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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Nabavi, D. (1968). Les rapports de l'Iran et de l'Union Soviétique de 1917 à 1967 (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences sociales, politiques et économiques, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/215144/1/741be662-97d1-4a24-b31b-c91a34864d09.txt

(English version below)

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(2)

LES RAPPORTS DE L'IRAN et de

L'UNION SOVIÉTIQUE DE 1917 à 1967

I

Thèse de doctorat présentée sous la direction de M. le Professeur A. Abel

CCr^MUNlCATlON AUTORISEE

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1968 DJAMCHID NABAVI

(3)

UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

Faculté des Sciences Politiques et Diplomatiques

LES RAPPORTS DE L'IRAN et de

L'UNION SOVIÉTIQUE DE 1917 à 1967

(fjr

Thèse de doctorat présentée sous la direction de M. le Professeur A. Abel

(/.±

1968

COMMUNICATION

le Ifj /(

DJAMCHID NABAVi

(4)

professeur Abel. Ces quelques mots sont loin de pouvoir exprimer notre gratitude.

L’Office de la Coopération au Déve­

loppement nous a permis, par l’octroi d'une bourse, d’effectuer les recherches nécessai­

res à cotte étude. Nous lui restons redeva­

bles de cette aide désintéressée.

Nous nous permettons aussi de re­

mercier Mademoiselle Lambrecht pour son aide patiente, précieuse et efficace dans la dac­

tylographie du travail.

Si une dédicace nous est permise, elle va à l'Université Libre de Bruxelles et à son Corps Professoral qui ont accepté de nous enrichir de leur enseignement.

Le 4 septembre I

968

D. NABAVI

(5)

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(6)
(7)

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Introduction

En 1953f la presse mondiale porte toute son attention sur l’Iran. La crise de la nationalisation des ressources pétrolifères est à la une. Mais une fois le problème résolu, cet intérêt tombe bien vite.

Dès lors, quelques périodiques et publica­

tions très spécialisées analysent de temps à autre ce qui se passe en Iran. La réforme agraire, la lutte contre l'analphabétisme et l’originalité du service militaire, servent de matière première à ces imprimés.

Toutefois, il y a une évolution capitale dans la situation au Moyen Orient et qui passe pres­

que inaperçue. L'Union Soviétique essaye et réussit à resserrer les liens avec un des pays les plus im.- portants du Moyen Orient r l'Iran.

Il ne faut pas oublier que ce territoire est en voie de devenir un des pays les plus industrialisés et avancés du Proche Orient.

A la fin du 4ème plan quinquennal, vers les années

(8)

( 1 )

1971-1972, l'Iran aura atteint le stade du décollage.

C’est avec ce pays que la Russie Soviétique renoue des relations, éprouvées à plusieurs reprises depuis la création de l'Etat Bolchevique. ‘

La visite de Monsieur Kossygine, en 'avril I

968

, est la deuxième que rend un président de Conseil Sovié­

tique à l’Iran . La première fut celle de Staline lors de la conférence de Téhéran en 19^3» dans des circon­

stances particulières.

Les relations entre les deux pays voisins ont beau­

coup évolué depuis cette date.

Il est étonnant de voir qu’aucun commenta­

teur ou expert des études orientales ne s'est penché sur l'historique des relations irano-soviétiques.

L’oeuvre de Monsieur Lenczowski (

2

) est la seule qui se rapproche d’un tel exposé. Cet auteur a analysé en gros toute l'histoire diplomatique de l'Iran, pas uniquement les relations irano-soviétiques.

Le travail entrepris aura pour but de retracer les relations irano-soviétiques, de

1917

à

1967

*

Un effort a été fait pour dégager ces relations de

(

1

) le MONDE du 2 novembre 1967 et du 3 février

1968

. (

2

) Russia and the Vest in Iran 1918-1948.- Londres -

Oxford University Press.

(9)

6

l’imbroglio diplomatique, qu'est l'histoire diploma­

tique de l’Iran durant les cinquante dernières années.

Dans la mesure du possible, c’est à dire lorsqu’elles n’ont aucun rapport avec le sujet traité, les rela­

tions de l’Iran avec d'autres puissances seront omises.

Il s’agira donc uniquement des relations entre les deux voisins.

Pour certains, les relations entre Moscou et Téhéran ne sont qu’un reflet de la situation mon­

diale. Les rapports entre les deux grands déterminent la politique soviétique en Iran, disent certains

commentateurs (l).

Ce travail essayera de rejeter cette affirmation.

Les rapports irano-soviétiques ont une histoire, un but et une destinée qui, à notre avis, est dans une grande mesure, indépendante de ce qui se passe entre l’Union Soviétique et les Etats-Unis.

L’étude des relations soviéto-iraniennes en elles- mêmes a du sens, puisque les relations entre les deux

riverains de la Caspienne ont une existence et une évolution propre ; ils ne sont pas que l’ombre proje­

tée par les grands événements mondiaux.

(l) André Fontaine : Histoire de la Guerre Froide - Fayard I

967

-I

968

- Paris

(10)

Le travail analyse le sujet du point de vue diplomatique. La situation intérieure du pays n'est décrite que si elle influe sur la politique étrangère.

On notera cependant que l'étude des relations irano—

soviétiques d.onne lieu à un aperçu schématique de la politique intérieure du pays.

Schéma du travail

Nous allons tracer, très succintement, les relations de la Perse avec la politique tsariste.

Une fois cet arrière-plan décrit, nous passerons à la révolution et ses répercussions telles qu'elles furent ressenties en Perse.

L’avènement de Reza Shah nous fournira l'occasion d'analyser le fondement doctrinal de la politique des Soviets en Perse et ses nombreux rema—

niments pour les besoins de la réalité.

L'occupation de l'Iran permettra d'étudier l'implantation du parti pro-communiste, Toudeh, en Iran.

L'après-guerre sera une période fertile en événements dans l'histoire des relations soviéto-

(11)

8

iraniennes qui influenceront l’évolution politique du monde .■

La période de Dr Mossade^ est également importante, bien que suite aux évènements de

1953

» on notera un froid dans les relations entre Téhéran et Moscou.

La partie finale de l’ouvrage traitera de la reprise des relations et de l'offensive soviétique en Iran. C’est dans cette partie que l’on décrira l’évolution qui, à notre avis, a été négligée dans les études récentes sur l’Iran.

Tout au long de ce travail, les noms des personnes ou des localités iraniennes seront écrits de façon à rendre au mieux leur prononciation actu­

elle. Ainsi nous éviterons de perpétuer la tradition qui transforme par exemple le nom d’Esfahane en

Ispahan.

Chaque fois que la chose sera possible,

nous traduirons le nom des journaux, des partis ou des mouvements politiques.

(12)

été fournie par les bibliothèques et centres de recher­

ches en Belgique*

Dans ce travail nous expliquerons pourquoi l'étude des rapports avec l'Union Soviétique a été négligée ou plu­

tôt évitée, aussi bien par la presse que par les com­

mentateurs politiques écrivant en persan*

Cette "lacune" s'est accentuée du fait qu'une série de publications partisauies, contrftlées et dirigées, aussi bien d'un c8té que de l'autre, ont falsifié des infor­

mations, qui se devaient d'exposer la vraie situation, libre de tout parti-pris et de propagande tendencleuse*

Les relations irano-sovlétlques sont analysées et relatées du point de vue iranien* Ainsi ce travail n'envisage que très succintement l'attitude doctrinale et les explications du Kremlin*

Les faits relatés sont connus de n'importe quel lecteur iranien au courant de l'histoire contemporaine de son pays* Les notes en bas des pages soni données en par­

tant de ce principe* A la fin de chaque chapitre figure une liste des ouvrages consultés et cela pour faciliter

la tache du lecteur désireux d'approfondir le sujet*

oooooooooo

(13)

10

Préambule

LES RELATIONS IRANO-RUSSES AVANT LA REVOLUTION BOLCHEVIQUE

La Russie, tsariste ou bolcheviaue, s'est toujours intéressée à son voisin du Sud. Cet intérêt se manifeste soit par des interventions militaires, soit par des manœ uvres politiques.

Sans vouloir remonter trop loin dans l'his­

toire, le Traité de Torkamantchai de 1828 nous four­

nit un bon point de départ.

Ayant écrasé l’Empire Qadjar, les Russes commencent leur expansion en Perse.

Le susdit traité établira la frontière russo-persane qui, à quelques kilomètres près, est celle d'aujour­

d'hui. Ceci aux dépens de quelques provinces perses, intégrées dans l'Empire des Romanov.

Et au cours des années suivantes les Russes pratiquent toujours une politique expansionniste.

En

1837

, l'ile d'Ashur Adé, en I

869

la localité de Krasnovodsk, en I

873

les villes de Khiva et Bukhara

(14)

sont annexées à l’Empire Eusse. L’année 1881 voit la frontière est de la Perse s'établir sur la rivière Atrak, après la soumission des tribus Torkaman et l’occupation de Geok Tappé par les Russes.

L’occupation du défilé de Marv en 1884, donne aux Russes une position stratégique importante, leur per­

mettant de contrôler les routes de l’Inde du côté de l’Est.

Mais les diplomates russes sont aussi ha­

biles que les stratèges et l’expansion de l’influence russe se manifeste également dans le domaine écono­

mique .

Déjà en I

878

, une concession pétrolière avait été accordée aux Russes dans la région de Semnan.

En

1888

, les frères Lianosoff se voient accorder une concession pour la pêche dans la mer Caspienne (l).

Le roi Nasser-eddin-Shah, agréablement sur­

pris par l’accueil qui lui avait été réservé en Russie, veut recréer la même ambiance lors de ses déplacements.

En

1879

, il met sur pied une Brigade Cosaque qui est dirigée par des officiers russes.

(

1

) plus amples détails dans la pp.rtie consacrée aux pêcheries iraniennes - chapitre II.

(15)

12

En

1890

, un prince russe du nom de Delgo- reski recevra une concession de 5 ans pour la con­

struction de routes et du chemin de fer.

Le conseiller des finances belge, Monsieur Naus, venu en Perse pour instaurer un système de per­

ception d’impôts digne de ce nom, tombe sous l'in­

fluence russe et signe un accord avec eux, en sa qualité de Ministre des douanes. Cet accord aura pour conséquence de ruiner les nouvelles industries naissantes en les taxant lourdement afin de favoriser les importations russes (l).

L'influence russe prend de l’essor par le fait de sa mainmise sur le pays. En I

9

OO, Mozaffar- eddin-Shah, ayant besoin d'argent pour des ]Desoins personnels (et ne pouvant se le procurer en Perse en raison de la mauvaise perception des taxes) contracte un prêt de £ 2.200.000 auprès du gouvernement de

St-Petersbourg.

Ce prêt était remboursable sur 75 ans au taux d'inté-

(

1

) taux des tarifs douaniers favorables à la Russie, (voir plus amples détails - chapitre II - accord de

1927

)

(16)

rêt de 5 i°* En garantie, les Russes exigent et ob­

tiennent les droits de douanes dans le nord du pays et leur contrôle.

Une fois ce prêt dépensé par Sa Majesté à l'Exposition de Paris, le roi s'adresse de nouveau aux Russes.

Ainsi en 1902, un nouveau prêt de X 1 million est accordé à la Cour des Qadjars à un taux de 4 en échange d'une série de concessions pour la construc­

tion de routes au Nord, routes qui servent en grande partie le commerce russe.

Celui-ci était d'une importance considérable : pour les années 1901-1902, il s'élève à

96

millions de £, tandis que le commerce avec la Greuide—Bretagne ne re­

présente que 59 millions de C (l).

Le commerce perso-russe prendra de l'essor, car pour les années

1905

-

1906

, il s'élève à 170 millions de £, tandis qu'avec la Grande-Bretagne, le volume d'échange n'atteint que

70

millions de £ pour cette même pério­

de (

1

).

(

1

) La Perse au contact de l'Occident Siassi

(17)

14

Toutefois les Russes ne se contentent pas de ces avantages et poussent plus loin leur pénétra­

tion économique.

Depuis Torkaraantchaî, un tarif douanier de 5 ^ exis­

tait entre les deux pays, mais ceci sera changé.

Le nouveau tarif est fixé à 4,75 ^ > tandis que la Grande-Bretagne paye 26,77 ^ pour des produits simi­

laires (l). L’application de ces nouveaux tarifs représentait une perte de + 1 million de dollars pour

la tréscxerie per seule (

2

).

Ceci ne donne (^u’un bref aperçu de la gi­

gantesque main-mise de la Russie sur la Perse. En dehors de l’invasion militaire et économique, il restait à la Russie un autre moyen d'intrigue, c'est à dire l'ingérence dans les affaires intérieures pers ane s.

Il faut toutefois signaler que la situation intérieure du pays était désastreuse : une dynastie de "rois fainéants" avait dilapidé les biens du pays

(

1

) Diplomatie history of Persia - Fatemi - pg. 297 (

2

) ibid - pg.

298

(18)

et les officiels corrompus parachevaient l’oeuvre entreprise par la Cour.

On parle souvent du "vieil homme malade" pour nommer l’Empire Ottoman, mais en comparaison, la Perse était sur son lit de mort !

Le 5 août

1906

, la monarchie constitution­

nelle fait son entrée en Perse. C’est le 7 octobre

1906

qu’est ouvert le premier Madjless (l)

Nozzafar—eddin-Shah s’était soumis, bon gré, mal gré, aux désirs de la nation. La monarchie constitution­

nelle ne tarde pas à perdre son monarque et le

19

janvier arrive au pouvoir Mohamad Ali Shah. Ce nou­

veau Shah avait été pendant longtemps gouverneur d'Azerbaïdjan, où il avait déjà manifesté son pen­

chant pour l’autocratie. Et son tuteur russe, un nommé Shapshal, formé à l’Académie russe des études orientales (

2

), n’était pas la personne idéale pour lui enseigner les méthodes de la démocratie parlemen­

taire .

(

1

) Assemblée — Parlement (

2

) Modem Iran - Avery.

(19)

16

Les heurts entre le Shah et le Madjless ne tardent pas. Le Shah essaye d’obtenir un prêt de

£ 400.000 auprès des Russes et des Anglais, mais le Madjless trouve, que les conditions de garantie

touchent à l’intégrité territoriale de la Perse, et rejette ces conditions.

Les relations entre la Cour et le Madjless vont de mal en pis. Le nouveau souverain ne peut tolérer la moindre atteinte à son autorité et le Madjless, nouvellement créé, manque de subtilité et de souplesse .

Une des premières actions de ce dernier sera d’exiger la démission de Monsieur Naus , soupçonné de mainte­

nir de trop bonnes relations avec la Russie.

La Perse étant au bord de la bauiqueroute, le Madjless essaye de redresser la situation en se lançant dans un programme de réformes du Ministère des Finances.

Le roi voit les réformes d'un très mauvais oeil, car il considère les finances, la perception des taxes et impôts, comme son domaine privé l

En plus le Madjless s’oppose à tout prêt contracté à l’étranger, ce qui limite encore les sources des re­

venus royaux. Le point de rupture est atteint I

(20)

Mohamad Ali Shah demande le retour de Amino'Soltan, qui avait été forcé à l’exil suite à ses manoeuvres pro-russes, lors des emprunts de I

9

OO et 1902. Le Madjless n’accepte cela qu’après que le personnage ait juré fidélité à la Constitution. Il débarque d’un navire de guerre russe, à Enzeli, et arrive à Téhéran en tant que Premier Ministre.

Voilà une nouvelle victoire russe à l’actif de St- Petersbourg.

Entretemps le pays sombre dans l’anarchie.

A Esfahan, le gouverneur Zeylo’Soltan est en rébellion.

A Hamadan, le frère du roi , Salaro’Dowleh, n’obéit plus aux ordres de Téhéran. Le trésor est vide, et la Turquie a traversé la frontière avec une armée de 6.000 homme s.

La Russie exerce des pressions pour fermer le Madjless car celui-ci peut servir de mauvais exemple aux élé­

ments démocrates de l’empire des Romanov.

La Convention Russo-Anglaise de 1907

Tandis que Amino'Soltan est abattu en pleine rue, pour avoir négocié un nouvel emprunt avec les Russes, la presse de Téhéran apprend la signature de

la Convention de 1907•

(21)

18

En effet, le 31 août I

907

» à St-Petersbour^, une convention russo-anglaise, dont une partie con­

cerne la Perse, est signée.

Les raisons de l’entente soudaine entre ces deux rivaux et concurrents sur la Perse sont multiples.

Cette entente a été facilitée par la France, qui vou­

lait que ses deux alliés en Europe soient unis en Orient.

La diplomatie de Berlin, profitant de la concurrence entre la Russie et l'Angleterre, avait réussi à s’in­

filtrer au Moyen Orient, Vu les événements en Europe, ceci était de mauvaise augure.

Les intérêts russes et anglais en Perse étant distincts, il valait mieux s'entendre sur ceux-ci une fois pour toutes, afin de pouvoir continuer l'infiltration cha­

cun de son côté, tout en s’assurant, par une conven­

tion, sur les intentions de la partie adverse.

La convention traite de la Perse en 3 ar­

ticles (

1

) ;

l’Article I : définit et réserve une zone dans le Nord, les villes les plus peuplées du centre et les régions fertiles du pays, à l'influence russe.

(

1

) texte complet dans ; Diplomatie history of Persia Fatemi

(22)

Il y est stipulé que dans cette région, la Grande- Bretagne doit s'abstenir de rechercher des concessions ou de favoriser celles-ci pour ses ressortissants.

Une ligne passant de Kermanshah à Mashhad délimitait cette zone d'influence.

D’autre part, une zone d’importance stratégique pour la route des Indes, allant de Bandar Abbas à la fron­

tière de l'Afghanistan, était réservée à l'influence britannique. Ceci était l'article II.

Le reste du pays était considéré comme un "no man’s land" ou plutôt comme une chasse ouverte. Mais comme ce territoire ne représentait aucun intérêt particu­

lier, il avait été traité, brièvement, dans l'article III.

Pour les Persans, cette convention annonce la fin de leur pays en tant qu'entité indépendante.

Car si la Perse pouvait jusqu'à ce moment prétendre à l’indépendance, c'était justement en jouant sur la rivalité anglo-russe.

Chacun des deux grands avait créé une faction à l'in­

térieur du pays. Leur antagonisme garantissait l'existence de la Perse.

Il est probable que les Anglais n'avaient pas l'inten­

tion d'annexer le pays, mais il n'en est pas de même pour les Russes.

(23)

20

Sans vouloir discuter de l'authenticité du testament de Pierre le Grand (l), il est un fait que depuis Torkamantchaï, la Perse était considérée à St-Petersbourg comme une future province russe.

Ce pays, riche du point de vue agricole, ayant accès sur une mer chaude et facilitant le passage aux Indes Britanniques faisait l'objet de leur convoitise.

Les agents russes cherchaient déjà des stations sur le Golfe Persique, pour l'approvisionnement en char­

bons de leurs bateaux (

2

).

La presse de Téhéran, consciente du danger, s'élève toute entière contre cette convention.

Le 4 septembre I

907

, l'Ambassadeur de la Grande-Bre­

tagne, Sir Cecil Spring-Rice, fait parvenir une note au gouvernement persan.

Il essaie de démontrer que la Convention n'est pas une partition, comme le prétend la presse de Téhéran.

Le représentant de S.M. Britannique assure qu'aucune des deux puissances n'interviendra dans les affaires

intérieures persanes, à moins que "la protection de

(

1

) Diplomatie history of Persia (annexe) - Fatemi (

2

) The Persian Gulf in the 20th Century - Marlow

(pg*

31

)

(24)

ses ressortissants ou de leurs biens" l'exigent (l).

La même note essaie de démontrer, qu'au contraire, la Convention est une garantie de l'indépendance persane.

Nous citons un passage intéressant de ce document, qui reflète l'interprétation que nous avons faite, quant à la rivalité des deux Grands en Perse.

"... Sir Edward Grey fait remarquer que jus­

qu'à présent, il existait un antagonisme entre la Grande-Bretagne et la Russie, cha­

cun d'eux voulant contrecarrer les intentionis de l'autre en Perse... " (l).

Plus loin dans la même note Sir Cecil affirme cepen­

dant :

"... Mais selon M. Iswolstry (négociateur russe), qui exprime aussi l'opinion de la Grande-Bretagne, le principe général russe consistera désormais à ne rien faire qui puisse être considéré comme une intervention dans les affaires intérieures des états, à moins que les intérêts russes ne soient me-

(l) Morgan Shuster : The Strangling of Persia

(25)

22

nacés. Et il. n’est pas possible que la Russie aille à l’encontre de ce principe

pour le temps présent..." (l).

Il est évident que ce passage est plus qu’une porte ouverte à l’intervention russe. La Convention de

1907

avait justement pour but de délimiter les

"intérêts" des deux Grands en Perse.

Mais il est étonnant de voir que le gouvernement du Tsar ne se servira jamais de ce prétexte, ce qui n’empêchera pas pour autant son intervention.

Malgré les assurances exprimées, la Perse savait à quoi s’en tenir mais elle était beaucoup trop faible et sans alliés pour pouvoir se défendre.

Le gouvernement de Téhéran passe cet accord sous silence et s’incline devant le fait accompli.

La situation intérieure n.e permet d’ailleurs pas aux politiciens persans de s’occuper d’autre chose que de la querelle entre le roi et le Madjless,

(

1

) Morgan Shuster : The Stangling of Persia

(26)

Le coup d’état de Mohamad Ali Shah

En novembre I

907

la presse reprend son agi­

tation, mais cette fois—ci, e'est le Shah qui est l’objet de la campagne.

De son cdté, le roi prend des précautions : il réunit sous son commandement personnel, les 1200 à 1800 hom­

mes de la Brigade Cosaque.

Il est à noter que cette force est le seul corps armé constitué en Perse. Il n’existe point d’armée ni de gendarmerie et les tribus nomades ne peuvent être re­

présentées comme les défenseurs de l’ordre et de la s écurité.

Mohamad Ali se sent fort. Il arrête le premier ministre Nassiro’1'Molk et tout le cabinet.

Il paie des ”lohtis" (l) pour créer des troubles au­

tour du Madjless, pour permettre une intervention des Cosaques.

Mais le Madjless sera défendu par les habitants de Téhéran, et la première tentative de coup d’état de

la cour, échoue.

(

1

) voyous

(27)

zk

Le Shah est humilié par le fait qu'il devra refaire son serment de fidélité à la constitution. Les Co­

saques seront incorporés au sein du ministère de la guerre. Les agitateurs payés par le roi seront jugés et châtiés.

Le 20 décembre I

907

» un fanatique tire deux coups de pistolet sur le Shah, Celui-ci échappe à l'attentat mais il est décidé de mettre fin à cette démocratie et son émanation, le parlement.

Pour arriver à ses fins le Shah sollicite l’aide des

"protecteurs" russes, qui selon le traité de Torka—

mantchaï s’étaient faits les défenseurs de la dynastie Q adjar .

Dans une note officielle au gouvernement persan, le consul général russe à Téhéran, M. De Ilartwig, exige que le premier Ministre et le Ministre des Affaires Etrangères se soumettent aux ordres du Shah (l)»

Cette note est renforcée par la menace d’une inter­

vention militaire russe, au cas où les conseils donnés ne seraient pas suivis.

Voyant que l’atmosphère de Téhéran ne lui est pas fa­

vorable, le Shah déménage dans sa propriété d’été, le

(

1

) Morgan Shuster ; The Strangling of Persia.

(28)

Ba^ —è—Shah (l). Il se fait escorter par 2000 gardes prétoriennes et

3

OO Cosaques, sous le comnicuidement du colonel russe de la Brigade Cosaque, Liakoff.

Le peuple manifeste pour demander l'abdication du roi.

Le 5 juin, le Shah invite les leaders constitutionna­

listes au Baq -è-Shah où, après un déjeuner copieux, il les fait arrêter et étrangler (

2

).

Le coup d'état est sur la bonne voie. Entre le 5 le 23 juin, le Shah rassemble ses troupes et munitions au Ba^ -è-Shah.

Le colonel Liakoff devient commandant suprême des for­

ces armées. Cet acte est inutile, car par son autori­

té sur les Cosaques, il était virtuellement commandant en chef des forces armées. Le Shah déclare la loi martiale et fait occuper les Installations des P.T.T.

Les Cosaques déposent un ultimatum au Madj- less. Une commission mixte royaliste et constitu­

tionnaliste est chargée de résoudre la crise. Il est évident que les conclusions de celle-ci ne servent à rien.

(

1

) Le Jardin du Shah {2) Rastaghizé Ireui

(29)

26

Le

23

juin I

907

» Liakoff encercle le Madj—

less. La résistance s’organise mais les Cosaques bombardent le parlement et le détruisent.

Les parlementaires seront enchaînés et amenés au Bagh—

è—Shah et très peu d’entre eux en reviendront.

La ville est pillée.

Comme l’affirme M. Shuster (l), le colonel Liakoff est dictateur de Téhéran. Ce même auteur atteste que Lia­

koff est membre du "parti progressiste", qui est com­

posé d’un groupe de conseillers que l’on pourrait appeler réactionnaires (

2

). Il est aisé de s’imagi­

ner que sous l’autorité d’un tel homme, la dictature était lourde en conséquences terribles.

Cette incursion dans les affaires intérieu­

res de la Perse est nécessaire pour montrer l'ingéren­

ce russe dans la querelle proprement nationale du pays Il ne faut pas oublier que Liakoff portait l’uniforme de l'armée tsariste. La logique politique nous dé­

montre clairement que St-Petersbourg avait intérêt à anéantir la tentative de démocratie qu'était la con­

stitution persane. Car le contact entre les révolu-

(

1

) Shuster : The Strangling of Persia (

2

) ibid - pg.

35

(30)

tiomxaires russes et les libéraux persans était né­

faste à la santé fragile de l’autocratie de St-Pe*ers—

bourg.

Il faut aussi noter que puisque dans la Convention de

1907

» qui avait pour but de délimiter des zones d’in­

fluence, Téhéran se trouvait dans la partie "russe"

de la Perse, St-Petersbourg s’y intéressait de droit,

La Guerre Civile

Le coup d’état avait réussi à Téhéran, mais le reste de la Perse n’allait pas se soumettre aussi facilement.

A Tabriz, Rasht, Kerman et Esfahan, la lutte est acharnée entre royalistes et constitutionnalistes.

Tabriz résiste pendant 10 mois aux royalistes et à la famine. Le consul russe, M. Pokhitonoff, fait tout son possible pour faciliter la victoire des partisans de Mohamad Ali à Tabriz.

Le 20 avril 1909 quatre escouades de Cosaques, un ba­

taillon d’infanterie, deux batteries d’artillerie et une compagnie de sapeurs russes traversent la fron­

tière et occupent Tabriz.

Sous le commandement du général Zuarski, ceux-ci au­

ront vite fait de soumettre la révolte nationaliste de Sattar ïChan

(31)

28

Un communiqué des forces russes déclare que les trou­

pes tsaristes sont à Tabriz, pour protéger les ressor­

tissants russes et leurs biens. Il réaffirme en même temps les droits historiques de l’Empire sur l’Azer­

baïdjan.

La contagion révolutionnaire fait que Rasht, Lar, Shiraz^ Hamadan, Mashhad et Boushehr entrent

dans la dissidence.

L’anarchie règne dans tout le pays. Les tribus Bakh- tiari du Sud-Ouest se prétendant pro—constitutionna­

listes, en profitent pour occuper Esfahan.

Les révolutionnaires de Rasht établissent des contacts avec ceux du Caucase (l), ce qui souligne la crainte de St-Petersbourg qui voit dans la démocratie persane un dangeureux exemple pour la Russie.

La révolte s’orgeinise et les nationalistes de Rasht avancent jusqu'à (Jazvine.

Contre son propre gré et sur insistance des représen­

tants de la Grande-Bretagne et de la Russie, Mohamad Ali déclare fidélité à la Constitution, mais il est déjà trop tard.

(l) Sahbejam : l'Iran des Pahlavis - chapitre I

(32)

Les Bakhtiari du Sud avancent, commandés par Saraseuno*

Saltané et Sardar Assad. Les nationalistes du Nord convergent sur Téhéran, sous les ordres de Sepahdar Azam. Le stratège militaire des nationalistes, un nommé Ephraïm Khan, jouera plus tard un rôle de pre­

mier ordre dans la lutte contre l’ingérence étran­

gère en Perse. Le gouvernement de Téhéran envoie le capitaine cosaque Zapolski, pour défendre Téhéran ; il bivouaque à Kradaj (l).

Les Russes comprennent que le pouvoir poli­

tique ne suffit plus pour contrôler la situation et ils envoient des troupes.

Le 8 juillet 1909, la frontière est traversée par 2000 soldats tsaristes. Le 11, ceux-ci se trouvent à Qazvine. Le consul russe met le Sepahdar Azam en de­

meure d'arrêter sa marche. Ce déploiement de force n'enlève rien à la détermination des constitutionna­

listes, qui continuent leur marche.

Le 16 juillet le colonel Liakoff se soumet. Mohamad Ali se réfugie à l'ambassade russe.

(l) à 35 km de Téhéran

(33)

30

Le fils de Mohamad Ali devient Shah, mais vu sa minorité, Ahmad Shah cède la place à un régent, Azado1’MoIk.

On forme un conseil national qui négocie avec les consuls russe et anglais, pour régler la situation.

Un protocole qui fixe la pension du roi à 80.000 $ par an sera signé en échange de la restitution du trésor royal.

Le 9 septembre 1909 l’ex-roi Mohamad Ali, s’embarque à Enzeli sur un bâteau de guerre russe à destination d’Odessa.

L’après-guerre

Le Conseil National prend les rênes du pou­

voir. Ephraîm Khan essaie de rétablir l’autorité et l’ordre. Le Sepahdar Azam devient premier ministre.

La Russie et l’Angleterre reconnaissent le nouveau régime, tout en se réservant pour la suite.

Toutefois les villes de Tabriz, Rasht et Qazvine sont toujours occupées par les troupes du Tsar.

Une série de réformes sont entreprises. Un Français Monsieur Bizot s’occupe des finances, un autre Fran­

çais Monsieur Perry met sur pied l’organisation judi—

(34)

claire (l), une mission belge s’occupe des douanes, tandis que les Suédois mettent sur pied une gendarme­

rie .

Tout cela n’empêche que le pays est au bord du dé­

sastre. Le trésor est vide, les officiels corrompus, l'autorité inexistante.

En septembre 1909» le brigand Rahim Khan, occupe Ardebil (

2

). Les Russes en profitent pour en­

voyer de nouvelles troupes. Ephraîm Khan arrive à déloger Rahim Khan qui se réfugie en Russie, Il est aisé et inévitable de faire un rapprochement entre ces deux faits. En plus le gouvernement du Tsar re­

fuse de l'extrader, comme l'exige l'article XIV du Traité de Torkamantchai.

Rahim Khan revient en 1911 et organise une nouvelle révolte, en compagnie de Darab Mirza, Il retourne en Russie après sa nouvelle défaite.

En

1910

, ce même Darab Mirza tente une attaque contre Téhéran. Il est à noter que cette attaque est tentée par des troupes cosaques, qui, malgré les événements,

(

1

) d'où l'influence du Code Napoléon en Droit persan (

2

) dans la province d'Azerbaïdjan.

(35)

32

sont toujours sous commandement russe. Lorsque Darab Mirza est sur le point d'être arrêté, il est escorté

et protégé par les troupes tsaristes jusqu’en Russie.

Le Madjless enteime des négociations pour obtenir un prêt russe. Les conditions sont trop exi­

geantes, les négociations sont rompues.

Le gouvernement de Téhéran essayera ensuite de con­

tracter un prêt à la banque Seligman de Londres. Ce­

lui-ci n’aboutira jamais vu l'opposition russe, sou­

tenue d'ailleurs par le gouvernement de Londres.

Il est certain que St-Petersbourg voyait d'un très mauvais œ il une quelconque indépendance économique perseine. C'est pourquoi les prêts accordés à Téhéran devaient provenir de la Russie.

Le

13

juillet 1909 Sir Edward Grey affirme devant les communes que la Russie a 4000 soldats sta­

tionnés en Perse.

Pour montrer le danger que représente le stationne­

ment des troupes russes en Perse, il est suffisant de dire que la Grande-Bretagne se sentira obligée de

créer, aux frais de Téhéran, le "South Persian Rifles", pour faire le contre—poids militaire.

(36)

Les concessions exigées, en échange de l’évacuation des troupes russes, sont tellement con­

traires aux intérêts persans, que Téhéran préfère ne pas insister. Le parti progressiste prend de l’im­

portance à St—Petersbourg et un de ses représentants les plus acharnés, Pokhiteuioff, devient consul géné­

ral à Téhéran,

Le gouvernement persan essaie de désserrer l’étau en s’adressant à l’Empereur de Prusse.

Le résultat de cette action diplomatique est l’accord secret de Postdam, signé le 5 novembre I

9

IO, entre la Russie et l’Allemagne. Le préambule du traité affir­

me :

"... considérant que la Russie possède dans ce pays des intérêts spéciaux..."

L’article I spécifie que l'Allemagne ne cherchera pas de concessions dans le Nord de la Perse, qui est con­

sidéré comme zone d'influence russe (l).

L’influence russe reprend de plus belle en Perse.

St—Petersbourg n'hésite pas à faire assassiner des

(

1

) Diplomatie history of Persia — annexe (Patemi)

(37)

34

patriotes persans, qui allaient à l'encontre de sa volonté. Le Ministre des Finances, Saniéd-Dowleh,

sera supprimé en 19H> pour avoir voulu taxer le

sucre, qui était une exportation russe (Ses assassins, deux Géorgiens, seront libérés par la force armée

russe et expédiés en Russie pour être jugé — ce qui n'aura d'ailleurs jamais lieu — ).

Le Ministre des Affaires Etrangères, Hussein Ali Hhan, sera obligé de démissionner pour avoir demandé la

cessation de la pension de Mohamad Ali, protégé de la Gour du Tsar,

Le leader religieux Saqat el Eslam sera pendu à Tabriz un jour férié, pour avoir exprimé des opinions anti- russes .

Retour de Mohamad Ali

Après avoir fait le tour de l'Europe, Moha­

mad Ali débarque d'un bâteau russe, "le Christoforus", avec une force armée et s'installe à Astarabad.

Le protocole signé suite à l'abdication de Mohc-mad Ali, prévoyait que ni la Grande-Bretagne, ni la Russie ne pouvaient aider le retour de l'ex-roi, et au contraire, devaient l'en empêcher.

(38)

Face aux accusations de Téhéran, le gouvernement russe répond que Mohamad Ali avait traversé la Russie en tan* que particulier. Les caisses transportées avec lui, (qui s’avèrent être des munitions), étaient dé­

clarées "eau minérale" et conséquemment ne furent pas contrôlées, (l)

Avant de pousser trop loin la description de la tentative de reprise du pouvoir par Mohamad Ali, il est nécessaire de signaler un événement capital pour la Perse.

Parmi les mesures de réformes prises par le Madjless, on peut citer l'arrivée de M. Morgan Shuster, en tant que conseiller aux douanes et aux impôts. Ce citoyen américain se consacrera tout entier à sa tâche, avec tant d'habileté qu'il réussira même à reprendre aux Russes le contrôle des douanes du Nord, qu'ils déte­

naient depuis les prêts de

19

OO-I

902

.

Ce même personnage, qui deviendra Ministre des Doua­

nes, et que ses adversaires accuseront de vouloir s’emparer du pouvoir, mettra sur pied une gendarmerie spéciale, pour la perception des impôts et autrevS re­

venus de l'Etat.

(

1

) Modem Iran — Avery

(39)

36

L'oeuvre entreprise par Shuster aurait assuré à la Perse son indépendance économique, par la bonne ges­

tion des finances.

Serait—il trop téméraire et erroné d'avancer la théo­

rie, selon laquelle le retour de Mohamad Ali n'avait pour but que d'empêcher le travail entrepris par Shuster ?...

Quel autre intérêt avait la Russie de réintroduire ce personnage irresponsable qu’était Mohamad Ali ? Elle pouvait intimider le gouvernement de Téhéran

aussi bien qu'avant.

Le seul danger qui menaçait la Russie était l'ingé­

rence d'une tierce puissance en Perse, notamment

l'Amérique. Il fallait faire partir Shuster et Moha—

mad Ali s'en est chargé.

Dès l'arrivée de l'ex-Shah, la Russie en­

voie des renforts en Perse, prétextant l'instabilité que ce retour provoque.

La Grande-Bretagne ne réagit pas parceque le pétrole découvert dans la zone neutre de la Convention de

1907

» ne lui permet pas d'être trop regardante quant aux actes des Russes.

Entretemps, Ephraîm Khan organise la résistance.

Au sud, le frère de l'ex-roi organise une autre ré­

volte et avance • sur Téhéran. La tête du Roi est

(40)

mise à prix.

Pour contrecarrer la résistance, le consul russe de—

mainde le droit de pouvoir arrêter discrètement tous les sujets russes ou présumés tels > pour empêcher leur immixion dans les affaires intérieures persanes.

En réalité, ceci n’est applicable que pour Téhéran, car dans le Nord du pays les troupes russes et au Sud les Anglais font la loi. Ainsi, à Tabriz, le rebelle Rashido’l’Molk sort de prison. Les constitutionnalis­

tes l’y avaient mis, quand il avait pris le parti du Roi.

Le 5 septembre I

9

IO Ephralm Khan sauve la partie, lorsqu’il décime les troupes royalistes venues du Nord et du Sud. Au cours du procès du commandant des forces royalistes, Arshaded Dowleh, le reporter du Journal "Times”, "''T. A.Moore, relève l’affirmation de ce premier, que lors du passage de Mohamad Ali à Vienne, pendant son exil, l’ambassadeur russe lui ren­

dit une visite. Au cours de cet entretien, le repré­

sentant du Tsar avait refusé l’aide demandée par Mohamad Ali pour son retour en Perse. Le diplomate

avait toutefois assuré à l’ex-shah, que son passage ne serait en aucune façon empêché et, qu’en échange des joyaux de la couronne, il lui serait fourni armes et

(41)

38

munitions (l).

Suite à la défaite royaliste, les biens du frère du roi sont confisqués. Les gendarmes de

Shuster chassent les Cosaques venus défendre les biens en question.

Bien que Moheunad Ali ait quitté la Perse, les Russes débarquent des troupes à Enzeli, La confiscation des biens était une trop belle occasion pour intervenir et les Russes n’avaient pas l'intention de la laisser passer.

En novembre I

91

O, le consul général russe, Poklewski- Koziell, demande au gouvernement persan de remettre les biens confisqués, en raison d’une dette du frère du roi au gouvernement du Tsar. En plus le consul exige des excuses.

On refuse les explications du gouvernement de Téhéran.

On exige un oui ou un non. Le cabinet a un sursaut de fierté et envoie une note ferme au représentant russe.

Ce dernier rétorque par un ultimatum : â’il n’y a pas de réponse dans les 48 heures, il y aura rupture des relations diplomatiques.

(

1

) Morgan Shuster ; The Strangling of Persia

(42)

La Perse consulte l’Angleterre qui conseille de se soumettre. C’est ce que va faire le cabinet.

Toutefois, se sentant forts, les Russes cherchent une excuse pour continuer l’occupation du Nord, déjà

commencée lors du retour de Mohamad Ali. Ils essayent d’enfoncer d’aveintage.

Lors de la cérémonie d’excuses officielles, courageusement accomplie par le Ministre des Affaires Etrangères, les Russes annoncent qu’un autre ultima­

tum va être déposé.

Le 20 novembre I

9

IO le deuxième ultimatum promis arrive au Ministère des Affaires Etrangères. Cet ul­

timatum exige : la démission de M. Shuster et de ses collaborataurs, le droit d’approbation russe à tout recrutement futur de conseillers étrangers ainsi qu’une indemnité pour le déplacement des troupes russes dans le Nord de la Perse. Le délai est de 48 heures.

Le cabinet se sent obligé d’accepter mais le Madjless refuse. Téhéran se soulève d’indignation et décide le boycottage de tous les produits russes. En outre, il envole un appel, sans réponse, aux parlements occi­

dentaux .

La Russie donne un délai de 6 jours et menace qu’une

(43)

4o

fois le temps écoulé, les 4000 hommes des troupes russes de ^azvine avanceront sur Téhéran, Il ne faut oublier qu’à ce moment 12.000 Russes occupent déjà le Nord de la Perse (l)«

Les partis politiques persans (

2

) décident de résis­

ter bien qu’en tout et pour tout, la Perse ne peut former qu’une armée de

5«600

hommes (3) •

Le 24 décembre I

9

IO le cabinet déchu tente un coup d’état, le Madjless est vidé de ses députés et fermé.

Un comité de 7 membres prend le contrôle de la ville et le chef Bekhtiari, Samsamo Saltané, devient pre­

mier ministre.

Le gouvernement de St-Petersbourg voit avec soulage­

ment le départ de Shuster et son remplacement par Monsiaur Mornard, de nationalité belge.

(

1

) Shuster ; The strangling of Persia - pg, I

80

(

2

) Démocrates — Modérés — Union et Progrès

Dashnaktiyoun (arménien)

(

3

) Shust er ; The strangling of Persia - pg. I

83

(44)

La situation jusqu’à la Grande Guerre

Bien que préoccupée par l’évolution euro­

péenne, la Russie continue son expansion en Perse.

Le 20 mars 1912, la Perse doit reconnaître la Con­

vention de

1907

, pour pouvoir obtenir un ^rêt de 100.000 dollars à un intérêt de 7

Le parlement reste dissous. La Grande-Bre­

tagne, aussi bien que la Russie, exerce une action de

"pacification" pour essayer de détruire ce qui reste de l’esprit nationaliste en Perse. Tabriz est occu­

pée par

6000

soldats russes et 18 canons (l). Cette armée d’occupation pille et brûle la ville pour la

"pacifier".

Le frère du roi, Shodja-o-Dowleh (celui dont les biens confisqués ont donné lieu à la situation décrite plus haut), sera nommé gouverneur de l’Azerbaïdjan par le consul russe. Ce dernier commence même à entonner la rengaine de la séparation de l’Azerbaïdjan et de son rattachement à l’Empire russe.

(

1

) Ea question per'sane et la guerre - Demorgny

(45)

42

L’influence économique s’étend parallèle­

ment à l’expansion territoiriale. En janvier 1912, la Russie propose la création d’un ligne de chemin de fer Trans-Persan, qui relierait la Russie aux Indes.

Une conférence de financiers se réunit à Paris et forme une société d’études. Celle-ci met sur papier un tracé de 2000 kilomètres, reliant la Caspienne au Golfe en passant par Kerman.

Le 8 mai 1912, un conseil d’administration est nommé, qui a la particularité de n.e compter aucun Persan !

A la veille de la grande guerre, la situa­

tion de la Perse est desespérée.

Au Nord les Russes se sont installés pour y rester.

La dette persane à l’égard des deux grandes puissan­

ces s’élève à

350

millions de dollars, alors que ses ressources annuelles ne dépassent pas

1

.

500.000

$ (l)

Dès le mois de novembre 1913» les Turcs en­

vahissent l’Azerbaïdjan et les Russes (sous le comman dement du général Tchernozonbof), descendent à leur

(l) La Perse au contact de l’Occident Siassi

(46)

tour pour empêcher l’avance turque.

De leur côté, les Allemands se sont assuré des points d’appui en Perse. Le consul allemand de Boushehr, Vassmuss, essaye de s'allier les tribus du Sud et réussit même, avec leur aide, à chasser le gouverneur

V

de Chiraz, Qavam-ol—Molk. Au centre du pays et sur les frontières de l'Afghanistan, son collègue, Nieder- mayer, suscite aussi la révolte contre l’étranger.

Conclusion

Ce bref aperçu donne une idée des intentions nettement ajinexionistes de la Russie à l’égard de la Perse.

La diplomatie de St-Petersbourg essaie par tous les moyens d’atteindre ce but.

D’abord la rivalité avec la Grande Bretagne et ensuite la situation intérieure de l'Empire russe, empêchent la réalisation de cette annexion.

Si la Perse parvient à garder son intégrité, ce n'est que grâce à un heureux hasard. La situation chaotique et anarchique à l’intérieur du pays facilite toute entreprise étrangère.

Il aurait suffi que la Grande-Bretagne arrive à con­

clure un accord pour l'annexion de la Perse pour que

(47)

44

la Convention de 1907 fût vine partition pure et simple.

D’ailleurs, pour les Russes elle n’a jamais été autre chôse.

Ce préambule était nécessaire pour dresser le décor dans lequel se jouent les relations soviéto—

iraniennes.

Elbe permet en même temps d’expliquer la réaction et la prudence avec laquelle est accueillie la révolution soviétique.

Cet historique nous montre aussi la raison pour laquelle il faudra tant de temps à l’Union So­

viétique pour traverser le rideau de méfiance qui séparait la Perse et la Russie,

(48)

Bibllographl* Pr^ambula

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La question persane et la guerre - DBMOKGKY - Paris 1916.

Rastaghisé Iran (La lutte de l*Iran) 1921 - 19*}^ - Lsfandiari - Téhéran - 1956.

Persia and the defence of India • GRKAVES - London 1959*

Tarikhé Mashratiat dar Iran (L'histoire du constitutiona- lisne en Iran) - KASKaVI - Téhéran 1961.

V

The fall of the Quadjar Dynasty and the formation of the Pahlavi dynasty - 3 vol. - MAKKI - Téhéran 19^4 Tarikhé Enghélabé Mashrutiaté Iran (L'histoire dé la révo­

lution constitutionnelle de l'Iran) - MAKKIZAÜEIl - Téhéran - 19^9-1956.

The financial and économie situation of Persia - MILLSPAUOH New-York - 1926.

American task in Persia - MILLSPAUGH — London 1925*

Les traités entre l'Iran et la Russie depuis le l6èine siècle Jusqu'à 1917 - SARDARI - Paris 19^1.

La Perse au contact de l'Occident - SIASSI — Paris 1931.

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Anglo-Indian troops in Persia 19I^~1920 — central Asian review 1961 - vol.9 ~n® 1.

(49)

^5

Chapitre I

LA SITUATION EN PERSE DURANT LA GRANDE GUERRE ET LA REVOLUTION SOVIETIQUE

La première action du nouveau parlement, réuni après 35 mois de vacances, sera la proclama­

tion du 22 décembre 1914 concernant la neutralité de la Perse dans la guerre qui venait d’éclater en Europe. C’est aussi l’année 1914 qui verra l’élé­

vation sur le trône du dernier des Q.adjars, Ahmad Shah.

Les Turcs, qui avaient déjà pris possession d’une partie de l’Azerbaïdjan, prétextent que des troupes russes occupent certaines parties de la Per­

se, pour avancer dans le pays. La résistance russe s’avère inutile et Tabriz est incendiée et pillée par les troupes du Sultan.

La bataille de Shaïba en avril 1915 verra la défaite des Turcs, qui seront encerclés et puis refoulés en Turquie. Cela n'empêchera pas leur retour au mois de mars I

916

. Ils atteindront Qazvine, Ramadan, Kermanshah et Qassré-Chirine.

(50)

La situation intérieure du pays est aussi confuse que le va et vient des troupes étrangères sur son territoire. La propagande allemande a por­

té ses fruits car un Parti "Démocrate" appuie la cause de l’Empereur Guillaume,

La première défaite russe à Tabriz, donne du courage aux Persans xénophobes. Une partie du Madjless

V

quitte Téhéran pour s’installer à Qom (l) et forme un "Comité de Défense Nationale". Le Prince de

Reus, ambassadeur d’Allemagne, amène la gendarmerie, récemment créée, donc sous l'influence de ses com­

mandants suédois, à Qom, pour soutenir ce mouvement de révolte. Ahmad Shah hésite pendant un certain temps, se décide finalement et en restant à Téhéran, il se refuse de cautionner ce mouvement.

Après avoir battu les Turcs en Azerbaïdjan, les Russes convergent vers Téhéran. Un choc de petite

envergure entre les "Démocrates" et les troupes tsa—

ristes, met fin à cette première tentative de rés- surrection nationaliste. Les armées du Tsar conti­

nuent leur route vers Esfahan .

(l) à

25

km de Téhéran

(51)

47

A la veille de la grande transformation, que sera la Révolution d’Octobre, les relations perso-russes sont désastreuses, du moins pour la Perse. Les armées du Tsar ont occupé tout l'Azer-

V

baldjan, une garnison importante se trouve à Qazvine.

Kermanshah est repris par les Turcs. Le Sud du pays est contrôlé par les "South Persian Rifles" de Sir Percy Sykes.

Quel aurait été le sort de la Perse, si la Russie tsariste avait survécu à la grande guerre ? Les Russes avaient finalement réussi et par la di­

plomatie, et par la force, à s’ouvrir une voie à travers la Perse (en contrôlant l’Azerbaïdjan et Kermanshah), donnant accès au Golfe Persique. Le vieux projet russe que, depuis Pierre le Grand, tous les Tsars de l’Empire avaient caressé, s'était réa­

lisé. Il est vrai qu'un obstacle de taille, la

puissante Angleterre, leur barrait la route. Est-ce que la Russie aurait pu s’entendre avec la Grande- Bretagne ? Et quel aurait été le sort du vieil Em­

pire Persan dans cette entente ? Une victoire des Russes sur l’Allemagne aurait-elle laissé une chan­

ce de survie à la Perse 7 N’oublions pas qù’en 1915

(52)

un arrangement secret entre les alLiés promettait aux Russes main libre sur le Nord de la Perse.

Toutes ces questions resteront sans réponse. La Révolution d'Octobre influera sur le cours de l’his­

toire et spécialement sur le sort de la Perse.

l) La Révolution d’Octobre et ses répercussions en

Perse

Le régime tsariste s'effondre. A l'inté­

rieur du pays, des factions opposées s'entre-déchi­

rent. Les résultats se ressentent dans l'armée d'oc­

cupation russe en Perse. Les troupes désertent aussi bien sur le front de l'Est que de l'Ouest, Kerensky donne l'ordre à Baratoff, commandant en

chef en Perse, d'arrêter son action et de se retirer.

L'armistice de Mudros en décembre 1917> qui prévoit le retrait des troupes, signifie la fin de la guerre entre Russes et Turcs. Tout le Nord du pays est ouvert aux forces turques. Mais les Turcs ne se contentent pas de l'occupation et avancent pour

(53)

■«ttre en dari|r«r les plp«A-llna« d* la sone pétroll- fèr« du Sud*

L*arm4« perHana n*étant qu*anbryonnalrat 11 raviant aux troupaa britennlquaa da ranpllr la vida laiaaé par las Ruaaaa. Bud du paya ast déjà eontrAlé par laa

V

Anfçlals. A Maahhad at à 4axvlna 1*autorité ast axareéa par laa n^énéraux anif^laia*

2) La rAla da la Paras dans la Ouarra Civils Hussa.

La 25 Mai 1918. Nol Jordanla lit la Déclara­

tion d*lndépandanea da la Képubllqua da (Diorsia.

A Dakou» las bolehaviquaa sa trouvant faca

k

una op­

position das natlonallataa Tatar at Mussafatlats•

Un détaehamant prusslan avança par la Nord da la Paras vars Bakou. La pétrola da Bakou ast aanacé. Cael anénara la Granda-Brata^na à Intervanlr dans la région.

Las provlncaa ohrétlannas du Caunasa at da l'AsarbaldJan profitant du chaost créé par la révo­

lution, at affiraant laur Indépandanca. Elias foraa- ront la Pédératlon da Trans-oaucaala. Dès sa nala- sanoa, catta fédération ast alsa an danf^ar par l'avan­

ça das Turcs, qui aspârant contrdlar las ohaaps pé-

(54)

trolifères de Bakou. Un appel à l'aide est lancé aux Anglais, qui ne demandent d'ailleurs pas mdeux que de s'immixer dans la guerre civile russe,

La Perse jouera un rôle involontaire dans la guerre civile russe. En février

1918

, une force expéditionnaire composée de 200 hommes et de l4 officiers, commandée par le général Dunsterville, quitte la Mésopotamie. Elle entre dans le territoire persan à Qassré-chirine. Elle traverse le pays par

V

Hamadan, Qazvine, Rasht et arrive à Enzeli . Elle sera rejointe par le partisan russe, Bischarakoff.

La flotte britannique, qui patrouille dans la Mer Caspienne, embarquera Dunsterville pour le déposer à Bakou (l). Le I

3

août I

9

I

8

, il sera accueilli bras ouverts par la coalition bourgeois-mensheviques qui venait de chasser les bolcheviques. Cette entente ne durera pas longtemps et le

13

septembre I

918

, Dunsterville réembarquera ses 1000 hommes, ses 20 officiers et son artillerie à destination d'Enzeli.

Une nouvelle république d’Azerbaïdjan sera consti­

tuée par les Turcs, qui avaient atteint B«.kou,

(

1

) voir § à la page suivante

(55)

91

C«tt« r4publiqu« tombe lors de l'az*nlstlce de Mudros» et Bakou est à nouveau occupé» par le général Thompson» qui

tenait garnison à t^asvine.

Entretemps» les troupes de Bunstei*ville stationnées à

Enzeli» servent de réserve* Le fait que le Commodore Morris contrôle ce lac» devenu britannique pour la circonstance de l'été 1918 à 1919* facilite le va>et>vient dans la Cas­

pienne*

L'amiral Denikln a remis la flotte russe de la Caspienne aux mains de Morris* Cette même flotte ramène les troupes anglaises pour reprendre possession de Bakou après l'éva­

cuation prusso-turque de la région (l)* Toutefois la Grande- Bretagne se retiire du Caucase dès l'arrivée de l'Armée Rouge*

"*.. Nous sommes allés pour prendre possession des puits de pétrole mais nous n'étions pas prêts de noue battre pour ces puits..*" (2)*

Les troupes anglaises établies en Perse» et leur avance à Bakou» sont en contact direct avec l'armée de l'Inde» par

la voie du "East Persian line of Comsunicatione"*

Mis à part ces interventions directes» les Anglais sou­

tiennent» en armes et munitions» la "Force de la Caspienne centre"» oompsée d'Arméniens» qui se battent contre les Bolcheviques*

De son cSté» le "British Indien Army" essayera de

(1) FISHER - pg*214 - invoque un traité secret franco-

anglais du

23

décembre 1920» décidant de cette occupation*

(2) Times - 10 Juillet 1922 - A* MOORE*

(56)

soutenir les mouvements anti-bolcheviques# Comme les Anglais contrôlent Mashhad, il leur sera facile d'ac­

corder une aide substantielle à la république anti- bolchevique du Turkestan. Une section spéciale du nom de "East Persian Cordon" sera créée#

Au printemps 1919i sous le commandement du général Halleson, elle essayera de soutenir activement le ré­

gime du Turkestan.

Cette colonne occupera Marv en août 1919# Mais elle se­

ra repoussée par les Bolcheviques qui pousseront leur avance et occuperont Askabad, d'où était parti Malleson#

Le 7 juillet 1920, le cabinet britannique dé­

cide le retrait de la Grande-Bretagne de la guerre ci­

vile# En effet, les troubles en Egypte, en Irlande et aux Indes ont convaincu Lloyd George de la nécessité d'un retrait (1)#

Malleson abandonne ^le Khorassan en août

1920

(2)#

Le Général Thompson se retire de l'Azerbaïdjan et la

République tombe aux mains des Bolcheviques en avril 1920.

Une fois retirés de la Russie, les Anglais essayeront de garder intactes les frontières persanes, face au dé­

partement soviétique. Le résultat sera positif au

^1) pour plus de détails voir FISCHER pg.l?! et suivantes#

(2) Anglo-Indian troops in Persia - Central Asian review.

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