Exercice 1. [⋆]
1. SoitEunR-espace vectoriel de base(e1, . . . , en)etΦun produit scalaire sur E. Montrer que la matrice S = (Φ(ei, ej))i,j est sym´etrique, puis que les valeurs propres de S sont toutes strictement positives.
2. SoitS∈ Mn(R) sym´etrique. Montrer que l’application suivante est une forme bilin´eaire sym´etrique :
∀X, Y ∈Rn, Φ(X, Y) =XT S Y ∈R.
Correction :
1. Le premier point vient de la sym´etrie de Φ. Prenons λ une valeur propre de S `a laquelle on lui associe le vecteur propreV :
Φ(V, V) =
n
∑
i,j=1
vivjΦ(ei, ej) =VTSV =VT(λV) =λ
n
∑
i=1
vi2.
Comme V ≠ 0, on sait que ∑ni=1v2i > 0. Par ailleurs Φ est une forme d´efinie positive, ce qui implique que Φ(V, V) >0 (car V ≠0). Donc λ>0.
2. Soit X, Y etZ trois vecteurs de Rn etλ∈R. On voit tout d’abord que :
Φ(X, Y) =
n
∑
i,j=1xisijyj=
n
∑
i,j=1yjsijxi=
n
∑
i,j=1yjsjixi,
carS est sym´etrique.
On a montr´e que Φ(X, Y) =Φ(Y, X). L’application Φ est sym´etrique. De plus, on a :
Φ(λX+Z, Y) = (λX+Z)TSY =λXTSY +ZTSY
=λΦ(X, Y) +Φ(Z, Y).
Correction :
Enfin, on v´erifie que :
Φ(X, λY +Z) =Φ(λY +Z, X) =λΦ(Y, X) +Φ(Z, X)
=λΦ(X, Y) +Φ(X, Z),
par sym´etrie et lin´earit´e par rapport `a la premi`ere va- riable. On vient donc de montrer que Φ est une forme bilin´eaire sym´etrique surRn.
Exercice 2. [⋆⋆] On consid`ere l’espace vectorielE=R2[X]. 1. Montrer que l’application
Φ(P, Q) =P(0)Q(0) +P′(0)Q′(0) +P′′(0)Q′′(0) est un produit scalaire sur E.
2. Calculer l’orthogonal deF =V ect(X) dans (E, Φ). Correction :
1. Il est imm´ediat que Φ est sym´etrique et bilin´eaire : c’est une forme bilin´eaire sym´etrique. Soit P ∈E. Alors on a :
Φ(P, P) =P(0)2+P′(0)2+P′′(0)2≥0.
Donc Φ est positive.
Maintenant supposons que P=a2X2+a1X+a0 v´erifie Φ(P, P) =0 c’est-`a-dire :
P(0)2+P′(0)2+P′′(0)2 =0.
Il s’agit d’une somme de termes positifs qui est nulle : chaque terme est lui-mˆeme nul. Ainsi P(0) = 0 = a0, P′(0) =0=a1 et P′′(0) =0=2a2 impliquent bien que P est le polynˆome nul. Donc Φ est d´efinie positive.
Correction :
Finalement Φ est un produit scalaire.
2. SoitP =a2X2+a1X+a0un ´el´ement deF⊥.Cela signifie que Φ(P, Q) = 0 pour tout Q ∈ F. Cependant par d´efinition de F on sait queQ est de la forme λX. Par bilin´earit´e de Φ, on a λ Φ(P, X) = 0. Pour λ = 0, la relation est triviale. Si λ ≠ 0, cela implique que Φ(P, X) = 0. De la mˆeme fa¸con on montre que si Φ(P, X) =0, alorsP ∈F⊥.
Il nous reste plus qu’`a trouver les polynˆomesP tels que Φ(P, X) =0id est
0=a0×0+a1×1+2a2×0=a1. Ainsi on vient de montrer que
F⊥= {a2X2+a0, ∀a0, a2∈R} =V ect(1, X2).
Exercice 3. [⋆ ⋆ ⋆] (Turn around)
Le but de l’exercice est de trouver tous les points (x, y) ∈R2 tels que : x2+xy+y2+x+y=1. (1) 1. Montrer qu’il existe une matrice S ∈ M2(R) sym´etrique et une appli- cation lin´eaire L ∶ R2 → R tels que (x, y) v´erifie (1) si et seulement si
(x y)S(x
y) +L((x, y)) =1.
2. Trouver les valeurs propres de S.
3. Trouver une base propre orthonormale de S.
4. MettreS sous la formeS=P DPT avecP inversible etD= (
1/2 0 0 3/2).
5. On pose(s
t) =PT (x
y). Montrer que(x, y)v´erifie (1)si et seulement si
s2 2 +3t2
2 +
√ 2t=1.
6. On pose u=s/
√
2 etv=1/
√ 3 + t
√
3/2. Montrer alors qu’il existe un angle θ∈ [−π, π[ tel que :
u= 2
√
3cosθ etv= 2
√ 3sinθ.
7. En d´eduire que (x, y) v´erifie (1) si et seulement s’il existe θ∈ [−π, π[ tel que
⎧⎪
⎪
⎨
⎪⎪
⎩ x= √2
3 cosθ+2 sinθ−1
3 ,
y= − √2
3 cosθ+2 sinθ−1
3 .
8. Dessiner (`a main lev´ee) l’ensemble des points (x, y) qui v´erifient (1).
Correction :
1. Il suffit de poser L((x, y)) =x+y qui est bien lin´eaire et
S= ( 1 1/2 1/2 1 ). 2. Le polynˆome caract´eristique de S est :
χS= (1−X)2− (1/2)2= (3
2−X) (1 2−X). Donc les valeurs propres de S sont 1/2 et 3/2.
Correction :
3. On voit facilement que (1, −1) est un vecteur propre associ´e `a 1/2 et(1, 1)`a 3/2. Ils sont orthogonaux, mais pas norm´es. Il suffit de les normaliser pour avoir une base propre orthonormale deS :
B = (
√ 2
2 (1, −1),
√ 2
2 (1, 1)).
4. Comme S est diagonalisable, on sait que S =P DP−1 avec :
P =
√ 2
2 ( 1 1
−1 1). Cependant, on a :
P−1=
√ 2 2 (
1 −1
1 1 ) =PT.
On vient donc de trouver la d´ecomposition souhait´ee.
5. Tout d’abord on voit que : x=
√ 2
2 (s+t) et y=
√ 2
2 (−s+t).
Ainsi on a x+y=
√
2 t. De plus, on trouve que : (x y)S(x
y) = (x y)P DPT(x
y) = (s t)D(s t). On a donc bien trouv´e l’´equation de l’´enonc´e.
6. L’´equation sur (s, t) est ´equivalente `a u2 +v2 = 4/3.
Cette derni`ere ´equation est celle du cercle de centre (0, 0)et de rayon 2/
√
3. Cela implique bien qu’il existe un tel angleθ.
Correction :
7. On vient donc de montrer que s=2
√
2/3 cosθ et que t=
√
2 (2 sinθ−1)/3. Par la relation entre x,y,sett, on trouve que le r´esultat ´enonc´e.
8. L’ensemble de ces points est l’ellipse C dessin´ee ci- dessous :
Exercice 4. [⋆ ⋆ ⋆⋆] (Curioser and curioser)
On appelle homoth´etie positive un endormorphisme u de (E,Φ) (espace euclidien) qui v´erifie :
∀x∈E,∀y∈E, d(u(x), u(y)) =λ d(x, y),
pour un certain λ appel´e rapport de l’homoth´etie, et d la distance associ´ee `a la norme N (elle-mˆeme associ´ee au produit scalaire Φ).
1. Montrer que siu est une homoth´etie positive de rapport λ, alors λ≥0.
2. Montrer qu’on a ´equivalence entre :
(a) u est une homoth´etie positive de rapportλ ; (b) ∀x∈E, N(u(x)) =λ N(x) ;
(c) Pour toute base orthonorm´ee B, l’image par u de B est une base orthogonale dont chaque vecteur est de norme valant λ.
3. Soitu une homoth´etie positive de rapportλ. On d´efinit pour toutx∈E, v(x) =u(x)/√
λ. Montrer quev est une isom´etrie.
4. Montrer que le d´eterminant d’une homoth´etie de rapport λ>0est±λn/2. 5. On pose M = ( 6 −2√
3 2√
3 6 ). Montrer qu’il existe une homoth´etie po- sitive h de rapport λ et une rotation r d’angle θ telle que M soit la repr´esentation deh○r. On pr´ecisera les valeurs de λet de θ.
Correction :
1. Comme la distance est une fonction positive, il est imm´ediat queλest positif.
2. Montrons que (a) implique (b). Soit x ∈ E. On voit que :
N(u(x)) =d(u(x), u(0)) =λd(x, 0) =λN(x).
Passons `a la d´emonstration de(b)impliquant(c). Soit B = (e1, . . . , en) une base orthonorm´ee deE. On note fi=u(ei)etB′= (f1, . . . , fn). Dans un premier temps, on a pour tous indicesiet j que :
Φ(fi, fj) =Φ(u(ei), u(ej))
=1
2[N(u(ei) +u(ej))2−N(u(ei))2−N(u(ej))2]
= 1
2[N(u(ei+ej))2−N(u(ei))2−N(u(ej))2]
Correction :
Φ(fi, fj) = λ2
2 [N(ei+ej)2−N(ei)2−N(ej)2] =λ2Φ(ei, ej).
CommeB est une base orthonorm´ee deE, par l’´egalit´e pr´ec´edente, on voit que pour i≠ j, Φ(fi, fj) =0. De plus, on a :
N(fi)2 =Φ(fi, fi) =λ2Φ(ei, ei) =λ2. Finalement on a bien montr´e le r´esultat (c).
Finissons par supposer le r´esultat(c) et montrons(a). Soit B = (e1, . . . , en)une base orthonorm´ee de E. On notefi=u(ei). On sait par(c)que Φ(fi, fj) =0 sii≠j et λ2 sinon. Consid´erons deux ´el´ements x = ∑ni=1xiei
ety= ∑ni=1yiei. On a alors que :
d(u(x), u(y))2=N[u(x) −u(y)]2=N[u(x−y)]2
=N[u(
n
∑
i=1(xi−yi)ei)]
2
=N[
n
∑
i=1(xi−yi)fi]
2
=
n
∑
i=1
(xi−yi)2N(fi)2,
par le th´eor`eme de Pythagore, vu que la famille desfi est orthogonale. Finalement on a que :
d(u(x), u(y))2=λ2
n
∑
i=1
(xi−yi)2. Cependant on sait que ;
d(x, y)2=N[x−y]2=N[
n
∑
i=1
(xi−yi)ei]
2
=
n
∑
i=1
(xi−yi)2N(ei)2 =
n
∑
i=1
(xi−yi)2,
Correction :
toujours par le th´eor`eme de Pythagore, car B est une base orthonorm´ee. On a donc fini par montrer que :
d(u(x), u(y)) =λ d(x, y). 3. Soit x∈E. On a alors que :
N(v(x)) =N( u(x)
√ λ ) =
1
λN(u(x)) =N(x), d’apr`es la question pr´ec´edente. Par la caract´erisation des isom´etries, on vient de montrer quev´etait bien une isom´etrie.
4. Soit u une homoth´etie positive de rapport λ et v l’application d´efinie dans la question pr´ec´edente. On sait quev est une isom´etrie. Donc detv= ±1. Cepen- dant, on a :
detu=det(
√
λv) =λn/2detv= ±λn/2, par multilin´earit´e du d´eterminant.
5. On d´efinit λ=detM =48, puis h l’homoth´etie h posi- tive de rapportλ. On pose M̃= √1
λM = (
√3/2 −1/2 1/2 √
3/2). Il s’agit de la matrice d’une rotationr. Pour connaˆıtre son angle θ, il suffit de r´esoudre le syst`eme :
{
cosθ=
√ 3/2, sinθ=1/2,
dont la solution dans[−π, π[ estθ=π/6.
Enfin on v´erifie que : M=
√
λM̃=Mat(h)Mat(r) =Mat(h○r).