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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Danero Iglesias, J. (2011). La Construction discursive de la Nation République de Moldavie, 2001-2009 (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des Sciences sociales et politiques – Sciences politiques, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/209802/6/a92c4b27-d51e-4371-8c94-49421ec0270f.txt
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UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES, UNIVERSITÉ D’EUROPE
ULB
FACULTÉ DES SCIENCES SOCIALES ET POLITIQUES DEPARTEMENT DE SCIENCE POUTIQUE
LA CONSTRUCTION DISCURSIVE DE LA NATION
République de Moldavie 2001-2009
Dissertation présentée en vue d’obtenir le titre de docteur en Sciences politiques et sociales
Par Julien Danero Iglesias
Sous la direction du Professeur Jean-Michel De Waele
011-2012
UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES, UNIVERSITÉ D’EUROPE
ULB
FACULTÉ DES SCIENCES SOCIALES ET POLITIQUES DEPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE
DéDart»- rnent des Scief'- ■Politiques
0 7 OCT. 2011
Pascale Mt -Kers Secrétariat du Di rtement
LA CONSTRUCTION DISCURSIVE DE LA NATION
République de Moldavie 2001-2009
Dissertation présentée en vue d’obtenir le titre de docteur en Sciences politiques et sociales
Par Julien Danero Iglesias
Sous la direction du Professeur Jean-Michel De Waele
Année académique 2011-2012
La réalisation de cette thèse, avec ses qualités et ses défauts, n’aurait pas été possible sans le concours de nombreuses personnes. Je tenais ici à les remercier. Toutes et chaleureusement.
Un énorme merci tout d’abord à Jean-Michel De Waele, le directeur de cette thèse, anciennement dénommé «Professeur adoré» dans mon téléphone portable («jmdw » aujourd’hui, depuis que l’ancien s’est cassé). Merci pour son soutien tout au long de cette recherche, et celles d’avant, et celles d’après. Merci pour sa patience, pour ses lectures, ses commentaires et ses obsessions, parfois agaçants, toujours constructifs. Merci, encore.
Un très grand merci à Aude Merlin qui a tant donné de son temps pour relire les parties historiques et contextuelles de cette recherche et pour en avoir fait quelque chose de beaucoup mieux. Merci pour son insistance sur le bon usage des guillemets, je pense avoir compris, «je pense », seulement.
Un très grand merci aux trois autres membres du jury :
Ramona Coman, pour avoir accepté au tout dernier moment de partager sa connaissance, entre autre, de l’analyse de discours, pour avoir cru en cette thèse, et dans ce cas, du tout début à la toute fin.
Antoine Roger, pour avoir écrit ce livre qui m’a été si utile et qui m’a permis de m’y retrouver, pour sa lecture attentive et enthousiasmante de mon chapitre théorique.
Wim Van Meurs, pour avoir accepté sans me connaître de me donner son avis sur l’un des chapitres empiriques de cette thèse, et pour avoir accepté finalement d’évaluer l’entièreté de cette recherche.
Un très grand merci à Ludmila Zbanf Sans son accueil chaleureux à l’Université d’Etat de Chiçinâu, sans son investissement pour me trouver des contacts, sans sa disponibilité, mes recherches de terrain auraient été bien ardues.
Un grand merci à Jean-Benoît, qui a lu une ébauche de cette thèse même si tant le sujet que l’approche étaient loin de ses intérêts. Merci pour son soutien et sa disponibilité tout au long de l’écriture.
Merci aussi à Justine Lacroix, pour avoir accepté immédiatement d’entrer dans mon comité d’accompagnement si peu de temps avant la fin de cette recherche, pour avoir eu la gentillesse aussi de corriger mon tout premier projet de thèse il y a quelques années.
Un énorme merci à mon comité de lecture, disponible, pressé et efficace ; Marie (eh oui, le cadre théorique, tu te l’es tapé), Emilie (plus de chance avec l’Eurovision), Amandine (aaah, les images), Lou (NBP), et assurément Nathalie et Sharon, premières lectrices critiques de bien des pages de cette thèse. Sans votre disponibilité, j’y serais encore.
Un très très grand merci aux collègues. Ramona (la thèse est déposée, va falloir arrêter de filmer...), Emilie (c’était quoi ce magasin de Wicker Park ?), Sinziana (AA ou LGBT ?), Leslie (un muffin ?), Anissa (je dis non au terrorisme). Régi’ (1 lh30, c’est midi, pourquoi ?), Guido et Clément (1 lh45, alors ?), Maïté (Polska-Moldova, même combat), Lou (comment tu dis ‘merci’ en russe ?), Giulia (la tesi malefica), Laurie (comme quoi, y a de l’espoir), Fanny (je rêvais d’un autre monde...), Federica (no al italiano), et assurément Blago (1000 ans d’histoire), Cristina (Sa traiascâ B.P. !), Nathalie (plus jamais chez Victoria’s Secret), Mandy (non, y a pas d’éléphants en Moldavie), Sharon (halili hala) et Nico (il reste une plinthe à mettre...).
Tous m’ont supporté pendant ces quelques années, tous ont permis que ces années soient de très bonnes années.
Un très très grand merci aux copains, Forestois et assimilés, ulbistes et bonifaciens. Anish (un mot, ça va pas le faire), Mane (encore moins) et Dimite (non plus). Laurent (T’as vu Quoupitt ?). Marie (l’ACD, y a que ça de vrai). Dauphin (meilleurs vœux !), Robinou (un fossé, un fossé !), Morel (je sais, t’as un prénom, mais on l’a oublié) et Dona (Forest, c’est pas Saint-Gilles). Tisch (t’es où là ?), Care (j’ai fait le 100, t’as pas répondu). Montagne (c’était ça, ou Zaz), Maripou (Forest, c’est mieux que Saint-Josse), le Pot (po), la Coste (y a beaucoup d’églises en Moldova) et Lio (un café ?). Et Chapix, bien sûr (J-.).
Merci de m’avoir écarté de cette thèse, de vous en être moqué, et d’avoir permis de relativiser tout ça. Merci aussi d’être toujours là, malgré les nombreux départs.
Un très très grand merci aux copains, Chiçinâuiens et assimilés. Veronica (Speran(a (àrii, eu siguran(a eçti tu), Valère (j’ai deux amours, mon pays et Paris), Doina (tu veux du spéculons?), Liliana (aussi?), Adrien (sois poli avec ton père), Adrian (oui, toi aussi !), Amélie (aaaah Jipova), Gasprom (Chiçinul, c’est mieux que Vienne), Charlotte (qu’on amène du verre pilé), et assurément Bobet (Lady B., Louison, la grande dame).
Merci de m’avoir accueilli, d’avoir empêché que ma tête ne termine dans le four, la Moldavie était bien belle en votre présence.
Un très très grand merci aux copains, Bucarestois et assimilés. Romain, Mickaël, Vale, Paco, Denis, Joachim, Maitane et Cristina (SMLPLBM), Comelia (et ce bar ?), Alexandra (plus jamais au Mail), Andreea (ah, ce bureau à trois), et assurément Ozge (Berceni, quand tu veux), Càtâlin et Daniela (Jos pâlâria !).
Merci d’avoir fait de ces deux années à Bucarest le début d’une belle histoire.
Enfin, merci à mes parents. Un énoooooorme merci. Pour... tout.
Au frère et à la sœur. A la belle-sœur, aux enfants et au filleul. Un énorme merci pour... Bah, vous savez bien.
Ah, et merci aussi à Claudette Wyms, Dexter Morgan, Walter White, Patty Hewes, Jimmy McNulty, Jason Stakehouse, et dernièrement, Alicia Florrick. A Eric S. aussi (Stop, don ’t say that it ’s impossible, ’eoz I know it ’s possible).
INTRODUCTION I 1. De l'étude des relations interethniques à celle d'un nationalisme particulier 4
2. Plan de la recherche 7
3. Intérêt 10
CHAPITRE I : LE NATIONALISME COMME INSTRUMENT DE LEGITIMATION
POLITIQUE_________________________________________ 15
1. Une définition et une typologie du nationalisme 20
1.1. Kohn : Nationalisme « occidental » et « oriental » 21
1.2. Reprise explicite de la dichotomie de Kohn 26
1.3. Affinement de la dichotomie de Kohn 30
1.4. Critiques et enseignements de l'usage de la dichotomie de Kohn 35
1.5. Alternatives à la dichotomie de Kohn 41
1.6. Conclusion : De l'utilité d'une typologie pour étudier le nationalisme 46
2. Les classifications des théories du nationalisme 49
2.1. Classification traditionnelle entre « primordialistes » et « modernistes » 49
2.2. Une méthode alternative de classification 55
2.3. Conclusion sur les classifications 60
3. Le nationalisme comme instrument de légitimation politique 62
3.1. Définition 63
3.2. La formation du nationaiisme selon Hermet 67
3.3. Une dimension structurelle, psychologique et culturelle : le « ressentiment » selon Greenfeld « 69
3.4. Réinterprétation et « protonationalisme » de Hobsbawm 71
3.5. Une stratégie d'acteurs 74
3.5.1. La conscription et la guerre 76
3.5.2. Les mythes 77
3.5.3. L'enseignement 79
3.5.4. La langue 80
3.5.5. L'Histoire 82
^3.6. Actualisation de la théorie : la « triade relationnelle » de Brubaker ~ 84
» 3.6.1. La « spécificité » de l'Europe centrale et orientale - 85
3.6.2. La triade relationnelle de Brubaker 87
3.6.3. L' « Etat nationalisant » 90
--- 3.7. Conclusion : Le paradigme du nationalisme en tant qu'outil de légitimation politique 92
4. Etudier le nationalisme 95
4.1. Une analyse de discours pour étudier le nationalisme 95
4.2. Une Analyse critique de Discours 100
4.3. Limites de l'Analyse critique de Discours 104
4.4. Méthodologie de la recherche 106
I
5. Justifications du paradigme 110
5.1. Un choix inductif 111
5.2. Evaluation du paradigme 114
6. Conclusion 118
CHAPITRE II : VERS UN PROJET NATIONAL DISTINCT___________________ 123
1. Avant 1991 : les projets nationaux concurrents et leurs influences 127 1.1. Avant la 1^"® Guerre mondiale : entre le tsarisme et le nationalisme roumain 129
1.1.1. La Bessarabie tsariste 132
^ 1.1.2. La non-émergence d'un nationalisme « moldave » 138
1.1.3. L'attraction du nationalisme roumain 139
1.1.4. Conclusion : les prémices d'une identité moldave particulière i 141
•' 1.2. La concurrence des projets nationaux de l'entre-deux-guerres 143
• 1.2.1. La montée d'un mouvement social (et national) en Bessarabie 143
1.2.2. La Bessarabie dans la Grande Roumanie 148
• 1.2.3. La RASSM : l'objectif politique et la création du « moldovénisme » 151 1.2.4. Conclusion : les difficultés d'une création nationale » 158 1.3. La Moldavie soviétique et la création d'une identité nationale particulière 160
» 1.3.1. La Seconde Guerre mondiaie : entre « occupation(s) » et « iibération(s) » 160 1.3.2. Une république socialiste soviétique « comme les autres » 166 1.3.2.1. Jusqu'à la mort de Staline : l'ancrage de l'identité soviétique 167
1.3.2.2. Khrouchtchev et une Moldavie peu « remarquable » 170
J 1.3.2.3. Brejnev et la moldavisation de la république 172
1.3.3. Conclusion : une identité soviétique moldave particulière - 175
2. République de Moldavie : Etat indépendant. Etat nationalisant 180
2.1. Gorbatchev et la fin de l'Union soviétique 182
2.2. Le mouvement d'indépendance moldave et la « renaissance nationale » 186 2.3. L'importance du Moldovénisme tout au long des premières années de l'indépendance 189
2.3.1. La perte de cohésion du FPM et la guerre civile 189
2.3.2. La modération après le conflit 193
2.3.3. Le PDAM au pouvoir et ses mesures nationalisantes 197
2.3.4. Conclusion : Le choix politique du moldovénisme 201
2.4. Le Moldovénisme du PCRM entre 2001 et 2009 203
2.4.1. L'arrivée au pouvoir des Communistes 203
2.4.2. Les champions du Moldovénisme 207
2.4.2.1. Une langue « moldave » comme « Langue d'Etat » 210
2.4.2.1.1. Une langue « politique » 210
2.4.2.1.2. Une loi qui n'est pas respectée 214
2.4.2.1.3. Un bilinguisme peu harmonieux 217
2.4.2.1.4. Une situation évolutive 221
2.4.2.1.5. Conclusion ; l'ambiguïté de la politique linguistique du PCRM 223
2.4.2.2. Une histoire nationale « moldave » 224
2.4.2.2.1. Des manuels aux titres et aux contenus controversés 225 2.4.2.2.2. Les interprétations opposées de l'histoire nationale 228
2.4.2.2.3. Des monuments et commémorations disputés 234
2.4.2.2.4. Conclusion : une histoire « choisie » 238
2.4.2.3. Moldovéniser la culture 240
2.4.2.3.1. Une politique culturelle (in)existante 240
2.4.2.3.2. Une politique culturelle sans moyens 244
2.4.2.3.3. Conclusion : une politique culturelle hésitante ? 246 2.4.3. L'Etat nationalisant entre 2001 et 2009 : le moldovénisme comme instrument politique ? a 247
2.5. Après le PCRM : de nouvelles mesures nationalisantes ? 253
2.5.1. Blocage politique et nouveaux partis au pouvoir 253
2.5.2. De nouvelles politiques nationalisantes 261
2.5.3. Conclusion : La division de l'AIE 265
3. Conclusion 266
CHAPITRE III : LA NATION SELON LE PRESIDENT__________________________ 271
1. Approche méthodologique 276
1.1. Les données 276
1.2. Hypothèses spécifiques 277
2. La construction discursive de la nation moldave selon Vladimir Voronine 280
2.1. Passé-Présent-Futur 282
2.1.1. Un passé historique glorieux 282
2.1.2. Un passé récent tragique 287
2.1.3. L'absence de la Grande Roumanie et de l'Union soviétique 289
2.1.4. Le présent : un locus terribilis 291
2.1.5. L'avenir : un locus amoenus 293
2.1.6. Conclusion ; la légitimation et la tension du présent 297
2.2. Le « soi » et I' « autre » 299
2.2.1. La « Maison commune » 300
« 2.2.2. La tension entre nation « civique » et « ethnique » 303
2.2.3. Le cas de la Transnistrie 306
2.2.4. L' « autre » 310
2.2.5. Conclusion : Un « soi » ambigu, un « autre » absent 317
2.3. La Seconde Guerre mondiale : une construction discursive différente 320
2.3.1. Le passé du « soldat soviétique » s 321
2.3.2. Un « soi » soviétique, un « autre » fasciste •• 325
2.3.3. Conclusion : un discours aux vétérans 332
3. La construction discursive de la nation moldave selon Mihai Ghimpu 334
3.1. Passé-Présent-Futur 335
3.1.1. Un passé récent légitimant 335
3.1.2. Un avenir européen menacé par la dictature 339
3.1.3. Conclusion : un passé roumain, un avenir européen 343
3.2. Le « soi » roumain et l'absence de I' « autre » 346
4. Conclusion 351
CHAPITRE IV : LA NATION COMME ENJEU ELECTORAL_________________ 3^
1. Approche méthodologique 361
1.1. Les données 361
1.2. Hypothèses spécifiques 363
2. La construction discursive de la nation selon les partis 365
2.1. Parti des Communistes de République de Moldavie 366
2.1.1. Un moment historique crucial 366
2.1.2. Le camp du bien 368
2.1.3. Le « nous » 375
2.1.3.1. Dans Moldova Suveranâ 375
2.1.3.2. Dans les spots de campagne 380
2.1.4. Le camp du mal 386
2.1.5. L' « autre » 390
2.1.6. L'opposition et l'« autre » en image 393
2.1.7. Conclusion 398
2.2. L'Alliance « Moldova Noastrà » 402
i 2.2.1. l'antidote de l'AMN contre les « mensonges » communistes 402
2.2.2. Le discours général de l'AMN 411
2.2.3. Conclusion 420
2.3. Parti libéral démocrate de Moldavie 422
2.3.1. Définir le « nous » 422
9 2.3.2. La dictature communiste 426
2.3.3. Le retour à la normalité 434
2.3.4. Conclusion 436
2.4. Parti libéral 438
2.5. Parti démocrate de Moldavie 443
3. Conclusion 452
CHAPITRE VI : LA NATION DANS LA PRESSE_____________________________ 4^
1. Approche méthodologique 464
1.1. Les données 464
1.1.1. L' « indépendance » de la presse moldave 464
1.1.2. Les articles au sujet du Concours Eurovision de la Chanson 469
1.2. Hypothèses spécifiques 470
2. La construction discursive de la nation dans la presse 472
2.1. L'Eurovision et la Moldavie 473
2.2. L'importance du concours pour la nation 480
2.3. L'implication du politique et sa critique 482
2.4. Le « nous » moldave et « notre » pays 487
2.4.1. La « bonne tradition autochtone » des sélections nationales 487
2.4.2. Au concours comme « à la maison » 493
2.5. Les nouvelles figures de la nation 497
2.6. L' « autre », roumain et russe 505
2.6.1. Etre représentés par un Roumain ou représenter la Roumanie 505
2.6.2. Donner et recevoir des points 507
3. Conclusion 513
CONCLUSION 517
1. Les étapes de la recherche 519
2. Une nation ad hoc 524
3. Une nation « politique » ou « primordiale » selon les acteurs 530
4. Un nationalisme forcément exclusif 531
5. L'importance du discours 536
6. Un nationalisme banal aux caractéristiques peu banales 538
BIBLIOGRAPHIE_____________________________________________________ 54f
Monographies 541
Parties d'ouvrages 547
Articles scientifiques 551
Working Paper 556
Rapports 556
Articles de vulgarisation 557
Articles de presse 557
Documents légaux 558
Internet 558
Sites officiels 558
Sites de partis politiques 559
Sites de ressources en ligne 559
Sites d'artistes moldaves 559
Ressources disponibles sur internet 559
Blogs 560
Articles de presse en ligne 560
Entretiens 563
SOURCES UTILISEES POUR ANALYSE DE DISCOURS
565Chapitre III 565
Discours de Vladimir Voronine 565
Discours prononcés à l'occasion de l'investiture 565
Discours prononcés à l'occasion du Nouvel An 565
Discours prononcés à l'occasion de la Journée de l'Europe 566
Discours prononcés à l'occasion de la Journée de la Victoire 566
Discours prononcés au Mémorial de la Seconde Guerre mondiale de §erpeni 567 Discours prononcés à l'occasion de la Journée de l'Indépendance 567 Discours prononcés à l'occasion de la Journée nationale du Vin 568
Discours prononcés à d'autres occasions 569
Discours de Mihai Ghimpu 570
Chapitre IV 572
Articles dans Moldova Suveranâ 572
Articles dans TimpuI 574
Articles de l'AMN 574
Articles du PLDM 575
Articles du PL 576
Articles du PDM 577
Chapitre V 577
Articles dans Moldova Suveranâ 577
Articles dans TimpuI 578
ArX\c\es dans Jurnal de Chisinau 580
Index des caites, tableaux ét illustrations
Carte 1 : Les Principautés roumaines au Moyen Age... 130
Carte 2 : La Bessarabie tsariste (1)... 132
Carte 3 : La Bessarabie tsariste (2)... 147
Carte 4 : La Grande Roumanie...150
Carte 5 : La République autonome socialiste soviétique moldave... 157
Carte 6 : La République socialiste soviétique de Moldavie... 166
Carte 7 : République de Moldavie indépendante...181
Tableau 1 : Caractéristiques des nationalismes « civique » et « ethnique » selon Kohn... 25
Tableau 2 : Reprise de la dichotomie de Kohn par Ignatieff, Plamenatz et Kellas...29
Tableau 3 : Types de nationalisme selon Gellner... 31
Tableau 4 : Types de nationalisme selon Greenfeld... 32
Tableau 5 : Types de nationalisme selon Smith... 34
Tableau 6 : Classification des théories du nationalisme selon Birnbaum... 50
Tableau 7 : Classification des théories du nationalisme selon Smith... 51
Tableau 8 : Classification des théories du nationalisme selon Ozkirimli...53
Tableau 9 : Classification des théories du nationalisme selon Roger... 57
Tableau 10 : Disposition générale des théories du nationalisme selon Roger... 59
Tableau 11 : Configuration triadique de Brubaker...88
Tableau 12 : Population en Bessarabie au 19«™« siècle... 134
Tableau 13 : Population « roumaine » en Grande Roumanie en 1930...148
Tableau 14 : Population de la RASSM en 1926 et 1936...152
Tableau 15 : Répartition de la population de la RSSM en 1989, par nationalités... 179
Tableau 16 : Elections législatives du 27 février 1994... 197
Tableau 17 : Elections présidentielles du 17 novembre et du 1er décembre 1996... 200
Tableau 18 : Résultats du PCRM entre 1998 et 2010... 206
Tableau 19 : Répartition ethnique de la population en 2004... 222
Tableau 20 : Répartition ethnique des votes pour le PCRM (2003-2009]... 254
Tableau 21 : Résultats des élections de 2009 et 2010... 260
Tableau 22 : Récapitulatif des participations de la Moldavie à l’Eurovision... 476
Tableau 23 : Points accordés par la Moldavie [2005-2011]...479
Tableau 24 : Points attribués à la Moldavie [2005-2011]...:...480
Illustration 1 : Cotova, avant et après, septembre 2011... 3
Illustration 2 : Etienne le Grand, Bàlfi, 2011... 131
Illustration 3 : Mémorial « Immortalité » en rase campagne, 2009... 165
Illustration 4 : Mémorial des Jeunes antifascistes, Cahul, 2011... 169
Illustration 5 : Le Dniestr, 2009...190
Illustration 6 : Chiçinàu, 2009... 210
Illustration 7 : Plaques de rue bilingues, Cahul, 2011...220
Illustration 8 : Graffiti à Chiçinâu, 2011... 232
Illustration 9 : Louve capitoline de Chiçinàu, 2011... 237
Illustration 10 : Graffiti à Chiçinâu, 2010... 239
Illustration 11 : « Un Moldave », Cahul, 2011...246
Illustration 12 : « La République de Moldavie est ma patrie », Chiçinàu, 2008... 252
Illustration 13 : Manifestants d’avril 2009, Chiçinâu...256
Illustration 14 : Un « nous » inclusif, Chiçinâu et Cahul, 2011... 345
Ce 27 août 2011, la République de Moldavie a fêté les 20 ans de la proclamation de son indépendance. Ce jour-là, au centre de Chiçinâu, la capitale, les membres du gouvernement ont déposé des fleurs devant la statue d’Etienne le Grand, figure symbolique de l’indépendance moldave, tandis que l’armée moldave a défilé sur la Place de la Grande Assemblée nationale avant qu’un concert et un feu d’artifice ne soient organisés. Quelques jours plus tard, ce 31 août 2011, la République de Moldavie a fêté « Notre Langue ». Ce jour- là, dans le parc central de Chiçinàu, les membres du gouvernement ont prononcé des discours sur l’importance de la langue parlée en Moldavie, sur son combat face à d’autres langues considérées comme plus fortes, avant que des concerts et récitals ne soient organisés. Depuis, des affiches géantes et des petits drapeaux viennent rappeler à tous les habitants du pays ces deux journées particulières pour la nation moldave.
Si l’on met ensemble ces deux célébrations, cette parade, ces concerts, ces discours, cette statue, et si on l’essaie de comprendre ce qui est enjeu pour un Etat indépendant depuis à peine vingt ans, on peut estimer que tous ces éléments peuvent être vus comme les manifestations d’un «nationalisme banal », selon l’expression de Michael Billig', par lequel les représentations quotidiennes de la nation créent une solidarité et un sens d’appartenance imaginaire pour les membres d’une communauté.
Toutefois, les éléments qui constituent ce nationalisme banal aujourd’hui en Moldavie ne sont pas figés et sont continuellement discutés. En témoigne le démontage récent de la statue de Lénine dans un petit village du nord du pays, Cotova. A la fin de ce mois de septembre 2011, le conseil municipal a décidé à l’unanimité de faire démonter la statue de T « idole bolchévique »^ et de la remplacer par celle d’Etienne le Grand. En effet, selon le conseiller à l’origine du vote, « Notre pays a eu des seigneurs qui ont montré leur amour de la patrie. Ce qu’a fait Lénine, ce n’est pas de l’histoire, c’est du poison »^ et ce dernier a été envoyé au musée local. Cette décision a alors entraîné la réprobation dans le village, plusieurs habitants se réunissant devant le socle vide afin de crier à T « illégalité »^* et de réclamer le retour de Lénine. Cet épisode récent montre que la définition du qui « nous » sommes, de quel est «notre» passé, de ce que «nous» voulons en faire, n’est pas simple aujourd’hui en Moldavie. Cet épisode montre aussi que la vision de certaines autorités quant à ce « nous »
' M. BILLIG, Banal Nationalism, Sage, Londres, 1995.
' [s.a.], « Il vor pe Lenin înapoi (Ils veulent le retour de Lénine) », in ; Timpul.md, Chiçinâu, 28 septembre 2011, www.timpul.md/articol/il-vor-pe-lenin-inapoi-27444.html. (dernier accès octobre 2011).
^ [s.a.], « Lenin demolat la Drochia si înlocuit eu Stefan cel Mare (Lénine démoli à Drochia et remplacé par Etieime le Grand)», in: Unimedia.md, Chiçinâu, 28 septembre 2011, unimedia.md/?mod=news&id=39498 (dernier accès octobre 2011).
[s.a.], « Il vor pe Lenin înapoi ».
n’est pas forcément celle de la population et que les éléments qui permettent de définir ce
« nous » sont parfois imposés par ces autorités.
Sur cette base, et au-delà de cette actualité récente, cette thèse se concentre sur les manifestations de ce nationalisme banal, mais pas seulement, elle entend en effet se pencher sur la définition du « nous » moldave et étudier un nationalisme dans son ensemble, un nationalisme qui a joué un rôle essentiel dans la Moldavie indépendante : le
« moldovénisme »^, pouvant être entendu dans un premier temps comme promouvant l’existence et l’indépendance d’une nation moldave distincte. Ce nationalisme a été celui du Parti des Communistes de Moldavie (PCRM) au pouvoir dans le pays entre 2001 et 2009, le premier parti politique revendiquant explicitement la continuité avec le communisme soviétique à parvenir au pouvoir dans le monde postcommuniste depuis la chute de l’Union soviétique^. Ce nationalisme a été contesté violemment par des « roumanistes », pouvant être considérés dans un premier temps comme insistant sur l’inexistence d’une nation moldave distincte et insistant sur l’appartenance des Moldaves à la nation roumaine. Alors que la statue de Cotova a été démontée par une décision d’un conseil municipal fait de partis politiques à tendance « roumaniste », c’est le moldovénisme du PCRM qui est l’objet de cette thèse. Ce syntagme, « moldovénisme du PCRM », donne un indice de la perspective que nous avons adoptée tout au long de la recherche ; étudier im nationalisme promu par un parti au pouvoir, observer comment et pourquoi ce parti met en avant une nation particulière, comment et pourquoi il construit discursivement une nation.
Afin d’introduire l’ensemble de notre recherche sur cette thématique ainsi esquissée, nous commencerons par expliquer comment nous en sommes venus à nous interroger sur le moldovénisme. Cette étape nous permettra alors de donner une première version de notre question de recherche. Sur cette base, nous pourrons expliquer le plan et la structure de la thèse avant d’en montrer l’intérêt. * *
^ Le terme moldovénisme vient du terme moldovean signifiant « moldave » en roumain. « Moldovénisme » se dit Moldovenism en roumain. En anglais, on rencontre les formes « moldovanism >> ou « moldovenism » dans la littérature ; en finançais, alors que l’on rencontre parfois la forme « moldovanisme », nous lui préférons une forme calque du roumain.
* ® L. MARCH, « Power and Opposition in the Former Soviet Union. The Communist Parties of Moldova and Russia », in ; Party Politics, 12, nr.3, 2006, p.342.
Illustration 1 : Cotova, avant et après, septembre 2011.
Source : Timpul.md et Unimedia.md.
7. De Vétude des relations interethniques à celle d^un nationalisme particulier
En République de Moldavie, selon le recensement de la population de 2004, vivent 75,8% de Moldaves, 8,4% d’Ukrainiens, 5,9% de Russes, 4,4% de Gagaouzes^, 2,2% de Roumains^ et 1,9% de Bulgares^. Région ayant toujours été historiquement à la marge d’ensembles étatiques plus grands - Empire ottoman. Empiré russe. Grande Roumanie, Union soviétique -, la Moldavie est située « à la croisée des chemins à un « carrefour »", où le caractère mélangé de la population actuelle est le reflet de cette situation géographique et
^ historique. Pour l’observateur étranger, ce qui frappe lors d’une première visite à Chiçinâu, c’est la juxtaposition des inscriptions en roumain et en russe sur les vitrines des magasins ; c’est la facilité avec laquelle certains habitants tiennent une conversation en roumain dans un restaurant et passent directement au russe quand ils s’adressent au serveur ; c’est une roumanophone qui reprend à tue-tête les paroles en russe d’une chanson qui passe sur son autoradio après avoir expliqué que le russe est une langue impériale et qu’il faut préserver le roumain en Moldavie. Par ailleurs, ce qui frappe tout autant que cette facilité pour certains à passer du roumain au russe et inversement, ce sont des conversations étranges où l’un des interlocuteurs s’adresse en roumain et l’autre lui répond en russe, ou inversement. Cette situation ne pose parfois aucun problème, elle provoque parfois néanmoins une certaine animosité.
Sur bases de ces quelques impressions, nous avons effectué une première recherche de terrain à Chiçinâu à l’été 2007, au cours de laquelle nous avons rencontré plusieurs personnes, membres d’organisations non-gouvemementales, analystes politiques et journalistes.
L’objectif était de sonder l’articulation des relations interethniques dans le pays afin de jeter les bases de notre recherche doctorale qui venait de commencer. A partir de cette première thématique, la majorité des personnes interrogées en venait à parler des Russes et des
’ Population d’origine turque, convertie à la religion chrétienne orthodoxe et parlant le gagaouze, langue proche du turc.
* Cette distinction entre Moldaves et Roumains peut sembler étrange, elle sera discutée dans le deuxième chapitre de cette thèse.
’ Recensement de la population de République de Moldavie de 2004. Voir : Moldova in Cifre. Breviar statistic (La Moldavie en chiffres. Bréviaire statistique). Bureau national de Statistique de Moldavie, Chiçinâu, 2007, p.l4.
• F. PARMENTIER, La Moldavie à la croisée des chemins, Universitoo, Paris, 2003.
" B. BUDURU ; D. POP A, « Moldova : Country at a Crossroads », in : J.-M. DE WAELE ; C. ZGUREANU- GURAGATA (eds.), « La Moldavie entre deux mondes ? », Transitions, nr.2, IS/IEUG, Bruxelles, 2006, pp.l71- 190.
russophones de Moldavie'^, de la manière dont ils se comportent vis-à-vis des roumanophones ou de leur niveau de vie par rapport à ces derniers. Ce type d’argument est celui de Rodica Maku, rédacteur en chef du Jurnal de Chisinau quand elle parle de relations interethniques qui peuvent parfois devenir, selon elle, conflictuelles :
«Le conflit ne semble pas ethnique, mais est ethnique d’une certaine façon. On a décimé la population autochtone [les Moldaves], en faisant une sélection inverse : les meilleurs ne réussissent pas, comme mon fils qui a étudié en Europe mais qui ne trouve pas d’emploi. (...) Et les Russes ne vivent pas moins bien que nous, ils vivent mieux. Tous les meilleurs postes, même les magasins les plus jolis et les plus propres, sont aux mains des Russes. »‘^
De là, ces personnes abordaient la façon dont se comportent les Moldaves pour montrer, en général, que ceux-ci ont tendance à se comporter comme une minorité alors qu’ils sont majoritaires, à laisser la langue russe dominer alors qu’elle n’est pas langue officielle.
C’est par exemple l’un des arguments d’Igor Munteanu, analyste politique ;
« Les Moldaves servent de décor, de folklore national dans une dominante générale russe.
La cause de cette situation était alors systématiquement identifiée par nos interlocuteurs comme la dénationalisation subie par les Moldaves à l’époque soviétique, ceux- ci ayant perdu peu à peu leur identité nationale de base, roumaine, au profit d’une identité nationale artificielle, moldave. Et cette cause était alors systématiquement rapportée à la situation politique à l’époque des entretiens : le Parti des Communistes de République de Moldavie au pouvoir, le PCRM, et son leader, Vladimir Voronine, le président de la République, continuaient à mettre en avant une politique nationale « moldovéniste ». Cette politique était alors entendue par nos interlocuteurs comme une politique visant à différencier les Moldaves des Roumains, en justifiant de l’existence d’une nation moldave à part entière.
Ce « moldovénisme » passait alors notamment par l’enseignement d’une histoire appuyant le
En Moldavie, quand l’on parle de « Moldaves », de « Russes », d’« Ukrainiens », de « Bulgares », etc., on entend l’origine ethnique de ces personnes. Tous sont citoyens de la République de Moldavie. Quand l’on parle de « Russophones », on entend l’ensemble des minorités du pays, qui s’expriment dans la « langue de communication inter-ethnique », le russe, quand l’on parle de « Roumanophones », on entend la population majoritaire moldave. Dans cette thèse, nous reprendrons ces formulations. Ces formulations expliquent la présence d’expressions comme « ethniquement moldave », « ethniquement russe », utilisées afin de renforcer l’appartenance à la majorité ou à une minorité du pays, ou de «Russes roumanophones» ou «Moldaves russophones », montrant que le membre d’une communauté connaît une langue.
Rodica Maku, rédactrice en chef du Jurnal de Chifinàu, entretien à Chiçinâu le 22 Juin 2007.
Igor Munteanu, analyste politique, IDIS Viitorul, entretien à Chiçinàu le 28 juin 2007.
caractère indépendant du peuple moldave, par la mise en avant d’une langue moldave distincte de la langue roumaine. Cette nation distincte était alors une nation civique et polyethnique où toutes les minorités sont appelées à vivre sous un même toit, la République de Moldavie, dans laquelle la langue russe est faite « langue de communication interethnique ». C’est l’explication de Lidia Mantorova, consultante à la Maison des Minorités à Chiçinâu :
« En Moldavie, les ethnies ne vivent pas séparément. Tout le monde vit ensemble, il n’y a pas de séparation. Les membres des différentes ethnies s'invitent les uns chez les autres, et ne se séparent pas. Dans la vie de tous les jours, les relations sont serrées, les gens vivent ensemble.
Suivant ces premiers éléments d’analyse, donnés par nos premiers interlocuteurs, notre intérêt s’est porté sur ce moldovénisme, sur cette politique nationale du PCRM entendue comme une continuation de la politique nationale en vigueur en Moldavie à l’époque où elle constituait l’une des républiques fédérées de l’Union soviétique. Ce qui nous a marqués dans ces entretiens, c’est l’accent mis par les interlocuteurs sur le caractère artificiel de la nation moldave, c’est leur insistance sur le fait que cette nation est une création des autorités T soviétiques reprise ensuite par le PCRM. Ce qui nous a marqués aussi, c’est que tous semblaient dénigrer et réfuter ce moldovénisme en le qualifiant de mensonge grossier sans aucune valeur scientifique, représentant, selon eux, un instrument des autorités afin de
« maintenir leur pouvoir et de se légitimer politiquement. Pour ces interlocuteurs, la véritable identité nationale des Moldaves est roumaine, ils se considèrent comme appartenant à la nation roumaine même s’ils ont la citoyenneté moldave. Dès lors, leur vision est
« roumaniste », considérant que « moldave » est une identité régionale, au même titre que
« transylvain » ou « banatéen »'^. Cette vision est celle de Corina Fusu, journaliste, quand elle aborde les thèses d’un historien moldovéniste :
« [Vasile Stati] réinvente un peuple moldave. Ce n’est même pas scientifique et personne n’y croit. Lui et ceux du même bord ont utilisé la naïveté des Européens et la population s ’y est opposée.
Lidia Mantorova, Consultante à la Direction des Minorités nationales, aux Relations interethniques et au Fonctionnement des Langues, Maison des Nationalités, entretien à Chiçinâu le 24 juin 2007.
Respectivement de la région de Transylvanie (Centre-Ouest de la Roumanie, de la Hongrie aux Carpates) et de la région du Banat (Sud-Ouest de la Roumanie).
’’ Corina Fusu, Journaliste à Europa.md, entretien à Chisinau le 27 Juin 2007.
Pour quelqu’un qui a appris le roumain en Roumanie et qui n’a pas rencontré de problèmes de compréhension quand il s’adressait aux Moldaves dans cette langue, pour un Belge qui parle français et non « belge » et qui constate que les différences entre le roumain parlé à Bucarest et celui parlé à Chiçinàu sont comparables à celles entre le français parlé à Bruxelles et celui parlé à Marseille, cette mise en avant d’une nation moldave distincte est intéressante. C’est de cet intérêt subjectif que cette recherche doctorale est partie, laissant de côté la question des relations interethniques. Influencée par ces premiers entretiens, la question de recherche est alors la suivante :
Comment le moldovénisme a permis de légitimer le pouvoir du Parti des Communistes de République de Moldavie entre 2001 et 2009 ?
2, Plan de la recherche
Cette question a structuré l’ensemble de la thèse, que nous avons construite par étapes.
Ces étapes ne peuvent être dissociées et ne font sens qu’à partir du moment où elles sont considérées dans leur suite : en effet, du cadre théorique dépend la méthodologie, de la méthodologie dépend la recherche empirique et de la recherche empirique dépend la réponse à là question principale. C’est pour cette raison que le plan de la recherche présenté ci-dessous est bref, ne reprenant que l’essentiel du raisonnement qui a été le nôtre.
En premier lieu, en postulant que le moldovénisme est un nationalisme, nous nous sommes penchés sur les théories du nationalisme en science politique. Face à l’abondance de cette littérature particulière, nous nous sommes posé trois questions : comment définir le nationalisme ? Existe-t-il plusieurs formes de nationalisme ? Une théorie du nationalisme unique existe-t-elle afin d’analyser le cas que nous avons choisi ? Ces questions peuvent sembler naïves, mais elles ont permis néanmoins de construire le premier chapitre de cette thèse et de trouver une série d’auteurs abordant théoriquement le nationalisme comme un instrument de légitimation politique. En effet, suivant la classification des théories du nationalisme établie par Antoine Roger , nous nous sommes penchés sur des auteurs comme John Breuilly'^, Paul Brass^°, Craig Calhoun^', Guy Hermet^^, Liah Greenfeld^^, Eric
A. ROGER, Les grandes théories du nationalisme, Armand Colin, Paris, 2001.
J. BREUILLY, Nationalism and the State, 2'’™ édition, The University of Chicago Press, Chicago, 1994 P. BRASS, Ethnicity and Nationalism. Theory and Comparison, Sage, New Delhi, 1991.
C. CALHOUN, Nationalism, University of Minnesota Press, Minneapolis, 1997.
Hobsbawm^'' ou Rogers Brubaker^^ afin de mettre en avant un cadre théorique et explicatif sur lequel faire reposer notre étude de cas. Dès lors, définissant le nationalisme comme un discours et une construction discursive qui permettent la légitimation de certains acteurs, nous nous sommes penchés sur une méthode perrnettant d’analyser ce nationalisme aujourd’hui concrètement. La méthode retenue est celle de l’Analyse critique de Discours, et plus particulièrement celle pratiquée par Ruth Wodak, Rudolf de Cillia, Martin Reisigl et Karin Liebhart qui ont déconstruit le discours sur la nation en Autriche , l’objectif de ces auteurs étant de lier explicitement le discours des autorités autrichiennes sur la nation après 1945 à la légitimation de leur pouvoir. Le parallèle entre cet objectif et le nôtre étant évident, nous nous sommes inspirés de leur méthode dans notre recherche.
L’approche est « discurso-historique liant le discours au contexte dans lequel il s’inscrit. Dès lors, avant de nous pencher sur le discours moldovéniste, le deuxième chapitre de l’étude analyse historiquement la naissance du moldovénisme et le resitue dans le contexte de la République de Moldavie actuelle. Plutôt qu’une simple mise en contexte, ce deuxième chapitre est problématisé autour d’une question centrale, liée à la question de recherche principale de la thèse : de quelle manière différents projets nationaux ont été mis en avant en Moldavie avant l’indépendance de la République en 1991 et de quelle manière ces projets ont influencé la situation actuelle traversée par la prise d’importance d’un projet national particulier. Ce contexte problématisé repose donc sur le cadre thémque qui constitue le premier chapitre de l’étude et permet de jeter les bases de la recherche empirique: le deuxième chapitre montre en effet comment le moldovénisme a pris de l’importance dès l’indépendance de la République de Moldavie et comment il a donné le ton à la politique nationale du PCRM entre 2001 et 2009.
La recherche empirique au cœur de cette thèse est liée à la construction discursive de la nation dans le discours moldovéniste. Comme nous l’avons identifié dans les premiers entretiens, et comme nous le verrons dans le deuxième chapitre de l’étude, ce discours est celui des autorités moldaves après l’indépendance. Le PCRM, au pouvoir entre 2001 et 2009,
G. HERMET, Histoire des nations et du nationalisme en Europe, Le Seuil, Paris, 1996.
L. GREENFELD, Nationalism. Five Roads to Modernity, Harvard University Press, Cambridge (Mass.), 1992.
E. HOBSBAWM, Nations and Nationalism since 1780. Programm, Myth, Reality, Cambridge University Press, Cambridge, 1990.
R. BRUBAKER, Nationalism Reframed. Nationhood and the national question in the New Europe, Cambridge University Press, Cambridge, 1996
R. WODAK ; R. de Cillia ; M. REISIGL ; K. LIEBHART, The Discoursive Construction of National Identity, Edinburgh University Press, Edimbourg, 2009 [1999].
M. MEYER, « Between theory, method, and politics : positioning of the approaches to CDA », in : R.
WODAK ; M. MEYER (eds.), Methods of Critical Discourse Analysis, Sage, Londres, 2001, p.22.
pouvant être considéré comme le « champion du moldovénisme c’est-à-dire comme le parti ayant redonné vigueur à ce nationalisme et lui ayant donné une force particulière à l’époque où il était au pouvoir, notre recherche empirique s’attache à étudier la construction discursive de la nation en Moldavie à l’aune de trois cas particuliers représentant trois chapitres distincts.
Dans le troisième chapitre, nous nous penchons sur les discours prononcés par Vladimir Voronine, figure emblématique du PCRM et président de la république entre 2001 et 2009. Les discours ont été sélectionnés en fonction des occasions auxquelles ils ont été prononcés, il s’agit de discours commémoratifs délivrés lors des jours officiels de commémoration nationale et qui sont associés à la « magie des nombres comme la Journée de l'Indépendance, la Journée de la Victoire ou la Journée nationale du Vin.
Dans le quatrième chapitre, nous nous penchons sur cette construction au cours d’une campagne électorale en reprenant la communication électorale du PCRM. Nous avons choisi la dernière campagne du PCRM en tant que parti au pouvoir. En effet, ayant pu nous-mêmes assister sur place à cette campagne, celle-ci a montré un caractère particulièrement intéressant pour notre recherche en se concentrant sur la préservation et la sauvegarde de la Moldavie, de la Patrie et de la Nation, dans un contexte troublé.
Dans le cinquième chapitre, nous nous penchons sur cette construction dans la presse, en reprenant les articles d’un quotidien qui soutient activement le PCRM. Nous nous sommes concentrés sur la participation de la Moldavie au Concours Eurovision de la Chanson, en observant de quelle manière des considérations d’ordre national prévalaient quant au choix du candidat désigné pour représenter le pays au concours.
Comme ce moldovénisme est contesté, voire dénoncé comme grossier par certaines des personnes que nous avons interrogées, chacun de ces trois chapitres empiriques compare le discours moldovéniste au discours de ceux qui le contestent. Ainsi, dans le troisième chapitre, les discours du président Voronine sont comparés à ceux de Mihai Ghimpu, figure emblématique du roumanisme actuel en Moldavie et président intérimaire de la république entre 2009 et 2010. Dans le quatrième chapitre, la communication électorale du PCRM est comparée à celle de l’ensemble des partis politiques en compétition. Dans le cinquième chapitre, les articles du quotidien proche du PCRM sont comparés aux articles des journaux
L. MARCH, « From Moldovanism to Europeanization ? Moldova’s Communists and Nation Building », in : Nationalities Papers, 35, nr.4, 2007, pp.601-602.
M. HUTER, « Die Magie der runden Zahlen : Kulturelles Verhalten und Formen der Zeiterfahrung », in ; W.
SCHMIDT-DENGLER (ed.), Der literarische Umgang der Osterreicher mit Jahres- und Gedenktagen, Vienne, 1994, pp.7-16, cité par: R. WODAK ; R. DE CILLIA ; M. REISIGL ; K. LIEBHART, The Discursive Construction of National Identity, Edinburgh University Press, Edimbourg, 2009 [1999], p.70.
proches des autres partis qui s’opposent au PCRM. Cette comparaison permettra alors de mettre en avant comment le discours moldovéniste est construit, de façon dynamique et sans l’isoler dans un cadre d’analyse figé.
Suivant cette structure, nous pourrons voir de quelle manière le PCRM construit discursivement la nation et de quelle manière il peut légitimer sa position dans le contexte de la Moldavie des années 2000, répondant de cette façon à notre question centrale de recherche.
3. Intérêt
Comme l’a montré la première partie de cette introduction, cette recherche sur le nationalisme en général et sur le moldovénisme en particulier part d’un intérêt personnel difficilement explicable. Elle part aussi d’un intérêt collectif lié au centre dans lequel cette thèse a été effectuée. Elle fait preuve d’une originalité dans le choix de la méthode et des données et permet, enfin, un retour théorique.
Cette thèse s’ancre, en premier lieu, dans un projet de recherche collectif propre au centre dans lequel nous avons travaillé tout au long de la recherche. En effet, cette thèse a été commencée en 2007, au moment où le GASPPECO (Groupe d'Analyse socio-politique des Pays d'Europe centrale et orientale) de l’Université libre de Bruxelles venait de se fondre dans un nouveau centre, le CEVIPOL (Centre d’Etude de la Vie politique). Reposant sur une tradition de recherches sur l’Europe centrale et orientale, cette thèse sur la Moldavie est venue s’inscrire dans l’axe « PECO » des recherches déjà entamées et de celles qui sont venues petit à petit s’ajouter, sur les clivages en Europe centrale et orientale, sur la justice, les syndicats ou le mouvement gay et lesbien en Roumanie, sur les partis, les syndicats ou le populisme en Bulgarie et en Pologne, ou encore sur les travailleurs en République tchèque. Parallèlement, cette recherche s’est inscrite dans l’axe « Russie-Caucase » des recherches sur la Tchétchénie, l’opposition en Russie ou le système partisan à Tomsk.
En effet, à la croisée de ces deux axes, la Moldavie actuelle présente un intérêt scientifique certain, lié à une « concentration » de problèmes liés non seulement au passage vers l’économie de marché et la construction de nouvelles institutions démocratiques, mais aussi des questions liées à l’identité de sa population, au régime séparatiste de Transnistrie, à
J.-M. DE WAELE ; G. GURAGATA, « La Moldavie : Un cas exemplaire des difficultés de la Transition post
soviétique », in : J.-M. DE WAELE ; C. ZGUREANU-GURAGATA (eds.), « La Moldavie entre deux mondes ?
», Transitions, nr.2, IS/IEUG, Bruxelles, 2006, p. 11.
son orientation géopolitique, etc.^' Tous ces points d’intérêts se retrouvent implicitement dans cette thèse, mais tous ne sont pas étudiés en profondeur, celle-ci se concentrant seulement sur cette identité nationale contestée dans une approche particulière.
Au-delà de l’actualité du problème, comme l’ont montré les exemples du début de cette introduction, l’intérêt d’étudier la question nationale en République de Moldavie aujourd’hui part tout d’abord d’un constat. L’intérêt pour la Moldavie en général passe surtout dans la littérature scientifique par une étude de la Transnistrie et du conflit gelé. Plaque- tournante supposée de toutes sortes de trafics, la Transnistrie aujourd’hui se révèle un sujet d’étude souvent bien plus attrayant scientifiquement que la Moldavie en tant que telle^^ : ce
« musée du communisme », cette « République socialiste soviétique zombie », ou cette
« dernière colonie de Staline »^^ montre en effet une certaine dose d’exotisme face au « pays le plus pauvre d’Europe pays encore moins connu du grand public que la Syldavie^^.
Parallèlement, la Moldavie est aussi étudiée dans le prisme de ses relations extérieures avec l’Union européenne et la Fédération de Russie . Transnistrie, Union européenne et Russie
Ibidem.
A ce propos, lors d’une Joint Session de l’ECPR, nous avons eu la surprise de voir Jean Blondel assister à la présentation d’un papier sur la Moldavie, reprenant une première ébauche de l’étude du quatrième chapitre de cette thèse. Néanmoins, notre papier n’était pas à la hauteur des attentes du politologue, celui-ci étant venu car guidé par un intérêt personnel pour la Transnistrie. Comme le quatrième chapitre le montrera, il n’est quasiment pas question de Transnistrie au cours de la campagne étudiée.
Voir par exemple : N. COJOCARU ; S. SUHAN, « Transnistria. The Socio-Ideologieal Context of Invented Identities », in ; J.-M. DE WAELE ; C. ZGUREANU-GDRAGATA (eds.), « La Moldavie entre deux mondes ?
», Transitions, nr.2, IS/IEUG, Bmxelles, 2006, pp. 153-171 ; B. COPPIETERS (et al.), Europeanization and Conflict Resolution. Case Studies from the European Periphery, Academia Press, Gand, 2004 ; B.
COPPIETERS, « Form and Content in Soviet and Post-Soviet Nationality and Régional Policies », in : M.
WALLER, B. COPPIETERS ; A. MALASHENKO (eds.), Conflicting Royalties and the State in Post-Soviet Russia and Eurasia, Frank Cass, Londres, 1998, pp. 12-32 ; F. PARMENTIER, «Construction étatique et capitalisme de contrebande en Transnistrie », in : J.-M. DE WAELE ; C. ZGUREANU-GURAGATA (eds.), « La Moldavie entre deux mondes ? », Transitions, nr.2, IS/IEUG, Bmxelles, 2006, pp. 135-152 ; N. POPESCU,
« Europeanization and conflict resolution : a view from Moldova », in : Journal on Ethnopolitics and Minority Issues in Europe, 5, nr.l, 2004, pp.1-17.
S. TROEBST, «‘We are Transnistrians!’; Post-Soviet Identity Management in the Dniester Valley», Ab Imperio, 1,2003, pp.437-466.
Par rapport à ce cliché, sur internet dans un fomm, à la question « Quel est le plus pauvre d’Europe ? », la réponse d’un internaute est sans appel : « La Moldavie. Coincée entre l'Ukraine et la Roumanie, sans accès à la Mer Noire, et avec une région qui veut faire sécession : la Transnitrie. Des siècles d'oppression msse, turque, autrichienne ... Un pays magnifique ! ».
Voir les questions/réponses de Yahoo : fr.answers.yahoo.com/question/index?Qid=20110529020133AAHnDaL (dernier accès septembre 2011).
' 35 Pays imaginaire d’Europe de l’Est dans les albums de Tintin.
Voir par exemple : B. BUDURU ; D. POPA, « Moldova : Country at a Crossroads », in : J.-M. DE WAELE ; C. ZGUREANU-GURAGATA (eds.), « La Moldavie entre deux mondes ? », Transitions, nr.2, IS/IEUG, Bmxelles, 2006, pp.171-190; C. KJNG, « Marking Time in the Middle Ground : Contested Identities and
® Moldova Foreign Policies », in : Journal of Communist Studies and TransitionPolitics, 2003, 19, nr.3, p.60-82 ; O. MARINESCU, « Between Romania and Russia : A Map of Chisinau’s Diplomatie Discourse », in : Romanian Journal of Society and Politics, 3, nr.l, 2003, pp.165-191 ; C. NEUKIRCH, « Moldova's Eastem Dimension», in: A. LEWIS (ed.), The EU and Moldova. On a Fault-line of Europe, The Fédéral Tmst,
représentent alors les thèmes principaux de la recherche sur la Moldavie. Toutefois, on ne peut prétendre à l’existence d’un vide dans la littérature sur la vie politique interne de la Moldavie et plusieurs études existent autour des points d’intérêts énoncés plus avant : des etudes sur le clivage structurant la vie politique , sur le PCRM , sur la langue moldave dans ses relations avec la langue roumaine^^, sur l’identité nationale'''^. De plus, la littérature en langue roumaine abonde sur ces thèmes'^', tout comme la littérature en russe'^^.
Ainsi, notre thèse est influencée par ces recherches antérieures et en utilise les résultats dans le deuxième chapitre de l’étude. Elle se démarque par rapport à certaines d’entre elles dans les trois chapitres empiriques. Nous reprendrons dans les conclusions de cette thèse comment nous nous démarquons de ces recherches antérieures. Néanmoins, nous pouvons déjà avancer qu’une étude systématique de la construction discursive de la nation dans la Moldavie des années 2000 n’a jamais été, à notre connaissance, effectuée. En effet, même si Luke March propose une analyse du discours moldovéniste du PCRM en lien avec un discours pro-européen"*^, même si Stela Suhan analyse le discours ayant permis au PCRM
Londres, 2004, pp.133-143 ; W. VAN MEURS, « La Moldavie ante portas ; les agendas européens de gestion des conflits et Finitiatie « Europe élargie », in ; La revue internationale et stratégique, nr.54, 2004, pp.141-151.
Voir par exemple : C. GURAGAJA, « Le discours politique « nationaliste » et son rôle dans la formation des partis politiques en République de Moldavie après 1991 », in : J.-M. DE WAELE ; C. ZGUREANU- GURAGATA (eds.), « La Moldavie entre deux mondes ? », Transitions, XLV, nr.2, IS/IEUG, Bruxelles, 2006, pp.91-109 ; L. WAY, «Weak States and Pluralism: The Case of Moldova », in: East European Politics &
Societies, 17, nr. 3, 2003, pp.454-482.
Voir par exemple : L. MARCH, « Power and Opposition ».
Voir par exemple : M. BRUCHIS, One step back, two steps forward : on the language policy of the Soviet Union in the National Republic (Moldavian : a look back, a survey, and perspectives, 1924-1980), East European Monographs, Boulder, 1982 ; M. CISCEL, « A separate Moldovan Language? The Sociolinguistics of Moldova’s Limba de Stat », in : Nationalities Papers, 34, nr.5, 2006, pp.575-597.
^ Voir par exemple : M. CAZACU; N. TRIFON, Un Etat en quête de nation. La République de Moldavie, Non Lieu, Paris, 2010 ; N. DIMA,\Fram Moldavia to Moldova : The Soviet Romanian Territorial Dispute, East European Monographs, Boulder, 1991 ; J. EYAL ; G. SMITH, « Moldova and the Moldovans », in : G. SMITH (ed.), The Nationalities Question in the Post-Soviet States, Longman, New York, 1996 [1990], pp.223-244. ; C.
KING, The Moldovans. Romania, Russia and the Politics of Culture, Hoover Institution Press, Stanford University, Stanford (Ca.), 2000 ; M. SCHRAD, « Rag Doll Nations and the Politics of Différentiation on Arbitrary Borders : Karelia and Moldova, in ; Nationalities Papers, 32, nr.2, pp.457-496.
De nombreux auteurs étrangers sont traduits en roumain, comme K. HEITMANN, Limba ÿ; politica în Republica Moldova (Langue et politique en République de Moldavie), Arc, Chiçinâu, 1998 ou les auteurs dont les analyses sont reprises dans l’ouvrage collectif suivant : M. Heintz (coord.), Stat slab, cetatenie incerta. Studii despre Republica Moldova (Etat faible, citoyenneté incertaine. Etudes au sujet de la République de Moldavie), Curtea Veche Bucarest, 2007.
Parallèllement, et de manière plus importante, de nombreux auteurs moldaves et roumains se sont penchés sur ces questions, au point qu’en Moldavie, certaines des personnes que nous avons rencontrées à l’université considèrent que la thématique de la question nationale moldave est un « sujet mort » en Moldavie, pour lequel
« tout a déjà été dit ». Comme le montre cette thèse, nous considérons néanmoins que des éléments neufs peuvent être apportés. De nombreux travaux en roumain seront utilisés tout au long de l’étude et sont repris dans la bibliographie générale.
Malheureusement, pour des raisons de connaissances linguistiques, nous n’avons pu y accéder dans cette étude.
L. MARCH, « From Moldovanism to Europeanization ? ».