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développement humain

3.1.2. Les caractéristiques de la population

3.2.1.1. Sous-population de l’étude 1

L’étude 1 comprend deux étapes : la reconstitution des trajectoires pour le maximum d’enfants de la population initiale, et l’approfondissement de certaines dimensions par un questionnaire biographique auprès des mères.

Utilisant une méthodologie catamnestique, nous avions conscience qu’il serait impossible de retracer les trajectoires de la totalité de ces enfants. Certaines trajectoires sont presque totalement inconnues au-delà du moment de la sortie, d’autres présentent des « trous ». Nous avons finalement pu reconstituer les trajectoires résidentielles et les

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mesures de protection de l’enfance concernant 197 familles, soit 63% de la population

initiale39.

Néanmoins, afin de rester au plus près de la réalité observée, les analyses ont été menées sur l’ensemble des 315 familles, malgré le poids que pouvait prendre la modalité inconnue. En effet, la signification de ces trajectoires inconnues n’est sans doute pas la même dans le Nord et dans les Seine : en effet, dans les Hauts-de-Seine, 47% des familles sont hébergées dans le même département à la sortie (au maximum 61% si l’on considère que toutes les familles dont le lieu de sortie est inconnu sont restées dans le département, ce qui paraît improbable), alors que dans le Nord, la mobilité géographique est beaucoup plus réduite : 84% des familles sont restées dans le même département à la sortie (90% si l’on inclut les lieux de sortie inconnus). De ce fait, dans le Nord, les situations inconnues (notamment en ce qui concerne les mesures de protection de l’enfance) ont de fortes chances de correspondre à des familles qui ne font pas appel aux services sociaux et ne font pas l’objet de mesures de protection de l’enfance. Dans ce département, prendre en compte uniquement les trajectoires connues aurait nécessairement conduit à surreprésenter les trajectoires des familles connues des services sociaux et suivies en protection de l’enfance (cela est moins vrai dans le département des Hauts-de-Seine, où la mobilité géographique est plus importante). C’est pour cette raison que nous avons fait le choix de raisonner sur l’ensemble des trajectoires des 315 familles de notre population initiale pour la première partie de l’étude 1.

La population des 66 mères ayant accepté le questionnaire biographique constitue une sous-population spécifique. 63% de la population initiale a pu être localisée (197/315), avec une plus forte proportion de familles localisées dans le Nord (69%

39La proportion des personnes retrouvées est très variable selon les études catamnestiques. Elle dépend du délai entre la sortie et la recherche, de la localisation géographique, du sexe des personnes recherchées, mais aussi du nombre d’enquêteurs et de la durée de la recherche. A titre d’exemple, l’étude menée en Seine-Saint-Denis a permis de retrouver 22% de la population d’enquête, constituée de 327 personnes sorties en 1980, 1990 et 2000 (Velpry, Fabiani, & Teixeira, 2000). Corbillon, Assailly et Duyme ont localisé 46% des 131 personnes sorties 30 ans auparavant dans le Bas-Rhin (Corbillon et al., 1990). Fréchon a retrouvé exactement 50% des 136 jeunes femmes sorties depuis au moins quatre ans d’un foyer de région parisienne (Fréchon, 2003). Enfin, l’étude du CREDOC, menée par plusieurs enquêteurs, a permis de localiser 73,4% des jeunes sortis de l’ASE et de la PJJ de plusieurs départements quatre ans auparavant (Bauer, Dubéchot, & Legros, 1993).

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contre 56% dans les Hauts-de-Seine)40. 42% des mères (131/315) ont pu être jointes

directement, soit par téléphone, soit par retour du coupon accompagnant le courrier, pour chacun des départements. Parmi les personnes contactées, le taux d’acceptation a été de 63% (65% pour les familles accueillies dans le Nord, et 61% pour les familles des Hauts-de-Seine). Néanmoins certains rendez-vous n’ont pas été honorés et 66 questionnaires ont finalement pu être recueillis : 35 pour le département du Nord et 31 pour le département les Hauts-de-Seine, ce qui représente 50% des personnes contactées directement et 21% de la population initiale dans chacun des départements.

Graphique 2 – Les contacts avec la population de recherche par département

Nous avons effectué une analyse systématique des liens pouvant exister entre les caractéristiques connues pour l’ensemble de la population (lieu de naissance, âge de la mère à l’entrée, durée de séjour et mesures ultérieures de protection de l’enfance) et l’inclusion des familles dans les différentes étapes de la recherche. Le seul lien

statistiquement significatif4 observé concerne l’existence de mesure de protection de

40 Pour la population accueillie dans les Hauts-de-Seine, 42% des femmes localisées résidaient hors du département. Parmi les femmes accueillies dans le Nord, seules 11% des femmes localisées avaient changé de département. Ces taux se rapprochent de ceux observés au moment de la sortie du centre maternel.

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l’enfance ultérieure dans le même département. Comme nous l’avons déjà souligné, le dossier de ces familles a été plus souvent retrouvé dans le Nord, et les mères ont été plus souvent localisées dans les deux départements. Toutefois, cette plus grande possibilité d’être localisé s’est accompagnée d’une plus grande difficulté à joindre directement ces femmes, en raison souvent de l’absence de numéro de téléphone fonctionnel (à l’inverse, les contacts des femmes non connues des services sociaux, retrouvées soit par les pages blanches soit par d’autres résidentes, nous étaient fournis avec des coordonnées fonctionnelles). Lorsque nous sommes parvenue à contacter directement les femmes dont les enfants avaient fait l’objet d’une mesure de protection, leur taux d’accord et leur présence au rendez-vous a été identique à celui des femmes n’ayant connu aucune mesure pour leurs enfants, comme l’illustre le tableau ci-dessous pour le département du Nord.

Aucune Accueil mère enfant Accueil provisoire Placement judiciaire Suivi en milieu ouvert Total Mesure ultérieure (n=63) (n=13) (n=6) (n=64) (n=20) (n=166) Familles non localisées 46% 31% 33% 9% 45% 30% Localisées mais non joignables 11% 31% 33% 53% 5% 29% Refus 16% 0% 0% 14% 20% 14% Accord puis perdues de vue 5% 15% 17% 5% 5% 6% Incluses dans l’enquête par questionnaires 22% 23% 17% 19% 25% 21% Total 100% 100% 100% 100% 100% 100%

Tableau 5 – Comportement vis à vis de l’étude selon les mesures ultérieures – Nord

Finalement, ces deux biais (plus forte probabilité de localiser les familles ayant connu un placement ultérieur, mais plus grande difficulté à les joindre directement) ont fonctionné en sens opposé. Ainsi, les familles rencontrées lors de l’enquête par

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questionnaire présentent un profil proche de celui de la population initiale, y compris en terme de mesures ultérieures.

Aucune Accueil mère enfant Accueil provisoire Placement judiciaire Suivi en milieu ouvert Total Mesures ultérieures (n=63) (n=13) (n=6) (n=64) (n=20) (n=166) Population initiale (n=166) 38% 9% 4% 39% 12% 100% Population questionnaire (n= 35) 40% 9% 3% 34% 14% 100%

Tableau 6 – Répartition des mesures ultérieures de protection de l’enfance dans la population initiale et dans la population ayant répondu au questionnaire – Nord

Par contre, on peut repérer une spécificité de cette sous-population dans le sexe des enfants concernés : en effet, les femmes ayant répondu au questionnaire ont plus souvent été accueillies en centre maternel avec des enfants garçons (40/66).

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