ECS 1
Lyc´ ee H´ el` ene Boucher
Concours blanc novembre 2020
Epreuve de math´ ´ ematiques n o 2
Vendredi 27 novembre 2020
Dur´ee : 4 heures
Le sujet comporte 5 pages dont cette page de garde.
Les calculatrices et toute documentation sont interdites.
Si un candidat rep`ere ce qui peut lui sembler ˆetre une erreur d’´enonc´e, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des
initiatives qu’il a ´et´e amen´e `a prendre.
Les diff´erents probl`emes sont ind´ependants et pourront ˆetre abord´es dans l’ordre souhait´e.
Les r´eponses devront ˆetre soigneusement justifi´ees et les r´esultats encadr´es.
La pr´esentation et la r´edaction entreront pour une part importante dans l’appr´eciation de la copie.
Id´ee de r´epartition du temps de composition : Lecture : 5%
Exercice 1 : 3−5%
Probl`eme 1 : 20−25%
Probl`eme 2 : 45−50%
Probl`eme 3 : 20−25%
Exercice 1
Toutes les questions sont ind´ependantes, le langage utilis´e est Scilab 1. Quelle est la r´eponse de Scilab `a l’ex´ecution defloor(3-sqrt(28))?
2. On a assign´e une valeur `a chaque variable x et y. ´Ecrire une instruction ou une suite d’instructions qui permet d’´echanger les valeurs de xety.
3. ´Etant donn´e un nombre N, ´ecrire une suite d’instructions qui permet d’afficher 'pair' si ce nombre est pair et'impair's’il est impair ?
4. Un ´el`eve a ex´ecut´e en Scilab --> a = 'Bonjour';
--> disp('a')
Quelle r´eponse a-t-il obtenue ?
5. ´Ecrire une instruction ou une suite d’instructions qui calcule et affiche la somme
496
X
k=1
1 k. Probl`eme 1
Pour tout n∈N∗, on d´esigne par fn la fonction d´efinie par fn(x) =xnln(1 +x).
On note Cn sa courbe repr´esentative dans un rep`ere orthonormal.
La question (2b) est ind´ependante du reste du probl`eme.
Etude de fonctions ´
1. Donner l’intervalleI de d´efinition des fonctionsfn. 2. Pour toutn∈N∗, soithn la fonction d´efinie surI par
hn(x) =nln(1 +x) + x 1 +x. (a) ´Etudier les variations et le signe de la fonction hn surI.
(b) D´eterminer une ´equation de Tn la tangente au graphe dehn au point d’abscisse 1. Puis montrer que toutes les droitesTn (pourn∈N∗ toujours) sont concourantes en un point que l’on pr´ecisera.
3. En d´eduire les variations de la fonction fn sur I (si besoin, on pourra distinguer diff´erents cas pour n). Dresser le(s) tableau(x) de variations correspondant(s) et pr´eciser les limites aux bords deI. 4. Trouver deux points du plan par lesquels passent toutes les courbesCn. Sont-ce les seuls ? 5. (a) Pour toutx >0, d´eterminer le signe defn+1(x)−fn(x) avec n∈N∗.
(b) Pour toutx∈]−1,0[ d´eterminer le signe def3(x)−f1(x).
(c) Pr´eciser la nature de la branche infinie de C1,C2 et C3 en +∞.
(d) Repr´esenter sur un mˆeme graphique les courbes C1, C2 et C3 ainsi que leur tangente au point d’abscisse 0.
Suite et fin
6. Pour toutn∈N∗, justifier l’existence et l’unicit´e d’un ´el´ement an∈R∗+ tel quefn(an) = 1.
7. Montrer que∀n∈N∗,an>1.
8. En utilisant le signe de fn+1−fn et les variations de fn, compareran etan+1. En d´eduire le sens de variation de la suite (an).
9. D´eterminer lim
n→+∞fn
1 + 1
n
. En d´eduire que lim
n→+∞an= 1.
Probl`eme 2
Ce probl`eme a pour but de d´emontrer quelques propri´et´es g´eom´etriques `a l’aide des nombres complexes.
Pas d’inqui´etude, la plupart des notions de g´eom´etrie utiles remontent `a la seconde ou `a la premi`ere. Elles sont rappel´ees par des petits paragraphes clairement identifi´esRappel.
Notations. Dans tout le probl`eme, le plan est muni d’un rep`ere orthonorm´e (O,−→ i ,−→
j). Un point M du plan est rep´er´e par ses coordonn´ees (x,y) et on lui associe une affixez=x+iy∈C. De la mˆeme mani`ere, un nombre complexez=x+iyest aussi l’affixe d’un vecteur−→u de composantes (x,y) dans la base (−→
i ,−→ j).
Rappel. Etant donn´´ es deux vecteurs −→u1(x1,y1) et −→u2(x2,y2) non nuls, on dit que les deux vecteurs −→u1 et
−
→u2 sont orthogonaux lorsqu’ils dirigent deux droites perpendiculaires. On dit qu’ils sont colin´eaires lorsqu’ils dirigent deux droites parall`eles (ou confondues).
A G´ en´ eralit´ es
Soit −→u1 et−→u2 deux vecteurs non nuls du plan, d’affixes respectives z1 etz2. 1. Montrer que la mesure de l’angle orient´e (−→u1,−→u2) est un argument de z2
z1
. 2. Montrer que :
• −→u1 et−→u2 sont orthogonaux si et seulement si z2
z1
∈iR.
• −→u1 et−→u2 sont colin´eaires si et seulement si z2 z1
∈R 3. Montrer que :
• −→u1 et−→u2 sont orthogonaux si et seulement siz1z2+z1z2= 0.
• −→u1 et−→u2 sont colin´eaires si et seulement siz1z2−z1z2 = 0 On pourra librement utiliser dans la suite ces caract´erisations.
B Propri´ et´ e des m´ ediatrices
Soit A, B et C trois points du plan non align´es, d’affixes respectives a, b et c. On note ∆AB, ∆AC et
∆BC les m´ediatrices des segments [AB], [AC] et [BC]
Rappel. La m´ediatrice du segment [AB] est l’ensemble des points ´equidistants de A et B. Elle est per- pendiculaire `a la droite (AB) et passe par le milieu de [AB].
4. Montrer qu’un pointM d’affixe z appartient `a ∆AB si et seulement si : (b−a)z+ (b−a)z=bb−aa.
5. De mani`ere analogue, donner (sans calcul) les conditions d’appartenance `a ∆AC et ∆BC. 6. Justifier que ∆AB et ∆AC sont s´ecantes et montrer que leur point d’intersection a pour affixe
ω= ab(b−a) +bc(c−b) +ac(a−c) ab−ba+bc−cb+ca−ac . On note Ω le point d’affixe ω.
7. Justifiez le r´esultat bien connu suivant : les m´ediatrices du triangle ABC sont concourantes (en Ω).
C Droite de Simson
On poursuit avec les mˆemes notations et les r´esultats (´eventuellement admis) de la partie pr´ec´edente.
8. Justifier que |a−ω|= |b−ω|= |c−ω| et en donner une interpr´etation g´eom´etrique. On note r ce module commun. En d´eduire qu’il existe trois nombres r´eelsα,β etγ tels que
a=ω+reiα b=ω+reiβ c=ω+reiγ
. 9. (a) Donner le module et un argument dec−b(on pourra penser `a l’astuce de l’angle moiti´e). Justifier
queβ etγ sont distincts modulo 2π. On montre de mˆeme queα,β etγ sont distincts modulo 2π.
(b) Exprimer c−b
c−b en fonction de β etγ.
10. Soit M un point d’affixe z qui n’est pas sur les cˆot´es du triangle ABC. On note A0, B0 et C0 ses projet´es orthogonaux sur les droites (BC), (AC) et (AB) respectivement.
Rappel. Le projet´e du point M sur (BC) est le point A0 de la droite (BC) tel que (M A0) et (BC) soient perpendiculaires.
(a) Que peut-on dire des vecteurs −−→
M A0 et −−→
BC? Des vecteurs −−→
BA0 et −−→
BC? Et des vecteurs −−→
CA0 et
−−→ BC?
(b) En d´eduire que
(a0−z)(c−b) + (a0−z)(c−b) = 0 (a0−b)(c−b)−(a0−b)(c−b) = 0 (a0−c)(c−b)−(a0−c)(c−b) = 0
.(on pourra penser `a la question 3)
(c) En d´eduire quea0 = z+b
2 −z−b
2 ei(β+γ)= z+c
2 −z−c
2 ei(β+γ).
(d) Donner, sans calcul, des expressions analogues pourb0 etc0 en fonction de a, b, c, α, β etγ. 11. (a) Exprimerc0−b0 sous forme de produit, donner sans calcul une formule analogue poura0−c0 puis
montrer que
c0−b0
a0−c0 =eiα−β2 ×
sinγ−β
2
sin α−γ2 ×z−a z−b.
(b) `A l’aide des expressions de la question 8, exprimeraei(α−β)−betbei(α−β)−aen fonction de ω, α etβ.
(c) Montrer, toujours `a l’aide de la question 8, queabei(α−β)−ab= (ωω−r2)(ei(α−β)−1).
(d) D´eduire de tout cela que c0−b0
a0−c0 est r´eel si et seulement si zz−zω−zω+ωω−r2 = 0.
(e) Conclusion : montrer que A0, B0 et C0 sont align´es si et seulement si M appartient au cercle circonscrit au triangleABC.
Lorsque c’est r´ealis´e, la droite reliant A0,B0 et C0 est appel´ee droite de Simsondu point M, du nom du math´ematicien ´ecossais Robert Simson.
Probl`eme 3 Soit la fonction
f : R −→ R x 7−→ e2x−1
e2x+ 1.
A Premi` ere partie
1. Montrer quef est impaire.
2. Calculer la d´eriv´ee et ´etudier les variations def. 3. Calculer les limites de f en +∞et −∞.
4. Tracer une allure de sa courbe repr´esentative.
5. On d´esigne par I l’intervalle ]−1,1[. Montrer que f r´ealise une bijection de R sur I puis calculer sa r´eciproque f−1.
6. Montrer que
∀a,b∈R, f(a+b) = f(a) +f(b) 1 +f(a)f(b). 7. En d´eduire que siα etβ appartiennent `a l’intervalle I, alors α+β
1 +αβ appartient `a I.
B Deuxi` eme partie
Dans l’ensemble Cdes nombres complexes, on appelle D le sous-ensemble D ={z∈C| |z|<1}.
Soit α∈I.
1. Soit z∈D. Montrer que|z−α|<|1−αz|.
2. En d´eduire que siz∈D, alors z−α
1−αz est d´efini et appartient `a D. 3. Pour toutα∈I, on a donc d´efini une application
hα: D −→ D z 7−→ z−α
1−αz. Montrer que pour tousα, β ∈I, on ahα◦hβ =hα+β
1+αβ
. 4. On poseF ={hα|α∈I} et
H : R −→ F a 7−→ hf(a). Montrer queH(a+b) =hf(a)◦hf(b).
5. En d´eduire quehα est une bijection et d´eterminer sa bijection r´eciproque.