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C O N C O U R S C O M M U N S P O L Y T E C H N I Q U E S
Les calculatrices sont interdites Les parties I, II et III sont ind´ ependantes.
Notations et d´ efinitions
Soit P R
2le plan muni du produit scalaire canonique et du rep` ere orthonorm´ e R O, i, j avec O 0, 0 , i 1, 0 et j 0,1 . La norme associ´ ee au produit scalaire canonique sera not´ ee
2si bien que pour tout x, y R
2, x i y j
2x
2y
2.
Pour a et b deux r´ eels donn´ es, on d´ efinit D
a,bla droite d’´ equation dans R : y ax b.
Si M P a pour coordonn´ ees x, y dans R , on note p
a,bM l’unique point de D
a,bayant, dans R , la mˆ eme abscisse x que M.
On d´ efinit aussi D
a,bla droite d’´ equation dans R : x ay b, et p
a,bM l’unique point de D
a,bayant, dans R , la mˆ eme ordonn´ ee y que M.
PARTIE I : DROITES DES MOINDRES CARR ´ ES DANS UN CAS PARTICULIER Soient A, B et C les trois points de P dont les coordonn´ ees dans R sont respectivement :
0, 0 , 0, 1 et α,
12o` u α d´ esigne un r´ eel non nul.
On d´ efinit deux applications f
0et f
1de R
2dans R en posant : pour tout a, b R
2, f
0a, b p
a,bA A
2
2
p
a,bB B
2
2
p
a,bC C
2 2
,
f
1a, b p
a,bA A
2 2
p
a,bB B
2 2
p
a,bC C
2 2
.
I.1. Montrer que A, B et C ne sont pas align´es.
I.2. I.2.a. Montrer que f
0a, b b
2b 1
2aα b 1 2
2
.
I.2.b. V´erifier que f
0a, b aα b 1 2
2
2 b 1
2
2
1
2 .
I.2.c. En d´eduire que la fonction f
0admet un minimum sur R
2et que ce minimum est atteint en un unique couple de r´eels a, b 0,
12correspondant `a la droite, not´ee D
0, d’´equation dans R : y
12.
I.3. I.3.a. D´eterminer l’expression explicite de f
1a, b en fonction de a, b et α.
I.3.b. Montrer que f
1a, b 3 a
2 b α
3
2
1
2 a
22 3 α
2.
I.3.c. En d´eduire que la fonction f
1admet un minimum sur R
2et que ce minimum est atteint en un unique couple de r´eels, not´e a
1, b
1, `a d´eterminer. On note alors D
1la droite d’´equation dans R : x a
1y b
1.
I.4. Montrer que D
0et D
1sont orthogonales et se coupent en un unique point M P qui est l’isobarycentre de A, B, C .
PARTIE II : R ´ ESULTATS SUR UN ESPACE PR ´ EHILBERTIEN R ´ EEL
Soit E un espace pr´ehilbertien r´eel non r´eduit `a 0 et F un sous-espace vectoriel de dimension finie de E. On note le produit scalaire sur E et la norme associ´ee `a ce produit scalaire.
II.1. Donner la d´efinition de F . ´ Enoncer (sans d´emonstration) une propri´et´e v´erifi´ee par F et F valable en g´en´eral. Dans le cas o` u E est de dimension finie, que peut-on dire de plus ? Pour x E, on note p
Fx la projection orthogonale de x sur F .
II.2. D´emontrer que inf
z F
x z est bien d´efini et que cette borne inf´erieure est atteinte en un unique ´el´ement z de F d´efini par z p
Fx .
Cette borne inf´erieure est not´ee d x, F . On a donc d x, F x p
Fx .
On dit qu’une application x, y x y
Fde E
2dans R est un produit subordonn´ e ` a F si elle v´erifie les 4 propri´et´es suivantes :
i) x E, l’application y x y
Fest une forme lin´eaire sur E ; ii) x, y E
2, x y
Fy x
F;
iii) x E, y F, x y
F0 ; iv) x F , y F , x y
Fx y . II.3.
II.3.a. Montrer que si x, y x y
Fest un produit subordonn´e `a F, alors : x, y E
2, x y
Fx p
Fx y p
Fy ;
x E, x x
Fd x, F
2;
x E, x x
F0 ;
x E, x x
F0 x F .
II.3.b. V´erifier qu’il existe un unique produit subordonn´e `a F .
2/6
On note alors
Fce produit subordonn´ e ` a F et pour x E, on pose x
Fx x
F. II.4. Montrer que pour tout x, y E
2, x y
Fx
Fy
F; ` a quelle condition sur x et y peut-on dire que : x y
Fx
Fy
F?
II.5.
II.5.a. Montrer l’existence d’un ´ el´ ement de E, not´ e u, tel que u 1.
On note alors D Vect u la droite vectorielle engendr´ ee par u et p
Dla projection orthogonale sur D.
II.5.b. V´ erifier que pour tout x E, p
Dx x u u.
Pour tout ´ el´ ement x E, on pose m
xx u , σ
xx
D. Pour tout couple x, y E
2, on pose cov x, y x y
D.
II.5.c. Montrer que σ
xx m
xu et que cov x, y x y m
xm
y.
On suppose dans la suite de cette partie que x et y sont deux ´ el´ ements de E tels que la famille u, x, y soit libre.
II.6. Montrer que σ
xet σ
ysont deux r´ eels strictement positifs.
On pose alors x x m
xu
σ
x, y y m
yu
σ
yet ρ cov x, y σ
xσ
y. II.7.
II.7.a. Montrer que m
x0, que σ
x1 et que ρ 1, 1 .
II.7.b. V´ erifier alors que u,x est une base orthonormale de F Vect u, x . II.7.c. Montrer que inf
a,b
R
2y ax bu est bien d´ efini et vaut d y, F . II.7.d. Etablir que ´ inf
a,b
R
2y ax bu y m
yu y x x . II.7.e. V´ erifier que inf
a,b
R
2y ax bu σ
yy ρx .
II.7.f. D´ eterminer, en fonction de x, y et u, l’unique couple de r´ eels a
0, b
0tel que : inf
a,b
R
2y ax bu y a
0x b
0u .
Dans le plan P , on d´ efinit D
0comme ´ etant la droite dont l’´ equation dans R est : y a
0x b
0. II.8. Montrer que D
0a pour ´ equation dans R : y m
yσ
yρ x m
xσ
x. II.9. Montrer de mˆ eme qu’il existe un unique couple de r´ eels a
1, b
1tel que :
inf
a,b
R
2x ay bu x a
1y b
1u .
Dans le plan P , on d´ efinit D
1comme ´ etant la droite dont l’´ equation dans R est : x a
1y b
1. II.10. Montrer que D
1a pour ´ equation dans R : x m
xσ
xρ y m
yσ
yavec le mˆ eme r´ eel ρ
d´ efini pr´ ec´ edemment. 3/6
II.11. V´ erifier que D
0et D
1se coupent en un unique point M P de coordonn´ ees dans R : m
x, m
y.
II.12. Montrer que les droites D
0et D
1sont orthogonales si et seulement si x y m
xm
y. PARTIE III : BASE ADAPT ´ EE ` A UN PRODUIT SCALAIRE DANS UN ESPACE EUCLIDIEN
Soit E
nun espace euclidien de dimension n avec n 1.
On note le produit scalaire sur E
net la norme associ´ ee ` a ce produit scalaire.
Soit B e
1, . . . , e
nune base de E
n. Pour tout ´ el´ ement z E
n, on notera M
Bz la matrice de z dans la base B , et on posera Z M
Bz . Ainsi Z est la matrice-colonne ` a n lignes donn´ ee par la relation Z
z
1.. . z
nM
n,1R si z
n
i 1
z
ie
i.
III.1. V´ erifier que pour tout x, y E
n2, x y
tXSY si X M
Bx , Y M
By et S e
ie
ji,j 1,...,n2
.
On dit alors que S est associ´ ee ` a B . III.2.
III.2.a. V´ erifier que si S est associ´ ee ` a B , alors S est une matrice carr´ ee sym´ etrique r´ eelle d’ordre n et que le spectre de S dans C est inclus dans R .
III.2.b. A quelle condition sur ` B la matrice S associ´ ee ` a B est-elle diagonale ? III.3. On consid` ere deux matrices A et B carr´ ees d’ordre n telles que pour tout X M
n,1R et Y M
n,1R ,
tXAY
tXBY . Montrer que A B.
Notons B e
1, . . . , e
nune base de E
net P la matrice de passage de B ` a B . III.4.
III.4.a. Pour x E
n, on note X M
Bx et X M
Bx . Donner la relation entre X, X et P.
III.4.b. On note S e
ie
ji,j 1,...,n2
. Pour x, y E
n2, X M
Bx et Y M
By , donner l’expression de x y en fonction de X , Y et S . En d´ eduire que S
tP SP .
III.4.c. Montrer qu’il existe une base B de E
ntelle que, pour tout x, y E
2n, x y
n
i 1
x
iy
isi x
n
i 1
x
ie
iet y
n
i 1
y
ie
i.
III.4.d. A quelle condition sur ` B la matrice de passage P de B ` a la base pr´ ec´ edente B est-elle une matrice orthogonale ?
III.5. Etant donn´ ´ e une matrice M
1M
nR diagonale avec des r´ eels d
1, . . . , d
nstrictement
positifs sur la diagonale, M
1est-elle la matrice associ´ ee ` a une base de E
n?
III.6. Soit M
21 1
1 1 , B e
1, e
2une base orthonormale de E
2et f
2l’endomorphisme de E
2dont la matrice dans B est M
2.
III.6.a. D´eterminer le spectre de f
2et une base orthonormale de chaque sous-espace propre de f
2.
III.6.b. M
2est-elle la matrice associ´ee `a une base de E
2?
III.7. Soit M
33 1 1
1 3 1
1 1 3
et B e
1, e
2, e
3une base orthonormale de E
3. On note f
3l’endomorphisme de E
3dont la matrice dans B est M
3.
III.7.a. D´eterminer le spectre de f
3et une base orthonormale de chaque sous-espace propre de f
3.
III.7.b. M
3est-elle la matrice associ´ee `a une base de E
3?
III.8. M
40 0 2 1
0 0 1 2
2 1 0 0
1 2 0 0
est-elle la matrice associ´ee `a une base de E
4?
On dit qu’une famille B e
1, . . . ,e
nd’´el´ements de E
nest adapt´ ee si les conditions suivantes sont remplies :
pour tout i, j 1, . . . , n
2, e
ie
j0 si i j ; pour tout i 1, . . . , n , e
ie
i1 n . III.9.
III.9.a. Montrer qu’une famille adapt´ee est une base de E
n. III.9.b. Montrer l’existence d’une base adapt´ee.
III.9.c. E
nadmet-il une unique base adapt´ee ?
III.9.d. On suppose que B est une base adapt´ee. Pour x, y E
n2, d´eterminer l’expression de x y en fonction des coordonn´ees de x et de y dans la base B .
III.9.e. Calculer alors la norme du vecteur
n
i 1
e
i.
PARTIE IV : DROITES DES MOINDRES CARR ´ ES DANS LE CAS G ´ EN ´ ERAL Soit n un entier sup´erieur ou ´egal `a 3.
On consid`ere A
1, . . . , A
n, n points distincts du plan P qui ne sont pas align´es.
On note x
1, y
1, . . . , x
n, y
nleurs coordonn´ees respectives dans R .
On d´efinit deux applications f
0et f
1de R
2dans R en posant : pour tout a, b R
2, f
0a, b
n
i 1
p
a,bA
iA
i 2 2et f
1a, b
n
i 1
p
a,bA
iA
i 2 2.
IV.1. Donner un exemple d’espace pr´ehilbertien r´eel de dimension infinie, puis un exemple d’espace euclidien de dimension n (dans les deux cas, on donnera l’expression du produit scalaire).
5/6
On consid` ere dans toute la suite du probl` eme un espace euclidien E
nde dimension n, dont le produit scalaire et la norme associ´ ee sont not´ es respectivement et .
IV.2. Justifier l’existence d’une base B e
1, . . . , e
nde E
ntelle que : z, t E
n2, z t 1
n
n
i 1
z
it
isi z
n
i 1
z
ie
iet t
n
i 1
t
ie
i.
On pose u
n
i 1
e
i, si bien que u 1.
On d´ efinit alors, ` a partir des points A
1, . . . , A
n, deux ´ el´ ements x et y dans E
nen posant : x
n
i 1
x
ie
iet y
n
i 1