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Diagonalisation – DM1 PeiP (2019) – Correction

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Exercice 1. [⋆] Dites si les ensembles suivants sont desC-espaces vectoriels et si oui donnez leur dimension et leur base.

1. E= {z∈C,∣z∣ ≤1}; 2. E=Triang+n(C);

3. E l’ensemble des polynômes P∈Cn[X] tels que P(0) =0.

Correction :

1. L’ensembleEcorrespond au disque fermé. On voit que 1∈E. Cependant, pour λ=2 ∈C, on a λ⋅1=2 ∉E.

DoncE n’est pas unC-espace vectoriel.

2. Remarquons que pour une matrice triangulaire supé- rieure complexeM = (mij)1≤i,j≤n, on a :

M= ∑

i≤j

mijEij.

Réciproquement une telle matrice est clairement une matrice triangulaire complexe.

On sait que 0∈E. De plus, pour M, T ∈E etλ∈R, alors :

(λ⋅M+T) =λ∑

i≤j

mijEij+ ∑

i≤j

tijEij = ∑

i≤j

(λmij+tij)Eij,

où λmij +tij ∈ C pour tout i, j. Donc λ⋅M +T est bien triangulaire supérieure : E est un sous-C-espace vectoriel deMn(C). Il s’agit donc d’unC-espace vec- toriel.

On a déjà vu que (Eij)1≤i≤j≤n générait E. Comme il s’agit d’une sous-famille de la base canonique de Mn(C), elle est libre. Ainsi c’est une base.

(2)

Correction :

2. On vient par ailleurs de montrer que E était de di- mension :

d =

n

i=1 n

j=i

1=

n

i=1

(n−i+1) =n(n+1) −

n

i=1

i

=n(n+1) − n(n+1)

2 = n(n+1) 2 .

3. On voit queE contient le polynôme nul. Soitλ∈Cet deux polynômesP etQdeE. Alorsλ⋅P+Q∈Cn[X].

De plus, on a

(λ⋅P+Q)(0) =λP(0) +Q(0) =0.

Donc (λ⋅P +Q) ∈ E implique que E est un sous-C- espace vectoriel deCn[X].

On voit qu’un polynôme de la forme ∑ni=1piXi, avec pi∈Cpour touti, appartient àE. Cela nous incite de prendre la famille(Xi)1≤i≤ncomme base deE. Comme il s’agit d’une sous-famille de la base canonique de Cn[X], elle est libre. Par ailleurs, siP = ∑ni=0piXi est un élément de E, alorsP(0) =p0=0, ce qui donne le fait que cette famille est aussi génératrice : c’est bien une base.

On a donc montré queE est de dimensionn.

Exercice 2. [⋆⋆]Dites si les ensembles suivants sont desR-espaces vectoriels et si oui donnez leur dimension et leur base.

1. E= {a+b√

2, a∈Q, b∈Q}; 2. E=R∖ {π};

3. E= M2(C);

4. E l’ensemble des polynômes P∈R1[X] tels que P(0) =P(1) =1; 5. E= {a+b√

2, a∈Q, b∈R}.

(3)

Correction :

1. On sait que 1 ∈ E. Montrons que √ 3 =

3⋅1 ∉ E.

Supposons par l’absurde qu’il existe a, b ∈ Q tel que

3=a+b√

2. Dans ce cas, en élevant au carré, on a : 3= (a+b

2)2 =a2+2b2+2ab

√ 2.

Siaetbsont non nuls, on aurait alors que

2∈Q, ce qui est impossible. Si b=0, on aurait que √

3∈Q, ce qui est aussi impossible. Donc a=0, ce qui implique par la dernière égalité que3=2b2, ce qui là-encore est inconcevable.

Finalement√

3∉E etE n’est pas un R-espace vecto- riel.

2. On sait que 1∈ E. Or π⋅1 ∉E, avec π ∈ R. Donc E n’est pas unR-espace vectoriel.

3. Comme M2(C) est un C-espace vectoriel, on sait queM2(C)est unR-espace vectoriel. On montre que la famille (E11, E12, E21, E22, iE11, iE12, iE21, iE22) est une base deE(laissé au lecteur). DoncE est unR- espace vectoriel de dimension 8 (alors que c’est aussi unC-espace vectoriel mais de dimension 4).

4. On remarque que le polynôme 0n’est pas dans E. Ce n’est pas unR-espace vectoriel.

5. On voit que pour tout x∈R, on a : x=0+ x

√ 2

√ 2, avec a=0∈Qet b=x/

2∈R. Donc x∈E. On vient ainsi de montrer queE =R. Donc E est un R-espace vectoriel de dimension 1 (dont une base est donnée par {1}).

(4)

Exercice 3. [⋆] On définit l’application :

u ∶ R4 → R3

(x, y, z, t) ↦ (x, y−z, y−t) 1. Montrez que u est une application linéaire de R4 dans R3.

2. On note C la base canonique dans R4 et la famille de vecteurs B dans R3 suivante :

e1= (1,1,0), e2= (−1,1,0) ete3= (1,0,1).

Montrez que B est une base deR3.

3. On définit la matrice M de u dans les bases C et B. Dans quel espace vit M? Donnez M.

4. Est-ce queu est surjective, injective, bijective ? Correction :

1. SoitX= (x, y, z, t)etX= (a, b, c, d) deux éléments de R4. Soitλ∈R. On a alors que :

u(λX+X) = (λx+a, λy+b− (λz+c), λy+b− (λt+d))

=λ(x, y−z, y−t) + (a, b−c, b−d) =λu(X) +u(X). On a donc montré queuétait une application linéaire de R4 dansR3.

2. On sait queB est de cardinal3=dimR3. Cependant, pour tout (x, y, z) ∈R3, on voit que :

(x, y, z) = x+y−z

2 e1+z+y−x

2 e2+ze3. DoncB génèreR3. Par égalité de la cardinalité de B avec la dimension deR3, on sait que B est une base.

(5)

Correction :

3 La matriceMest de taille3×4: elle vit dansM3,4(R).

On voit que

u(ε1) = (1,0,0) = 1

2(e1−e2); u(ε2) = (0,1,1) =e2+e3; u(ε3) = (0,−1,0) = −1

2(e1+e2); u(ε4) = (0,0,−1) = 1

2(e1−e2−2e2). Finalement, on a que :

M =

1/2 0 −1/2 1/2

−1/2 1 −1/2 −1/2

0 1 0 −1

=1 2

1 0 −1 1

−1 2 −1 −1 0 2 0 −2

⎠ .

4 Prenons(a, b, c) ∈R3. On voit que : u(a,0,−b,−c) = (a, b, c). Doncu est surjective.

De plus on voit queu(0,1,1,1) =0. Doncun’est pas injective. Finalementu ne peut pas être bijective.

Remarque. Si u était bijective, alors dimR4=dimR3, ce qui est faux. Donc on pouvait déjà dire que u ne pouvait pas être bijective, sans avoir étudié sa surjectivité ou son injectivité.

Exercice 4. [⋆] Parmis les applications suivantes, listez lesquelles sont li- néaires. Dans ce cas, donnez leur matrice et dites si elles sont injectives, sur- jectives ou bijectives. Sinon justifier.

1. u1 ∶R2→R2 ; (x, y) ↦ (−y, x);

(6)

2. u2 ∶R2→R ; (x, y) ↦x2y; 3. u3 ∶R→R3 ; x↦ (x, 2x, 3x);

4. u4 ∶R4→R3 ; (x, y, z, t) ↦ (x−t, y−t, z−t).

Correction :

1. L’application u1 est linéaire. En effet, pour tous vec- teurs X = (x, y) etX = (a, b) dans R2 et pour tout λ∈R, on a :

u1(λX+X) = (−λy−b, λx+a)

=λ(−y, x) + (−b, a) =λu(X) +u(X).

Dans la base canonique, la matrice deu1 est : M = (

0 −1 1 0 ),

vu queu1(1,0) = (0,1) etu1(0,1) = (−1,0).

Comme detM =1≠0, on sait que M est inversible : u1 est bijective.

2. L’applicationu2 n’est pas linéaire. En effet, on a pour X= (1,1) etλ=2 :

u2(λX) =4≠2=λu(X).

3. On voit rapidement que pour x, y∈Retλ∈R: u3(λx+y) =λu3(x) +u3(y).

La matrice deu3 dans les bases canoniques est :

M =

⎝ 1 2 3

⎠ .

(7)

Correction :

On voit que si x∈kerf, alors 0=u3(x) = (x,2x,3x) implique que x = 0 : u3 est injective. Comme on a dimR≠dimR3,u3 ne peut pas être bijective et donc pas surjective.

4. L’applicationu4 est linéaire. En effet, prenons les vec- teursX= (x, y, z, t)etX= (a, b, c, d)et un scalaire λ∈R. Alors on a :

u4(λX+X) =

λx+a− (λt+d) λy+b− (λt+d) λz+c− (λt+d)

⎝ x−t y−t z−t

⎠ +

⎝ a−d b−d c−d

=λu4(X) +u4(X).

On a u41) = (1,0,0), u42) = (0,1,0), u43) = (0,0,1) etu44) = (−1,−1,−1). Ainsi la matrice de u4 dans les bases canoniques est :

M=

1 0 0 −1 0 1 0 −1 0 0 1 −1

⎠ .

Comme dimR4 ≠dimR3, on sait que u4 n’est pas bi- jective (on le voit aussi par le fait que M ne soit pas carré). De plus, si(x, y, z) ∈R3, alors :

u4(x, y, z,0) = (x, y, z),

ce qui donne la surjectivité deu4. Commeu4 n’est pas bijective mais surjective, on sait que u4 ne peut pas être injective.

(8)

Exercice 5. [⋆ ⋆ ⋆] On définit l’application : Tr ∶ Mn(R) →R ; M↦

n

i=1

mii.

1. Montrer queL est une application linéaire de Mn(R) dans R.

2. Pour cette question (et seulement cette question) on se place dans le cas n=2. Donner la matrice de Tr dans les bases canoniques.

3. Rappelez les dimensions deMn(R) et de R. 4. Est-ce que Tr est surjective ? injective ? bijective ? 5. Exprimerker(Tr). Donner sa dimension et une base.

Correction :

1. SoitM etN deux matrices etλ∈R. On a alors : Tr(λM +N) =

n

i=1

(λM+N)ii=

n

i=1

λmii+nii

n

i=1

mii+ ∑

i=1

nii=λTr(M) +Tr(N). Donc l’application Tr est linéaire.

2. On voit que Tr(E11) =1, Tr(E12) =0, Tr(E21) =0 et que Tr(E22) = 1. Donc la matrice de Tr pour n = 2 dans les bases canoniques estM at= (1 0 0 1). 3. On a dimMn(R) =n2 etdimR=1.

4. L’application Tr est surjective. En effet, on voit que pour tout x∈R:

Tr(x nIn) =

n

i=1

x n =x.

(9)

Correction :

Cependant elle n’est pas injective. Si on considère une matriceP telle que ses composantes soient toutes nulles sauf en p1n, on a que Tr(P) =0. Donc Tr n’est pas injective.

Elle n’est ainsi pas bijective. En fait comme les deux espaces de départ et d’arrivée n’ont pas même dimen- sion, on peut en conclure que Tr n’est pas bijective (et de surcroît pas injective).

5. Soit M ∈ kerTr. Alors on a Tr(M) = 0, ce qui est équivalent à ce que :

mnn = −

n

i=1

mii.

Cela revient à : M =

n

i,j=1

mijEij =

n−1

i=1 n

j=1

mijEij+

n−1

j=1

mnjEnj

n

i=1

miiEnn,

ce qu’on peut réécrire comme étant : M =

n

i,j=1

i≠j

mijEij+

n−1

i=1

mii(Eii−Enn).

Ainsi la famille ((Eij)1≤i,j≤n

i≠j

,(Eii−Enn)1≤i≤n−1) est une famille génératrice dekerf.

Montrons qu’elle est libre. Soit (λi,j)1≤i,j≤n

i≠j

et (λii)1≤i≤n−1 des réels tels que :

0=

n

i,j=1

i≠j

λijEij+

n−1

i=1

λi(Eii−Enn).

(10)

Correction :

Par identification des coordonnées d’une matrice, on a λij = 0 pour tout i ≠ j. De plus on a λii = 0 et

n−1i=1 λii=0 (ce qui est immédiat). Donc tous les λij sont nuls, ce qui donne la liberté de la famille. Il s’agit donc d’une base. On a montré que :

dim(kerTr) =n2−1.

Exercice 6. [⋆ ⋆ ⋆⋆] Soitn∈N. On définit l’application :

L ∶ Rk[X] →Rk+1;P ↦ (P(0), . . . , P(n), P(0), . . . , P(n)), avec k=2n+1.

1. Montrer queL est une application linéaire de Rk[X] dans Rk+1. 2. Pour cette question (et seulement cette question) on se place dans le cas

n=0. Donner la matrice de L dans les bases canoniques.

3. Rappelez les dimensions de Rk[X] et de Rk+1. Est-ce que L peut être surjective ?

4. Montrer que si P ∈kerL, alors il existe (r1, . . . , rn) tel que P(ri) =0 pour tout i∈J1, nK, avecri∈]i−1, i[. Quel est le degré de la dérivée de P? Combien a-t-il de racines ? En déduire queP est nul.

5. Est-ce queL est injective ? surjective ? bijective ? Si oui, justifiez le.

On rappelle deux propriétés : Théorème 1. Théorème de Rolle

Si f est continue sur [a, b], dérivable sur]a, b[, avec f(a) =f(b), alors il existe c∈]a, b[ tel que f(c) =0.

Proposition 2. Soit P ∈R[X] de degré d.

Si P admet d+1 racines, alorsP est le polynôme nul.

(11)

Correction :

1. SoitP, Q∈Rk[X]etλ∈R. On a alors :

L(λP+Q)

= (λP(0)+Q(0), . . . , λP(n)+Q(n), λP(0)+Q(0), . . . , λP(n)+Q(n))

=λ(P(0), . . . , P(n), P(0), . . . , P(n)) + (Q(0), . . . , Q(n), Q(0), . . . , Q(n))

=λL(P)+L(Q),

ce qui permet de conclure queL est bien une applica- tion linéaire deRk[X] dansRk+1.

2. Si n = 0, alors k = 1. On sait que L(0) = (1,0) et L(X) = (0,1). Donc la matrice de L dans les bases canoniques est(1 00 1).

3. Comme dimRk[X] = dimRk+1 = k+1, L peut être surjective.

4. Sur les segments [i−1, i], avec i ∈J1, nK, on a pour P ∈ kerL que x ↦ P(x) est continue, dérivable sur ]i−1, i[ avec P(i−1) =P(i) =0. Par le théorème de Rolle, on sait qu’il existe un réel ri dans ]i−1, i[ tel queP(ri) =0. La dérivée deP a pour degrédegP−1 sidegP≠0 et−∞ sinon.

Supposons que P est non nul. Alors ce polynôme a un degré maximum valant k−1. Cependant on sait qu’il admet n+1 racines (étant les entiers plus petits que n car P ∈ kerL) ajoutées aux n racines qu’on a trouvées précédemment (qu’on a notées ri). Donc P admet au moins 2n+1 = k racines. Ce polynôme admet plus de racines que son degré et est non nul, ce qui est impossible d’après la Proposition rappelée.

DoncP=0.

5. On a montré que si P ∈ kerL, alors P = 0 ce qui revient à dire que P est constant. Comme P ∈kerL, on aP(0) =0, ce qui implique queP=0. L’application Lest injective. Comme dimRk[X] =k+1=dimRk+1, et que L est injective, on sait que L est surjective et bijective.

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