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Le Numéro. France.... 3f 50 Étranger. 5f » Adresserlemontant desAbonnementsal'Institut
duPin.— C. C.Bordeaux 9237
BULLETIN
DE
L'INSTITUT du PIN
Sous ie contrôle de l'Institut des Recherches
agronomiqu^;UU?*
et rattaché à îa Faculté des Sciences de Bordeaux /;■ S'
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SOMMAIREI. Articles originaux
Paçes A I 36 Les forêts coloniales,, par M. Meniaud
(à suivre) 169
C I 84 Recherches, sur le pinène et le nopinène,
parG. Brus (suile) 175
D I 49 Sur l'Autocatalyse clans l'oxydation. —
I. Oxydation de l'acide abiétique, par
MM. G. Dupont et J. Lévy 179
Pages E I 24 Contribution à l'étude de l'action descata¬
lyseurs sur l'allure et les produits de
distillation du bois, par P. Kupferberg
(suite) 185
-J
MODE DE CDHSSIF1CATION DE NOS DOCUMENTS
A. Généralités.
B. Récolte et traitement des résines.
C. Essences de térébenthine, terpènes etdérivés.
D. Constituants solides des résines et leurs dérivés.
/ Articles originaux. —IIDocumentation.
E. Dérivéschimiques dubois.
F. Cellulose de bois.
G. Documents divers.
Adresser la Correspondance' :
INSTITUT DU PIN, Facilité ÔCS SciSilCCS, 20, Cours Pa$t2Ur, BORDEAUX
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J. CANOUET
LE BOtrSCAT-BOEÎJEAtJX
(Gironde)
N° 8. (c2e Série) Farcissant le i5 de chaque mois. 15 Août 1930.
BULLETIN
DE
L'INSTITUT DU PIN
Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques
et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux
A i 36
Les Forêts Coloniales
Possibilités offertes pour laproduction de bois-d'œuvre
etpourlaproduction de pâte à papier,
charbon de bois et sous-produits de la carbonisation.
RAPPORT
présentéauCongrèsMétropolitain etColonial du carbone végétal
par M. MENIAUD
Administrateur en chefdes Colonies. Chef du service desbois coloniaux,
aunom de l'Agence générale des Colonies,
■de l'Association « Colonies-Sciences» etduComité national des Bois coloniaux. — (Lyon, Novembre 1929).
i. — Possibilités do production en bois-d'œuvre.
On a beaucoup écrit sur la richesse des forêts
coloniales et sur les possibilités formidables — n'a-t-on pas parlé de milliards de mètres cubes ?—
qu'elles allaient offrir pour le ravitaillement en bois des marchés, non seulement de la Métropole,
mais du monde entier.
Certes, si l'on jugeait uniquement par leur éten¬
due, par leur densité, par la puissance de leur vé¬
gétation, les chiffres mis en avant ne paraîtraient
nullement exagérés, au contraire. Mais il convient
d'examiner de plus près la question et de tenir
compte de facteurs qui poussent à
réduire consi¬
dérablement les possibilités dont il s'agit (1).
Tout d'abord, on peut estimer que la
superficie
des massifs boisés vraiment dignes de ce nom, c'est-
à-dire exclusion faite des parties broussailleuses n'ayant pas un réel caractère forestier, des
parties
périodiquement défrichées par lesindigènes
pourleurs cultures vivières, des palmeraies, des savanes,
des terres utilisées pour la colonisation, etc., est
loin d'atteindre le chiffre de 90 millions d'hectares cité dans certains ouvrages. On serait probable¬
ment beaucoup plus près de la vérité si l'on rame¬
nait cette superficie à 50-,60 millions d'hectares.
C'est là néanmoins un total très important puis¬
qu'il représente de cinq à six fois celui de nos fo¬
rêts françaises.
Au surplus, cette superficie boisée, si elle est
entièrement intéressante (bien qu'elle soit assez fai¬
ble, eu égard à l'étendue de nos colonies, ettrès
mal
répartie) pour le maintien du climat et des précipi¬tations atmosphériques et pour assurer la régularité
du régime des cours d'eau, n'existe, pratiquement exploitable pour l'exportation qu'en bordure des
voies fluviales ou flottantes et des voies ferrées. Les premières constituent dans les zones forestières*de
nos colonies des réseaux assezrestreints. Quantaux chemins de fer, ils sont rares; on pourra certes les multiplier, mais de toute façon ils ne pourront guère servir au delà d'une certaine distance de la
mer, en raison de leurs tarifs forcément assez éle¬
vés, qu'au transport des bois précieux. On peut lo-
(1) M. Sargos. président de la Chambre Syndicale des Produc¬
teurs de bois coloniaux, a déjà été très affirmatif à ce sujet, en ce qui concerne nos forêts africaines, lors du dernier Congrès In¬
ternational du Bois et de ses dérivés. — Lyon, 1928.
170 BULLETIN LE L'INSTITUT LU PIN — N°8 - Août 1930
giquement conclure de ces faits que la partie ex¬
ploitable pour l'exportation des massifs boisés colo¬
niaux, représente tout au plus 40 à 50 % de la superficie totale et ne dépasse pas, en l'état actuel
des choses, 20 à 25 millions d'hectares.
C'est encore magnifique. Car si ces 20 à 25 mil¬
lions d'hectares pouvaient être exploités tarit soit
peu rationnellement, à ne considérer que les seules
essences connues et appréciées qu'ils contiennent,
ils fourniraient une masse de bois d'œuvre très su¬
périeure aux quantités présentement importées par la France de l'étranger, soit, en chiffre rond, deux
millions de tonnes, compte non tenu des pâtes et papiers de bois.
Ce n'est malheureusement pas le cas. Si la pro¬
duction exportée s'est développée rapidement depuis
la guerre, passant de quelques milliers de mètres
cubes en 1919 à plus de 800.000 mètres cubes en 1928, elle ne représente encore qu'une moyenne an¬
nuelle à l'hectare tout à fait infime (0 me. 04 envi¬
ron), alors que nos bonnes forêts françaises don¬
nent jusqu'à 8 ou 10 mètres cubes par hectare et
par an.
Evidemment, il ne s'agit pas, aux colonies, de
forêts aménagées et peuplées exclusivement d'es¬
sences intéressantes. Il s'en faut même de beaucoup.
Mais enfin, il y a tout de même, dans les massifs primaires, nombre d'espèces dont le bois peut con¬
currencer sur nos marchés les bois d'importation, espèces représentées par un nombre très respecta¬
ble d'arbres de fortes dimensions. L'inventaire pré¬
cis d'une parcelle de 210 hectares en voie d'aména¬
gement à la Côte d'Ivoire et non spécialement choi¬
sie par sa richesse en essences de choix, adémontré
la présence, pour les seules essences cotées sur les
marchés européens {Acajous, Noyers, Avodiré, Iro- ko) de 1.190 arbres d'un diamètre supérieur à
0 m. 50 (1). En autres bonnes essences susceptibles également d'être cotées, lorsqu'elles seront impor¬
tées couramment (Azobé, Bahia, Dabéma, Sougué, Aïélé, etc.), le nombre est presque aussi grand et
c'est à près de 2.000 arbres utilisables, faisant au minimum 10.000 mètres cubes, que l'on peut chif¬
frer la richesse exploitable immédiatement de la
(1) Sur un total de 5703 atteignant ce diamètre.
parcelle dont il s'agit. C'est près de 50 mètres cubes,
par hectare (1).
A vrai dire, l'exploitation de ces forêts n'est pas
encore organisée. Si elle a pris du développement
au cours de ces dernières années, c'est presque ex¬
clusivement en ce qui ^concerne la coupe des bois précieux et des bois de déroulage. Il suffit de con¬
sulter les statistiqeus pour s'en rendre compte.
•ÀVf
Qu'exporte-t-on en effet de nos colonies en ma¬
tière de bois ? 1 es chiffres de 1928 vont nous éclai¬
rer :
Acajous divers et autres bois d'Ehénisterie :
!40.0'00 tonnes, soit 19-0.000 mètres cubes environ;
Okoumé (350.000-tonnes environ), et d'autres bois de déroulage et tranchage (Ayons, Samba, Avodiré,
etc.) : 380.000 tonnes, soit 570.000 mètres cubes environ;
Bois d'œuvre pour menuiserie, parquet, char¬
pente spéciale : 60.000 tonnes, soit 80.000 mètres
cubes environ.
Les bois d'ébénisterie représentent donc 23 % du total, les bois de déroulage 68 % et les bois autres
9 % seulement. Or, ces derniers sont précisément
les jdus abondants. Les jiremiers sont partout très disséminés; les seconds, à l'exception de l'Okoumé,
relativement fréquent au Gabon, le sont également.
Aussi l'exploitation des uns et des autres qui porte chaque année sur plus d'un million d'hectares de
forêt primaire semble être arrivée, pour ces essen¬
ces, à la limite, si elle ne l'a pas déjà dépassée,
des possibilités normales des massifs coloniaux ex¬
ploitables. Seuls, des travaux d'aménagement et
d'enrichissement entrepris à bref délai pourront,
dans un avenir encore asesz lointain, augmenter à
cet égard les capacités de production de ces mas¬
sifs.
L'exploitation des autres bois d'œuvre pourrait,
par 'contre, prendre un développement immédiat et considérable.
Depuis plusieurs années, le Service des Bois de l'Agencegénérale des Colonies et, avec lui, le Comité national des Bois coloniaux et l'Association « Colo-
(1) Au Gabon, le Consortium des Grands Réseaux qui réussit à exploiter la majeure partie des essences, tire de sa concession une moyenne de 130 m3 par hectare. C'est une exception. Dans les autres chantiers du Gabon, généralement riches en Oltoumé, on ne coune pas nlus de 20 à 25 m3 par hectare. A la Côte d'Ivoire, ce chiffre est beaucoup plus faible, 3 à 4 m3 à peine.
BULLETIN DE L'INSTITUT BU PIN— N° 8 -Août 1930 171
nies Sciences », ont effectué des études qui ont dé¬
montré les qualités de nombre de
variétés, dont
certaines particulièrement abondantes dans
les
peu¬plements. Citons pour les Colonies
d'Afrique, le
Bahia, le Fraké ou Limbo, l'Evino, l'ïroko, l'Avo-
diré et le Framiré, le Movingui, les Niangons et Re- zogoués, les Ayous, Samba et autres bois
blancs
similaires (Emien et Pri), etc.; pour l'Indochine, le Bang-Lang et le Dau (Teck rouge du
Cambodge);
pour la Guyane, les Angéliques, les Cèdres, les
Gri-
gnons et nombre d'autres espèces
intéressantes.
Même parmi les bois d'ébénisterie ou de
très belle
menuiserie, il est des variétés dont se soucient très
insuffisamment les exploitants et qui pourraient
donner lieu à des exportations importantes. C'est
le cas par exemple pour l'Acajou-Tiama, l'Acajou- Sipo, les Makore et Douka, etc.
Une active propagande a été faite en faveur de
ces bois dans tous les milieux. Les très nombreux essais d'utilisation qu'elle a provoqués, les résultats
en général très satisfaisants auxquels ils ont
donné
lieu, les demandes de renseignement concernant l'importation et la vente, prouvent suffisamment
que l'industrie apprécie ces diverses essences et les
accueillerait volontiers en quantités importantes si
elles lui étaient offertes dans des conditions accep¬
tables de présentation et de prix.
Malheureusement, si la demande est abondante,
l'offre ne l'est guère. En réalité, ni les exportateurs
ni les exploitants n'ont encore pris de dispositions
sérieuses pour l'augmenter.
Tout est à organiser à ce point de vue, car si l'on peut continuer à envoyer sans inconvénient de nos colonies des bois en billes, lorsqu'ils sont destinés
à l'ébénisterie, au tranehage ou au déroulage (c'est
même obligatoire dans ces deux derniers cas), il est
inconcevable d'envoyer, pour des emplois communs de menuiserie, des pièces de bois énormes, difficiles
à manipuler, pour lesquelles on paie un fret très
élevé et qui nous arrivent fréquemment échauffées
ou piquées par des Insectes, fendues en bout ou
« roulées » et qui subissent au débitage, même lors¬
que le bois est entièrement de bonne qualité, un déchet de 30 à 40 %.
Ces bois d'œuvre en billes sont cotés sur nos
grands marchés à des prix apparemment avanta¬
geux pour l'exploitant. Compte tenu du fret et de
tous .'es frais accessoires, des réfactions, qui sont
souvent très importantes et majorent très sensible¬
ment le prix de revient des lots agréés par l'ache¬
teur, le prix de vente ne laisse cependant pas grand
bénéfice à cet exploitant. Bien souvent, même, ce¬
lui-ci ne rentre pas entièrement dans ses avances.
Néanmoins, les bois débités doivent être vendus très cher aux consommateurs, trop cher dans nom¬
bre de cas pour être intéressants aux yeux de ces derniers.
L'élévation du prix de revient de ces bois en billes paralyse donc à la fois et la production et l'écoule¬
ment. Aussi, s'en tient-on, malgré qu'ils ne s'agis¬
sent pas de bois d'ébénisterie, à quelques rares es¬
sences qui sont encore des essences de choix (Teck d'Indochine, Iroko d'Afrique), etc., recherchées pour leurs qualités spéciales. La grande masse des bois
de caisserie, de menuiserie courante, de moulure, de parquet, de charpente spéciale (il en est d'exceL
lents pour tous ces emplois) est négligée (1).
Cette masse de bois est négligée et le restera tant
que les conditions d'importation ne seront pas mo¬
difiées, c'est-à-dire tant qu'on ne se résoudra pas à débiter sur place, avant expédition (1).
Seul, le débitage aux colonies peut en effet per¬
mettre un abaissement sensible du prix de revient
et faire disparaître les aléas des expéditions. L'éco¬
nomie à réaliser sur les frais de transport, compte
tenu des tarifs (moins élevés pour les bois débités
que pourles billes), de la suppression des réfactions
et des déchets de sciage, atteindra probablement
70 % des frais payés actuellement. En outre, l'opé¬
ration de débitage permettra d'expédier des bois lourds, difficiles à expédier en billes parce qu'ils ne flottent pas, et, après un court séchage, des bois
tendres ou demi-durs qui, tels nos hêtres et nos
peupliers, sont de conservation délicate en grume, s'échauffent rapidement ou sont piqués par des in¬
sectes, surtout au cours de leur transport, dans les
cales de navires.
Par le débitage sur place (aux dimensions cou¬
rantes du commerce), on pourra donc expédier en
quantités très importantes des bois divers, bois qui
(1) Il ne sera pas question ici des bois de charpente ordinaire, ni des bois à traverses de chemin de fer, les seuls frais de trans¬
port maritime en prohibant pratiquement l'importation en Europe.
(1) On peut en dire autant des déchets actuels d'exploitation de certains bois exportés en billes, l'Okoumé, par exemple. On estime
en effet à près de 50 % la proportion dçs miles d'Okoumé obte¬
nues et non exportées pour un motif quelconque et à 250.000 m3 les bois débités que ces billes pourraient fournir à l'exportation, si elles étaient utilisées.
— 3 —
BULLETIN DE L'INSTITUTDU PIN — N° 8 - Août 1930
nous arriveront en parfait état de conservation et
de présentation et dont le prix
de vente
pourra, vula forte économie réalisée sur les transports, être
à la fois assez élevé pour laisser un
bénéfice rai¬
sonnable aux exploitants et assez bas pour
stimuler
les employeurs à rechercher ces
bois de préférence
aux bois de provenance étrangère.
On ne peut objecter à cela les
difficultés de réali¬
sation. Ces difficultés, en admettant qu'il y en ait quelques-unes, ne sont
nullement insurmontables.
Le bois fraîchement abattu est en général plus facile
à scier que lorsqu'il a subi un
commencement de
séchage. L'outillage, très au
point dès maintenant
en ce qui concerne les scies
alternatives, le
serabientôt en ce qui concerne les scies à
ruban et les
scies circulaires (le Service des Bois coloniaux pour¬
suit actuellement l'étude de cette question). Son transport, son installation et son
fonctionnement
aux colonies n'exigent pas des connaissances ou
des
dispositionsspéciales, si cen'est laconstitution
d'un
stock un peu plus important de lames de scies et
de
pièces de rechange. Les entreprises desciage trou¬
veront même aux colonies une facilité qu'elles n'ont
pas en Europe : c'est de pouvoir obtenir
gracieuse¬
ment ou presque les emplacements assez vastes
qui
leur sont nécessaires.Le personnel ? Il est plus coû¬
teux certainement qu'en France, en raison des ris¬
ques, des frais de voyage, des congés, etc., mais
le
personnel européen peut être relativement restreintet doublé d'ouvriers spécialisés et de manœuvres indigènes coûtant assez bon marché. Du reste, nom¬
bre de scieries fonctionnent déjà aux colonies pour répondre aux besoins locaux de bois d'œuvre et
ces scieries fonctionnent pour la plupart dans des
conditions très satisfaisantes. L'important, c'est qu'à la tête se trouve, à côté du Directeur commer¬
cial, un scieur de métier.
Sans doute, les conditions précaires d'embarque¬
ment ne permettent guère, encore pour l'instant et
pour nombre de points de nos colonies forestières, d'expédier économiquement des bois débités. Des
travaux de ports et de dragage devront être exécutés
aupréalable. On ypense du reste et, un peu partout,
l'amélioration de l'outillage maritime est à l'ordre
du jour.
Dès maintenant, on peut néanmoins embarquer
facilement des bois débités, sinon à quai, du moins
par l'intermédiaire de chalands, pontons ou ga- bares, dans tous les ports ou rades de l'Indochine
ou de-Madagascar, dans les rades deCayenne ou
de
Saint-Laurent-du-Maroni à la Guyane, dans le port
de rivière de Douala au Cameroun, dans les estuai¬
res du Gabon et de la Mondah et dans la rade de
Port-Gentil en Afrique Equatoriale Française. Un
peu plus au sud, Pointe-Noire, tête de ligne du
che¬
min de fer Brazzaville-Océan, possédera bientôt des aménagements permettant les mêmes opérations.
A la Côte-d'Ivoire, le problème paraît un peu plus
difficile àrésoudre. L'embarquementde bois débités,
là où il existe des warfs n'est pas impossible; mais,
en raison de la forte houle qui persiste toute l'an¬
née, il ne semble pouvoir être fait rapidement et économiquement. Les autres points d'embarque¬
ment ne possèdent aucun outillage. A Sassandra cependant, la rade est en général assez calme pour permettre d'utiliser, à rembarquement, des cha¬
lands de mer d'assez fort tonnage. Il en est de mê¬
me à San-Pedro, et l'on peut espérer qu'avant peu de puissantes scieries s'installeront à proximité de
ces deux points. La construction d'un port lagu-
naire est, d'autre part, à l'étude dans la zone Abid- jan-Bassam.
Bref, il n'existe aucun obstacle sérieux, pour la majeure partie des centres d'exportation de bois coloniaux, à nous envoyer des bois débités plutôt
que des bois en grume et nous les envoyer par très
fortes quantités. Nos besoins en bois d'œuvre ac¬
cusent un accroissement continu et nos importa¬
tions, si elles sont restées pour divers motifs assez:
réduites pendant les années qui ont suivi la guerre, prennent de nouveau des proportions inquiétantes..
Alors que des débouchés de plus en plus nombreux
et important sont offerts à la production coloniale,
nous risquons d'assister à un arrêt prochain du dé¬
veloppement des importations de bois coloniaux et peut-êre à un déclin de ces importations, si les ex¬
ploitants s'obstinent à nous envoyer exclusivement,é
avec des bois de choix et en brut, des bois communs dont le prix de revient est trop élevé pour permet¬
tre à ces bois de trouver un écoulement facile. Et,,
vu l'importance des coupes nouvelles qui peuvent
être faites dans les forêts coloniales, à ne considé¬
rer que les essences communes déjà connues et ap¬
préciées par l'industrie européenne (1), les bénéfices
(1) Rien qu'en bois susceptibles de remplacer le peuplier, il est
nu moins vingt essences africaines qui, plus ou moins abondantes dans les peuplements, pourraient fournir un assez fort tonnage à l'exportation.
Enbois de menuiserie courante, de moulure, de parquet, de char¬
pente spéciale, on pourrait certainement obtenir plus d'un million de m3 annuellement.
BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N° 8 -Août 1930 173
certains que l'exploitation de ces
bois doit logique¬
ment procurer, s'ils sont
expédiés après débit et
dans de bonnes conditions de présentation, on peut
dire que la question
posée, c'est-à-dire le débitage
des bois communs aux colonies, est d'une portée
considérable. Elle doit intéresser au plus haut point
les exploitants actuels. L'industrie
et le
commercede la Métropole, toutes les personnes et
les Groupe¬
ments qui, directement ou non, ont
engagé des capi¬
taux pour la mise en valeur de notre
domaine colo¬
nial, doivent souhaiter son aboutissement
rapide.
*
**
Cette question de débitage sur
place des bois
co¬loniaux communs, si nécessaire qu'elle soit pour la
mise en valeur des forêts coloniales et pour un plus large aprovisionnement de la
Métropole
enbois
d'œuvre, ne doit pas faire perdre de vue
nombre
d'autres problèmes se rapportant à
l'exploitation,
.au transport et à l'utilisation des bois
coloniaux
en général et dont la solution estégalement très im¬
portante pour le développement de
la production.
Ces problèmes ont été examinés
longuement
audernier Congrès international du Bois tenu à
Lyon
en mars 1928. Ils restent pour la plupart d'actualité
et je n'entreprendrai pas d'en faire à nouveau
l'ex¬
posé. Je me bornerai par conséquent à
résumer les
voeux dont ils ont fait l'objet :
10 Meilleur emploi de la main-d'œuvre
indigène
dans les exploitations, sélection des cadres euro¬
péens.;
2° Emploi judicieux d'outillage mécanique per¬
mettant une forte économie et une meilleure utilisa¬
tion de la main-d'œuvre;
3° Organisation, à l'occasion de l'Exposition
de
1931, d'un concours à l'effet de déterminer les meil¬
leurs appareils mécaniques utilisables pour l'exploi¬
tation et le débardage des bois;
4° Augmentation de la durée des permis de coupe
et organisation de l'exploitation en profondeur;
5° Dégrèvement très large des taxes qui frappent l'exportation des bois communs;
6° Dégrèvement des droits frappant, à l'entrée
dans la colonie, le matériel servant à l'exploitation
■et aux embarquements;
7° Création par la colonie de voies de vidange et
d'exploitation et de ports ou bases
d'embarquement
convenablement outillés;
8° Groupement des producteurs, pour les
embar¬
quements et les expéditions;
9° Désinfection des cales de navires et emploi de
substancespropres àimmuniser les bois au cours
de
leur transport maritime contre les piqûres d'insec¬
tes;
10° Réduction indispensable du taux des frets
maritimes;
11° Organisation des marchés de bois
coloniaux
dans tous les principaux ports français, avec outil¬
lage facilitant ledébarquement, l'entrepôt et
la réex¬
portation;
12° Admission de tous lesbois coloniaux, au point
de vue ferroviaire, au tarif des bois communs;
13° Mention et assimilation des bois coloniaux
aux bois français dans les traités commerciaux in¬
ternationaux accordant le bénéfice de la nation la plus favorisée;
14° Octroipar l'administration coloniale delarges
crédits pour l'étude et la vulgarisation des bois co¬
loniaux.
Il est bon de dire que la plupart de ces vœux ont
été pris en considération et que des efforts
sérieux
ont été tentéspourleur aboutissement. Il reste
néan¬
moins encore beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la main-d'œuvre, les taxes, les moyens d'embarquement, les tarifs de fret et les
tarifs de
chemin de fer.
*
**
Une autre question non moins importante,
bien
qu'à effet plus éloigné, est celle del'aménagement,
en vue d'une production sélectionnée, non de toute
la forêt coloniale, mais des massifs les plus faciles à exploiter. Elle est surtout importante pour nos grandes forêts d'Afrique et de Guyane
où les
peu¬plements, très hétérogènes, sont
constitués
pourmoitié ou les deux tiers d'essences de valeur insuf¬
fisante pour l'exportation et pour
lesquelles il
n'existe sur place aucune utilisation spéciale
appré¬
ciable.
Par la création de réserves forestières, l'exploita¬
tion rationnelle de toutes les bonnes essences et l'élimination progressive de toutes les autres, par
174 BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N° 8 - Août 1930
des travaux de dégagement permettantle développe¬
ment des jeunes sujets de choix, pardes
plantations
ou semis destinés à combler les vides, on doit pou¬
voir arriver assez facilement et sans frais très con¬
sidérables, à la constitution de massifs plus homo¬
gènes, plus économiques à exploiter et pouvant
don¬
ner, par hectare, un cube de bois d'œuvre
utilisable
quinze ou vingt fois supérieur à celui quefournit
actuellement la moyenne des massifs des forets pri¬
maires.
On peut également envisager la constitution de
massifs purs d'essences de choix par plantation ou semis en terrain préalablement défriché.
Cette question d'aménagement et d'enrichisse¬
ment né doit pas, en tout cas, être négligée plus longtemps, car le iaissez-faire auquel on assiste
actuellement conduit àl'appauvrissement rapide des peuplements en bonnes essences, par conséquent à
une diminution progressive et sensible du capital
forestier de nos colonies.
Dès maintenant, et sauf la Guyane, il existe dans
nos possession forestières des services
techniques
capables de mener à bien cette tâche urgente.Il faut
leur faire ressortir, s'ils ne la saisissent pas suffi¬
samment, la nécessité de conserver et d'augmenter
dans la mesure du possible la valeur du
Domaine
dont ils ont la gestion et leur donner tous
les
moyens d'action nécessaires pour faire œuvre
utile.
Les ressources tirées de l'exploitation forestière doi¬
vent pouvoir permettre, à cet égard, les
sacrifices
financiers qui s'imposent.
On peut toutefois enregistrer avec satisfaction
l'activité déployée dans plusieurs
de
noscolonies
pour les études et essais d'aménagement etde repeu¬
plement. L'efTort reste néanmoins très insuffisant.
H faut le renforcer sans délai; il faut aussi le géné¬
raliser et passer, là ou rien de sérieux n'a été encore entrepris, de l'expectative à la réalisation.
(A ■.suivre.
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par M. Georges Brus
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deToulouse (suite) O
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«j ccv «i M)
Év
Mi1 170 8.72 24.33 28.02 51.83 60.82 70.05 129.57 1.151
V 136 15.70 27.74 32.00 59.40 69.35 80.00 148.50 1.153
-> 220 *26.99 29.18 33.74 62.45 72.95 84.35 156.12 1.156
4 487 51.99 31.79 36.59 67.80 79 47 91.47 169.50 1.151 5 300 67.39 32.47 37.50 69.54 81.17 93.75 173 85 1.155 6 210 77.65 32.70 37.67 69.75 81.75 94.17 174.37 1.151 1 13! 84.37 33.78 38.95 71.9584.45 97.37 179.87 1 152 8 117 90.38 31.63 39.82 73.4586.57 99 50 183.62 1.150 9 120 96.5431.66 39 84 73.72 86 65 99 60 184.30 1.149 10 49 99.05 35.45 40.88 75.69 88.62 102.20 189.22 1.153 n 18 100 35.44 40.75 75.6488.60 101.87 189.10 1.149
résidu 59
Comme pour le camphène droit, on observe cles
différences importantes dans les propriétés physi¬
ques des fractions successives; la
première
estli¬
quide; le pouvoir rotatoire passe de
—22"25 à
—88°72 (comme on le voit, ce camphène a été ob¬
tenu plus actif que le précédent), les
variations des
autres constantes physiques sont indiquées dans
le
tableau suivant.
Pointde action solidifica¬
tion
1 17°.0
9 35°,8
5 39°,9 10 42°,8 42°,3 15
20 43°,5 25 44°,1 28 44°,8
Ebn
148°-152°
153°-156°
» »
158M590.5
159°,5-160°
160°-161°
rl50
4
50 D
0.8458 1,4462 0,8460 1,4521
» 1,4535 0,8460 1.4570
» 1,4581 0,8459 1,4586
» 1.4591 0,8490 1,4592
R.M.
42,89 43,39
»
43,78
»
43,91
»
43,96
Camphène gauche (2° distillation)
Fractions
Poids 0/o (sur2dm,Rotationsc=2Udans<>'o)l'éther,Pouvoirsrotatoires
Disper¬
sion ay
ai
aj a, «i Ml [«V] Mi]
1 17 0 98 8.9 10 02 » 22.25 25. 05 » 1.125 2 20 2.13 13.8 15 90 » 34 50 39.75 » 1.p52 3 52 5 14 18.88 21 82 » 47.20 54.55 )> 1.i55 4 30.5 6 90 18.38 21 14 » 45.95 52 85 » 1 150
5 43 9^8 21 95 25.31 47.15 54.87 63 27 117.87 1*153 6 67 13 25 26 65 30 66 56 85 66.62 76 65 142.12 1 150 7 28.5 14'8926 23 30 25 56'3065 57 75 62 140.75 1'152 8 77 19'34 28'44 3-2*75 60 7 71 10 81 87 151.75 1*151 9 69 23'3329'14 33'52 62 4 72.85 83 80 156 00 1150 10 57 26'6230 05 34'64 64 2 75 12 86 60 160 5 1152 11 67 30'4929 80 34 25 63 5 74.50 85 62 158.75 1-150 12 73 34 71 3L30 36 04 66 75 78 25 90 10 166.87 1-151
13 70 38"76 31 98 36 85 68 25 79'95 92 12 l70"62 1152 14 69 42'75 32 38 37 34 68'97 80'95 93 35 172'49 1152 15 63 48'39 32 "68 37 60 69'5581'70 94 00 173'87 1-150 16 74 50'67 33 08 38 14 70'80 82'70 95 35 177'00 1-152 17 86 55 64 33 35 38 35 71 10 83 3/ 95 87 177*75 1-149 18 68 59"58 33 51 38'50 714 83'77 96 25 178 50 1-150 19 68 63"52 3i'95 39"20 72'5 84.87 98 00 181 25 1-154 20 65 67-28 34-25 39'42 72'8 85 62 98 55 182-00 1•150 21 42 69-71 34-43 39-64 73'47 86.07 99 10 183-67 1-151 22 76 74-10 34-35 39 54 73'1585-.87 98 85 182 87 1151 23 69 78-09 34-38 39-63 73'50 85.95 99 07 183-75 1 152 24 80 82-71 34-65 39 95 74-15 86 62 99 87 185 37 1.152 25 70 86■76 35-02 40-35 74-75 87.55 100 87 186-87 1.152 26 92 92.08 35-06 40-42 74-90 87.65 101 05 187-25 1.152 27 56 95.32 35 25 40 58 74-95 88.12 101 45 187.35 1 151 28 79 99.99 35 49 40-83 75-75 88.72 102 07 188.37 1 150
Tableau 3
Les courbes de la fig. (9) représentent les-
varia¬
tions des rotations, des points de solidification et
des indices des fractions successives.
ÏII. Les déterminations précédentes montrent que
le camphène étudié n'estpas homogène.
L'allure des courbes des constantes des fractions
obtenues après 2 distillations, indique
l'existence
d'un constituant de tête, à point d'ébullition
148°-
153°, peu actif (ou inactif), qui abaisse
notablement
le point de fusion des
premières fractions. Ce
cons¬tituant semble exister en petite quantité dans le camphène, dont il est très
difficile de le séparer;
j'ai cherché à confirmer son existence par
la mé¬
thode de Darmois.
IV. Application de
Darmois.
méthode d'analyse optique de
*) Voir Bulletinn°sl!5, 60;1,2, 3, 4,5,6,7 (2esérie)
1. Principe.
Soient deux corps A et B, de pouvoirs
(a)A
et(a)B
;le pouvoir rotatoire (a)r d'un m
— 60 —
^ 176 BULLETIN 1)E L'INSTITUT DU PIN — N° 8 - Août IPSO
fig. 9
contenant p. grammes de A et q grammes de
A, est,
d'après la loi de Biot :Mesurons les pouvoirs rotatoires de
A
etde B,
pour 2 longueurs d'ondes a, et a,,
et portons
cesvaleurs sur 2 ordonnées correspondant à a, et a2 ;
nous obtenons les points A, et
A2
pour le corpsA,
Bt et B2pour le corps B, et
C2pour le
corpsC;
ces points appartiennent auxcourbes de dispersion
rotatoire [a] — f(X) , de A,
B
etC.
Nous avons
— [aU ~Me d'après l'équation (1) : Bi Ct [a]c— [a]B
[a]A — Wc _ q [a]c— [*> ~~ p
d'où : 5. ce rapport est indépendant de a *
B, Ci p
il est donc constant pour toutes les
ordonnées;
en particulier, on a :AiCi As Cs bici b2c2
3e qui indiqueque les
droites A1A2,BiB2,C1C2(cordes
le dispersion) sont
concourantes
;les droites CtC2,
CiCa, etc..., relatives à des
mélanges des 2
corpsA
et B passent donc par le
point de rencontre Q des
deux cordes de dispersion des corps A et B.
Cette condition doit être également réalisée pour deux autres valeurs quelconques de a.
Camphène Gauche.
1Rotations-tubede20crn.raielduH^
2 -idem- raieVdutis,
3Pouvoirsrotatoirs Mj *
4Température de
cristallisation. |-
k.înrlirûc: -jfc
— 61 —