du benzène. Cetteétude est néanmoins
intéressante,
car elle nousper-mettra de
préciser
les modes de vibration de certaines bandesinfrarouges.
Nous avonsadopté
unnumérotage
des différentes suitesqui puisse,
autant quepossible,
se retrouver dans les dérivés
disubstitués,
de sortequ’il
ne suit pastoujours
l’ordre des nombressuc-cessifs,
si on range les suites dans l’ordre des fré-quences croissantes.IL - Entre 500 et 530
cm-’,
c’est-à-dire à la limite de notredomaine,
seplace
une bande d’inten-,-ité, moyenne, àlaquelle
correspond
une raie Ramanforte
(appelée
cpar Kohlrausch).
L’influence dusubsti-tuant est
importante,
aussi,
pour desgroupements
Xlourds,
cette bande serait à chercher vers desfréquences
plus
basses que celles que nous pouvons mesurer. Kohlrausch donne(Wilson
6b)
comme mode de vibrationcorrespondant :
cequi
est vraisemblable à cause de l’influenceimportante
du substituant dans cette vibration.IV. - Une bande très
forte,
dont laposition
moyenne est 680 etqui
neprésente
que de trèspetites
variations
enposition
avec lessubstituants,
ne se tra-duit par aucune raie Raman. Ilexiste,
à notrepoint
de vue, deuxinterprétations possibles :
ouA2 u
(H)
(suivant A)
~.1 suivantWilson,
ou(H)
suivantA , 3
suivant Wilson. La bande du benzène à 675cm-1 ,
extrêmement forte dansl’infrarouge
et inactive dans l’effet Raman estgénéralement
attribuée àA2u
(H)
suivant ai ou Il suivant
Wilson,
La substitution de X à un atomed’hydrogène
ne doit pas modifiersensible-ment la
fréquence
de la vibration. Mais celle ci étant entièrementsymétrique
dan-- leplan
de lamolécule,
devrait se retrouver dans tous les dérivéssubstitués,
cequi,
nous le verrons, n’est pas le cas. Parsuite,
comme cette vibration est
particulièrement
nette avec les dérivés disubstituésméta,
nous pensons que l’on auraitprobablement
affaire à une vibration desymé-trie ternaire. Nous proposons de l’identifier avec
B2g
(H)
suivantA,
ou 5 suivant Wilson. Cette vibra-tion était inactive pour lebenzène,
mais elle devient active dans ses dérivés monosubstitués. Elle n’est pasinterdite,
dans l’effetRaman,
mais elle doitcorres-pondre
à une raie faible et il n’est pasétonnant,
parsuite,
qu’elle n’apparaisse
pas. Si cetteinterprétation
est
exacte,
la valeur de 1 000cm-1,
donnée par Adans le cas du benzène pour
(H)
seraittrop
élevé e.V. - Entre 730 et 750 cm-1
se
place
un autre494
forme de vibration inactive dans
l’infrarouge
avec lesdérivés
monosubstitués).
1. - La raie Raman
dépolarisée
et très forte vers615 cm-1 ne se
traduit,
dans nosspectres
des dérivésmonosubstitués,
que par une bande très faible. Alors que des couches de substancesquelques
centièmes de mm suffisent pour faireapparaître
les autresbandes,
il faut ici0,1
à0,2
mm.Rappelons
que le mode de vibrationcorrespondant
du benzène(6 ab
sui-vantWilson,
suivantKohlrausch,
(C)
suivant A est inactif dansl’infrarouge.
Parconséquent,
c’est lalégère dissymétrie
créée par le substituantqui
lèvel’interdiction. Le mode de vibration W2
indiqué
parKohlrausch
(6 a
suivantWilson)
semble convenir.Fig. 1. - Positions et intensités des bandes
d’absorption. (Les mesures n’ont pas été
faites,
entre 500 et 680 cm-1,pour X ^ OH, NH2, CI, C5Hu et CôH5.)
III. - La
plus grande
influence dugroupement
substitué se
présente
avec la vibration dont la fré-quence seplace
entre 655 et 845 cm-1environ
etqui
donne lieu simultanément à des bandesinfrarouges
etâ des raies Raman toutes deux très fortes. Ainsi
quel’on
tfait remarquer différents
auteurs,
c’est enquelque
sorteune vibration de valence entre le noyau
benzénique
con-sidéré dans son ensemble et le substituant: X.
Rappelons
que, pour des dérivéshalogénés
de la série grasse, parexemple
CH3X.,
C2HaX,
etc...,
il
existait,
dans la mêmerégion spectrale,
deux bandesanalogues (l’une correspondant
à la vibrationsymé-trique
et l’autre à la vibrationantisymétrique).
Pour nous borner à la vibrationsymétrique,
cellequi
inter-vientici,
l’influence du substituant estbeaucoup plus
forte,
dans la sériealiphatique
que dans la sériearo-matique.
Voici lespositions
des bandes. suivantl’halo-gène
considéré :L’identification avec ÚJ4
proposée
par Ilohlrausch(suivant
Wilson,
Aig
(C)
suivantA)
sembleparfaite-ment
justifiée.
VIII. - Vers 890 cm-1
apparait régulièrement
une bandequi
n’est que très peu sensible aux substitutionset à peu
près
inactive dans l’effet Raman.L’absorption
infrarouge
estgénéralement
assez forte. Il nous semble que l’onpeut
adopter
comme mode de vibrationE+ (H)
u
suivant A
(ou
17 b suivantWilson)
qui
était inactif pour le benzène et dont lafréquence
calculée 890 cm-1 doit être peu influencée par le substituant.IX-X. - Entre 990 et 1 030 cm-1 se
place
unerégion
desplus
intéressantes,
qui
a donné lieu à demultiples
commentaires. Le benzènepossédant
une raie Raman vers 991cm-1,
attribuée par Kohlrauschà Ú)4, 1 suivant Wilson et
(C)
suivantA,
et une bandeinfrarouge
vers 1022 cm--idonnée,
comme nous l’avons vu, par la vibrationE-:
(H)
suivantA,
ou 18ab suivantWilson.,
toutes les deux trèsfortes,
ons’était
cru autorisé à en déduire que ces deux modes de v ibra-tion se
retrouvaient,
dans les dérivésmonosubstitués,
sensiblement aux mêmes
places.
Ces deux vibrations inactives avec lebenzène,
l’une dans l’effet Raman et l’autre dansl’infrarouge,
deviennent,
eneffet,
toutes deuxpermises
dans les deuxphénomènes
avec lescorrespon-dantes sont
polarisées.
Les attributionsprécédentes
ont été modifiées par différents auteurs, en
particulier
par Kohlrausch.qui
voit dans les raies Ramanpolari-sées 1 000 et 1 025 cm-1 des dérivés
monosubstitués,
les vibrations c3
(12
suivantWilson,
i3lu
(C)
suivant(A)
~t Wu(soit 2
suivantWilson,
Alg
(H)
suivantA)
res-pectivement.
Ces identifications ne sont pas en désac-cord avec nos déterminations.Nlais,
par suite de cer-tainesirrégularités
dans laposition
des bandes quenous avons mesurées et en tenant
compte
desspectres
des dérivés disubstituésqui
seront donnésplus tard,
il ne nous semblerait pasimpossible
qu’il
y eût, enplus,
une troisième vibration. Il sepourrait
qu’un
mode de vibration tel que 18 ab suivant Wilson(soit
(H)
sui-vantA)
qui
doit être bienmarqué
dansl’infrarouge,
jouât
aussi un rôle. Dèsqu’une
bandeinfrarouge
repré-sentie la moyenne de deux bandes, sa
position dépend
non seulement desfréquences,
mais aussi des intensités descomposantes
et c’estpeut-être
cequi
expliquerait
les
déplacements
que nous avons mesurés. XII. - Les dérivés monosubstituésprésentent
vers1150 1160 cm-1 une raie Raman
dépolarisée
et unebande
infrarouge
dont lespositions
varient peu avec lesubstituant. Pour le
benzène,
on a observé une bandeinfrarouge
vers 1 153 cm-1 et une raie Raman vers i 178 cm -1. Cette dernière a été attribuée à une vibra-tion de déformavibra-tion CH dans leplan
de la molécule.Ce serait
E+
(H)
suivantA,
ou 9 ab suivant Wilson. 9Comme la raie Raman
correspondante
du benzènelourd
éprouve
ungrand déplacement
à867 cm-l,
il semble bien quel’hydrogène
joue
un rôleprépondérant
dans cette vibration. Nous pensonsqu’il
en est de même pour les dérivésmonosubstitués,
et que nousavons
probablement
affaire au même mode devibra-tion,
ou tout au moins à un modeanalogue.
XIV-XV. - La raie Raman
polarisée qui
varie entre
1060 et 1 275cm-l,
indiquée
par Kohlrausch comme e, a été attribuée par lui à la vibration(E
(C)
sui-vant A,
19 b suivantWilson).
Cetteinterprétation
est en conformité avec legrand déplacement
des bandesinfrarouges
correspondantes
et avec le fait que le substituantprend
unepart
très active dans cettevibration.
Malheureusement,
pour des substituants Xlégers,
cette bande se trouvedéjà
dans unerégion
où laprécision
de nos mesures laisse à désirer. Il faut seulement remarquer que lepoid s
du substituant neparaît
seul en cause, sansquoi
nous devrions trouverpour
l’aniline,
lephénol
et letoluène,
parexemple,
un trèspetit déplacement,
alors que si l’onprend
les chiffres deKohlrausch,
la raie Raman passe de 1 270 à 1 253 et à 1209 Dansl’infrarouge,
on trouveun
déplacement analogue.
Il est
possible qu’il
y ait une autresuite, qui
appa-raît dans lespectre
infrarouge
vers 1200cm-l,
et surlaquelle
lepoids
du substituantparaît
exercer une trèsfaible action. Dans la vibration w5 suivant Kohlra,usch
(19a
suivantWilson),
eneffet,
le substituant neparti-cipe
que très peu au mouvement. Si cette attribution n’est pas absolumentcertaine,
elleprésente
toutefoisquelque
vraisemblance: lafréquence
apparaît
bien de l’ordre degrandeur
que l’onpeut
attendre et de celui que donnent les modèlesmécaniques.
On retrouved’ailleurs cette vibration avec certains dérivés disubs-titués.
Bandes
harmoniques
et bandes de combi-naison. - Enplus
des bandesd’absorption
princi-pales,
que nous venons de passer en revue, nous avons aussi mesuré d’autres bandes moins fortes. Celles-cireprésentent,
à notreavis,
soit des vibrationsharmo-niques,
soit desfréquences
de combinaison. Enemprun-tant aux
spectres
Raman les nombrescorrespondant
à desfréquences
inférieures à 500cm-1,
nous avions cal-culé laposition
des bandes que l’onpeut
ainsiprévoir :
l’accord entre les nombres observés et calculés nousparaît
satisfaisant. Nous nous bornerons ici à troisexemples.
On remarquera que ce sont tous les nombres d’onde d’une même suite
qui
sont combinés avec tous les nombres d’onde d’une autre suite. Nous n’attribuonsaucune valeur aux calculs
qui
nes’appliquent
qu’à
cer-tains substituants.Composés
de la forme :C6t1s-CQ-R
etCütl5-C00-R. - Nous allons essayer de voir si les formes de vibration que nous avons données
précédemment
pour descomposés
dutype
C6H5-X,
avec des496
CO-R ou par COOR. Le tableau des
résaltats,
figure
7,
indique
que deuxrégions
nouvellesd’absorption
seplacent
ver- 64?)-{)?)O cm-’ et vers 710 cln-1. Lapre-mière est à
rapprocher
d’unefréquence caractéristique
dugroupement CH3-CO
vers 630 cm-1 etsemble,
d’après
les études de Kohrausch et de sescollabora-teurs,
correspondre
à une vibration danslaquelle
il y a déformation dugroupement
CO. Les bandes vers710 cm-1
n’apparaissent
pas dans lescomposés
alipha-tiques
analogues
et nous ne saurionspréciser
actuelle-ment àquelle
vibration ellescorrespondent.
I. -
C6H5-CO-R.
Onretrouve,
pour cescomposés,
un certain nombre de bandesd’absorption
qui
sepla-c.ent
près
des bandes descomposés
C6H;;-X.
Ceciindique
que legroupement
substituéprend
part
comme un tout à la vibration et que son influence resterelatai-vement faible. Ce sont les bandes vers 515-620
(1),
675-680(IV),
vers 750(V),
vers930-940,
vers 1001> cm-1,
(IX
etX).
Les modes de vibration1,
IX et X se tradui-sent par des raies Raman trèsfortes,
alors que les raies Ramancorrespondant
aux autres bandesinfrarouges
restent leplus
souvent faibles oumanquent.
Une attention
particulière
doit être donnée à la vibration III. Nous pensonsqu’on peut
l’identifier avecune raie Raman
généralement
trèsforte,
qui
varie dei 18 cm_i pour
l’aldéhyde benzoïqu e
à 6à6 cm-1 pour le bromuredebenzoyle.
Il lui correspon d unebande bienmarquée
dansl’infrarouge
pourl’aldéhyde
benzoïque,
l’acidebenzoïque
et la benzamide. Avecl’acétophé-none la bande s’affaiblit et elle ne semble pas
dis-tincte des bandes à 653 et 680 cm-1 du chlorure de
benzoyle,
alors que l’effet Ramanpermettrait
depré-voir une bande vers 6(~8 cm -1.
Bien que la
dispersion
de nosspectromètres
ne soit pasgrande
dans cetterégion,
nous devons néanmoinssignaler
une bande très forte entre 1240 et I ~80 cm -1. II. -C,Hx-C00-R.
Desrégularités analogues
à celles que nous venonsd’indiquer
se retrouvent encoreici. Il faut noter que la vibration III a
disparu
ou se confond avec un autre mode devibration,
car nous n’avons pas pu l’identifier. D’une manièregénérale,
lesspectres
sontplus
compliqués
que lesprécédents,
cequi
n’a du reste rien d’étonnant. Nous nous proposonsd’y
revenir dans une autrepublication.
Remarques.-I.
Certainscomposés
(mono
ou disubs-titués)
que nous avonsétudiés,
bien que nepossédant
pas de bandes dans certainesrégions,
donnent lieu néanmoins à uneabsorption générale, qui
estparfois
siprononcée qu’elle
arrive àempêcher
les mesures. Eneffet,
même sous des couches de moins de0,li
mml’absorption
de cescomposés
est totaleet,
si l’on vient à diluer leproduit,
onrisque
de neplus
voir les bandesd’absorption,
si elles existent. C’estle cas dans larégion
desfréquences
inférieures à 700 cm-’ pour presquetous les
composés benzéniques
possédant
legroupe-ment Le
phénol
et les crésols sontégalement
trèsabsorbants dans le même
domaine,
mais les chloro etbrwmo-phénols
parexemple
peuvent
être étudiés rela-tivement facilement. Il estprobable
que cetteabsorption
générale
et continueprovient
d’associations molécu-laires et que celles-ci ne se formentplus
de la même manièrequand,
parexemple,
unhalogène
estégale-ment substitué en même
temps
que ou OH. Desphénomènes analogues
ont étéindiqués
dans leproche
infrarouge,
enparticulier
parFreymann
et Barchewi tz. II. - Dansce
qui
précède,
nous avonsprocédé
en ne tenantcompte
que des masses des substituants etnous avons fait, en somme, la «
mécanique
ration-nelle » des
spectres,
il estprobable qu’il
existed’au-tres
effets,
en relation avec le momentélectrique
de la molécule. Ils ont été mis très bien en évidence dans leproche
infrarouge
parFreymann,
Naherniac etBarchewitz,
parexemple
pour les vibrationsOH,
NH2’
et certaines vibrations du noyau
benzénique.
Comme nous avonsaffaire,
dans notrerégion,
à des vibrations du noyau, cette influence estbeaucoup plus
faible quecelle de la masse et c’est
pourquoi
ellen’apparaît
pas nettement dans nos mesures. Nous avonsessayé,
avec des dérivésdisubstitués,
d’étudier l’influence du deuxièmegroupement
sur les vibrations deN02 qui
seplacent
vers 1 340 et 1 520 cm-1 . Etant donné la masseimportante
deNO2,
l’effet du deuxièmegroupement
apparaît
comme faible etdemanderait,
pour être mis.en évidence d’une manière
sûre,
desappareils plus
clis-persifs
que les nôtres. 111. - Ainsique nous le verrons
également
dans leprochain
article sur les dérivésdisubstitués,
le noyaubenzénique
exerce une influenceprépondérante
sur lespectre.
Nous avonsdéjà
fait remarquer, à propos de la suiteIII,
que les variations dans lespositions
des bandes suivant les différentssubstituants,
apparais-sent
beaucoup
moinsgrandes
que dans la sériealipha-tique,
parexemple.
Pour les autres suites l’influencedu substituant reste
généralement
faible. Ce résultatpeut s’expliquer
deplusieurs
manières. La formecyclique, déjà
parelle-même,
doit seprêter
moins facilement que la forme en chaîne ouverte, à l’influencedes substituants sur la
fréquence
des vibrations. Deplus, d’après
les calculs de certainsthéoriciens,
ies liaisons C-C seraientplus
fortes dans la sériearoma-tique
que dans la sériealiphatique.
Cetteexplication,
qui
n’est pas en contradiction avec lasuivante,
ne nous semble pas suffisante. Nous avonsremarqué,
depuis
longtemps,
que, dans la sériealiphatique,
l’influence des substituants sur la
position
des bandes diminuaitbeaucoup,
dès que lecomposé
n’étaitplus.
saturé. Sanspouvoir
donner actuellement depréci-sions,
il ne nous semble pasimpossible
que le benzène secomporte
aupoint
t de vue duspectre
infrarouge
comme un
composé
non saturé. Il est bien entendu quel’expression
« doubles liaisons » estcommode,
Dès
lors,
par suite deschamps électriques
forts,
qui
setrouveraient
dans la molécule debenzène,
lesvibrations
nepourraient
plus
s’effectuer aussi libre-ment que pour lescomposés aliphatiques.
Nouspen-sons que les deux effets
mécanique
etélectrique
doi-vent être
présents
simultanément. Ce n’estqu’en
les considérant ensemble ques’expliqueront,
par lasuite,
certaines anomalies desspectres.
Manuscrit reçu le 20 juillet 1937.
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