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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Impact de quelques aspexts des cultures burkinabées sur l'éducation : cas de l'éducation des files

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IMPACT DE QUELQUES ASPECTS DES CULTURES

BURKINABÉES SUR L'ÉDUCATION :

CAS DE L'ÉDUCATION DES JEUNES FILLES

Jocelyne OUEDRRAOGO

École normale supérieure de Koudougou (Burkina Faso)

MOTS-CLÉS : ÉDUCATION - JEUNES FILLES - CULTURE - BURKINA-FASO

RÉSUMÉ : Le Burkina Faso, situé au cœur de l'Afrique de l'ouest compte environ 10 millions d'habitants. Comme la plupart des pays africains, il a une composition ethnique très diversifiée. Une soixantaine d'ethnies, donc de cultures sont dénombrées et chacune présente ses particularités que nous caractériserons à travers quelques exemples. L'impact de chacune de ces cultures sur l'éducation familiale et scolaire des jeunes est certaine. Quelques traits de cette influence sont la soumission, la faible participation de femmes aux prises de décisions étatiques, la présence du mariage forcé et du lévirat dans notre pays. La présente communication est le fruit de réflexions et d'actions de recherche menées sur cette question.

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INTRODUCTION

Le Burkina Faso est un pays sahélien situé au centre de l'Afrique de l'Ouest. Avec une superficie de 174 000 km2, il compte près de 10 millions d'habitants. Une soixantaine d'ethnies se partage le territoire. La plus importante du point de vue numérique est celle des Mossis. Elle représente environ 50 % de la population totale.

Le système éducatif est caractérisé par un faible taux de scolarisation, de fortes inégalités liées au sexe, un faible taux d’encadrement et d'équipement didactique et un faible rendement. L'école, inadaptée par ses structures d'accueil de type classique l'est également par son contenu. En effet, elle ne tient compte ni de l'environnement de l'enfant, ni des conditions socio-économiques du pays. Le résultat est que l'enfant issu de cette école devient inadapté dans son milieu.

Dans ce système, l'éducation de base est donnée par la famille et les pairs.

1. PROBLÉMATIQUE

La culture est l'ensemble des usages, des coutumes, des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent et distinguent une société, un groupe, selon le petit Larousse.

C'est aussi l'ensemble des convictions partagées, des manières de voir et de faire qui orientent plus ou moins consciemment le comportement d'un individu, d'un groupe.

Quant à l'éducation, toujours d'après la même source, c'est l'action d'éduquer, de former, d'instruire quelqu'un. C'est la manière de penser, de mettre en œuvre une formation. C'est aussi l'ensemble des acquisitions morales, intellectuelles, culturelles de quelqu'un. C'est la connaissance des bons usages d'une société. Dans la plupart des sociétés, la famille et la communauté par l'éducation inculquent à l'enfant un ensemble de valeurs morales, intellectuelles et culturelles que l'école complétera par la suite. D'où la relation étroite qui existe entre culture et éducation.

N'y a t'il pas parfois contradiction entre les manifestations religieuses, les coutumes et l'éducation moderne ?

2. MÉTHODOLOGIE

Elle a consisté en l'exploitation de résultats d'enquêtes menées auprès des populations rurales, de revues, de rapports d'étude, notre connaissance du milieu. Les critères de choix des ethnies sont les suivants :

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- ethnies ayant connu une organisation étatique propre à elles ; - ethnies n'ayant pas connu une organisation étatique ;

- la facilité d'accès aux sites.

3. QUELQUES ASPECTS DES CULTURES ETHNIQUES DU BURKINA FASO

La famille traditionnelle est la famille étendue. La chefferie traditionnelle subsiste à côté du pouvoir politique. Les aspects culturels qui ont retenu notre attention sont : tradition et sexualité, interdits alimentaires, perceptions traditionnelles des populations sur l'eau et les maladies hydriques, violences faites aux femmes.

3.1. Conceptions traditionnelles sur la sexualité

Pour les burkinabéS, parler de sexualité avec des étrangers est insolite. Il y a des circonstances bien déterminées au cours desquelles on est autorisé à parler de la sexualité. Ce sont : l'initiation, la puberté, le mariage, les grossesses, etc.

À propos des interdits sexuels un certain nombre de questions a été posées aux populations (Tableau 1).

COMMENTAIRE DU TABLEAU

Question 1

En dehors de l'intérieur d'une maison l'idée de rapports sexuels dans la nature est inadmissible et ceux qui enfreindraient à cette règle encourent des peines expiatoires.

Les éléments qui soutiennent et qui renforcent les interdits sont :

- le respect sacré observé à l'égard de la terre, ce lieu mystérieux où reposent les ancêtres, hôtel pour la plupart des ethnies.Faire l'amour sur terre nue est un sacrilège qui doit être expié par un sacrifice précis suivant les ethnies.

- l'image du dehors, de la brousse, habitat des esprits, des bons et des mauvais qui ne sauraient tolérer les aventures des êtres humains sur leur territoire.

Question 2

Avoir des rapports sexuels en dehors de la concession, dans les champs de case, dans les prés, dans la brousse, entraîne deux types de sanctions :

- Des sanctions sociales qui s'adressent au couple (coups, lynchages), perte de considération dans leur milieu.

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- Des sanctions sociales qui s'adressent aussi bien aux déviants qu'à leur environnement : décès inévitable de la progéniture des déviants, menace de malheur sur tout le village, menace de sécheresse, etc.

Transgresser ces interdits déclenche la colère des dieux, des esprits, et des génies et entraîne des châtiments.

Ces sanctions peuvent être évitées par différents sacrifices destinés à demander pardon aux divinités et au monde invisible.

Questions 1. Existe-t-il des endroits tabous pour les rapports sexuels ?

2. Qu'advient-il à celui qui enfreint à ce tabou ?

Les conséquences pèsent-elles sur lui seul ou sur tout son village ?

La faute est-elle réparable ?

Réponses Réponses

Mossis - Brousse - Sur terre nue

- Devant une pierre sacrée - Sous un arbre sacré - Au dehors

- Dans la chambre d'une autre femme que sa partenaire

- Place publique

- Le chef choisi un jour et les délinquants amènent : un coq, un bouc, un canari de dolo pour un sacrifice sur les lieux.

- Le jour du sacrifice tout le village est là ; les deux délinquants sont honnis.

- Si cela n'est pas fait, il semble qu'il ne pleut pas.

Bwabas - Dans la brousse - En dehors du village

- Il ne faut jamais avoir des rapports sexuels avec une femme chez elle

- Il faut toujours l'emmener à la maison - La brousse qui n'a jamais été habitée.

- Il risque de ne pas pleuvoir. - Il y'aura malheur.

5. Les deux contrevenants sont amenés sur le lieu.

- On sacrifie un bouc pour demander pardon, on prend sa graisse, on la met au feu, on recouvre le sexe de l'homme fautif. Sa compagne subit le même sort.

Peuhls - Dans la brousse

- Dans les endroits sacrés (mosquée) - Dans la maison de sa mère

- Cimetière

- Chez ses baux parents.

- On le couvre de honte pour éviter que les autres n'en fassent autant.

- - On frappe la personne, le jour de sa mort personne ne va au cimetière.

Gouins - Par terre - Sur la terre nue - - Sous les arbres

- Tout enfant qui naît d'une femme qui transgresse meurt

- Tout enfant de l'homme mourra - Les semences ne réussiront pas. 6. La terre retirera tous vos enfants - Il n'y aura pas de pluie.

Dagara - La brousse - En plein air 7. Dans les champs - L'église

8. Bon Dieu va refuser

- Cela amène des malédictions sur tout le village : maladies, mort, sécheresse.

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3.2. Perceptions des populations sur l'eau et les maladies liées à l'eau

Dans les systèmes traditionnels de santé, les maladies sont expliquées par les relations associant l'homme au cosmos, à des structures symboliques (gris-gris), à la nature, à la société, à la lignée des ancêtres.

L'univers mossi est constitué d'un vaste champs de forces, d'entités qui échappent aux habitudes du monde visible. Dans ce sens l'univers est divisé en deux mondes.

Un monde visible qui procure les éléments matériels nécessaires à la vie des hommes tels que l'eau, la nourriture, les animaux.

Un monde invisible qui abrite les génies, les esprits des ancêtres.

Les forces du monde invisible veillent à la bonne marche du monde visible en prescrivant des règles et des interdits réglementant la vie sociale et familiale.

Dieu est l'être suprême détenteur de tous les pouvoirs.

Pour les Mossis, les génies de l'au-delà se retrouvent dans le monde invisible sur terre. Les hommes et les génies cohabitent.

Les ancêtres sont également à la fois dans l'autre monde et sur terre par la présence de leur esprit. La maladie est considérée comme une rupture, une anomalie qu'il faut combattre et réparer afin de rééquilibrer à la fois la vie physiologique et sociale du malade.

Les causes de la maladie peuvent être liées à la question de la prédestination.

L'eau est la condition de toute entreprise humaine. Dans la société Moaga, l'eau est considérée comme un lait venant de Dieu, un bien précieux, c'est à dire la vie elle même.

Chez les Mossis l'eau est justicière et aussi protectrice, car elle crée les conditions favorables à la paix individuelle et sociale.

Pour cela, les sacrifices au bord des points d'eaux sont très fréquents dans la société moaga.

Cependant ils pensent qu'il y a des moments où il faut s'en méfier à cause des mauvaises intentions qui peuvent l'accompagner.

3.3. Quelques interdits alimentaires et coutumiers et leurs explications

C'est surtout la femme et l'enfant qui en sont victimes. Ces interdits concernent en général la femme enceinte et la fille.

Ethnies et leurs Interdits

Femme enceinte et la jeune fille

communautaire

Mossis - Ne pas boire de l'eau chaude : cela provoquerait un déséquilibre de la température à cause de l'apport trop important de chaleur à l'intérieur du ventre qui est déjà chaud. L'eau chaude peut à nouveau être consommée après l'accouchement.

- Ne pas uriner ou déféquer dans un puits toujours fonctionnel.

- Ne pas jurer au nom de l'eau en public pour se défendre d'une accusation qu'il sait être fondée. - Les promesses faites à un point d'eau doivent

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- Ne pas boire de l'eau très fraîche, car l'enfant recevant cette eau aura des frissons à sa naissance.

être strictement respectées après satisfaction d'une requête afin d'éviter de déchaîner la colère des ancêtres qui se traduira par des cas fréquents de mort accidentelle dans la famille, appelé "yubse" en mooré, tels que les noyades et suicides.

Bwaba - Ne pas manger un rat voleur ou des œufs car l'enfant sera voleur

- Ne pas boire l'eau froide après l'accouchement, car le ventre a des plaies qu'il faut soigner

Viable selon les localités

Interdit de manger la viande du crocodile

De toucher à un escargot si non on devient lépreux

Interdiction d'utiliser le bois de diospyros "ganka"

Gourmatc hés

Ne pas manger d'œufs parce que l'enfant sera voleur et il sera trop gros.

Ne pas manger un rat voleur parce que l'enfant sera voleur.

A partir de 6 mois ne plus avoir de rapports sexuels parce que l'enfant peut être blessé et l'accouchement difficile.

Ne pas manger la viande du chien et du crocodile parce qu'on devient aveugle

Gouins - Ne pas faire des rites incantatoires aux points

d'eau au nom des ancêtres morts.

Une telle interdiction s'explique par le fait que la femme enceinte a un tempérament nerveux. Sous le coup de ce tempérament, elle peut formuler des souhaits maléfiques qu'elle pourrait regretter par la suite une fois qu'ils sont exaucés par les ancêtres.

- Ne pas utiliser du bois sec des arbres sacrés

- Interdiction stricte aux albinos de s'approcher des points

d'eau sensés être habités par les génies sous peine de se voir

capturer par les génies.

3.4. Quelques rites traditionnels

L'excision est la conséquence de la société patriarcale et polygame qui a toujours cherché à dompter, à soumettre la femme. Dans la région de la Comoé et du Kénédougou, l'excision a une importance particulière. Dans ces régions, il ne pouvait pas avoir de mariage sans excision ;

Quand une femme est enceinte il y a des rites à faire.

Les rites des traditions Mossis et Dagaras témoignent, à l'égard de la primipare en gestation, d’une profonde vénération, une discrétion attentive de l'événement.

Il existe deux grandes catégories de rites :

- Les rites communautaires que les notables doivent exécuter en des périodes précises.

- D'autres rites existent pour demander la pluie aux ancêtres. On pose de la farine de mil dans une calebasse et un panier côte à côte. La calebasse contenant la farine symbolise l'abondance tandis que le panier vide symbolise la soif. Le fait de présenter un panier signifie qu'ils ont besoin de pluies abondantes, car le panier vide qui est perforé ne peut en réalité se remplir.

La symbolique de l'utilisation de l'eau dans ces différents rites est celle rencontrée dans la pratique quotidienne. L'eau est d'abord offerte aux ancêtres conformément à la tradition c'est du reste le cas

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pour tout étranger arrivant dans une concession. Cette eau signifie la bienvenue, le respect des coutumes.

4. IMPACT DES CULTURES BURKINABÉES SUR L’ÉDUCATION

Dans le cadre d'une formation, toute information, tout apprentissage, tout message nouveau doit s'inspirer profondément des connaissances existantes.

L’effet des représentations est très important dans l'éducation. Par exemple, les populations (femmes, jeunes, enfants, hommes) donnent les causes suivantes au paludisme :

- eau de pluie, aliments sucrés, aliments gras ; - mauvais esprits, fraîcheur, travail au soleil ;

- dieu, fatigue, constipation, saleté et manque permanent de nourriture.

Ces causes montrent que la relation causale entre l'eau et la maladie est loin d'être universelle. Un enseignement qui ne tient pas compte des perceptions et des représentations des élèves reste peu efficace. A l'école, on dira à l'enfant que les moustiques transmettent le paludisme et que les larves vivent dans l'eau mais à la maison il sera privé d'arachides fraîches, d'aliments sucrés. En outre ces connaissances acquises depuis le jeune âge restent ancrées et leur élimination demande plus de temps. Pour de nombreuses maladies les représentations existent et constituent des entraves graves à l'éducation. Il faut développer une pédagogie adaptée à cette situation : une approche participative.

5. IMPACT DES CULTURES SUR L’ÉDUCATION DE LA JEUNE FILE : QUELQUES TRAITS DE CETTE INFLUENCE

5.1. La sous scolarisation des filles

La sous scolarisation des filles est une des principales conséquences de nos cultures sur leur éducation. De nombreux facteurs expliquent cette sous scolarisation.

Les facteurs historiques et politiques

Les objectifs politiques initiaux assignés à l'école par l'administration coloniale : assurer la collaboration des chefs à travers leurs fils, a permis aux garçons de prendre une avance sur la fille dont la scolarisation initiale a été essentiellement assurée par les missionnaires pour des objectifs religieux.

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Les facteurs économiques

Lorsque les ressources sont insuffisantes pour supporter la scolarité de tous les enfants, le garçon sera privilégié car dit-on, la fille est appelée à se marier et à enrichir une autre famille.

Les facteurs socioculturels

La plupart des parents choisissent de sacrifier les filles au profit des garçons parce que, dans toutes les communautés, la femme n'a ni pouvoir social, ni pouvoir économique.

Les violences faites aux femmes et surtout aux filles

La violence contre la femme désigne tout acte de violence fondé sur l'appartenance au sexe féminin, causant ou susceptible de causer à la femme des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles, morales ou psychologiques y compris la menace de réels actes, la contrainte ou la privation de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée

Au Burkina Faso malgré la sensibilisation et la loi, on estime au moins à 60 % le nombre de femmes et de fillettes qui subissent les mutilations sexuelles. De plus, les fillettes sont maltraitées du fait de la division sexuelle du travail qui leur assigne outre les tâches ménagères, la plupart des travaux effectués par les petits garçons.

Soumission

À l'adolescence, le mariage forcé et/ou précoce dans la plupart des coutumes est un arrangement entre deux familles dans lequel la petite fille (souvent même avant sa naissance) est promise en mariage, en reconnaissance d'un bienfait ou pour sceller une amitié.

Au cours de sa vie adulte la femme va vivre d'autres formes de frustrations de la part du conjoint comme les injures, les propos vexatoires, les menaces, les attitudes et comportements humiliants comme la soumission excessive, la liberté d'opinion, les entraves à l'épanouissement de la femme.

Le lévirat une autre forme de soumission.

Le mariage coutumier considère la veuve comme une propriété familiale. Aussi, au décès d'un mari la veuve est obligée d'épouser un parent de ce dernier. Le refus d'obéir prive la femme du droit de garde des enfants et du droit de demeurer dans le domicile conjugal.

Avec la crise économique et le modernisme, le décès du mari marque le démarrage d'autres formes de persécutions à savoir : retrait des enfants mineurs, des biens familiaux par les parents du défunt au détriment de la veuve.

La polygamie

La plupart des coutumes en Afrique reconnaissent à l'homme le droit d'épouser autant de femmes qu'il veut, tandis que le contraire n'est généralement pas admis.

Violences morales

Qu'il s'agisse de la société traditionnelle ou moderne, l'éducation inconsciemment véhicule cette idée de l'infériorité de la femme par rapport à l'homme.

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Cela va se ressentir au niveau du travail des femmes. C'est le même esprit qui guide également les nominations aux différents postes de responsabilité et l'absence des femmes aux prises de décisions nationales et même familiale. La femme n'a pas droit à la parole lors des conseils de famille et des cérémonies coutumières.

Exclusion sociale

La majorité des filles découvre la puberté sans aucune préparation psychologique et sexuelle. En cas de grossesse, elles sont chassées du domicile des parents au nom de certaines coutumes.

La société traditionnelle reconnaît à l'homme le droit de se séparer de sa femme, pour des causes qui sont laissées à sa discrétion.

À la vieillesse, des femmes sont accusées de sorcellerie ou d'être des mangeuses d'âmes. Elles sont frappées, leurs cases brûlées et elles sont bannies du village.

Certaines pratiques coutumières excluent la femme âgée de la jouissance et de l'exercice de certains droits. Ainsi elle est mise à l'écart de la cellule familiale, il lui est attribué un champ personnel qu'elle doit exploiter pour sa survie. Le mari est libéré à son égard de tous les devoirs conjugaux.

En résumé on peut dire qu'au nom de la culture ou des cultures

- des représentations et des conceptions parfois erronées entravent l'éducation surtout celle de la fille ;

- des enfants et des femmes sont privés d'aliments indispensables ; - des filles sont mutilées et parfois abusées sexuellement ;

- de nombreuses filles sont privées d'écoles ;

- des filles font l'objet de transaction entre familles ;

- de nombreuses filles sont exclues de leurs familles pour cas de grossesse. Il en est de même des jeunes femmes et des vieilles pour non respect et sorcellerie ;

- elles sont privées de parole et de décision

Le résultat d'une telle éducation est une femme résignée, timide, sans droit, nantie du pouvoir d'infériorité, ne voulant prendre aucune responsabilité.

5.2. Solutions

Pour y remédier des associations dont la nôtre, Femmes Scientifiques du Faso pour la Promotion et l'Éducation Scientifique et Technologique des Femmes, luttent pour la cause de la femme.

Un nouveau code de famille est en vigueur ;

De nombreuses formations de para-juristes se font à travers le pays. Des campagnes de sensibilisation sont en cours, etc.

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CONCLUSION

Cette étude nous a permis de voir quelques traits des cultures Burkinabé : conceptions, coutumes, rites. Les cultures bien que plurielles révèlent quelques similitudes au niveau des coutumes. Les conceptions et les pratiques varient d'une région à l'autre. Leurs influences sur l'éducation s'avèrent de fois négatives. Le respect des coutumes amène l'enfant à rester sous leurs poids et à rejeter tout apport extérieur. Le résultat pour la fille est la soumission totale, la fermeture d'esprit, la résignation.

BIBLIOGRAPHIE

Enquête sociologique sur la sexualité en milieu traditionnel, INAFA, 1984 EURÊKA, Revue Trimestrielle du CNRST Décembre1994

Rapport d'étude sur les perceptions traditionnelles des Mossis et des Gouins sur les maladies d'origine hydrique, Juillet 1997, ONEA, assistance danoise.

Module de formation des para juristes, WILDAF/Burkina, juin 2000. Sous scolarisation des filles SANOU Fernand, 1998.

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