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2. GENERALITES

4.2 RESISTANCE A LA SALINITE

4.3.4. DISCUSSION-CONCLUSION

Les précédents résultats nous permettent de calculer la durée totale de développement, égale à la somme de la durée d'interponte, de la durée de port des oeufs et de la durée du développement du premier stade nauplien à l'adulte. La durée moyenne de développement du mâle est dans nos conditions d'élevage égale à 10,96 jours. Cette durée s'élève à 13,55 jours chez la femelle.

Ces résultats ne sont que des ordres de grandeur compte tenu des approximations effectuées (fréquence des observations assez faible). La méconnaissance de la disponibilité de la nourriture en milieu naturel ou en conditions de lutte biologique empêche la transposition directe des résultats au milieu naturel. Cependant, la durée du cycle complet deM. aspericomis a été évaluée à 22 jours en moyenne par RIVIERE et THIREL (1981) dans des conditions non précisées. Nos conditions d'élevage sont donc probablement satisfaisantes au vu des résultats obtenus. La durée de développement juvénile (nauplii + copépodites) deM. leuckartidéterminée par GRAS et SAINT-JEAN (1981) est de 33 jours à 24°C, et de 5,8 jours (pour les femelles) à 30°C. Ces valeurs sont àcomparer avec les 8,45 jours de développement juvénile deM. aspericomis (femelle) à 25°C. Les durées de développement sont donc assez proches. MONAKOV (1958) (in BURGIS, 1971) estime la durée de développement entre l'éclosion et la maturité à 10 à 16 jours chez M. leuckarti à 27°C. L'effet des facteurs extérieurs sur la durée du développement ne doit pas être négligé. SPINDLER (1971a) montre ainsi l'effet de la température et de la durée du jour sur la durée du développement chezCyC!ops vicinus.

Les élevages collectifs réalisés ici montrem que beaucoup de femelles de M. aspericomis atteignent l'âge adulte en moins de 7 jours, soit plus rapidement qu'en élevage individuel. Ceci peut être relié à la différence des températures d'élevage, ou encore àla différence de disponibilité de la nourriture.

Les résultats concernant les capacités de reproduction indiquent une variabilité importante des durées mesurées, celle-ci étant probablementàrelier aux faibles effectifs utilisés, et à l'utilisation d'individus d'âges variables. Le nombre de femelles ayant pondu (8/20) ne donne probablement qu'une estimation très vague de la proportion de femelles fécondées en milieu naturel. L'ingestion de larves de moustiques semble favoriser la formation des sacs ovigères, mais cette constatation demanderait à être confirmée par des observations quantitatives. Un âge trop important, ou l'absence de fécondation sont les raisons qui peuvent être avancées pour expliquer la proportion réduite de femelles ayant pondu.

Concernant les capacités de ponte, une femelle peut produire dans sa vie environ 110 adultes de première génération (produit du nombre moyen d'individus atteignant

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l'âge adulte ou copépodite cinq par le nombre moyen de pontes possibles) dans les conditions d'élevage utilisées ici.

Là encore, les conditions d'élevage peuvent avoir un effet sur les taux de reproduction observés. GOPHEN (1976) montre ainsi un effet de la température sur le taux de reproduction, et obtient 4 pontes à 27°C chez M leuckarti. Ce résultat est très comparable à ce qui est obtenu ici.

La durée d'interponte observée est égale en moyenne à 81,6 heures, ce qui est là encore très proche de celle qui est observée par GRAS et SAINT JEAN (1969) qui trouvent chezM. leuckarti une moyenne de 99 heures (comprise entre 63 et 109 heures).

SPINDLER (1971b) montre que la lumière intervient dans le rythme de production des oeufs chez Cyclops vicinus. GOPHEN (1978) décrit une périodicité dans la production des oeufs qui n'a pu être observée ici compte tenu de la fréquence réduite d'observation.

La fréquence des pontes, ainsi que leur nombre constituent à nos yeux des paramètres importants au niveau de l'efficacité de l'introduction des Copépodes dans les gîtes. En effet, les populations introduites semblent constituées en majorité de femelles adultes, qui sont les moins difficiles à capturer avec une poire en caoutchouc pour la préparation des doses à introduire dans les gîtes, parce qu'elles sont plus visibles (les oeufs contenus dans les canaux ovigères sont très visibles par transparence). Les potentialités de ces femelles à recréer une population complète après introduction reposent principalement sur leur aptitude à pondre plusieurs fois à partir d'une seule copulation.

Le sex-ratio est toujours favorable aux femelles lorsque les individus sont groupés au long de leur développement. Les observations' en conditions moinS artificielles réalisées dans un pneu (chapitre 3) montrent de même un déficit de mâles dans la population. Toutefois, le sex-ratio est égal à un lors de l'élevage individuel.

SMYLY (1970) montre que des mâles d'Acanthocyclops viridis sont tués par les femelles. Ceci peut être une explication à la quantité réduite de mâles dans le milieu lors des élevages collectifs. Cette hypothèse pourrait permettre d'expliquer pourquoi les mâles arrivent à maturité avant les femelles et pourquoi une seule copulation suffit à produire plusieurs pontes. La consommation du mâle apporterait de plus un complément alimentaire à la femelle lorsqu'elle doit produire sa première ponte. Cette explication ne saurait toutefois expliquer pourquoi le déséquilibre mâles-femelles existe dès le stade copépodite cinq dans des populations ne contenant quasiment pas d'adultes comme c'est la cas dans certains gobelets. D'autres facteurs doivent donc être envisagés pour expliquer ce déséquilibre.

MONAKOV (1965) montre que le sex-ratio est influencé par la température ambiante. Il constate que la proportion de mâles augmente avec la température chez Macrocyclops albidus.

GOPHEN (1979) montre par ailleurs que le sex-ratio varie au cours de l'année chezM. leuckarti.

Les influences multiples de facteurs extérieurs, qui ne sont pas maîtrisables en conditions de lutte biologique, devront par contre être prises en compte en cas d'essai d'élevages de masse. Celles-ci ne sont cependant pas seules à intervenir dans ce cas.

Parmi les améliorations possibles de l'élevage, la diminution du cannibalisme pourrait être obtenue en séparant les nauplii des femelles adultes dès leur libération. Le dispositif proposé par VIJVERBERG (1989), permet d'arriver àcette fin. Les femelles adultes y sont maintenues dans un compartiment grillagé du récipient d'élevage. La maille du grillage est choisie de manière à ne pouvoir laisser passer que les nauplii qui se trouvent ainsi isolés des femelles adultes.

Le cannibalisme peut cependant présenter un avantage lors de l'implantation de l'espèce dans un milieu pauvre en matières nutritives. En effet, il peut permettre aux adultes d'accéder indirectement à des ressources nutritionnelles que seules les nauplii peuvent exploiter.

En conclusion, M. aspericomis présente des capacités de développement analoguesàcelles d'autres espèces du groupeM. leuckarti s.l..

La possibilité de produire plusieurs pontes à partir d'une seule copulation est la qualité du prédateur la plus appréciable en vue de son utilisation dans la lutte biologique, car elle favorise son implantation dans les gîtes à moustiques àpartir d'une quantité réduite d'individus.