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Texte intégral

(1)

Correction de l’´ ecrit blanc du 29 septembre 2014 Premier probl` eme

Partie A

1. (a) Au voisinage de 0, on sait que la fonction sinus admet un d´eveloppement limit´e et que sin(x) = x − x3

6 + o(x3).

(b) Les fonctions x 7→ x et x 7→ sin x sont continues et ne s’annulent pas sur ]0, π/2] donc f est continue sur ]0, π/2]. ´Etudions maintenant la continuit´e de f en 0. On d´eduit de la question A.1.a que

1

sin x = 1

x



1 −x62 + o(x2)

 = 1 x

 1 +x2

6 + o(x2)



= 1 x+ x

6 + o(x) Puis

f (x) = 1 sin x− 1

x = x

6 + o(x)

On peut donc en conclure que lorsque x tend vers 0 par valeurs sup´erieures, f (x) tend vers 0, qui est par d´efinition ´egal `a f (0).

(c) Les fonctions x 7→ x et x 7→ sin x sont de classe C1 et ne s’annulent pas sur ]0, π/2] donc f est de classe C1 sur cet intervalle, et on a pour tout x ∈]0, π/2],

f0(x) = − cos x sin2(x) + 1

x2

En 0+, f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre 1 donc f est d´erivable en 0, de d´eriv´ee 1/6, qui est bien la limite en 0 de f0.

La fonction f est donc d´erivable sur [0, π/2] et sa d´eriv´ee est continue.

(d) On remarque que pour tout x ∈ [0, π/2], g(x) = xf (x) + 1. Par les r`egles usuelles sur la continuit´e et la d´erivation d’un produit de fonctions, g est donc de classe C1 sur [0, π/2].

2. On int`egre par parties l’int´egrale propos´ee en d´erivant la fonction x 7→ φ(x), qui est suppos´ee de classe C1, et en int´egrant la fonction x 7→ sin(nx). On obtient

Z π/2 0

φ(x) sin(nx) dx =



φ(x)− cos(nx) n

π/2 0

+ Z π/2

0

φ0(x)cos(nx)

n dx

= −φ(π/2) cos(nπ/2) + φ(0)

n + 1

n Z π/2

0

φ0(x) cos(nx) dx Lorsque n tend vers l’infini, le terme « tout int´egr´e » tend bien entendu vers 0.

La fonction φ ´etant de classe C1, sa d´eriv´ee est continue, donc born´ee par une certaine constante M sur l’intervalle (compact) [0, π/2]. On a donc la majoration suivante :

1 n

Z π/2 0

φ0(x) cos(nx) dx

≤ Z π/2

0

1

0(x) cos(nx)

dx ≤ M π 2n L’int´egrale propos´ee tend donc vers 0 lorsque n tend vers +∞.

(2)

Partie B

1. Au voisinage de 0, 1 − cos x est ´equivalent `a x2/2, donc la fonction x 7→ (1 − cos x)/x2 admet une limite finie en 0+ : l’int´egrale est donc convergente en 0.

En +∞, on a la majoration suivante :

0 ≤ 1 − cos x x2 ≤ 2

x2 et l’int´egrale au voisinage de +∞ de x 7→ x22 est convergente.

L’int´egrale R+∞

0

1−cos x

x2 dx converge donc.

2. Sur l’intervalle ]0, +∞[, la fonction x 7→ sin(x) est de classe C0 et admet pour primitive x 7→

(1−cos(x)). Sur ce mˆeme intervalle, la fonction x 7→ 1/x est de classe C1et de d´eriv´ee x 7→ −1/x2. Une int´egration par partie permet donc d’´ecrire que, pour tout couple (α, A) ∈ R2 tel que 0 < α < A, on a

Z A α

sin x

x dx = 1 − cos x x

A α

+ Z A

α

1 − cos x x2 dx.

En faisant α tendre vers 0+ et A vers +∞, on obtient la convergence de l’int´egraleR+∞

0 sin x/x dx ainsi que l’´egalit´e :

Z +∞

0

sin x x dx =

Z +∞

0

1 − cos x x2 dx.

3. Soit n un entier naturel non nul. On utilise le r´esultat de la somme de (2n + 1) termes cons´ecutifs d’une suite g´eom´etrique de raison ez : pour tout z ∈ C tel que ez 6= 1 :

n

X

k=−n

ekz = e−nz − e(n+1)z 1 − ez

En factorisant num´erateur et d´enominateur par ez/2, on a ´egalement

n

X

k=−n

ekz = e(n+0.5)z− e−(n+0.5)z ez/2− e−z/2

Soit x ∈]0, π/2]. Le complexe e2ix est diff´erent de 1, donc on peut utiliser le r´esultat pr´ec´edent avec z = 2ix et on obtient :

n

X

k=−n

e2ikx= sin((2n + 1)x) sin x Par ailleurs,

n

X

k=−n

e2ikx= 1 +

n

X

k=1



e2ikx+ e−2ikx

= 1 + 2

n

X

k=1

cos(2kx) On en d´eduit alors

1 + 2

n

X

k=1

cos(2kx) = sin((2n + 1)x) sin x 4. (a) L’intervalle [0, π/2] est compact, la fonction x 7→ sin((2n+1)x)

sin x est continue sur ]0, π/2] et peut ˆetre prolong´ee par continuit´e en 0, donc l’int´egrale In est convergente.

(3)

(b) En utilisant la question B.3, on a, pour tout n ∈ N : In =

Z π/2

0

1 + 2

n

X

k=1

cos(2kx)

! dx

= π

2 + 2

n

X

k=1

Z π/2 0

cos(2kx) dx

= π

2 + 2

n

X

k=1

sin(kπ) − sin(0) 2k

= π

2

(c) Pour tout x ∈ [0, π/2], on a f (x) +x1 = sin x1 . Il reste `a justifier la convergence des int´egrales pour prouver l’´egalit´e propos´ee. La fonction f est continue sur [0, π/2], donc la fonction x 7→ f (x) sin((2n + 1)x) l’est, et l’int´egraleRπ/2

0 f (x) sin((2n + 1)x) dx est donc convergente.

De mˆeme la fonction x 7→ sin((2n+1)x)

x est continue sur ]0, π/2] et peut ˆetre prolong´ee par continuit´e en 0+ (par 2n + 1), donc l’int´egraleRπ/2

0

sin((2n+1)x)

x dx est convergente.

On peut donc conclure que π

2 = In= Z π/2

0

f (x) sin((2n + 1)x) dx + Z π/2

0

sin((2n + 1)x)

x dx

(d) Pour tout n ∈ N, on effectue le changement de variable t = (2n + 1)x. On obtient : Z π/2

0

sin((2n + 1)x)

x dx =

Z (2n+1)π/2 0

sin t t/(2n + 1)

dx 2n + 1 =

Z (2n+1)π/2 0

sin x x dx L’int´egrale R+∞

0 sin x

x dx ´etant convergente, la suite 

R(2n+1)π/2 0

sin x x dx

n converge vers R+∞

0 sin x

x dx.

La fonction f ´etant de classe C1 sur [0, π/2], la question A.2 implique que la suite

Rπ/2

0 f (x) sin((2n + 1)x) dx

tend vers 0 lorsque n tend vers +∞.

On peut alors conclure que

Z +∞

0

sin x

x dx = π 2.

Partie C

On note Jn l’int´egrale d´efinie par Jn= 1

π Z π

0

x2sin((2n + 1)x) sin x dx

1. La fonction hn: x 7→ sin((2n + 1)x)/sin x est continue sur ]0, π[. En 0, on a l’´equivalent suivant : sin((2n + 1)x)

sin x ∼ 2n + 1

Donc hn peut ˆetre prolong´ee par continuit´e en 0+ en posant hn(0) = 2n + 1.

De mˆeme, on peut remarquer que, pour tout x ∈]0, Π[, hn(π − x) = sin(2nπ+π−(2n+1)x)

sin(π−x) = hn(x), donc hnpeut ´egalement ˆetre prolong´ee par continuit´e en π, ce qui assure la convergence de Jn. 2. L’´egalit´e de la question B.3 : est v´erifi´ee pour tout ∈]0, π[ (puisque e2ix est alors diff´erent de 1).

On a donc, pour tout x ∈]0, π[, 1 + 2

n

X

k=1

cos 2kx = sin((2n + 1)x) sin x

(4)

Puis

Jn= 1 π

Z π 0

x2 dx + 2 π

n

X

k=1

Z π 0

x2cos(2kx) dx

La premi`ere int´egrale vaut trivialement π3/3. Calculons, pour tout k ≥ 1, Rπ

0 x2cos(2kx) dx en utilisant une double int´egration par parties :

Z π 0

x2cos(2kx) dx =



x2sin(2kx) 2k

π 0

− Z π

0

2xsin(2kx)

2k dx

= 0 +



2xcos(2kx) 4k2

π 0

− Z π

0

2cos(2kx) 4k2 dx

= 2π

4k2 On obtient finalement

Jn= π2 3 +

n

X

k=1

1 k2. 3. On effectue le changement de variable t = π − x dans Rπ

π/2x2 sin((2n+1)x)

sin x dx. On obtient : Z π

π/2

x2sin((2n + 1)x)

sin x dx = −

Z 0 π/2

(π − t)2sin((2n + 1)(π − t)) sin(π − t) dt

=

Z π/2 0

(π − t)2sin((2n + 1)(t)) sin t dt Finalement :

Jn= 1 π

Z π/2 0

(t2+ (π − t)2)sin((2n + 1)(t)) sin t dt

4. Les int´egrales intervenant dans l’´egalit´e sont toutes convergentes et, pour tout x ∈ [0, π/2], un calcul ´el´ementaire montre que

2(x − π)g(x) + π2f (x) +π

x = x2+ (π − x)2 sin x , ce qui fournit l’´egalit´e souhait´ee.

5. D’apr`es la question A.1, la fonction φ : x 7→ 2(x − π)g(x) + π2f (x) est de classe C1 sur [0, π/2], donc, d’apr`es la question A.2, la suite

Rπ/2

0 φ(x) sin(nx) dx



n tend vers 0. De plus, dans la question B.4, on a montr´e que

Rπ/2 0

sin((2n+1)x

x dx



converge versR+∞

0 sin x

x dx, c’est-`a-dire vers π/2.

On peut donc conclure que Jn tend vers π2/2 lorsque n tend vers +∞.

6. On a

+∞

X

k=1

1 k2 = lim

n Jn−π2 3 = π2

6 .

7. (a) Les ´ev´enements (Ak)k≥1 sont deux `a deux disjoints, en nombre d´enombrable et leur r´eunion est l’ensemble Ω. Ils forment donc un syst`eme complet d’´ev´enements.

(b) La variable al´eatoire X est int´egrable si la s´erie de terme g´en´eral kP(X = k) converge.

Or cette s´erie diverge (par exemple par crit`ere de Riemann, ou par comparaison avec une int´egrale). Donc la variable al´eatoire X n’est pas int´egrable.

(c) La variable al´eatoire X−1 est int´egrable si la s´erie de terme g´en´eral P(X = k)/k converge.

Or, pour tout k ≥ 1, 0 ≤ P(X = k)/k ≤ P(X = k) et la s´erie de terme g´en´eral P(X = k) est convergente, donc la s´erie de terme g´en´eral P(X = k)/k est convergente, c’est-`a-dire que 1/X est int´egrable.

(5)

(d) La variable al´eatoire Y est `a valeurs dans 2N et pour tout entier n pair et sup´erieur ou

´egal `a 2, on a P(Y = n) = P(X = n/2).

Deuxi` eme probl` eme

1. Convergence des suites croissantes major´ees.

(a) On note M = supnun. Soit  un r´eel strictement positif.

Par la caract´erisation de la borne sup´erieure de {un, n ≥ 0}, il existe N tel que uN ∈ ]M − , M ].

Or la suite (un) est croissante, donc pour tout n ≥ N , on a un∈]M − , M ], ce qui implique que |un− M | ≤ .

On obtient ainsi que la suite (un) converge, et que sa limite est ´egale `a M . (b) Soit A un r´eel fix´e. La suite (un) ´etant non major´ee, il existe N tel que uN ≥ A.

Or la suite (un) est croissante donc, pour tout n ≥ N , un≥ A.

On peut alors conclure que la suite (un) diverge vers +∞.

(c) Soit (un) une suite convergente, de limite ` ∈ R.

Il existe un rang N tel que pour tout n ≥ N , |un− `| ≤ 1 Ceci implique que, pour tout n ≥ N , un≤ ` + 1.

Notons alors M = max(max{uk, k ≤ N }, ` + 1).

On a, pour tout n, un≤ M : M est un majorant de la suite (un).

(d) La suite ((−1)n)n (ou (cos(nπ/2))n, ou (cos(n))n, ou...) est born´ee et non convergente.

La suite ((−1)n/n)n n’est pas monotone et converge vers 0.

2. Th´eor`eme de Bolzano-Weierstrass. La preuve propos´ee ici du th´eor`eme de Bolzano Weiers- trass est l’une des plus connues. Une autre preuve classique consiste `a montrer que, de toute suite, on peut extraire une sous-suite monotone (qui, si elle est de plus born´ee, est convergente).

(a) On montre par r´ecurrence la propri´et´e Pn : a ≤ an≤ an+1≤ bn+1 ≤ bn≤ b.

Initialisation : pour n = 0, on a a0 = a et b0 = b. De plus,

– soit a1 = a0 et b1 = (a0+ b0)/2 appartient `a [a1, b0] car b0≥ a0; – soit b1 = b0 et a1 = (a0+ b0)/2 appartient `a [a0, b1].

Dans tous les cas, on a bien a ≤ a0≤ a1 ≤ b1 ≤ b0 ≤ b.

H´er´edit´e : Supposons que, pour un n donn´e, Pnest v´erifi´ee et montrons que Pn+1est vraie.

Puisque Pn est vraie, on a a ≤ an+1≤ bn+1 ≤ b. De plus,

– soit an+2= an+1 et bn+2 = (an+1+ bn+1)/2 appartient `a [an+2, bn+1] car bn+1≥ an+1; – soit bn+2 = bn+1 et an+2= (an+1+ bn+1)/2 appartient `a [an+1, bn+2].

Dans tous les cas, on a bien a ≤ an+1 ≤ an+1 ≤ bn+2 ≤ bn+1, c’est-`a-dire que Pn+1 est v´erifi´ee.

La propri´et´e (Pn) ´etant vraie au rang 0, et ´etant h´er´editaire, on peut conclure qu’elle est vraie pour tout n.

On a donc montr´e d’une part que, pour tout n ≥ 0, an ≤ an+1 ≤ b et d’autre part que a ≤ bn+1 ≤ bn, c’est-`a-dire que la suite (an) est croissante et major´ee par b, et la suite (bn) est d´ecroissante et minor´ee par a.

(b) La premi`ere question de ce probl`eme permet alors d’affirmer que les suites (an) et (bn) (ou (−bn) si on veut se ramener `a une suite croissante) sont convergentes.

Par ailleurs, on peut v´erifier que, pour tout n, bn+1− an+1= (bn− an)/2 : La suite (bn− an) est donc une suite g´eom´etrique de raison 1/2. Par cons´equent est converge vers 0. En

´ecrivant bn = an+ (bn− an) et en utilisant le r´esultat sur la limite de la somme de deux suites convergentes, on peut conclure que lim an= lim bn.

(6)

(c) On montre par r´ecurrence que φ(n) est bien d´efinie, pour tout n ≥ 0.

Initialisation : Pour n = 0, on impose φ(0) = 0, donc φ(0) est bien d´efini.

H´er´edit´e : Supposons que φ(n) existe, pour un certain entier n, et montrons que φ(n + 1) existe. Pour cela, il faut montrer que, l’ensemble {k > φ(n), uk∈ [an+1, bn+1]} est non vide.

φ(n + 1) sera alors son plus petit ´el´ement. Or cela d´ecoule de la construction des suites (an) et (bn) : par d´efinition, il existe une infinit´e d’indices k tels que uk ∈ [an+1, bn+1]. Il existe donc au moins un entier k tel que k > φ(n) et uk ∈ [n+1, bn+1]. Toute partie non vide de N admettant un plus petit ´el´ement, φ(n + 1) est bien d´efinie et on a φ(n + 1) > φ(n) et uφ(n+1) ∈ [an+1, bn+1].

(d) Pour tout entier n, on a an ≤ uφ(n) ≤ bn. Les suites (an) et (bn) ´etant convergentes et de mˆeme limite, le th´eor`eme des gendarmes permet d’affirmer que la suite (uφ(n)), suite extraite de la suite (un), est convergente.

Preuve rapide du th´eor`eme des gendarmes : on suppose que trois suites (un), (vn) et (wn) v´erifient pour tout n, un ≤ vn ≤ wn, et que les suites (un) et (wn) sont convergentes, de mˆeme limite `. On se donne alors un r´eel . Il existe un rang N1 et un rang N2 tels que : pour tout n ≥ N1 , un∈ [` − , ` + ], et pour tout n ≥ N2, wn ∈ [` − , ` + ]. On a alors, pour tout n ≥ max(N1, N2) : ` −  ≤ un ≤ vn≤ wn≤ ` + , ce qui permet de conclure que la suite (vn) converge elle aussi vers `.

(e) La fonction φ est par construction strictement croissante, donc (uφ(n)) est une extraite convergente de la suite (un).

(f) On montre que la suite (φ(n) − n) est croissante. Comme elle est nulle en 0, on en d´eduira qu’elle est positive.

Soit n ∈ N. On a φ(n + 1) − (n + 1) − (φ(n) − n) = φ(n + 1) − φ(n) − 1. Or la suite (φ(n)) est par construction une suite strictement croissante d’entiers . On a donc φ(n + 1) − φ(n) ≥ 1.

La suite (φ(n) − n) est donc croissante.

(g) C’est un algorithme de dichotomie (d’une ´etape `a la suivante, on divise la longueur de l’intervalle par 2).

3. Convergence des suites de Cauchy r´eelles.

(a) Par d´efinition d’une suite de Cauchy, il existe un N tel que pour tout couple d’entiers (n, p) tels que n ≥ N et p ≥ N , |un− up| ≤ 1.

En particulier, pour tout n ≥ N , on a |un− uN| ≤ 1.

On note alors M = max(max(|uk|, k < N ), |uN| + 1). Le r´eel M v´erifie : pour tout n ∈ N,

|un| ≤ M . La suite (un) est donc born´ee.

(b) On utilise le th´eor`eme de Bolzano Weierstrass : toute suite born´ee admet une sous-suite convergente, que l’on note (uφ(n)).

(c) Soit  > 0. La suite (un) ´etant de Cauchy, il existe un rang N tel que, pour tout n ≥ N et tout p ≥ N , on a |un− up| ≤ /2.

Par les remarques pr´ec´edentes sur les suites extraites, on a pour tout n ∈ N, φ(n) ≥ n. On a donc, pour tout n ≥ N , φ(n) ≥ N , et donc |un− uφ(n)| ≤ /2.

La suite (uφ(n)) est convergente : notons ` sa limite et montrons que la suite (un) converge vers `.

Fixons  > 0. Il existe N1 tel que pour tout n ≥ N1, |uφ(n)− `| ≤ /2.

Avec les mˆemes notations qu’`a la question pr´ec´edente, pour tout n ≥ ˜N = max(N, N1), on aura :

|un− `| ≤ |un− uφ(n)| + |uφ(n)− `| ≤ .

(d) Ceci prouve que la suite (un) converge vers `.

(e) Soit (un) une suite convergente, et notons sa limite `. Soit  > 0. Par d´efinition de la limite d’une suite, il existe N tel que, pour tout n ≥ N , |un− `| ≤ /2. On a alors, pour tout (n, p) ∈ N2 tel que n ≥ N et p ≥ N , |un− up| ≤ .

Autrement dit, la suite (un) est de Cauchy.

(7)

(f) Pour simplifier, on consid`ere une suite (xn) de Rd et on note (xin) la suite des i-`emes coordonn´ees.

Montrons que, si (xn) converge, alors la suite (xin) converge pour tout i.

Soit ` = (`i)i≤d la limite de (xn). Int´eressons-nous `a la i-`eme coordonn´ee. Par l’in´egalit´e triangulaire, pour tout n, on a |xin− `i| ≤ |xn− `|. Comme la suite (xn) converge vers `, on conclut que (xin− `i) converge vers 0, c’est-dire que (xin) converge vers `i.

R´eciproquement, supposons que chacune des suites (xin) converge et montrons que la suite (xn) converge.

Soit  > 0 fix´e. Pour tout i, il existe un rang Ni tel que, pour tout n ≥ Ni, |xin− `i| ≤ /d.

Par l’in´egalit´e triangulaire, on a pour tout n ≥ max(Ni, i ≤ d),

|xn− `| ≤

d

X

i=1

|xin− `i| ≤  On peut donc conclure que (xn) converge vers `.

On peut d´emontrer de fa¸con similaire qu’une suite d’un espace vectoriel de dimension finie est de Cauchy si et seulement si chacune des suites form´ees par ses coordonn´ees est de Cauchy.

4. Convergence absolue des s´eries.

(a) La suite (Tn) est convergente, donc elle est de Cauchy.

Soit  > 0. Il existe donc un rang N tel que, pour tout (n, p) ∈ N2 tels que n ≥ N et p ≥ N , on a |Tn− Tp| ≤ .

On a (pour n ≥ p, l’autre cas ´etant similaire) :

|Sn− Sp| =

n

X

k=p+1

uk

n

X

k=p+1

|uk| = |Tn− T − p|

On a donc, pour tout (n, p) ∈ N2 tel que n ≥ N et p ≥ N : |Sn− Sp| ≤ .

Donc la suite (Sn) est de Cauchy.

(b) Par la question 3, on peut conclure que la suite (Sn) est convergente : toute s´erie r´eelle absolument convergente est convergente.

(c) Consid´erons la s´erie de terme g´en´eral (−1)n/n. cette s´erie n’est pas absolument convergente car la s´erie de terme g´en´eral 1/n est divergente.

Notons, pour tout n ≥ 1, Sn=Pn k=1

(−1)n n . On a, pour tout n ≥ 1 :

S2n=

n

X

j=1

 −1 2j − 1+ 1

2j



Or, pour tout j ≥ 1, on a

−1 2j − 1 + 1

2j = −2j + 2j − 1

2j(2j − 1) ∼+∞ −1 4j2

La s´erie de terme g´en´eral 1/j2 ´etant convergente, on peut conclure que la suite (S2n) converge.

Par ailleurs, la suite (S2n+1− S2n) tend vers 0, donc la suite (S2n+1) converge et admet la mˆeme limite que la suite (S2n). Donc la suite (Sn) converge, c’est-`a-dire que la s´erie de terme g´en´eral (−1)n/n converge (mais pas absolument).

5. (a) Soit n ≥ 0. On a S2n+3− S2n+1= u2n+3+ u2n+2 ≥ −u2n+2+ u2n+2 car u2n+3≤ 0 ≤ u2n+2 et |u2n+3| ≤ |u2n+2|.

On a ´egalement S2n+2− S2n+3= −u2n+3≥ 0

et S2n− S2n+2= −u2n+2− u2n+1 ≥ 0 car −u2n+1 ≥ u2n+2. On obtient ainsi l’in´egalit´e annonc´ee.

(8)

(b) Par l’in´egalit´e pr´ec´edemment d´emontr´ee, on peut dire que la suite (S2n) est d´ecroissante et minor´ee par S1, la suite (S2n+1) est croissante et major´ee par S2. De plus, pour tout n ≥ 1, S2n+1− S2n= u2n+1, donc la suite (S2n+1− S2n= u2n+1) tend vers 0.

(c) La suite (S2nest d´ecroissante et minor´ee, donc elle converge vers un r´eel `. La suite (S2n+1) est croissante et major´ee, donc elle converge vers un r´eel `0. La diff´erence de ces deux suites tend vers 0, donc ` = `0.

On peut alors conclure que (Sn) est convergente.

6. Limite et continuit´e.

(a) Soit  > 0 fix´e. Par continuit´e de la fonction, il existe η > 0 tel que pour tout x ∈ [`−η, `+η],

|f (x) − f (`)| ≤ .

Comme la suite (xn) converge vers `, il existe un rang N tel que, pour tout n ≥ N ,

|xn− `| ≤ η, c’est-`a-dire, que pour tout n ≥ N , xn∈ [` − η, ` + η].

On a alors, pour tout n ≥ N , |f (xn) − f (`)| ≤ .

On peut ainsi conclure que la suite (f (xn)) converge vers f (`).

(b) Supposons qu’il existe  tel que, pour tout η, il existe x ∈ I tel que |x − `| ≤ η et |f (x) − f (`)| ≥ .

Pour tout entier n ≥ 1, on note xnun point de l’intervalle I v´erifiant la propri´et´e ci-dessus avec η = 1/n. On construit ainsi une suite de r´eels tels que, pour tout n, |xn− `| ≤ 1/n (donc la suite (xn) converge vers `), et |f (xn) − f (`)| ≥  (donc la suite (f (xn)) ne converge pas vers f (`)).

(c) Donner un exemple de suite (xn) admettant une limite finie ` et de fonction f telle que la suite (f (xn)) ne converge pas vers f (`).

Autrement dit, si f n’est pas continue en `, on peut trouver une suite qui converge vers

` sans que son image par f ne converge vers f (`) : c’est la contrapos´ee de la propri´et´e `a d´emontrer.

7. Th´eor`eme des bornes.

(a) Comme M est la borne sup´erieure de {f (x), x ∈ [a, b]}, il existe une suite de r´eels (yn) qui tend vers M et telle que, pour tout n, yn appartient `a {f (x), x ∈ [a, b]. On note alors xn un ant´ec´edent de yn par f et on obtient la suite recherch´ee.

(b) La suite (xn) est une suite de l’intervalle [a, b] : c’est donc une suite born´ee. Par le th´eor`eme de Bolzano Weierstrass, on peut en extraire une sous-suite convergente, de limite not´ee α.

L’intervalle [a, b] ´etant ferm´e, α ∈ [a, b].

(c) Notons xφ(n) la suite extraite obtenue `a la question pr´ec´edente. Par construction (xφ(n)) converge vers α ∈ [a, b] et (f (xφ(n)) converge vers M = sup[a,b]f . La fonction f ´etant continue en α, on a f (α) = M .

On peut donc conclure qu’il existe α ∈ [a, b] tel que M = f (α). Le sup est donc un max (et, accessoirement, il est fini...).

Un raisonnement similaire sur m = inf[a,b]f permet de conclure que toute fonction continue sur un segment atteint ses bornes.

8. Th´eor`eme des valeurs interm´ediaires. Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b].

(a) On construit les intervalles [an, bn] par dichotomie : on pose a0 = a, b0 = b, et, pour tout n ≥ 0,

– si f ((an+ bn)/2) ≥ 0, on pose an+1= an et bn+1= (an+ bn)/2.

– sinon, on pose an+1= (an+ bn)/2 et bn+1= bn.

Par un argument similaire `a celui utilis´e dans la preuve du th´eor`eme de Bolzano Weierstrass, on montre que les suites (an) et (bn) sont monotones et born´ees (donc convergentes) et que leur diff´erence tend vers 0. Donc elles admettent la mˆeme limite not´ee c.

Par continuit´e de f en c, on a f (c) = limnf (an) ≤ 0 et f (c) = limnf (bn) ≥ 0.

Donc n´ecessairement, f (c) = 0.

(9)

(b) En appliquant le r´esultat pr´ec´edent `a la fonction −f , on montre que, si f (a) > 0 > f (b), alors il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0.

Soit maintenant λ un r´eel compris entre f (a) et f (b). On remarque que la fonction x 7→

f (x) − λ est continue et change de signe sur l’intervalle [a, b], donc elle s’annule sur cet intervalle, c’est-`a-dire qu’il existe un r´eel cλ ∈ [a, b] tel que f (cλ) = λ.

(c) Soit f une fonction continue sur [a, b] et notons m (resp. M ) son minimum (resp. son maximum). On a donc f ([a, b]) ⊂ [m, M ]. Montrons maintenant que [m, M ] ⊂ f ([a, b]).

Par le th´eor`eme des bornes, il existe xm ∈ [a, b] tel que f (xm) = m et xM ∈ [a, b] tel que f (xM) = M , et par le th´eor`eme des valeurs interm´ediaires, pour tout r´eel λ compris entre m et M , il existe un r´eel cλ compris entre xm et xM tel que f (cλ) = λ. Ceci signifie que [m, M ] est inclus dans f ([a, b]).

On a donc [m, M ] = f ([a, b]).

9. Th´eor`eme de Rolle. NB : il n’est pas utile de supposer f (a) = f (b) = 0 ; f (a) = f (b) suffit.

(a) D’apr`es le th´eor`eme des bornes, f admet un maximum et un minimum que [a, b] ; on les note respectivement M et m. La fonction f ´etant non constante, on a m 6= M , donc m ou M est diff´erent de f (a).

(b) Comme M = f (c) est le maximum global de f sur [a, b], on a pour tout x ∈ [a, b], f (x) ≤ M . Donc, pour tout h > 0 tel que c − h ∈ I (ou c + h ∈ I), on a

f (c − h) − f (c)

−h ≥ 0 et f (c + h) − f (c)

h ≤ 0

(c) On utilise la d´efinition du nombre d´eriv´ee comme limite du taux de variation. Il reste `a passer `a la limite dans les in´egalit´es ci-dessus : puisque c 6∈ {a, b}, pour tout h suffisamment petit, on a c − h ∈ I, donc, en faisant tendre h vers 0, f0(c) ≥ 0. De mˆeme, c + h ∈ I, donc, toujours en faisant tendre h vers 0, f0(c) ≤ 0. On peut donc conclure que f0(c) = 0.

10. Th´eor`eme (ou ´egalit´e) des accroissements finis. Soit f une fonction continue sur [a, b] et d´erivable sur ]a, b[. On note g la fonction d´efinie sur [a, b] par

g : x 7→ f (x) − xf (b) − f (a) b − a .

(a) La fonction g est continue sur [a, b], d´erivable sur ]a, b[ et v´erifie g(a) = g(b), donc soit elle est constante et on a, pour tout c ∈ [a, b], g0(c) = 0 ; soit elle n’est pas constante et il existe c ∈]a, b[ tel que g0(c) = 0.

(b) Par d´efinition de c, on a f0(c) = (f (b) − f (a))/(b − a).

Le th´eor`eme des accroissements finis stipule que, si f est une fonction continue sur un intervalle [a, b], d´erivable sur ]a, b[, alors il existe un r´eel c ∈]a, b[ tel que f0(c) = (f (b) − f (a))/(b − a).

(c) Si une fonction est continue et d´erivable, sa repr´esentation graphique dans un rep`ere ortho- gonal admet une tangente parall`ele `a chacune de ses cordes.

(d) Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b], d´erivable sur l’intervalle ]a, b[, et telle que sa d´eriv´ee soit born´ee par une constante k. Alors, pour tout (x, y) ∈ I2, on a

f (y) − f (x) y − x

≤ k.

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