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2. GENERALITES

4.4. STRATEGIE DE PREDATION

4.4.3. RESULTATS

Les tableaux de résultats sont regroupés en annexe 2.

4.4.3.1. Détermination de la durée des expériences

Cette étape est un préalable nécessaireàla réalisation des expériences suivantes.

Trois lots de 12, 18 et 10 femelles adultes non ovigères laissées à jeûner durant 24 heures pour harmoniser leur état nutritionnel ont été mis en présence de cinq larves d'A. aegypti par femelle. La durée des expériences est de une heure, deux heures et quatre heures. Trois autres lots de 10 femelles ont été mis en présence de cinq larves de Culex quinquefasciatusdurant une heure, deux heures et quatre heures.

L'examen du tableau 1 permet de constater une augmentation logique de la moyenne du nombre de larves tuées avec l'augmentation de la durée de l'expérience.

Cette augmentation de la moyenne s'accompagne, pour ce qui concerne les Aedes, d'une diminution du coefficient de variation et d'un déplacement de l'asymétrie vers la droite.

Ceci correspond à la disparition des larves dans le milieu avec le temps. Cette disparition n'est pas linéaire (un temps double ne correspond pas à une quantité consommée double) car la fréquence des rencontres proie-prédateur diminue en même temps que le nombre de larves présentes.

Seules les expériences d'une durée de une heure seront effectuées avec les larves d'Aedes.Ceci afin d'obtenir des résultats non biaisés par la disparition des larves dans le milieu.

Contrairement aux larves d~edes, la disparition des larves de Culex n'a pas lieu après quatre heure de mise en présence avec le prédateur. Aucun des Copépodes ne consomme les cinq larves dont il dispose. Afin de pouvoir les comparer aux expériences

réalisées avec des larves d'Aedes, les expériences réalisées avec des larves de Culex seront cependant d'une durée de une heure dans la plupart des cas.

4.4.3.2. Effet de la durée de jeûne avant l'expérience

Deux lots de 12 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, le premier lot a été prélevé 24 heures avant le début de l'expérience et laissé à jeûner, et le deuxième a été prélevé dans l'élevage immédiatement avant l'expérience. Chaque femelle a reçu cinq larves d'A. aegypti âgées de deux heures. L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée à l'obscurité dans des boîtes en polyéthylène à six puits.

Deux autres lots de 18 femelles ont subi le même traitement, mais avec une durée d'expérience de deux heures.

Aucune différence significative n'est constatée entre les quantités de larves tuées par les prédateurs ayant subit une période de jeûne, ou directement issus d'un élevage (après une heure de mise en présence).

La quantité de larves consommées par les prédateurs après 24 heures de jeûne devient significativement supérieure après deux heures de mise en présence avec les proies à celle qui est consommée par les prédateurs n'ayant pas jeûné. (Tableaux 2 et 3).

4.4.3.3. Effet du stade de développement du prédateur

Un lot de 15 femelles au stade copépodite cinq, et un autre de 13 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés à jeûner durant deux heures. Chaque femelle a reçu cinq larves d'A. aegypti âgées de deux heures. L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée à l'obscurité dans des boîtes en polyéthylène à six puits.

Les femelles adultes de M. aspericomis tuent plus de larves que les femelles copépodites cinq (tableaux 4 et 5). Les proportions de larves ingérées sont équivalentes.

Une variabilité plus importante des résultats concernant les copépodites peut être constatée. Par ailleurs, des copépodites quatre ont été observés alors qu'il s'attaquaient à des larves d'Aedesde premier stade. Cependant, ces copépodites fuient le plus souvent au contact de la larve. De même, des cas de femelles adultes s'attaquant à des larves de deuxième stade d'Aedes ont été observés. Là encore, les femelles adultes prennent le plus souvent la fuite face à des proies mesurant le double de leur taille. Rappelons que la taille des larves de premier stade est proche de celle du prédateur en longueur (environ 1,5 mm), mais la forme des deux animaux est très différente.

53 4.4.3.4. Effet du port des oeufs par les femelles

Un lot de 18 femelles adultes ovigères, et un autre de 18 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés à jeûner durant deux heures. Chaque femelle a reçu cinq larves d'A. aegypti âgées de une heure.

L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée à l'obscurité dans des boîtes en polyéthylène à six puits.

Les différences observées entre les nombres de larves tuées et les proportions de larves ingérées selon l'état ovigère ou non des prédateurs ne sont pas significatives (tableaux 6 et 7).

4.4.3.5. Effet de l'âge et de l'état nutritionnel des larves de moustiques

Trois lots de 18 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés àjeûner durant une heure. Chaque femelle a reçu cinq larves de premier stade deA. aegypti non nourries âgées de une heure; cinq heures et 24 heures selon les lots. L'éclosion des larves est accélérée sous vide afin d'obtenir une bonne synchronisation des âges. L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée dans des plaques en polyéthylène à six puits et dans l'obscurité. La même expérience a été réalisée avec des larves âgées de une heure, sept heures et 34 heures nourries depuis leur éclosion avec une solution de poudre de foie de veau (5 g/l) dans l'eau. Les larves nourries depuis 37 heures sont probablement très proche du passage au deuxième stade.

Toutefois, la mue permettant se passage conduitàune augmentation de taille très nette, et beaucoup plus importante que celle qui est observée au cours du premier stade.

A la lecture des tableaux 8 et 9, l'âge des larves de moustiques et leur état nutritionnel ne semblent pas influer sur le nombre capturé parM. aspericomis. En ce qui concerne les quantités absorbées, une différence non significative mais proche de la signification est observée entre les larves nourries et non nourries durant 7 et 34 heures.

La taille des larves intervient ici, les larves nourries étant ingérées en quantités moindres car elles sont de plus grande taille.

4.4.3.6. Efficacité de la prédation en fonction de l'espèce de moustique

Deux lots de 18 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés àjeûner durant deux heures. Chaque femelle a reçu cinq larves d'A. po!ynesiensis ou d'A. aegypti âgées de une heure. L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée dans des plaques en polyéthylène à six puits et à l'obscurité.

La comparaison du nombre de larves de A. po/ynesiensis et A. aegypti tuées et absorbées (tableaux 10 et 12) ne permet pas de constater de différences significatives.

Les distributions de fréquences sont de plus très proches.

Ces résultats sont liés à la similitude des comportements et des tailles pour les deux espèces.

Une autre expérience a été réalisée avec un lot de 10 femelles adultes non ovigères laissées à jeûner durant 24 heures. Cette expérience a été réalisée à la lumière dans des boîtes de Pétri de diamètre égal à 32 mm avec cinq larves d'A. aegypti mélangées à cinq larves de C. quinquefasciatus. La durée de mise en présence est de une heure.

Lorsque le Copépode est mis en présence d'un mélange de larves d'A. aegypti et de Culex, les larves d'Aedes sont capturées en quantité significativement supérieure à celle de Culex (Tableaux 11 et 12). Les larvesd'Aedes sont tuées en quantité équivalente quand elles sont seules ou avec des larves de Culex. La proportion de larves de Culex consommées est toutefois nettement supérieure à celle des larves d'Aedes.

Une expérience a aussi été réalisée en boîte de Pétri de diamètre 32 mm avec des larves d'A. aegypti de C. quinquefasciatus et d'A. po/ynesiensis tuées par un passage rapide à la chaleur. Cette expérience a été prolongée durant trois heures à la lumière.

Les larves présentant des lésions visibles ont été considérées comme attaquées lors de l'examen des résultats.

Les quantités attaquées et consommées permettent de constater que M aspericomis est apte à consommer des proies mortes (tableau 13). Les larves d'Aedes sont plus attaquées que les larves de Culex (tableaux 13 et 14). Les différences de comportement entre les espèces de moustiques ne sont donc pas déterminantes à elles seules pour expliquer les différences de nombre de larves attaquées. Les proportions de larves d'Aedes mortes ingérées sont très supérieures à celles de larves d'Aedes vivantes (voir par exemple le tableau 12 pour la consommation des larves vivantes).

4.4.3.7. Densité des proies

La densité des proies est déterminée dans cette expérience par la taille du récipient pour une quantité constante de proies. Trois lots de 10 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés à jeûner durant six heures. Chaque femelle a reçu cinq larves d'A. aegyptiâgées de une heure. L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée à la lumière dans des boîtes de Pétri en verre

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de diamètres 32 mm; 70 mm et 89 mm. Chaque boîte est complétée d'eau de manière à conserver une profondeur constante quel que soit son diamètre.

Le nombre de larves tuées ne varie pas significativement avec le diamètre du récipient, et donc avec la densité (tableau 15 et 16). Seule une diminution du nombre de larves tuées est observable, associée à une augmentation du coefficient de variation. La proportion de larves absorbées croit avec l'augmentation de diamètre du récipient d'expérience, mais les différences observées ne sont pas significatives. L'absence de variation du nombre de larves tuées avec la densité signifie probablement que les densités utilisées ne sont pas suffisamment faibles pour limiter le nombre de rencontres prédateurs-proies durant le temps imparti.

Une autre expérience a été réalisée avec des densités de proies plus importantes pour estimer les capacités maximales de prédation de M. aspericomis. Trois lots de 10 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés à jeûner durant six heures. L'expérience, d'une durée exceptionnelle de 24 heures, a été réalisée dans des boîtes de Pétri en verre de diamètre 32 mm. L'alternance jour-nuit naturelle a été maintenue. Dans le premier lot, les femelles ont été mises en présence de 20 larves d'A. aegypti. Dans le second lot, chaque femelle a reçu 40 larves d'A. aegypti. Un lot identique au deuxième a été réalisé, mais en boîte de Pétri de diamètre 70 mm.

Une autre expérience a été réalisée avec des femelles laissées à jeûner durant 24 heures, et dans des plaques de polyéthylène à six puits. Les trois lots de 20 femelles ont été mis en présence de 5; 10 et 20 larves d'A. aegypti âgées de 5 heures pour chaque femelle. L'expérience s'est prolongée là encore durant 24 heures.

Les quantités de larves tuées en 24 heures sont toujours proches du maximum possible pour 5, 10 et 20 larves (tableau 17). Avec 40 larves, le maximum possible est probablement atteint. Laquantité de larves tuées est inférieure dans la boîte de Pétri de plus grand diamètre.

4.4.3.8. Forme du gîte larvaire

Deux lots de 10 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés à jeûner durant 20 heures. Chaque femelle a reçu cinq larves d'A. aegypti d'âge indéterminé (éclosions non synchronisées). L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée à la lumière dans des boîtes de Pétri en verre de diamètre 32 mm ou dans des tubes à hémolyse en verre. Chaque récipient a été complété d'un volume égal d'eau (environ 4ml).

La même expérience a été réalisée en parallèle avec des larves de C. quinquefasciatus etd'A. polynesiensis.

Le nombre de larves d'Aedes tuées ne varie pas significativement avec la forme du récipient (boîte de Pétri ou tube à hémolyse contenant un même volume d'eau) (tableaux 18 et 19). En ce qui concerne les larves deCulex, le nombre de larves tuées est presque significativement supérieur en boîte de Pétri. Le coefficient de variation est très important pour les captures de larves de Culex en tube à hémolyse. La proportion de larves absorbées ne varie pas significativement avec la forme du récipient quelle que soit l'espèce de moustique.

Les comparaisons entre espèces montrent là encore que les larves de Culex sont significativement moins tuées que les larves d'Aedes, quelle que soit la forme du récipient (tableau 20). Elles sont cependant ingérées en quantité significativement plus importante que les larves d'Aedes dans les boîtes de Pétri.

4.4.3.9. Présence ou absence de lumière dans le gîte larvaire

Deux lots de 10 femelles adultes non ovigères ont été prélevés dans une population d'élevage, puis laissés à jeûner durant 20 heures. Chaque femelle a reçu cinq larves de C. quinquefasciatus d'âge indéterminé. L'expérience, d'une durée de une heure, a été réalisée dans des boîtes de Pétri en verre de diamètre 32 mm. Le premier lot est maintenu à la lumière pendant la durée de l'expérience, et le second à l'obscurité.

La même expérience a été réalisée pendant une durée de deux heures.

Une autre expérience a été réalisée de la même manière avec des femelles laissées à jeûner durant six heures, et dans des boîtes de Pétri de diamètre 89 mm avec des larvesd'A. aegyptiet une heure de mise en présence.

Une expérience identique a aussi été réalisée en boîte de Pétri de diamètre 32 mm avec des larvesd'A. polynesiensis, avec une heure de mise en présence.

Les quantités de larves tuées et les proportions de larves absorbées ne sont pas significativement différentes avec ou sans lumière lors de l'expérience (tableaux 21 et 22). Il est donc raisonnable de supposer que le prédateur ne chasse pas à vue.