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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Culem, C. (1987). Performances à l'exportation, structure industrielle et compétitivité dans une petite économie ouverte à la dérive: le cas de la Belgique, 1970-1980 (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences sociales, politiques et économiques, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/213455/1/9befaa97-c897-4d65-9c41-d25f21d79b1a.txt

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(2)

Université Libre de Bruxelles

Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Economiques Ecole de Commerce Solvay

•PERFORMANCES A L’EXPORTATION,

STRUCTURE INDUSTRIELLE ET COMPETITIVITE dans une petite économie ouverte à la dérive

Le cas de la Belgique, 1970 - 1980

par Claudy Culem

•5''^ AJTORISÉE

Thèse de doctorat

dirigée par le Professeur Jean Waeibroeck et présentée en vue de l’obtention du titre de

Docteur en Economie Appliquée

(3)

Université Libre de Bruxelles

Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Economiques Ecole de Commerce Solvay

PERFORMANCES A L’EXPORTATION,

STRUCTURE INDUSTRIELLE ET COMPETITIVITE dans une petite économie ouverte à la dérive

Le cas de la Belgique, 1970 - 1980

par Claudy Culem

COMMUNICATIOÎ'J AUI

6'RIV

Thèse de doctorat

dirigée par le Professeur Jean Waelbroeck et présentée en vue de Tobtention du titre de

Docteur en Economie Appliquée

1987

O

(4)

A Olivier, A sa maman, A mes parents.

(5)

REMERCIEMENTS

Nos plus vifs remerciements s’adressent en priorité au Professeur Jean Vaelbroeck qui a dirigé nos travaux. Cette thèse n'aurait assurément jamais vu le Jour sans ses encouragements, ses conseils et ses suggestions.

Nous sommes reconnaissant au CIM (Collège Interuniversitaire d'Etudes Doctorales dans les Sciences du Management) pour son appui financier sous la forme d'une bourse doctorale de trois ans. Sans elle, cette thèse n'aurait tout simplement pas pu être envisagée. Nous remercions aussi le SPPS (Services de Programmation de la Politique Scientifique), maître d'oeuvre de nos premiers travaux sur le commerce extérieur belge.

L'hospitalité du CEME (Centre d'Economie Mathématique et d'Econométrle) nous a permis de poursuivre nos recherches dans un environnement dynamique et stimulant. Que ses Présidents successifs, les Professeurs Victor Ginsburgh et André Farber, reçoivent ici le témoignage de toute notre gratitude.

Notre reconnaissance va encore aux Professeurs de l'Ecole de Commerce Solvay et de la Maîtrise en Econométrie, pour le savoir et le savoir-faire qu'ils nous ont transmis, ainsi que notre sympathie à Serge Boute, Simon Erlich et Guy Mélard pour leur assistance en Informatique.

Enfin, nous remercions le Professeur Mark Casson de l'Unlversity of Reading et le Professeur Alasdalr Smith de l'Unlversity of Sussex en Grande- Bretagne pour l'accueil qu'ils nous ont réservé au sein de leurs Universités respectives.

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• «

I

(6)

TABLE DES MATIERES

Chapitre I. Introductloo 1

Chapitre II. Fondeaents théoriques 6

Taux de change et formation des prix industriels 7 Compétitivité et parité des pouvoirs d'achat 9

Théories de la dévaluation 13

Modèle de politique keynésienne

A. La loi du prix unique est d'application 16 B. La loi du prix unique n'est pas d'application 19

Notes 24

Références 25

Chapitre III. Contexte historico-économique 27

Notes 34

Appendices 35

Chapitre IV. Structure des exportations, compétitivité

et avantages comparatifs 36

Section 1

Analyse des performances relatives à l'exportation

1. Introduction 37

2. Méthodologie 38

3. Résultats

3.1 La structure des exportations de biens manufacturés et son évolution entre 1970-73

et 1980 (analyse à prix constants) 41 3.2 Exportations effectives de la Belgique et

exportations hypothétiques selon le modèle CEE:

analyse à prix constants 45

3.3 Exportations effectives de la Belgique et

exportations hypothétiques selon le modèle CEE:

analyse à prix courants 49

3.4 Comparaison des résultats globaux en volume

et en valeur 54

4. Conclusion 56

Annexe statistique, Notes, Références 58 Section 2

Avantages comparatifs révélés

1. Introduction 59

2. Méthodologie

Variable dépendante 59

Le modèle 60

Variables explicatives 61

(7)

L'échantillon 69 3. Résultats

Avantages comparatifs révélés 69

Performances à l'exportation et

restructuration industrielle 76

Les secteurs industriels menacés par les

importations 84

4. Conclusion 89

Notes 91

Références 92

Chapitre V. _ Modélisation des échanges extérieurs

de biens manufacturiers 93

1. Introduction 94

2. Méthodologie

L'échantillon 95

Le modèle 96

Méthodes d'estimation 100

3. Résultats

Exportations 102

Importations 110

Politique du taux de change 110

Formation des prix et parts de marchés à

l'exportation 112

4. Conclusion 114

Notes 116

Références 118

Chapitre VI. Implications de la politique du taux de change 119 Section 1

Effets-prix d'un changement de parité

1. Introduction 120

2. Méthodologie 122

3. Résultats 127

Secteurs non concurrentiels 127

Secteurs concurrentiels 130

Termes de l'échange 135

4. Conclusion 136

Note 137

Section 2

Modélisation de l'économie belge et simulation de politiques alternatives

1. Introduction 138

2. L'échantillon 139

3. Le modèle 140

Commerce extérieur 142

Production 146

Consommation 149

Secteur non manufacturier (abrité) 150

- III -

(8)

Marché du travail 151

Identités macroéconomiques 151

Spirale salaires-prix 152

4. Estimation des équations de comportement 153 5. Simulation de politiques économiques 162 Simulation de référence du modèle 164

5.1 Effets d‘une dévaluation 164

Simulation d'une dévaluation du franc 165 Simulation d'une dévaluation avec mesures

d'accompagnement 169

Effets à court terme 171

Simulations sur base d'une élasticité-prix

de la demande d'exportations de -2 174 5.2 Politique économique et chocs pétroliers 176

Franc fort ou franc faible 177

Politique des revenus 182

La faute au pétrole !? 184

6. Conclusion 189

Appendices

1. Méthodologie des simulations 197

2. Calcul du salaire disponible 199

3. Importations de matières premières et

dévaluation 200

4. Structure des coûts de production 201 5. Simulation de l'absence de chocs pétroliers 202 Annexe statistique

A. Caractéristiques structurelles des secteurs 203

B. Sources des données 204

Notes 205

Références 209

Chapitre VII. Investissements directs étrangers (IDE) 211 Section 1

Pourquoi les multinationales - Revue de la littérature 1. Introduction

2. Approches macroéconomiques 2.1 Rentabilité du capital 2.2 Taux de capitalisation

2.3 Rentabilité de l'investissement

3. Approches relevant de la théorie de la firme 3. 1 Protection des parts de marché

3.2 Concurrence imparfaite et contrôle 3.3 Internalisation de marchés imparfaits 3.4 Approche éclectique

3.5 Exportations ou production à l'étranger 4. Conclusion

Notes

Bibliographie sélectionnée

212 213 214 216 218 220 224 228 230 232 233 234

(9)

Section 2

Les facteurs de localisation des investissements directs entre pays industrialisés

1. Introduction 236

2. Méthodologie

2.1 L'échantillon 237

2.2 Variable dépendante 237

2.3 Prise en compte des imperfections de mesure

des flux d'IDE 239

2.4 Les déterminants de la localisation des IDE 240

2.5 Le modèle 242

2.6 Méthodes d'estimation 244

3. Résultats 244

3.1 Flux bilatéraux d'IDE entre pays

industrialisés (échantillon complet) 245

3.2 IDE américains dans la CEE 248

3.3 IDE européens aux Etats-Unis 251

3.4 IDE intra-européens 253

4. Conclusion 255

Appendice 257

Notes 260

Références 261

Section 3

Attraction et place des IDE dans l'économie belge 263 1. Introduction

2. Place des affiliés de multinationales dans

l'industrie manufacturière 263

3. Attraction des investissements directs étrangers 269

4. Conclusion 272

Références 274

Chapitre VIII. Conclusion générale 275

Appendice général 286

V

(10)

LISTE DES TABLEAU! ET GRAPHIQUES

Chapitre III.

Graphique 1 - Evolution de l'affectation du PNB (en %) 29 Graphique 2 - Evolution relative des prix intérieurs

et du coût salarial 31

Graphique 3 - Evolution des marges bénéficiaires 31 Graphique 4 - Coût salarial et variables d'ajustement 31 Graphique 5 - Taux de change effectif et position compétitive 33 Tableau 1 - Evolution de l'affectation du PNB 35 Tableau 2 - A. Evolution des prix et du coût salarial 35 B. Evolution du chômage et de la productivité 35 Tableau 3 - Evolution relative des prix intérieurs 35

Chapitre IV - Section 1

Tableau 1 - Comparaison des structures d'exportation de biens manufacturés de la Belgique et de la CEE

et de leurs évolutions entre 1970-73 et 1980 43 Tableau 2 - Ecarts de parts de marchés et de structure

entre la Belgique et la CEE en 1980;

analyse à prix constants 46

Tableau 3 - Ecarts de structure par secteurs entre la Belgique et la CEE en 1980: analyse à prix

constants 48

Tableau 4 - Ecarts de parts de marchés et de structure entre la Belgique et la CEE: analyse à prix

courants 51

Tableau 5 - Comparaison des résultats globaux 55 Chapitre IV - Section 2

Tableau 1 - Intensité d'utilisation des facteurs de

production dans les secteurs industriels 64 Tableau 2 - Taux effectifs de protection (TEP) des

secteurs manufacturiers belges en 1970 et

1975 (%) 67

Tableau 3 - Dotations de facteurs de production 70 Tableau 4 - Facteurs Influençant la spécialisation

relative â l'exportation de la Belgique 72 Tableau 5 - Facteurs influençant la spécialisation

relative à l'exportation de la Belgique

vls-â-vis de quatre groupes de PVD en 1978-80 74 Tableau 6 - Facteurs Influençant le taux de croissance de

la spécialisation relative à l'exportation

de la Belgique entre 1970-72 et 1978-80 75 Tableau 7 - Secteurs industriels belges par ordre

décroissant de ACE en 1978-80 77

Tableau 8 - Secteurs industriels belges par ordre

décroissant de ÔACR 79

(11)

62 Tableau 9 - Secteurs de pointe et intensité d'utilisation

des facteurs de production

Tableau 10 - Facteurs de production les plus menacés par

les importations: Belgique 1978-80 86 Tableau 11 - Position concurrentielle des PVD sur le

marché belge 88

Chapitre V

Tableau 1 - Modèle concurrentiel d'exportations 103 Tableau 2 - Modèle concurrentiel contraint d'exportations 105 Tableau 3 - Modèle non concurrentiel d'exportations 108

Tableau 4 - Demande d'importations 111

Chapitre VI - Section 1

Tableau 0 - Identification des secteurs concurrentiels (C)

et non concurrentiels (SC) 121

Tableau 1 - Impact d'une dévaluation de VU sur le prix

domestique des secteurs non concurrentiels (en %) 128 Tableau 2 - Impact d'une dévaluation de VU sur le profit

des secteurs concurrentiels (en points de %) 132 Tableau 3 - Impact sur les prix domestiques d'un

accroissement de VU du salaire nominal 134 Chapitre VI - Section 2

Tableau 4 - Les variables du modèle 141

Tableau 5 - Le modèle 144

Tableau 6 - Estimation des équations de comportement 157 Tableau 7 - Simulation d'une dévaluation de 10% en 1972:

effets à l'horizon 1980 167

Tableau 8 - Simulation d'une dévaluation de 10% en 1972:

effets à l'horizon 1972 172

Tableau 9 - Simulation d'une dévaluation de 10% en 1972:

effets à l'horizon 1980 sous l'hypothèse d'une élasticité-prix moyenne de la demande

d'exportations de -2 175

Tableau 10 - Politiques économiques alternatives simulées

à l'horizon 1980 179

Tableau 11 - Politiques économiques alternatives simulées à l'horizon 1980 sous l'hypothèse d'une élasticité-prix moyenne de la demande

d'exportations de -2 181

Tableau 12 - Simulations du volume du chômage en 1980 186 Tableau 13 - Simulations du solde de la balance commerciale

des produits manufacturiers en 1980 188 Tableau 14 - Comparaison des effets en % d'une dévaluation

de 10% du franc dans notre modèle (CC) et

dans Breughel II (BII) 192

Figure 1 - Structure du programme de simulation 198

VIT -

(12)

Chapitre VII Section 2

Tableau 1 - Déterminants de la localisation des IDE

entre pays industrialisés 246

Tableau 2 - Déterminants de la localisation des IDE

américains dans la CEE 249

Tableau 3 - Déterminants de la localisation des IDE

européens aux USA 252

Tableau 4 - Les déterminants de la localisation des IDE

intra-européens 254

Tableau 5 - Matrice de corrélation: échantillon complet 257 Tableau 6 - Matrice de corrélation: échantillon relatif

aux IDE US dans la CEE 257

Tableau 7 - Matrice de corrélation: échantillon relatif

aux IDE de la CEE aux USA 257

Tableau 8 - Matrice de corrélation: échantillon relatif

aux IDE intra-européens 258

Tableau 9 - Corrélations contemporaines 00.50 en valeur absolue) des résidus des estimations par moindres carrés simples (échantillon complet) 258 Tableau 10 - Les déterminants de la localisation des IDE US

dans la CEE - Variable dépendante : IDEab

(pas de transformation) 259

Chapitre VII - Section 3

Tableau 1 - Participation étrangère dans l'industrie

manufacturière belge 264

Tableau 2 - Taille des entreprises et contrôle étranger 265 Tableau 3 - Contribution des affiliés étrangers au chiffre

d'affaires et aux exportations de l'industrie

manufacturière belge 266

Tableau 4 - Motivations des investissements directs

étrangers en Belgique 1968-76 268

Tableau 5 - Déterminants de la localisation des

Investissements directs étrangers en Belgique 270 Tableau 6 - Déterminants de la localisation des

investissements directs belges à l'étranger 271

Appendice général Tableau Tableau

1 - Liste des secteurs manufacturiers 2 - Agrégation des codes ISIC

286 287

(13)

CHAPITRE I

UTRODUCTIOI

L'économie belge montre au cours des années 1970-80 d'inquiétants signes d'essouflement. En particulier, la qualité médiocre de ses performances à l'exportation et la perte subséquente de parts de marchés sont attestées par nos travaux. Il ne s'agit toutefois là que de symptômes dont l'analyse n'est vraiment intéressante que si elle est poussée plus avant et qu'elle cherche à identifier le mal sous-jacent et ses causes profondes. Voilà cerné l'objet de cette thèse de doctorat.

On peut discerner deux types de causes potentielles au mal belge des années 70, les unes structurelles et les autres conjoncturelles. Sous l'angle structurel d'abord, on observe un tissu industriel vieilli dont les spécialisations ne cadrent plus guère avec les avantages comparatifs nouveaux du pays, en particulier depuis l'avènement sur la scène internationale de ce qu'il est convenu d'appeler les Nouveaux Pays Industrialisés. On utilise diverses techniques et approches pour tenter de déceler d'éventuels indices de restructuration et de reconversion industrielle positive. Entre autres, on se propose de quantifier les possibles effets restructurants de la politique de franc fort poursuivie par la Banque Nationale.

1

(14)

D'un point de vue conjoncturel, l'économie belge, doit absorber le double choc pétrolier de 1973 et de 1979-80 en même temps qu'une flambée salariale sans précédent, tout spécialement en 1975. Cette dernière n'est d'ailleurs pas sans lien avec le renchérissement du pétrole lui-même et avec le système d'indexation automatique des salaires. Pour sauvegarder ses réserves de change et atténuer l'incidence de l'inflation importée sur les coûts de production de l'industrie manufacturière, la Banque nationale mène au cours des années 70 une politique de franc fort, d'appréciation chronique de la monnaie (+18% en 1980 par rapport à 1970). L'incidence de cette politique, mais aussi de la surchauffe salariale et des chocs pétroliers est examinée soigneusement, tout spécialement sous l'angle de la balance des paiements, des performances à l'exportation de l'industrie manufacturière et de l'attraction des Investissements directs étrangers.

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On peut passer en revue plus en détail les diverses contributions de cette thèse. Indlquons-en au préalable la structure d'ensemble.

I. Introduction

II. Fondements théoriques

III. Contexte hlstorlco-économlque

IV. Structure des exportations, compétitivité et avantages comparatifs 1. Analyse des performances relatives à l'exportation

2. Avantages comparatifs révélés

V. Modélisation des échanges extérieurs de biens manufacturiers

VI. Implications de la politique du taux de change 1. Effets-prix d'un changement de parité

2. Modélisation de l'économie belge et simulation de politiques alternatives

(15)

VIL

1. Pourquoi les multinationales - Revue de la littérature

2. Les facteurs de localisation des IDE entre pays industrialisés 3. Attraction et place des IDE dans l'économie belge

Investissements directs étrangers (IDE)

VIII. Conclusion.

Le chapitre II passe en revue la littérature économique sous-jacente à nos travaux: taux de change et formation des prix industriels, compétitivité et parité des pouvoirs d'achat, théories de la dévaluation. Ensuite, le chapitre III s'attache à brosser un tableau économique d'ensemble de la Belgique et plus particulièrement de son Industrie manufacturière au cours de la décennie 1970-80, années riches s'il en est en perturbations économiques.

Les chapitres IV à VII présentent une succession de contributions originales. Dans la première section du chapitre IV, on commence par étudier la structure des exportations manufacturières belges. On fournit ensuite une quantification du "déficit" en 1980 de ces exportations par rapport à l'étalon CEE. Plus précisément, on calcule l'écart entre les exportations effectives de la Belgique en 1980 et ses exportations hypothétiques si elle avait bénéficié en 1970-73 d'une même structure d'exportations que la CEE et connu des taux de croissance sectoriels de ses exportations entre 1970-73 et 1980 Identiques à ceux de la CEE. Le "manque à gagner" est subdivisé en deux composantes, l'une liée à la compétitivité de la Belgique, l'autre à la structure relative de ses exportations. Dans la seconde section du même chapitre IV, on procède à l'identification des secteurs industriels dans lesquels la Belgique dispose d'un avantage comparatif révélé et des facteurs de production qui précisément lui confèrent un tel avantage. On tente d'apprécier dans quelle mesure les spécialisations industrielles belges sont en adéquation avec les avantages comparatifs objectifs du pays.

Dans le chapitre V, on s'étend sur la spécification et l'estimation d'équations simultanées d'offre et de demande d'exportations manufacturières pour la Belgique. Si les déterminants de la demande d'exportations sont bien connus (revenu, prix relatifs), la modélisation de l'offre n'a guère fait l'objet

3

(16)

de recherches jusqu'à présent. Comme facteurs explicatifs de cette dernière sont introduits le prix à l'exportation, le prix de vente domestique, la capacité de production et une variable qui mesure le rationnement des exportations sous la pression de la demande intérieure. La spécification d'une fonction d'offre d'exportations se Justifie a priori sous l'hypothèse de rendements d'échelle décroissants, une hausse du prix à l'exportation étant requise par tout accroissement de l'offre d'exportations. Ceteris paribus, un relèvement du prix de vente domestique tout comme une pression accrue de la demande domestique devraient détourner une fraction supérieure de la production manufacturière des chemins de l'exportation. Une équation de demande d'importations est en outre estimée sous l'hypothèse fondée pour un petit pays d'une élasticité-prix Infinie de l'offre d'importations. Les estimations permettent de Juger de la stabilité des échanges extérieurs de produits manufacturiers, d'apprécier la politique de prix des exportateurs belges, ainsi que l'évolution de la structure de leurs exportations comme de leurs parts de marchés à l'exportation au cours de la décennie 1970-1980.

La politique du taux de change constitue un thème central et fortement controversé de la politique économique belge des années 1970. Alors qu'un franc fort (la politique effectivement suivie par la Banque Nationale) permet une meilleure maîtrise du prix des importations, notamment de matières premières, il renchérit parallèlement les exportations en termes des devises étrangères, deux effets opposés sur le plan de la compétitivité internationale de l'industrie manufacturière. Le chapitre VI entend contribuer à la clarification de ce débat. Sur base d'un modèle mécanique reposant sur la décomposition du prix de vente en ses divers constituants, on évalue dans une première section les effets-prix d'un changement de parité. Dans la seconde section, on élabore un modèle de l'économie belge (17 équations) dans lequel sont privilégiés les aspects de commerce extérieur, de production ainsi que de formation des prix et des salaires. Le taux de change est exogène, ce qui permet de simuler l'impact de sa variation sur les prix, les échanges extérieurs, la production industrielle et l'emploi. On simule diverses politiques alternatives, ce qui permet de Juger du bien-fondé de la politique d'appréciation du franc. Enfin, on évalue l'incidence des chocs pétroliers ainsi que de la surchauffe salariale sur les performances macroéconomiques belges. Comme l'échantillon comporte des observations non seulement

(17)

chronologiques (1970 à 1980) mais aussi transversales <26 secteurs manufacturiers), il est possible d'appréhender l'impact de la politique du taux de change sur la structure de la production industrielle ainsi que des échanges extérieurs. On en vient ainsi à tester dans le cadre belge l'hypothèse selon laquelle un taux de change surévalué pendant une période prolongée a des effets restructurants.

Etant donné leur place dans l'économie belge, on aborde dans le chapitre VII le sujet des investissements directs étrangers et des entreprises multinationles. On essaie de mieux comprendre ce qui motive ces investissements, d'abord par une réflexion théorique (section 1), ensuite par le biais de travaux empiriques (section 2). Le champ d'observation de ces travaux recouvre les flux d'investissements directs multilatéraux entre six pays industrialisés (les Etats-Unis, la République Fédérale d'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique) au cours des années 1969-1982.

Le rôle de cinq facteurs d'attraction et de localisation des investissements directs étrangers est testé. Ces facteurs sont la taille et le taux de croissance du marché du pays hôte, les barrières aux échanges qui le protègent, le niveau de son coût salarial unitaire (qui tient compte du niveau du taux de change), ainsi que les flux d'exportations préalables vers ce pays hôte en provenance du pays d'origine de l'investisseur. Dans la section 3, on tente d'évaluer la contribution des sociétés sous contrôle étranger à l'activité industrielle et aux exportations belges, ainsi que les facteurs d'attraction propres à la Belgique en tant que pays hôte d'investissements directs étrangers. On cherche enfin à appréhender l'incidence de la politique de franc fort sur les flux d'investissements directs étrangers à destination de la Belgique au cours des années 70.

Le tout se termine par une conclusion dans laquelle les principaux enseignements et fruits de l'expérience accumulée au cours de la décennie 1970-1980 sont synthétisés.

5

(18)

CHAPITRE II

FOIDEMEITS THEORIQUES

Sont ici passés en revue les éléments théoriques qui sous-tendent les travaux des chapitres III à VI:

- taux de change et formation des prix industriels;

- compétitivité et parité des pouvoirs d'achat;

- théories de la dévaluation.

Il est à noter que le chapitre VII sur les investissements directs étrangers comporte sa propre section théorique.

(19)

Taux de change et formation des prix Industriels

Le taux de change (nominal) d'une monnaie "a" par rapport à une monnaie

"b" est par définition égal au nombre d'unités de "a" qu'il faut payer pour se procurer une unité de "b". Il est opportun de préciser d'emblée ce que l'on entend par une variation du taux de change. Les choses sont claires dans un cadre Institutionnel de taux de change fixes (Bretton Woods), la modification de la parité d'une devise par rapport au dollar (ou à toute autre devise) signifiant de facto la modification de même ampleur de sa parité par rapport à l'ensemble des autres devises du système. Des comparaisons Internationales des évolutions nationales de prix peuvent dans ce cas être réalisées en exprimant les différents prix nationaux en une monnaie commune quelconque.

Kals le régime de taux de change flottants en vigueur depuis 1971, qui méconnaît tout point fixe de référence et autorise les monnaies à évoluer en sens différents, nécessite l'Introduction et l'usage dans les comparaisons Internationales de prix du concept de taux de change effectif. Le taux de change effectif d'une monnaie répond à une définition très simple: c'est une moyenne pondérée de ses taux de change nominaux par rapport aux autres monnaies, les pondérations reflétant l'importance relative des échanges commerciaux du pays considéré avec ses divers partenaires. Lorsque nous évoquons cl-dessous des variations du taux de change d'une monnaie nationale, il faut comprendre qu'il s'agit de variations de son taux de change effectif dans la mesure où l'on raisonne dans un contexte de taux de change flottants.

Dans le même ordre d'idées, les termes de "dévaluation" et de "réévaluation"

n'ont de sens que dans un cadre de parités fixes et doivent être respectivement remplacés par "dépréciation" et "appréciation" si les taux de change sont flottants.

Dans le sillage du "modèle Scandinave" (Aukrust 1966), il est aujourd'hui usuel de faire la distinction au sein d'une économie ouverte entre secteurs abrités et secteurs exposés à la concurrence internationale, les seconds s'identifiant en première approximation à l'industrie manufacturière. Kervyn

<1979) relève trois hypothèses de formation des prix dang un secteur exposé à la concurrence internationale. Fous les passons successivement en revue et évaluons dans chaque cas l'Impact d'une variation du taux de change sur les prix nationaux à l'exportation et à l'importation.

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La loi du prix unique (ou du narcbé unique) suppose une concurrence parfaite sur tous les marchés et permet d'associer un prix mondial unique à chaque bien, quel que soit son lieu de production ou de vente. La présence de barrières naturelles (frais de transport) et artificielles (droits de douane, quotas, subsides, etc) au commerce international fait qu'il est toutefois plus correct de parler d'une hypothèse de variatloD unique des prix. Dans un tel contexte, une modification du taux de change affecte d'un même pourcentage les prix à l'exportation et à l'importation exprimés en monnaie nationale (leurs prix en devises n'étant pas modifiés) et laisse donc inchangés les termes de l'échange, c-à-d le rapport du prix à l'exportation au prix à l'importation.

La seconde hypothèse de formation des prix dans le secteur exposé est celle qui sous-tend la théorie classique de l'ajustement de la balance des paiements au travers des élasticités-prix (voir infra): les producteurs fixent leur prix de vente (en particulier à l'exportation) dans leur monnaie nationale et en tenant compte de leurs coûts de production. Il s'ensuit que toute variation du taux de change entraîne une variation de même proportion mais en sens contraire des termes de l'échange. (Une dévaluation conduit à une détérioration des termes de l'échange.) En effet, si le prix à l'exportation exprimé en monnaie nationale reste inchangé, le prix à l'importation exprimé en monnaie nationale varie du même pourcentage et en même sens que le taux de change.

Enfin, la formation des prix dans le secteur exposé peut correspondre à la mécanique suivante: les producteurs fixent leur prix de vente sur leur marché domestique en fonction de leurs coûts de production, prix sur lequel s'alignent les exportateurs étrangers. Dans ce cas, une variation du taux de change induit une variation en proportions égales et de même sens des termes de l'échange. (Une dévaluation entraîne une amélioration des termes de l'échange.) C'est le prix à l'exportation exprimé en monnaie nationale qui varie d'un même pourcentage et en même direction que le taux de change, alors que le prix à l'importation exprimé en monnaie nationale n'est pas modifié. Cette hypothèse de formation des prix correspond à une situation dans laquelle les contrats sont libellés dans la monnaie du pays acheteur, ce qui est dans la pratique des affaires plutôt l'exception que la règle.

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L'hypothèse de prix unique, ou plus exactement de variation unique des prix, constitue une bonne approximation pour l'étude des marchés des matières premières et des produits industriels de base, peu différenciés. La très grande élasticité-prix de la demande de ces biens essentiellement homogènes explique l'absence de divergence entre leurs (variations de) prix. La concurrence dans ces marchés est de type oligopolistique, en ce sens que l'économie la plus puissante (.prlce setter) impose son prix, prix qu'elle établit en tenant compte de ses coûts de production, tandis que les économies dominées iprlce taker) ne peuvent qu'aligner les leurs si elles veulent sauvegarder leur part de marché. Les biens de consommation et d'équipement sont au contraire davantage différenciés et dlfférenciables et leurs marchés en conséquence plus imparfaits, ce qui rend plus vraisemblables des divergences de prix (mesurés en monnaie commune à l'aide des taux de change effectifs) et ôte sa signification au concept d'économie dominée.

Compétitivité et parité des pouvoirs d'achat

La compétitivité d'une économie peut se définir comme son aptitude à défendre et à développer sa part de marché internationale, c-à-d l'importance relative de sa participation aux échanges commerciaux internationaux. Cette aptitude dépend des prix relatifs, mais également d'une série de facteurs moins facilement quantifiables tels que la qualité des produits, le service après- vente, les conditions de crédit, l'image de marque, etc. La compétitivité est un concept ex ante, en ce sens qu'elle mesure la capacité d'une économie à se comporter plus ou moins bien sur le marché international, et non pas une performance effectivement réalisée en termes de parts de marché ou de rentabilité à l'exportation. C'est aussi une notion relative, la compétitivité d'une économie n'ayant de sens que par rapport à d'autres économies.

Sont susceptibles de perturber la position compétitive d'une économie sur le marché international:

- des modifications d'ordre réel, à savoir les gains de productivité pouvant trouver leur origine dans le progrès technique, dans une meilleure organisation du travail, dans la substitution du facteur capital au facteur travail;

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- des modifications d'ordre monétaire, c-à-d principalement les divergences d'évolution de prix parmi les économies concurrentes.

Dans sa formulation classique due à Cassel (1922), la théorie des parités de pouvoir d'achat tient exclusivement compte du second critère énoncé ci- dessus, à savoir des divergences des évolutions nationales du niveau général des prix, pour établir qu'une monnaie est surévaluée ou bien sous-évaluée. Il y a surévaluation lorsqu'une unité de monnaie nationale permet d'acquérir sur les marchés extérieurs un volume de biens et services qui est supérieur à ce qu'elle peut acheter sur le marché domestique. "En termes de statique comparative, et moyennant l'hypothèse d'une position d'équilibre initiale, le cours de change d'une devise glisserait dans une zone de surévaluation dans la mesure où le différentiel d'inflation ne serait pas comp>ensé p>ar la variation du cours de change" (Prades 1980). Cette formulation originale pèche en premier lieu p>ar l'ignorance des modifications d'ordre réel, à savoir les niveaux et progrès différenciés de productivité selon les pays, qui ont pourtant un rôle essentiel à jouer dans la détermination des cours de change d'équilibre. En second lieu, elle prend en considération le niveau général des prix de chaque pays et pré-suppose ainsi des mouvements uniformes de tous les prix intérieurs. Ceci n'est guère réaliste puisqu'on observe d'une part des prix très flexibles soumis à la loi du prix unique et qui s'alignent donc sur les prix mondiaux (matières premières, produits Industriels de base) et d'autre part des prix nettement plus rigides qui se forment de manière autonome dans chaque pays (salaires, services). Ces critiques sont dues à Trlffin (1937), Dupriez (1939, 1966 & 1976) et Dehem (1946). Il est utile de les garder à l'esprit pour porter un jugement qualitatif sur les divers indices possibles de compétitivité, ce à quoi nous nous attachons ci-après.

Le problème se pose de construire un indice de conpétltlvlté suffisamment sensible pour enregistrer les modifications tant d'ordre réel que d'ordre monétaire de la position compétitive d'une économie. On peut répertorier cinq Indicateurs possibles de compétitivité: les prix de gros, les prix à la consommation, les valeurs unitaires à l'exportation, le coût salarial unitaire et enfin la part distributive des salaires. L'indice des prix de gros peut être rejeté d'emblée car il sous-estime les évolutions propres à chaque pays en reflétant trop exclusivement les variations des prix de biens homogènes qui

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suivent la loi du prix unique. L'Indice des prix à la consommation n'est pas davantage satisfaisant dans la mesure où 11 Incorpore dans des proportions Importantes des biens et services ne faisant pas l'objet d'échanges internationaux. Quant à l'Indice des valeurs unitaires à l'exportation, 11 est davantage le reflet des prix mondiaux que des conditions internes de production et est biaisé de par la soumission à la loi du prix unique de bon nombre de biens entrant dans son calcul. De plus, il a trait aux biens réellement exportés plutôt qu'aux biens exportables et est affecté par les modifications du panier des exportations.

Les deux Indices restants répandent beaucoup mieux aux critères de sensibilité aux modifications Internes d'ordre tant monétaire que réel. Nous n'examinerons toutefois pas ici les propriétés de la part distributive des salaires (voir Kervyn 1979). L'Indice du coût salarial unitaire est défini comme le rapport entre un indice de coût salarial S exprimé en termes d'un panier de monnaies (c-à-d converti au taux de change effectif, et ce pour tenir compte des variations de parité et en vue d'établir des comparaisons internationales) et un indice de productivité horaire du travail x, soit

CSU = S/n,

où X = (Q/H), Q étant un Indice du volume de production et H un Indice du nombre d'heures-ouvriers effectivement prestées. Non seulement le coût salarial dispose-t-il d'un poids (parmi l'ensemble des coûts de production) et d'une variabilité suffisants, mais en outre 11 reflète l'évolution des prix à formation interne et autonome. Si la loi de variation unique des prix est largement d'application, l'économie n'ayant pas de prise sur ses prix de vente (prlce taker), l'indice du coût salarial unitaire restitue avec fidélité l'évolution de la rentabilité à l'exportation. Cet indice est soumis à trois sources de variations:

- des variations d'ordre conjoncturel: augmentation en cas de récession et diminution en cas d'expansion économique, en raison de la rigidité du volume de l'emploi à court terme;

- des variations d'ordre structurel provenant par exemple d'une dégradation de la productivité ou d'une augmentation excessive des salaires qui, si elles sont sensibles et chroniques, justifient à terme l'ajustement de la parité de la monnaie nationale;

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- des variations d'ordre monétaire, suite aux modifications du taux de change effectif de la monnaie nationale.

Ce même indice peut être calculé pour différents pays, ce qui permet de comparer l'évolution de leurs positions compétitives respectives (voir Prades 1975 & 1979, Ghymers, Houard & Prades 1977).

Quelles sont les conséquences économiques d'une disparité de change, d'un écart sensible et durable par rapport au taux de change d'équilibre ? Nous nous plaçons pour étudier cette question dans l'optique d'un petit pays dans lequel le secteur exposé, globalement soumis à la loi du prix unique, occupe une place importante. Une surévaluation monétaire se caractérise par des prix intérieurs et particulièrement des coûts de production anormalement élevés par rapport à l'étranger. Dans la mesure où la loi du prix unique est d'application, ceci implique une compression des marges bénéficiaires dans le secteur exposé, et corrélativement un ralentissement des Investissements et une diminution de l'emploi. "[...] une disparité positive (surévaluation) apparaît comme freinante au niveau des développements quantitatifs de l'économie mais structurante par le truchement du niveau relativement élevé des coûts des facteurs. En effet, la production Interne, les exportations, l'emploi et la croissance globale sont défavorisés. En revanche, cette disparité est de nature à favoriser l'amélioration des coefficients techniques dans le but d'atteindre un niveau de productivité plus élevé. Le cas contraire, celui d'une disparité négative (sous-évaluation), conduit à des évolutions opposées. Elle stimule les développements quantitatifs mais favorise la déstructuration du système productif par le biais d'une baisse relative des coûts des facteurs.

La position compétitive favorable qu'elle entraîne tend à développer l'industrie domestique, la production, les ventes à l'extérieur, l'emploi et la croissance économique en général. Par contre, elle évite aux Industries existantes de devoir se tenir à la hauteur de la technique étrangère et l'amélioration des coefficients techniques devient de moins en moins contraignante à leur survie.

Le profit se génère tout seul, et il n'est plus la récompense d'une innovation"

(Prades 1980).

Deux remarques intéressantes peuvent être émises en relation avec ce qui précède. D'abord, c'est seulement le secteur exposé qui est vulnérable aux disparités de change, et ceci dans la mesure où ses prix de vente de même que

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ses Intrants importés sont soumis à la loi du prix unique. Par contre, le secteur abrité reste fondamentalement libre dans la fixation de ses prix. Bien sûr, il existe des liens entre les prix du secteur exposé et du secteur abrité, mais ceux-ci restent relativement ténus, si bien que l'alignement des prix du secteur abrité sur ceux prévalant dans le secteur exposé n'est Jamais que lent et progressif. Enfin, une disparité de change est d'autant plus astreignante qu'elle concerne une aire monétaire restreinte, un petit pays dans lequel le secteur exposé occupe une place importante.

Théories de la dévaluation

Diverses théories de la dévaluation ont été développées. Elles sont synthétisées par Johnson (1976). L'approche du multiplicateur keynésien est une version raffinée de l'approche par les élasticités et suppose une situation initiale de chômage. (Ceci justifie l'hypothèse d'élasticité-prix infinie de l'offre d'exportations.) Les volumes exportés croissent suite à une dévaluation car leur prix en devises est sensé diminuer du même pourcentage que celui de la dévaluation, les exportateurs domestiques maintenant constant leur prix en monnaie nationale. Par ailleurs, les volumes Importés diminuent car le prix des importations, supposé constant en devises, s'élève en termes de monnaie nationale du même pourcentage que celui de la dévaluation. Si la valeur des exportations s'accroît, la valeur des importations peut tout aussi bien croître que décroître, selon que l'élasticlté-prix de la demande d'importations est Inférieure ou supérieure à l'unité. Au total, il y a initialement amélioration de la balance des paiements si la condition de Marshall-Lerner est observée, à savoir que la somme des élasticités-prix (en valeur absolue) de la demande d'exportations et de la demande d'importations est supérieure à l'unité (sous deux hypothèses: égalité initiale entre exportations et importations en valeur et valeur infinie de l'élasticité-prix de l'offre d'exportations et de l'offre d'importations). La hausse du revenu induite par la dévaluation peut cependant contrecarrer l'amélioration de la balance des paiements. Elle peut même détériorer globalement cette dernière si l'effet multiplicateur d'une production plus élevée sur la dépense domestique totale (biens domestiques plus

importations) est supérieur à l'accroissement de revenu lui-même. Les dépenses doivent donc croître moins que le revenu, ce qui suppose une propension à épargner positive.

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Contrairement à l'approche précédente, l'approche par l'absorption introduite par Alexander <1952) suppose le plein emploi. Il s'ensuit que le prix en monnaie nationale des exportations s'élève du même pourcentage que celui de la dévaluation et que leur prix en devises étrangères ne varie pas.

Une dévaluation n'induit dès lors aucune modification des prix relatifs et les élasticités-prix ne jouent aucun rôle. Par contre, elle entraîne l'inflation des prix domestiques (non seulement le prix en monnaie nationale des exportations s'accroît du même pourcentage que celui de la dévaluation, mais aussi le prix en monnaie nationale des Importations), ce qui rogne le pouvoir d'achat (.real balance effect) et réduit le niveau d'absorption en termes réels. La réduction de l'absorption est encore accentuée par la redistribution du revenu national des salariés vers les détenteurs de capitaux et des contribuables vers l'Etat

(en raison de la non-indexation des barêmes fiscaux).

L'approche ■onétarlste de la balance des paiements est initialement due à Mundell. Bon nombre des contributions les plus significatives peuvent être trouvées dans Frenhel & Johnson (1976). Il s'agit fondamentalement d'une approche de long terme, contrairement aux autres approches. Elle suppose en effet la flexibilité parfaite des prix et des salaires, la mobilité des facteurs de production, et par conséquent le plein emploi. Elle repose en outre sur une hypothèse de stabilité de la demande de monnaie (fonction d'un nombre limité de variables telles que le revenu, le taux d'intérêt et le niveau des prix) ainsi que de l'offre de monnaie, une hypothèse qui n'est elle-même défendable que sur longue période.

Dans l'approche monétariste de la balance des paiements, l'absorption est supposée égale à la somme du revenu national et d'une fraction positive X de l'écart entre la quantité de monnaie effectivement détenue par les agents économiques et la quantité qu'ils souhaitent vraiment détenir III. Cette fraction de la différence entre stock et demande de monnaie s'identifie (au signe près) au solde de la balance des paiements, la valeur de X étant fonction de la vitesse avec laquelle le stock de monnaie s'ajuste à la demande. La balance des paiements est ainsi perçue comme un phénomène purement monétaire.

Son solde consiste en effet en un flux monétaire qui reflète l'ajustement de la quantité de monnaie détenue à la quantité désirée. Une fois cet ajustement réalisé (à savoir après 1/X unités de temps), l'absorption s'égalise au revenu

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Pour mieux comprendre le mécanisme de retour à l'équilibre de la balance des paiements tel que l'explique l'approche monétariste, supposons que la balance des paiements soit au départ en équilibre et que cet équilibre soit perturbé, suite par exemple à une dépréciation du taux de change ou encore à un durcissement de la politique de crédit. Dès lors apparaît une demande excédentaire de monnaie, ce qui rend l'absorption inférieure au revenu national.

Une offre excédentaire de biens domestiques se fait jour, qui est absorbée par la demande en provenance du reste du monde C23. Il en résulte un surplus de la balance des paiements et, par voie de conséquence, un afflux de devises étrangères et une accumulation de réserves. Sauf en cas de stérilisation par les autorités monétaires, ceci conduit à l'expansion de la base monétaire et, à travers un processus multiplicateur, à une augmentation de l'offre de monnaie.

Cette augmentation réduit l'écart initial entre l'offre et la demande de monnaie, le processus se poursuivant jusqu'à la disparition Intégrale de cet écart et donc jusqu'au retour à l'équilibre de la balance des paiements.

En guise d'épilogue, on peut dire que ce qui différencie fondamentalement la présente approche monétariste de la balance des paiements, c'est qu'elle dispose d'un mécanisme incorporé de retour automatique à l'équilibre suite à un choc exogène. Dans le cadre des autres approches, tout déséquilibre est récurrent, à défaut de mesures de politique économique.

Une dernière approche de la balance des paiements, due à Meade (1951), est qualifiée par Johnson (1976) de politique keynésienne. On suppose la présence d'une autorité politique qui vise à atteindre simultanément le double objectif d'équilibre interne (plein emploi) et externe (balance des paiements). Ceci est rendu possible par la manipulation conjointe et coordonnée de deux Instruments, à savoir le taux de change et la politique "financière" (politique monétaire et fiscale). On développe ainsi une analyse essentiellement normative, un modèle susceptible de sous-tendre une réflexion de politique économique. Ce modèle vient particulièrement bien à point comme support théorique à nos travaux du chapitre VI. Nous commençons par le présenter sous l'hypothèse que la loi du prix unique est d'application générale et en nous inspirant de Corden (1985).

(épargne nulle), les exportations aux importations et l'équilibre de la balance des paiements est donc atteint.

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Nous veillons dans un second temps à le rendre plus réaliste en levant cette hypothèse.

Modèle de politique keynésienne

A. La loi du prix unique est d'application

Soit un petit pays [3] auquel s'applique la loi du prix unique. Aussi le prix à l'exportation comme le prix à l'importation sont-ils fixés sur le marché mondial, de sorte que les termes de l'échange sont exogènes et ne sont pas perturbés par des variations du taux de change. On peut dès lors agréger biens exportables et biens importables en un seul groupe dit des biens échangeables [4]. Le second groupe de produits que distingue le modèle est celui des biens non échangeables, non susceptibles d'échanges internationaux en raison de coûts de transport prohibitifs et dont le prix est en conséquence déterminé par l'offre et la demande intérieures. Ce groupe s'identifie grosso modo aux services.

On suppose une situation de départ caractérisée par un déséquilibre externe et un équilibre interne. Le déséquilibre externe consiste en une demande excédentaire de biens échangeables, d'où résulte un déficit du compte courant de la balance des paiements et une diminution des réserves de change.

L'équilibre interne signifie que le niveau de la demande de biens et services domestiques est tel que le pays est en situation de plein emploi sans inflation.

L'économie est donc caractérisée par une situation globale de demande excédentaire de biens et services, l'absorption étant supérieure à la production et donc au revenu. Une politique de désabsorption semble dès lors indiquée, que l'on concrétise via une politique monétaire ou fiscale, et qui entraîne une réduction de la demande intérieure de tous les biens et services. Il s'ensuit une élimination de la demande excédentaire de biens échangeables (moins de biens étant demandés à l'importation et davantage de biens restant disponibles pour être offerts à l'exportation). L'équilibre externe peut ainsi être résorbé, mais au prix d'un nouveau déséquilibre. Interne cette fois. En effet, si le prix des biens non échangeables est rigide à la baisse, une offre excédentaire

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apparaît sur ce marché, entraînant dans son sillage accumulation de stocks et chômage.

Clairement, la manipulation conjointe de deux Instruments de politique économique est requise pour atteindre simultanément les deux objectifs d'équilibre interne et d'équilibre externe (règle de Tinbergen). La politique de désabsorptlon doit se doubler d'une augmentation du prix relatif des biens échangeables par rapport aux biens non échangeables (switching). Une telle opération est généralement réalisée par le biais d'une dévaluation du taux de change (hausse du prix des biens échangeables avec maintien du prix des biens non échangeables), mais elle peut tout aussi bien l'être aux moyen de taxes et subsides. Elle se solde par un glissement de la structure de la production en faveur des biens échangeables et par un glissement en sens opposé de la structure de l'absorption. L'offre excédentaire de biens non échangeables est ainsi réduite, de même que la demande excédentaire de biens échangeables.

Pas davantage que la désabsorption, la dévaluation ne peut généralement rétablir à elle seule le double équilibre interne et externe. Si la dévaluation entraîne bien un accroissement de l'offre de biens échangeables et une diminution de leur demande, soit un retour à l'équilibre externe, ceci est tout à fait temporaire. En effet, une autre conséquence de la dévaluation est qu'à prix constant des biens non échangeables, une demande excédentaire se développe sur ce marché. Dès lors, leur prix augmente (hypothèse d'inflexibilité à la baisse mais de flexibilité à la hausse), ce qui atténue le changement initial des prix relatifs Induit par la dévaluation et empêche le maintien de l'équilibre externe. Ceci est encore aggravé par le fait que le prix des biens non échangeables est poussé à la hausse suite au renchérissement des intrants importés et des Intrants en provenance du secteur des biens échangeables.

En raison de l'élévation du niveau général des prix qu'elle provoque, la dévaluation implique toutefois une certaine dose de désabsorptlon en plus de son effet sur les prix relatifs. On peut dès lors imaginer qu'une dévaluation permette occasionnellement de rétablir à elle seule le double équilibre interne et externe.

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Le modèle qui vient d'être présenté repose sur l'hypothèse-clé selon laquelle le prix des biens non échangeables est rigide à la baisse. On montre que le fonctionnement du modèle reste identique si c'est plutôt le salaire Dominai qui est supposé rigide à la baisse [5].

Il est révélateur d'observer qu'en cas de flexibilité à la baisse du salaire nominal, la politique de désabsorptlon provoque elle-même automatiquement la baisse du prix des biens non échangeables et donc la hausse relative du prix des biens échangeables nécessaire au maintien de l'équilibre interne [6]. C'est donc la rigidité à la baisse du salaire nominal qui rend nécessaire le couplage de la politique de désabsorptlon à une dévaluation.

Qu'advient-il du modèle développé ci-dessus si c'est non pas le salaire nominal mais bien plutôt le salaire réel qui est rigide à la baisse ? Dans ce cas, la dévaluation devient inefficace, en tout cas après un certain laps de temps. En effet, la hausse du niveau général des prix qu'elle engendre entraîne dans sa suite le salaire nominal (spirale salaires-prix). A terme, ceci ôte à la dévaluation son effet désabsorbant, mais aussi et surtout son effet de modification des prix relatifs intérieurs, en raison du caractère intensif en main-d'œuvre du secteur des biens non échangeables.

Voyons comment il se fait qu'une dévaluation soit Inapte à modifier les prix relatifs intérieurs si le salaire réel est rigide à la baisse. Soit une dévaluation de 1%. Le prix en monnaie nationale des biens échangeables s'élève lui aussi de 1%, tandis que le prix des biens non échangeables reste fixé, a représentant la fraction des biens échangeables dans l'absorption totale, le prix agrégé s'élève donc de a%. Si l'on suppose un alignement parfait du salaire nominal sur le prix agrégé, le salaire nominal se relève dans un premier temps de aX. Ceci réduit la marge bénéficiaire dans le secteur des biens échangeables mais n'y influence pas le prix, celui-ci étant lié au prix mondial. Il n'en va pas de même dans le secteur des biens non échangeables, à l'abri de toute concurrence internationale et donc libre de répercuter les augmentations de ses coûts de production dans son prix de vente. Si la

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politique de prix qui y prévaut consiste à maintenir constante la marge bénéficiaire en X du prix de revient et que les salaires y représentent les seuls coûts de production, le prix de vente s'accroît de a%. Dans un second tour d'ajustements au sein de la spirale salaires-prix, ceci a pour conséquence le relèvement du prix agrégé, cette fois de a(l-a)%, ce qui entraîne le salaire nominal à la hausse d'un même pourentage. Dans un troisième tour d'ajustements, il s'ensuit un relèvement additionnel de a(l-a)^% du prix agrégé ainsi que du salaire nominal. Et ainsi de suite. On obtient en fait une progression géométrique, ce qui permet de calculer aisément l'effet cumulé de la dévaluation de 1% sur le salaire nominal comme sur le prix des biens non échangeables. Il s'établit dans les deux cas à une hausse de 1%. Une fois que tous les ajustements de la spirale salaire-prix se sont produits, le prix des biens non échangeables a donc augmenté d'un pourcentage Identique à celui des biens échangeables. La modification des prix relatifs Intérieurs initialement réalisée par l'opération de dévaluation est donc réduite à néant.

En conclusion, nous pouvons dire que c'est la rigidité à la baisse du salaire nominal qui rend la dévaluation nécessaire. Cette dernière n'est en effet rien d'autre qu'une technique (parmi d'autres, moins courantes) permettant de manipuler les prix relatifs Intérieurs. Enfin, la dévaluation est totalement inefficace en cas de rigidité à la baisse du salaire réel (sauf bien sûr à court terme), car elle ne permet pas dans ce cas de modifier durablement le rapport des prix Intérieurs entre biens échangeables et biens non échangeables.

B. La loi du prix unique n'est pas d'application

Pour un petit pays et dans le cadre du modèle à deux biens présenté ci- dessus qui postule l'applicabilité Intégrale de la loi du prix unique, on a vu que les termes de l'échange ne sont pas affectés par une variation du taux de change. C'est pourquoi dans ce modèle biens exportables et biens importables peuvent être agrégés en un seul type de biens, à savoir les biens échangeables.

Ce modèle suppose donc qu'une variation du taux de change n'affecte pas les prix exprimés en devises, qu'elle soit Intégralement répercutée dans les prix de vente exprimés en monnaie nationale, tant à l'exportation qu'à l'importation, et qu'elle affecte dès lors exclusivement les marges bénéficiaires.

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Ceci est cependant une hypothèse extrême et assez peu réaliste. En effet, 11 a été vu plus haut que la loi du prix unique n'est pas d'application pour les biens différenciés, ce que tendent de plus en plus à être la plupart des produits industriels, fût-ce dans le cadre d'un petit pays. Dès lors, une modification du taux de change entraîne également un effet de volume- via les élasticités-prix, et ce dans la mesure où elle conduit les exportateurs à modifier leur prix de vente exprimé en devises étrangères (à le réduire en cas de dévaluation). Une fols levée l'hypothèse de prix unique, les termes de l'échange ne sont généralement pas invariants par rapport aux mouvements de taux de change et il est exclu d'agréger biens exportables et Importables.

C'est en relation avec les importations que l'hypothèse de répercussion totale des variations de change dans le prix exprimé en monnaie nationale est la mieux fondée, en tout cas dans le cadre d'un petit pays (.pass-througb de 100% ou pour le moins fort proche de 100%). Il est en effet généralement admis qu'un tel pays est confronté à une courbe d'offre d'importations (presque) parfaitement élastique, c-à-d que ses importations sont "à prendre ou à laisser" si l'on peut dire, au prix fixé sur le marché mondial. Il s'agit là bien sûr d'une approximation car il est toujours possible que suite à une dévaluation, certains exportateurs étrangers abaissent quelque peu leur prix exprimé en devises, de manière à atténuer le renchérissement de leurs produits pour les agents économiques du pays dévaluateur. Un tel comportement est d'autant plus probable que ce pays représente pour eux un débouché Important.

11 en va tout autrement pour les exportations. L'on peut en effet s'attendre à ce que les exportateurs d'un pays dévaluateur mettent la dévaluation à profit tout au moins en partie pour accroître le volume de leurs ventes sur les marchés étrangers au détriment de leurs concurrents (l'autre partie se traduisant par un redressement de leur marge bénéficiaire), et ce par l'abaissement de leur prix exprimé en devises. Leur capacité à exploiter cette possibilité est d'autant plus grande que leur marge bénéficiaire avant la dévaluation est déjà confortable. Elle est toutefois limitée en raison de deux conséquences de la dévaluation; le renchérissement des Intrants Importés ainsi que l'accroissement des coûts moyens de production suite à l'augmentation des volumes de production (à supposer que les rendements d'échelle soient décroissants et qu'il n'y ait pas de capacités de production excédentaires).

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Le schéma de comportement des exportateurs en cas de réévaluation de la monnaie nationale est symétrique. SI l'exportateur maintient constant son prix à l'exportation exprimé en monnaie nationale, ses produits se trouvent renchéris en termes de devises étrangères du même- pourcentage que celui de la réévaluation, ce qui risque d'entraîner des pertes de marché. Cet effet négatif de la réévaluation sur les volumes exportés peut être atténué par le biais d'une diminution du prix à l'exportation exprimé en devises. Ceci ne requiert pas forcément une compression de la marge bénéficiaire dans la mesure où suite à la réévaluation, ^les intrants importés sont moins chers et les coûts moyens de production moins élevés (à supposer que la réévaluation freine les exportations et donc la production, que les rendements d'échelle soient décroissants et qu'il n'y ait pas de capacités de production excédentaires).

Quand on parle d'exportations, on appelle pass-tbrough la fraction d'une dévaluation (réévaluation) qui est répercutée à la baisse (à la hausse) dans les prix à l'exportation exprimés en devises étrangères. C'est équivalent à 100% moins le pourcentage d'augmentation (de diminution) des prix â l'expor­

tation exprimés en monnaie nationale. Les effets de volume sont d'autant plus importants (par rapport aux effets sur les marges bénéficiaires) que le pass- tbrough est important. On observe généralement pour un petit pays que le pass-tbrougb à l'exportation est sensiblement moins élevé qu'à l'importation.

Une dévaluation entraîne par conséquent une détérioration des termes de l'échange et une réévaluation leur amélioration.

Vue sous l'angle des exportations (importations), l'importance de l'effet de volume faisant suite à une variation du taux de change ne dépend pas seulement de l'ampleur de la modification des prix relatifs sur les marchés extérieurs (sur le marché intérieur). Elle est aussi fonction 1) de l'élasticité-prix de la demande étrangère (domestique), elle-même dépendante des possibilités de substitutions entre produits nationaux et étrangers, 2) ainsi que de l'élasticité de l'offre nationale (étrangère) aux fluctuations de la demande étrangère (nationale).

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On peut peaufiner davantage encore le modèle de base en y Introduisant deux phénomènes totalement Ignorés Jusqu'ici. Il s'agit d'une part des effets d'une variation de change sur les encaisses monétaires et d'autre part des mouvements internationaux de capitaux.

Qu'en est-il de l'effet d'une dévaluation sur les encaisses nonétalres ? La hausse du niveau général des prix qu'elle provoque réduit l'offre réelle de monnaie (à offre nominale constante). Soucieux de reconstituer leurs encaisses monétaires, les agents économiques vont pendant le temps que leur nécessite cette reconstitution dépenser moins que leur revenu (désabsorption). Donc, à supposer une situation d'équilibre avant la dévaluation, cette dernière engendre un surplus temporaire de la balance des paiements. Voyons comment Corden (1985) intègre ce raisonnement monétariste à l'approche dite de politique keynésienne de la balance des paiements [71.

On démarre le raisonnement en supposant un déficit de la balance des paiements et la rigidité à la baisse du salaire nominal. On suppose dans un premier cas de figure que le déficit de la balance des paiements est imputable à l'expansion du crédit. Pour rétablir l'équilibre externe, on restreint le crédit, ce qui a un effet désabsorbant, tandis que parallèlement on dévalue la monnaie pour préserver l'équilibre interne. Mais la dévaluation entraîne la hausse des prix et un mouvement de reconstitution de leurs encaisses monétaires par les agents économiques se fait Jour. Comme ceci a un pouvoir désabsorbant, la nouvelle politique de crédit ne doit pas être aussi restrictive que si elle devait contribuer à elle seule à la désabsorption, que s'il n'existait pas cette volonté des agents économiques de reconstituer leurs encaisses monétaires.

Dans un second cas de figure, on suppose que le déficit de la balance des paiements est dû au fait que les agents économiques se défont de leurs encaises monétaires excédentaires. Un effet de désabsorption est ressenti à partir du moment où les encaisses monétaires encore détenues se rapprochent du niveau désiré. Cette désabsorption est accentuée encore par la dévaluation que rend nécessaire la préservation de l'équilibre Interne. En effet, le niveau des prix s'élève suite à la dévaluation, ce qui conduit les agents économiques à reconstituer leurs encaisses monétaires. Il est ainsi fort possible que le

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pays se retrouve alors provisoirement avec un surplus de sa balance des paiements.

Introduisons encore les ■ouvements internationaux de capitaux dans notre analyse. Hous ne faisons toutefois qu'effleurer le sujet en raison de son Intérêt très relatif dans le cadre de nos travaux. Aussi nous contentons-nous d'illustrer le fait qu'une politique qui fait varier l'absorption est susceptible d'entraîner des mouvements internationaux de capitaux et d’avoir des conséquences concrètes sur le plan de la conduite de la politique économique.

Ainsi par exemple l'expansion du crédit entraîne-t-elle un accrolsement de l'absorption dans la mesure où les bénéficiaires évitent d'accumuler des encaisses monétaires excédentaires (approche monétariste), ce qui conduit à un déficit du compte courant. Mais le taux d'intérêt domestique diminue entretemps, et le solde de la monnaie nouvellement créée est par ailleurs dévolu à l'achat de titres étrangers par les agents économiques, de manière à préserver l'équilibre de leur portefeuille entre monnaie et titres.

L'importation de valeurs mobilières (qui est une exportation de capitaux) mène bien sûr à un déficit du compte capital. L'effet total sur la balance des paiements de l'expansion du crédit reste le même qu'en l'absence de mouvements Internationaux de capitaux. Toutefois, l'effet au niveau du compte courant est moindre, si bien que la dévaluation requise (simultanément à une restriction du crédit) par le retour à l'équilibre externe (conjointement à l'équilibre Interne) est de moindre ampleur.

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