N° 3 (2e Série) Paraissant le 15 clechaquemois.
15 JVTaPS 1930.
Abonnement
auBulletin (unan;
France... 35 fr.
Etranger. 50 fr.
Le Numéro.
France... 3f50 Étranger. 5f » Adresser lemoulant desAbonnementsal'Institut
duPin.— C.C. Bordeaux 9237
BULLETIN
DE
L'INSTITUT du PIN
Sous le contrôle de l'Institut des Recherches
agronomiques
et rattaché à la Faculté des Sciences de
Bordeaux
3SO
r
ï. Articles originaux
SOMMAIRE
Pages
A I 37 Rapport sur le fonctionnement et les tra¬
vaux de l'Institut du Pin en 1929, par M. G. Dupont
C I 84 Recherches sur le pinène et le nopinène,
par G. Brus (suite) 63
E I22 Le Carbone carburant national économique,
parM. Charles Roux(à suivre) 55
E I23 Surl'Utilisation desgoudronsprimaires, par
la Société Wïlton 71
II. Documentation
CII 106 Définition de l'essence de térébenthine chimiquement pure
Cil107-109 Petite Documentation
69 69 D II 162 Sur l'Anhydrideabiétique, par E, FonRo-
BERT 54
EII86 Sur l'Utilisation des goudrons primaires,
par Kuno Ehrmann 72
J
MODE DE CliMSSIplCRTION DE NOS DOCUMENTS
A. Généralités.
B. Récolte et traitement des résines.
C. Essences de térébenthine, terpènes etdérivés.
D. Constituants solides des résines et leurs dérivés.
/ Articles originaux. — IlDocumentation.
E. Dérivéschimiquesdubois.
F. Cellulosede bois.
G. Documentsdivers.
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J. CANOUET
LE BOUSCAT-BOEDEADX
(Gironde)
H° 3. (2e
Série)
Paraissant le 15 de chaque mois. 15 JVIatfs 1930.BULLETIN v
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L'INSTITUT DU PIN
Sous le contrôle de l'Institut des Recherches agronomiques
et rattaché à la Faculté des Sciences de Bordeaux
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A. i. 37
RAPPORT
SURLE
Fonctionnement et les Travaux
DE
L'INSTITUT DU PIN EN 1929
I. — ORGANISATION DE L'INSTITUT DU PIN Pendant l'année 1929, les cinq sections de l'Ins¬
titut du Pin ont été encadrées comme suit :
Services généraux.
Directeur honoraire : M. Vèzes.
Directeur : M. Richard.
Directeur technique : M. Dupont.
Chef de travaux (comptabilité et matériel) : Mlle Barraud (du cadre de l'Institut des Recherches agronomiques).
Secrétaire : Mlle Lagravelle.
Garçon de laboratoire : M. Lagaronne (Institut
des Recherches agronomiques).
Femme de ménage : MUe Vinant.
lre section.— Récolte et traitement dela gemme :
Préparateur : M. Soum (Institut des Recherches agronomiques.)
2e section : Essence de térébenthine et terpènes.
Préparateur : Mlle Barraud.
3e section : Colophane et dérivés. Préparateur : M. Lévy.
4e section : Etude chimique des bois.
lre sous-section. —- Distillation des bois. Prépa¬
rateur, M. Allard.
2e sous-section. —- Constituant des bois et pape¬
terie. Préparateur : M. Soum.
5e section : Analyse des essences. Laboratoire des
fraudes. Préparateur : Mlle Barraud. Aide : M. de Fayard.
Rédaction du Bulletin de l'Institut du Pin : M110 Barraud.
II. — RESSOURCES
Comme les années précédentes, une partie des
ressources, celles provenant de l'Etat, ont été col¬
lectées par la Faculté des Sciences, une autre com¬
portant des subventions des départements et des
communes, et les rémunérations des travaux de laboratoire, ont été collectées par l'Institut du Pin.
Parmi les ressources venant de l'Etat, je signa¬
lerai en première ligne la subvention annuelle de
l'Institut des Recherches agronomiques (Ministère
de l'Agriculture), qui a assuré, d'autre part, le trai¬
tement de deux préparateurs et d'un garçon de
laboratoire.
La subvention accordée en 1928 par l'Office na¬
tional des combustibles liquides, pour l'étude de
l'influence de catalyseurs sur la distillation du bois,
et l'étude des charbons pour gazogènes, n'a pas été
renouvelée cette année, notre étude ayant été clô-
50 BULLETIN LE L'INSTITUTLU PIN — N° 3 - Mars 1830
turée, 'après les résultats résumés ci-dessous, par la mise en évidence des qualités particulièrement remarquables des charbons roux pour l'emploi dans
les gazogènes. L'étude pratique rte ce charbon
dans
les gazogènes, et les moteurs, sortant des
possibi¬
lités de notre laboratoire, il a été décidé par l'Of¬
fice national des combustibles liquides, que cette
étude serait poursuivie, sous nos indications, dans
un laboratoire outillé à cet effet.
Parmi les subventions collectées par l'Institut du Pin, je signalerai les deux subventions de 10.000
francs accordées par les Conseils généraux de la
Gironde et des Landes, les deux subventions de 5.000 francs accordées par les Compagnies de che¬
mins de fer du Midi et des Landes, les subventions des communes et quelques subventions faites par des industriels sur le montant de leur taxe d'ap¬
prentissage. Notons à ce point de vue, que ledépar¬
tement des Landes, suivant l'exemple déjà donné
par celui de la Gironde, a accordé en 1929, aux industriels, un dégrèvement de 20 % de leur taxe d'apprentissage, en faveur de notre laboratoire.
III. — ACTIVITE OU LABORATOIRE
En 1928, des thèses avaient été passées par six
élèves de notre laboratoire. La préparation d'une
thèse demandant en moyenne 2 à 3 ans, on ne doit
pas s'étonner que 1929 ait vu une moindre florai¬
son de diplômes. Nous n'avons en effet à relever,
cette année, qu'une thèse d'ingénieur-docteur, celle
de M. Soum, intitulée « Contribution à l'étude des bois de pin », passée le 2l7 mai.
Le laboratoire a, en 1929, manifesté son activité
en prenant part au IXe Congrès international de
chimie industrielle de Barcelone, au Congrès du
Carbone organisé par la Compagnie du P.-L.M. à Lyon, et enfin aux «Journées des Actualités agri¬
coles », organisées à Bordeaux au mois de novem¬
bre dernier. Notre Bulletin de l'Institut du Pin a rendu ou rendra compte de la part prise par notre
laboratoire à ces diverses manifestations. De ce
fait, ainsi que par suite de l'abondance des travaux publiés, ce Bulletin a pris en 1929, un développe¬
ment assez grand qu'a sanctionné un accroisse¬
ment notable des abonnements.
Durant l'année scolaire 1928-1929, M. le Profes¬
seur Dupont a fait un cours public sur «lesrésines».
Pendant l'année scolaire 1929-1930, sera professé
le lundi, à 17 h. 30, dans le grand amphithéâtre de
la Faculté des Sciences, un cours sur les « terpènes
et les parfums » par le même professeur.
IV. — TRAVAUX DE RECHERCHÉS EP*3 1829-
1re et 2e section.
Nous avons poursuivi l'étude des constituants des
gemmes et des essences de térébenthine contenues.
Nous avons étudié les essences de térébenthine amé¬
ricaines du longleaf-pine et du slash-pine et une
essence de térébenthine américaine commerciale.
Ces trois essences sont constituées principalement
de pinène etde nopinène, ce qui les rapproche beau¬
coup de l'essence de térébenthine française qui con¬
tient les proportions analogues de ces deux car¬
bures. Nous avons ensuite abordé l'étude de rési¬
nes particulières qui pourraient être fournies par
nos colonies africaines en grosses quantités, les
résines d'Okoumé (XI). Ces résines contiennent une essence constituée principalement de phellandrène
et une colophane constituée d'au moins deux amy- rines et à peu près complètement exempte d'acides résiniques. Cette constitution montre que la résine
d'Okoumé est de composition très voisine, sinon identique, à celle de l'élémi de Manille. Aujourd'hui,
cette résine d'Okoumé, recueillie sans aucune pré¬
caution, par les indigènes, n'est guère utilisée que pour la confection des torches. Une amélioration
sans doute aisée dans les procédés de récolte et peut-
être une purification, permettront certainement de
trouver pour cette résine un débouché abondant et rémunérateur comme élémi.
Nous avons d'autre part poursuivi l'étude des propriétés des constituants séparés des essences de térébenthine. Un précédent travail avait été fait par
nous sur l'oxydation permanganique du pinène et
nous avions précisé les conditions dans lesquelles
on peut obtenir avec un rendement excellent l'acide pinonique.
L'oxydation permanganique du nopinène en acide nopinique restait une réaction à très mauvais
rendement (moins de 10 %). Nous avons étudié (II) méthodiquement cette réaction et montré qu'en opérant en milieu a'ssez fortement basique, le ren¬
dement pouvait être élevé à 50 %.
L'acide nopinique qui n'était guère, jusqu'ici,.
BULLETIN LE L'INSTITUT LU PIN — N° 3 - Mars 1930 51
qu'une curiosité de laboratoire, devient de ce fait,
et par suite de la séparation aujourd'hui indus¬
trielle du nopinène, un produit très abordable pour les applications industrielles et dont il convient
d'étudier les propriétés pratiques.
Le passage à la nopinone est facile; nous avons nbordé l'étude des propriétés pratiques de cette cé-
tone. D'autre part, l'acide nopinique donne un sel
de soude très peu soluble dans l'eau. Nous avons pensé possible de [baser sur cette propriété un
moyen pratique de dosage du sodium. Les premiers
résultats obtenu permettent d'augurer une solution
favorable.
Nous avions, en 1928, étudié avec M. Crouzet, l'oxydation, spontanée du pinène et du
nopinène et
l'influence de catalyseurs sur cette oxydation. Nous
avons poursuivi cette recherche et l'avons
étendue
(VIII, IX) à d'autres constituants des essences : le carène, constituant principal de l'essence in¬
dienne (pinus longifolia) et le limonène,
consti¬
tuant principal de l'essence de pin pignon
(pinus
pinea). Cette étude nous a montré quele carène
s'oxydait plus vite que le pinène et le
nopinène,
mais qu'en revanche le limonène s'oxydait beau¬
coup plus lentement. Ce fait vient préciser la
façon
de se comporter des essences riches en limonènes
ou en terpènes analogues (essences secondaires)
dans les peintures et les vernis, ces essences secon¬
daires sont beaucoup moins siccatives, elles s'éva¬
porent en majeure partie comme le fait le white- spirit, tandis que les essences vraies laissent un résidu plus ou moins abondant d'essence grasse, qui intervient utilement dans la constitution du
film.
Nous avons enfin abordé l'étude des produits d'oxydation du pinène et du nopinène.
Au point de vue pratique, nous étudions l'appli¬
cation industrielle de nos résultats précédents pour la fabrication des «essences grasses», leur obtention
à bon marché pourrait ouvrir un gros débouché aux
essences de térébenthine.
3e section s Résines et dérivés.
Nous avons poursuivi l'étude de l'acide abiétique
et de ses dérivés.
M. Rouin (XV) a montré qu'en présence de chlo¬
rure de zinc, l'acide abiétique se décomposait sui¬
vant la réaction :
C20H30Q2 = C18H26 + CIL + CO2
Cette décomposition, nettement différente de la décomposition normale, plus compliquée, qui donne
naissance aux huiles de résine, donne un carbure dont nous poursuivons l'étude.
Mais notre plus gros effort, dans cette section, a été porté sur l'étude de l'autoxydation des acides résiniques (VI-VII).
L'acide abiétique nous a permis de constater un
phénomène particulièrement net d'autocatalyse d'oxydation : l'acide abiétique fixe l'oxygène avec
une vitesse croissante par suite de l'action cataly- tique d'un produit intermédiaire d'oxydation. La
netteté de cette réaction et la stabilité relativement
grande de ce catalyseur nous a permis de préciser
sa formule et le mécanisme de son action.
Nous avons étudié l'action, sur cette autoxyda-
tion de l'acide abiétique, de divers catalyseurs :
nous avons trouvé, comme pour le pinène, des cata¬
lyseurs positifs et des catalyseurs négatifs. Parmi
les premiers, signalons les polyphénols, l'acide sul- furique, le caoutchouc très antioxygène, les phénols simples, l'acide sulfhydrique, l'acide sulfureux, l'alcool, et toute une gamme de résinâtes métalli¬
ques plus faiblement antioxygènes.
Comme catalyseur positif, est à signaler d'abord
le résinate de cobalt, le plus actif comme dans le
cas du pinène, puis le résinate de manganèse et divers autres résinâtes moins actifs. Beaucoup de
ces résinâtes présentent d'abord une action nette¬
ment antioxygène, après quoi l'oxydation « démar¬
re » souvent brusquement.
Ces résultats nous ont portés à établir une nou¬
velle théorie des actions antioxygènes que nous dé¬
veloppons actuellement et espérons pouvoir géné¬
raliser.
Au point de vue pratique, nous avons cherché à appliquer nos résultats précédents à la colophane
elle-même. L'oxydation de l'acide abiétique est complète en quelques heures en présence d'abiétate
de cobalt. Le produit d'oxydation incristallisable,
moins fusible que la colophane, plus dur, semble
devoir être une matière première très intéressante
pour les vernis et sans doute aussi pour la confec¬
tion de plastiques. Malheureusement, jusqu'à pré¬
sent, nous n'avons obtenu l'oxydation de la colo-
52 BULLETINLE L'INSTITUT BU PIN— N°3 - Mars 19S0
phane elle-même qu'avec difficulté et
irrégulière¬
ment. Nous poursuivons cette étude.
4° section : Le bois de pin.
lre Sous-Section : Distillation du bois (IV-XVII)
Nous avons poursuivi et complété l'étude des goudrons solubles de pin, les
résultats de
celong
travail ont été publiés dans les Annales des
Com¬
bustibles liquides (IV).
Nous avons d'autre part étudié en 1928, pour le compte de l'Office national des
Combustibles liqui¬
des, l'emploi dans les gazogènes du bois
distillé
auxbasses températures. Nous avons
montré,
par uneétude théorique, que c'est le bois
torréfié à 275-290°
qui doit donner le meilleur
résultat
:maximum de
puissance au moteur,
rendement
presqueintégral
de la valeur calorifique du bois sec et
suppression
de l'agglomération.uo
Nous avons vérifié nos vues dans des essais au
gazogène (V).
Les résultats précédents ont été
remarqués et il
a été beaucoup parlé au Congrès de Lyon
du
«char¬
bon roux » de l'Institut du Pin. M. Matignon, dans
son discours d'ouverture du dit Congrès, a en par¬
ticulier insisté sur le grand progrès que ces tra¬
vaux de l'Institut du Pin apportaient à la question
du carbone carburant. Des essais en grand et pro¬
longés, sur moteur, vont être
entrepris, d'accord
avec l'Office National des Combustibles liquides.
Sur ce même sujet, nous avons travaillé dans
deux directions différentes :
1° Nous avons essayé d'obtenir la
torréfaction
du bois en le plongeant dans un bain
convenable
vers 300°. Notre idée était d'employer comme bain
un corps susceptible de fournir ensuite au gazo¬
gène, par un effet de cracking, des gaz
combustibles
accroissant la puissance calorifique de notre gaz pauvre. Nous avons essayé, à ce point de vue, deux produits :
1° Des lirais de houille et du mazout. Dans les
deux cas, nous avons eu une absoption de 10 %
environ du produit par le bois. Avec les brais de
houille, nous avons eu un empâtage du bois dans
le gazogène, empâtage gênant pour la descente et
un encrassement assez fort des tubes du gazomè¬
tre. Avec le mazout, ces difficultés ont disparu,
mais une assez forte proportion de celui-ci s'échap¬
pait au cracking. II y a là, certainement, une voie
intéressante que nous nous proposons de reprendre.
2° La deuxième voie dans laquelle nous nous
sommes engagés est basée sur l'idée suivante : le
bois contient de la cellulose et de la lignine; la cel¬
lulose, en distillant, ne laisse guère partir que de
l'eau sans intérêt pour le gazogène. La lignine, au contraire, donne naissance, par distillation, à des
gaz ou des vapeurs à assez haut pouvoir calorifique.
Nous avons montré par nos études précédentes que la décomposition de la lignine et de la cellulose se
produisent sensiblement à la même température (300°).
Il y aurait un gros intérêt à trouver un cataly¬
seur permettant de décomposer la cellulose sans toucher à la lignine, nous obtiendrions ainsi un combustible pour gazogènes possédant, à un
degré
nettement supérieur, les avantages que nous avons signalés déjà pour le charbon roux.
Nous avons donc abordé ce problème et nous
avons trouvé un catalyseur convenable dans l'acide phosphorique (V) qui, à la dose de 1 %, abaisse vers 2f50° la température de décomposition de la cellu¬
lose dans le bois de pin. Nous avons donc encore là des résultats intéressants que nous pensons sou¬
mettre à l'épreuve d'essais pratiques.
2e Sous-Section : Composition du bois et dérivés„
M. Soum a présenté, sous le titre : « Contribution
à l'étude du bois de pin », une thèse d'ingénieur-
docteur. Il aréuni dans le travail unefoule de résul¬
tats relatifs, en particulier à l'étude des transfor¬
mations que subit le bois sous l'action des
champi¬
gnons et des insectes. (X, XXIII et XVI.) Il
serait
trop long de résumer ici ces résultats; je dirai seu¬
lement que dans les actions destructives que subit
le bois, c'est, semble-t-il, toujours la cellulose qui disparaît la première; la lignine résiste ou se trans¬
forme en acides humiques. M. Soum a, en particu¬
lier, étudié la composition de vieux troncs
fossiles,
de pin recueillis dans des
couches profondes de
lignites (de Laluque). En comparant cette compo¬sition à celle du bois frais, il a apporté une contri¬
bution intéressante à l'étude de la formation des lignites et de la houille.
BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N° 3 - Mars 1930 53
5e section : Analyses.
Les analyses et les travaux effectués cette année
par notre laboratoire ont été plus nombreux encore que les années précédentes. Le constant développe¬
ment de cette section montre l'utilité immédiate de notre laboratoire pour nos industries dérivées
du pin.
LISTE DES TRAVAUX ET PUBLICATIONS
Institut du Pin et Laboratoire des résines I. —- G. Dupont et M1Ie M. Barraud : Sur la compo¬
sition de l'essence de térébenthine américaine.
(Bull. Inst. Pin n° 60, p. 155).
II. — G. Dupont : Sur l'oxydation permanganique
du nopinène. (Bull. Inst. Pin m° 65, p. 269.)
III. — G. Dupont, J. Lussaud etJ. Allard : Etude en
vue de l'emploi dans les gazogènes du bois
distillé aux basses températures, 3e partie. —
Etude pratique au gazogène de la gazéification
du bois distillé aux basses températures. (Ann.
Off. Nat. Comb. liq., 1929, p. 475, et Bull. Inst.
Pin n° 57, p. 64; n° 67, p. 323.)
IV. — G. Dupont et J. Lussaud : Etude des gou¬
drons solubles de bois de pin maritime. (Ann.
des Comb. liq. 1929, p. 453 et Bull. Inst. Pin
n° 66, p. 301.)
V. — G. Dupont, J. Allard et Kupferberg : Action
des catalyseurs sur la distillation du bois.
(Ann. des Comb. liq., 1929, p. 483.)
VI. — G. Dupont et J. Lévy : Sur l'autoxydation de
l'acide abiétique (C. R. Ac. des Se., séance du
20 octobre 1929, et Congrès de Chim. Ind. de Barcelone, oct. 1929.)
VII. — G. Dupont et J. Lévy : Sur l'autoxydation
de l'acide abiétique. Action des catalyseurs (C. R. Ac. des Se., séance du 25 nov. 1929,
t. 189, p. 920 et Soc. des Se.Phys. de Bordeaux,
séance du 12 décembre 1929.)
VIII. — G. Dupont et J. Crouzet : Sur l'oxydation catalytique du pinène et du nopinène. (Soc.
des Se. Phys. de Bordeaux, 28 février 1929.)
IX.—G. Dupont et J.Crouzet : Sur l'autoxydation
des constituants des essences de térébenthine.' (IXe Congrès de Chim. Industr. de Barcelone,
15 octobre 1929.)
X. — G. Dupont et M. Soum : Evolution des consti¬
tuants du bois de pin sous l'influence des di¬
vers agents d'altération. (IXe Congrès de Chim.
Industr. de Barcelone, oct. 1929.)
XI. — G. Dupont et Mlle M. Barraud : Sur la com¬
position de la résine d'Okoumé. (IXe Congrès
de Chim. Industr. de Barcelone, octobre 1929.) XII. -—- G. Dupont : Les forêts Scandinaves. (Bull,
de l'inst. du Pin, n° 61-62, p. 173-197.)
XIII. — M. Soum (M. Feytaud et) : Composition
du bois remanié par le termite lucifuge. Soc.
des Se. Phys. de Bordeaux, 14 mars 1929.)
XIV.— Li Man Cheung : Contribution à l'étude du
rétène. (Soc. des Se. Phys. de Bordeaux, 27
avril 1929.)
XV. — G. Rouin : Action du ZnCl2 sur l'acide abié¬
tique. (Bull. Inst. Pin, n° 64, p. 251.)
XVI. — M. Soum : Contribution à l'étude du bois de pin. (Bull. Inst. du Pin, nos 63-64-65-66,
p. 221-253-277-313.)
XVII. — G. Dupont : Rapport sur les emplois des goudrons de bois. (Congrès métropolitain et colonial du Carbone végétal, nov. 1929.)
XVIII. — G. Dupont : Les progrès récents dans la
fabrication de la pâte à papier de bois. (La
Science et la Vie, p. 129, 1929.)
XIX. — G. Dupont : La fabrication des pâtes à pa¬
pier de pin dans les pays Scandinaves. (Le
Sud-Ouest Economique, janvier 1930.)
Thèses
XX. — M. Soum : Contribution à l'étude du bois de
pin. (Thèse d'ingénieur-docteur, Bordeaux le
27 mai 1929.)
Conférences, Cours et Publications
XXL — G. Dupont : Cours public sur les « essences de térébenthine et les colophanes » (22 leçons)».
XXII. — Publication du Bulletin de l'Institut du Pin, mensuel.
54 BULLETIN 1JE L'INSTITUTBU PIN —N° 3 - Mars 19S0 D ii 162
SUR
L'ANHYDRIDE AB1ÉTIQUE
parYonE. FONROBERT, (Wiesbaden)
Ch rnischcUmschau24XXXVI, 1929
Le but de ce mémoire est de prouver l'existence
de l'anhydride abiétique dont la préparation
avait
été donnée précédemment par l'auteur
(Farbenzei-
tung, 31 (1926) 1848), et que, dans un
travail plus
récent, Dupont, Rouin et Dubourg (Bullet. de l'Ins¬
titut du Pin, 35 (1927) 97, 53 (1928) 221, avaient pensé pouvoir peut-être assimiler à
l'acide abiéti¬
que anhydre dont ils venaient de démontrer
l'exis¬
tence.
L'auteur reprend la préparation de son
anhy¬
dride abiétique. Il part d'une colophane
française
qui, après isomérisation parl'acide chlorhydrique,
en solution alcoolique, fournit un acide
abiétique
fondant à 166° C., après trois cristallisations clans
l'acétone. En utilisant, en anhydride acétique, un peu moins de deux fois la
quantité d'acide abiéti¬
que, on obtient l'anhydride avec un
rendement de
60 % du rendement théorique. On sépare, par dis¬
tillation, l'anhydride acétique de la masse ayant réagi, on refroidit le contenu encore liquide du
bal¬
lon, jusqu'à consistance visqueuse, on
additionne
une petite quantité d'éther de pétrole.
Le produit
brut, qui précipite dans cette solution, est
recristal¬
lisé dans l'éther de pétrole : F: 149° C.
Cristallisé
de nouveau lentement à — 10 ou— 15° dans l'éther
de pétrole, desséché sur le sodium, il
donne des
écailles brillantes ayant le même aspect que des
corps à haut poids moléculaire comme
l'anthracène
ou le résène.
Cet anhydride est différent de l'acide
abiétique
:1° La forme cristalline est totalement différente;
21° lalD =—-18° (C6H6) pour l'anhydride, 0
à
— 4° pour l'acide;
3° L'anhydride n'est pas clistillable;
4° Le poids moléculaire est déterminé avec
pré¬
cision.
On trouve dans le benzène sans thiophène : 561, 575, etc.; dans le nitl'obenzène : 568, 558, 541;
théoriquement : M = 586.
5° L'auteur donne une preuve chimique de l'exis¬
tence de l'anhydride abiétique. L'anhydride chauf¬
fé avec un excès d'alcool éthylique en tube scellé
à 160°-170° C., donne avec un rendement molécu¬
laire, 'l'abiétate d'éthyle, huile visqueuse distillant
à 210-215° sous 4 mm., et d'indice d'acide 4,8. On
a pu régénérer l'acide abiétique en saponifiant cet
éther. Dans les mêmes conditions, l'acide abiétique
ne fournit pas trace d'éther.
L'anhydride abiétique diffère totalement de
l'acide abiétique anhydre de Dupont. L'auteur pré¬
pare de l'acide abiétique anhydre en chauffant sous, le vide à 180° de l'acide abiétique. F : 165°C.:
Poids moléculaire dans le benzène : 316, 309. Par action du bromure d'éthylniagnésium sur l'acide anhydre, l'auteur obtient, comme Dupont,
de
l'éthane, tandis que, dans les mêmes conditions,, l'anhydride ne donne rien.
L'auteur signale la préparation d'anhydride py-
roabiétique et termine sur quelques considérations,
relatives à la saponification de l'anhydride abiéti¬
que.
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BULLETIN DE L'INSTITUT DU PIN — N° 3 -Mars 1930 55 E. i. 22
LE CARBONE
Carburant National
Économique
Les bases de son conditionnement
par l'utilisation des carbones minérauxet végétaux
en mélanges équilibrés
Rapport de M. CHARLES-ROUX
Président du Groupe du Bois à la Foire de Lyon PrésentéauCongrèsdu Carbonevégétal
à Lyon (1929)
I. — LE PASSE
Coup d'œil rétrospectif sur l'évolution de la ques¬
tion des Carburants de remplacement et la place prise dans cette évolution par
l'utilisation du
carbone gazéifié.
La guerreavaitrévélé auxmasses que nous
étions
totalement tributaires de l'étranger pour notre ali¬
mentation en Carburants à tel point qu'à certaines
heures la question du ravitaillement en
pétrole
prima jusqu'à celle des réserves en hommes.Il semblait que la guerre finie, la vie
économique
reprenant peu à peu son coursnormal,
lapréoccu¬
pation du ravitaillement en
Carburants cessant
d'être d'ordre militaire, il n'y aurait plus lieu de
s'en préoccuper puisqu'il est dans
l'ordre normal
des choses que les pays démunis d'une
matière
pre¬mière quelconque la demandent, par
voie de
com¬merce, aux pays mieux dotés par la nature.
Le raisonnement eût été juste si la guerre
n'avait
à ce point bouleversé l'ordre
général
deschoses,
surtoute la surface de notre globe, que
l'équilibre éco¬
nomique ne puisse être rétabli dans
l'ordre ancien
du fait du déplacement des réserves
d'or
etde la
fortune des nations comme celle des hommes, ce
qui a engendré le déséquilibre des
changes dont les
stabilisations les plus savantes n'ont pu
qu'enrayer
momentanément l'accentuation sans pouvoir nous faire revenir à l'état normal primitif.
On s'aperçut alors bientôt que le
coefficient du
change perturbait à tel point la loi deséchanges
commerciaux entre nations qu'un pays à change
bas privé d'une matière
première
commel'acier, le
charbon ou le pétrole, risquait de voir en quelques
années toute sa fortune transférée dans les caisses des nations détentrices de ces matières premières.
Et cette année même cette situation devient pour la France, malgré la stabilisation, de plus en plus angoissante puisqu'elle est pour la majeure partie
cause du déficit de notre balance commerciale qui
s'accentue à l'allure effarante du milliard par mois.
En effet, sur l'ensemble de ces milliards défici¬
taires, le charbon et le pétrole et leurs dérivés chif¬
frent à eux seuls pour plus de 4 milliards, chiffre
net à l'entrée en France, et, sur ce chiffre de 4 mil¬
liards, le pétrole à lui seul est pour une bonne
moitié.
C'est de la constatation de cet état de choses et de la prévision qu'il ne peut aller qu'en
empirant
du fait de l'augmentation incessante de la consom¬
mation de pétrole, qu'est née la question des
Car¬
burants de remplacement. —- Cette question qui, à l'origine semblait n'être qu'une
question d'ordre
militaire est donc devenue l'une des questions vita¬
les d'ordre économique les plus urgentes et angois¬
santes, peut-être même la plus angoissante et
la
plus urgente à résoudre.Comme devant tout problème de ce genre, de
nombreuses solutions ont été proposées et les cher¬
cheurs de tous ordres n'ont pas manqué de se lan¬
cer à corps perdu dans l'étude et la
démonstration
de ces solutions, tandis que d'une part l'Etat com¬
prenant le danger
cherchait
unevoie de salut et
que l'opinion publique tout à coup
inquiète faisait
entendre son angoisse par la voie de la presse tour
à tour porte-paroles des gouvernements
auprès de
la masse et porte-paroles de la masse
auprès des
gouvernements.Mais si l'on pose les données du
problème
onest
quelque peu effrayé de son
ampleur
caril
nes'agit
pas de trouver un
complément, d'aménager
une production, il s'agit en face derien de tout créer.
En effet, combien importons-nous de Carbu¬
rants ? Deux millions de tonnes environ. -— Com¬
bien en produisons-nous
? Une centaine de mille
tonnes, autant dire : rien. — Sommes-nous au
maximum de notre consommation ? Non; à l'allure
actuelle celle-ci aura doublé d'ici cinq ou six ans si aucun fait nouveau ne se produit.
On pense bien que devant un
champ aussi vaste
à exploiter, en face d'un
problème aussi formida¬
ble à résoudre, les imaginations se sont
donné libre
56 BULLETIN DE L'INSTITUTLU PIN— N° 3 - Mars 1930
cours et que de tous côtés sont sortis des projets
tendant à tout transformer en carburant : le bois, la houille, les minéraux aussi bien que les végé¬
taux, l'air et même l'eau et cette dernière idée n'est peut-être pas la plus difficilement
réalisable...
avecun appoint considérable d'autres éléments.
Les hommes de haute valeur placés par le gou¬
vernement à la tête des services chargés du mouve¬
ment administratif des Carburants et à la tête des organismes chargés d'encourager les recherches et
inventions ont vite compris qu'il était nécessaire,
non seulement d'encourager, mais aussi de canali¬
ser toutes les initiatives et, si au début on frappa
d'ostracismequelques conceptions, on s'aperçut très
vite que devant la gravité de la situation on avait
le devoir, même au prix de quelques erreurs, de ne décourager aucune initiative en cette matière.
C'est cet heureux état d'esprit qui permit à l'Of¬
fice national des Recherches et Inventions, sous la haute direction de M. le sénateur Breton, à l'Office national des combustibles liquides, sous la haute
direction de M. l'Intendant général Pineau, en liai¬
son avec le ministère de la guerre, le ministère de l'agriculture et le ministère des colonies, de patron¬
ner ou de créer les nombreuses manifestations, épreuves, expositions, concours rallyes, au cours desquels les solutions proposées ou bien
s'éliminè¬
rent d'elles-mêmes quand elles n'étaient viables, ou bien se mirent au point peu à peu quand elles partaient de principes justes et réalisables.
Au cours de ces manifestations nous avons vu naître et progresser des dispositifs nouveaux tant
pour la production des Carburants que pour leur
utilisation et c'est par suite de l'émulation qu'ils
ont provoquée et du terrain d'expérience qu'ils ont
ôffert que se sont équilibrées des solutions que l'on peut aujourd'hui considérer comme entrées dans
le domaine pratique.
J'ai personnellement suivi, tantôt comme orga¬
nisateur, tantôt comme participant, quelquefois aux deux titres ensemble, la plupart de ces manifesta¬
tions depuis l'origine et j'ai toujours été frappé par le fait que toutes les solutions proposées méritaient
une expérimentation et cjue celles qui n'eurent pas de surlendemain eurent cependant toujours une influence utile sur les autres, souvent même très différentes de conception, ce qui prouve qu'en ma¬
tière d'invention comme en matière de guerre l'ef¬
fort de ceux qui se font tuer est aussi nécessaire
que l'effort de ceux auxquels la Destinée accorde
la vie ou la réussite; et cela je l'ai constaté aussi
bien au cours des recherches concernant la question qui nous occupe aujourd'hui que dans bien d'au¬
tres périodes de novation aussi bien dans le do-
maine de l'automobile que dans celui de l'aéronau¬
tique, de la T. S. F. et dans toutes les branches où
s'exerce l'activité créatrice du cerveau humain.
Et je profite de cette solennité pour rendre un
hommage ému à ceux que l'on oublie trop souvent
et qui mériteraient eux aussi de dormir leur repos éternel, Soldats inconnus de l'Idée, sous un Arc de Triomphe monumental fait de toutes les déceptions,
de tous les chagrins, de tous les désespoirs qu'ils
ont connus, mais splendidement illuminé pour l'Eternité de la clarté infinie de toutes les magni¬
fiques espérances et des enthousiasmes sans limite qui furent les leurs, et protégés à son seuil par l'a plus gigantesque et la plus captivante des chimères qui fit d'eux les victimes que l'on pourrait appeler
les Chevaliers de l'Invention morts à la peine, morts
à la tâche, écrasés par le dédain du Destin.
Donc parmi les solutions proposées, certaines —-
ai-je dit — peuvent être considérées comme au
point et susceptibles d'un développement rapide, ce
qui prouve, comme l'a dit si judicieusement M. l'In¬
génieur en chef Dumanois, dans son discours d'inauguration du premier Congrès de la Tourbe
à Notre-Dame de Liesse en 1927, qu'il n'existe pas
une question du Carburant national et une solu¬
tion du problème posé, mais une question des Car¬
burants nationaux et des solutions diverses du pro¬
blème posé. Et ceci est très important, car si l'on
est découragé devant l'énormité du chiffre auquel
atteint la consommation de l'essencelorsqu'on envi¬
sage de la remplacer par un produit national dont
on ne voit aucune source de production suffisante
à brève échéance, on voit mieux la solution du problème lorsqu'on envisage la totalisation des pro¬
duits différents dont on découvre les diverses sour¬
ces alimentées elles-mêmes par des réserves tota¬
lement distinctes et diverses.
Parmi ces diverses solutions, il en est une qui
est considérée par tous ceux qui connaissent la question comme particulièrement au point, c'est
celle de l'utilisation du gaz pauvre produit au moyen de gazogènes placés sur les camions et trac¬
teurs automobiles.
Cette solution est considérée, par les techniciens