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UPMC 2M220 Arithmétique et algèbre 2017-2018

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Academic year: 2022

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UPMC 2M220 Arithmétique et algèbre 2017-2018

Sous-corps d’un corps fini

L’objectif de ce document est de décrire précisément quels sont les sous-corps d’un corps finiFq, avecq = pretpun nombre premier. SoitK un tel sous-corps, qui est donc en particulier fini de cardinaln. L’inclusion de groupes additifs

K ,−→ Fq

dit, par le théorème de Lagrange, quendivisepr. On peut donc écrirensous la forme n = pk ,

aveck compris entre1 etr. On a également une inclusion des groupes multiplicatifs K× ,−→ F×q ,

et l’on sait queK× est de cardinaln−1 = pk−1. Le théorème de Lagrange dit alors quepk−1divisepr−1. On va montrer quek divise alorsr. Pour cela, on considère le groupeG = Z/ pk−1

Z×

, dans lequelpest d’ordrek. En effet, simest un entier naturel compris entre1 etktel que l’on ait

pm ≡ 1 modpk−1 , alorspk−1 divisepm−1. En particulier, ces deux entiers étant positifs, on a

pk−1 ≤ pm−1 . Commemest inférieur ou égal àk, on a aussi

pm−1 ≤ pk−1 ,

ce qui donne finalementpk−1 = pm−1, c’est-à-direk = m, ce qui montre bien quepest d’ordrekdansG. On a de plus pr ≡ 1 modpk−1

par ce qui précède, donc l’ordre depdansG, qui vautk, diviser. Le corpsKest donc de cardinalpk aveckdivisantr. Par unicité, il est isomorphe àFpk.

Réciproquement, on va montrer que pour tout diviseur positifkder, il existe un unique sous-corps deFq de cardinalpk. On se donne donc un diviseur positifkder. On écrit r = nkavecnun entier naturel. On pose

K = n

x∈Fq, xpk = xo .

On peut alors vérifier queKest bien un sous-corps deFq. Il s’agit maintenant de montrer qu’il est de cardinalpk. Pour cela, on commence par remarquer que le polynômeXq−X est scindé à racines simples sur Fq. En effet, on sait qu’il possède au plusqracines dansFq, car il est de degréq etFq est un corps, et on sait que lesqéléments deFq en sont des racines.

On va donc montrer queXpk−X diviseXq−X, ce qui montrera que le premier de ces deux polynômes est également scindé à racines simples surFq. On a

pr−1 = pnk−1 = pkn

−1 = pk−1

pk(n−1)+pk(n−2)+· · ·+pk+ 1 , ce qui donne alors

Xpr−X = X Xpr−1−1

= X

X(pk−1)(pk(n−1)+pk(n−2)+···+pk+1)−1

= X

Xpk−1pk(n−1)+pk(n−2)+···+pk+1

−1

= X

Xpk−1−1 X(pk−1)(pk(n−1)+pk(n−2)+···+pk) +· · ·+Xpk−1+ 1

=

Xpk−X X(pk−1)(pk(n−1)+pk(n−2)+···+pk) +· · ·+Xpk−1+ 1 .

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Ceci montre queXpk−X diviseXpr−X dansFq[X]. Le polynômeXpk−X étant alors scindé à racines simples surFq, il admet exactementpk racines distinctes dansFq, ce qui montre queKest de cardinalpk.

Il reste enfin à montrer queKest l’unique sous-corps deFq de cardinalpk. SoitK0 un sous-corps deFq de cardinalpk. Soitxun élément de K0. Sixest nul, on axpk = 0 = x, et sixest non nul, le théorème de Lagrange donnexpk−1 = 1, ce qui donnexpk = x. Les éléments deK0 sont donc tous dansK. Par égalité des cardinaux, on a bien K = K0, ce qui donne l’unicité voulue.

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