Bulletin des
médecins suisses
BMS – SÄZ Schweizerische Ärztezeitung – Bollettino dei medici svizzeri – Gasetta dals medis svizzers
Offizielles Organ der FMH und der FMH Services www.saez.ch Organe officiel de la FMH et de FMH Services www.bullmed.ch
50 –5 1 9. 12 . 20 15 1833 Editorial
Spécialisation n’est pas fragmentation
1834 FMH
Mention des titres facilitée 1890 «Et encore…»
par Samia Hurst
Les outils de la civilisation
1876 Tribune
Offices AI et médecins: approches
pour une meilleure collaboration
SOMMAIRE 1831
Rédaction
Dr med. et lic. phil. Bruno Kesseli, Bâle (Rédacteur en chef);
Annette Eichholtz, M.A. (Managing Editor);
Isabel Zwyssig, M.A. (Rédactrice coordinatrice);
Dr med. Werner Bauer; Prof. Dr med. Samia Hurst;
Dr med. Jean Martin; lic. oec. publ. Anna Sax, MHA;
Dr med. Jürg Schlup (FMH); Prof. Dr med. Hans Stalder;
Dr med. Erhard Taverna; lic. phil. Jacqueline Wettstein (FMH)
Rédaction Ethique
Dr theol. Christina Aus der Au, p.-d.; Prof. Dr med. Lazare Benaroyo;
Dr phil., dipl. biol. Rouven Porz, p.-d.
Rédaction Histoire médicale
Prof. Dr med. et lic. phil. Iris Ritzmann; Dr ès sc. soc. Eberhard Wolff, p.-d.
Rédaction Economie lic. oec. publ. Anna Sax, MHA Rédaction Droit
Me Hanspeter Kuhn (FMH)
FMH
ÉDITORIAL: Werner Bauer
1833 Spécialisation n’est pas fragmentation
ISFM: Christoph Hänggeli, Hanspeter Kuhn, Barbara Linder
1834 Mention des titres facilitée Grâce à leur feuille d’information, la FMH et l’ISFM amènent un peu de clarté dans la jungle de la mention des titres. Un médecin détenteur d’un titre de spécialiste allemand peut-il faire état de son titre en Suisse? Qu’en est-il des titres de docteur étrangers? Que signifie la désignation «méd. pract.»? Qui peut faire mention du sigle «FMH»?
DDQ: Nicole Steck, Adrian Spoerri, Matthias Egger
1837 Appariement et protection des données de santé: une contradiction?
QUESTIONS TARIFAIRES: Kerstin Schutz 1840 Une plateforme pour donner son avis
COMITÉ CENTRAL
1841 Nouvelles du Comité central NÉCROLOGIE: René Salzberg 1842 In memoriam Eduard Eicher
Organisations du corps médical
SSMI/SSMG: Jean-Michel Gaspoz, François Héritier
1843 SSMIG: une société de discipline médicale unique Le 17 décembre marquera la naissance de la Société suisse de médecine interne générale SSMIG, regroupant la SSMI et la SSMG, dont les principales tâches sont présentées dans cet article.
Autres groupements et institutions
SWISSMEDIC / FSP: Beat Damke, Ruedi Stoller, Margrit Leuthold, David Schwappach 1845 Surdosages accidentels du méthotrexate à faible dose
INSTITUT D’ENSEIGNEMENT MÉDICAL: Sissel Guttormsen, André P. Perruchoud 1846 Pionierarbeit für die Abschlussprüfung Medizin
GESUNDHEITSDEPT. KANTON BASEL-STADT: Aref Al-Deb’i, Annette Egger, Peter Indra, Christoph Röder † 1849 Auf der letzten Meile zum Patienten
SPJBB: Jan von Overbeck
1852 Restructuration et innovation: une combinaison fascinante
Courrier / Communications
1853 Courrier au BMS 1856 Communications
FMH Services
1858 Seminare / Séminaires / Seminari 2016 1865 Emplois et cabinets médicaux
HUGUENIN
SOMMAIRE 1832
Impressum
Bulletin des médecins suisses Organe officiel de la FMH et de FMH Services
Adresse de la rédaction: Elisa Jaun, Assistante de rédaction BMS, EMH Editions médicales suisses SA, Farnsburgerstrasse 8, 4132 Muttenz, tél. +41 (0)61 467 85 72,
fax +41 (0)61 467 85 56,
[email protected], www.saez.ch Editeur: EMH Editions médicales suisses SA, Farnsburgerstrasse 8, 4132 Muttenz, tél. +41 (0)61 467 85 55, fax +41 (0)61 467 85 56, www.emh.ch Marketing EMH / Annonces:
Dr phil. II Karin Würz, responsable marketing et communication, tél. +41 (0)61 467 85 49, fax +41 (0)61 467 85 56, [email protected]
personne de contact, tél. +41 (0)61 467 86 08, fax +41 (0)61 467 85 56, [email protected]
«Office de placement»: FMH Consul- ting Services, Office de placement, Case postale 246, 6208 Oberkirch, tél. +41 (0)41 925 00 77,
fax +41 (0)41 921 05 86, [email protected], www.fmhjob.ch Abonnements membres de la FMH:
FMH Fédération des médecins suisses, Elfenstrasse 18, 3000 Berne 15, tél. +41 (0)31 359 11 11,
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Prix de l’abonnement: abonnement annuel CHF 320.–, port en sus.
ISSN: version imprimée: 0036-7486 / version en ligne: 1424-4004 Paraît le mercredi
© EMH Editions médicales suisses SA (EMH), 2015. Le Bulletin des médecins suisses est une publication «open- access» de EMH. Sur la base de la licence Creative Commons «Attribu- tion – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International», EMH accorde à tous les utilisateurs le droit, illimité dans le temps, de repro- duire, distribuer et communiquer cette création au public, selon les conditions suivantes: (1) citer le nom de l’auteur;
(2) ne pas utiliser cette création à des fins commerciales; (3) ne pas modifier,
obtention explicite de l’autorisation de EMH et sur la base d’un accord écrit.
Note: Toutes les données publiées dans ce journal ont été vérifiées avec le plus grand soin. Les publications signées du nom des auteurs reflètent avant tout l’opinion de ces derniers, pas forcément celle de la rédaction du [BMS]. Les doses, indications et formes d’application mentionnées doivent en tous les cas être comparées aux notices des médicaments utilisés, en particulier pour les médicaments récemment autorisés.
Production: Schwabe SA, Muttenz, www.schwabe.ch
Tribune
THÈME: Christian Bolliger, Marius Féraud
1876 Approches pour une meilleure collaboration Les auteurs présentent une étude portant sur les problèmes de collaboration entre les offices AI et les médecins traitants. Les causes ont été identifiées, ainsi que le potentiel d’amélioration, car il est évident qu’une bonne collaboration entre offices AI et médecins traitants est profitable aux patients. En complément à cet article, vous trouverez deux prises de position, l’une de l’Office fédéral des assurances sociales et l’autre d’un médecin traitant.
THÈME: Stefan Ritler
1879 La position de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) THÈME: Pierre Vallon
1880 L’avis d’un médecin traitant
POINT DE VUE: P. Bodenmann, F. Ninane, B. Pahud-Vermeulen, E. Dory, M. Monnat, J. Cornuz, E. Masserey 1881 Afflux des migrants: une responsabilité médicale et sanitaire
1884 Spectrum
Horizons
SOUS UN AUTRE ANGLE: Erica Brühlmann-Jecklin 1885 Hände – eine Adventsgeschichte
NOTES DE LECTURE: Jean Martin
1887 Un moment crucial dans la pratique médicale
NOTES DE LECTURE / VITRINE: Erhard Taverna, Christoph Rutishauser, Jürg Kesselring 1888 Vesals Vermächtnis
1888 Medizin – Mensch – Recht 1889 Wer war Nicolin Camara?
1889 The brain is wider than the sky
Et encore…
Samia Hurst
1890 Les outils de la civilisation Réflexions sur l’accueil des nombreux migrants qui affluent actuellement en Europe en référence à l’article publié dans la rubrique Tribune par Bodenmann et al. en page 1881.
Spécialisation n’est pas fragmentation
Werner Bauer
Dr med., président de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM)
«Cette interminable spécialisation ne cessera-t-elle donc jamais?», «Arrêtez avec la création de nouveaux titres!» − voilà quelques tirades qu’il n’est pas rare d’entendre. Elles témoignent du malaise qui entoure la fragmentation accrue de certaines disciplines parce que de nouvelles méthodes veulent être reconnues ou parce que des domaines spécifiques développent leur propre profil professionnel et leurs propres compé- tences.
La spécialisation professionnelle n’est cependant pas un phénomène récent. Elle a commencé avec les inven- tions humaines pour améliorer le rendement du travail, avec l’artisanat, l’agriculture, dans le domaine militaire et tôt aussi en médecine.
Dans son ouvrage, Vita Romana. La vie quotidienne dans la Rome antique, l’écrivain Ugo Enrico Paoli écrit qu’il «existait des spécialistes et des médecins pour les maladies générales, mais [que] les premiers prédomi- naient [!]. Les compétences médicales étaient large- ment réparties, bien au-delà du nécessaire et du raisonnable. Il n’y avait pas que des spécialistes des maladies des oreilles, des yeux, des dents, du cou et des femmes mais aussi de la fièvre, de la phtisie etc., et parmi les spécialistes, ceux des amputations, des blessures, des fractures et du massage. Du fameux chirurgien Alco, qui a vécu à l’époque de Flaviens, on sait qu’il traitait principalement les hernies et les mala- dies des os.»*
A la fin du 19e siècle, Sir William Osler mentionnait déjà ce qui est aujourd’hui encore d’actualité: «It is almost unnecessary to remark that the public, in which we live and move, has not been slow to recognize the advantage of a division of labor in the field of medicine.»
Mais il émet cependant une réserve claire face à une spé- cialisation galopante: «Specialism is not, however, without many disadvantages. A radical error at the onset is the failure to recognize that the results of specialized obser- vation are at best only partial truths, which require to be correlated with facts obtained by wider study. The various organs are not isolated, but complex parts of a complex
whole, and every day’s experience brings home the truth of the saying: When one member suffers all the members suf- fer with it.» (Remarks on Specialism, Boston Med Surg J.
1892;126:457–9).
Ces citations historiques confirment le fait que la spé- cialisation a toujours eu deux faces: d’un côté, le public demande des spécialistes; les nouvelles méthodes pro- metteuses et les domaines de travail spécialisés doivent être définis de manière reconnaissable pour le public, notamment en vue de la formation et d’une pratique professionnelle exemplaire. Les progrès de la médecine apporteront inéluctablement de nouvelles méthodes et aussi la nécessité de revisiter les profils profession- nels ou d’en créer de nouveaux. Citons en exemple les formations approfondies qui viennent à peine d’être approuvées en médecine palliative et en psychiatrie et psychothérapie de la dépendance. Toutefois, l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et conti- nue ne crée en aucun cas un nouveau titre sans un exa- men préalable de la situation et clarifie non seulement les motivations techniques des demandes mais il veille également à ce qu’une nouvelle qualification soit per- tinente pour la prise en charge médicale des patients et
compatible avec les structures de notre système de santé. Pour cela, il faut toujours jeter un œil à l’étranger, en Europe notamment. De l’autre côté, les zones d’ombre d’un excès de spécialisation sont également connues:
elle peut accroître la fragmentation des processus et des structures. Elle risque aussi de marginaliser les généra- listes qui sont cependant indispensables dans beaucoup de cas pour accompagner et prioriser les patients dans les soins intégrés.
Dans le cadre de la plateforme «Formation médicale» de l’OFSP-CDS, les milieux hospitaliers ont suggéré la créa- tion d’un groupe de travail «Spécialisation croissante en médecine humaine sous l’angle de l’organisation hospitalière» en vue d’analyser la situation actuelle, les perspectives et leurs conséquences. Mais ce groupe de travail ne pourra pas faire l’économie d’un aveu: toute chose a deux faces.
* trad. FMH
La spécialisation en médecine est aussi nécessaire qu’inévitable…
… mais elle doit aussi tenir compte du rôle central des généralistes.
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(51–52):1833
FMH Editorial 1833
Mention des titres facilitée
Christoph Hänggelia, Hanspeter Kuhnb, Barbara Linderc
a Avocat, directeur de l’ISFM; b Avocat, chef du Service juridique de la FMH; c MLaw, directrice adjointe de l’ISFM
La FMH et l’ISFM ont élaboré une feuille d’information visant à mettre de l’ordre dans la manière de mentionner les titres. Comment doit s’annoncer le détenteur d’un titre de spécialiste allemand en Suisse? Qu’en est-il des titres de docteur étrangers? Que signifie «méd. pract.»? Qui est autorisé à utiliser les trois lettres «FMH»? C’est ce genre de questions, et bien d’autres, qui font l’objet de nos conseils juridiques quotidiens.
La feuille d’information offre une vue d’ensemble des ré- glementations légales et déontologiques concernant la mention de titres académiques, de qualifications de for- mation postgraduée, d’activités médicales et d’affilia- tions. La large consultation de tous les acteurs concernés et la prise en compte de leurs retours ont permis d’at- teindre un large consensus.
La mention de titres académiques et de titres de for- mation postgraduée par les médecins occupe depuis de nombreuses années une large partie de l’activité de conseil de la FMH et de l’ISFM. Les raisons du manque de clarté juridique résident notamment dans la multi- tude de règles, légales ou déontologiques, couplée à une délimitation peu claire entre les compétences des auto- rités et institutions impliquées. La hausse du nombre de titres étrangers, dont la mention n’est pas définie clai- rement voire est soumise à d’autres normes comme les directives de l’UE ou différents traités, complique encore la situation.
Publiée dès à présent sur le site de la FMH et de l’ISFM, la feuille d’information se penche d’une part sur les bases légales et les différentes compétences et émet d’autre part des recommandations concrètes sur la manière de mentionner les titres, activités ou affilia- tions. Ces recommandations sont le résultat d’une vaste consultation à laquelle ont participé les princi- pales organisations médicales concernées et les pou- voirs publics, notamment les autorités cantonales de la santé. Les nombreux retours positifs ont montré que la feuille d’information répondait à une forte demande et qu’après intégration des résultats de la consultation, elle était largement acceptée.
Les 10 recommandations les plus importantes:
1. Peut-on mentionner un titre de docteur étranger en Suisse?
Le titre de «Dr méd.» peut être utilisé par les médecins qui ont obtenu ce titre académique suite à un travail scientifique. Ce travail doit avoir été rédigé à la suite des études de médecine et correspondre à une thèse de doctorat en Suisse.
Dans plusieurs pays, la dénomination de «docteur» est comprise comme une appellation professionnelle, ob- tenue à la fin des études avec le Diplôme de médecin.
Ces titres peuvent être mentionnés dans l’énoncé et de la langue nationale du pays qui les a délivrés en indi- quant le pays:
Felix Muster, dr. med. (Hongrie) Felix Muster, M.D. (USA)
2. Que doit-on inscrire lorsque l’on n’a pas obtenu de titre de docteur? Que signifie
«méd. pract.»?
Tous les médecins ne soutiennent pas une thèse. A la place du titre de docteur, ils peuvent inscrire «médecin diplômé», ou la désignation de leur fonction (médecin- assistant, chef de clinique) ou encore leur titre de spé- cialiste. La dénomination «méd. pract.» pouvant prêter à confusion et être confondue avec le titre de «Médecin praticien» délivré après trois ans de formation postgra- duée ne doit plus être utilisée.
3. Quels titres de formation postgraduée existent en Suisse?
La Réglementation pour la formation postgraduée (RFP) de l’ISFM distingue entre trois catégories de qualifica- tions médicales:
1. Les titres de spécialiste, qui couvrent les grands do- maines de la médecine.
La mention des titres et qualifications est désormais soumis à une réglementation uniforme.
FMH ISFM 1834
2. Les titres de formation approfondie, qui constituent les spécialisations au sein d’une même discipline.
3. Les attestations de formation complémentaire ou formations approfondies interdisciplinaires, qui s’ob- tiennent après un cursus de formation autonome mais dont l’étendue et l’importance ne répondent pas aux critères d’un titre de spécialiste.
– Spécialiste en urologie, spéc. urologie opératoire (Titre de spécialiste et formation approfondie)
– Spécialiste en médecine interne générale, attestations de formation complémentaire Laboratoire et Radiologie (CMPR)
(Titre de spécialiste et attestations de formation complé- mentaire)
4. Un anesthésiste belge peut-il mentionner son titre de spécialiste en Suisse?
La plupart des titres de spécialiste délivrés par un Etat membre de l’UE / AELE peuvent être formellement reconnus par l’OFSP, conformément à l’accord sur la libre circulation des personnes. Un titre formelle- ment reconnu a la même valeur juridique que le titre fédéral qui lui correspond et il peut donc être men- tionné de la même manière. Il est également possible de le mentionner selon l’énoncé dans la langue natio- nale du pays qui l’a délivré ou en utilisant un syno- nyme usuel.
Un anesthésiste belge aura donc le choix entre les pos- sibilités suivantes:
– Spécialiste en anesthésiologie (Mention comme en Suisse)
– Spécialiste en anesthésie-réanimation (B) (Mention comme dans le pays d’origine) – Spécialiste en anesthésie
(Mention d’un synonyme)
5. Comment un homéopathe français peut-il indiquer son domaine d’activité?
Les titres de l’espace UE / AELE qui ne font pas l’objet d’une reconnaissance formelle et les titres délivrés par un pays hors UE ne peuvent en principe pas être utili- sés s’ils présentent le risque d’être confondus avec une qualification figurant dans la Réglementation pour la formation postgraduée (RFP). C’est le cas notamment de l’homéopathie. Un médecin français autorisé à pra- tiquer en Suisse a cependant le droit de mentionner son activité dans le domaine de l’homéopathie, pour autant qu’il ne donne pas l’impression d’être en possession d’un titre de spécialiste, d’une formation approfondie ou d’une attestation de formation complémentaire.
– Dr Marc Renard, médecin praticien, traitements homéo- pathiques / cabinet d’homéopathie
Les titres délivrés dans un pays étranger, pour lesquels aucun risque de confusion n’existe, peuvent être men- tionnés en association avec le nom de l’organisation ou du pays qui les a délivrés, pour autant qu’ils aient été octroyés par les autorités de l’Etat:
– Dr Peter Müller, spécialiste en médecine interne générale, médecine aéronautique (Landesärztekammer Bayern)
6. Est-il possible de distinguer un titre de spécialiste obtenu en Suisse d’un titre de spécialiste étranger reconnu?
Juridiquement, les titres de spécialiste fédéraux et les titres de spécialiste étrangers reconnus ont la même valeur. Chaque médecin peut cependant indiquer le pays dans lequel il a obtenu son titre:
– Spécialiste en chirurgie (CH), spéc. chirurgie viscérale (Mention avec formation approfondie)
– Spécialiste en médecine interne générale et cardiologie (CH)
(Mention de deux titres de spécialiste)
7. Spécialiste en médecine interne ou spécialiste en médecine générale?
Depuis 2011, les deux titres de spécialiste de médecine générale et de médecine interne ont fusionné pour devenir un seul titre, celui de spécialiste en médecine interne générale. Depuis lors, tous les spécialistes anciennement en médecine générale ou en médecine interne peuvent utiliser la nouvelle dénomination
«médecine interne générale». Ils peuvent également conserver l’ancienne dénomination, considérée comme synonyme. Les médecins en cabinet peuvent ajouter
«Médecin de famille».
– Spécialiste en médecine interne générale (CH), médecin de famille
Les médecins qui font reconnaître en Suisse leur titre étranger en médecine générale n’obtiennent de la MEBEKO que la reconnaissance «médecin praticien».
Ils peuvent cependant inscrire leur titre dans l’énoncé dans la langue nationale du pays qui l’a délivré s’ils ajoutent l’indication du pays de provenance:
– Médecin généraliste (B)
Les médecins qui font reconnaître en Suisse leur titre étranger en médecine interne obtiennent de la MEBEKO la reconnaissance de spécialiste en «médecine interne générale».
– Spécialiste en médecine interne générale
(Mention comme en Suisse mais sans (CH), cf. point 6) – Spécialiste en médecine interne (L)
(Mention comme dans le pays de provenance)
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(50–51):1834–1836
FMH ISFM 1835
8. Qui peut mentionner les trois lettres «FMH»?
Les trois lettres «FMH» se réfèrent uniquement à l’affi- liation à la Fédération des médecins suisses et peuvent être utilisées exclusivement pendant la durée de l’affi- liation. Depuis que l’ancien «titre FMH» est devenu en 2002 le titre fédéral de spécialiste, plus aucun lien n’existe entre les trois lettres «FMH» et le titre obtenu.
Dès lors, nous recommandons aux membres de la FMH d’ajouter la mention «Membre FMH» à côté de leur titre de spécialiste. Les médecins qui ne sont plus membres de la FMH perdent automatiquement le droit d’utiliser la marque FMH. Mais ils conservent bien évidemment le droit de mentionner leur titre.
– Spécialiste en cardiologie (CH), membre FMH (Titre de spécialiste obtenu en Suisse)
– Spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, membre FMH (Titre de spécialiste reconnu, par ex. de Belgique)
9. Existe-t-il un registre de tous les diplômes en cours de validité?
Aujourd’hui déjà, le registre des professions médi- cales (MedReg) répertorie tous les titres et toutes les qualifications fédérales et étrangères reconnues. Pa- rallèlement, les données du MedReg sont également reprises dans le registre officiel des médecins www.
doctorfmh.ch, aux côtés de nombreuses autres infor- mations. Après la mise en œuvre de la révision de la loi sur les professions médicales (LPMéd), adoptée au printemps 2015, ces registres engloberont l’ensemble des personnes autorisées à exercer une profession médicale de manière indépendante ou salariée en Suisse.
10. Comment mettre en relief ses domaines d’activités ou ses services?
Les informations concernant l’activité médicale, notam- ment les qualifications, compétences, parcours profes-
sionnels, connaissances linguistiques, services offerts et affiliation aux organisations médicales aident les pa- tients dans le choix de leur médecin. La publicité doit être objective, répondre aux besoins du public et ne doit ni induire en erreur ni avoir un caractère intrusif. Le Code de déontologie de la FMH et son annexe 2 précisent quelles informations sont autorisées et quelle publicité est interdite:
– Cabinet spécialisé en santé de la femme, Dr Felicitas Muster, médecin praticien
(Information concernant une discipline sans le titre de spé- cialiste correspondant [Gynécologie])
– Spécialiste en orthopédie; chirurgie de la hanche et du pied (Informations concernant les compétences centrales) – Spécialiste en médecine interne générale; prestations:
laser, physiothérapie, biorésonance
(Informations concernant les services proposés)
Grâce à la loi et à l’ordonnance sur les professions médi- cales et au Code de déontologie de la FMH, l’exercice de la médecine, et donc aussi la mention des titres et qua- lifications, est désormais soumis à une réglementation uniforme, que la feuille d’information passe en revue et illustre par des exemples concrets. Reste à espérer que les recommandations de la FMH et de l’ISFM se tra- duiront par une pratique juridique cohérente au sein du corps médical et des autorités cantonales, contri- buant ainsi à davantage de sécurité juridique dans notre pays.
La feuille d’information est disponible sur www.fmh.ch et www.siwf.ch
Correspondance:
Service juridique de la FMH Elfenstrasse 18
CH-3000 Berne 15 lex[at]fmh.ch
FMH ISFM 1836
Protection des données dans la recherche
Appariement et protection des
données de santé: une contradiction?
Nicole Steck, Adrian Spoerri, Matthias Egger
Institut pour la médecine sociale et préventive (ISPM), Université de Berne
Tandis que l’appariement des données de santé permet à la recherche médicale de se pencher avec efficacité sur des questions importantes, il n’est pas rare que la protection des données dresse un obstacle infranchissable. Grâce à la méthode développée par l’Institut de médecine sociale et préventive à Berne, l’apparie
ment de données sensibles devient possible sans l’échange d’informations iden
tifiables.
La collecte de nouvelles données de santé pour la re
cherche est une activité chère et laborieuse. Pour les participants, cela signifie un investissement temporel important sur plusieurs années associé à des analyses désagréables. C’est pourquoi il serait souhaitable de faire en sorte que les données de santé existantes soient utilisées, et appariées, le mieux possible pour la recherche. Il serait ainsi possible d’en améliorer la qua
lité et l’exhaustivité et de se pencher sur de nouveaux sujets de recherche. Concernant les études longitudi
nales, il n’est pas rare qu’après quelques années seule une partie des patients initiaux soit encore sous obser
vation, ce qui peut se traduire par une distorsion des résultats (biais de sélection). Mais il est possible d’em
pêcher ce biais en déterminant le statut vital de tous les patients initiaux par un appariement avec les don
nées de mortalité. Une étude à long terme de l’efficacité des mesures préventives sur les patients âgés, réalisée dans les cabinets de médecins de famille de Soleure, a identifié de cette manière le statut vital de 98,2% des participants [1].* Autre exemple de succès pour une étude record linkage: l’appariement des données des recensements de 1990 et de 2000 avec celles du re
gistre suisse du cancer de l’enfant a permis d’étudier un éventuel lien entre la proximité d’une centrale nucléaire et les cas de leucémie chez les enfants [2].
Dans le présent article, nous abordons les possibilités d’apparier les banques de données pour la recherche en Suisse et présentons une nouvelle méthode, grâce à laquelle les données de santé sensibles peuvent être croisées avec d’autres par des institutions tierces in
dépendantes, les centres de confiance, sans l’échange d’informations permettant d’identifier les personnes concernées.
Appariement des banques de données et consentement éclairé
De manière générale, il existe deux possibilités. Pour des appariements déterministes simples, il s’agit typique
ment de réunir les entrées correspondant à un numéro d’identification bijectif. Dans les pays scandinaves, il est possible et autorisé d’apparier différents fichiers de données en utilisant un «numéro personnel». Une étude danoise publiée récemment s’est penchée par exemple sur la question de savoir si la prise d’antiépileptiques pendant la grossesse constituait un facteur de risque de fausse couche ou de mortinaissance [3]. Pour cela, il a été procédé à un appariement des données du registre des naissances avec celles concernant les sorties d’hôpi
tal et les prescriptions de médicaments.
En comparaison à la Scandinavie, Statistique suisse (Office fédéral de la statistique, OFS) recueille moins de données sur la santé. Mais leurs appariements ne peuvent être réalisés que par l’Office fédéral de la sta
tistique dans le cadre d’une convention sur la protec
tion des données (cf. l’ordonnance sur l’appariement de données [4]). En revanche, la recherche n’a généra
lement pas le droit d’utiliser le numéro d’assuré social introduit en 2008 pour apparier les données.
En principe, un appariement déterministe est aussi pos
sible avec le nom, le sexe, le code postal et la date de naissance. C’est cependant difficile parce que les don
nées sont saisies de manière inconsistante et qu’elles font en partie défaut. C’est pourquoi, en absence de numéro d’identification explicite, on procède fréquem
ment à ce qu’on appelle un appariement «probabiliste».
Dans ce cas, il ne s’agit pas d’apparier uniquement des données qui se correspondent exactement mais de cal
* Les références se trouvent sous www.bullmed.ch → Numéro actuel ou → Archives → 2015 → 50/51.
FMH DDQ 1837
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(50–51):1837–1839
culer la probabilité de réunir deux entrées d’une même personne malgré les divergences. Si par exemple dans un fichier de données, une date de naissance est in
diquée par «12.02.1984», l’appariement probabiliste considéra de la même manière le «13.02.1984» ou le
«02.12.1984» que le «27.09.2001». Sur la base des pro
babilités calculées, on peut ensuite déterminer si des entrées peuvent être attribuées à une même personne.
En Suisse, les appariements probabilistes avec la date de naissance, le sexe et le lieu de domicile permettent d’obtenir de bons résultats [5]. Si en plus le nom et le prénom sont disponibles, les résultats sont même aussi bons qu’avec un numéro d’identification. Mais le nom, le prénom et la date de naissance constituent un pro
blème en raison de la protection des données et, en géné
ral, ils ne peuvent être utilisés qu’avec un accord expli
cite du patient (consentement éclairé). C’est pourquoi il est recommandé, principalement pour les études de longue durée, d’ajouter une remarque en conséquence dans la déclaration de consentement. Les exceptions concernent les projets de recherche avec par exemple des données de santé anonymisées par cryptage ou col
lectées de manière anonyme.
Le cryptage des données de santé
Même si le patient a donné son consentement, il s’agit de favoriser la protection des données. En présence
d’informations comme le nom, le prénom et la date de naissance pour apparier les données, il est préférable de veiller à ce que personne ne puisse être identifié. C’est possible en cryptant les données, c’estàdire en trans
formant les noms ou dates de naissance en série de lettres ou de chiffres non identifiables. Si le cryptage utilisé est le même sur deux fichiers de données, les séries de lettres ou de chiffres correspondants peuvent être appariées. Il est cependant indispensable que le cryptage ne soit possible qu’à sens unique. Malheu
reusement, les programmes de cryptage usuels ne sont pas adaptés à l’appariement des données de santé car une légère différence dans un terme à crypter dé
bouche sur deux valeurs totalement différentes. Ainsi
«Emmenegger» et «Emmeneger» ne sont plus considé
rés comme un seul et même nom de famille après le cryptage. Une simple faute d’orthographe peut donc avoir des conséquences considérables. A l’instar de l’ap
pariement probabiliste, pour lequel la ressemblance des entrées prime, des méthodes de cryptage adéquates ont été recherchées, avec l’appui des fameux filtres de Bloom (Bloom Filters) [6]. Ces derniers permettent de calculer la similitude entre les données cryptées. L’ap
pariement est ainsi rendu possible en dépit d’une faute d’orthographe ou autre (tab. 1).
La méthode P3RL de l’ISPM Berne
Dans ce contexte, l’Institut pour la médecine sociale et préventive (ISPM) de l’Université de Berne a développé un logiciel pour un «Privacy Preserving Probabilistic Record Linkage» (P3RL), qui permet d’apparier les don
nées de santé personnelles stockées dans différentes banques de données tout en respectant la protection des données [7]. La méthode P3RL est pertinente lorsque les données de santé doivent être appariées par au moins deux centres différents, qui ne possèdent pas de numé
ros d’identification communs et dont le règlement en matière de protection des données limite l’utilisation de variables permettant d’identifier la personne comme le nom, la date de naissance, la date de décès ou l’adresse.
Dans ce cas, l’appariement est réalisé par un centre de confiance indépendant. La méthode P3RL se compose de trois étapes: préparation des données, cryptage et appariement (fig. 1).
Tableau 1: Comparaison du cryptage d’un nom selon différentes méthodes. La ressemblance entre les deux noms initiaux n’est visible qu’avec le cryptage avec filtre de Bloom.
Texte Cryptage conventionnel* Exemple de cryptage avec filtre de Bloom
Emmenegger 078f73ae3b2852b79e143a06aa573f21 11111111111111011101100111101110010101011110010101 Emmeneger 21783f44f4696323a2267a83a2f2dd7b 11111111111111011101100111101110010101001110010101 Meier 3399f3b498509a2f63b058db71a360f3 11011010111101000001001110110111111010011111111011
* en utilisant MD5 Hash
Groupe de dialogue
«Recherche prioritaire: recherche sur les soins»
Pour le corps médical, la recherche sur les soins constitue un domaine scientifique important porteur d’avenir. Dans un secteur de la santé en pleine mutation (nouveaux modèles de finance
ment et de soins, évolutions démographiques, transferts sectoriels, etc.), il est impératif que la recherche sur les soins bénéficie d’un ancrage académique. Afin de pouvoir créer les bases scientifiques d’une recherche indépendante dénuée de tout intérêt particulier, la Fédération des médecins suisses (FMH), la Conférence des sociétés cantonales de médecine (CCM) et New
Index soutiennent le groupe de dialogue «Recherche prioritaire: recherche sur les soins» de l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Berne.
A l’instar d’un forum, ce groupe de dialogue a pour but de solliciter l’échange d’informations:
les représentants des organisations mentionnées et des groupes de recherche discutent régu
lièrement des travaux en cours et des projets à venir dans le domaine de la recherche sur les soins. Par ailleurs, le groupe de dialogue vise à sensibiliser le corps médical à la recherche sur les soins et à en favoriser l’acceptation tout en soulignant les avantages concrets de cette re
cherche pour le corps médical. Il est ouvert aux propositions en ce qui concerne les sujets à traiter, les questions, les discussions ou les demandes d’informations supplémentaires. La division Données, démographie et qualité (DDQ) de la FMH assure la coordination du groupe de dialogue et se tient à disposition pour tout complément d’information par courriel à ddq[at]
fmh.ch ou par téléphone au 031 359 11 11.
FMH DDQ 1838
1. Préparation des données
Dans un premier temps, les particularités et les erreurs des fichiers de données à apparier sont corrigées selon des règles uniformes. Par exemple, les caractères spé
ciaux ou spécifiques au langage sont uniformisés, les termes antéposés (Madame ou Dr) ou postposés (jun.) sont enlevés, une variable par prénom est créée, les dates de naissance sont présentées selon le même for
mat, ainsi que les informations manquantes. A cet ef
fet, le centre de confiance met à la disposition des autres centres un catalogue de règles uniformes.
2. Cryptage
Le centre de confiance leur transmet un programme de cryptage, qui repose sur les filtres de Bloom, mention
nés plus haut. Le programme permet aux administra
teurs des différents centres de crypter leurs données sans devoir posséder des connaissances spécifiques. La clé du programme de cryptage est définie par les deux centres concernés sans que le centre de confiance n’en ait connaissance.
3. Appariement
Dans un dernier temps, le centre de confiance procède à l’appariement probabiliste des données. La première étape consiste à réunir toutes les entrées parfaitement concordantes. Ensuite, il établit, à l’aide des probabilités calculées pour chacun des paramètres, le meilleur ap
pariement possible pour les entrées aux données man
quantes ou légèrement divergentes. Il s’agit notamment de vérifier si le nom et le prénom ou le jour et le mois
n’ont pas été interchangés lors de la saisie ou si d’autres erreurs fréquentes sont apparues. Les tableaux d’appa
riement et un rapport avec des informations complé
mentaires concernant la qualité de l’appariement sont remis aux différents centres, avant que le centre de confiance supprime toutes les données en sa possession.
Simulation
La qualité de la méthode P3RL a été testée dans la cadre d’une étude avec des données réelles et simulées. La simulation a montré que d’excellents résultats pou
vaient être atteints lorsque l’appariement utilisait les noms, mais également si ces noms étaient cryptés. C’est cependant la préparation des données qui est décisive:
seules les données corrigées de manière uniforme ont permis d’obtenir de bons résultats. Ainsi, l’appariement avec des noms cryptés a donné lieu à 18% de corrélations fausses si les données n’avaient pas été corrigées au préalable mais à seulement 0,7% d’erreur si les données avaient été corrigées.
Conclusion et perspective
La simulation a montré que la méthode P3RL se prête parfaitement à l’appariement de données de santé pro
venant de sources différentes, tout en respectant la pro
tection des données. Même si la méthode P3RL associe un ensemble de solutions techniques complexes, elle peut être utilisée sur le terrain par des centres sans compétences techniques ni connaissances spécifiques en matière d’appariement. De plus, il est possible de ten i r compte des particularités des différents centres lorsqu’il s’agit de corriger les données. En revanche, la méthode P3RL demande davantage de temps, de person
nel et de moyens financiers que l’appariement de don
nées non cryptées. Enfin, les commissions d’éthique concernées doivent évaluer à chaque projet si l’utili
sation de la méthode P3RL répond à leurs exigences en matière de protection des données.
Maintenant que la méthode P3RL a été développée et testée avec succès, il est possible de l’appliquer à des pro
jets concrets. Ce sera pour la première fois le cas lors d’une étude sur le risque de cancer des personnes at
teintes du VIH en Suisse. Pour cette étude, les informa
tions sur la population réunies par le réseau d’enregis
trement du cancer (NICER) seront appariées à celles de l’étude suisse de cohorte VIH (SHCS). C’est la méthode P3RL qui a été choisie pour garantir la protection des données et obtenir un appariement de haute qualité.
Le projet a été validé par la commission d’éthique du canton de Berne.
Modèle pour corriger les
données Centre de données A
(p. ex. clinique VIH) Centre de données B
(p. ex. registre oncologique) Données brutes
Données cryptées
Données brutes
Données cryptées Appariement des
données Centre de confiance
(p. ex. ISPM Berne)
Données corrigées Données
corrigées
Programme de cryptage
Table d’appariement Table d’appariement
Modèle pour corriger les
données
Programme de cryptage
Figure 1: Déroulement et répartition des phases de travail selon la méthode P3RL à l’exemple des fichiers de données d’une clinique VIH et d’un registre du cancer qui doivent être appariés par le centre de confiance de l’ISPM à Berne.
Correspondance:
Prof. Matthias Egger ISPM
Université de Berne Finkenhubelweg 11 CH3012 Berne
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(50–51):1837–1839
FMH DDQ 1839
Révision de la structure tarifaire ambulatoire: procédure de consultation de la FMH
Une plateforme pour donner son avis
Kerstin Schutz
FMH, division Tarifs et conventions pour la médecine ambulatoire en Suisse
Lors de la procédure de consultation de la FMH, tous les membres de la FMH auront la possibilité d’évaluer les propositions de révision, de donner leur avis et de pro
poser des modifications.
De quoi s’agit-il
La révision de la structure tarifaire ambulatoire avance bien – les premières équipes spécialisées ont désor
mais pu achever leurs travaux ou sont en phase de fina
lisation. En parallèle, la traduction en français bat son plein.
Une fois traduits, les différents chapitres seront publiés au fur et à mesure dans le navigateur tarifaire.
La consultation porte sur la nomenclature (français/
allemand) du tarif révisé, à savoir:
– Dénomination des chapitres – Interprétation des chapitres
– Dénomination des positions tarifaires – Interprétation médicale des positions tarifaires – Minutages
– Règles techniques
Comment
Un article sera publié dans le Bulletin des médecins suisses le 6 janvier 2016 pour annoncer l’ouverture offi
cielle de la consultation. Dès que celleci sera ouverte et que tous les chapitres auront été publiés (mijanvier 2016), les membres de la FMH recevront toutes les infor
mations nécessaires par courrier électronique.
Les membres pourront donner leur avis sur la nomen
clature à l’aide d’un formulaire de feedback en ligne.
Les remarques devront être les plus précises possible (titre, interprétation, minutage, etc.), avec motivation et dans l’idéal, une proposition alternative, pour que nous puissions les examiner en détail.
La FMH réunira tous les retours reçus et les transmet
tra aux équipes spécialisées dès la mifévrier pour qu’elles puissent les analyser.
Quand
A partir de la midécembre 2015, les premiers chapitres devraient être mis à disposition dans le navigateur tarifaire en ligne.
La consultation officielle de tous les chapitres durera 4 semaines, entre mijanvier et mifévrier 2016.
Vous trouverez toutes les dernières informations à ce sujet sur le site Internet de la FMH www.fmh.ch/fr/
tarifs_ambulatoires.html ou auprès de la délégation tarifaire de votre société médicale.
Si vous souhaitez être informé personnellement dès qu’un nouveau chapitre est disponible pour la consul
tation, vous pouvez vous inscrire à notre lettre d’infor
mation par courriel à [email protected] Des informations détaillées concernant la procédure de consultation de la FMH ont également été données lors de la séance d’information du 4 novembre 2015 sur la révision de la structure tarifaire ambulatoire. Vous trouverez toutes les présentations Powerpoint dans la rubrique «Téléchargements» du portail des membres myFMH.
Correspondance:
FMH / division Tarifs et conventions pour la médecine ambulatoire en Suisse
Frohburgstrasse 15 CH4600 Olten Tél. 031 359 12 30 Fax 031 359 12 38 tarife.ambulant[at]fmh.ch
FMH Questions tarifaires 1840
Séance du 22 octobre 2015
Nouvelles du Comité central
Qualité dans la recherche – La médecine basée sur les preuves est déterminante pour le quotidien des méde- cins. Dès lors, une recherche de mauvaise qualité peut aussi avoir un impact sur la sécurité des patients, en plus de gaspiller des ressources humaines et financières.
La division DDQ a rédigé un document de référence sur le thème «Recherche médicale: la qualité avant la quan- tité» afin de mettre en évidence les points faibles de la recherche et leurs causes, et d’identifier le besoin d’agir.
Le Comité central (CC) approuve la publication de ce document et de la prise de position à ce sujet.
Interdiction de la publicité pour le tabac – La moitié des fumeurs meurt d’une maladie liée au tabac. Le corps médical considère donc qu’il est nécessaire d’interdire toute forme de publicité, de promotion et de parrainage pour les produits du tabac afin de mieux protéger les enfants et les adolescents des conséquences néfastes de la consommation de tabac. C’est l’une des exigences dé- fendues par la FMH dans une prise de position rédigée en prévision des prochains débats parlementaires autour de la loi sur les produits du tabac et approuvée à l’unanimité par le CC.
Document stratégique pour les assistantes médicales et les coordinatrices en médecine ambulatoire – De- puis le printemps 2014, la FMH et les organisations d’as- sistantes médicales se penchent sur une stratégie com-
mune concernant les assistantes médicales. Après une première lecture du document stratégique en août 2014, les remarques et propositions de changements ont été intégrées dans une deuxième version. La version finale, soutenue par toutes les organisations impliquées, a été acceptée par le CC en deuxième lecture.
Modification des franchises – En août 2015, le Départe- ment fédéral de l’intérieur (DFI) a mis en consultation une modification de l’ordonnance sur l’assurance-ma- ladie (OAMal), qui prévoit de supprimer les franchises à option les moins choisies, à savoir 1000 et 2000 francs, et de réduire les rabais de primes pour la quatrième fois depuis l’introduction de l’assurance-maladie obli- gatoire. Dans sa prise de position, acceptée par le CC, la FMH rejette aussi bien la suppression des franchises à option que la réduction des rabais.
Application web pour doctorfmh.ch – Actuellement, la consultation du site doctorfmh.ch sur les appareils mobiles est relativement limitée en raison de la confi- guration du site. Il serait donc utile de développer une application indépendante du type d’appareil utilisé afin de pouvoir consulter le site sans problème et de tenir compte de l’utilisation accrue d’appareils mobiles.
Le CC accepte de lancer les travaux préparatoires en vue d’une application en ce sens.
FMH Comité central 1841
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(50–51):1841
In memoriam Eduard Eicher
Le Dr Eduard Eicher, spécialiste FMH en chirurgie et en chirurgie de la main a siégé durant 16 ans au Comité central de la FMH de 1984 à 2000. Il avait aupara- vant assumé de nombreuses autres fonctions, dont celle de président de la Société bâloise de médecine.
Il a été élu au Comité central pour succéder au Dr R.
Tröster (selon la règle tacite qui prévalait à l’époque exigeant que les 5 cantons dotés d’une faculté de méde- cine devaient être représentés au CC).
Le Dr Eicher s’est très rapidement engagé de façon du- rable pour la promotion et l’assurance de la qualité en médecine en élaborant de nombreux concepts théo- riques et pratiques sur la qualité et en siégeant dans dif- férentes commissions de la FMH. La diversité de son ré- seau international lui a permis d’acquérir de solides connaissances dans ce domaine et de devenir un ar- dent défenseur des programmes nationaux d’assu- rance-qualité. Il a également contribué, et ce fut l’une de ces tâches principales, à élaborer et à promouvoir
les guides de pratique clinique avec l’aide de nom- breuses sociétés et organisations médicales. Cette dé- marche l’a ensuite mené à s’engager en amont pour la certification des salles d’opération, et plus particulière- ment des cabinets médicaux pratiquant des interven- tions chirurgicales.
Actif de nombreuses années au sein d’un cabinet de groupe, le Docteur Eicher a reconnu très tôt qu’une acti vité médicale ne pouvait se développer que sur une base économique solide. Il s’est donc engagé dès le départ dans le groupe de travail de la FMH chargé de jeter les bases d’un nouveau tarif médical pour l’en- semble de la Suisse (GRAT), des travaux qui ont ensuite débouché sur le TARMED, la colonne vertébrale de la facturation et des négociations pour les médecins.
Le caractère posé et réfléchi du Dr Eicher en a fait un représentant de la FMH très respecté qui a aussi gran- dement contribué à forger l’excellente image dont notre association professionnelle jouit à l’étranger. Il a notamment été membre du comité directeur de l’Asso- ciation européenne des médecins hospitaliers (AEMH) et de la Caisse-maladie des médecins suisses.
A sa façon, le Dr Eicher était un amoureux de la nature.
Il aimait la pêche qu’il pratiquait en Alsace ou dans le canton de Berne où il passait d’ailleurs une grande par- tie de son temps libre accompagné d’amis et de son fidèle bouvier bernois. Apiculteur amateur, il prenait grand soin de ses abeilles et plaisir à déguster leur miel.
Mais c’est certainement au sein de sa famille qu’il se ressourçait le plus. Lorsque sa femme, avec qui il avait été marié plus de 50 ans, est décédée des suites d’une longue maladie il y a plus d’un an, il en a été très affecté.
Quelques semaines à peine après le décès de sa femme, on lui a diagnostiqué une maladie insidieuse qu’il n’a pas réussi à vaincre malgré l’espoir et la confiance qui l’habitaient.
Le Dr Eicher était un homme avenant très apprécié de ses collègues. Il faisait preuve d’ouverture d’esprit, d’authenticité, de sensibilité et de délicatesse. Il nous laissera un souvenir impérissable.
Dr med. René Salzberg, Bâle, membre du Comité central de la FMH de 1981 à 2000 Dr med. Eduard Eicher
1934–2015
Eduard Eicher était un ardent défenseur des programmes nationaux d’assurance-qualité.
Il était un homme avenant très apprécié de ses collègues.
FMH Nécrologie 1842
Le 17 décembre – retenez cette date: Tous unis pour la création d’une société de discipline médicale unique en médecine interne générale
SSMIG: une société de discipline médicale unique
Jean-Michel Gaspoza, François Héritierb
a Prof. Dr med., président du Directoire de la SSMI
b Dr med., président de la SSMG
Le 17 décembre 2015 à 14 h, à Berne, au Yehudi Menuhin Forum, Helvetiaplatz 6, auront lieu les assemblées générales extraordinaires lors desquelles nos deux sociétés devront se prononcer sur leur dissolution, suivie de l’assemblée générale de fondation d’une société de discipline médicale unique, la Société Suisse de médecine interne générale (SSMIG).
Société Suisse de Médecine Interne Générale (SSMIG);
Schweizerische Gesellschaft für Algemeine Innere Medizin (SGAIM); Società Svizzera di Medicina Interna Generale (SSMIG); Swiss Society of General Internal Medicine (SSGIM). Voici, en effet, le nom de la société sous laquelle tous les médecins détenteurs du titre de spécialiste en médecine interne générale se regroupe- ront en 2016.
Pour rappel, la SSMIG, dont les instances prévoient une répartition équilibrée entre les médecins actifs en milieu ambulatoire et ceux actifs en milieu station- naire, assumera les tâches suivantes, selon ses statuts:
– Maintien et développement des compétences éten- dues de la Médecine Interne Générale;
– Préservation et développement des mandats nationaux de prestation attribués aux établisse- ments de formation post-graduée afin de pro- mouvoir une Médecine Interne Générale globale et qualifiée;
– Promotion d’actions appropriées et efficaces adap- tées aux besoins et à la situation du patient;
– Ediction de conseils d’utilisation relatifs aux guide- lines existants en tenant compte de la polymorbi- dité du patient et de sa qualité de vie;
– Ediction et implémentation de la formation post- graduée et de la formation continue;
– Promotion de la relève en vue de renforcer la Méde- cine Interne Générale et sa société de discipline médicale;
– Renforcement de la recherche en Médecine Interne Générale ambulatoire et stationnaire;
– Organisation de l’examen de spécialiste et gestion du titre;
– Organisation de congrès;
– Dialogue avec la FMH, l’ISFM et d’autres interlocu- teurs (FMF, hôpitaux etc.);
– Positionnement de la SSMIG parmi les autres socié- tés de discipline médicale en priorisant l’assistance individuelle au patient polymorbide;
– Information des membres ainsi que d’autres méde- cins concernés sur des sujets et développements fondamentaux et actuels en rapport avec la Méde- cine Interne Générale;
– Information de la population, des autorités et d’autres institutions sur les objectifs et les positions de la SSMIG;
– Prestation de services en faveur des membres;
– Recrutement et administration des membres.
Les statuts de la SSMIG, dont ces lignes rédigées par de jeunes internistes généralistes sont les préambules, parviendront en octobre aux membres de nos deux sociétés, qui ont déjà reçu, par mail, les convocations aux assemblées générales extra-ordinaires citées en titre. Ce terme ne reflète pas uniquement une déno- mination juridique, selon nos statuts respectifs, mais un événement en lui-même extraordinaire. Nous ne connaissons pas de tel précédent dans l’histoire des sociétés de disciplines médicales de Suisse, qui ont plutôt tendance à se fractionner en sous-spécialités.
Ici, tous les internistes généralistes de Suisse, qu’ils exercent en milieu privé ou public, en ambulatoire ou en hospitalier, en ville ou en campagne, auront l’oppor- tunité extraordinaire et unique, de fonder une disci-
La SSMIG sera la société médicale la plus grande de la FMH.
ORGANISATIONS DU CORPS MÉDICAL SSMI / SSMG 1843
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(50–51):1843–1844
pline médicale suisse imposante, avec plus de 8000 membres. La SSMIG sera la société médicale la plus grande de la FMH. Cette union et cette force feront de nous et de MFe, qui s’en trouvera renforcée, des acteurs incontournables dans les décisions portant sur l’orga- nisation et la rémunération des prestations médicales en Suisse.
La création de la SSMIG nous rassemblera aussi autour de la défense de valeurs communes, celles du généra- lisme. Le généralisme de 2015 conserve l’idée de nos
prédécesseurs «généralistes», proches des patients et des familles. Il recouvre toutefois des ambitions nou- velles: celles de pratiquer une médecine intégrative, performante non seulement parce que basée sur les évidences scientifiques, mais également parce qu’atten- tive aux réalités de nos patients actuels, de plus en plus complexes, polymorbides et perdus dans une organi-
sation des soins trop fragmentée et spécialisée. Le généralisme sousentend, en plus, une prise de respon- sabilité plus globale quant aux systèmes de santé, non seulement de par son engagement à pratiquer une médecine plus efficiente sur le plan des coûts, mais également par celui de participer à une réflexion et à des modèles innovants quant à l’organisation des soins. Le généralisme, une discipline en avance sur son temps? Certainement, car elle se trouve, plus que toute autre, au cœur des problématiques de santé de nos concitoyens.
Vous aimez relever les défis et contribuer au progrès?
Alors, rejoignez-nous le 17 décembre 2015 à Berne pour un événement extraordinaire et historique.
Nous sommes convaincus de la pertinence et de la nécessité de ce projet et nous nous réjouissons de partager cette aventure stimulante avec TOUS les membres de nos deux sociétés actuelles.
Crédit photo
© Ricardoreitmeyer | Dreamstime.com Dès le 17 décembre, un chemin commun mènera à l’objectif de promouvoir la médecine interne générale.
lzemp[at]sgim.ch
Rejoignez-nous pour un événement extraordinaire et historique.
ORGANISATIONS DU CORPS MÉDICAL SSMI / SSMG 1844
Communiqué conjoint de Swissmedic et de la Fondation pour la Sécurité des Patients (FSP)
Surdosages accidentels du méthotrexate à faible dose
Beat Damkea, Ruedi Stollerb, Margrit Leutholdc, David Schwappachd
a Dr, Clinical Reviewer Swissmedic; b Senior Expert, Swissmedic; c Dr Directrice, Fondation pour la Sécurité des patients Suisse;
d Prof. Dr, MPH, Directeur Scientifique de la Fondation pour la Sécurité des patients Suisse
Déjà en 2012 [1], Swissmedic et la Fondation pour la Sécu- rité des Patients avaient attiré l’attention sur de graves incidents en relation avec du méthotrexate à faible dose que certains patients atteints d’arthrite rhumatoïde ou de psoriasis avaient pris à un rythme journalier au lieu d’hebdomadaire. En règle générale, la dose prescrite à ces patients oscille entre 10 et 15 mg par semaine, et le fait de prendre une telle dose chaque jour entraîne de graves intoxications dont l’issue est parfois létale.
Parallèlement, la Fondation pour la Sécurité des Patients a publié en collaboration avec plusieurs médecins spé- cialistes et associations professionnelles une Quick Alert® intitulée Intoxications au méthotrexate. Mais de- puis lors, des cas de prises journalières erronées conti- nuent à être déclarés.
De 1997 à mi-2015, Swissmedic a reçu au total 675 an- nonces d’effets indésirables (EI) liés au méthotrexate. La ventilation de ces dernières est la suivante :
– Enregistrement de 18 surdosages accidentels, essen- tiellement par voie orale mais également dans cer- tains cas par voie sous-cutanée (prise journalière au lieu d’hebdomadaire), dont 4 qui se sont soldés par une issue fatale (2000, 2009 [2] et 2014).
– Les 4 personnes qui sont ainsi décédées avaient pris le médicament en question chaque jour pendant 10, 12,
14 et 17 jours. Et sur ces 4 patients, 3 souffraient paral- lèlement d’insuffisance rénale.
– 14 annonces faisaient état d’une prise journalière pendant plus de 10 jours, et 4, d’une prise pendant 6, 8, 8 et 9 jours.
Les erreurs avaient été commises au niveau d’interfaces situées à tous les échelons du processus thérapeutique:
lors de la prescription par le médecin, de l'administra- tion par le personnel soignant ou par des proches, de la remise en pharmacie ou de l’utilisation par le patient, en raison d'une absence ou d’un manque de communica- tion. Et ces erreurs ne se cantonnaient pas au début du traitement, car certaines se sont également produites lorsque ce dernier avait déjà été bien mis en route. En l’occurrence, chaque changement est critique, qu’il s’agisse du passage de seringues prêtes à l'emploi à usage sous- cutané à des comprimés, d’un transfert vers un autre établissement, ou d’un changement au niveau du per- sonnel soignant. Après évaluation des différents cas an- noncés, Swissmedic constate également que les patients ont souvent le sen timent qu’ils ne peuvent pas se limiter à un comprimé une fois par semaine seulement. Il est donc d’autant plus important que ces derniers reçoivent des instructions très précises de la part des profession- nels de santé et qu’ils fassent l’objet d’une surveillance.
Swissmedic analyse actuellement d’autres mesures plus poussées pour éviter les intoxications accidentelles au méthotrexate à faible dose.
Résumé: Tous les professionnels de santé devraient veil- ler à ce que les patients atteints d’arthrite rhumatoïde ne prennent du méthotrexate à faible dose qu’une fois par semaine seulement. L’ensemble des personnes impli- quées, qu’il s’agisse des spécialistes, des patients, de leurs proches ou d’autres, doivent recevoir les instruc- tions adéquates. Les patients doivent être surveillés. En cas de signes d’un surdosage éventuel (mucosite/stoma- tite, anémie, leucopénie, thrombocytopénie ou insuf- fisance rénale aiguë), la fréquence des prises doit impérativement être vérifiée. Swissmedic reste en contact avec les entreprises, les fédérations de patients, les organisations de soins ainsi qu’avec les associations et organisations professionnelles concernées afin de décider d’éventuelles mesures supplémentaires.
1 Abegglen J, Frank O, Hochreutener MA, Stoller R. Surdosage accidentel de métho- trexate. Bull Méd Suisses. 2012;
93(49):1818 et Pharma- journal. 2012;(25):7.
Correspondance:
Dr Beat Damke
Clinical Reviewer Swissmedic beat.damke[at]swissmedic.ch www.swissmedicinfo.ch
Suite à de nouvelles annonces de complications graves survenues chez des patients souffrant d’arthrite rhumatoïde ou de psoriasis, qui avaient pris du méthotrexate à faible dose à un rythme journalier au lieu d’une fois par semaine, nous rappelons les mesures de précaution qu’il y a lieu de respecter impérativement. Les erreurs surviennent fré- quemment au niveau des interfaces, notamment après un changement d’établissement ou de préparation, ou quand un suppléant prend la relève lors d’un départ en vacances.
Par conséquent, des vérifications et des contrôles systématiques doivent être réalisés depuis le moment de la prescription jusqu’à celui où les instructions sont communi- quées aux patients et aux proches sans oublier le stade de la remise, afin de garantir que le méthotrexate à faible dose soit administré seulement une fois par semaine.
Annonce d’effets indésirables suspectés
S’agissant des annonces d’effets indésirables liés à des médicaments (EI), Swissmedic recom mande d’utiliser le portail d’annonces conçu à cet effet. Les EI peuvent être saisis direc tement sur le système électronique de vigilance ElViS. Il est cependant encore pos- sible de transmettre le formulaire d’annonce correspondant à un centre régional de phar- macovigilance. Ce formulaire est disponible sur le site web de Swissmedic ou peut être commandé directement auprès de Swissmedic (tél.: 058 462 02 23). (Toutes les informa- tions nécessaires sont publiées à l’adresse Pharmacovigilance.) Vous trouverez les prépa- rations autorisées en Suisse à cette adresse: www.swissmedicinfo.ch
AUTRES GROUPEMENTS ET INSTITUTIONS Swissmedic/FSP 1845
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2015;96(50–51):1845