N° 5 (2e
Série)
Paraissant le 15 dechaquemois. 15 mai 1930.Abonnement auBulletin (unan;
France... 35 fr.
Etranger. 50 fr.
Le Numéro. France... 3f50
Étranger. 5f » Adresser lemontantdes Abonnementsk l'Institut
duPin.—C. C.Bordeaux 9237
BULLETIN
DE
L'INSTITUT du PIN
Sous le contrôle de l'Institut des Recherches
agronomiques •-Ar.
>et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux
•eàj&sBÏMBBsa^^
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SOMMAIRE
I. Articies originaux
Pages Recherches sur le pinène et le' nopinène,
par G. Brus (suite).. 109
Un nouvel emploi du Terpineol, par
M. J. Goetzmann 103
E I24 Contribution à l'étude de l'actiondescata¬
lyseurs sur l'allure et les produits de
distillation du bois, par P. Kupferberg 113
=T
Pages F I 22 La Pâte à papier tirée du bois de pin, par
M. G. Dupont (à suivre) 97
II. Documentation
C II 110-114 Petite Documentation 103 D II 163-171 Petite Documentation 105
FII73-75 Petitedocumentation 102
J
MODE DE CLASSIFICATION DE NOS DOCUMENTS
A. Généralités.
B. Récolte et traitement des résines. »
C. Essences de térébenthine, terpènes etdérivés.
D. Constituants solides des résines et leurs dérivés.
/ Articles originaux. —IlDocumentation.
E. Dérivéschimiquesdubois.
F. Cellulose de bois.
G. Documentsdivers.
Adresser la, Correspondance :
iNSTSTOT DU Plfl, Faculté ÔCS SciSilCSS, 20, Cours Pa$f2Ur, BORDHIiUX
Le Directeur technique reçoitles lundi et mercredi de 15 heuresà 19heures.
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H° S. (2e
Série)
Paraissant le 15 de chaque mois. 15 JVIai 1930.BULLETIN ;v'
DE
L'INSTITUT DU PIN
Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques
et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux
F. i. 22
La Pâte à Papier
TIRÉE DU BOIS DE PIN
Le
Développement de
saFabrication
en Scandinavie Ses
possibilités
enFrance
Par M. G. DUPONT
Doyen de la Faculté des Sciences de Bordeaux Directeur techniquede l'Institutdu Pin
(suite)*
Eléments du prix de revient.
Pour mieux situer l'importance des économies à réaliser, indiquons ici les éléments du prix de re¬
vient dans le cas de la pâte kraft.
Pour une tonne de pâte sèche, il faut, dans une usine suédoise moderne perfectionnée, fabriquant
15.000 tonnes de pâte par an :
Bois, 6 m3 à 115 fr. le m3 690 »
Sulfate de soude, 150 kilos à 380 fr.
la tonne 57 »
Chaux, 300 kilos à 150 fr. la tonne 45 »
Charbon, 450 kilos à 150 fr. la tonne ... 67 50 Main-d'œuvre, 25 heures à 7 fr 185 »
Administration et bureaux 20 »
Matériel et réparations 70 »
Total Fr. 1.134 50
(•) Voirn°4 (2e série).
Il faut ajouter à ce chiffre les impôts et assuran¬
ces, les amortissements et la rémunération du ca¬
pital engagé.
Il est entendu que ces prix correspondent à la pâte au sulfate et non au papier kraft et à des
usines tout à fait modernes et à gros tonnage (15.000 tonnes de pâte).
Quant aux sous-produits récupérables, dont la
valeur vient en diminution du prix de revient, les proportions sont voisines des suivantes, par tonne
de cellulose depin :
Essence de pin kilos 10 à 15
Résine liquide 10 à 15
Alcool méthylique 2 à 3
Les rendements en essence et en résine peuvent
être fortement accrus en traitant des bois plus résineux et plus frais.
Ces considérations générales étant posées, nous allons visiter ensemble une usine Scandinave au
sulfate.
III. — DESCRIPTION D'UNE USINE AU SULFATE
Disposition générale de l'usine. — Ce qui fait la grande force des pays Scandinaves, au point de vue de l'exploitation forestière, c'est le merveilleux développement du réseau flottable. Dans les parties
les plus éloignées du teritoire, on trouve toujours à proximité de la forêt un cours d'eau flottable ou l'un de ces lacs très allongés que l'on dénomme fjord. Les bois sont apportés l'hiver sur ces tor¬
rents ou ces fjords gelés par simple traînage sur la
98 BULLETIN DE L'INSTITUTBU PIN— N° 5 - Mai 1930
neige glacée, et au printemps les
rivières grossies
transportent jusqu'à la mer, avec desdépenses mi¬
nimes, tous ces produits de la forêt.
Les usines de pâte sont, par suite, placées le plus souvent à l'embouchure des fleuves et
autant
que possible sur une de ces chutes
puissantes qui,
souvent, se'rvent de déversoirs aux fjords inté¬
rieurs.
Telle est l'usine considérable représentée sur la figure 6 (1) : usine de Borregaard, en
Norvège, qui
est située sur une chute naturelle de 12 mètres à l'embouchure d'un fleuve puissant, le .Glommen.
Elle reçoit ses bois, amenés par flottage sur
le
fleuve, à la partie supérieure de la chute.
Ces bois
sont accumulés, par de puissants appareils de levage, en des tas formidables comportant la
provi¬
sion d'au moins six mois de marche de l'usine, soit
150 à 200.000 mètres cubes de bois. La chute four¬
nit à l'usine la force motrice et même de la vapeur à l'aide de chaudières électriques consommant les
excédents d'énergie.
Les bois, puis la pâte, sont conduits d'atelier en atelier, en sorte que les produits finis arrivent au bas de l'usine pour être directement chargés sur les navires qui les exporteront.
On comprend l'extrême intérêt d'une telle situa¬
tion qui supprime tous les transports onéreux. • Le bois sort donc du dépôt après un séchage qui
est d'autant plus rapide que le bois a été assez longuement flotté. Nous allons suivre les diverses
transformations de cebois de pin dans l'usine à sul¬
fate. Pour faciliter la compréhension, nous sui¬
vrons cette visite sur le plan d'ensemble i*eprésenté
par la figure 7 (2).
1° Le traitement du bois.
Préparation du bois. — Les rondins sortant des stocks'(l) sont menés aux écorceuses (2). Les types
les plus variés d'écorceuses se rencontrent dans les
usines suédoises. Suivant la qualité de la pâte dési¬
rée, cet écorçage sera d'ailleurs plus ou moins par¬
fait : pour les pâtes blanchies,
l'écorçage
sera :rès soigneusement fait; il sera plusgrossier
pourles
pâtes kraft. Pour les pâtes au
sulfate
etles bois
flottés, on se contente le plus souvent, en Scandi¬
navie, d'un lavage au tambour rotatif : les rondins
de 1 mètre introduits dans ces tambours se trou-
(1) VoirBulletin n"4(2"série)
(2) -
vent fortement frottés les uns contre les autres et#
de ce fait, leur surface est débarassée des saletés
ou de l'écorce qui la recouvrent.
Les bois ainsi préparés sont amenés à la dècou-
peuse (3). Cet appareil a pour but de diviser le bois
en copeaux ayant environ 1x2x3 centimètres; il
est constitué en général d'un plateau tournant à
axe horizontal, pourvu de trois fortes lames. Ces appareils ressemblent assez aux côupeuses à four¬
rage, mais on donnera une idée de leur puissance
en indiquant que certains modèles courants dé¬
pensent 150 à 200 HP, tournent à 175 tours-minute
et débitent 45 stères de bois à l'heure. Ces décou- peuses débitent le bois en tranches plus ou moins désagrégées; elles sont suivies d'un désintégraîeur,
petit broyeur destiné à casser ces tranches de bois, puis d'un classeur, sorte de tamis, le plus souvent
rotatif, dont le but est d'éliminer les morceaux de
bois trop fins ou trop gros pour faire de la bonne pâte. Ces derniers sont renvoyés au désintégrateur
pour y être à nouveau broyés. Les poussières sont généralement utilisées pour le chauffage.
Injection
de vapeur
Fig. S
If sort donc finalement des classeurs des mor¬
ceaux de bois de dimensions assez régulières, qui
sont envoyés dans de larges silos le plus souvent
à
la partie supérieure de l'usine.
Cuisson du bois. — Le traitement du bois par la
lessive se fait dans de grands autoclaves (4) dési¬
gnés généralement sous le nom de « lessiveurs »..
Ces lessiveurs sont les organes les plus importants
de l'installation. On en rencontre de deux types
différents : les lessiveurs rotatifs et les lessiveurs fixes. Les lessiveurs rotatifs sont des autoclaves
BULLETIN DE L'INSTITUT LU PIN — N° 5 -Mai 1930 99
cylindriques de 25 à 35 mètres cubes de capacité, qui tournent lentement (1 tour par 10 minutes)
autour d'un axe horizontal perpendiculaire à celui
du cylindre. Le chauffage se fait par injection de
vapeur dans la masse.
Ces lessiveurs rotatifs (Fig. 8) ont des avantages notables; ils assurent, par le mouvement même de.
l'appareil, un brassage parfait de la masse pendant
la cuisson; les copeaux subissent un défibrage pro¬
gressif qui facilite l'action de la lessive sur la tota¬
lité de la masse; leur défaut est leur faible capa¬
cité : la production par autoclave n'est que de 2 à
3 tonnes de pâte sèche. En outre, le chauffage direct (par injection de vapeur), obligatoire avec ce dispo¬
sitif, vient diluer la lessive et accroître, par suite,
les frais de récupération.
Pour ces raisons, les usines modernes au sulfate emploient de préférence des lessiveurs
fixes, qui
permettent de plus grosses capacités et le
chauffage
Indirect.
Les lessiveurs fixes modernes ont une capacité
de 50 à 60 mètres cubes (5 à 6 tonnes de pâte). La figure 9 montre l'agencement d'un lessiveur
du
typele plus moderne. Pour provoquer le brassage
de la
lessive et le lavage méthodique des copeaux de
bois
Lessiveurfixeavec sondispositif dechauffage
Fig. 9
qui remplissent l'autoclave A,
la lessive est puisée,
au travers d'une ceinture perforée B, par une pompe P, qui la refoule dans un
réchauffeur G, for¬
mé d'un faisceau tubulaire, puis, par un distribu¬
teur D, elle revient, partie au haut de
l'autoclave,
partie au bas.Pour la pâte kraft, 1 mètre cube de capacité du
lessiveur produira 73 à 75 kilos de pâte sèche par opération; il faudra pour cela 160 à 170
kilos
decopeaux (calculés absolument secs) et 5i00 litres
d'une lessive contenant :
200 litres de lessive fraîche, soit : 16 à 18 kilos de NaOH;
7 à 8 kilos de Na2S;
4 à 6 kilos de C03Na2,
et 300 litres de liqueur noire provenant d'une opé¬
ration antérieure.
La durée de chauffage est de huit heures, et la pression maxima de 8 kilos.
Vapeurs de dégazage. — Pendant la cuisson,
les
gaz contenus dans le bois se dégagent et se rassem¬
blent à la partie supérieure. Il faut les évacuer
de
temps en temps pour
empêcher
lapression de s'éle¬
ver de façon exagérée. Mais, en même temps que
ces gaz, on évacue une grosse
quantité de
vapeurd'eau et des produits entraînés : il faut
récupérer
ces produits et, autant que
possible, les calories
em¬portées par la vapeur.
Les matières entraînées sont : de l'essence de térébenthine, de l'alcool méthylique et des compo¬
sés sulfurés. En outre, de la pâte et de la lessive
sont entraînées sous forme d'écume ou de goutte¬
lettes par le courant de vapeur.
Pour récolter ces derniers produits, on fait passer
les vapeurs d'abord dans un
grand récipient (15 à
2l0 mètres cubes) formant brise-mousse (le ramasse- pâte), puis les vapeurs
sont ensuite condensées
dans des réfrigérants à contre-courants
(5, Fig. 7)
;l'eau chaude sortant de ces condenseurs servira
pour le lavage de la
pâte. Les
eauxde condensation
seront traitées comme il sera dit plus loin pour en
retirer l'essence de térébenthine et l'alcool méthy¬
lique.
Lavage de la paie. —
Quand la cuisson du bois
est terminée, il fuut, nous l'avons dit, séparer la
li¬
queur noire (lessive
usée) de la pâte et laver celle-ci.
Pour cette opération, les usines de
pâtes Scandina¬
ves sont équipées d'une
manière
assezuniforme; le
lavage se fait dans de
grands diffuseurs de tôle
ayant une capacité presque
égale à celle du lessi¬
veur (6, Fig. 7). Le nombre
des dilfuseurs est
nor¬malement double de celui des lessiveurs. Ces
difiu-
100 BULLETIN DE L'INSTITUTBU PIN— N° 5 -Mai 1930
seurs (v. fig. 10) sont disposés en cercle, par batte¬
ries de 6 à 12. La masse de pâte et de liqueur noire
chassée par la base des lessiveurs (encore partiel¬
lement sous pression) arrive par le tube montant A disposé au centre du cercle. Un tube coudé B
l'amè¬
nera au diffuseur en remplissage C2. La lessive,
encore à 120 degrés, subit une violente éhullition et
les vapeurs dégagées entraînent beaucoup de mous-
D
Qifbizear Fig. 10
se et de pâte. Ces vapeurs sont amenées par le tube
D dans un des diffuseurs vides C qui jouera le rôle
de ramasse-pâte. Enfin, la vapeur sortant de C' ira
dans un gros réfrigérant à contre-courant qui four¬
nira de l'eau chaude et condensera des liquides ri¬
ches en alcool méthylique.
Lorsque le chargement du diffuseur C2 est termi¬
né, on l'associe à un second diffuseur C1 déjà plein
de pâte partiellement lavée; de l'eau chaude est
envoyée au sommet de C1 et, traversant la masse du haut en bas, termine le lavage de la pâte. Cette
eau de lavage pénètre au sommet de C2, chasse pro¬
gressivement la liqueur noire qui imprègne la pâte.
On récolte ainsi une liqueur noire qui, d'abord à
14 degrés Bé, voit son titre s'abaisser graduelle¬
ment, par dilution. Quand ce titre atteint 9 degrés Bé, on envoie cette solution dans un diffuseur nou¬
vellement chargé C3, puis le diffuseur extrême C1,
dont lapâte estalors complètement lavée, est désac- couplé, puis vidé dans un vaste réservoir disposé à
la base de la série dès diffuseurs. Ce réservoir est muni d'un agitateur qui maintient la pâte en sus¬
pension homogène. La dilution est telle que la te¬
neur en pâte est d'environ 3 p. 100.
2° Le traitement de la pâtea
Nous allons traverser maintenant l'atelier de traitement de la pâte, sans beaucoup nous y attar¬
der, avant de revenir aux ateliers de récupération
de la pâte.
La pâte brute est puisée dans le réservoir dont
il vient d'être parlé. Cette pâte, surtout lorsqu'elle
est peu cuite comme la pâte kraft, est très loin
d'être homogène : elle contient encore un assez, grand nombre de morceaux de bois non désagrégés,,
soit parce qu'ils sont insuffisamment cuits, soit par¬
ce qu'ils proviennent des nœuds du bois. En outre,
les fibres du bois sont encore mal séparées les unes des autres; elles forment des faisceaux plus ou moins résistants. Il faut donc affiner cette pâte.
Elle passe d'abord dans un trieur de nœuds (7y Fig 7). Ce trieur de nœuds, dont il existe divers, types, est en réalité un tamis assez grossier qui sé¬
pare les copeaux non défibrés : ces copeaux sont envoyés ordinairement à un broyeur (9); ils don¬
neront des pâtes inférieures utilisées pour la fabri¬
cation du carton. La pâte sortant du trieur de
nœuds doit subir un brojrage destiné à séparer les:
unes des autres les fibres, mais au préalable il faut
la concentrer; dans ce but, elle traverse un presse-
pâte humide (8) : la pâte est reçue sur une large
bande de toile métallique qui vient passer sur une suceuse; la majeure partie de l'eau de la pâte est extraite, il se forme sur la toile une feuille qui est pressée entre deux cylindres lamineurs; ceux-ci ex¬
priment encore une nouvelle quantité d'eau et
fournissent une sorte de carton encore humide qui
est envoyé aux broyeurs.
Ces broyeurs sont généralement des broyeurs à:
meules de granit tournantes; ils sont disposés en cascade, en sorte que la pâte passe de l'un à l'autre
d'une façon continue et tombe du dernier dans unfâ
cuve où elle est à nouveau diluée.
Les raffineurs. — L'épuration de la pâte n'est
pas encore finie : il y a encore des paquets de fibres
et des grains de sable qu'il faut éliminer. La pâte
diluée passe d'abord sur des « sabliers », sorte de
tables munies de nombreuses rainures où se ras¬
semblent les grains de sable et autres impuretés
lourdes; puis la pâte arrive aux « classeurs » (11,.
Fig. 7) comportant de fins tamis, le plus souvent
rotatifs, dont le but est de séparer les fibres gros¬
sières; celles-ci pénètrent dans un « raffineur » co¬
nique où, par l'effet de la force centrifuge et
du
frottement, se parfait leur défibrage.
Le presse-pâte sécheur. — La pâte ainsi raffméa
— 10 —
BULLETIN DE L'INSTITUT BU PIN — JV° ô -Mai 1930 101
(celle qui sort du classeur et celle qui sort du raf- fineur) arrive à la machine à papier ou au presse-
pâte sécheur. La description de ces machines sor¬
tant du cadre de cet article, nous dirons seulement que le principe en est le même que celui du presse-
pâte humide précédemment décrit, mais qu'en ou¬
tre la feuille de papier ou de carton passe sur une série de cylindres sécheurs destinés à éliminer com¬
plètement l'eau.
titue la partie la plus délicate et compliquée de
cette industrie. Nous allons suivre maintenant les
opérations qu'elle comporte.
a) Récupération de la soude et des liqueurs noires.
Pour une tonne depâte sèche, on a environ 9 mè¬
tres cubes de liqueur noire à 11 degrés Bé, conte¬
nant 1.500' kilos de matière sèche, dont 350 kilos de soude (Na20) combinée et 1.150 kilos de matières organiques. On va s'efforcer de récupérer la soude
Récupération
delasoude.Diffuseur
Fourde fusion
Dissolution desss/ins a*
Vapeur
/ers le
presse-pâte sécheur
bsca'
Fig. 11
Si l'usine fâbrique directement du papier, celui-
ci est enroulé ou découpé aux dimensions conve¬
nables.
Si l'usine fabrique seulement de la pâte sèche,
celle-ci est découpée, puis rassemblée en paquets que l'on serre à la presse afin de réduire leur volu¬
me au minimum pour l'expédition.
3° Le traitement des sous-produits,.
Nous avons dit l'importance qu'avait pour une usine au sulfate la récupération et l'utilisation des sous-produits. En réalité, cette récupération cons-
contenue et d'utiliser le mieux possible la chaleur
de combustion des matières organiques qui l'ac¬
compagnent.
D'après les principes établis précédemment, nous
avons vu que la récupération des lessives comporte
trois opérations :
1° Concentration des lessives;
2° Calcination et fusion (four de fusion), puis
dissolution du salin fondu;
3° Caustification et filtration.
A suivre.)
— 11 —
'102 BULLETIN DE L'INSTITUTBU PIN — N° ô - Mai 1930
PETITE DOCUMENTATION
F BB 73=— Le procédé par cuisson. Rôle de l'eau
dans Sacuisson du bois, par S. I. Aronovsky et Ross
Aikën Gortner. (Indust. and Eng. Ghem. Vol. 22,
ii° 3, p. 204.)
La cuisson du bois, telle qu'elle est
pratiquée
dans l'industrie pour la production de
cellulose, né¬
cessite l'emploi de liqueurs de cuisson
contenant
divers produits chimiques dans
des proportions
variées. L'action exacte de chaque constituant dans
la cuisson est tout à fait inconnue; cet article est
le premier d'une série d'études
faites
en vuede
déterminer le rôle de chaque constituant de la liqueur de cuisson. Puisque l'eau
constitue la
por¬tion principale de la liqueur, une cuisson avec
de
l'eau pure a été étudiée en premier lieu; cette
étude
montre que l'eau, à différentes températures, pen¬
dant des durées de contact plus ou moins longues, agit profondément sur les divers
constituants du
bois. Les pentoses et les pentosanes sont
rapide¬
ment détruites. Il en résulte la production d'une quantité appréciable de furfural; la lignine,
quoi-
qu'apparemment le plus stable desconstituants
du bois, subit une dépolymérisation, partielle, et les
celluloses sont détruites et transformées en consti¬
tuants soluhles dans l'eau et en produits gazeux.
37 %, approximativement, des celluloses
totales, et
46 % de la cellulose a, sont détruits en 12 heures
de cuisson à 186° C. A des températures plus éle¬
vées et si la cuisson est poursuivie pendant des temps plus longs, le pourcentage de cellulose a
détruit estplus fort que celui des celluloses
totales;
ceci indiquant la conversion de la ceillulose-a en hydro-cellulose. L'eau peut donc, alors,
être
regar¬dée comme un agenttrès actif de la cuisson du bois.
F SI 74. — Récupération de la soude, à partir
des liqueurs noires de cuisson du bois. C.-L. Wa¬
gner, Indust. and Eng. Ghem., vol. 22, n° 2, p. 122.
Dans cet article, l'auteur décrit un nouveau pro¬
cédé de récupération de la soude, dans les usines fabriquant lapâte de bois. Cette récupération sefait grâce à un four spécial dont la
description est
fournie. Ce four est à peu près le même pour
le
procédé à la soude que pour leprocédé
ausulfate.
Il doit brûler le carbone volatil et le carbone fixe
en assurant une combustion absolue; il doit four¬
nir des produits chimiques
utilisables
sousla forme
la meilleure, en évitant les pertes, du travail, la poussière, les fumées et
l'odeur.
F il 75=— mécanisme du séchage de la pâte de
bois et du papier, T.-K. Sherwood, Indus
trial
and Eng. Chem., vol. 22, n° 2, p. 132.L'auteur résume tout d'abord l'explication qu'il
fournit du mécanisme, en général, du séchage.
L'opération du séchage est en général
divisée
endeux périodes, la première où la vitesse du
séchage
est constante, la seconde où cette vitesse de sé¬
chage va en décroissant. Pendant la
première pé¬
riode, la surface du solide est humectée du liquide
et la vitesse de l'évaporation n'est pas fonction de
l'eau contenue. Les principaux facteurs agissant
sur la vitesse du séchage, pendant cette période,,
sont : la rapidité du passage de l'air sur la surface,,
la conductibilité de la chaleur des surfaces séchan¬
tes en contact et le rayonnement des surfaces envi¬
ronnantes. La vitesse de séchage tombe pendant la
deuxième période, soit parce que les surfaces
humi¬
des diminuent, ou soit parce que la vitesse de dif¬
fusion du liquide contenu est réduite. Ou ces deux
mécanismes, ou chacun pris séparément dominent pendant la décroissance de la vitesse de séchage.
Quand la diffusion du liquide contenu à l'inté¬
rieur de la.masse est réduite, l'évaporation a ten¬
dance à apparaître, non à la surface, mais en des points à l'intérieur de la masse. Les résultats
four¬
nis sur le séchage de la pâte à papier montrent que
cette matière suit les règles générales du mécanisme
de séchage mentionné ci-dessus. On montre que
la
diffusion du liquide intérieur diminue pendant la
durée de la seconde période, dans le cas de plaques épaisses de pâte, et que l'évaporation
prend place
dans des points à l'intérieur de la masse. Dans
le
cas des feuilles minces ou du papier, le mécanisme
du séchage, pendant la deuxième période, est
celui
d'un séchage non saturé. Une équation empirique
est trouvée, établissant unerelation entre l'eau con¬
tenue et le temps et représente parfaitement les
ré¬
sultats du séchage de la pâte.
BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N° 5 -Mai 1930 103
G i 85
Un nouvel emploi du Terpinéol
iBrevet d'invention n° 289.897, déposé le 13 février 1930
Procédé pour
rendre clairs
ethomogènes
des mélanges liquides ou pâteux
parM Jules-EdouardGoetzmainn
Il est connu qu'avec l'aide de certains produits
on peut rendre homogène et limpide, par exemple
un mélange d'hydro-carbures. tels que la benzine,
etc..., avec des alcools dénaturés, des cétones ou autres produits similaires contenant ou suscepti¬
bles de contenir de l'eau; mais cette homogénéité,
pour se maintenir, exige une série de précautions qu'il est difficile d'obtenir pratiquement (pas de
variations de température, pas de température in¬
férieure à 5 degrés centigrades, pas d'humidité atmosphérique, etc.) ou bien alors, on emploie des produits hydrogénés du phénol, tels que les cyclo-
hèxanones ou cyclohexanols, qui sont coûteux, com¬
muniquent au mélange une odeur particulièrement désagréable et tenace qui ne permet que très diffi¬
cilement leur emploi, par exemple dans les savons renfermant des hydrocarbures.
La présente invention a pour objet un procédé qui emploie comme liquide intermédiaire, pour obtenir l'homogénéité et clarté du mélange, le Ter¬
pinéol. Si on fabrique par exemple un mélange
contenant cinquante parties d'essence ordinaire et cinquante parties d'alcool à 96 % on obtient une solution trouble a laquelle il suffit d'ajouter 6 par¬
ties de Terpinéol pour obtenir une solution limpide
et homogène, et qui reste toujours ainsi pour de grandes variations de température, même si on
ujoute 1 pour cent d'eau.
On peut ainsi obtenir des mélanges liquides ho¬
mogènes qui peuvent être utilisés comme carbu¬
rants dans les moteurs à explosion.
Egalement, quand on fait des savons à dissol¬
vants, il arrive que la solution se trouble par la
formation d'une émulsion laiteuse ou crémeuse, l'adjonction d'une petite quantité de Terpinéol per¬
met de rendre le savon limpide s'il s'agit de savon
liquide, ou diaphane, et plus ferme
s'il s'agit de
savon pâteux, en même temps que le
Terpinéol
communique au savon une odeur agréable.Si par exemple on veut faire un savon à dissol¬
vant pâteux renfermant 30 % de corps gras et
20 %
de dissolvant et que, en ajoutant une certaine quan¬
tité d'eau, à un certain moment, ce savon tend à
devenir liquide et se trouble, il suffit alors d'y ajou¬
ter une petite quantité de Terpinéol pour que ce
savon redevienne diaphane et ferme.
RESUME
Procédé pour rendre homogène et clair un mé¬
lange liquide ou pâteux d'hydrocarbures, soit avec des alcools dénaturés, cétones ou matières similai¬
res, soit avec des savons, soit encore avec un mé¬
lange de savon et d'alcool dénaturé, caractérisé par l'emploi du Terpinéol comme produit
intermédiaire
à adjoindre à ces différents mélanges.
Le Terpinéol étant un produit peu coûteux, em¬
ployé en petites quantités, et communiquant au mélange une odeur agréable.
Petite Poeiimentaiioii
G El 11©. — Les propriétés des essences de pin
finesses actuelles, E. Pyhala, Chem. Ztg. 1929,
t. 53, n° 78, p. 758-759, 28 septembre.
L'auteur donne des détails intéressants sur la
préparation des essences finlandaises dites « Kie-
nol ». Ces essences sont obtenues par distillation
des goudrons de bois obtenus par distillation en meules des pins du pays. Actuellement, ces essen¬
ces sont surtout obtenues par distillation des sou¬
ches de pin. L'essence obtenue est redistillée en présence ou non de vapeur d'eau, mais le raffinage
en Finlande est encore primitif. L'auteur donne,
dans des tableaux, les caractéristiques de diverses
essences qui montrent que cette fabrication est en¬
core très irrégulière. A côté des essences obtenues
par distillation sèche, on trouve, à l'heure actuelle,
des essences provenant de la fabrication des cellu¬
loses au sulfite.
G SE 111. — Etude de Sa résine de sapin de Fin¬
lande. II. Composition de l'essence detérébenthine
104 BULLETIN LE L'INSTITUTLU PIN — N° 5 - Mai 1930
extraite de cette résine. A.-M. Nordstrom, Permo Chem. 1929, t. 1er, n° 3, p. 129-135.
L'auteur a effectué une distillation fractionnée d'une résine de sapin de Finlande. La fraction de
162-165° contient sûrement du (3-pinène.ou nopi-
nène, car, par oxydation permanganique, on tombe
sur l'acide nopinique et la nopinone. Jusqu'à pré¬
sent, on considérait cette résine comme exempte de nopinène; ces essais démontrent nettement sa pré¬
sence.
L'auteur a pu caractériser également dans la
fraction carénique, le A''-carène et le A3-carène.
C SI 112. — Quelques considérations sur Fes-
sence de térébenthine, H.-I. Waterman et E.-B.
Elsbach, Yerfkroniek 1929, t. 2, n° 11, p. 16-19,
15 novembre.
Les auteurs constatent que l'a-pinène pur, c'est-
à-dire le composant essentiel de l'essence de térében- 'thine, ne satisfait pas aux normes prescrites pour l'indice de réfraction suivant les conventions admi¬
ses dans certains pays. Il importe que les commis¬
sions de normalisation se mettent d'accord. L'addi¬
tion de faibles quantités d'essence minérale suffit
pour augmenter d'une façon considérable le résidu
de l'essai de polymérisation.
Dans un flacon cylindrique de 50 cm3 surmonté
d'un col gradué de 80 mm. de hauteur, de 12 mm.
de diamètre, le flacon étant plongé dans de l'eau glacée, on introduit 20 cm3 de N2S04 d'un poids spécifique de 1,84. On ajoute, goutte à goutte, et en
agitant sans cesse, 5 cm3 de térébenthine en évitant
de dépasser la température de 60 degrés. Après que le mélange cesse de s'échauffer lorsqu'on l'agite vigoureusement, on place le flacon pendant 10 mi¬
nutes dans un bain-mairie à 60 ou 65°, en agitant
vivement cinq ou six fois. On laisse refroidir à la température ambiante et ou remplit à 50 cm3, c'est-
à-dire au trait de jauge supérieur, avec de l'acide sulfurique à 93 %. On laisse reposer pendant
24 heures ou bien on sépare les liquides par la force centrifuge et on observe dans le col le volume du
résidu non polymérisé.
L'indice de réfraction de ce résidu varie peu, tandis que celui de, la partie polymérisée au moyen de cette opération augmente d'une manière appré¬
ciable.
G ii 113. — Lroxydatîon de Fa-terpinëne par l'hydro-peroxyde de, benzoyle, L.-A. Elson, C.-S.
Gibson et J.-L. Simonsen, Journ, Chem. Soc. 2732- 5, 1929. (D'après Pine Inst. of Amer. Abst.,
vol. 4, n° 2.)
Les auteurs ont essayé, sans succès, d'obtenir un
dioxyde de l'ascaridol par oxydation de l'a-terpi-
nène avec l'hydro-peroxyde de benzoyle. L'action
de l'hydroperoxyde de benzoyle, en solution dans
le chloroforme est essayé à 0°, sur le carbure. Lors¬
que l'opération est terminée, la solution chlorofor- mique est lavée pour la débarrasser de l'acide ben- zoique avec de la soude à 10 %, puis séchée; le
chloroforme est distillé, le résidu est fractionné
sous vide réduit. La fraction 1, contenant 30 % de la quantité totale, est constituée de p. cymène. La
fraction 2 contient, en majeure partie, le l,4,oxydo
-2 p. menthène identifié par oxydation permanga¬
nique en acide 1,4, cinéolique. La fraction 3 est
un mélange d'huiles qu'on n'a pu identifier et d'un produit cristallin fondant à 110°-112°, dont on avait de trop faibles quantités pour poursuivre
l'étude.
G il 114= — Hydrogénation quantitative des
constituants principaux non saturés ds l'essence
de térébenthine, de la pine-oii, de Sa colophane,
W.-E. Shaefer, Ind. Eng. Chem. Anal. Ed 2, 115-7 '(1930).
L'auteur décrit une méthode.très simple d'hy¬
drogénation quantitative à la température ordi¬
naire et à la pression atmosphérique, en employant
le palladium comme catalyseur. L'appareil est le
même que celui décrit par Picard et Oppenhein (Oppenhein, Thèse d'Université, p. 13, 1924). Il apparaîtrait que cette méthode ait quelque valeur
pour l'étude des composés de constitution incon¬
nue. Après avoir obtenu de très bons résultats quantitatifs, en hydrogénaiit l'acide maléique, l'au¬
teur applique sa méthode à I'a-pinène, au dipen-
tène, au diterpène, à l'a-terpinéol, l'acide ahiétique-,
l'abiétate d'éthyle; de bons résultats sont obtenus
avec le pinène; le dipentènç absorbe seulement l'hydrogène nécessaire pour saturer unedouble liai¬
son, tandis que le diterpène en absorbe assez pour
saturer deux doubles liaisons, bien que la vitesse d'absorption soif très lente: Les résultats avec le terpinéol sont plutôt irréguliers. Les résultats obte-