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Texte intégral

(1)

M1 MEEF 2nd degr´ e, CAPES de Math´ ematiques Ecrit blanc du 29 septembre 2014 ´

Dur´ ee : 5h

Une attention particuli`ere sera port´ee lors de la correction `a la lisibilit´e de la copie et `a la qualit´e de la r´edaction. Par ailleurs, si un(e) candidat(e) d´etecte ce qu’il/elle pense ˆetre une erreur d’´enonc´e, il/elle le signale tr`es clairement sur sa copie, propose une correction et poursuit l’´epreuve en cons´e- quence.

Ce sujet comporte 5 pages num´erot´ees de 1 `a 5.

Questions de cours

1. ´Ecrire la d´efinition de la continuit´e uniforme d’une fonction f d´efinie sur un intervalle I de R.

Citer une fonction uniform´ement continue sur R, puis une fonction continue sur R qui n’est pas uniform´ement continue.

2. ´Enoncer le th´eor`eme de Heine.

3. ´Enoncer un th´eor`eme du point fixe de votre choix.

4. ´Enoncer la formule des probabilit´es totales.

5. ´Enoncer au choix une loi des grands nombres ou le th´eor`eme central limite.

Premier probl` eme

Le but de ce probl`eme est d’´etudier la s´erieP

n≥1 1

n2. On ne supposera donc pas que la convergence de cette s´erie ou sa somme sont connues.

Partie A

1. On consid`ere la fonction f d´efinie sur [0, π/2] qui v´erifie f (0) = 0 et, pour tout x ∈]0, π/2], f (x) = 1

sin x −1 x.

(a) Donner le d´eveloppement limit´e de la fonction sinus en 0 `a l’ordre 3.

(b) En d´eduire que f est continue.

(c) Montrer ´egalement que f0, la d´eriv´ee de f , existe et est continue sur [0, π/2].

(d) On d´efinit la fonction g sur [0, π/2] par g(0)=1, et pour tout x ∈]0, π/2], g(x) = x/ sin(x).

Pour tout r´eel x de [0, π/2], exprimer g(x) en fonction de x et f (x) et en d´eduire que g est de classe C1 sur [0, π/2].

2. Si φ d´esigne une fonction d´efinie et de classe C1 sur [0, π/2], montrer `a l’aide d’une int´egration par parties que la suite (Rπ/2

0 φ(x) sin(nx) dx) converge vers 0 lorsque n tend vers l’infini.

Partie B

1. Justifier la convergence de l’int´egrale Z +∞

0

1 − cos x x2 dx.

2. En d´eduire la nature de l’int´egrale

Z +∞

0

sin x x dx.

(2)

3. Soit n un entier naturel non nul.

Calculer, pour tout nombre complexe z tel que ez est diff´erent de 1, la somme

n

X

k=−n

ekz.

En d´eduire, pour tout x ∈]0, π/2] que

1 + 2

n

X

k=1

cos(2kx) = sin((2n + 1)x) sin x . 4. Soit

In= Z π/2

0

sin((2n + 1)x) sin x dx.

(a) V´erifier que In est convergente.

(b) En utilisant la question B.3, calculer In. (c) D´emontrer que

In= Z π/2

0

f (x) sin((2n + 1)x) dx + Z π/2

0

sin((2n + 1)x)

x dx

o`u f est la fonction d´efinie dans la partie A.

(d) D´emontrer que

Z π/2

0

sin((2n + 1)x)

x dx =

Z (2n+1)π/2

0

sin x x ‘ dx et en d´eduire la valeur de

Z +∞

0

sin x x dx.

Partie C

On note Jn l’int´egrale d´efinie par Jn= 1

π Z π

0

x2sin((2n + 1)x) sin x dx 1. V´erifier que Jn est convergente.

2. D´emontrer, par exemple en utilisant les r´esultats de la question B.3, que Jn= π2

3 +

n

X

k=1

1 k2. 3. D´emontrer ´egalement que

Jn= 1 π

Z π/2 0

x2+ (π − x)2 sin((2n + 1)x) sin x dx.

4. Puis que Jn= 1

π Z π/2

0

2(x − π)g(x) + π2f (x) sin((2n + 1)x) dx + π Z π/2

0

sin((2n + 1)x

x dx,

o`u f et g sont les fonctions d´efinies dans la partie A.

(3)

5. En utilisant la question pr´ec´edente et la partie A, d´emontrer que la suite (Jn) est convergente et que l’on a

limn Jn= π Z +∞

0

sin x x dx.

6. En d´eduire la valeur de

S =

+∞

X

k=1

1 k2.

7. On consid`ere pour cette question une variable al´eatoire X `a valeurs dans N de loi donn´ee par : Pour tout k ∈ N, P(X = k) = 1

Sk2, o`u S d´esigne la somme de la s´erie de la question pr´ec´edente.

(a) Que peut-on dire de la famille d’´ev´enements (Ak)k∈N = ({X = k})k∈N? (b) La variable al´eatoire X est-elle int´egrable ?

(c) La variable al´eatoire 1/X est-elle int´egrable ? (d) D´eterminer la loi de la variable al´eatoire Y = 2X.

Deuxi` eme probl` eme

Autour des suites de Cauchy et de la continuit´ e

Dans ce probl`eme, on red´emontre plusieurs des r´esultats fondamentaux de l’analyse r´eelle, en particulier sur la convergence des suites croissantes major´ees ou des suites de Cauchy sur R et le th´eor`eme des valeurs interm´ediaires. Il est donc fondamental de ne pas supposer ces r´esultats connus !

Dans l’ensemble de ce probl`eme, on se donne deux r´eels a et b, avec a < b et on note I = [a, b].

1. Convergence des suites croissantes major´ees.

On rappelle la caract´erisation de la borne sup´erieure d’un ensemble A ⊂ R : le r´eel M est la borne sup´erieure de A si et seulement si A est inclus dans ] − ∞, M ] et si, pour tout  > 0, A ∩ [M − , M ] est non vide. S’il n’est pas possible d’exhiber un tel r´eel M , l’ensemble A est non major´e et on a sup A = +∞.

(a) On consid`ere une suite croissante (un) et on suppose qu’elle est born´ee. En utilisant la caract´erisation de la borne sup´erieure, montrer que la suite (un) converge et que sa limite est ´egale `a supnun.

(b) Montrer que si une suite (un) est croissante et non major´ee, alors elle diverge vers +∞.

(c) Montrer que toute suite convergente est major´ee.

(d) Donner un exemple de suite born´ee non convergente, et un exemple de suite convergente non monotone.

2. Th´eor`eme de Bolzano-Weierstrass. Le but de cette question est de d´emontrer que, de toute suite born´ee, on peut extraire une sous-suite convergente.

Soit (un) une suite `a valeurs dans l’intervalle [a, b].

(a) On construit deux suites (an) et (bn) de la fa¸con suivante : a0= a et b0 = b puis, pour tout n ≥ 0,

– Si l’intervalle [an, (an+ bn)/2] contient une infinit´e de termes de la suite (un), on pose an+1= an et bn+1= (an+ bn)/2.

– Sinon, on pose an+1 = (an+ bn)/2 et bn+1= bn.

Montrer que la suite (an) est croissante et born´ee, que la suite (bn) est d´ecroissante et minor´ee.

(4)

(b) En d´eduire que les suites (an) et (bn) sont convergentes. Montrer ´egalement qu’elles ad- mettent la mˆeme limite.

(c) Montrer que la fonction φ : N → N construite de la fa¸con suivante :

φ(0) = 0 et, pour tout n ≥ 0, φ(n + 1) = inf{k > φ(n), uk∈ [an+1, bn+1]}

est bien d´efinie et strictement croissante sur N.

(d) Justifier que la suite (uφ(n)) est convergente.

(e) Conclure.

(f) Que peut-on dire de la suite (φ(n) − n) (signe et monotonie ´eventuelle) ?

(g) Quel est le nom de la m´ethode algorithmique d´ecrite dans les questions pr´ec´edentes ? 3. Convergence des suites de Cauchy r´eelles. Dans cette question, on consid`ere une suite

r´eelle de Cauchy (un), c’est-`a-dire que

∀ > 0, ∃N ∈ N tel que ∀n > N et ∀p > N, |un− up| < .

(a) Montrer que la suite (un) est born´ee. Pour ce faire, on pourra par exemple utiliser la d´efinition ci-dessus avec  = 1.

(b) En d´eduire qu’elle admet une sous-suite (uφ(n)) convergente. On notera ` la limite de cette sous-suite.

(c) Montrer que, pour tout  > 0, il existe un rang N tel que, pour tout n ≥ N ,

|un− uφ(n)| ≤ /2

puis qu’il existe un rang ˜N tel que pour tout n ≥ ˜N , |un− `| < .

(d) Conclure que (un) converge.

(e) Montrer par ailleurs que toute suite convergente est une suite de Cauchy.

(f) ´Etendre ces r´esultats aux suites d’un espace vectoriel de dimension finie. On pourra com- mencer par justifier qu’une suite d’un espace vectoriel de dimension finie est convergente si et seulement chacune des suites form´ees par ses coordonn´ees dans une base orthonorm´ee est convergente.

4. Convergence absolue des s´eries. On consid`ere une s´erie de terme g´en´eral (un) et on suppose qu’elle est absolument convergente, c’est-`a-dire que P

k|uk| < ∞. On note Sn = Pn

k=0uk et Tn=Pn

k=0|uk|.

(a) Montrer que la suite (Tn) est de Cauchy, et en d´eduire que la suite (Sn) est de Cauchy.

(b) Conclure.

(c) Donner un exemple de s´erie qui converge sans ˆetre absolument convergente.

5. S´eries altern´ees. On se donne une suite (un) v´erifiant – pour tout n ≥ 0, (−1)nun≥ 0,

– la suite (|un|) est d´ecroissante et tend vers 0.

On note Sn=Pn

k=0uk.

(a) Montrer que la suite (Sn) v´erifie : pour tout n ≥ 0,

S2n+1 ≤ S2n+3 ≤ S2n+2 ≤ S2n

(b) Que peut-on dire de la monotonie des suites (S2n) et (S2n+1) ? De la limite de la suite (S2n+1− S2n) ?

(c) Conclure quant `a la convergence de la suite (Sn).

6. Limite et continuit´e.

(5)

(a) Soit (xn) une suite r´eelle admettant une limite ` ∈ R et f une fonction continue sur R.

Montrer (uniquement en utilisant les d´efinitions de la limite d’une suite et de la continuit´e d’une fonction) que la suite (f (xn)) converge vers f (`).

(b) Soit f une fonction d´efinie sur un intervalle I et ` un point de I. Montrer que si toute suite (xn) de I convergeant vers ` v´erifie que (f (xn)) converge vers f (`), alors, pour tout r´eel  positif, il existe un r´eel η > 0 tel que pour tout x ∈ I v´erifiant |x − `| ≤ η, on a

|f (x) − f (`)| ≤ . On pourra raisonner par contrapos´ee.

(c) Donner un exemple de suite (xn) admettant une limite finie ` et de fonction f telle que la suite (f (xn)) ne converge pas vers f (`).

7. Th´eor`eme des bornes. Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b], a et b ´etant deux r´eels fix´es. On note M = sup[a,b]f .

(a) Justifier l’existence d’une suite (xn) de [a, b] telle que (f (xn)) converge vers M .

(b) Montrer (en appliquant l’un des th´eor`emes pr´ec´edemment d´emontr´es) que (xn) admet une sous-suite convergente, de limite not´ee α ∈ [a, b]. Que peut-on dire de f (α) ?

(c) En d´eduire le th´eor`eme des bornes (qui stipule que toute fonction continue sur un intervalle admet un maximum et un minimum).

8. Th´eor`eme des valeurs interm´ediaires. Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b].

(a) On suppose pour cette question que f (a) < 0 et f (b) > 0. Construire une suite d’intervalles ([an, bn]) dont la longueur tend vers 0 et v´erifiant pour tout n : f (an) ≤ 0 ≤ f (bn) et an ≤ an+1 ≤ bn+1 ≤ bn. ´Etudier la limite des suites (an) et (bn) et en d´eduire l’existence d’un r´eel c0 ∈ [a, b] tel que f (c0) = 0.

(b) Montrer maintenant que pour tout r´eel λ compris entre f (a) et f (b), il existe un r´eel cλ ∈ [a, b] tel que f (cλ) = λ.

(c) Montrer en utilisant le r´esultat de la question pr´ec´edente ainsi que le th´eor`eme des bornes que f ([a, b]) est un intervalle.

9. Th´eor`eme de Rolle. Soit f une fonction continue sur [a, b], d´erivable sur ]a, b[ et telle que f (a) = f (b) = 0. On supposera que f n’est pas constante.

(a) Montrer que f admet un minimum global m et un maximum global M sur [a,b] et que l’un des deux est diff´erent de f (a).

(b) On suppose que M est diff´erent de f (a) et on note c ∈]a, b[ un r´eel tel que f (c) = M . Montrer que pour tout h > 0 tel que c − h ∈ [a, b] (respectivement c + h ∈ [a, b]), on a

f (c − h) − f (c)

−h ≥ 0



respectivement f (c + h) − f (c)

h ≤ 0

 .

(c) Conclure que f0(c) = 0.

10. Th´eor`eme (ou ´egalit´e) des accroissements finis. Soit f une fonction continue sur [a, b] et d´erivable sur ]a, b[. On note g la fonction d´efinie sur [a, b] par

g : x 7→ f (x) − xf (b) − f (a) b − a .

(a) Montrer que g v´erifie les hypoth`eses du th´eor`eme de Rolle et en d´eduire l’existence d’un r´eel c ∈]a, b[ tel que g0(c) = 0.

(b) Expliciter f0(c) puis ´enoncer le th´eor`eme des accroissements finis.

(c) Que signifie graphiquement ce r´esultat ?

(d) ´Enoncer (sans la d´emontrer) l’in´egalit´e des accroissements finis, en pr´ecisant soigneusement les hypoth`eses.

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