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N°26 (3e Série) Paraissant le 15 de chaque mois.
pei/biet* 1937
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Le Numéro.
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France... 4 50 Étranger. 6 »
France
etEtranger 10 »
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BULLETIN
DE
L'INSTITUT du PIN
Sous le contrôle du Ministère de l'Agriculture
et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux
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1. Articles originaux Pa-ges
C ï 147 Contribution à l'étude de l'acide pinique, par Mlle Grandperrin (fin) 25
fe II 21 Sur laformationdescanauxrésiniferesdans letissuligneux des plantuleschez Pinushal'e-
pensis Mdl et Pinun Pincisler Soland 33
EII126 Composition du bois des troncs et desbran¬
ches de nos principaux arbres indigènes, par MM. Gabriel Bertrand et Georges Brooks... 35
\.v Pages
E II 127 Fabrication de i'éthanol par fermentation thermophiliquede lacellulose,parMM.K.Vel-
dhuis, L. M Ghristensen et E. I. Fulmer 37
II. Documentation
A II 20-21 Petite Documentation 39
GII 240-252 Petite Documentation 39-42 DU372-378 Petite Documentation 42-44 E II 128-135 Petite Documentation 44-46 Fil 122-128 Petite Documentation 47-48
MODB DE CLkMSSIplGMTION DE JUGS DOCUJVÎHÎ4TS
J
A. Généralités.
B. Récolte et traitement des résines.
C. Essences de térébenthine, terpènes etdérivés.
D. Constituants solides des résines et leurs dérivés.
I Articlesoriginaux. — II Documentation.
E. Dérivéschimiquesdu bois.
F. Cellulose de bois.
G. Documents divers.
Adresser la Correspondance :
IH5T1TIIi BU FIN» FâClîfft 5êS SciSflCCS, 20, C0Uf$ fâStSUr,
Le Directeur technique reçoit le lundi, de 9ci 12 heures, de 14 h. 30 ci 18 heures, et les cadresjours sur rendez-vousr
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H° 26 ^3e Série) Paraissant le 15 dechaquemois. 15 péVfief 1937
BULLETIN
DE
L'INSTITUT DU PIN
Sous le contrôle du Ministère de l'Agriculture
et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux
G i 147
CONTRIBUTION
A L'ÉTUDE de FACIDE PINIQUE(1)
par Mlle Marcelle GRANDPERRIN Docteur de l'Université deParis,
Assistant à la Faculté de Pharmacie de Paris, (suite)
CHAPITRE II (*)
ESSAIS DE FER5VSETURE DE LA CHAINE HEXACARBONEE DE L'ACIDE PINIQUE
I. Anhydridation
L'essai le plus simple de fermeture de la chaîne
à 6 atomes de carbones de l'acide pinique consis¬
tait en la préparation de l'anhydride pinique :
Cet essai a été tenté par Bseyer (23) mais sans résultat positif, en soumettant l'acide pinique à
l'action du chlorure d'acétyle. Nous en avons tenté
la même préparation par trois voies différentes : 1° Par le chlorure d'acétyle. — Reprenant l'ex¬
périence de Bteyer, nous avons porté à l'ébullition
à reflux, pendant 3 heures, un mélange de 3 g.
d'acide pinique et de 10 g. de chlorure d'acétyle.
(*) Voir Bull. Inst. du Pin, n° 25, janvier 1937.
— 15
Le mélange a été ensuite versé dans de l'eau
contenant du carbonate de sodium et préalable¬
ment refroidie. La solution alcaline ainsi obtenue est épuisée rapidement à l'éther; la solution éthé-
rée séchée sur sulfate de sodium anhydre est dis¬
tillée; il ne reste dans le ballon, après distillation
de l'éther, aucune trace de produit : il ne s'est
donc pas formé d'anhydride.
L'acide libéré de la solution alcaline a été sou¬
mis à une cristallisation fractionnée dans l'éther de pétrole. Le point de fusion de l'acide initialétait
de 76°, la fraction solide de l'acide récupéré fond
de même à 7h°, il n'y a donc pas en de transfor¬
mation par l'action du chlorure d'acétyle à la tem¬
pérature du bain-marie.
2° Par action du chlorure de pinoyle sur le sel
de sodium de l'acide pinique. —- Nous avons es¬
sayé de préparer un anhydride polymoléculaire
dans l'espoir de pouvoir ensuite le transformer en
anhydride monomoléculaire, comme cela a été fait
pour l'acide adipique, par simple chauffage sous vide très poussé (24) (25).
A cet effet, nous avons préparé le sel disodiqne
de l'acide pinique; c'est un produit amorphe, ex¬
cessivement hygroscopique, et qu'il a été nécessai¬
re de dessécher très soigneusement dans le vide
suifinique puis dans le vide sur anhydride phos- phorique avant de le faire réagir. La réaction a
été effectuée au sein de l'éther anhydre, de façon
à la modérer. Nous avons etaployé des quantités équimolécuïaires de sel soigneusement
^eyséçh^ e.t
de chlorure d'acide fraîchement distillé's'oit
\k M/
26 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N°26 - Février 193?
de pinate de sodium et de 3 g. 6 de chlorure de pinoyle.
La réaction est énergique dès que la tempéra¬
ture atteint 30°. On a chauffé le mélange au bain-
marie pendant 1/4 d'heure. La solution étliérée, séparée du chlorure de sodium est distillée. Elle
se décompose en majeure partie, et on recueille
seulement 1 g. de produit, Ebi5=210-220° qui cris¬
tallise partiellement au bout d'une année. Le dis¬
tillât est exempt de chlore et est, vraisemblable¬
ment de l'acide pinique impur. Le résidu de la
distillation devant contenir l'anhydride polymolé-
culaire contenait tellement de produits de décom¬
position qu'il n'a pas été possible d'en retirer, mê¬
me sous un vide très poussé de l'ordre du 1/10e
de mm. un produit défini.
3° Par action de l'oxyde d'argent sur le chlorure
de pinoyle. — Nous avons chauffé en tube scellé
au bain-marie 5 g. de chlorure de pinoyle avec 5 g. d'oxyde d'argent soigneusement desséchés, au sein de benzène anhydre; mais aucune réaction ne
se produit, quelle que soit la durée du chauffage,
et on récupère tout le chlorure mis en réaction.
Devant ces échecs, nous nous sommes adressés alors aux dérivés azotés de l'acide pinique.
II. Cyclisation par formation d'amide, d'anile, d'anisidilje:
1° — La diamide obtenu (c. f. ch. I. III, 3) a été chauffée à 100° sous vide; il n'y a pas de décom¬
position apparente, à cette température, et l'amide récupérée fondait au même point, F. 190°.
2°. La dianilide, F. 206° a été chauffée jus¬
qu'à 25i0° sans qu'il y ait de séparation d'aniline-
Chauffée à la même température, sous un vide
de 15 mm., il n'y a pas eu non plus départ d'ani¬
line et le produit récupéré fondait au même point,
F. 206°.
3°. — Chauffé dans les mêmes conditions que la dianilide, le dianisidide ne donne pas d'anisidile.
La fermeture de la chaîne de l'acide pinique ne peut donc être obtenue en s'adressant au corps de
la série des diamides.
III. — Essai de cyclisation du pinate neutre
d'éthyle
Puisque nous n'avions pas réussi à fermer la
chaîne hexacarbonée de l'acide pinique, en nous adressant à l'acide pinique lui-même ou à ses dé¬
rivés azotés, nous avons pensé avoir plus de chance
en essayant la condensation du pinate neutre d'é¬
thyle telle qu'elle fut réalisée sur l'adipate de dié- thyle.
C'est Dieckmann (26) qui a effectué le premier
la condensation de l'adipate d'éthyle, par l'inter¬
médiaire de l'éthylate de sodium, suivant la réac¬
tion
COOC2H5
CH2/ C02C2Hs
CH^/CH2
CH2
+C2H50Na^2C2H«0
CO
CH2/\
CH2
,CNa-C02C2H5
CH2
Bien que Dieckmann n'ait pas isolé l'ester (3-cé- tonique, il a pu en démontrer l'existence par la
formation d'un sel de cuivre, et par la caractéri-
sation de la cyclopentanone résultant de son dé¬
doublement : CO
CH2/\CHCOOC2H5
CH2! ICH2 -j-OH2 -> CO2 +C2HG0
CO
CH2/\CH2
CH2! ICH2 Bouveault (27) a effectué la même condensa¬
tion par le sodium et a pu isoler l'ester (3-cétoni- que; plus tard , Bouveault et Locquin (28) ont
amélioré le rendement en ester (3-cétonique en se servant, non plus de sodium, mais d'amidure de
sodium.
L'ester pinique, s'apparentant à l'ester adipique,
par la longueur de la chaîne carbonée devait aussi pouvoir se cycliser. Ostling (29) a essayé cette cy-
C00C2H5 CH ,COOC2H5
NH2Na CNa_C02C2H5
clisation au moyen du sodium, mais il n'a obtenu que des produits complexes qu'il n'a pas réussi à identifier; nous avons repris la même expérience.
— 16
BULLE1IN DE L'INSTITUT BU PIN — N° 26 - Février 193? 27
mais en mettant à profit les remarques de Bou-
veault et Locquin (28) et en employant l'amidure
de sodium au lieu de sodium métallique. Nous au¬
rions dû obtenir la réaction donnée ci-dessus; l'ester (3-cétonique formé par la cyclisation pouvait
être décelé facilement, au moyen de la réaction
colorée bien connue que ce genre de composés don¬
nent aveo le perchlorure de fer.
Technique opératoire. — Nous avons opéré de
la façon suivante : dans un ballon à 3 tubulures,
muni d'un réfrigérant ascendant et d'un agitateur,
nous avons introduit 1/20e de molécule, soit 12 g.
de pinate d'éthyle et 10 g. de benzène préalable¬
ment distillé sur sodium; nous avons ajouté, en deux portions, 2 g. d'amidure de sodium finement pulvérisé. Nous avons chauffé doucement le mé¬
lange au bain-marie; il brunit, puis il se forme une bouillie épaisse et il est nécessaire d'agiter énergi- quement en ajoutant la deuxième portion de l'ami¬
dure; la durée du chauffage a été de 2 heures et,
le dégagement d'ammoniac n'étant pas terminé,
nous avons abandonné le mélange pendant une nuit. Le lendemain, tout était pris en une masse compacte; nous avons chauffé à nouveau pendant
3 heures, temps au bout duquel il n'y avait plus
de dégagement d'ammoniac. Nous avons refroidi
le mélange, puis détruit le dérivé sodé par addi¬
tion de glace pilée; nous avons acidifié le liquide
par de l'acide chlorhydrique à 10 % préalablement refroidi, et extrait la solution au benzène (3 épui¬
sements). Les extraits benzéniques sont lavés une fois avec un peu d'eau, puis séchés sur du sulfate
de sodium anhydre, et le benzène a été éliminé par distillation dans le vide.
Nous avons alors traité le résidu par une solu¬
tion de potasse à 10 % refroidie à 0° et extrait le mélange obtenu par trois épuisements à l'éther.
L'extrait éthéré contenait du pinate neutre n'ayant
pas été touché par la réaction, mais nous n'avons
pu y déceler de trace de cétone provenant de l'hy¬
drolyse de l'ester (3-cétonique suivant la réaction :
CH^hV >CH-CQ2c2H5l^lçH!<r >CH'
CH CM
La solution alcaline restante a été versée dansde
l'acide chlorhydrique étendu à 10% et préalablement refroidi, puis extraite à l'éther (3 épuisements successifs). La solution éthérée a été agitée avec
une solution saturée de carbonate de sodium, de manière à en éliminer le pinate acide d'éthyle for¬
mé au cours de la réaction; la solution aqueuse est décantée; la solution éthérée est lavée une fois
avec un peu d'eau, séchée sur sulfate de sodium anhydre, puis distillée; après distillation de l'éther,
il ne restait dans notre ballon aucune trace de pro¬
duit. Il n'y a donc pas eu de formation d'ester (3- cétonique dans la réaction puisque nous n'avons
pu isoler ni l'ester (3-cétonique lui-même, ni la cé¬
tone provenant de sa décomposition.
Afin de contrôlerd'efficacité de l'amidure de so¬
dium employé dans notre opération, nous avons effectué la même réaction sur de l'adipate d'éthyle
mis obligeamment à notre disposition par M. le
Professeur Sommelet, et nous avons bien séparé
l'ester (3-cétonique correspondant ainsi que de la cyclopentanone. Nous ne pouvons donc, devantles
résultats négatifs obtenus dans le cas du pinate d'éthyle, accuser notre façon personnelle d'opérer,
mais bien la résistance à la cyclisation de la chaî¬
ne pinique.
IV. — Déshydratation du glycol s bitertiaire
dérivant de l'acide pinique : diméthyl-5-5 dié- thyl-3-8 dihydroxy-3-8 épiméthylène 4-6 décane :
C2H3 I CH3 -CH2—C— HC<
1 2 3 | 4 OH
C(CH3)2
CH2
C2H5
>CH—CH2— C -CH2—CH3
6 7 8 | 9 10
OH
En possession du glycol bitertiaire impur obtenu précédemment (c. f. ch. I, III, 4) par action du bro¬
mure d'éthyle magnésium surles diesters piniques,
nous pouvions envisagerplusieurs mécanismespour
sa déshydratation.
L'un d'eux (1). conduisant à une cétone par l'in¬
termédiaire de la formation d'un époxyde, aurait
mis en évidence la constitution cis de l'acide pini¬
que et résolu ainsi le problème que nous poursui¬
vions vainement depuis le début de ce travail.
— 17 —
28 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N° 26 - Février 198?
Mécanismes de déshydratation
a) Spécial à la forme cis : C2H3
c2h5"
v*ch3: ce2
i>v
c
^ -c
c2h5" ch3 ch2
c i
_c2h3 à]2H5
ch'
ch3 ch2
c2hlc=0 ch3 I c
, I*
ch
c2h5 c~c2h5
ch^Vhs
*• C'
"
ch2 r 6)Communaux formes cisettrans.
ch3
c2H\
,5>ç
c2h:
ACH3
ch-dh-c
/CfH2u5
oh h ch2 h
1-1h20
l \ r2u5 oh
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C2hs \
a. /c2h5
, r >c-CH<ch3>ch-ch=c(
^
7ÔH V V
t2H5hn
c2h5 c2h5
>c=c
CH"
cfe
ch-ch2- -2h2qch m
-Ç<
oh 2H5 c h c2WSh
c2h6 c2h5
>c=c
ch3
"ch-M
ch2
BZ
/c2h3
ch-ch=c< 9 , c h3
Nous avons employé, pour effectuer la déshydra¬
tation, soit la ponce sulfurique, soit l'acide naph-
talène (3-sulfonique.
1° Déshydratation du glycol bitertiaire sur la
ponce sulfurique. — Dans un petit ballon à dis¬
tiller de 50 cm3, nous avons introduit 8 g. de gly¬
col Eb»2=180o-190° provenant de l'ester diisopro- pylique et quelques grains de ponce sulfurique;
nous avons chauffé au bain d'huile, à 120°; la dés¬
hydratation s'effectue dans ces conditions, et on aperçoit des gouttelettes d'eau qui viennent se con¬
denser dans la tubulure latérale du ballon à dis¬
tiller; on fait ensuite le vide dans l'appareil et dis¬
tille le produit; on obtient un liquide
Eba2=14;0'°-
150°, beaucoup plus fluide que le produit initial.
Nous l'avons purifié par entraînement à la vapeur, suivie d'une distillation; la majeure partie du pro¬
duit distille alors à Ebis—135° Eb22=149°-150°; c'est un liquide légèrement jaunâtre; présentant
les caractères d'un dérivé éthylénique; il fixe le
brome en donnant une belle coloration bleue, il donne avec le chlorure d'antimoine en solution
chloroformique une coloration rouge vif qui brunit
avec le temps. Les rendements de la déshydrata¬
tion étant seulement de l'ordre de 50 %, nous nous sommes adressés à un déshydratant plus énergique
et moins brutal, l'acide naplitalène (3-sulfonique.
2° Déshydratation du glycol bitertiaire par Vaci¬
de naphtalène Pj-sulfonique. — Nous avons suivi la
technique indiquée par M. Janot (30) pour la dés¬
hydratation du sclaréol.
Nous avons chauffé à fusion, dans un ballon à
distiller équipé pour une distillation dans le vide
0 g. 1 d'acide naphtalène (3-su!fonique; après re¬
froidissement, nous avons ajouté dans le ballon
2 g. 4 de mélange glycol-carbure, Eb2=120°-130°
provenant de l'ester diéthylique et chauffé
pendant
1/1 d'heure à 150°; il y a ainsi déshydratation;
nous avons alors mis l'appareil en communication
avec la trompe et distillé. Nous avons recueilli
1 g. 7 d'un produit Eb22=148°; les rendements sont
du même ordre que ceux obtenus avec la ponce sulfurique.
Une opération semblable effectuée sur 7 g. de
mélange glycol-carbure Eb2=120°-130°, et en dimi¬
nuant la durée de chauffage à 10 minutes, nous a donné 4 g. de produit Eb22=147°-150°.
Nous avons purifié les 5 g. 7 de produit ainsi
obtenu par agitation de sa solution éthérée avec
de l'eau, puis avec une solution de carbonate de
sodium, et nouveau lavage à l'eau jusqu'à neutra¬
lité au tournesol. Après séchage de la solutionéthé¬
rée sur du sulfate de sodium anhydre, nousavons effectué la distillation du produit, avec un appareil
muni d'une colonne à pointes; nous avons fait
deux distillations successives. Nous avons obtenu ainsi Eb22=149°-150°, 4 g. 3, malgré cette double
rectification, le produit. est légèrement coloré en jaune.
Il est inactif sur la lumière polariséece qui pour¬
rait être l'indice soit d'une racémisation, soit d'une déshydratation suivant le schéma IV :
— 18 —
BULLE1IN DE L'INSTITUT EU PIN — N° 26 ■ Février 193? 29
c'.k'-ch-c
C H2w5 2u5
. CH'
c h
mais avec disparition des atomes de carbone asy¬
métriques, par suite de l'ouverture du noyau cy- clobutanique pouvant conduire à :
cm3 g h
\p- CH ch ch
/cjjl5
\c2h5
CH?/\cir
ou bien à : cm3
>c= ch cm3
ch= c —cil=
^CHfCH3 '\c2h!i
Avant d'en faire l'analyse, nous avons soumis
les 4 g. 3 à un entraînement à la vapeur, le pro¬
duit est encore légèrement coloré en jaune, distillé
à nouveau il passe à 149°-150° sous 22 mm. sans laisser de résidu.
Microanalyse. — Substance : 4 mg. 820; C02= 14 mg. 685; H20—5 mg. 31»; C %=83,09; H %—
12,34.
'Ces résultats correspondraient à un composé de
formule C22H440, comme nous ne pouvions en ex¬
pliquer la formation, nous avons plutôt pensé que
notre produit, bien que distillant à point rigou¬
reusement fixe contenait encore du glycol. Pour
l'en débarrasser, nous avons préparé l'ester borique
à partir de 2 g. de mélange, en plaçant dans un
ballon à distiller 2 g. d'acide borique en présence
du produit. On chauffe pendant 1/2 heure aux en¬
virons de 100i°, puis on fait le vide et distille; seul
le carbure passe, le carbinol estretenu à l'état d'es¬
ter borique qui reste dans le ballon; on a ainsi
recueilli :
1 g. 3 Ebss—148°-149°
et qui correspond au carbure pur :
Microanalyse. — Subst. : 5 mg. 016; CO2 :
15 mg. 873; H20 : 5 mg. 856; Trouvé, C
%=86,49;
H c'c—13,06: Calculé pour C17H30 : C—87,09; H— 12,91.
Le carbure donne avec le brome chloroformique
une coloration bleue, puis verte, et avec le penta-
chlorure d'antimoine en solution chloroformique
une coloration rouge vif.
La déshydratation du glycol bitertiaire obtenue
par action du bromure d'éthyle magnésium sur le pinate neutre d'éthyle ou sur le pinate d'isopro- pyle s'est donc effectuée suivant le mécanismeIV
(c. f. IV, 2) valable ausi bien pour la forme cis
que pour la forme trans, ce qui ne nous éclairait
pas d'une façon définitive sur la constitution que
nous essayions d'établir.
Essais d'isomérisation de l'acide pinique
Puisque nous avions échoué dans la fermeture
de la chaîne hexacarbonée de l'acide pinique, par les processus précédents, nous avons pensé que
nous nous trouvions peut-être en présence de la
modification trans. Ne pouvions-nous pas, dès lors,
passer de laforme trans à la forme cis, par un pro¬
cédé d'isomérisation ?
En examinant les travaux relatifs à l'isomérisa- tion d'acides dont la constitution est voisine de celle de l'acide pinique, deux ont retenu notre at¬
tention : celui de Hans Bode, et celui de Schoppee
et Simonsen.
Hans Bode (24) a réussi, dans le cas de l'acide cyclobutane dicarbonique à transformer la forme
trans en forme cis par une simple ébullition à re¬
flux, en présence du chlorure d'acétyle qui joue
en même temps que le rôle d'agent isomérisant, ce- liu de déshydratant et conduit ainsi à l'anhydride
de la forme cis. Mais nous avons vu qu'à partir de
l'acide pinique nos prédécesseurs ni nous-mêmes
n'avons pu obtenir d'anhydride par ébullition avec
le chlorure d'acétyle.
L'autre part, Schoppee et Simonsen ont
réussi
à transformer l'acide norpinique trans, obtenu syn- thétiquement par Kerr (c. f. Intr.) en
le chauffant
avec de l'anhydride acétique à 220°; ils obtiennent
ainsi un anhydride cis norpinique F. 135° qui, par digestion avec l'eau donne
l'acide cis norpinique
F. 173°-175° ayant les mêmes constantes physiques
que l'acide provenant de l'a
pinène.
Partant de l'hypothèse que notre acide était
trans, nous avons essayé de l'isomériser en sa for¬
me cis par le même procédé que celui utilisé par Schoppee et Simonsen. Nous avons
chauffé
pen-30 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N°26 - Février 1937
dant 2 heures à 190°, en tube scellé 5 g. d'acide pinique avec 20 cm3 d'anhydride acétique. Nous
avons ainsi obtenu une masse noire fortement dé¬
composée qui soumise à la distillation ne nous a donné que des résines.
Nous avons recommencé plusieurs fois l'essai,en modifiant la durée du chauffage et la température;
nous n'avons isolé que de l'acide pinique non transformé, pur, ou de l'acide pinique à côté de
résines.
BIBLIOGRAPHIE
23. A. Basyer. — Ber., 29 (1896), 328.
24. Hill. — J. Am. Soc., 52 (1930), 4111.
25. Farmer, Ivracowski. — J. Chem. Soc. (1927), 681.
26. Dieckmann.— Ber. d. chem. Gesells., 27 (1894),
402.
27. Bouveault. — Bull. Soc. Chim., 21 (1899) 1019
28. G. Bouveault et Locquin. — Bull. Soc. Chim.,
3 (1908), 437.
29. G. Ostling. — Oversikit Finska Vetenskaps Soc., 57 [A], n° 23.
30. M. Janot. —- Thèse de Doctorat ès-sciences.
Paris (1932).
31. Hâns Bode. — Ber. d. chem. Geselss., 67 (1934)
332.
CONCLUSIONS
Des faits expérimentaux qui précédent, nous voyons que l'acide pinique montre une résistance particulière à la cyclisation et nous concluons que l'acide pinique obtenu par l'oxydation de l'acide pinonique en milieu alcalin doit avoir la constitu¬
tion trans.
Cette conclusion, peut-être un peu prématurée, s'appuie sur les considérations théorique suivantes.
Nous avons eu déjà l'occasion de dire que l'aci¬
de pinonique cis sous l'action des alcalis s'isomé-
rise en acide trans, et au bout d'un temps très court
on n'est plus en présence que d'un mélange en
équilibre des deux formes : la rotation initiale
d'une solution à 9 g. 2 % d'acide [a]D=+88° est
descendu de 10°34' à 5°10', en moins d'une heure
(M. Delépine (17)) ses caractères physiques sont modifiés, de solide bien cristallisé, l'acide est de¬
venu liquide (solution de la forme cis solide non isomérisée dans l'acide trans liquide).
Pour effectuer l'oxydation de l'acide pinonique
en acide pinique on prépare suivant la technique
de Bsever une solution d'acide pinonique dans de
la lessive de soude. L'acide est donc déjà isomé-
risé et n'est plus qu'un mélange en équilibre des
deux formes. Pour éviter cette isomérisation préa¬
lable, nous avons dissous l'acide pinonique dans
une solution de carbonate de sodium, qui, nous l'avons déjà vu, est sans action sur l'acide pino¬
nique; l'une et l'autre de ces solutions est versée dans un milieu très fortement alcalin où l'isoméri- sation doit se produire avant même que l'acide ait
été oxydé; on peut penser alors que la forme pino¬
nique trans sera oxydée la première, d'où rupture
de l'équilibre entre les deux formes et isomérisa¬
tion d'une nouvelle quantité d'acide cis non encore
oxydée.
CH3 CO
CH<
CH3 COOH
I |
C CH2
1\
|
CH3 \ I
;CH
cru CH3
io A 4>
CH/ GH3 \CH
CH2
Acidepinonique cis
CH2 CH2 I COOH Acidepinoniquetrans.
En définitive, l'oxydation porte sur l'acide pino¬
nique trans; les deux chaînons sont oxydés dans
les positions qu'ils occupent, et il est peu vrai¬
semblable qu'il y ait ensuite un réarrangement
moléculaire pouvant conduire à l'acide pinique
cis. C'est seulement au moment de l'extraction de l'acide, en milieu sulfurique très dilué qu'on pourrait à la rigueur concevoir un retour à la for¬
me cis, retour qui ne pourrait en aucune manière
être quantitatif.
Une autre explication pourrait être la suivante :
en milieu alcalin, il y aurait énolisation de la fonc¬
tion cétone des acides pinoniques cis et trans; com¬
me le met en évidence la représentation tétraédri-
que, cette forme saline et énolique se trouve être obligatoirement commune à l'acide cis aussi bien qu'à l'acide trans.
BULLE1IN DE L'INSTITUT EU PIN — N° 26- Février 193? 31
1"
CH-CO2Na
A partir de cette forme commune, le brome fournit
C(CH3)2
CBr\c,c/y9
HO/v
CH2 \CH2OPNi
d'où la soude sépare le bromoforme en donnant
NaO C(GH3 M
HQ//C
"G clpGXsGH2C02Na
Ce sel énolisé, aboutissant commun des deux acides pinoniques stéréoisomères, va fournir, en milieu acide, par disparition de la double liaison
et rotation du tétraèdre carboxylique, soit l'acide pi- nique cis (rotation autour de (S), soit l'acide pini¬
que trans (rotation autour de a).
CO2H
CO H
On peut supposer alors que la rotation autour
de [3 qui entraînerait le rapprochement spatial des
deux carboxyles sera inhibé par leur répulsion électrostatique; tout au contraire, la rotation au¬
tour de a sera favorisée par cette répulsion; on obtiendra donc par libération de l'acide unique¬
ment la forme trans c cir
h00c\r/\r/h
h/ xn/ \chs
ch2
Lorsqu'il s'agit de l'acide pinonique où le grou¬
pe CH3-CO oppose une négativité plus faible que le carboxyle, il y a coexistence des deux formes.
En fait l'acide pinique obtenu par ces oxyda¬
tions en milieu fortement alcalin cristallise très difficilement, et jamais d'une façon complète ce
qui est en faveur de l'hypothèse de la constitution trans, puisque dans la série toute voisine de l'acide pinonique, l'acide cis seul cristallise facilement et
l'acide trans est liquide.
Jusqu'à ce que de nouveaux faits expérimentaux
viennent infirmer notre hypothèse, nous penserons donc que l'acide pinique obtenu par oxydation al¬
caline de l'acide pinonique réjîond à la constitu¬
tion trans, hypothèse qui semble s'accorder avec les échecs que nous avons rencontrés au cours de
ce travail dans nos essais de fermeture de la chaî¬
ne hexagonale de l'acide pinique.
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co h
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COMPOSES NOUVEAUX
C(CH3)2
Cl — co - ch/\ch — cil2 — COC1 CH;
Pinale neutre d'isopropyle
CH\
C(CH3)2
ch3J>CH - OOC — CH< >CH—CH2COO—
CH-^
xci x'
CH ^CH3
Pinate neutre d'isobutyle
CH3 C(CH3)2
NCH — CH2—
00CCH<f ^CH
—CH2COO— CH2— CH/CH3
Diamide
CH2
C(CH3)2
HsNO'C —
CH^CIl3
—CH2
—CONH5
CH2
CH3 CH
Dianilide
C(CH3)2
C6H — NH — CO — CH/^CH — Ctl — CONH — C6H5
Dianisidide
CH2
C(CH3)!
CH30-
C°H4—NH—CO-CH<XX>—CH—CH2—CO—NH
—C6H4OCH®CH2
Diméthyl-5-5 diéthyl 3-8 dihydroxy 3-S épiméthylène
4 6 décane.
C2H\
QCH3)2
J3>C— CH< >CH — CH2— C<
C2H5/
CHS SC2H5
OH ^lJ~ ÔH
Diméthyl 5-5 diéthyl 3-8épiméthylène 4-6décanediène^S-7.
C2H\
)
,C2H5>C.= C< )CH — CH= c<
5/ XC2IP
C2H5'