Probabilit´es et Processus Stochastiques Examen
dur´ee 2h45
Les calculatrices sont interdites. Comme unique document, un recto-verso au format A4 est autoris´e
Exercice I
1. On noteE l’ensemble des fonctions born´ees de [0,1] dansR. Pour f ∈E, on note
T f(x) = {1
2f(2x) si x∈[0,1/2[
1
2(1 +f(2x−1)) si x∈[1/2,1].
Montrer qu’il existe une unique fonctionF ∈ E telle que T f = f.
Identifier cette fonction.
2. Soit (Xn)n≥0 une suite de variables al´eatoires ind´ependantes suivant la loi de Bernoulli de param`etre 1/2. On pose pour n ≥ 1 : Sn =
∑n
k=0 Xk
2k+1,Tn=∑n
k=0 Xn−k
2k+1 et S=
+∞
∑
k=0
Xk
2k+1. V´erifier que S est bien d´efinie.
3. On pose, pourx∈[0,1], Fn(x) =P(Tn≤x). Montrer que
∀x∈[0,1] Fn+1(x) =T Fn(x).
4. Montrer qu’`an fix´e Tnet Sn ont mˆeme loi.
5. En d´eduire que S suit la loi uniforme sur [0,1].
6. Montrer que pour toutx r´eel, on a sinx
x =
+∞
∏
n=1
cos (x
2n )
.
Indication : on pourra noter que
S− 1 2 =
+∞
∑
k=0
Xk−1/2 2k+1 .
1 Tournez la page S.V.P.
www.al3abkari-pro.com
Exercice II
Soit λ un r´eel strictement positif. Soit (An)n≥1 une suite de variables al´eatoires ind´ependantes suivant la loi uniforme sur [0,1], (Xn)n≥1 une suite de variables al´eatoires ind´ependantes suivant la loi exponentielle de param`etre λ. On suppose que les suites (An) et (Xn) sont ind´ependantes l’une de l’autre et on pose
Zn=
∑n
k=1AkXk
∑n
k=1Ak .
1. Montrer que (Zn) converge presque sˆurement vers λ1. 2. Montrer queE[Zn|A1, . . . , An] = λ1.
3. Montrer que E
(
(Zn−1
λ)2|(A1, . . . , An) )
=
∑n i=1
( Ai
∑n
k=1Ak
)2
VarX1 ≤λ−2.
(On rappelle que VarX1=λ−2.)
4. En d´eduire que (Zn) est born´ee dansL2. 5. Montrer que (Zn) converge dans L1 vers λ1.
FIN
www.al3abkari-pro.com
2Correction de l’examen
Exercice I
1. Il est bien connu que (E,∥ · ∥∞) est un espace de Banach. Soient f, g∈E. Pour toutx∈[0,1], on a
T f(x)−T g(x) = {1
2(f(2x)−g(2x)) six∈[0,1/2[
1
2(f(2x−1)−g(2x−1)) six∈[1/2,1]. Dans les deux cas ; |T f(x)−T g(x)| ≤ 12∥f −g∥∞. En passant au supr´emum, on obtient∥T f−T g∥∞≤ 12∥f−g∥∞. Il est facile de voir que pour toutf ∈E,T f ∈E, avec∥T f∥∞≤ 12∥f∥∞, soit T f ∈E.
Ainsi f 7→ T f est une application 1/2 contractante de (E,∥ · ∥∞) dans lui-mˆeme. Elle admet donc un unique point fixe. Il est facile de voir que l’applicationf(x) = x est un point fixe : c’est le point fixe cherch´e.
2. Grˆace `a la majoration |X2kk+1(ω)| ≤ 2k+11 , on voit que la s´erie de terme g´en´eral X2kk+1(ω) converge absolument, ce qui montre queS(ω) est bien d´efinie pour tout ω.
3. On a Tn+1= Xn+12+Tn, d’o`u
P(Tn+1 ≤x) =P(Tn+1 ≤t, Xn+1 = 0) +P(Tn+1 ≤x, Xn+1 = 1)
=P(Tn
2 ≤x, Xn+1 = 0) +P(Tn+ 1
2 ≤x, Xn+1 = 1)
=P(Tn
2 ≤x)P(Xn+1= 0) +P(Tn+ 1
2 ≤x)P(Xn+1 = 1) par ind´ependance
= 1 2(P(Tn
2 ≤x) +P(Tn+ 1 2 ≤x))
= 1
2(P(Tn≤2x) +P(Tn≤2x−1))
Six ∈[0,1/2[, 0 ≤2x ≤1, donc P(Tn≤2x) = Fn(2x), tandis que 2x−1<0, doncP(Tn≤2x−1)) = 0 : on a alorsFn+1(x) = 12Fn(2x).
Si x ∈ [1/2,1], 2x−1 ≥ 1, donc P(Tn ≤ 2x−1)) = 1, tandis que 2x−1∈[0,1[, doncFn+1(x) =P(Tn≤2x−1) = 12Fn(2x−1). Dans les deux cas,Fn+1(x) = (T Fn)(x).
4. La loi de (Sn) (resp.Tn) est la loi image deP(X0,...,Xn+1)(resp.P(Xn+1,...,X0)) par l’application
(x0, . . . , xn)7→
∑n
k=0
xk 2k+1.
CommeP(X0,...,Xn+1)= Ber(1/2)⊗(n+1) =P(Xn+1,...,X0), on en d´eduit queSn etTn ont mˆeme loi.
1 Tournez la page S.V.P.
www.al3abkari-pro.com
5. Comme une probabilit´e est toujours entre 0 et 1, F0 ∈ F, donc d’apr`es le th´eor`eme du point fixe, les it´er´ees parT deF0convergent pour la norme ∥ · ∥∞, vers le point fixe de T : l’identit´e. Comme Fn(x) = (TnF0)(x), on a
n→lim+∞ sup
x∈[0,1]
|Fn(x)−x|= 0.
En particulier pour tout x ∈[0,1], P(Tn ≤ x) =Fn(x) → x. Pour toutx <0P(Tn≤x) = 0→0. Pour toutx >1P(Tn≤x) = 1→1.
Finalement siF est la fonction de r´epartition de la loi uniforme sur [0,1], on a pour tout x ∈ R, Fn(x) → F(x), ce qui montre que Tn converge en loi vers la loi uniforme sur [0,1]. Mais commeTnetSn
ont mˆeme loi,Sn converge en loi vers la loi uniforme sur [0,1]. Mais Snconverge presque sˆurement versS et la convergence presque sˆure implique la convergence en loi, doncSn converge en loi versS; par unicit´e de la limiteS suit la loi uniforme sur [0,1].
6. Comme 1 =∑+∞
k=0 1
2k+1, la d´efinition de S donne S− 1
2 =
+∞
∑
k=0
Xk−1/2 2k+1 , soitS−1/2 = limn→+∞∑n
k=0
Xk−1/2
2k+1 et par continuit´e de exp, exp(it(S−1/2)) = lim
n→+∞exp(
∑n k=0
Xk−1/2 2k+1 )
= lim
n→+∞
∏n k=0
exp(it(Xk−1/2 2k+1 ))
Comme les termes sont major´es en module par 1, on a par conver- gence domin´ee, puis par ind´ependance
E(exp(it(S−1/2))) = lim
n→+∞E(
∏n k=0
exp(it(Xk−1/2 2k+1 )))
= lim
n→+∞
∏n k=0
E(exp(it(Xk−1/2 2k+1 )))
S−1/2 suit la loi uniforme sur [−1/2,1/2], donc E(exp(it(S−1/2))) =
∫ 1/2
−1/2
eitx dx= eit/2−e−it/2
it = sin(t/2) t/2 .
D’autre part, pour toutk≥0, E(exp(it(Xk−1/2
2k+1 ))) =P(Xk = 0) exp(it(0−1/2
2k+1 )) +P(Xk = 1) exp(it(1−1/2 2k+1 ))
= 1
2(exp(it 2. 1
2k+1) + exp(it 2. 1
2k+1))
= cos(t 2. 1
2k+1),
2 Tournez la page S.V.P.
www.al3abkari-pro.com
d’o`u en posant x=t/2 : sinx
x =
+∏∞
k=0
cos( x 2k+1) =
+∏∞
k=1
cos(x 2k).
Exercice II
1. LesAk sont ind´ependantes, identiquement distribu´ees, avec un mo- ment d’ordre 1. Donc, avec la loi forte des grands nombres, presque sˆurement, (∑n
k=1Ak)/n→E[A1] = 1/2.
Par associativit´e de l’ind´ependance, des tribus Fn = σ(An, Xn) sont ind´ependantes, donc les variables AkXk sont ind´ependantes, de mˆeme loi : la loi image deP(An,Xn) =PA1⊗PX1 par (a, x)7→ax.
Ces variables sont int´egrables comme produit de deux variables int´egrables ind´ependantes et on a E[A1X1] = E[A1]E[X1] = 12λ1. En appliquant la loi forte des grands nombres,presque sˆurement, (∑n
k=1AkXk)/n→E[A1X1] = 2λ1 . On en d´eduit que Zn= (∑n
k=1AkXk)/n (∑n
k=1Ak)/n → 2λ1 1/2 = 1
λ p.s.
2. On rappelle que si U et V sont des vecteurs ind´ependants et f est une fonction born´ee ou positive sur le support de (U, V), alors
E[f(U, V)|V] =g(V) avec g(v) =E[f(U, v)].
On prendU = (X1, . . . , Xn),V = (A1, . . . , An), etf(u, v) =
∑n k=1ukvk
∑n k=1vk . On a ici
g(a1, . . . , an) =E (∑n
k=1akXk
∑n
k=1ak
)
=E (∑n
k=1akE(Xk)
∑n
k=1ak
)
=E (∑n
k=1akλ1
∑n
k=1ak )
= 1 λ D’o`u le r´esultat.
3. On prend cette fois f(u, v) =
(∑n
k=1∑(unk−1/λ)vk k=1vk
)2
.
Il vient
g(a1, . . . , an) =E (∑n
k=1∑(Xnk−1/λ)ak k=1ak
)2
= ( n
∑
k=1
ak
)−2 E
( n
∑
k=1
(Xk−1/λ)ak
)2
3 Tournez la page S.V.P.
www.al3abkari-pro.com
Or les variables (Xk−1/λ)ak sont ind´ependantes, centr´ees : la va- riance de la somme est la somme des variances, soit
E ( n
∑
k=1
(Xk−1/λ)ak )2
= Var
∑n
k=1
(Xk−1/λ)ak
=
∑n k=1
Var ((Xk−1/λ)ak)
=
∑n k=1
a2kVarXk=
∑n k=1
a2kVarX1,
d’o`u l’´egalit´e E
(
(Zn− 1
λ)2|(A1, . . . , An) )
=
∑n i=1
( Ai
∑n
k=1Ak
)2
VarX1.
Comme lesAisont positifs, on a∑nAi
k=1Ak ∈[0,1], d’o`u 0≤(
Ai
∑n k=1Ak
)2
≤
Ai
∑n
k=1Ak, ce qui en sommant suridonne l’in´egalit´e
∑n i=1
(∑nAi k=1Ak
)2
VarX1 ≤
∑n i=1
(∑nAi k=1Ak
)
VarX1 = VarX1 =λ−2.
4. En r´eint´egrantE(Zn−1/λ)2) =E(E((Zn−1/λ)2|A1, . . . , An))≤ λ12, d’o`u∥Zn−1λ∥2 ≤ λ1. Avec l’in´egalit´e triangulaire,∥Zn∥2≤ ∥1/λ∥2+
∥Zn−1/λ∥2≤ λ1 +λ1 = λ2. Ainsi, la suite (Zn) est born´ee dansL2 5. La suite (Zn) est born´ee dansL2, donc ´equi-int´egrable. Comme elle
converge presque sˆurement vers 1/λ, elle converge aussi dans L1 vers λ1.
FIN