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ESSAI DE LUTIE BIOLOGIQUE EN CONDITIONS REELLES

5.1. INTRODUCTION

Bien qu'abritant de nombreuses espèces de moustiques, les terriers de crabes terrestres n'ont que rarement fait l'objet d'essais de lutte biologique (BRUCE- CHWATI et FITZ-JOHN, 1951).La difficulté d'accès des chambres en eau des terriers servant de gîtes larvaires rend difficile et onéreuse l'application de produits anti-crabes ou anti-moustiques. La lutte contre les crabes terrestres apparaît par ailleurs délicate compte tenu de ses implications possibles au niveau des équilibres lagonaires où les stades larvaires des crabes interviennent dans le réseau trophique. La lutte biologique apparaît dans ce cas comme une méthode de choix pour la lutte anti-Iarvaire. Les essais de lutte biologique réalisés par GARDNER et al. (1986) en utilisant le champignon pathogèneTolypocladium cylindrosporum se sont cependant soldés par un échec.

En Polynésie, les travaux de RIVIERE et al. (1987) ont montré la possibilité d'utilisation du Copépode prédateur Mesocyclops aspericomis pour la lutte contre A. polynesiensis dans les terriers du crabe terrestre Cardisoma camifex. Ces terriers constituent les gîtes larvaires principaux sur les îlots d'atolls et ils peuvent être extrêmement nombreux. KLEIN et RIVIERE (1982) estiment ainsi que l'atoll de Mataiva recèle deux terriers par mètre carré sur une bande de 100 mètres de largeur et 28 kilomètres de longueur. Les travaux de RIVIERE etal. (1987) ont été continués par LARDEUX qui a réalisé de 1987 à 1989 un essai de lutte biologiqueà une échelle plus importante. En effet, M. aspericomis a été introduit dans tous les terriers (environ 20000) d'un îlot de 30 hectares, et l'impact de son introduction sur les populations larvaires et adultes deA. polynesiensis a été examiné pendant une année, avec un îlot voisin comme témoin. L'efficacité du traitement a été estimée par captures de moustiques adultes sur appât humain, et prélèvements de la faune des terriers de crabe.

Cette estimation a été réalisée trois, six, neuf et douze mois après traitement.

Les résultats obtenus ont été décevants. L'absence d'impact de l'introduction du prédateur sur la densité des moustiques adultes semble liée à la difficulté de persistance du prédateur dans les terriers (LARDEUX, 1990).

C'est à l'occasion du contrôle réalisé une année après traitement que nous avons eu l'opportunité d'examiner les raisons de cette disparition.

Nous avons tenté de déterminer les facteurs qui sont à l'origine de la disparition du Copépode d'une partie des terriers. L'impact de l'introduction du Copépode sur la faune non cible a aussi été evalué.

Pour cela, le contenu des terriers a été examiné plus précisément que lors des contrôles antérieurs. A cet examen de la faune des terriers ont été adjointes quelques mesures de paramètres physico-chimiques a priori signifiantes.

5.2.MATERIEL ET METHODES 5.2.1. Le site

L'îlot où a été réalisée la présente étude est situé dans l'atoll de Rangiroa (archipel des Tuamotu), lui même situé à environ 300 km au nord-ouest de Tahiti (fig. 1).

Rangiroa est un atoll caractéristique, composé d'une ceinture d'îlots disposés autour d'un lagon peu profond. Les surfaces émergées sont le résultat de l'accumulation de matières sédimentaires coralliennes ou coquillières déposées sur la partie interne du récif barrière qui s'est formé sur le sommet d'un volcan submergé.

L'atoll de Rangiroa est le deuxième atoll du monde de par ses dimensions (plus de 80 km de long sur 40 km de large); L'île de Tahiti pourrait tenir toute entière à l'intérieur du lagon.

L'îlot d'étude (dénommé Tereia) et le témoin sont situés à l'est de l'atoll (147°57'W - 15° O4'S) (fig. 2).

Tereia est un îlot de forme approximativement rectangulaire (fig. 3), de 500 m (façade lagon ou océan) sur 650 m. Sa superficie est d'environ 33 hectares. Sa géomorphologie est typique d'un îlot d'atoll: la terre est peu surélevée par rapport au niveau de la mer (quelques mètres), légèrement inclinée dans le sens océan-lagon, avec les zones les plus basses du coté du lagon.

L'îlot situé au sud de Tereia, de superficie plus importante, a été choisi par LARDEUX (1990) comme témoin. Il peut en effet être considéré des points de vue faunistique et morphologique comme identique àl'îlot traité. Ces deux îlots sont séparés par un chenal large de 10à50 mètres qui autorise la liaison entre le lagon et l'océan lors des fortes marées.

Les deux îlots peuvent être subdivisés en deux faciès principaux présentant des superficies équivalentes:

- Une cocoteraie située sur la face lagonaire. Ces cultures sont plus ou moins entretenues selon les parcelles. Lavégétation est clairsemée et le sol meuble, ce qui permet aux crabes d'y creuser de nombreux terriers. D'anciennes fosses destinées àla culture du taro subsistent dans cette zone. Des mares y sont aussi présentes.

- Une zone de maquis arbustif, difficilement pénétrable, sur la face océanique des îlots.

Cette zone est peu propice à l'installation des crabes compte tenu de la nature rocheuse du sol. L'altitude moyenne de cette zone est de plus supérieure à celle de la précédente, et la nappe phréatique située plus profondément.

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Figure 1: Carte de la Polynésie Française avec situation de l'atoll de Rangiroa (archipel des Tuamotu).