7KqVHSUpVHQWpHjOD)DFXOWpG¶pGXFDWLRQ HQYXHGHO¶REWHQWLRQGXJUDGH de Philosophiæ Doctor (Ph. D.)
/¶HQIDQWen état ou à haut risque de surcharge pondérale dans le miroir du conte oral de tradition populaire
Par Marie-Line ÉON Mai 2015 © Marie-Line ÉON, 2015
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UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE )DFXOWpG¶pGXFDWLRQ /¶HQIDQWHQpWDWRXjKDXWULVTXHGHVXUFKDUJHSRQGpUDOH dans le miroir du conte oral de tradition populaire
Marie-Line ÉON
a été évalué par un jury composé des personnes suivantes :
M. Jean-Claude Coallier Président du jury
M. Hélène Larouche Directrice de recherche
M. Renaud Hétier Codirecteur de recherche
M. Frédéric Saussez Membre interne
M. Bertrand Bergier Membre externe
M. Guadalupe Puentes-Neuman Membre interne
SOMMAIRE
,OH[LVWHGHSOXVHQSOXVG¶HQIDQWVHQpWDWG¶REpVLWpGDQVOHPRQGHHWXQJUDQG SRXUFHQWDJHOHUHVWHUDjO¶kJHDGXOWH8QGpVpTXLOLEUHGHODEDODQFHpQHUJpWLTXHHQWUHOHV DSSRUWV HW OHV GpSHQVHV VHPEOH UHVSRQVDEOH GH FHW pWDW SRXU G¶HQWUH HX[ /D traduction de ce déséquilibre consiste à « manger plus que ses besoins » par méconnaissance de ses propres sensations alimentaires comme la faim et par une UpSRQVHDOLPHQWDLUHSRXUGHVUHVVHQWLVDXWUHVTX¶DOLPHQWDLUHVGHSXLVODQDLVVDQFH1DLWUH ou venir au monGHF¶HVWHQWUHUGDQVOHFKDPSGHVUHSUpVHQWDWLRQVGHFHOOHRXFHOXLTXL accueille et nourrit le nouveau-né, dans une hétéronomie. /¶DXWRQRPLHUHYrWODFDSDFLWp à se gouverner et se réguler par ses propres lois et son développement est à notre sens la voie SRXUDSSURFKHUVDSURSUHKRPpRVWDVLHHQPHWWDQWOHVIRUFHVGHO¶KpWpURQRPLHjOHXU juste place. &RPPHQW FRQWULEXHUjO¶DFTXLVLWLRQGHO¶DXWRQRPLHDOLPHQWDLUHGHO¶HQIDQW en état ou en grand devenir de surcharge pondérale, telle a été notre question. Notre recherche a consisté à mettre en place une médiation par un dispositif associant le conte oral de tradition populaire, le conteur et la chercheure et à en analyser ses effets, ses PRELOLVDWLRQV DXSUqV GH GHX[ HQIDQWV O¶XQH HQ pWDW GH VXUFKDUJH SRQGpUDOH O¶DXWUH HQ KDXW SRWHQWLHO GH OH GHYHQLU /¶DSSURFKH PpWKRGRORJLTXH D pWp FHOOH GH OD UHFKHUFKH- action en raison de son but social, de la production de connaissance dans la FRPSUpKHQVLRQGXSRWHQWLHOGHODPpGLDWLRQHWGHODSURGXFWLRQG¶XQFKDQJHPHQWGHOD situation. Les principaux acquis de cette thèse mettent en lumière la place dans la famille HW OH FRQWHQDQW j O¶°XYUH GDQV OH © manger plus que ses besoins », la transgénérationnalité de la surcharge pondérale inscrite dans le corps de génération en génération dans un silence, un non-dit, un indicible et le thème de la dévoration très présent dans les contes et son pouvoir évocateur. La médiation par le dispositif conte, FRQWHXU FKHUFKHXUH DLQVL TXH OHV pYRFDWLRQV DQDORJLTXHV HW O¶HVSDFH GH SURMHFWLRQ TX¶offrent le conte, nous ont permis de voir la mobilisation des deux enfants et même des parents dans les « donner à » voir et à vivre, à penser etc. 3RXUO¶XQGHVGHX[HQIDQWV ce fut plus dans un « donner à » penser, à repenser, à ressentir et à nommer la sensation
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de faim ainsi que sa disparition. PRXUO¶autre, il lui a été « donner à » se centrer dans son pSURXYpLQWLPHjVHVpSDUHUGHFHTXLO¶HQYDKLWGDQVOHFRUSVjGLUHTX¶LODPRELOLVp ses ressources, à résoudre et nommer la résolution du problème de la dévoration.
Mots clefs : enfant, surcharge pondérale, trouble du comportement alimentaire, médiation, conte, autonomie alimentaire, contenant, place, transgénérationalité, dévoration, recherche-action.
TABLE DES MATIÈRES SOMMA,5(«««««««««««««««««««««««««««««.3 INTRODUCTION««««««««««««««««««««««««««..11 1. PERTINENCES.«««««««««««««««««««««««...««...13 1.1 Pertinences sociales«««««««««««««...««««««««13 1.2 Pertinences scientifiques«««««««««...««««««««««.15 1.3 Pertinences professionnelles««««««««...«««««««««««17
2. /¶INTERRELATION ENTRE 5(&+(5&+()250$7,21(735$7,48(«18 PREMIER CHAPITRE - LA PROBLÉMATIQUE.««««««««««««..20
1. 48¶EST-&( 48¶81 (1)$17 628))5$17 '( 685&+$5*( 321'e5$/( ? «««««««««««««««««««««««««««««««23 14X¶HVW-FHTX¶XQHQIDQW ?...23
4X¶HVW-ce qXHO¶pWDWGe surcharge pondérale ?...24
4XHYLWO¶HQIDQWHQpWDWGHVXUFKDUJHSRQGpUDOH ?...««««««««27
2. COMMENT CELA ARRIVE-T-IL ?...30
DEUXIÈME CHAPITRE - LE CADRE CONCEPTUEL««««««...««37
1. LE « MANGER PLUS QUE SES BESOINS ª««««««««««««««. 37 2.1 Manger sans IDLP««««...38
2.2 Manger au-delà de sa faiP«««««««««««««««««««.43 2. LE CONTE ET LE CONTEUR««««««««««««.««««««««..47
2.1 4X¶HVW-ce que le conte oral de tradition populaire ?...48
2.2 Comment procède-t-il ?...50
2.3 Quelle est la part du conteur ?««««««««««..««««««««...54
/¶$872120,($/,0(17$,5(««««««««««««««««««« 4. QUESTIONS ET OBJECTIFS««««..«««««««««««««««..59
6
TROISIÈME CHAPITRE - LA MÉTHODOLOGIE ««««««««««.«61 1. LA RECHERCHE-ACTION, UN TRIPTYQUE QUI 6¶,0326(««««««.«61 6&e1$5,2'(/¶e78'(.««««««««««««««««««««««66
2.1 La première boucle««««««««««...«««««««««««««68 2.2 Les boucles suivantes de la spirale«««««...««««««««««««.70 /(6$&7(856'(/¶e78'(«««««««.«««««««««««««..71
3.1 Les deux enfants««««««««««««««««««..««««««..71 3.2 Les parents GHVGHX[HQIDQWV«««««««««««««««..««««...73 3.3 Les contes«««««««««««««««««««««««..«««....74 3.4 Le conteur«««««««««««««««««««««««..««««78 3.5 La chercheure, son statut, une posture en émergence«««««««..«««.79 4. LES DONNÉES««««««««««««««««.««««««««««81 5. LA 'e0$5&+('¶$1$/<6(««««««««««««««««««««.84 5.1 La mise en forme des données RXODFRGLILFDWLRQ«««««««...«««.85 5.2 Les vignettes interprétatives RXODFDWpJRULVDWLRQ««««««««..««.«86 5.3 La mise en UHODWLRQ««««««««««««««««««««...««.«87 /¶LQWpJUDWLRQODPRGpOLVDWLRQHWODWKpRULVDWLRQ««««««««.««..««
QUATRIÈME CHAPITRE ± LA PRÉSENTATION DES RÉSULTATS «««.90 1. IL ÉTAIT UNE FOIS ELIOT«««««««««««««««««««««..90 2. IL ÉTAIT UNE FOIS CLÉMENTINE«««««««««««««««««..151
CINQUIEME CHAPITRE ± /¶INTERPRÉTATION ET LA DISCUSSION...« 1. LES DEUX CAS EN ÉCHO«««««««««««««««««««««187 2. NOS « DONNER À ª«'e&2895,5««««««««««««««««..205
CONCLUSION«««««««««««««««««««««««««««212
REFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ««««««««««««««««
ANNEXE A - LES COURBES DE CORPULENCE FILLES ET GARÇONS«.233 ANNEXE B - /(6'e3/,$176'¶$1121&('(66e$1&(6««««««.235 ANNEXE C - LA LISTE DES CONTES CHOISIS ET CONTÉS««««««238 ANNEXE D - LA LOUCHE DE BABA GHANNOUJ«««««««««««.239 ANNEXE E - LES DESSINS DE CLÉMENTINE«««««««««««««247 ANNEXE F - LA /(775( '¶,1)250$7,21 ET FORMULAIRE DE CONSENTEMENT«««««««««««««««««««««««««..252 ANNEXE G - SCHÉMA DE RÉFLEXION ET DE PRÉSENTATION LORS DE 0$6287(1$1&(«««««««««««««««««««««««««
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DÉDICACES
Je dédie ce moment et cette thèse à mon père qui vient de disparaître. La longue maladie dont il était atteint avait entravé ses capacités cognitives&HPDOLQGLFLEOHTXLO¶DIIectait P¶D SHUPLV GH UpDOLVHU OH bonheur de pouvoir poursuivre cette recherche et O¶HQULFKLVVHPHQW intellectuel qui en découle.
Je souhaite également dédier ce travail à tous les enfants porteurs ou en grand risque de surcharge pondérale et à leurs parents.
REMERCIEMENTS
Mes remerciements vont particulièrement à Madame le Professeure Hélène Larouche dont l'accueil, le soutien permanent et l'exigence toujours bienveillante m'ont portée dans mes efforts.
Je tiens également à remercier Monsieur le Professeur Renaud Hétier dont l'exigence et O¶esprit analytique ont toujours stimulé et aiguisé ma recherche. Chacun, vous m'avez interpellée et soutenue dans ce processus.
Merci aussi à Monsieur le Professeur Bertrand Bergier dont les images et métaphores dans ses enseignements m'ont touchée dans ma structure et mon mode de pensée.
Merci à Monsieur le Professeur Frédéric Saussez et à Madame le Professeure Guadelupe Puentes-Neuman qui m'ont fait l'honneur d'évaluer ce travail.
Merci à Clémentine, Eliot et leurs parents ;; à Michel Lefèvre, le conteur qui m'a fait l'honneur de participer activement dans la réalisation de l'étude ;; à Anne Legal, directrice de la maison de quartier à l'époque qui a accueilli l'étude avec tant de sollicitude. Rien Q¶DXUDLWpWpSRVVLEOHVDQVHX[
Merci j %pDWULFH *XLOOHPDUG SV\FKRORJXH TXL P¶D DFFXHLOOLH HW pFODLUpH GDQV PD réflexion analytique.
Des remerciements particuliers vont également à deux êtres chers qui m'ont accompagné sur ce chemin : à Romain, mon fils, à qui j'ai si souvent conté des histoires et sans qui je n'aurais sans doute pas réalisé cette recherche. À Éric, mon compagnon, qui m'a fait l'honneur de sa relecture avec son regard de confrère et qui a souvent activé sa baguette magique pour m'aider à me concentrer particulièrement dans la dernière ligne droite.
Enfin, je tiens à remercier mes patientes et mes patients qui ont leur part dans ces découvertes et qui sont les premiers récipiendaires de ce travail.
10 /¶DPELWLRQG¶XQHYUDLHUHFKHUFKHHVWG¶RXYULUODYRLHjGHVTXHVWLRQVQRXYHOOHV Henry Corbin
"Il était une fois... " La magie commence. Les yeux s'emplissent d'étoiles, les oreilles s'ouvrent et le coeur aussi. Jacqueline Kelen Une robe de la couleur du temps.
INTRODUCTION
L¶REMHW de notre UHFKHUFKH FRQFHUQH O¶DFTXLVLWLRQ GH O¶DXWRQRPLH DOLPHQWDLUH TXHQRXVSRXUULRQVDSSHOHUDXVVLFDSDFLWpG¶DXWRUpJXODWLRQDOLPHQWDLUHGHVHQIDQWVSUp pubères, plus volontiers de moins de 11 ans, présentant des difficultés avec leur silhouette et leur poids dDQVOHVHQVG¶XQH[FqVQRPPpVXUcharge pondérale1.
/¶HQUDFLQHPHQWGHFHSURMHWGHFRPSUpKHQVLRQHWG¶H[SORUDWLRQG¶XQe nouvelle perspective pour cette problématique GHO¶état de surcharge pondérale dans notre société G¶DXMRXUG¶KXLV¶LQVWDOOHau premier plan dans les missions du médecin nutritionniste que je2 suis. Au départ, mes orientations professionnelles se sont construites sur la recherche du sens, de la connaissance GH O¶humain HW G¶XQ VDYRLU-faire. Sur un autre plan, ma constitution de femme a FRQGXLWODPqUHTXHMHVXLVGHYHQXHjFRQWHUWDQWG¶KLVWRLUHVj PRQ HQIDQW SRXU O¶pYHLOOHU O¶pOHYHU OXL WUDQVPHWWUH &H GHUQLHU D FKDQJp OD YLH HW O¶DSSURFKH GX MHXQH PpGHFLQ TXH M¶pWDLV WDQW SDU FH YpFX TXH SDU OD FDSDFLWp j FRPSUHQGUHG¶DXWUHVPqUHVTXLPHFRQVXOWDLHQWLQTXLqWHVSRXUOHXUSHWLW$XMRXUG¶KXL ma démarche doctorale concilie et pérennise de nouveau, mon besoin G¶DSSURIRQGLVVHPHQWHWPDFRQWULEXWLRQDXPRQGH.
Concernant ma pratique professionnelle actuelle de médecin nutritionniste qui fait appel à plusieurs disciplines comme la médecine, OD SV\FKRORJLH O¶pGXFDWLRQ OD pédagogie, la philosophie, la communauté reconnaît la multifactorialité. Dans le cadre de mon exercice avec les adultes, la psychopathologie, l¶REVHUYDWLRQ GHV FRQWH[WHV de
1 Au moment où nous écrivons ces lignes, au regard des documents récents émanant du Ministère Français
&KDUJpGHOD6DQWpSDUFHTX¶LQWHUQDWLRQDOHPHQWXWLOLVpOHWHUPHGHVXUSRLGV est de nouveau employé pour désigner tous les indices de masse corporelle au delà du 97ème centile de la courbe de corpulence des
JDUoRQV HW GHV ILOOHV GH j DQV ,O UHPSODFH OH WHUPH G¶REpVLWp GH GHJUp DQFLHQQHPHQW QRPPp surpoids et de degré deux. Pour notre part, pour éviter toute confusion, nous allons employer le vocable
surcharge pondérale en écho avec le rapport suivant
http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=6859 qui englobe les deux termes surpoids et obésité que nous définirons au chapitre de la problématique.
2 1RXVDYRQVFKRLVLGHSUpVHQWHUQRWUHLQWURGXFWLRQjODSUHPLqUHSHUVRQQHDILQG¶H[SULPHUO¶LQWHQVLWpGH
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vie dans ma quête de compréhension de la surcharge pondérale, me permettent d¶DSSUpKHQGHU toute la complexité du sujet et des interactions en jeu. De plus en plus G¶HQIDQWVHQsituation de surcharge pondérale arrivent à ma consultation avec leur mère le plus souvent, et je me sens quelque peu démunie. $YDQW G¶HQWUHSUHQGUH FHWWH UHFKHUFKHM¶XWLOLVDLVquelques RXWLOVG¶pYHLOjODFRQVFLHQFHGHVVHQVDWLRQVRXPHVVDJHV sensoriels du corps comme la dégustation, mais cela ne me donnait pas le savoir-faire dans la singularité de chaque enfant. Je me suis confrontée dans ces rencontres avec les enfantsjG¶DXWUHVSUREOpPDWLTXHVet relations alimentaires que les leurs. En effet, celles que leurs parents entretiennent DYHFO¶DOLPHQWODQRXUULWXUH en général, leur propre corps, les autres nourritures de la vie, sont à considérer dans notre approche. Je me suis dit que FHSHWLWG¶KRPPHptait loin de pouvoir tenir dans ses mains toutes les cartes du jeu de sa YLHPrPH jSDUWLUGXMRXURVHVSDUHQWV O¶DPqQHQW FKHz le médecin nutritionniste qui WHQWH GH O¶pYHLOOHU j VRQ FRUSV j VHV VHQVDWLRQV SK\VLTXHV GH IDLP j VHV VHQVDWLRQV ROIDFWLYHVHWJXVWDWLYHV&HWpYHLOSDUO¶H[SpULHQFHHVWQpFHVVDLUHFHUWHVEn revanche, la compréhension du vécu organique et son respect ainsi que la construction de O¶image corporelle me sont apparuHVUHOHYHUG¶XQ long et complexe processus. Mon rôle dans ce domaine est aussi d¶pYLWHUGH stigmatiser DILQGHGRQQHUjO¶HQIDQWFRQVXOWDQWFRQILDQFH dans ses propres ressources. Je supposais aussi TXHWDQWTXHO¶HQIDQWQ¶DYDLWSDVIDLWVRQ bout de chemin hors de la sphère familiale, LOVHUDLWHPSUHLQWG¶HOOHHWGRQFGHVDUHODWLRQ à la nourriture. &¶HVWDLQVLTXHP¶HVWYHQXHO¶LGpHGXFRQWHcomme une intuition. '¶XQH part, ma formation en hypnose ericksonnienne, ma pratique des allégories et des métaphores tout au long de mon expérience de thérapeute HWG¶DXWUHSDUW, O¶pFULWXUHG¶XQ SHWLW UpFLW ORUV G¶XQ YR\DJH DXTXHO MH PH VXLV VXUSULVH un an après à en avoir été O¶KpURwQH, P¶RQWSHUPLVG¶entrevoir WRXWHODSXLVVDQFHFUpDWLYHGHO¶LPDJLQDLUH
Par la compréhension de cette surcharge pondérale ou ce volume corporel augmenté, PRQSURMHWYLVHjSURSRVHUOHFRQWHRUDOGHWUDGLWLRQSRSXODLUHSDUO¶HVSDFHGH projection TX¶LORIIre HW ODYRLHGHO¶LPDJLQDLUH TX¶LO ouvreGDQVO¶pYHLOjO¶DXWRQRPLH des ressentis dès le plus jeune âge. Je souhaite TX¶HOOH soit respectée même valorisée
pour l¶DSSURFKHU DX SOXV SUqV GH son homéostasie3 dont la problématique, nous le verrons plus loin, fera état de difficultés non seulement physiques et psychologiques mais aussi sociales.
$YDQWG¶H[SORUHUOa problématique de la surcharge pondérale, devenue fléau de santé publique dans nos pays industrialisés et qualifiée en 2003 d'épidémie par O¶2UJDQLVDWLRQPondiale de la Santé (OMS)4 touchant même les populations de pays en voie de développement, justifions les pertinences sociales, scientifiques et professionnelles de notre entreprise qui V¶LQVFULW GDQV OD WKpPDWLTXH GX doctorat en éducation.
Cependant, de suite, mettons en garde le lecteur G¶XQH SDUW au sujet de ma posture de PpGHFLQSUDWLFLHQHQUHFKHUFKHG¶DXWUHSDUWVXUFHTXHODWKqVH est et Q¶HVW pas. En effet, cette posture est celle de la praticienne sortie de son cabinet médical pour UHQFRQWUHUGDQVXQOLHXSXEOLFOHV\VWqPHIDPLOLDOjO¶pSUHXYHGXGLVSRVLWLIFRnte oral de tradition populaire-conteur. Au regard de cette thèse moins démonstrative TX¶H[SORUDWRLUH Pa posture a aussi consisté à observer et analyser les mises en mouvement des protagonistes et particulièrement des enfants concernés par cette problématique TXHM¶DLFKRLVLHVGHSUpVHQWHUjODILQGHFHWpFULW dans les « donner à ». Problématique qui, rappelons-le, vient de la communauté. ,O V¶DJLW GRQF ELHQ G¶XQH UHFKHUFKH DQFUpH GDQV XQH SUREOpPDWLTXH VRFLDOH TXL V¶LQVFULW GDQV OD OLJQpH GH OD recherche-action.
3 Terme initialement élaboré et défini par le Professeur Claude Bernard, 1813-1878, médecin et
physiologiste français comme le maintien constant des paramètres physico-chimiques (glycémie, taux de VHOLPSOLTXpGDQVO¶pTXLOLEUHK\GUR-pOpFWURO\WLTXHHWO¶pTXLOLEUHDFLGR-EDVLTXHGHO¶RUJDQLVPHSDUGLYHUV actes et orientations. Cannon, 1871- SK\VLRORJLVWH DPpULFDLQ O¶H[SOLTXH SDU O¶pTXLOLEUH G\QDPLTXH TXLQRXVPDLQWLHQWHQYLH$SSDUXHG¶DERUGHQELRORJLHLODSSDUDvWTXHFHWWHQRWLRQDLWpWpGHSXLVLQWpJUpH jWRXWHIRUPHG¶RUJDQLVPHDSSHOpDXVVLV\VWqPH.
4 6DQVHQWUHUGDQVODGLVFXVVLRQGXWHUPHG¶pSLGpPLHFKRLVLSDUO¶206SRXUTXDOLILHUO¶DXJPHQWDWLRQGX
QRPEUH GH SHUVRQQHV DWWHLQWHV GH VXUSRLGV LO DSSDUDvW TX¶HOOH D GpVLJQp O¶REpVLWp GRQW /¶,0& DWWHLQW HW dépasse le chiffre 30 comme maladie chronique considérée comme un important facteur de risque de maladie chronique non transmissible comme les maladies cardio-vasculaires, le diabète, des maladies musculo-VTXHOHWWLTXHFRPPHO¶DUWKURVHHWFHUWDLQVFDQFHUV
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1. PERTINENCES 1.1 Pertinences sociales
La justification sociale de notre recherche apparaît à nos yeux, au premier plan. /KLVWRLUHPRQWUHTXHO¶LQWpUrWSRUWpDXFRUSVJURVou volumineux oscille dans le temps et diffqUHG¶XQHFXOWXUHjXQHDXWUH. En effet, dans nos sociétés occidentales, depuis une FLQTXDQWDLQHG¶DQQpHs, avoir un corps gros ou volumineux est mal vu et altère sa qualité de vie mais F¶HVWaussi entamer son espérance de vie5. De nos jours, jO¶kJHDGXlte, avoir un corps mince permet de mieux réussir sa vie sociale, professionnelle et affective. Gortmaker, Must, Perrin, Sobol, et Dietz notaient déjà en 1993 les conséquences sociales et psychosociales suivantes : des jeunes filles obèses avaient un nombre G¶DQQpHV G¶pWXGHs et un salaire moindres, faisaient des mariages « descendants »6 ou étaient moins mariées que leurs semblables minces. ConcerQDQWOHVJDUoRQVGHO¶pWXGH ils étaient aussi moins frpTXHPPHQW PDULpV /¶DFFqV j O¶HPSORL et les promotions professionnelles étaient plus difficiles. L¶DXJPHQWDWLRQGHYROXPHGXFRUSV devient donc XQ QRXYHDX IDFWHXU G¶LQpJDOLWp GH VDQWp VRFLDOH Du côté de la famille, être en état de minceur est aussi important. Très tôt, les enfants trop gros, trop grands ou trop petits VRQW PDO SHUoXV PrPH HQ VRQ VHLQ /HV PRTXHULHV FRPPHQFHQW GDQV O¶HQIDQFH HQWUH IUqUHVHWV°XUVTXDQGHOOHVQHYLHQQHQWSDVG¶XQSDUHQt. Elles peuvent même persister à O¶kJHDGXOWH G¶RODQpFHVVLWpG¶LQWHUYHQLUW{W.
La famille a, par ailleurs, beaucoup évolué, dans ses fonctionnements, ses routines aussi et leurs disparitions peuvent influencer la surcharge pondérale (Anderson, 2010). Le temps passé à table en famille est de plus en plus court et à ce titre, la demande du bien-être ensemble, de la convivialité pour tous les acteurs de ce repas est forte. Les parents ne souhaitent plus passer pour des professeurs ou des gendarmes. Les
5 1RWUHUpIOH[LRQV¶DSSXLHVXUODFRPPXQLFDWLRQ GHSUHVVHGHO¶206VXLYDQWH :
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/pr84/fr/
enfants rejettent aussi ces rôles (De Singly, 2009 /¶LQGLYLGXDOLVDWLRQ GH O¶KRPPH contemporain, semble impliquer une individualisation des temps et des activités (Haroche, 2008). Pour que la famille puisse continuer à être le siège des transmissions, De Singly explique dans une interview TX¶elle devra « trouver G¶DXWUHV PRPHQWV communs ³FRRO´ à côté » (Savigneau, 2010). Compte tenu de cette évolution, la mise en place de moments privilégiés en famille, comme O¶KHXUH GX FRQWH QRXV SDUDLW contributive au maintien des relations familiales et de leur évolution. La famille pourrait ainsi puiser aux mêmes sources, dans le même lieu et le même temps.
1.2 Pertinences scientifiques
/HV SHUWLQHQFHV VFLHQWLILTXHV GH QRWUH SURMHW WURXYHQW j V¶H[SUimer dans de nombreux champs comme la psychologie, la psychanalyse, les sciences cognitives, O¶pGXFDWLRQ OHV VFLHQFHV VRFLDOHV OD PpGHFLQH O¶DQWKURSRORJLH HW O¶KLVWRLUH qui se croisent dans la question de la surcharge pondérale. Sur un autre plan, en tant que médecin, nous sommes interpellée par la surmédicalisation de cette maladie et la médicalisation GH O¶DOLPHQWDWLRQ (Q HIIHW OD PpGLFDOLVDWLRQ GH FH SUREOqPH TXL V¶appuie sur les liens statistiques entre obésité et morbidité, et surtout entre obésité et mortalité, risque et même fait basculer la lutte contre la surcharge pondérale vers une lutte TXL Q¶D SDV GH UpHOOH PRWLYDWLRQ GH VDQWp. $XMRXUG¶KXL Qe confond-on pas préoccupation esthétique et risque de maladie et même scientificité et intérêts financiers "/¶DQJRLVVHGHGHYHQLUREqVHPrPHORUVTXHTXHO¶RQHVWGHSRLGVPR\HQRX mince est si forte que se déclenchent des troubles du comportement alimentaire par restriction, elle-même née de la discrimination et de la stigmatisation de certains aliments. Ainsi, cette restriction dite cognitive7 ouvre la voie à la prise de poids. La surmédicalisation du surpoids et dHO¶REpVLWp participe à la légitimation du phénomène de
7 La restriction cognitive est une alternance de deux états de périodicité variable. Le premier état consiste
en un contrôle au cours duquel le sujet inhibe des sensations alimentaires et maîtrise son comportement DOLPHQWDLUHMXVTX¶jFHTX¶LOHQGHYLHQQHLQYRORQWDLUH/HVHFRQGHVWXQpWDWGH désinhibition donc de perte de contrôle et donnant lieu à des accès hyperphagiques, des compulsions voire des crises boulimiques.
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stigmatisation sociale. Nous constatons par là que cette maladie sert aussi bien les causes louables en médecine, en psychologie clinique et en recherche, que celles du commerce et GH O¶LQGXVWULH FRPPH SDU H[HPSOH FHOOH GX PpGLFDPHQW GH OD PRGH GH O¶DJUR- DOLPHQWDWLRQYRLUHGHO¶LQIRUPDWLRQGRQWOHVLQWpUrWVGLYHUJHQWDXUHJDUG des populations FRQFHUQpHVTXLQ¶pFRXWHQWSDVou sont détournées des indicaWHXUVTX¶Hlles ont en elles.
Soulignons aussi que la médicalisation ne règle pas la question des facteurs contextuels
notamment ceux des affects partagés en famille.
Concernant la PpGLFDOLVDWLRQGHO¶DOLPHQWDWLRQelle a initialement été observée pour éviter les carences vitaminiques, notamment au travers des apports quotidiens recommandés (AQR) chiffrés alors que ces besoins sont fonction de nos propres besoins en lien avec notre propre métabolisme basal. Nos propres besoins sont modifiés selon SDU H[HPSOH O¶kJH OH VWDWXW FRPPH FHOXL GH JURVVHVVH RX GH FURLVVDQFH RX HQFRUH GH dépenses accrues pour métaboliser médicaments, tabac, toxiques ou lors G¶DFWLYLWpV physiques intenses. Ils sont vuV DXMRXUG¶KXL VRXV O¶DQJOH GH OD IRUPH HW GHV PDODGLHV notamment dégénératives comme le cancer. En effet, des centres de recherche en nutrition humaine ouverts depuis SOXVG¶XQHYLQJWDLQHG¶DQQpHVGpYRLOHQWOHVHIIHWVGHV lipides de la série oméga trois, des antioxydants et des fibres contenus dans les aliments. Mais, régulièrement, les patients SDUOHQW GH FH TX¶LOV PDQJHQW HQ Ges termes scientifiques, comme « M¶DLPDQJpdes protéines au petit-déjeuner » ou bien « M¶DLPDQJp des oméga trois » sans en indiquer la nature ou la provenance et surtout sans écouter leur besoin alimentaire intrinsèque que leur corps exprime. Les médias qualifient ces aliments de « bons et sains ». Certains médecins titrent leurs livres avec ces mêmes intitulés. Ces « savoirs de connaissance nutritionnelle » nous renseignent certes mais sous-entendent aXVVLTX¶LOH[LVWHjO¶RSSRVpdes aliments qui ne sont « pas bons et pas sains », lesquels font partie du paysage alimentaire de tout un chacun. Ces aliments non qualifiés « bons et sains » sont ainsi écartés mais attirent dès leur exposition puisque présents et parfois plébiscités dans les médias télévisuels. Ainsi, qualifier tels ou tels aliments conduit à les discriminer et à les stigmatiser entre eux ce qui engendre dans la
population des troubles du comportement alimentaire au détriment de la rencontre avec leur corps physique et émotionnel.
Par ailleurs, la littérature sur le conte et ses pratiques apparaissenWDXMRXUG¶KXL DX FHQWUH G¶XQ UHJDLQ G¶LQWérêt scientifique notamment dans le domaine de la psychopathologie et Monzani (2005, p. 593-594) nous signifie dans sa revue de littérature « TXH OH FRQWH >«@ GRLW rWUH FRQVLGpUp FRPPH XQ PR\HQ thérapeutique particulièrement indiqué pour traiter les pathologies de la (post-) modernité » TX¶LOPHW en lien avec des failles de la symbolisation que nous développerons dans le cadre conceptuel. La littérature orale se présente donc à nous comme un nouveau champ scientifique pour cette question. Nous entrevoyons par ce travail un enrichissement de la connaissance au sens large, pour chacun des champs épistémologiques qui se retrouvent dans cette problématique.
1.3 Pertinences professionnelles
Quant à la pertinence professionnelle à entreprendre cette étude auprès G¶HQIDQWVQRQSXEqUHVTXLQHFRPSUHQQHQWSDVELHQFHTXLOHXUDUULYHPrPHV¶LOVVRQWGH plus en plus sensibilisés à leur silhouette, au poids et aux aliments, elle V¶LQVFULW DX premier chef dans la multitude des causes répertoriées et intriquées chez un même patient sollicitant ainsi de nombreux professionnels. $XMRXUG¶KXL, aucun enseignement nous apparaît suffisamment éclectique de cette problématique en expansion. De plus, les limites des traitements et GHO¶pGXFDWLRQjODVDQWpGHYDQWFHWWHpSLGpPLHQRXVLQYLWHQWj proposer de nouvelles approches et perspectives. Le conte, dans sa capacité de médiation, se présente ainsi comme une autre voie loin de tout discours rationnel dispensé dans le circuit éducatif habituel (Bettelheim, 1976 ;; Paulme, 1986) et apporte une diversification des lieux G¶pGXFDWLRQHWGHWKpUDSLH.
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Enfin, les nouvelles PRGDOLWpV G¶rWUH et de vivre ensemble DXMRXUG¶KXL, notamment au sein de la famille, la réduction des besoins quantitatifs du fait de la mécanisation et de la température dans les habitations et les messages médiatiques UpFHQWVGDQVO¶KLVWRLUHGe l¶Kumanité, ne conduisent-il pas à confondre savoir et savoir- faire, savoir nutritionnel et savoir se comporter ? 'HPrPHVXULQIRUPHUQ¶DXUDLW-il pas SRXUFRQVpTXHQFHGHGpWRXUQHUGHGpSRVVpGHUYRLUHG¶XVXUSHUOHU{OHpGXFDWLISDUHQWDO RXGHO¶HQWRXUDJHPDWHUQDQW ? Il nous est apparu opportun de sensibiliser et former les jeunes et futurs parents ainsi que tout le personnel de la petite enfance comme les assistantes maternelles, infirmières, puéricultrices et sages-IHPPHV j O¶pGXFDWLRQ alimentaire tant nutritionnelle que comportementale. D¶DXWUHVSURIHVVLRQQHOVFRQFHUQpV et avertis comme les conteurs pourraient aussi accompagner cette tâche éducative.
2 /¶,17(55(/$7,21 (175( /$ 5(&+(5&+( /$ )250$7,21 (7 /$ PRATIQUE
En qualité de médecin praticien qui intervient quotidiennement sur cette problématique émergente et croissante et en tant que professionnelle TXL Q¶D FHVVp GH chercher à comprendre et de se former, la thématique de ce doctorat nous parle bien. 1RWUH TXrWH G¶DSSURIRQGLVVHPHQW HW OH GpVLU G¶DSSUpKHQGHU OH VXMHW SDU G¶DXWUHV YRLHV WRXWHQODLVVDQWFKDFXQVHVDLVLUGHFHTX¶LOSHXWHWYHXW, ont été nos motivations.
Partant de notre pratique, procéder à une recherche sur les apports du conte oral de tradition populaire dans cette problématique de O¶HQIDQW, nous paraît particulièrement enrichissant pour ces deux champs épistémologiques que sont la médecine HWO¶pGXFDWLRQ en leur permettant de se croiser. '¶XQ F{Wp Oes acteurs de la santé se sensibilisent à O¶pGXFDWLRQ HW GH O¶DXWUH, O¶pGXFDWLRQ V¶pYHLOOH j XQH QRXYHOOH GLPHQVLRQ O¶pGXFDWLRQ alimentaire. 'HSOXVjO¶KHure de la pluridisciplinarité, dont le but est la santé physique, psychologique et sociale de nos futurs enfants, les hommes et les femmes de demain, notre entreprise vise le rapprochement et la convergence des compétences de ces deux champs. En effet, ces deux champs sont à notre sens particulièrement concernés voire
intimement liés dans les visées éducatives et même préventives, rééducatives du trouble du comportement alimentaire et éducatives thérapeutiques. '¶DLOOHXUV Fette notion de O¶pGXFDWLRQWKpUDSHXWLTXH FRUUHVSRQGDXFRQFHSWTXHO¶2MS a défini dès 1996, dans le EXWG¶DLGHUles patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique HWpYLWHUTX¶HOOHQHV¶DJJUDYHCeci nous permet d¶DSSUpFLHUFHWULSOHUHJDUGet d¶HQH[SORUHUtoutes les directions possibles. (Q HIIHW O¶H[SORUDWLRQ GH FHWWH QRXYHOOH DSSURFKH GqV OH SOXV MHXQH kJH pour de tels enfants autour du conte oral, pourrait se faire dans de nouveaux lieux comme une PpGLDWKqTXH XQH ELEOLRWKqTXH GH TXDUWLHU RX PrPH j O¶pFROH FH TXL j QRWUH VHQV FRQWULEXHUDLWjOLPLWHUVWLJPDWLVDWLRQHWGLVFULPLQDWLRQ$XMRXUG¶KXLGpMjSRXvons-nous compter avec de possibles collaborations pour rapprocher différents acteurs comme les intervenants socio-éducatifs dans des ludothèques et médiathèques. Peut-être les enseignantes et enseignants, éducatrices et éducateurs déjà en place autour des enfants SRXUUDLHQW EpQpILFLHU GH IRUPDWLRQV DILQ G¶HQULFKLU OHXU DSSURFKH FHUWHV GpMj FRQVpTXHQWH/¶RXYHUWXUHG¶DXWUHVOLHX[TXHOHFDELQHt médical pour aborder ce sujet et OD FRQWULEXWLRQ G¶DXWUHV SURIHVVLRQQHOV DSSRUWHUDLHQW XQH YLVLRQ QRYDWULFH HW pOargie du champ ainsi que GHV G\QDPLTXHV G¶DFWLRQ VXU FHWWH SUREOpPDWLTXH GH QRWUH PRQGH contemporain. 0RQGHTXLQ¶RIIUHSOXVOHPrPHFDGUHQLOHVPrPHVSUpURJDWLYHVGHYLH $LQVLjSDUWLUG¶XQHWHOOHLQLWLative, les acteurs formés pourraient, à leur tour, par leurs réflexions, compréhensions, concertations, proroger et faire évoluer cette pratique.
Dans les chapitres suivants, nous allons explorer successivement la problématique, le cadre conceptuel puis mettre à plat la méthodologie prévue pour notre étude et terminerons par O¶DQDO\VHHW O¶LQWHUSUpWDWLRQGHVGRQQpHV recueillies.
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PREMIER CHAPITRE : LA PROBLÉMATIQUE
'DQVFHSUHPLHUFKDSLWUHQRXVDYRQVFKRLVLG¶H[aminer la problématique de la surcharge pondérale selon deux parties. La première FRQFHUQHODGpILQLWLRQGHO¶pWDWGe surcharge pondérale. La seconde appréhende son mécanisme de survenue et un état de la situation.
-XVTX¶DXPLOLHXGX;;qPHVLqFOHGDQVQRVFRQWUpHVHWHQFRUHGHQRVMRXUVGDQV certains esprits et milieux, avoir un corps imSRVDQW DYRLU GH O¶HPERQSRLQW © faire le poids », étaient signes de richesse, de prospérité et de puissance, de réussite sociale et professionnelle mais aussi de bonne santé, de beauté comme en témoignaient la Vénus callipyge, les peintures de Rubens, Renoir et plus récemment les figures cinématographiques féminines de Fellini, ou les sculptures de Niki de Saint Phalle et de %RWHUR &¶pWDLW DLQVL XQH YLFWRLUH VXU OD SDXYUHWp OD IDPLQH OD PDODGLH RX OD PRUW 0DQJHUDYDLWXQVHQVYLWDO0DLVHQPRLQVG¶XQHFLQTXDQWDLQHG¶DQQpHVQRXVDVVLVWRQV à un changement radical de la perception du corps. En effet, dans les sociétés RFFLGHQWDOHVG¶DXMRXUG¶KXL F¶HVWODPLQFHXUFRUSRUHOOHTXLHVWYDORULVpHDGXOpH, désirée8 et TXLSHUPHWG¶DFFpGHUjODUpXVVLWHVRFLDOHHWSHUVRQQHOOH/H%DU]LFHW3RXLOORQ /HVPRGqOHVVRFLDX[VRQWPRGLILpV/HPLQFHDFRPPHQFpjV¶DIILFKHUGans le monde vers les années 65-70 avec la montée de la publicité télévisuelle et le baby-boum (Sirinelli, 2003). Les enfants de ce dernier devenus adolescents arborant de beaux corps (Travaillot et Haissat, 2007) ont offert un coup de jeunesse à la société (Vigarello,
8 8Q SDUDGR[H VH IDLW MRXU FHOXL GH O¶LPDJH GX GpVLUDEOH (Q HIIHW XQH IHPPH ELHQ HQ FKDLU GDQV OHV
pSRTXHVRO¶RQQHPDQJHDLWSDVWRXMRXUVjVDIDLPpWDLWXQVLJQHGHULFKHVVH$XMRXUG¶KXLRJURVVLUHVW XQULVTXHSHUPDQHQWF¶HVWrWUHXQHIHPPHPLQFHTXLHVWGHYHQXXQVLJQHGHULFKHVVH
2004). La société était à cette époque et de par le monde, en pleine révolution nommée en France révolution « soixanthuitarde ». Pourrions-nous voir dans cette ostentation des personnes en surcharge pondérale, un besoin de visibilité que la démocratie a permis G¶LQVWDOOHUGu fait PrPHTX¶HOOHVVRQW regardées avec une « égale inattention » (Haroche, 2008) ? Y a-t-il un lien entre ce besoin de visibilité et le culte des apparences ? De son côté, Poulain (2007, p. 121) pense que « la valorisation G¶XQHHVWKpWLTXHFRUSRUHOOHGH minceur est concomitante de la prise de conscience tiers-mondiste et de la critique du capitalisme ». Néanmoins, de nos jours, adultes et enfants se placent devant les angoisses du trop gros et de la minceur corporelle recherchée par tous les moyens.
Paradoxalement, sous ce vent de minceur, nous assistons, à une augmentation de la prévalence de la surcharge pondérale donc du surpoids et de O¶REpVLWp GDQV OH monde. La prévalence qui représente la mesure de l'état de santé d'une population à un instant donné, exprime le nombre de cas de maladies présents dans une population. Cette VLWXDWLRQ DSSDUDvW DXMRXUG¶KXL FRPPH XQ IOpDX GH VDQWp SXEOLTXH (OOH a été déclarée épidémie mondiale en 2003, par O¶2UJDQLVDWLRQPRQGLDOe de la santé (OMS). Selon cette dernière, 1,4 PLOOLDUG G¶LQGLYLGXV de plus de 20 ans présentent un surpoids dont 500 PLOOLRQV G¶REqVHV FRPSDUDWLYHPHQW j SOXV PLOOLRQV VRXIIUant de sous-nutrition (OMS, 2014). Un revers de médaille au projet GH O¶pUDGLFation de la faim dans notre monde où les dénutris, les malnutris, les sous-nutris sont encore si nombreux9. Cette question touche la plupart des pays industrialisés et gagne maintenant les pays en voie de développement. Environ 40 PLOOLRQV G¶HQIDQWV GH PRLns de cinq ans étaient en surcharge pondérale en 2012 dont 35 millions issus des pays en voie de développement
9 /HV FKLIIUHV GH FHWWH UpSDUWLWLRQ HQ F{WRLHQW FHSHQGDQW G¶DXWUHV DSSRUWpV SDU O¶,QVtitut international de
recherche sur les politiques alimentaires qui a publié le 13 octobre 2014 un état des lieux de la faim dans OHPRQGH&HWWHSXEOLFDWLRQIDLWpWDWGHSOXVGHGHX[PLOOLDUGVGHSHUVRQQHVGDQVOHPRQGHVRXIIUDQWG¶XQH « faim invisible ». La faim invisible ou carence en microQXWULPHQWV Q¶HPSrFKH SDV GH VXUYLYUH et de participer activement à la société mais elle a des conséquences à long terme sur la santé et le GpYHORSSHPHQW /D FDXVH UHWHQXH SDU O¶,QVWLWXW HVW FHOOH GDQV OHV SD\V HQ YRLH de développement de O¶DEDQGRQGHVPRGHVDOLPHQWDLUHVWUDGLWLRQQHOVDXSURILWG¶DOLPHQWVHWERLVVRQVWUDQVIRUPpVjIRUWHGHQVLWp FDORULTXHPDLVSDXYUHVHQPLFURQXWULPHQWVHQWUDvQDQWGHVPDODGLHVFKURQLTXHVG¶RULJLQHDOLPHQWDLUHGRQW la surcharge pondérale. Cet Institut basé aux États-8QLVpWDEOLWFKDTXHDQQpHO¶LQGLFHPHVXUDQWOHQLYHDX de la faim à partir des données de mortalité infDQWLOHHWG¶insuffisance pondérale des enfants de moins de cinq ans. http://www.ifpri.org/node/10315.
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où se côtoient des persRQQHV HQ VLWXDWLRQ G¶LQVXIILVDQFH SRQGpUDOH HW GH VXUFKDUJH pondérale. De plus, 65% de la population mondiale habitent dans des pays où le surpoids HWO¶REpVLWpWXHQWSOXVGHJHQVTXHO¶LQVXIILVDQFHSRQGpUDOH. Les conséquences de cette pathologie sont nombreuses tant sur les plans économiques, médicaux que sociaux et ont invité à mettre en place des stratégies préventives GqVO¶HQIDQFHSXLVTXHSOXVGHODPRLWLp GHVHQIDQWVREqVHVjO¶kJH de six ans et 70 à 80% des enfants de plus de dix ans restent REqVHVjO¶kJHDGXOWH:KLWDNHUWright, Pepe, Seidel et Dietz, 1997).
Ces programmes thérapeutiques et préventifs individuels et collectifs pour les adultes mais aussi les enfants ont été réalisés mais sans franc succès puisque 90% des personnes adultes qui perdent du poids, le reprennent entre deux et cinq ans. Les plus optimistes parlent de 75 à 80 % de rechutes (Garner et Wooley, 1991). Les chiffres de prévalence de par le monde en sont le témoin. Entre 2003 et 2010 le nombre de SHUVRQQHVHQVXUSRLGVV¶HVWDFFUXGHPLOOLRQVHWFHOXLen obésité de 200 millions. La SUpYDOHQFH PRQGLDOH GH O¶REpVLWp D TXDVLPHQW GRXEOp HQ Dns (OMS, 2010). Que se passe-t-il donc ?
1RXVDYRQVFKRLVLGHSRUWHUQRWUHDWWHQWLRQVXUODSUREOpPDWLTXHGHO¶HQIDQWHQ état de surcharge pondérale, en raison G¶XQH SDUW du grand risque de le rester à O¶kJH adulte et du mal être social et psychologique TX¶LO HQJHQGUH HW G¶DXWUH SDUW de notre impuissDQFH SDU LQVXIILVDQFH GH PR\HQV G¶DFWLRQ HQ WDQW TXH thérapeute. Ceux mis en SODFHDXSUqVGHO¶DGXOWHFRPPHO¶pYHLODXFRUSVDX[VHQVDWLRQVSK\VLTXHVGHIDLPDX[ VHQVDWLRQVROIDFWLYHVHWJXVWDWLYHVSDUO¶Hxpérience sont certes, de belles et bonnes bases mais ne sont pas, à notre sens, tout à fait en adéquation avec la spécificité et le rythme G¶pYROXWLRQGHO¶HQIDQWRespecter O¶HQIDQWHWOD temporalité de son développement nous paraissait primordial. Au demeurant, G¶DXWUHVFRPSRVDQWHVVHPEOHQWLQWHUIpUHUFRPPHOD UHODWLRQ TX¶HQWUHWLHQW OD PqUHSXLV ODIDPLOOHDYHFO¶DOLPHQWODQRXUULWXUHOH corps, les autres nourritures terrestres, la capacité des parents à comprendre les besoins de leur enfant, O¶identitp GH PqUH HW VRQ UDSSRUW DX PRQGH QRWDPPHQW O¶DPELDQFH VRFLpWDOH
G¶DXMRXUG¶KXL DX UHJDUG GH OD PLQFHXU Petrovic, Mecarelli, Dabbas, Ricour, Golse et Zigante (2009) en interrogeant le sujet G¶XQH SV\FKRSDWKRORJLH GH O¶REpVLWp LQIDQWLOH concluent : « Les parents transmettent tout aussi bien leurs gènes que leurs habitudes alimentaires et leurs traits psychologiques ne seront pas sans lien avec ceux de leurs enfants » (p. 59).
Observons ce qui se passe pour un enfant souffrant de surcharge pondérale. &RPPHQoRQVSDUH[SORUHUFHTX¶HVWrWUHHQétat de surcharge pondérale pour un enfant, puis nous apporterons une compréhension au mécanisme de survenue de cet état.
1. 48¶(67-&(48¶81(1)$17628))5$17'E SURCHARGE PONDÉRALE ?
Avant de tenter de répondre à la question formulée dans ce titre, interrogeons- nous en effet, sur tous les termes le composant. Posons dès à présent les bornes de notre VXMHW G¶H[SORUDWLRQ (Q HIIHW QRXV DYRQV FKRLVL G¶pWXGLHU OD SUREOpPDWLTXH GH O¶HQIDQW pré-pubère en état ou exposé au risque potentiel de surcharge pondérale. Définissons ce TX¶HVWXQHQIDQW
1.1 4X¶HVW-FHTX¶XQHQIDQW ?
,O DSSDUDvW TXH OH FRQFHSW G¶HQIDQW DLW EHDXFRXS ERXJp GHSXLV O¶$QWLTXLWp MXVTX¶jQRVMRXUVHQIRQFWLRQGHVFLYLOLVDWLRQVGHVVRFLpWpVGHFODVVHVGHVFRQWH[WHVHW GH OD SDUHQWDOLWp eW\PRORJLTXHPHQW OH WHUPH G¶HQIDQW YLHQW GX ODWLQ infant, in pour privation et fari pour parler. Il signifie ainsi, celui qui ne parle pas. Peut-être est-il celui qui ne parle pas de lui, de ses ressentis "'¶DLOOHXUV, ne nous a-t-il pas été appris à ne pas parler en mangeant ?
Selon Le 3HWLW5REHUWO¶HQIDQWHVWXQrWUHKXPain dans les premières années de VD YLH GH VD QDLVVDQFH MXVTX¶j O¶DGROHVFHQFH &HWWH GHUQLqUH FRUUHVSRQG j XQ kJH TXL
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VXFFqGHjO¶HQIDQFHHWSUpFqGHO¶kJHDGXOWHLPPpGLDWHPHQWDSUqVODSXEHUWp/DSXEHUWp vers 12 ans chez la fille et 14 ans chez le garçoQ HVW OH SDVVDJH GH O¶HQIDQFH j O¶DGROHVFHQFH FRQVWLWXpH SDU XQ HQVHPEOH GH PRGLILFDWLRQV SK\VLRORJLTXHV V¶DFFRPSDJQDQW GH PRGLILFDWLRQV SV\FKLTXHV TXL, DYHF O¶DSSDULWLRQ GHV FDUDFWqUHV sexuels secondaires et des règles, font de O¶HQIDQWXQrWUHDSWHjSUocréer.
1.2 4X¶HVW-FHTXHO¶état de surcharge pondérale ?
La formulation de cet intitulé appelle aussi une explication. En effet, nous DXULRQV SX FKRLVLU O¶pQRQFp TX¶HVW-FH TX¶rWUH en surcharge pondérale ? Le verbe être vient du latin populaire essere issu du latin esse combinant, en français, plusieurs usages et sens notamment celui emprunté au latin stare qui signifie se tenir debout dans le sens de position. Le mot état vient justement de stare, status. Notons que dans la langue espagnole, latine également, deux mots sont bien distincts pour signifier être : ser exprimant une identité, dans le sens je suis et estar dans la suite logique de stare, signifiant une position, une situation de lieu, de temps, un état qui peut changer. Nous ressentons une dimension de mobilité laissant présager un déplacement, une capacité au changement. Par conséquent, nous avons préféré employer le terme G¶ptat afin de ne pas entrer, nous-même, dans un climat de stigmatisation déjà clairement installé et sachant combien LOHVWGLIILFLOHDXMRXUG¶KXLGHYLYUHHQpWDWGe surcharge pondérale. Le sens de stigmatiser est celui de marquer, laisser des traces, condamner. Par là, nous voulions exprimer, une situation TXLQ¶pWDLWSDVLPPXDEOH
La définition générale de la surcharge pondérale combinant surpoids et obésité HVW EDVpH VXU OH SRXUFHQWDJH GH PDVVH JUDVVH GDQV OH FRUSV F¶HVW-à-dire cette accumulation anormale de graisse dans les tissus adipeux pouvant avoir des effets indésirables sur la santé. La notion du surpoids repose sur une accumulation moindre de masse grasse TXL SHXW pYROXHU YHUV O¶REpVLWp VL DXFXQH VWUDWpJLH HIILFDFH Q¶HVW PLVH HQ place. Toutefois les conséquences de cette accumulation de graisse ne sont pas
LGHQWLTXHVFKH]O¶DGXOWHVHORQVDTXDQWLWpHWVDUpSDrtition anatomique. Cette répartition GHODPDVVHJUDVVHMRXHXQU{OHGDQVOHVULVTXHVDVVRFLpVjO¶REpVLWpHWOHW\SHGHPDODGLH qui en découle. Cependant, FKH] O¶HQIDQW QRXV Q¶HQ VRPPHV SDV j OD GLVWLQFWLRQ GH OD qualité de répartition, mais bien à la mesure de son statut pondéral.
/HV SUHPLqUHV PpWKRGHV XWLOLVpHV SRXU pYDOXHU OH VWDWXW SRQGpUDO GH O¶HQIDQW avaient été établies dans le contexte de malnutrition. La mesure la plus précise est REWHQXHJUkFHjODPHVXUHGXSOLFXWDQpjODEDVHGHO¶RPRSODWH avec un compas mais HOOH UHSUpVHQWH XQH SUDWLTXH TXRWLGLHQQH GpOLFDWH '¶DXWUHV PpWKRGHV UHTXLqUHQW GHV DSSDUHLOV RQpUHX[ WHOV O¶DEVRUSWLRPpWULH ELSKRWRQLTXH Dual X-Ray Absorptiometry (DXA) ou encore la résonance magnétique nucléaire (RMN) non sans risque notamment pour cette dernière méthode, VHORQO¶206Jusque dans les années 2000, les méthodes les plus courantes sont les mesures anthropométriques telles que le poids, la taille, les plis cutanés et les circonférences du périmètre abdominal et du tour de taille. Chez O¶DGXOWHF¶HVWO¶LQGLFHGHPDVVHFRUSRUHOOH,0&RXLQGLFHGH4XpWHOHWTXLHVWOHSOXV communément utilisé. Il est calculé en divisant le poids par le carré de la taille (OMS, (Q XQ FRQVHQVXV LQWHUQDWLRQDO HVW DGRSWp HW F¶HVW O¶LQGLFH ,0& TXL HVW retenu pour les enfants. Les mêmes seuils de coupe différencient le surpoids de O¶REpVLWp : au-delà de 25 kg/m² : nous parlerons de surpoids et passé 30 NJPðF¶HVW OH WHUPH G¶REpVLWp TXL HVW HPSOR\p &ROH Bellizzi, Flegal et Dietz, 2000). Ces seuils de coupe adultes ont donc été extrapolés pour les enfants. Pendant un certain temps cette distinction avait pWp DEROLH DX SURILW GH OD GpQRPLQDWLRQ XQLTXH G¶REpVLWp DYHF GHX[ degrés mais dans les esprits seul le mot obèse était retenu. AuMRXUG¶KXLsur les courbes que tout médecin généraliste reçoit du ministère de la Santé, la dénomination employée est « zone de surpoids » sans démarcation GH O¶,0& GLIIpUHQFLDQW surpoids et obésité. Ces deux mots, obésité et surpoids10, dont la description des manifestations remonte à
10
Dans le Littré, ces deux mots en appellent un troisième. Le premier vient du latin, pondus et trouve son origine au XVIème siècle. Il signifie excès de poids et poids qui charge en sus sans jugement de sa cause. Le mot obésité vient du latin du milieu du XVIème siècle obesitas TXLVLJQLILHH[FqVG¶HPERQSRLQW&HOXL G¶REqVHDPHQpSDU%ULOODW-6DYDULQYHUVODILQGX;,;qPHHVWXQGpULYpG¶obesus, gras et bien nourri et de edere qui signifie manger.
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O¶pSRTXHJUpFR-romaine, Q¶HQWUDLHQWSDVHQUpVRQDQFHGHODPrPHIDoRQGDQVO¶HVSULWGH chacun. Par souci de refus de discriminer, nous utiliserons donc un seul vocable, celui de surcharge pondérale.
Cependant, les enfants ne souffrent pas des mêmes maladies liées au surpoids et jO¶REpVLWpVXUOHVTXHOOHVVRQWEDVpVOHVVHXLOs de coupes adultes. De même, jO¶pFKHOOHGH ODSODQqWHWRXVOHVKXPDLQVQ¶RQWSDVOHPrPH type physique ou corpulence. La praticité et un vocabulaire commun à travers le monde ont primé. Nous avons vu là une certaine urgence à fixer une définition standard sans doute aussi GHYDQWO¶DXJPHQWDWLRQUDSLGHGH OD SUpYDOHQFH GH O¶REpVLWp PRQGLDOH $XMRXUG¶KXL FHWWH PpWKRGH GH PHVXUH HVW UHPLVH sur le tapis de la discussion.
&KH]O¶HQIDQWO¶,0&FKDQJHDYHFO¶kJHVHORQO¶206, Rolland-Cachera et Thibault (2002), à la naissance, la médiane de cet indice tourne autour de 13 kg/m², DXJPHQWHYHUVO¶kJHG¶XQDQDXWRXUGH kg/m², diminue vers O¶kJHGHVL[ ans à 15,5 NJPðHWYHUVO¶kJHGHDQVDXJPHQWHj NJPð$LQVLDXMRXUG¶KXLGDQVOHVFDUQHWV GH VDQWp GHV HQIDQWV IUDQoDLV FHV FRXUEHV TXL UHWUDFHQW O¶,0& WRXW DX ORQJ GH OHXU SDUFRXUVGHSXLVODQDLVVDQFHMXVTX¶jDQVVRQWSUpVHQWHV(OOHVSHUPHWWHQWG¶XQVHXO FRXSG¶°LOGHVLWXHUVLO¶HQIDQWHVWRXQRQGDQVOD]RQHGe surcharge pondérale RXV¶LO vient de changer de couloir. Cette dernière éventualité signe une envolée possible vers le surpoids et constitue une alerte. Bien sûr, faut-il que le médHFLQ RX O¶LQILUPLqUH HQ charge des mesures notamment en milieu scolaire ou de la protection maternelle infantile, en ait bien fait le report sur le carnet.
En France, les problèmes du surpoids infantile vont en augmentant : 8,2% en 1997, 11,3% en 2003, 1HQHWHQVHORQO¶pWXGH2EpSL$X &DQDGDDXVVLLOHVWLQWpUHVVDQWGHVRXOLJQHUTX¶HQODSUpYDOHnce était inexistante chez les enfants de 2 à 11 DQVDORUVTX¶HQ04, elle était de 6 % chez les deux à cinq
ans et de 8 % chez les 6 à 11 DQV6HORQO¶$JHQFHGHODVDQWpSXEOLTXHFDQDGLHQQH, la prévalence combinée GHVXUSOXVGHSRLGVHWG¶REpVLWpFKH]OHVHQIDQts et les adolescents du Québec est inférieure de 3% à la moyenne nationale qui est de 26 %. Ces chiffres VRXIIUHQWG¶XQHJUDQGHGLVSDULWpVHORQODVLWXDWLRQJpRJUDSKLTXHVXUO¶KH[DJRQHFRPPH au Canada, le niveau socio-professionnel, le revenu mensuel ou encore le niveau G¶pWXGH
1.3 Que vit un enfant en état de surcharge pondérale ?
/¶pWDW Ge surcharge pondérale G¶XQ enfant est une caractéristique physique susceptible GHVHSpUHQQLVHUjO¶kJHDGXOWHHWconstitue un important facteur de risque de maladies chroniques voire de décès prématuré. En dehors de ces dangers futurs, la surcharge pondérale est un état qui se vit dans son corps car il entraîne des conséquences inconfortables parfois permanentes. Ces dernières sont variées et nécessitent pour certaines, une médication contraignante et quotidienne voire un soutien psychologique. Elles sont de six ordres : métaboliques, cardiovasculaires et pulmonaires, ostéo- articulaires, cutanées et endocriniennes. Sur le plan métabolique, elles concernent essentiellement le diabète. Sur le plan cardiovasculaire et pulmonaire, ce sont une hypertension artérielle, un essoufflement pour les actes usuels de la vie, parfois même une apnée du sommeil occasionnant fatigue et troubles du sommeil. Elles sont ostéo- articulaires avec un risque accru de fractures, des troubles de la statique vertébrale produisant une gêne à la mobilisation et à la performance physique. Les effets sont de nature cutanée avec des frottements et des irritations douloureux ainsi que de nature endocrinienne avec une puberté précoce provoquant un certain décalage de développement physique et psychologique par rapport à O¶HQWRXUDJHGXPrPHkJH
La surcharge pondérale, est aussi un état qui se voit. En effet, le corps V¶H[SRVH DXUHJDUGGHO¶DXWUH0DOKHXUHXVHPHQWSHUVRQQHQHSHXWHPSrFKHUDXWUui de porter un regard de quelque nature que ce soit. Dans notre société actuelle, phobique du corps
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gros, adulant la minceur, ces regards parfois assassins, discriminateurs, aussi blessants que des paroles moqueuses réduiseQW O¶HQIDQW j VRQpWDWGe surcharge pondérale. Cette GLIIpUHQFH PRQWUpH GX GRLJW FRQVWLWXH SRXU FHUWDLQ G¶Hntre eux, une exclusion leur donnant à percevoir intérieurement des sensations inconfortables portant jV¶LVROHUGDQV un sentiment intime de rejet pour ne plus les vivre de nouveau. Ces situations sont aussi vécues et endurées même au sein de la famille SDUIRLV GqVO¶HQIDQFHWRXWHQSHUGXUDQW ORUVTXHO¶HQIDQWHVWGHYHQXDGXOWH. Par ailleurs, des mères de tous milieux, insatisfaites de leur propre silhouette (Apfeldorfer, 2008), quelquefois elles-mêmes en restriction, avec ou sans excès pondéral, vont jusTX¶jUHVWUHLQGUHOHXUVMHXQHVHQIDQWVGHPRLQVGH DQV GH SHXU TX¶LOV GHYLHQQHQW REqVHV. Ces attitudes engendrent immanquablement des IUXVWUDWLRQVHWGHVFDUHQFHVG¶DSSRUWQXWULWLRQQHOVXUXQrWUH en devenir compromettant ainsi ses développements physique, psychique et comportemental.
Les conséquences sociales, psychosociales et économiques sont observables elles aussi. Ces enfants sont moins choisis comme amis comparativement à des enfants SRUWHXUVG¶DXWUHVKDQGLFDSVHWFHPrPHSDUGHVHQIDQWVGHVLOKRXette obèse (Richardson, Hastorf, Goodman et Dornbush, 1961). Datar et Sturn (2006) ont montré que le changement de statut pondéral au cours des quatre premières années de la scolarité était un facteur de risque de moindre réussite scolaire chez les filles mais pas chez les garçons. Plus tard, comme écrit précédemment au paragraphe des pertinences, les répercussLRQVGHO¶pWDWG¶REpVLWpjO¶kJHDGXOWHsont plus marquées chez des jeunes filles que chez les jeunes hommes. Elles sont observables notamment sur les plans affectif avec des unions moins fréquentes et socio professionnel puisque le salaire et le nombre G¶DQQpHV G¶pWXGH VRQW PRLQGUHV *RUWPDNHU et al, 1993). De même, il a montré que, l¶DFFqV j O¶HPSORL HW OHV SURPRWLRQV SURIHVVLRQQHOOHV sont plus difficiles que pour les SHUVRQQHV SRUWHXVHV G¶DXWUHV KDQGLFDSV FRPPH O¶DVWKPH OH GLDEqWH RX OHV PDODGLHV musculaires et squelettiques. Ces difficultés induisaient pour ces personnes en état G¶REpVLWp des conséquences économiques.
La surcharge pondérale apparaît sans conteste, comme un nouveau facteur G¶LQpJDOLWpWDQWVXUOHplan de la santé que de la vie affective, sociale et professionnelle. Ces difficultés renvoient à celle ou celui qui les porte, une différence handicapante profonde engendrant des souffrances psychologiques de différents ordres. /¶LQVDWLVIDFWLRQ FRUSRUHOOH PHVXUpH SDU OD SHUFHSWLRQ FRUSRUHOOH O¶HVWLPH GX FRUSs et O¶HVWLPHGHVRLHVWVHORQ,VQDUG (2007) IRQFWLRQGHO¶kJHGXVH[HHWGHO¶HWKQLH. Il existe une abondante littérature VXUO¶HVWLPHGXFRUSVFKH]OHVHQIDQWVVRXIIUDQWG¶REpVLWpWDQW HQ FOLQLTXH TX¶HQ SRSXODWLRQ JpQpUDOH 5LFFiardelli et McCabe (2001) ont publié dans XQH UHYXH GH OLWWpUDWXUH XQH FRQFOXVLRQ UHODWLYH j OD FRUUpODWLRQ HQWUH O¶,0& HW OD mauvaise estime du corps chez les enfants, plus significative chez les filles. Cette corrélation semble refléter les pressions socioculturelles dont elles sRQW O¶REMHW Toutefois, quelques nuances sont nécessaires. Dans notre pratique clinique quotidienne, les enfants qui arrivent à notre consultation, ne semblent pas comprendre ce qui leur arrive ni les enjeux de leur différence. Ils entendent très bien les moqueries mais ne les comprennent pas. Ils ne s¶H[SULPHQWSDVVXUOHXUFRUSVQLQHQRPPHQW leur insatisfaction corporelle. Notre expérience permet de dire que cette insatisfaction concerne plutôt les adolescentes HWOHVDGXOWHVGRQWOHFRUSVDpWpOHVLqJHG¶XQHYpULWDEOHWUDQVIRUPDWLRQ11 depuis leur puberté. Il semble apparaitre là, un nouveau chemin de conscience du corps GDQVFHTX¶LO DGHUHVVHQWLRUJDQLTXH 'XSUDW HW GDQV FHTX¶LOUHSUpVHQWH&HWWH conscience corporelle se sent, se perçoit, se comprend, se nomme voire se verbalise avec plus ou moins de précision, pour certains. &¶HVWjOHXU contact que nous apprenons TX¶LOV recourent à la nourriture ORUV G¶pYqQHPHQWV douloureux et inconfortables, surtout ORUVTX¶LOV VRQW VHXOV, MXVTX¶j HQ UHVVHQWLU XQ apaisement, ELHQ TX¶éphémère. 5pJXOLqUHPHQW LOV QRXV GLVHQW TXH FH FRPSRUWHPHQW D FRPPHQFp W{W GDQV O¶HQfance. Certains peuvent dater précisément O¶pYpQHPHQW 1RWUH U{OH GH WKpUDSHXWH HVW GH OH retrouver. Pour terminer, en ce qui concerne de possibles troubles GHO¶KXPHXUchez ces enfants, les résultats se sont présentés trop hétérogènes pour être retenus comme significatifs.
11 Nom donné autrefois, il y a environ 40 ans, à la période pubertaire pour qualifier les modifications
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2. COMMENT CELA ARRIVE-T-IL ?
De par le monde, la prévalence de la surcharge pondérale a beaucoup augmenté et ses conséquences diverses et sérieuses ont poussé à rechercher ses facteurs prédisposants et protecteurs. La multifactorialité apparaît aux yeux de la communauté comme une évidence. /¶H[SORUDWLRQILQHGe la problématique de la surcharge pondérale tant par nos lectures que par le prisme de notre pratique clinique nous permet de FRQVWDWHUTXHWRXWOHPRQGHQ¶Hst pas en surcharge pondérale. (QHIIHWO¶environnement G¶DERQGDQFHDOLPHQWDLUHGHPDVVH)XPH\RPQLSUpVHQWHDFFHVVLEOHHWLQFLWpHles PRGHVGHYLHVpGHQWDLUHFDXVpVSDUODPpFDQLVDWLRQHWO¶XUEDQLVDWLRQUpGXLVDQWODGpSHQVH physique, le confort thermique de O¶KDELWDW UpGXLVDQW OHV GpSHQVHV SK\VLTXHV HW énergétiques sont évoquées parfois mais sont les mêmes pour tout le monde. Enfin, le contexte familial de vie quelque soit le niveau socio-économique, exposant chaque membre de la même famille aux mêmes relations avec les aliments souvent sans antécédent notable de surcharge pondérale sont quasiment les mêmes pour la plupart des nos contemporains des pays industrialisés. La prévalence de l¶REpVLWpest devenue aussi très significative dans les pays en voie de développement. Avoir un parent en état de surcharge pondérale est observé. Le temps passé devant la télévision réduisant O¶DFWLYLWp physique quotidienne, a été retenu comme facteur favorisant par Berkey, Rockett, Gillman et Colditz (2003) mais pouvons-nous véritablement parler de sédentarité chez un enfant de cinq ans en état de surcharge pondérale ? Avoir un poids de naissance supérieur à quatre kilogrammes DLQVL TX¶XQe faible durée de sommeil12 (Agence QDWLRQDOHG¶DFFUpGLWDWLRQHWG¶pYDOXDWLRQGHODVDQWp, 2004 ;; Reilly, Amstrong, Dorosty, Emmet, Ness et Rogers, 2005) engendrant de la fatigue qui à son tour lLPLWHO¶DFWLYLWp physique (Taheri, 2006), constituent deux autres facteurs significatifs corrélés jO¶REpVLWp mais sont-ils prédisposants?